Publié le 29 Août 2012

 

Voici un document adopté par notre dernier congrès national

 

CONGRÈS NATIONAL LIBRE PENSÉE Sainte-Tulle

(Document n° 1)

Motion laïque

ABROGATION DE LA LOI DEBRÉ

 

FONDS PUBLICS À L’ÉCOLE PUBLIQUE, FONDS PRIVES À L’ÉCOLE PRIVÉE : UNE CAMPAGNE NATIONALE DE LA LIBRE PENSÉE

I.             Aux origines de la loi Debré. Quelques points de repère.

L’Église catholique n’a jamais accepté et n’acceptera jamais la séparation des Églises et de l’État pas plus que la séparation des Églises et de l’École.

Elle n’accepte pas d’être reléguée dans la sphère privée. Elle a toujours considéré que l’interdiction d’enseigner faite aux congrégations, qui avaient un quasi-monopole de l’instruction, avait été une défaite historique pour elle.

Pour l’Église catholique, l’école confessionnelle est un véritable cheval de Troie pour reprendre pied dans la société et la réévangéliser.

C’est 19 ans après la Séparation de 1905, c’est-à-dire dès 1924, que l’Église obtient un résultat sérieux : en effet, la République renoue avec le Vatican et renonce à l’abrogation du Concordat. Et l’unification est à nouveau revendiquée.

Sous le régime de Vichy, on avance de nouveau vers l’unification (ex. la caisse des écoles est commune aux écoles publiques et privées. Les écoles privées obtiennent des subventions de l’État. Des bourses nationales sont données à égalité de droits aux enfants des 2 écoles).

Les lois Marie-Barangé tendent à la mise sur le même plan de l’instruction dans l’école publique et privée par le biais des bourses et subventions.

 

II.                  31 décembre 1959 vote de la loi Debré : un tournant !

C’est un an après son coup d’État que le général de Gaulle engage un processus de destruction de la laïcité.

En 1959, Michel Debré (principal rédacteur de la Constitution de 1958) déclarait à la Chambre : « Nous ne sommes plus à la fin du XIXe siècle où l’État luttait contre la religion pour être l’État, quand les représentants, et non des moindres, s’exclamaient : le cléricalisme, voilà l’ennemi ! Ils vivaient une époque où il était nécessaire de libérer l’État national d’un certain nombre de sujétions. De nos jours, l’État national s’est libéré. Ou, plutôt, s’il doit encore, comme toujours et sans cesse d’ailleurs, chercher à se libérer, c’est d’abord à l’égard de bien d’autres adversaires… »

À la fin de la IVe République, l’Église s’inquiétait. De nombreux établissements catholiques étaient menacés de fermeture. Ses effectifs étaient en baisse.

 

 

 

1er degré

2ème degré

 

1944

19 % du total des élèves scolarisés

42 %

 

1959

16 %

25 %

 

1967

14 %

22 %

 

 

 

 

Il lui fallait de l’aide. Dès l’arrivée au pouvoir du général de Gaulle, les négociations avec le Vatican ont lieu.

C’est dans ce contexte politique que la loi Debré est votée le 31 décembre 1959.

C’est un tournant politique et juridique majeur : elle reconnaît à l’enseignement privé confessionnel une mission de service public.

Les écoles privées – par le biais d’un contrat d’association – sont largement subventionnées par les fonds publics.

Avec la loi Debré, un pas décisif vient d’être accompli par l’Église catholique : ses écoles sont mises sur le même plan que l’école publique.

Avec la loi Debré et les suivantes, les établissements privés « concourent » au service public et leurs personnels, quoique sous l’autorité de chefs d’établissements nommés par les évêques, sont payés par l’État. L’État rémunère les enseignants des établissements privés sous contrat et paie les charges sociales et fiscales assises sur les salaires incombant aux employeurs.

 

III.           Avec la loi Debré, une masse financière considérable de fonds publics est versée à l’École confessionnelle catholique.

 

L’État finance l’enseignement privé principalement confessionnel, concurrent de l’enseignement public républicain, laïque, gratuit, ouvert à tous sans aucune distinction.

L’État finance l’essentiel du fonctionnement des 8200 établissements privés confessionnels sous contrat qui accueillent 17 % des effectifs scolarisés soit 2 millions d’élèves.

 

L’État prend en charge le salaire des 140.000 professeurs exerçant dans ces écoles, collèges et lycées privés.

En 2012, l’État versera 7,1 milliards auxquels s’ajoutent 339 millions d’euros pour la rétribution des professeurs de l’enseignement agricole privé (en vertu de la loi du 31 décembre 1984).

Les communes versent 500 millions à l’enseignement catholique du 1er degré.

Les départements et régions versent 550 millions pour l’enseignement privé. Ils déboursent également 200 millions pour le forfait TOS (personnels de service des collèges et lycées transférés aux régions et départements en application des lois de décentralisation).

Au total : au mépris des principes républicains, ce sont 9 milliards d’euros publics détournés chaque année au profit de l’Église catholique.

7,1 milliards versés par l’État, ce sont 180 000 postes d’instituteurs (salaires + charges).

C’est au même moment qu’on nous parle d’économies, de mutualisation et que l’on supprime des centaines d’écoles rurales et de collèges publics.

