Articles avec #ecole tag

Publié le 2 Mai 2012

Une  exposition sur la Bible s’est tenue dans un lycée public du Mans du 3 mars au 23 mars 2012 à la chapelle de l’oratoire ; bâtiment désaffecté mais situé dans l’enceinte du lycée public Montesquieu.

 

Cette exposition organisée par une coordination d’associations religieuses (1) a visiblement reçu l’aval de l’Inspection Académique de la Sarthe, du Rectorat de Nantes ainsi que le soutien de la mairie du Mans, propriétaire de la chapelle désaffectée. Une convention liant la mairie et l’évêché permet en effet à l’Eglise catholique de tenir six manifestations par an dans cette chapelle.

 

Ses concepteurs mettent en avant la reconnaissance par l’UNESCO de la Bible comme patrimoine de l’Humanité ainsi que le soutien du ministère de la culture.

 

La Libre Pensée de la Sarthe a rédigé un communiqué de presse le 27 décembre 2011 pour caractériser cette entreprise comme cultuelle et non culturelle et  demander le retrait de cette exposition religieuse d’un site relevant de l’enseignement public et laïque. Le communiqué rappelait que l’Ecole Publique « doit être un lieu d’enseignement des savoirs et des connaissances et non pas un lieu de prosélytisme, de diffusion des opinions et des croyances ». Le  3 janvier 2012, le syndicat SNES-FSU 72 reprenait  l’intégralité du communiqué de la Libre Pensée de la Sarthe sur son site internet.  Dans les jours suivants, les syndicats de l’enseignement FO, Sud, CGT s’associaient à cette démarche ainsi que toutes les associations laïques du département (à l’exception de la LDH)

 

La réaction des laïques a connu un succès certain puisque l’exposition n’a été ouverte, contrairement à ce qui était prévu,  qu’en dehors des heures d’enseignement. Il reste qu'elle a bien eu lieu dans l’enceinte d’un établissement scolaire public. Les associations laïques comptent donc  dénoncer maintenant la convention passée  entre la mairie du Mans et l’évêché.

Ce combat pour faire respecter la laïcité de l’enseignement public est d'autant plus justifié que nous venons d’apprendre qu’une messe est également organisée ce 3 mai à 18h30 au lycée Montesquieu. Nos associations continueront de se battre ; nous sommes reçus dans deux semaines à la mairie du Mans.

 

En attendant d’autres informations, je vous invite à lire cette analyse de Rémy Janneau qui aide à comprendre les origines profondes de cette exposition en lycée public ainsi que son lien avec les attaques contre les programmes scolaires.

 

Hansi

 

(1) la bible patrimoine de l’humanité  est une  « initiative du Groupe Œcuménique du Mans ». «  L'association "La Bible, patrimoine  de l'humanité"  a pour membres fondateurs les   communautés chrétiennes sarthoises : Adventiste, Assemblée de Dieu, Baptiste, Catholique,Centre Evangélique Protestant Orthodoxe, Réformée. S'y est associée la communauté israélite sarthoise. » 

 

 


Cette exposition n’est pas le fruit d’un dérapage. Elle s’explique par la place nouvelle de la Bible dans les programmes et dans les manuels. Ce qui restait, jusqu’à une date récente, un texte sacré auquel il pouvait, éventuellement, être fait référence dans le cadre d’un contexte – celui des civilisations de l’orient ancien - a été promu source essentielle de la connaissance non des croyances des Hébreux, mais leur Histoire. Au titre-question  Quelle est l’histoire des Hébreux ?, par exemple, répond dans un manuel de 6ème (1), un dossier documentaire composé d’extraits de l’Ancien Testament, illustrés par des fresques ou des bas-reliefs. Les auteurs concèdent prudemment – ou habilement - que « l’existence d’Abraham, de Moïse et de David n’est pas vérifiée par l’histoire », que « certains récits sont légendaires » mais le texte d’accompagnement est au présent de narration et, surtout, les mythes  se mêlent à des faits historiques qui semblent les valider. La même méthode se retrouve dans tous les manuels : la création du monde, le combat de David et de Goliath, l’arche de Noé, le passage de la Mer Rouge, le jugement de Salomon ou encore l’extermination par les troupes de Nabuchodonosor puis l’exil à Babylone, sont associés aux conquêtes assyriennes ou au pillage du temple de Jérusalem par les troupes de Titus.

