Publié le 28 Mai 2012

LIBRE PENSÉE                                                    Le 25 mai 2012

Fédération de la Sarthe

Maison des Associations

Place d'Arcole

72000 Le Mans 

 

Objet : examens d’Etat dans des lycées privés 

 

 

Monsieur le Directeur d'Académie

 

Depuis quelques années, un nombre croissant d’établissements privés confessionnels catholiques deviennent centres d’examens. Les élèves-candidats appartiennent à des familles qui ne sont pas obligatoirement de confession catholique ou  sont sans confession. Leur liberté de conscience n’est pas respectée.

Les convocations adressées aux enseignants du public – qui ont le statut de fonctionnaires d’Etat – pour assurer les épreuves du baccalauréat ou participer à des jurys d’examen dans les locaux des établissements catholiques privés sont contraires à la liberté de conscience, à la laïcité et au préambule du statut de la Fonction publique.

L’État a – selon la loi – le monopole de la collation des grades. Aussi un diplôme national, un diplôme d’Etat, doit voir ses épreuves se dérouler dans les seuls établissements publics laïques qui respectent la liberté de conscience de chacun.

 L’école privée confessionnelle est une école particulariste à projet propre fondé sur la reconnaissance de textes religieux, elle n’est pas un service public de l’État !

C’est pourquoi, nous vous demandons de ne pas désigner d’établissements privés catholiques, ou autres établissements confessionnels, comme centres d’examens.

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur d'Académie, l’expression de nos sentiments républicains.

 

 

Pour la Fédération  de la Libre Pensée

Le Président: Gérard Désiles

 

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Publié le 28 Mai 2012

lp cercle 2Libre Pensée de la Sarthe                   Le Mans, le 23 mai 2012

Maison des associations

Place d’Arcole

72000 Le Mans

Librepensee72@hotmail.fr

 

 

 

Madame, Monsieur,

 

Fidèle à sa tradition, la Fédération sarthoise de la Libre Pensée ne donne pas de consigne de vote aux différentes échéances électorales. Cependant nous avons décidé de nous adresser à tous les candidats aux élections législatives dans notre département.

 Nous souhaitons connaître votre point de vue sur les sujets suivants:

 

1) Êtes-vous favorable à une proposition de loi visant à étendre la laïcité institutionnelle de l’Ecole publique et de l’Etat sur tout le territoire de la République, c’est-à-dire, en particulier, à la suppression du statut clérical concordataire d’exception en Alsace-Moselle ?

 

2) Êtes-vous favorable à l’Abrogation de l’article L. 511-2 du Code de l’éducation, issu de la loi d’orientation du 10 juillet 1989, en tant qu’il reconnaît "un droit d’expression" aux élèves. Ce qui est la source des tous les problèmes de présence de signes religieux au sein des établissements publics scolaires.

 

3) Êtes-vous pour l’abrogation de la loi Debré et de toutes les lois antilaïques qui contribuent à verser des milliards d’euros à l’enseignement privé essentiellement catholique ? Êtes-vous pour le principe « Fonds publics à l’Ecole publique, fonds privés à l’enseignement privé » ?

 

4) Êtes-vous pour faire ajouter un 9° à l’article L. 2223-19 du Code Général des Collectivités Territoriales obligeant les communes à mettre une salle à la disposition des familles qui organisent des obsèques civiles dans le cadre du service extérieur des pompes funèbres?

 

5) Êtes-vous favorable à une modification profonde des lois sur la bioéthique (1994, 2004, 2011) pour que l’être humain soit véritablement propriétaire de son corps et qu’il n’y ait aucune limite à la recherche scientifique ?

 

6) Êtes-vous favorable à une proposition de loi sur le droit de mourir dans la dignité, notamment par une modification profonde de la loi Léonetti ?

 

7) Êtes-vous pour une proclamation solennelle de l’Assemblée nationale et du Sénat de réhabilitation publique et collective des 600 Fusillés pour l’exemple de la Première Guerre mondiale ?

 

       Vous remerciant par avance de l'attention que vous porterez à nos préoccupations, veuillez agréer Madame, Monsieur le candidat, l'expression de nos sentiments républicains.

               

Pour la Fédération LP de la Sarthe,

                                                                                   Le Président: Gérard Désiles

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Publié le 22 Mai 2012

Unification de l’École publique et de l’enseignement privé : le lobby catholique à l’offensive


Le journal Ouest-France  a organisé une vaste campagne à la veille des élections présidentielles contre le Conservatoire de l’École publique à Rennes. 