C’est au même moment que 14 367 postes dans l’enseignement public – 1433 postes dans l’enseignement privé au lieu des 1633 postes prévus en 2011 – sont supprimés à la rentrée 2011-12.

Les écoles de moins de 4 classes, c’est-à-dire 26 000 sur 57 000, sont menacées de suppressions comme les collèges de moins de 250 élèves.

Certes, le gouvernement Hollande-Peillon rétablit 1000 postes, mais il entérine la fermeture de 11 650 postes dans le public préparée par le gouvernement Sarkozy !

À l’occasion de l’élaboration de la nouvelle loi d’orientation sur l’école, l’Enseignement confessionnel s’appuie sur cette situation pour réclamer un renforcement de son influence.

 

 

IV.              La loi Debré est la mère de toutes les lois antilaïques !

 

Les dispositions du Code de l’Éducation s’appuient sur les lois Falloux de 1850, Astier de 1919 et Debré de 1959.

Depuis 1919, plus de 66 lois, circulaires et textes ont permis de contourner la Loi de Séparation.

Depuis l’avènement de la Ve République, ce sont 17 lois, règlements, circulaires qui – sous les gouvernements de droite comme de gauche (De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy) – ont été adoptés et remettent en cause, toujours un peu plus, la Loi de 1905, parmi lesquels : la loi Guermeur (1977), la loi Rocard (1984), la loi Chevènement (1985), la loi Jospin (1989), les accords Lang-Cloupet (1992 et 1993), ces derniers réaffirmant « la reconnaissance de la contribution de l’enseignement privé au système éducatif », loi Censi (2005), loi Carle (2009).

Tous ces textes sont la conséquence logique de la loi Debré de 1959.

 

V.           La Fédération Nationale de la Libre Pensée n’a pas renoncé au principe républicain : fonds publics à l’École publique, fonds privés à l’école privée ! La Libre Pensée, fidèle au serment de Vincennes, poursuit le combat pour l’abrogation de la loi Debré et de toutes les lois antilaïques.

 

Pour la Libre Pensée, contrat d’association ou pas, l’école privée, confessionnelle, catholique pour l’essentiel, n’est pas un service public de l’État.

Les institutions privées à « caractère propre », particulariste, religieux ou autre n’ont pas à être financées par l’État.

La manifestation du 19 juin 1960 de 350.000 laïques à Vincennes, porteuse de 10 813 697 signatures, a été un moment historique de la mobilisation laïque.

Ces manifestants ont adopté le serment de Vincennes qui dit : « Nous faisons serment de lutter sans trêve et sans défaillance jusqu’à son abrogation [loi Debré] ».

Pour la Libre Pensée, ce serment est toujours d’actualité.

La Libre Pensée a lancé un appel pour l’abrogation de la loi Debré. La collecte des signatures a commencé.

Le Congrès national appelle les Fédérations à faire massivement signer cette déclaration, à organiser dans les localités des conférences, des meetings, des manifestations pour le respect du principe républicain.

Certaines organisations ont, elles aussi, pris position pour le principe « Fonds publics à l’École publique ».

La Libre Pensée s’adresse à toutes les associations se réclamant de la laïcité et leur dit : au moment où l’enseignement public laïque est saigné à blanc par la suppression de 63 000 postes en 5 ans et où l’Église demande à bénéficier toujours plus des fonds publics pour ses écoles, n’est-il pas temps d’exiger tous ensemble


FONDS PUBLICS EXCLUSIVEMENT À L’ÉCOLE PUBLIQUE ; ABROGATION DE LA LOI DEBRÉ ET DE TOUTES LES LOIS ANTILAÏQUES !


Tous ensemble, il faut sauver l’École de la République, l’École publique laïque et gratuite !

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 26 Août 2012

Le congrès de la Fédération nationale a largement été couvert par la presse, voici le communiqué de l'AFP repris par plusieurs médias notamment sur le net :


" La Libre Pensée demande à Hollande d'abroger la loi Debré de 1959

  

   MARSEILLE, 23 août 2012 (AFP) - La Fédération de la Libre Pensée a demandé jeudi, dans une lettre ouverte au Président de la République, l'abrogation de la loi Debré du 31 décembre 1959 sur l'enseignement privé et le rétablissement du "principe républicain fonds publics à l'école publique, fonds privés à l'école privée".

   Dans ce document, adopté à l'issue de son congrès annuel à Sainte-Tulle (Alpes de Haute-Provence) et adressé à l'AFP, la Libre Pensée interpelle M. Hollande en tant que "garant de la laïcité de l'Etat et de l'Ecole", pour qu'il "inverse le cours de la politique anti-laïque menée depuis des décennies" et restaure "dans sa plénitude la loi du 9 décembre 1905" de séparation de l'Eglise et de l'Etat.

   Estimant que la loi Debré constitue "une tumeur maligne dans le corps de la laïcité de l'Ecole" et de l'Etat, l'association qui a reconduit à sa présidence l'ancien secrétaire général de Force Ouvrière, Marc Blondel, demande son abrogation ainsi que celle de "toutes les dispositions législatives et réglementaires anti-laïques" qui en découlent.

