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Publié le 10 Octobre 2017

Nos amis de la SARF nous invitent :

Deux conférences sur le calendrier républicain - samedi 14 octobre au Mans

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #annonces et infos lp 72, #Revolution Française

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Publié le 1 Avril 2016

Nous publions ici l'intégralité d'une résolution adoptée par nos camarades de la SARF (Société des Amis de la Révolution Française)

 

 

Après avoir pris connaissance :

• du compte rendu de l’audience du lundi 7 mars auprès de M. Jean-Claude Boulard, maire du Mans,

• du compte rendu de l’audience du mardi 8 mars auprès de M. Bergès, Directeur de la Direction Régionale des Affaires Culturelles, et de M. San Juan, responsable du

Service Régional d’Archéologie,

• de la Lettre de 30 professeurs et maîtres de conférence des Universités en activité,

• de la Lettre de M. Jean-Clément Martin, professeur émérite de l’Université Paris I,

I. La SARF

▶considérant qu’il appartient à l’Etat d’assumer la sauvegarde du patrimoine historique et archéologique de l’Histoire de France ;

▶considérant que les ossements des Jacobins relèvent des objets archéologiques et historiques au même titre que les ossements antiques, du Moyen-Age, ou plus récents comme ceux du couvent des Filles-Dieu découverts en 2005 lors des travaux préparatoires à l’édification du musée d’archéologie et d’histoire du Mans;

▶considérant que les progrès scientifiques et l’émergence de nouvelles technologies pourraient permettre de nouvelles recherches scientifiques sur lesdits ossements,

par ailleurs parfaitement conservés depuis 1793 grâce à leur recouvrement par de la chaux alors qu’un ré-enfouissement conduirait à leur dégradation ;

demande à l’Etat et à la Direction Régionale des Pays de la Loire la conservation des ossements par l’Etat dans les dépôts archéologiques prévus à cet effet, c’est-à-dire soit au dépôt de Nantes du Service Régional d’Archéologie, soit sur le lieu de la découverte, au nouveau dépôt SRA prévu caserne Paixhans au Mans, celui de la chapelle des Réparatrices étant actuellement saturé.

II. La SARF

▶considérant que les objets archéologiques (peu nombreux), autres que les ossements humains, découverts dans les charniers des Jacobins appartiennent pour moitié à la ville du Mans et pour moitié à l’Etat, sauf si la ville demande à les conserver,

demande au Maire du Mans de réclamer auprès de la Direction des Affaires Culturelles des Pays de la Loire tous ces objets archéologiques pour Le Carré Plantagenêt, musée d'archéologie et d’histoire de la ville du Mans.

III. La SARF

▶considérant que la loi du 31 juillet 1920 n’autorise pas le transfert des corps exhumés non identifiés (elle n’autorisa le transfert aux familles des corps des soldats de la guerre de 14-18 que dans les cas d’identification individuelle formelle : matricule, uniforme, objets personnels, papiers divers, lieu de sépulture individuelle connu…) ;

▶considérant que les recherches anthropologiques et archéologiques menées depuis 2009 par l’INRAP dans le cadre de fouilles archéologiques préventives ne permettent pas d’identifier lesdits corps ni l’origine géographique (Vendéens, Maugins, chouans bretons, mayennais ou autres, Manceaux ou soldats de la République) des personnes enterrés par tombereaux à l’issue de la bataille du Mans des 12 et 13 décembre 1793 ; dénonce l’odieuse campagne menée pour s’approprier, au mépris de ce qui vient d’être susdit, les 154 squelettes découverts sur le site du Mans :

– par M. de Villiers, ex-président du conseil départemental de Vendée (Ouest-France du 9 janvier 2016), ou par M. Retailleau, président actuel du Conseil régional des Pays de la Loire (O-F du 18 janvier 2016), pour accueillir lesdits ossements à l’«Historial de la Vendée» aux Lucs-sur-Boulogne, alors qu’ils savent pertinemment, d’une part, que ces ossements ne peuvent être reconnus comme vendéens, et, d’autre part, que la loi interdit l’exposition au public de squelettes humains ; leur objectif ne pouvant être le stockage des ossements dans la réserve dudit musée de France, ce qui ne présente aucun intérêt pour l’Historial, il est à supposer une exploitation partisane desdits ossements par un transfert au Mémorial jouxtant l’Historial ;