 

Dans le plus pur style de la reconquête cléricale, les plumitifs de ces journaux ont accusé le Conservatoire de l’École publique de discrimination. Ils ont monté en épingle les propos d’une institutrice de l’école privée St-Joseph qui n’en était pas à son coup d’essai.

 

Quels sont les faits ?

 

Cette institutrice de l’école St-Joseph dénonce le fait que la visite du Conservatoire ait été refusée à son école catholique. Le Conservatoire n’est pas  un musée, ce n’est pas une institution ou un service public de l’État, du Conseil général ou régional. C’est une association loi de 1901 créée par l’Union départementale des délégués départementaux de l’Éducation nationale d’Ille-et-Vilaine (DDEN 35).

 

Les DDEN ont leur origine sous la Convention. C’est une association de bénévoles, même si les DDEN sont nommés par les Inspecteurs d’Académie. Leur but est d’ouvrer pour l’École publique, l’École de la République, la laïcité.

 

Cette association a des statuts qui fixent ses principes et ses buts, son mode d’organisation. Dans ces conditions, c’est elle qui décide de son programme d’activité comme toutes les associations régies par la loi de 1901 qui existent dans notre pays.  Il est donc normal que cette association définisse librement le public auquel elle s’adresse.

 

L’enseignement privé confessionnel à 97% catholique est une école à sujet propre, particulariste. Son projet pédagogique est basé sur la reconnaissance de textes religieux comme l’Évangile. L’enseignement privé n’est donc pas un service public de l’État.

 

C’est la loi Debré de 1959 (après la législation pétainiste) qui finance les écoles privées confessionnelles qu’on appelle "sous contrat".

 

Pourquoi une telle campagne à la veille des élections présidentielles menée par un journal qui tire à 700.000 exemplaires et dont les orientations politico-religieuses sont connues ?

 

Cette campagne haineuse accuse le Conservatoire de l’École publique de sectarisme, de discrimination. Ce n’est pas nouveau ! Les mêmes plumitifs n’ont-ils pas accusé les militants laïques d’être intolérants, voire des fanatiques intégristes ?

 

Dans leur vaste entreprise de reconquête,

les cléricaux veulent toujours plus

 

Il est vrai que les capitulations, les soumissions, et l’ensemble des lois antilaïques (23 depuis la loi Debré) adoptées par les gouvernements successifs de la V° République, ne peuvent que les encourager.

 

Pour la Libre Pensée, la décision du Conservatoire de l’École publique de Rennes de refuser la visite à une institution catholique est tout à fait légitime.

 

La Libre Pensée apporte son soutien à cette association créée par les DDEN 35.

 

Pour la Libre Pensée, la seule École de la République, c’est l’École laïque qui accueille tous les enfants sans distinction.

 

C’est pourquoi – fidèle au principe républicain "fonds publics  à l’École publique, fonds privés à l’école privée" – la Fédération nationale de la Libre Pensée agit pour l’abrogation de la loi Debré, qui reconnaît une mission de service public à l’enseignement confessionnel et permet le financement chaque année de plus de 7 milliards d’euros pour l’enseignement privé confessionnel au détriment de l’École publique qui manque cruellement de moyens.

 

Paris, le 22 mai

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Publié le 17 Mai 2012

Une intitiative de nos camarades de l'association des amis de la commune :

 

la commune et les étrangers 23 mai 2012 le mans

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Publié le 5 Mai 2012

La messe prévue jeudi dernier à la chapelle (désaffectée) de l’Oratoire n’a pas eu lieu. Cette cérémonie religieuse dans l'enceinte d'un lycée public était inadmissible.

Le comité de vigilance laique de la Sarthe en avait demandé l'annulation, et avait mobilisé nombre de personnes attachées au respect de la laïcité, dont certaines font partie de l’association des Anciens élèves du Lycée Montesquieu.

Il est bien clair que le Comité de Vigilance Laïque, les 20 mouvements et organisations qui la composent (dont la Libre Pensée), les citoyens soutenant son action de vigilance et ceux qui se sont joints à cette réaction cette semaine ne sont absolument pas opposés à des hommages pouvant être faits à des victimes du nazisme comme cela aurait pu être interprété.

 

Bien sûr que des commémorations ont lieu, y compris dans l’enceinte de ce grand lycée public, afin de rendre hommage aux victimes, mais ce sont des cérémonies civiles, et elles y ont leur place. Les cérémonies religieuses doivent être célébrées dans les lieux prévus à cet effet. Il s'agit de respecter la laicité de l'enseignement public.