   "Si la liberté d'ouvrir des établissements privés d'enseignement doit être garantie, néanmoins la Nation a pour unique devoir d'assurer les conditions de la formation de citoyens libres et éclairés dans la République. A cette fin, il faut donc rétablir les responsabilités de l'Etat en matière scolaire sur la base des principes constitutifs de la République (...) et donc rétablir dans sa plénitude le monopole de la définition des programmes et des diplômes", assure le document.

   "En conséquence, tous les financements publics doivent être réservés aux établissements publics d'enseignement, les seuls qui garantissent aux jeunes consciences d'apprendre à l'abri de tous les dogmes", ajoute-t-il, soulignant qu'il "en coûte huit milliards d'euros à l'Etat et environ un milliard et demi aux collectivités territoriales".

   La Libre Pensée, créée en 1848, se dit également opposée au projet du chef de l'Etat d'inclure dans la Constitution les dispositions des articles 1 et 2 de la loi du 9 décembre 1905, sans que des "mesures concrètes" ne viennent effacer "les dispositions législatives ou règlementaires contraires à la loi de séparation" et dissuader "les auteurs de ses violations actuelles multiples".

 

Enfin voici le texte complet adressé au président :

 

LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE 

  

            Monsieur le Président de la République, 

            Vous êtes garant de la laïcité de l’Etat et de l’Ecole. Il vous appartient donc de restaurer dans sa plénitude la loi du 9 décembre 1905 en abrogeant toutes les dispositions législatives et réglementaires anti-laïques, et de rétablir le principe républicain, résumé dans la formule « fonds publics à l’Ecole publique, fonds privés à l’école privée ». Ce principe est battu en brèche par la loi du 31 décembre 1959 sur l’enseignement privé. 

La Libre Pensée s’adresse à vous, en votre qualité de gardien des institutions de la République, pour inverser le cours de la politique antilaïque menée depuis des décennies.

            La loi du 9 décembre 1905, adoptée au terme d’un débat parlementaire d’une tenue et d’une richesse exceptionnelles, couronne un ensemble indissociable et inestimable de libertés acquises au cours du processus d’émancipation politique inauguré par la Révolution française et poursuivi par la Troisième République : instauration de « l’Instruction publique », obligation scolaire, monopole de la collation des grades, création de l’Ecole publique laïque, liberté de réunion, liberté d’opinion et de presse, liberté de constituer des syndicats indépendants, libertés municipales, droit au divorce, laïcisation des funérailles, liberté d’association, enfin liberté de conscience.

Hugo s’écriant en janvier 1850 ? « L’Etat chez lui, l’Eglise chez elle » est enfin entendu.

            Le texte de 1905 a subi bien des outrages, directement ou indirectement. D’abord, l’œuvre législative de Briand, Buisson et Jaurès n’a pas été étendue aux départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle lorsque ces territoires sont redevenus français, en 1918, puis en 1945. La liberté de conscience n’est pas garantie aux citoyens de ces départements puisque des cultes y sont reconnus par l’Etat. Celui-ci supporte à ce titre une charge de 58 millions d’euros. L’unité et l’indivisibilité de la République s’en trouvent atteintes.

De plus, le régime de Vichy a dénaturé certaines dispositions de la loi en rendant à nouveau possibles les dons et legs testamentaires ou entre vifs en faveur des congrégations, ainsi que l’attribution d’aides publiques destinées au financement des réparations des édifices cultuels privés construits après le 1er janvier 1906. Enfin, des dispositions plus récentes, initialement prévues pour aider les collectivités territoriales à conduire avec l’aide de tiers des missions de service public ou d’intérêt général, ont été détournées de leur objet d’origine et servent de support à la violation de l’article 2 de la loi du 9 décembre 1905. Ainsi, les baux emphytéotiques administratifs sont abondamment employés par les communes pour consentir la jouissance du terrain d’assiette de nouveaux édifices cultuels, moyennant des loyers dérisoires ou symboliques valant octroi de subventions indirectes aux cultes.

Au terme de plusieurs instances, les libres penseurs ont obtenu l’annulation par le juge administratif des délibérations autorisant les maires à consentir de tels baux aux associations cultuelles. Pour enrayer cette jurisprudence, l’ordonnance Villepin a étendu le bénéfice des baux emphytéotiques à des associations cultuelles. Néanmoins, le problème du montant du loyer demeure : l’article 2 de la loi de 1905 interdit de subventionner les cultes.

            Vous avez annoncé votre intention d’inclure, dans la Constitution du 4 octobre 1958, les dispositions des articles 1 et 2 de la loi du 9 décembre 1905, tout en précisant que le Concordat de 1801 serait également constitutionnellement sanctuarisé dans les trois départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle.

La Libre Pensée est opposée à ce projet.

Conformément à la décision n° 77-87 DC du Conseil constitutionnel du 23 novembre 1977, la liberté absolue de conscience énoncée à l’article 1er de la loi du 9 décembre 1905, telle qu’elle est proclamée par l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789, est l’un des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République et fait donc déjà partie du bloc de constitutionnalité. Enfin, l’inscription dans la Constitution de l’interdiction de reconnaître et de subventionner les cultes n’effacera pas, sauf question prioritaire de constitutionnalité victorieuse, les dispositions législatives ou règlementaires contraires à la loi de Séparation ni ne dissuadera les auteurs de ses violations actuelles multiples.