Paradoxe : cette approche plus religieuse qu’historique9782070429394FS.gif s’impose en France alors que depuis un bon quart de siècle, archéologues et historiens, au premier chef, israéliens, montrent de manière convaincante que la Bible n’est qu’une réécriture politique tardive du passé des juifs que l’archéologie contredit totalement. Dans un ouvrage intitulé La bible dévoilée (2), Israël Finkelstein et Neil Silberman, respectivement directeur de l’Institut d’archéologie de l’université de Tel-Aviv et directeur historique au Ename Center for Public Archeology and Heritage Presentation de Belgique, présentent un état de ces recherches qui établissent que la sortie d’Egypte et la conquête de Canaan sont des mythes, que les Hébreux sont issus, non d’une population immigrée ou conquérante mais tout simplement de la population autochtone, que le vaste et puissant royaume de David et de Salomon n’est qu’un « âge d’or » ou, pour reprendre l’expression de Philip Davies de l’université de Sheffield, un « montage idéologique », forgé au VIIème siècle pour légitimer la dynastie dite davidique alors incarnée par Josias et affirmer l’identité du petit royaume de Juda face aux puissants voisins égyptiens et assyriens.

Schlomo Sand, professeur à l’université de Tel-Aviv, montre, dans un ouvrage tout à fait remarquable (3), comment ces mythes ont été politiquement instrumentalisés à différents moments de l’histoire. La mémoire officielle - nécessairement sélective - établie, à partir du XIXème siècle, par les historiens nationalistes puis par les théoriciens du sionisme ne résiste pas, en effet, à une approche scientifique. La diaspora et l’exil semblent bien, comme le « peuple juif » lui-même, avoir été « inventés ». Ni les Babyloniens au VIème siècle, ni les Romains après les révoltes de 70 et de 135 n’ont déporté massivement les populations juives. Tout au plus ont-ils déplacé les élites. Réalité longtemps occultée, pour ne pas dire inavouable : beaucoup de juifs se sont, en revanche, convertis au christianisme puis à l’islam. Schlomo Sand met ainsi en pièces le mythe d’un « peuple juif » descendant quasi génétiquement d’Abraham. Contrairement à une idée reçue, les juifs ont largement pratiqué la conversion, parfois forcée, comme celle des Iduméens et des Ituréens. Le nombre de juifs de toutes origines, vivant, au premier siècle, dans l’Empire romain, en dehors de la Palestine, est ainsi  évalué à 4 millions. Autre réalité historique soigneusement occultée: l’existence, en différentes régions du monde antique, de royaumes juifs (Adiabene au Kurdistan, Hymiar en Arabie, celui de la Kahina en Afrique du nord) et même d’un empire, celui des Khazars. Les juifs originaires d’Europe de l’est descendraient ainsi non de populations originaires des rives du Jourdain mais de ces cavaliers des steppes d’origine turco-mongole, ce qui bouleverse quelque peu la tradition.