La vigilance des laiques avait déjà permis un recul certain sur la question de l'exposition biblique, cette fois-ci, elle a permis l'annulation de cette nouvelle atteinte à la laicité de l'Ecole et de l'Etat. Il s'agit maintenant de dénoncer la convention entre la mairie du Mans et l'éveché.

 

Celle-ci permet en effet à l'évêché la libre organisation de 6 manifestations par an sans restriction en ce lieu désaffecté !

Le fait qu’une manifestation religieuse puisse être organisée dans l’enceinte du lycée public sous couvert de cette convention est une atteinte au principe de laïcité. Le comité sera prochainement reçu par monsieur le maire.

 

No,grazie2

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Publié le 2 Mai 2012

Une  exposition sur la Bible s’est tenue dans un lycée public du Mans du 3 mars au 23 mars 2012 à la chapelle de l’oratoire ; bâtiment désaffecté mais situé dans l’enceinte du lycée public Montesquieu.

 

Cette exposition organisée par une coordination d’associations religieuses (1) a visiblement reçu l’aval de l’Inspection Académique de la Sarthe, du Rectorat de Nantes ainsi que le soutien de la mairie du Mans, propriétaire de la chapelle désaffectée. Une convention liant la mairie et l’évêché permet en effet à l’Eglise catholique de tenir six manifestations par an dans cette chapelle.

 

Ses concepteurs mettent en avant la reconnaissance par l’UNESCO de la Bible comme patrimoine de l’Humanité ainsi que le soutien du ministère de la culture.

 

La Libre Pensée de la Sarthe a rédigé un communiqué de presse le 27 décembre 2011 pour caractériser cette entreprise comme cultuelle et non culturelle et  demander le retrait de cette exposition religieuse d’un site relevant de l’enseignement public et laïque. Le communiqué rappelait que l’Ecole Publique « doit être un lieu d’enseignement des savoirs et des connaissances et non pas un lieu de prosélytisme, de diffusion des opinions et des croyances ». Le  3 janvier 2012, le syndicat SNES-FSU 72 reprenait  l’intégralité du communiqué de la Libre Pensée de la Sarthe sur son site internet.  Dans les jours suivants, les syndicats de l’enseignement FO, Sud, CGT s’associaient à cette démarche ainsi que toutes les associations laïques du département (à l’exception de la LDH)

 

La réaction des laïques a connu un succès certain puisque l’exposition n’a été ouverte, contrairement à ce qui était prévu,  qu’en dehors des heures d’enseignement. Il reste qu'elle a bien eu lieu dans l’enceinte d’un établissement scolaire public. Les associations laïques comptent donc  dénoncer maintenant la convention passée  entre la mairie du Mans et l’évêché.

Ce combat pour faire respecter la laïcité de l’enseignement public est d'autant plus justifié que nous venons d’apprendre qu’une messe est également organisée ce 3 mai à 18h30 au lycée Montesquieu. Nos associations continueront de se battre ; nous sommes reçus dans deux semaines à la mairie du Mans.

 

En attendant d’autres informations, je vous invite à lire cette analyse de Rémy Janneau qui aide à comprendre les origines profondes de cette exposition en lycée public ainsi que son lien avec les attaques contre les programmes scolaires.

 

Hansi

 

(1) la bible patrimoine de l’humanité  est une  « initiative du Groupe Œcuménique du Mans ». «  L'association "La Bible, patrimoine  de l'humanité"  a pour membres fondateurs les   communautés chrétiennes sarthoises : Adventiste, Assemblée de Dieu, Baptiste, Catholique,Centre Evangélique Protestant Orthodoxe, Réformée. S'y est associée la communauté israélite sarthoise. » 

 

 