Seules des mesures concrètes permettront de restaurer la loi du 9 décembre 1905 :

-                    abrogation du Concordat de 1801 et des décrets Mandel de 1939, extension de la loi de Séparation à tous les départements et territoires de la République ;

-                    déclaration obligatoire et taxation des dons manuels aux cultes ;

-                    abrogation de l’article 795 du code général des impôts qui exonère les associations cultuelles et diocésaines ainsi que les congrégations des droits d’enregistrement sur les libéralités testamentaires ou entre vifs ;

-                    suppression de l’abattement fiscal de 66 % sur les aides consenties aux cultes au titre du mécénat ;

-                    abrogation de la circulaire La Martinière de 1966 exonérant les productions artisanales des congrégations d’impôt sur les sociétés ;

-                    abrogation du dernier alinéa de l’article 19 de la loi du 9 décembre 1905 permettant le financement public illimité des réparations réalisées sur des édifices cultuels privés construits après le 1er janvier 1906 ;

-                    introduction d’une disposition nouvelle dans l’article L. 1311-2 du code général des collectivités locales obligeant à conclure au prix fixé par France Domaine les baux emphytéotiques administratifs consentis aux associations cultuelles ;

-                    interdiction de la présence ès qualités de représentants de l’Etat ou d’Elus de la République dans des cérémonies religieuses ; et en particulier lors des manifestations officielles de la République française placées sous les auspices des autorités religieuses, telles que la célébration en la cathédrale de Reims du cinquantième anniversaire de la réconciliation franco-allemande, en juillet dernier

-                    instructions données aux armées, et notamment aux escadrons de gendarmerie, pour faire respecter la loi et donc interdire leur participation aux cérémonies religieuses chaque année les jours de célébration de certains saints ou saintes (par exemple la sainte Geneviève) ;

 

Monsieur le Président,  

            De même que le Concordat est une épine douloureuse plantée dans la chair de la République, la loi du 31 décembre 1959, aujourd’hui codifiée aux articles L. 442-1 et suivants du code de l’Education, constitue une tumeur maligne dans le corps de la laïcité de l’Ecole, l’œuvre de Paul Bert, de Jules Ferry, de Ferdinand Buisson et de René Goblet. Si la liberté d’ouvrir des établissements privés d’enseignement doit être garantie, néanmoins la nation a pour unique devoir d’assurer les conditions de la formation de citoyens libres et éclairés dans la République.

A cette fin, il faut donc rétablir les responsabilités de l’Etat en matière scolaire sur la base des principes  constitutifs de la République : garantir à tous les niveaux « l’instruction publique », et donc rétablir dans sa plénitude le monopole de la définition des programmes et des diplômes ; en conséquence, tous les financements publics doivent être réservés aux établissements publics d’enseignement, les seuls qui garantissent aux jeunes consciences d’apprendre à l’abri de tous les dogmes et qui se fixent l’objectif de leur transmettre les connaissances les mieux établies selon la méthode du libre examen.

Le bonheur de la jeunesse, dont vous soulignez à juste titre l’importance pour l’avenir du pays, en dépend.

            La situation qui prévaut depuis 1960 a permis à l’Eglise romaine, la grande bénéficiaire de la loi du 31 décembre 1959, de gérer plus de 8 000 établissements d’enseignement des premier et second degrés qui accueillent 17 % des élèves. Exemptés des contraintes de la carte scolaire, ces établissements conservent un caractère propre grâce auquel ils perpétuent, sous des formes d’ailleurs souvent très subtiles, une morale découlant des dogmes. Il en coûte huit milliards d’euros à l’Etat et environ un milliard et demi aux collectivités territoriales. A cet égard, au grand dam de nombreux Elus locaux de toutes tendances et de toutes convictions religieuses, la loi du 28 octobre 2009 tendant à garantir la parité de financement entre les écoles élémentaires publiques et privées sous contrat d'association lorsqu'elles accueillent des élèves scolarisés hors de leur commune de résidence a aggravé la situation.

            La loi du 31 décembre 1959 dite « loi Debré » constitue une brèche béante dans la laïcité de l’Ecole et, par ricochet, de l’Etat dans son ensemble. C’est pourquoi la Fédération nationale de la Libre Pensée s’adresse à vous pour qu’elle soit abrogée ainsi que tous les textes qui l’ont modifiée depuis l’origine jusqu’à la loi du 28 octobre 2009.

            Soyez assuré, Monsieur le Président de la République, de nos sentiments laïques et républicains. 

Adoptée à l’unanimité par le Congrès national de la Libre Pensée, le 22 août 2012


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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 19 Août 2012

J’ai rédigé ce texte en mai 2012. Ce dernier, une fois discuté et légèrement amendé par la Commission administrative de la Fédération Nationale de la Libre Pensée a servi d’exposé auprès de l’IHEU. C’est notre amie et camarade Michèle Singer qui l’a présenté récemment au colloque de Montréal de l’IHEU (internationale humaniste et éthique).