– par l’ex-ministre et député du Maine-et-Loire Hervé de Charette (O-F du 8 mars 2016) réclamant que les ossements, selon lui, «dans leur grande majorité des Mauges», soient rassemblés à Saint-Florent-le-Vieil, position sans fondement s’inscrivant sur le fond dans le droit fil des intentions des élus vendéens ;

– par l’association «Vendée militaire» (O-F du 23 janvier 2016) suggérant l’aménagement d’une crypte privée de recueillement aux Monts-des-Alouettes, aux Herbiers, «lieu religieux et commémoratif», proposition ne cachant pas son objectif anti-républicain et religieux ;

– par la «Fédération des fils et des filles (sic!) des victimes du génocide vendéen» (O-F du 23 janvier 2016), proposant «un ossuaire souterrain centré sur l’église de Saint-Martin-Lars avec un office religieux catholique annuel», et dont la quinzaine d’adhérents réclame une recherche ADN financée par «un fonds publics d’indemnisation du génocide vendéen» ; ce qui prouve qu’il ne s’agit pas d’identifier les corps pour les rendre à leur famille mais bien d’une opération de catholiques royalistes visant à faire admettre par la République un prétendu «génocide vendéen» toujours rejeté par le Parlement de la République française ;

– par Jacques Fah du Morbihan (La Croix du 9 mars 2016) proposant près d’Auray, en Bretagne, le mausolée des «martyrs» en mémoire à ces catholiques débarqués à Quiberon et «massacrés dans la campagne au "champ des martyrs"».

La République a le devoir de dénoncer ces demandes contraires aux lois et règlements en vigueur, et plus inconvenantes les unes que les autres, cet esprit de revanche, parfois caché sous le masque du républicanisme, parfois ouvertement anti-républicain, qui entend prolonger plus de deux siècles après les événements une atmosphère de guerre civile dont les plaies ne demandent qu’à cicatriser.

La République, qui a dû faire face à une guerre civile déclenchée dans les pays insurgés contre elle alors qu’elle affrontait à ses frontières les monarchies d’Europe, ne doit nulle repentance aux nostalgiques de l’Armée catholique et royale qui entendent la criminaliser, c’est-à-dire la rendre responsable de cette guerre civile.

IV. La SARF

▶considérant les informations selon lesquelles seraient en voie de constitution au niveau régional un pseudo comité scientifique et un collectif d’associations ;

▶considérant l’intervention de Jean-Pierre Mignard, «ami personnel de François Hollande, avocat et catholique de gauche» (O-F du 9 janvier 2016), réclamant pour la Vendée le «droit à un geste historique» ;

estime que ces démarches individuelles ou collectives sont nulles et non avenues compte tenu de ce qui précède, qu’elles ne sont destinées qu’à créer un mouvement d’opinion en faveur du transfert des ossements vers la Vendée, et qu’elles ne sauraient engager en aucune façon l’Etat et les services de l’Etat ;

demande à ces élus et associations de cesser leur odieuse campagne anti -républicaine par un retour à la décence et au respect dû à tous les morts.

V. La SARF

▶considérant que les extraits rendus publics (O-F du 9 janvier 2016) de la position de M. Jean-Claude Boulard, maire du Mans, confirmés par lui lors de l’audience du 7 mars 2016, à savoir l’acceptation de la demande de M. Philippe de Villiers et de M. Bruno Retailleau de transfert des corps vers la Vendée, sont contraires aux lois en vigueur, à la tradition républicaine de la ville du Mans, et considérant que cette position a facilité cette odieuse entreprise de «récupération» à des fins politiciennes et religieuses des restes humains non identifiés des Jacobins ;

demande à M. Jean-Claude Boulard, maire du Mans, de reconsidérer, à la lumière des éléments de ce dossier, sa position, et d’appuyer auprès de l’Etat et de la DRAC la demande de conservation des ossements des Jacobins du Mans, suivant les lois en vigueur, par l’Etat et son Service Régional d’Archéologie, soit dans le futur dépôt

d’archéologie prévu à la caserne Paixhans du Mans, soit dans son dépôt de Nantes.

VI. La SARF

décide en conséquence :

1. d’adresser à la DRAC la position de la SARF ;

2. de demander au maire du Mans une nouvelle audience ;

3. d’adresser un courrier à M. Bruno Retailleau ;

4. de mandater le Bureau pour prendre toutes les initiatives qu’il jugera utiles afin d’obtenir satisfaction ;

5. de remercier les 30 professeurs et maîtres de conférence en activité, ainsi que le professeur émérite Jean-Clément Martin, pour leur intervention, et de leur adresser cette résolution ;

5. de porter à la connaissance du public la position de la Société par voie de presse, internet et autres ;

6. d’adresser exceptionnellement La Lettre de la SARF n° 4 à tous les sympathisants de la Société et de les inviter à la rejoindre.