Cette exposition n’est pas le fruit d’un dérapage. Elle s’explique par la place nouvelle de la Bible dans les programmes et dans les manuels. Ce qui restait, jusqu’à une date récente, un texte sacré auquel il pouvait, éventuellement, être fait référence dans le cadre d’un contexte – celui des civilisations de l’orient ancien - a été promu source essentielle de la connaissance non des croyances des Hébreux, mais leur Histoire. Au titre-question  Quelle est l’histoire des Hébreux ?, par exemple, répond dans un manuel de 6ème (1), un dossier documentaire composé d’extraits de l’Ancien Testament, illustrés par des fresques ou des bas-reliefs. Les auteurs concèdent prudemment – ou habilement - que « l’existence d’Abraham, de Moïse et de David n’est pas vérifiée par l’histoire », que « certains récits sont légendaires » mais le texte d’accompagnement est au présent de narration et, surtout, les mythes  se mêlent à des faits historiques qui semblent les valider. La même méthode se retrouve dans tous les manuels : la création du monde, le combat de David et de Goliath, l’arche de Noé, le passage de la Mer Rouge, le jugement de Salomon ou encore l’extermination par les troupes de Nabuchodonosor puis l’exil à Babylone, sont associés aux conquêtes assyriennes ou au pillage du temple de Jérusalem par les troupes de Titus.

Paradoxe : cette approche plus religieuse qu’historique9782070429394FS.gif s’impose en France alors que depuis un bon quart de siècle, archéologues et historiens, au premier chef, israéliens, montrent de manière convaincante que la Bible n’est qu’une réécriture politique tardive du passé des juifs que l’archéologie contredit totalement. Dans un ouvrage intitulé La bible dévoilée (2), Israël Finkelstein et Neil Silberman, respectivement directeur de l’Institut d’archéologie de l’université de Tel-Aviv et directeur historique au Ename Center for Public Archeology and Heritage Presentation de Belgique, présentent un état de ces recherches qui établissent que la sortie d’Egypte et la conquête de Canaan sont des mythes, que les Hébreux sont issus, non d’une population immigrée ou conquérante mais tout simplement de la population autochtone, que le vaste et puissant royaume de David et de Salomon n’est qu’un « âge d’or » ou, pour reprendre l’expression de Philip Davies de l’université de Sheffield, un « montage idéologique », forgé au VIIème siècle pour légitimer la dynastie dite davidique alors incarnée par Josias et affirmer l’identité du petit royaume de Juda face aux puissants voisins égyptiens et assyriens.

Schlomo Sand, professeur à l’université de Tel-Aviv, montre, dans un ouvrage tout à fait remarquable (3), comment ces mythes ont été politiquement instrumentalisés à différents moments de l’histoire. La mémoire officielle - nécessairement sélective - établie, à partir du XIXème siècle, par les historiens nationalistes puis par les théoriciens du sionisme ne résiste pas, en effet, à une approche scientifique. La diaspora et l’exil semblent bien, comme le « peuple juif » lui-même, avoir été « inventés ». Ni les Babyloniens au VIème siècle, ni les Romains après les révoltes de 70 et de 135 n’ont déporté massivement les populations juives. Tout au plus ont-ils déplacé les élites. Réalité longtemps occultée, pour ne pas dire inavouable : beaucoup de juifs se sont, en revanche, convertis au christianisme puis à l’islam. Schlomo Sand met ainsi en pièces le mythe d’un « peuple juif » descendant quasi génétiquement d’Abraham. Contrairement à une idée reçue, les juifs ont largement pratiqué la conversion, parfois forcée, comme celle des Iduméens et des Ituréens. Le nombre de juifs de toutes origines, vivant, au premier siècle, dans l’Empire romain, en dehors de la Palestine, est ainsi  évalué à 4 millions. Autre réalité historique soigneusement occultée: l’existence, en différentes régions du monde antique, de royaumes juifs (Adiabene au Kurdistan, Hymiar en Arabie, celui de la Kahina en Afrique du nord) et même d’un empire, celui des Khazars. Les juifs originaires d’Europe de l’est descendraient ainsi non de populations originaires des rives du Jourdain mais de ces cavaliers des steppes d’origine turco-mongole, ce qui bouleverse quelque peu la tradition.

34333942.jpgCeci étant, les débats restent ouverts sur de nombreuses questions, en particulier sur la puissance réelle voire sur l’existence du royaume de David. Il appartient aux scientifiques – et à eux seuls -  d’y apporter des réponses. Le problème est ailleurs : au moment où des universitaires israéliens établissent que, jusqu’aux années 60 au moins, la recherche archéologique a été orientée pour faire coller les sources au récit biblique, les programmes imposent, aujourd’hui, en France, cette fiction comme une culture religieuse mal différenciée de l’étude historique. La structure des programmes révèle qu’on est, en fait, bien loin de l’Histoire. En 6ème, les religions monothéistes sont traitées dans des chapitres particuliers, distincts de la période historique correspondante. Cette déconnection est révélatrice d’une volonté de substituer l’étude du « fait religieux » à l’enseignement de l’Histoire. Le problème est bien là. Le ministère avait d’ailleurs envisagé, dans un premier temps de faire étudier l’islam en 6ème alors qu’il est abordé, d’un point de vue historique, en 5ème. Il a renoncé devant la protestation des enseignants mais, sous couvert d’approche culturelle, le judaïsme et le christianisme antiques restent traités  d’un strict point de vue religieux.