 

Hansi

 

"Je ne suis vraiment libre que lorsque tous les êtres humains qui m'entourent, hommes et femmes, sont également libres." Michel Bakounine

 

Nous vivons dans un monde en crise ; dans les pays les plus riches, les acquis sociaux  progressistes et les acquis de civilisation sont en recul. Dans le même temps les inégalités sociales sont de plus en plus criantes entre les pauvres et les riches, que ce soit  au niveau international mais également au sein même des nations.

Dans ce contexte de crise économique, politique et sociale, la situation des plus faibles s’aggravent.  A ce titre les femmes, subissent de plein fouet, les régressions, les reculs de liberté, l’exploitation et la pauvreté.

Au niveau mondial, les femmes représentent 70% des 1.2 milliard d’êtres humains qui vivent avec moins de 1$ par jour. En France, bien que représentant 47% des salariés, celles-ci touchent des salaires jusqu’à 27% inférieur à ceux des hommes et des retraites inférieures de 42%. Elles sont les plus exposées aux temps partiels, aux contrats précaires et à la pauvreté. Elles se voient souvent refusées l’accès à des postes de direction ou à des lieux de prise de décision.

A cette situation économique catastrophique s’ajoutent les mauvais traitements et les agressions sexuelles ; on estime qu’une femme sur trois, dans le monde, a déjà a été violée, battue ou victime de mauvais traitements au moins une fois dans sa vie.

Les femmes se voient, très souvent, interdire les libertés fondamentales ; elles ne disposent bien souvent ni de leur corps, ni de leur conscience. Notons à  ce sujet, y compris dans les pays  où des acquis démocratiques et progressistes ont permis aux femmes de s’émanciper,  que des menaces pèsent. Ainsi en France, la gynécologie médicale tend à disparaitre, la contraception est de plus en plus menacée et les centres IVG ferment les uns après les autres. Loin d’être atteint l’objectif de l’égalité entre les hommes et les femmes semblent reculer au même titre que les acquis sociaux et démocratiques.

 

Les hommes et les femmes seraient ils inégaux ?

Les hommes et les femmes présentent des différences physiques évidentes. Mais ont-ils des capacités intellectuelles vraiment différentes ? Des stéréotypes diffusés un peu partout affirment que les hommes et les femmes ont des comportements intrinsèquement différents, dans des livres grand public comme les hommes viennent de mars et les femmes viennent de Vénus, il est propagé toute une série de stéréotypes attribuant des comportements, des capacités et finalement des rôles à un sexe ou à l’autre ; « les femmes ne sauraient pas lire une carte, les garçons seraient plus doués en maths… ».  Pourtant, les travaux des neurosciences ont infirmé toutes ces allégations. Lise Eliot, maitre de conférences en neurosciences à l’université Rosalind-Franklin de médecine et de science de Chicago, auteur du livre Cerveau rose, cerveau bleu, les neurones ont-ils un sexe  insiste surtout sur la grande plasticité du cerveau et sur la haute réactivité du cortex à l’environnement, confirmant ainsi que les différences apparaissant parfois dans les comportements ou les capacités scolaires sont dues essentiellement à l’éducation et à l’environnement dans lequel nous évoluons. Des lors, d’un point de vue scientifique et rationnel, rien ne peut justifier les inégalités de droits et de devoirs entre les hommes et les femmes. Les comportements sont essentiellement déterminés par l’environnement et l’éducation et non par le physique et la biologie. Ce qui faisait dire à Simone de Beauvoir « On ne nait pas femme, on le devient ».

 

Selon les religions, le sexe détermine la place dans la société

Malgré les recherches scientifiques, des théories archaïques et réactionnaires soutiennent, tout de même, que les femmes sont inférieures aux hommes et/ou que leur identité et leur rôle dans la société sont déterminés par leur sexe. Ces différences sexuelles, justifieraient des différences de droits et de devoirs. Pour ces « penseurs » les comportements et les rôles des hommes et des femmes seraient déterminées par la nature et par la divine volonté d’un créateur.

Ainsi, les caractéristiques physiques558417_458556944162854_1700530731_n.jpg d’un individu détermineraient des rôles différents dans la société. Les individus seraient alors prédestinés à occuper tel rôle social, professionnel ou politique selon que leur sexe soit masculin ou féminin.

Ce modèle inégalitaire de domination d’un sexe par l’autre est un modèle largement diffusés par les religions monothéistes. Le coran ou la Bible (ancien et nouveau testament) donnent autorité de dieu sur l’homme et de l’homme sur la femme. La Bible contient des dizaines de prescriptions et d’interdits concernant les femmes.  Il est notamment écrit dans la Lettre de Paul aux Ephésiens (5, 22,23) « Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur; car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l'Église ». Cette orientation sexiste persiste jusque dans des prises de positions récentes des différentes religions du livre. Jean-Paul II, dans l’encyclique mulieris dignitate, affirmait en 1988 « même la juste opposition de la femme face à ce qu'expriment les paroles bibliques «lui dominera sur toi» (Gn 3, 16) ne peut sous aucun prétexte conduire à «masculiniser» les femmes. La femme ne peut _ au nom de sa libération de la «domination» de l'homme _ tendre à s'approprier les caractéristiques masculines, au détriment de sa propre «originalité» féminine. Il existe une crainte fondée qu'en agissant ainsi la femme ne «s'épanouira» pas mais pourrait au contraire déformer et perdre ce qui constitue sa richesse essentielle.  (…)La femme _ comme l'homme aussi, du reste _ doit donc envisager son épanouissement personnel, sa dignité et sa vocation, en fonction de ces ressources, selon la richesse de la féminité qu'elle a reçue le jour de la création et dont elle hérite comme une expression de l'«image et ressemblance de Dieu» qui lui est particulière. » 

Il résumait alors, la « prédestination » de la femme par sa vocation sponsale; à être soit épouse du christ soit l’épouse d’un homme (avec maternité). Cette vocation se résumant selon l’Eglise catholique par le « don de soi ».