34333942.jpgCeci étant, les débats restent ouverts sur de nombreuses questions, en particulier sur la puissance réelle voire sur l’existence du royaume de David. Il appartient aux scientifiques – et à eux seuls -  d’y apporter des réponses. Le problème est ailleurs : au moment où des universitaires israéliens établissent que, jusqu’aux années 60 au moins, la recherche archéologique a été orientée pour faire coller les sources au récit biblique, les programmes imposent, aujourd’hui, en France, cette fiction comme une culture religieuse mal différenciée de l’étude historique. La structure des programmes révèle qu’on est, en fait, bien loin de l’Histoire. En 6ème, les religions monothéistes sont traitées dans des chapitres particuliers, distincts de la période historique correspondante. Cette déconnection est révélatrice d’une volonté de substituer l’étude du « fait religieux » à l’enseignement de l’Histoire. Le problème est bien là. Le ministère avait d’ailleurs envisagé, dans un premier temps de faire étudier l’islam en 6ème alors qu’il est abordé, d’un point de vue historique, en 5ème. Il a renoncé devant la protestation des enseignants mais, sous couvert d’approche culturelle, le judaïsme et le christianisme antiques restent traités  d’un strict point de vue religieux.

Ce changement radical dans l’approche de la place des religions dans l’Histoire est le fruit d’une stratégie. Il est l’expression, pour reprendre un titre récent, de la « revanche du parti noir » (4), celle d’un parti clérical qui n’a jamais désarmé. Un événement passé quasi inaperçu à l’époque marque le début de cette contre-offensive: en 1972, s’est réuni, à l’Université catholique de Louvain, un symposium convoqué par la Sacra Congegatio pro Institutione Catholica, congrégation sise au Vatican, sous les auspices du Conseil de la Coopération Culturelle du Conseil de l’Europe, avec le concours, pour ce qui est de la France, du directeur de l’Ecole Nationale des Chartes et d’un Inspecteur Général chargé du groupe de travail francophone. Près de 1000 manuels d’histoire utilisés en Europe occidentale y furent passés au crible. En introduction, le cardinal Garone avait donné le ton: « La tâche du professeur d’histoire conscient de ses responsabilités, est de reconnaître l’importance du phénomène religieux dans l’histoire de l’humanité… ». Il mettait ensuite les points sur les : « Il est probablement impossible d’écrire l’histoire, sans un certain nombre de convictions religieuses. » De l’enseigner aussi, il est permis de le supposer. La conclusion du symposium avait le mérite de la clarté: « Nous souhaitons de tout cœur pouvoir, par nos communs efforts, contribuer non seulement à améliorer la qualité des manuels d’histoire mais aussi à modeler dans le bon sens la personnalité des jeunes qui sont en définitive les agents de ce monde meilleur dont nous espérons être les témoins à l’heure choisie par Dieu. » (5).

Inutile de chercher ailleurs la source des dérives auxquelles nous assistons aujourd’hui. Que l’Eglise catholique éprouve, plus qu’il y a 40 ans, le besoin de faire alliance avec une coordination d’associations religieuses d’obédiences diverses ne change rien au fond de la question. La pluralité confessionnelle n’est nullement une garantie de neutralité idéologique moins encore d’objectivité scientifique. Œcuménique ou non, le prosélytisme reste incompatible avec la laïcité de l’enseignement.

 

Rémy Janneau

 

 

(1)   Manuel d’Histoire-Géographie de 6ème Nathan  2009.

(2)   Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman – La bible dévoilée – Les nouvelles révélations de l’archéologie – Bayard – 2002.

(3)   Shlomo Sand – Comment le peuple juif fut inventé – Arthème Fayard – 2008.

(4)   Michel Eliard, Michel godicheau et Pierre Roy – La revanche du parti noir – La lente mise à mort de l’école publique – Editions Abeille et Castor – 2011.

(5)   Sur le symposium de Louvain, voir O. Dauphin, R. Janneau, N. Perron (dir) : L’histoire-géographie de l’école élémentaire au lycée. Vecteur de propagande ou support de l’esprit critique ? L’Harmattan – 2009 – pp 73à 76.

Voir les commentaires

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Ecole

Repost 0

Publié le 11 Mars 2009

LIBRE PENSEE DE LA SARTHE

Maison des associations– Place d’Arcole- 72000 Le Mans

http://librepensee72.over-blog.com



Suppression de postes, LMD, autonomie des universités, masterisation de la formation des enseignants, casse des statuts, reconnaissances des diplômes religieux, suppression des RASED…

Quelles sont les mesures qui détruisent et privatisent l’enseignement de l’école maternelle à l’enseignement supérieur ? Quelles sont leurs origines, leurs logiques, leur finalité ?