Le 26 mars 2016

Le Conseil d’administration de la SARF

 

A propos des ossements de la place des jacobins au Mans

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 28 Février 2015

Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 29 Mai 2014

Plusieurs historiens spécialistes reconnus de la Révolution Française ont adressé une lettre ouverte au maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, afin que ne sois pas débaptisée la place Robespierre se situant dans le 9e arrondissement de la ville. Parmi eux, notre ami, Manceau d’origine ; Jean-Numa Ducange.

 

 

Monsieur le maire,


Nous avons appris par la presse que vous envisagiez de débaptiser la Place Robespierre dans le 9e arrondissement de Marseille. Nous entendons réagir à cette nouvelle en vous faisant part de notre désapprobation et de notre volonté de faire largement savoir auprès de l’opinion les raisons de notre opposition à ce projet.

Débaptiser l’un des rares noms de lieu dédiés à la mémoire de Robespierre dans les grandes villes françaises serait, à notre sens, un signal politique et mémoriel antirépublicain. Quoi qu’on puisse penser de l’action politique de Robespierre (et les interprétations divergentes sont nombreuses, comme nous avons montré dans notre ouvrage (1)), il n’en reste pas moins qu’il a été l’inventeur de la devise "Liberté Égalité Fraternité" qui figure au fronton des édifices publics, qu’il a été (avec bien d’autres évidemment) un combattant infatigable de la démocratie, qu’il a défendu la citoyenneté des pauvres, des juifs, des "hommes de couleur" (comme on disait alors) dans les colonies et qu’il n’a cessé d’être la cible des attaques des royalistes, des anti-républicains et des réactionnaires de toutes sortes depuis deux siècles. Les accusations de "dictature" ou de responsabilité personnelle dans ce que l’on a appelé après sa mort la "Terreur" ont été — depuis fort longtemps — ruinées par la critique historique. Robespierre n’a jamais été le dictateur sanglant et paranoïaque de l'imagerie contre-révolutionnaire, il a été, en revanche, l’un des partisans les plus résolus de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et de la Première république, y compris dans le contexte difficile d'une guerre civile et extérieure.

Ajoutons qu’il a été, dès 1790-1791, le porte-parole des patriotes marseillais en butte aux attaques des autorités aristocratiques locales, qu’il a entretenu une correspondance politique suivie avec les révolutionnaires phocéens qui l’ont remercié à plusieurs reprises en lui demandant d’être leur défenseur(2) . Notre "cause est digne de vous, lui écrivent les officiers municipaux marseillais le 18 avril 1791, c'est celle du patriotisme luttant contre la calomnie". Robespierre est celui qui écrivait au maire de Marseille le 27 juillet 1790 : "ne doutez pas que je ne sois dévoué jusqu’à la mort à la cause de Marseille et à celle de la Constitution, à laquelle elle est liée". Il est celui qui dédia aux Marseillais son Adresse aux Français après la fuite du roi en juin 1791. Et vous voudriez que ce défenseur de la Révolution des droits de l’homme et du citoyen, mais aussi de la ville de Marseille, disparaisse des noms de lieux et de places de la ville qui lui a décerné les plus grands éloges ?

En Provence, au-delà de la municipalité marseillaise, ce sont celles d'Avignon ou de Toulon — dont il devient citoyen d'honneur — qui lui ont rendu hommage. Le premier député des Bouches-du-Rhône, Charles-François Bouche, le considérait comme l’un des Constituants les plus patriotes. Il a, écrivait le député provençal, "l’âme grande, élevée, courageuse et patriote" et il désolera "ses ennemis, s’il en a", car sa conduite politique est sans tache. Celui qui a reçu de son vivant le surnom "d’Incorruptible" doit-il disparaître de la vue des Marseillais ? Ce serait un comble en ces temps de crise de la démocratie et de méfiance à l’égard de la vertu publique des élus de la République.

La place Robespierre ne doit pas être débaptisée.