En 1995, dans une autre encyclique,  evangelium vitae, l’Eglise condamnait également la contraception, le droit à l’IVG, ou l’homosexualité. Les homosexuels étant en quelque sorte des individus qui réfutent la prédestination sexuelle et sexiste développée par les religions.

Malgré des prétendus adaptations à la société moderne, il apparait que les religions du texte continuent de combattre le droit pour chaque individu de disposer de son corps et de sa conscience. Cette position liberticide inclue notamment des interdits liés au sexe, à la sexualité mais aussi l’obligation pour l’individu d’adopter un comportement et un rôle conforme à une supposée détermination physique.

Chaque grande religion édicte ainsi des prescriptions dans le but de contrôler les corps et les consciences des individus particulièrement des femmes. Interdits vestimentaires, alimentaires, sexuels et ségrégation entre les sexes… les grandes religions juives, musulmanes et chrétiennes souhaitent régenter la vie publique et même la vie privée de tous. Ces religions, toute patriarcale, insiste particulièrement sur le statut des femmes.

Interdiction de la maternité consciente, du droit à l’IVG, interdictions vestimentaires, les religions représentent un obstacle majeur au droit de disposer de son corps et de sa conscience. Ainsi des comportements et des tenues autorisées pour les hommes seraient indignes des femmes.

Ce modèle patriarcal diffusé par les religions dans toutes les sphères de la société se retrouve sous diverses formes dans les médias, dans la mode, dans le monde professionnel. Le statut, le comportement et le corps de la femme semble ainsi appartenir à toute la société ; une femme ne devrait pas séduire autant qu’un homme, elle ne devrait pas montrer son corps librement, elle ne devrait pas être trop entreprenante, elle ne devrait pas prendre trop de responsabilité sans quoi elle ne serait plus féminine… Son corps ne pourrait être dévoilé que s’il rentre dans les canons de beauté (véritables diktats imposés aux femmes) et ce dans un but mercantile, elle doit être souriante, jolie, discrète…

Même sans parler des situations extrêmes vécues dans certaines communautés religieuses, on constate, partout, que les femmes se voient assigner des modèles et des rôles à suivre. Dans la Bible, les femmes sont ou prostituées ou mères. Les femmes sont souvent présentées comme des tentatrices, comme Eve responsable du péché originel. Cette conception se retrouve dans nos sociétés encore aujourd’hui. Dans certaines communautés chrétiennes, juives ou musulmanes, on prétend protéger les femmes en leur demandant de se cacher. La culpabilité des éventuelles agressions sexuelles est ainsi rejetée sur les victimes. Ces codes vestimentaires sont le fait de doctrines dictées par des hommes incapables de gérer leur sexualité dans un système de pensée religieuse obsédée par le sexe. Les tenues des religieuses, les voiles, les interdictions vestimentaires mais aussi les diktats de beauté imposés aux femmes sont les conséquences d’idéologies religieuses prônant le contrôle des corps et des consciences des hommes et surtout des femmes mais prônant aussi l’infériorité de celles-ci. 

Cet état de fait constitue une situation d’infériorisation des femmes confortée par le système économique dans lequel nous vivons. Celui-ci favorise en effet la division du travail, la concurrence et la division des êtres humains entre eux.

 

Egalité ou discrimination positive ?

Aujourd’hui, tout le monde se déclare préoccupé par la situation des femmes mais l’enfer est pavé de bonnes intentions !

Ici, on les « habille » d’un voile pour les protéger et on leur interdit de travailler pour les mêmes raisons, là, on rédige une encyclique à leur gloire, on les encense mais on justifie l’inégalité et on les cantonne dans le don de soi…

A chaque fois, on justifie l’inégalité des droits et des devoirs par les différences physiques entre les hommes et les femmes… Les libres penseurs et les démocrates réfutent ce modèle et affirment que chaque individu doit pouvoir disposer de son corps et de sa conscience quel que soit son apparence, son sexe, sa sexualité, ses opinions et ses croyances. Aucune différence réelle ou supposée ne doit et ne peut justifier une inégalité des droits et des devoirs.  

Admettre la moindre différence des droits, c’est admettre la supériorité d’individus sur d’autres, c’est établir une hiérarchie entre les êtres humains, les diviser et finalement menacer les libertés de tous. Nous affirmons que les êtres humains veulent vivre en paix, libres et égaux. Aussi nous rejetons toute forme de discrimination et toute forme de communautarisme.