 

Colloque

«  En Défense de l’enseignement »

Le Samedi 28 mars 2009 à 14h30

Amphi  3 de l'UFR Sciences et Techniques, Université du Maine
Avenue Olivier Messiaen, 72085 Le Mans

 

 

·  « Les attaques contre  l’enseignement supérieur et la recherche ; l’exemple de l’Université du Maine » par Dominique Benard, enseignant-chercheur, faculté des sciences de l’université du Maine

 

· « L’enseignement de l'histoire à l'école primaire. Progrès de l'esprit critique ou nouvel obscurantisme? » ParRemy Janneau, ancien Professeur d’Histoire  de l’IUFM de Basse-Normandie et co-auteur de l’ouvrageL’enseignement de l’histoire géographie de l’école élémentaire au lycée, vecteur de propagande ou fondement de l’esprit critique ?

 

· « Les contres réformes de l’enseignement ; quelles origines ? Quelles conséquences ? » Par Alain Jouannet, enseignant du second degré et membre de la direction nationale de la Libre Pensée



 


 

Voir les commentaires

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Ecole

Repost 0

Publié le 17 Janvier 2009

COMMUNIQUE DE PRESSE

Diplômes catholiques reconnus par la France :
L'Union européenne antilaïque est en marche !


Le 18 décembre 2008, la France et le Saint-Siège (nom diplomatique et hypocrite du Vatican) ont signé au Quai d'Orsay un accord sur la reconnaissance des diplômes de « l'enseignement supérieur » catholique.


Voici ce qu'en dit le journal La Croix : « Cette signature, jeudi, sous les ors du grand salon du Quai d'Orsay, est historique. Elle revient sur une situation d'infériorité de l'enseignement supérieur catholique vieille de plus d'un siècle. Car si, en 1875, la IIIe République a proclamé la liberté de l'enseignement supérieur, elle avait très vite, des 1880, à l'initiative de Paul Bert et Jules Ferry, réservé l'attribution des titres universitaires aux seules universités publiques. En 1984, le Conseil d'Etat a estimé que ce principe du monopole d'Etat de la collation des grades universitaires s'imposait même au législateur...


Le processus de Bologne (Union européenne) par lequel 29 Etats européens - dont la France et le Saint-Siège - se sont engagés à établir d'ici à 2010 un espace européen de l'enseignement supérieur, est venu brouiller les cartes. En reconnaissant les diplômes étrangers, la France reconnaissait, de fait, les diplômes délivrés par des institutions catholiques de ses partenaires européens. La République devait aussi reconnaître les diplômes canoniques reconnus chez ses partenaires ».


Il apparaît donc clairement, qu'une fois de plus, l'Union européenne est une machine de guerre contre la République laïque. Elle mérite bien le surnom, donné par la Libre Pensée dès 1954, « d'Europe vaticane » .


Une duperie gouvernementale sans nom


Le vendredi 25 janvier 2008, une délégation de la Fédération nationale de la Libre Pensée, conduite par Marc Blondel (Président) avait été reçue par Monsieur Faugère, directeur de Cabinet du Premier ministre, assisté d'une collaboratrice.