Ce changement radical dans l’approche de la place des religions dans l’Histoire est le fruit d’une stratégie. Il est l’expression, pour reprendre un titre récent, de la « revanche du parti noir » (4), celle d’un parti clérical qui n’a jamais désarmé. Un événement passé quasi inaperçu à l’époque marque le début de cette contre-offensive: en 1972, s’est réuni, à l’Université catholique de Louvain, un symposium convoqué par la Sacra Congegatio pro Institutione Catholica, congrégation sise au Vatican, sous les auspices du Conseil de la Coopération Culturelle du Conseil de l’Europe, avec le concours, pour ce qui est de la France, du directeur de l’Ecole Nationale des Chartes et d’un Inspecteur Général chargé du groupe de travail francophone. Près de 1000 manuels d’histoire utilisés en Europe occidentale y furent passés au crible. En introduction, le cardinal Garone avait donné le ton: « La tâche du professeur d’histoire conscient de ses responsabilités, est de reconnaître l’importance du phénomène religieux dans l’histoire de l’humanité… ». Il mettait ensuite les points sur les : « Il est probablement impossible d’écrire l’histoire, sans un certain nombre de convictions religieuses. » De l’enseigner aussi, il est permis de le supposer. La conclusion du symposium avait le mérite de la clarté: « Nous souhaitons de tout cœur pouvoir, par nos communs efforts, contribuer non seulement à améliorer la qualité des manuels d’histoire mais aussi à modeler dans le bon sens la personnalité des jeunes qui sont en définitive les agents de ce monde meilleur dont nous espérons être les témoins à l’heure choisie par Dieu. » (5).

Inutile de chercher ailleurs la source des dérives auxquelles nous assistons aujourd’hui. Que l’Eglise catholique éprouve, plus qu’il y a 40 ans, le besoin de faire alliance avec une coordination d’associations religieuses d’obédiences diverses ne change rien au fond de la question. La pluralité confessionnelle n’est nullement une garantie de neutralité idéologique moins encore d’objectivité scientifique. Œcuménique ou non, le prosélytisme reste incompatible avec la laïcité de l’enseignement.

 

Rémy Janneau

 

 

(1)   Manuel d’Histoire-Géographie de 6ème Nathan  2009.

(2)   Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman – La bible dévoilée – Les nouvelles révélations de l’archéologie – Bayard – 2002.

(3)   Shlomo Sand – Comment le peuple juif fut inventé – Arthème Fayard – 2008.

(4)   Michel Eliard, Michel godicheau et Pierre Roy – La revanche du parti noir – La lente mise à mort de l’école publique – Editions Abeille et Castor – 2011.

(5)   Sur le symposium de Louvain, voir O. Dauphin, R. Janneau, N. Perron (dir) : L’histoire-géographie de l’école élémentaire au lycée. Vecteur de propagande ou support de l’esprit critique ? L’Harmattan – 2009 – pp 73à 76.

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Publié le 2 Mai 2012

ATTEINTE à la LAÏCITE !


C'est avec stupeur que nous avons appris que jeudi 3 mai 2012, Mgr Le Saux, évêque du Mans, célébrera une messe dans la chapelle de l'Oratoire, chapelle désaffectée située dans l'enceinte du lycée Montesquieu.

Cette cérémonie religieuse dans l'enceinte d'un lycée public est inadmissible. Nous en demandons l'annulation immédiate, nous nous étonnons de la position de la Mairie du Mans en cette affaire et appelons tous ceux qui sont attachés au strict respect de la laïcité à manifester jeudi 3 mai à 18h devant la chapelle de l'Oratoire leur opposition à cette attaque contre le principe intangible de la neutralité religieuse des établissements scolaires.


Après la récente exposition sur la Bible dénoncée par certaines de nos organisations au nom de la laïcité, cette nouvelle initiative montre l'importance et l'urgence de garantir les conditions d'utilisation de l'Oratoire du Lycée.


Le Comité de Vigilance Laïque

18 rue Béranger, 72000 Le Mans

 

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