Accorder des droits et des devoirs différents selon des appartenances à des prétendus communautés ethniques, religieuses, sexuelles…etc… revient à compartimenter les êtres humains dans des communautés dont ils ne peuvent plus sortir. Les individus disposeraient ainsi de droits et de devoirs déterminés par leurs appartenances à telle ou telle communauté. Ce système empêcherait l’individu de disposer de son corps et de sa conscience à l’égalité avec tous les êtres humains. Tenus de se comporter en accord avec ses « appartenances », sa liberté serait fortement réduite.

Prétextant réduire ou atténuer des inégalités, certains veulent mettre en place des discriminations dites positives. Ainsi, pour réduire les inégalités entre les hommes et les femmes, des Etats comme la France ont mis en place des quotas en politique. Non seulement, la situation des femmes n’a pas progressé en France, non seulement les inégalités persistent mais en plus cette politique de discrimination dite positive (parité) entérine l’inégalité entre les sexes, discrédite les femmes, jette un doute sur leur capacité et sert d’obstacle à lutter contre les vraies racines de l’inégalité.

L’existence de cette loi sur la parité constitue un échec et une hypocrisie. Si les femmes représentent 48% des membres siégeant dans les conseils municipaux, les choses se dégradent plus les responsabilités politiques sont importantes et ne représentent plus que 18.5% des élus à l’assemblée nationale.[i]

Les défenseurs de cette loi affirment vouloir forcer les choses pour démontrer que les femmes peuvent gouverner tout autant que les hommes mais aussi pour changer les mentalités en aidant les hommes et les femmes à percevoir les choses autrement en mettant en avant des femmes politiques. Si les intentions paraissent bonnes, la méthode est des plus douteuses. Cette politique des quotas et des places réservées sous-entend une situation de handicap accentuant par la même occasion le sentiment d’une moindre capacité pour les femmes à accéder aux plus hautes responsabilités.

Ce n'est d'ailleurs pas très valorisant pour une femme de se dire qu'elle doit sa place à son sexe plutôt qu'à son mérite. Les qualités d'une femme tiendraient plutôt à ses qualités physiques qu'à ses compétences ?

Pire, la loi sur la parité a servi d’écran de fumée… En instituant cette loi, on a fait mine de régler le problème de l’inégalité des droits sans aborder les questions les plus cruciales comme les inégalités liées aux salaires et aux pensions de retraites. Dans ce dernier cas, l’écart entre les hommes et les femmes s’est même accentué lors de la dernière contre-réforme des retraites. Les questions du travail des femmes, du temps partiel, des discriminations au travail, des rémunérations ne sont pas abordées alors qu’elles sont pourtant déterminantes.

On ne peut combattre les discriminations en les gravant dans la loi. On ne peut résoudre les inégalités par l’inégalité de droit. Toute politique dite de discrimination positive fait mine de soigner les causes de la maladie alors qu’elle ne traite péniblement qu’un symptôme. Mieux vaut réfléchir sur les origines des inégalités plutôt que d’appliquer des solutions qui aggravent les discriminations et masquent les vraies racines

 

Le combat des progressistes pour le droit de disposer de son corps et de sa conscience.

La démocratie est un système politique où des élus exercent un mandat au nom de leurs concitoyens. Les représentants élus du peuple dirigent un Etat ou une collectivité, font des choix politiques et économiques qui déterminent la vie de leurs concitoyens. Aussi les électeurs choisissent leurs élus au nom de valeurs qu’ils défendent, selon des choix économiques ou politiques qu’ils jugent préférables et au nom d’une certaine orientation politique.

Au gré des situations politiques, des candidats, des idées défendues, des bilans des élus, les électeurs peuvent changer d’avis, sanctionner des élus, choisirent d’autres candidats, changer d’opinions…etc…

Qu’en serait-il si les assemblées élues devaient être déterminées par des quotas qui représenteraient les « minorités » ? Vote-t-on pour des idées et des orientations politiques ou bien votent-on pour des gens selon leur sexe, leur religion, leurs origines ?

La démocratie implique l’égalité des droits et des devoirs… un candidat à un poste ne peut être reçu que parce qu’il mérite cette place et ce quelque soit son sexe, ses options philosophiques, sa couleur… etc… la démocratie ne peut être une accumulation de communautés.

Les intérêts des femmes seraient-ils mieux défendus, en France, si Madame Christine Boutin, consulteur au conseil pontifical pour la famille, opposée à l’ivg, militante pour l’apport judéo chrétien dans la société, était appelée aux plus hautes responsabilités ? Les hommes seraient ils oppressés s’il la majorité des élus étaient des femmes ?

La démocratie implique que nous élisions des élus au nom de leurs programmes politiques et économiques et non pour leur couleur, leur sexe ou leur orientation sexuelle.

En matière d’égalité des sexes, il ne s’agit pas d’un combat des femmes contre les hommes. Non, il s’agit de la lutte multiséculaire des progressistes hommes ou femmes contre les réactionnaires hommes ou femmes. Il s’agit de combattre partout pour l’égalité face à des conceptions qui imposent les inégalités et l’obscurantisme.