La délégation remettait alors une note à Matignon. Celle-ci indiquait : « Dans son discours au palais du Latran, Le Président de la République Nicolas Sarkozy a évoqué le rôle de l'Église catholique dans l'enseignement supérieur : « Aujourd'hui encore, la République maintient les congrégations sous une forme de tutelle, refuse de reconnaître un caractère cultuel à l'action caritative ou aux moyens de communication des Églises, répugne à reconnaître la valeur des diplômes délivrés dans les établissements d'enseignement supérieur catholique alors que la Convention de Bologne le prévoit, n'accorde aucune valeur aux diplômes de théologie... »


Nicolas Sarkozy fait explicitement référence au processus de Bologne, instauré par l'Union européenne et inspirateur des deux réformes les plus récentes de l'Université française : le LMD (Licence-Master-Doctorat) et la LRU (Loi relative aux libertés et responsabilités des Universités). Le processus de Bologne est effectivement contraire à l'esprit laïque et républicain de l'institution universitaire française, ignorant purement et simplement toute distinction entre les formes d'enseignement supérieur, publiques ou privées, confessionnelles ou non.


Cet appel à la reconnaissance des diplômes supérieurs privés catholiques (ou d'autres religions) est contraire à la loi de séparation des Églises et de l'État (1905), mais également des plus anciens fondements de l'Université Française : son institution (1808) posant en principe le monopole de la collation des grades universitaires par l'État, restauré et réaffirmé par la loi de 1880 corrigeant la loi de 1875. » Ajoutons aussi que, manifestement, cet « acte diplomatique » s'inscrit dans la mise en œuvre grandissante de l'autonomie des universités. Faisant écho à ce discours de Rome du Président de la République, la Libre Pensée s'est ainsi inquiétée d'une possible remise en cause de la loi du 18 mars 1880 décrétant le monopole de la collation des grades par l'État, pour permettre aux établissements religieux d'en faire de même. Le Cabinet nous a alors répondu qu'il fallait comprendre cette déclaration dans le sens d'une prise en compte des diplômes de théologie délivrés par d'autres universités européennes. Le Cabinet du Premier Ministre nous a cependant indiqué que la loi de 1880 ne sera pas modifiée.


La Libre Pensée était reçue ensuite, quelques semaines après, au Ministère de l'Education nationale, par deux collaborateurs de monsieur Xavier Darcos. A la même question posée, ils apportaient la même réponse qu'à Matignon, néanmoins la note précitée fut déposée. La Libre Pensée comprend enfin pourquoi monsieur Darcos, contrairement à tous ses engagements répétés, refuse toujours de nous recevoir.


Après les diplômes catholiques, la reconnaissance du créationnisme ?


Le monopole de la collation des grades a mis la France relativement à l'abri des errements que l'on connaît aux États-Unis à propos du créationnisme. Dans ce pays, les facultés religieuses délivrent des diplômes sanctifiant « la création du monde en six jours ». Ces diplômes sont reconnus comme ceux délivrés par les Universités publiques. En France, cela est encore impossible.


Est-ce cela que le Président de la République veut détruire ? On peut légitimement le penser en lisant le discours présidentiel du Latran en direction de l'Eglise catholique : « Partout où vous agirez, dans les banlieues, dans les institutions, auprès des jeunes, dans le dialogue interreligieux, dans les universités, je vous soutiendrai. La France a besoin de votre générosité, de votre courage, de votre espérance. » Mais la messe n'est pas encore dite. Même la Croix le reconnaît : « Reste à savoir quand cet accord sera applicable. Jeudi, le Quai d'Orsay n'était pas en mesure de préciser si une ratification par voie parlementaire était requise. Il faudrait alors compter avec les réactions laïques : aux lendemains du discours du Latran, quand le Président de la République avait évoqué cette idée de reconnaître les diplômes des universités catholiques, nombreux avaient été ceux qui dénoncèrent « la fin du service public laïque ».


La Libre Pensée demande à tous les parlementaires (députés et sénateurs) d'interpeller le gouvernement sur cette question et de refuser de ratifier cet acte antilaïque.


Paris, le 22 décembre 2008

Voir les commentaires

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Ecole

Repost 0

Publié le 16 Octobre 2008

Fédération nationale de l’Enseignement, de la Culture et de la Formation professionnelle de la CGT-Force Ouvrière

· Fédération nationale de la Libre Pensée

 

-                   COMMUNIQUE DE PRESSE    

 

Il faut sauver l’École de la République !

 

La situation en cette rentrée scolaire 2008 a conduit la Fédération Nationale de la Libre Pensée (FNLP) et la Fédération Nationale de l’Enseignement, de la Culture et de la Formation Professionnelle FORCE OUVRIERE (FNEC FP-FO) à une expression commune pour la défense de l’École laïque.

 

Confirmant ainsi une pratique consistant depuis de longues années à affecter des fonds publics vers l’enseignement privé, le gouvernement actuel n’hésite pas à écorner les principes républicains ; ce qui constitue une remise en cause répétée de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État et notamment de l’article 2 qui stipule que la République ne subventionne ni ne salarie aucun culte.

 

Complémentairement, le Ministre de l’Éducation initie des réformes qui si elles étaient conduites à leur terme, mettraient en cause l’existence même de l’École républicaine et de ses structures de fonctionnement.

 

Il s’agit d’un enjeu fondamental qui soulève la question de l’égalité, de la démocratie et de la République et concerne donc l’ensemble des citoyens quelles que soient leurs origines et opinions politiques ou religieuses.

 

La réduction du nombre de postes d’enseignants et des personnels de toutes catégories de l’Éducation nationale, au nom de la révision générale des politiques publiques, aboutira à détruire les missions de l’École publique.

 

C’est le devoir d’instruction et d’éducation qui est ainsi contesté par la réorganisation des écoles maternelles et primaires, par la réforme des programmes et la réforme annoncée des lycées étendant aux lycées la privatisation et la liquidation des diplômes nationaux ; cette réforme des lycées est conduite par analogie à la réforme des universités, réforme des universités découlant du consensus de Bologne intégrant dans l’enseignement public des autorités d’Églises.

 

Le gouvernement envisage de réduire le baccalauréat à un examen de contrôle continu, il veut transformer les écoles communales en établissements publics d’enseignement primaire  (EPEP) pour justifier la fermeture de classes.

 

C’est le droit à l’instruction des enfants, de tous les enfants, qui est remis en cause, c’est la notion d’égalité entre citoyens qui est bafouée. Bien entendu, et de manière corollaire, ce sont les fonctionnaires de l’enseignement qui sont visés, y compris leur indépendance donc leur neutralité.

 

Subsidiairement, les droits syndicaux sont contestés voire remis en cause, comme ils le furent durant la Seconde Guerre mondiale.

 

Aussi, pour la défense de la laïcité comme élément constitutif de la République,

 

Pour le respect d’une instruction publique, laïque, obligatoire, tendant à l’égalité des citoyens et à leur formation d’hommes et de femmes libres concourants à la liberté de conscience et à la raison

 

Pour des programmes scolaires nationaux structurés par la science, l’histoire et la connaissance,

 

Contre la privatisation et l’obscurantisme,

 

La FNEC FP-FO et la Libre Pensée alertent les citoyens sur les  dangers des réformes imposées par le gouvernement et les appellent à s’opposer, notamment dans leurs responsabilités parentales, à leur application.

 

Convaincues de l’enjeu que constitue l’Enseignement public  pour la République, les deux organisations conviennent de se rencontrer régulièrement.

 

                                                                                 

 

Paris, le 15 octobre 2008.

Voir les commentaires

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Ecole

Repost 0

Publié le 14 Octobre 2008

FEDERATION NATIONALE DE LA LIBRE PENSEE

Membre de l’Union Internationale Humaniste et Laïque (IHEU)

10/12 rue des Fossés-Saint-Jacques 75005 PARIS

Tel : 01 46 34 21 50 – Fax : 01 46 34 21 84 – Courriel : »Libre.Pensee@wanadoo.fr »

 

-                   COMMUNIQUE DE PRESSE    –

 

N'acceptons pas la destruction de l'École publique qui ouvre la voie à l’obscurantisme !