La laïcité et la lutte contre les dogmes religieux

Partout où des inégalités se produisent, les libres penseurs doivent réagir et promouvoir l’égalité de tous. Cela suppose l’opposition à toute doctrine inégalitaire et à tout préjugé discriminatoire. Se battre pour l’égalité des hommes et des femmes, c’est combattre les dogmes et les positions liberticides des religions qui justifient l’oppression des uns par les autres, et qui entravent la liberté de tout individu de disposer de son corps et de sa conscience.

Combattre pour la liberté et l’égalité de tous, c’est se battre partout pour que ces puissances religieuses soient exclues des prises de décisions politiques. Le combat pour l’égalité des droits des hommes et des femmes est intrinsèquement lié au combat pour la séparation des Eglises et des Etats. Il ne peut y avoir d’égalité quand des forces inégalitaires et réactionnaires imposent leur point de vue à l’ensemble de la société.

 

Combattre les inégalités quelles qu’elles soient, c’est aussi combattre la plus grande de toute. 

Alors qu’une immense majorité travaille comme salarié ou du moins tente de trouver un travail contre un salaire, une minorité détient les entreprises, les banques et les finances du monde.

Les inégalités sociales constituent les inégalités les plus criantes, elles sont la source de toutes les inégalités. On le voit dans l’Histoire, quand le niveau de vie d’une population augmente, les religions et les superstitions reculent, les conditions de vie des hommes et des femmes y progressent fortement. Les conditions sociales déterminent les modes de penser.

 

Les dirigeants de ce monde n’ont aucun intérêt à perdre leurs nombreux avantages et de fait ne souhaitent pas vivre à égalité avec le reste de l’humanité. Pour ne pas être renversés, ils doivent canaliser et soumettre une bonne partie de l’humanité.

Les religions et le communautarisme (souvent liés) trouvent leurs origines dans cette domination d’une minorité de puissants sur une large majorité de dominés.

 

De la misère sociale et économique, de l’ignorance et de la peur du lendemain naissent des systèmes de penser réactionnaires qui justifient les inégalités sociales, sexuelles et même parfois « raciales ». C’est pour cela que les dominants utilisent les religions pour contrôler les populations.

En 1801, Napoléon signait un concordat avec l’Eglise catholique et déclarait alors : « comment avoir de l’ordre dans un Etat sans religion ? (…) la société ne peut exister dans un Etat sans une religion. La société ne peut exister sans l’inégalité des fortunes, et l’inégalité des fortunes ne peut exister sans la religion. Quand un homme meurt de faim à coté d’un autre qui regorge, il lui est impossible d’accéder à cette différence s’il n’y a pas là une autorité qui lui dise «  Dieu le veut ainsi, il faut qu’il y ait des pauvres et des riches dans le monde ; mais ensuite et pendant l’éternité le partage sera fait autrement. », il ajoute : « C’est en me faisant catholique que j’ai fini la guerre de Vendée, en me faisant musulman que je me suis établi en Egypte, en me faisant ultramontain que j’ai gagné les esprits en Italie. Si je gouvernais un peuple de Juifs, je rétablirais le Temple de Salomon ».

 

Tout comme la lutte contre les religions, la lutte contre toute forme de discriminations doit être comprise et intégrée dans la lutte contre un système ou une minorité prétend diriger une majorité et cela dans des conditions sociales, économiques et politiques inégalitaires.

Un des moyens dont dispose ces puissants consiste en effet à diviser les peuples en communautés. La conscience d’appartenir à une seule classe aux intérêts communs est occultée au profit d’une pseudo-appartenance à une communauté ethnique, religieuse, sexuelle ou autre. Pire, les revendications communautaires, les inégalités entre diverses communautés divisent les peuples et entraine parfois des conflits entre ces communautés.

Des lors, si des individus sont discriminés pour leur sexe, leur religion, leur orientation sexuelle, leurs origines... il convient de combattre pour l’égalité des droits tout en combattant l’origine profonde de toute inégalité ; c'est-à-dire l’inégalité des classes. Il revient ainsi aux démocrates que nous sommes de lutter contre toutes les discriminations, tout en aidant à la compréhension de tous les opprimés que leur émancipation totale n’est possible qu’en abolissant un système économique basé sur l’inégalité et vivant grâce à l’aggravation des discriminations.

La propagande contre les discriminations des femmes, pour l’égalité de tous, apparait nécessaire et légitime mais vaine si elle ne fait pas le lien avec cette lutte économique.

De même, ce combat pour l’émancipation politique et économique impose la compréhension et le soutien à tous ceux et toutes celles qui subissent l’oppression et les discriminations. Nous devons agir sur tous les plans, de façon théorique mais aussi de façon pratique.

En conclusion, il ressort la nécessité pour nous de combattre toute forme de discrimination en mettant en avant les principes d’égalité, de liberté et de laïcité tout en expliquant que l’émancipation totale de l’Humanité est impossible tant que subsiste la plus grande des inégalités ; la domination d’une classe sur une autre. Cette injustice est la mère de toutes les autres et toutes nos luttes émancipatrices doivent être intégrées à la lutte contre l’exploitation économique.

Hansi

 

 



[i][i] Observatoire des inégalités – 11 nov 2011 - http://www.inegalites.fr/spip.php?article59

 

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Egalité

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