 

Le gouvernement poursuit son travail de sape méthodique de l'Enseignement public. Après la suppression des cours le samedi matin à l’école primaire pour organiser la diminution de postes d’enseignants, après la suppression des BEP+ BAC PRO  en quatre ans pour les remplacer par un bac professionnel en trois ans à des fins d'économies de postes, il est question à présent de supprimer l'enseignement obligatoire des sciences au lycée.

 

Il est envisagé, très sérieusement, dans les hautes sphères du ministère de supprimer les cours de Physique-chimie et Sciences de la vie et de la Terre en classe de seconde. La réforme du lycée, qui réduit la semaine d’enseignement de 35H à 27H, pour pouvoir réduire massivement les effectifs des enseignants, prévoit, en outre,  le classement des disciplines en enseignements fondamentaux pour 60% du temps (soit 16h par semaine sur un total de 27h), enseignements exploratoires pour 25% du temps (7h par semaine) et enseignements d'accompagnement pour 15% du temps (4h par semaine). Dans l'état actuel de la réflexion au ministère, les sciences expérimentales ne figurent pas parmi les enseignements fondamentaux, ce qui est déjà invraisemblable, et sans doute ne feront pas partie des enseignements exploratoires (pour mémoire les élèves de seconde actuelle ont 3h30 de physique-chimie par semaine et 2h30 de SVT). ! Sur quelle base les élèves feront-ils le choix de la filière scientifique ?

 

Cette décision, si elle venait à être appliquée, signifierait que les élèves du lycée, ceux qui n'auront pas choisi la filière scientifique, n'auront suivi à peu près aucun cours de sciences de la nature. Dans une société où la plupart des objets quotidiens et l’avenir économique, social et culturel font appel à de la science de pointe, quel avenir prépare-t-on à des adolescents que l'on aura rendus scientifiquement analphabètes ? Sur quelle base pourront-ils construire leur opinion s'agissant des problèmes comme la pollution, le choix des sources d'énergie, l'évolution du milieu naturel ?

 

A l'heure où les partisans du créationnisme et du dessein intelligent gagnent du terrain, quelles armes intellectuelles disposeront les citoyens qui n'auront jamais entendu parler de théorie de l'évolution des espèces ? Quand le nombre de porteurs du HIV augmente, quel sera le comportement de jeunes gens qui n'auront pas entendu parler des MST et des moyens de s'en protéger ? Espère-t-on enrayer l'augmentation du nombre de grossesses non désirées chez les très jeunes femmes en supprimant les cours sur la reproduction et la contraception ? Enfin, si ce projet était mis en œuvre, que deviendraient la recherche scientifique et l’Université dans les disciplines scientifiques ?

La suppression de l’enseignement de l’Histoire-Géographie, qui est également envisagée pour les classes de 2ème cycle, compléterait ce projet visant à transformer l’Ecole civilisatrice en son contraire, en interdisant aux jeunes esprits de se structurer et en les vouant donc à l’ignorance.

 

La Libre Pensée s'insurge de ce nouvel appauvrissement dramatique des contenus d’enseignement. A l'heure où le pape est reçu en grande pompe par le président de la République, et où l'on évoque de plus en plus l'enseignement du fait religieux à l'Ecole publique laïque, cette attaque contre l'enseignement d'une approche rationnelle du monde résonne d'autant plus comme une offensive obscurantiste sans précédent.

 

Avec insistance, la Fédération nationale de la Libre Pensée sollicite un entretien avec le ministre compétent, monsieur Xavier Darcos. Malgré un engagement de principe, aucune suite n’a été donnée.

 

La Libre Pensée appelle toutes les citoyennes et tous les citoyens à se mobiliser pour obtenir le retrait de ce projet obscurantiste, condition de la défense de l'École publique et de la raison. La Libre Pensée se déclare  prête à participer à toute mobilisation pour obtenir le retrait de ce funeste projet.

 

 

                                                                                                                      Paris, le  13 octobre 2008

Voir les commentaires

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Ecole

Repost 0