La Révolution française ne doit pas disparaître de la mémoire marseillaise, nationale et universelle.
Nous faisons connaître cette lettre à nos collègues historiens et nous leur demandons de s’associer à notre démarche qui concerne aussi tout ceux qui ont à cœur de défendre la mémoire de la révolution.

 

  • Marc Belissa, maître de conférences en histoire (Université Paris Ouest Nanterre).
  • Yannick Bosc, maître de conférences en histoire (Université de Rouen).
    1. Robespierre. La fabrication d'un mythe, Paris, Ellipses, 2013. Lire la conclusion
      (2) Voir l'article de Jacques Guilhaumou, "Robespierre, défenseur de Marseille en 1791", Révolution Française.net, juin 2006.

 

 

Premiers signataires :


Serge Bianchi (Professeur émérite, Université de Rennes II), Deborah Cohen (MCF histoire, Université d'Aix-Marseille), Alexis Corbière (professeur d'histoire, auteur de Robespierre Reviens !), Marc Deleplace (MCF histoire, Paris IV Sorbonne), Jean-Numa Ducange (MCF histoire, Université de Rouen), Florence Gauthier (MCF Histoire, Université Paris VII Denis Diderot), Jacques Guilhaumou (directeur de recherche émérite, CNRS-ENS Lyon), Anne Jollet (MCF histoire, Université de Poitiers), Mathilde Larrère (MCF histoire, Université de Marne-la-Vallée), Claude Mazauric (Professeur émérite, Université de Rouen), Guillaume Mazeau (MCF histoire, Université Paris I Panthéon Sorbonne), Christine Peyrard (Professeur, Université d'Aix-Marseille), Michel Vovelle (Professeur émérite, Aix-Marseille, Paris I, ancien directeur de l'Institut d'histoire de la Révolution française)

Tribune d'historiens pour défendre la place Robespierre à Marseille

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 4 Novembre 2011

Info diffusée le 20/10/11 et remontée le 4/11/11

 

C'est avec plaisir que nous vous transmettons cette annonce de nos amis de la Société des Amis de la Révolution Française - Club René Levasseur.

 

Plus d'infos : cliquez ici

 

SARF-05-Nov-2011.jpg

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 1 Octobre 2010

Nos amis de la Société des amis de la Révolution Française nous transmettent l'invitation suivante.

A ce propos, Daniel Jouteux, auteur des Cahiers de la Révolution Française, sera notre invité au stand dela LIbre Pensée les 16 et 17 octobre à la 25ème heure du livre.

 

affiche3

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 23 Mai 2010

La Libre Pensée de la Sarthe soutient l'initiative de nos amis de la Société des Amis de la Révolution Française qui aura lieu le samedi 12 juin.


 

La Révolution française. Une histoire toujours vivante.

 

Samedi 12 juin au Mans


 

 

1-

Librairie Thuard au Mans, 14 h. - 15 h. 30

Rencontre avec Michel Biard

Directeur des “Annales historiques de la Révolution française”, revue de la  société des études robespierristes.

 

Présentation & dédicace des livres :

 

La Révolution Française. Une histoire toujours vivante.

 

Parlez-vous sans-culotte ? Dictionnaire du Père Duchesne 1790-1794.

 

Révolution, Consulat, Empire : 1789-1815.

 

 

2-

Conférence de Michel Biard

Professeur d'histoire du monde moderne et de la Révolution Française à l'Université de Rouen.

 


“ La Révolution française. Une histoire toujours vivante ”

 

Abbaye de l'Épau

Salle du "Chauffoir" 16 h. - 18 h.


9782847346381FS.gif

 

 

Société des Amis de la Révolution Française

Club René Levasseur de la Sarthe

SARF : 13 impasse des Étamines

72000 Le Mans. 06 22 20 12 83

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 14 Novembre 2007

Un article d'André Frey du printemps 2007
Deux articles de la presse locale (Le Maine Libre des 23/02/07 et 09/03/07) sous deux

rubriques "Histoire " et " Mémoire" nous informent que 8 députés, rejoints par M. Hervé de Charrette ont signé et déposé une proposition de loi, le 02 février 2007, comportant une article unique:

 
"La République Française reconnaît le génocide vendéen de 1793-1794"

 
Un exposé des motifs est censé justifier une telle déclaration. Il rappelle, en premier lieu un décret du 1er août 1793, voté par la Convention qui précise: " Le Comité ( de Salut Public) a préparé des mesures qui tendent à exterminer cette race rebelle" et un autre décret du 1er octobre qui exige: " Détruisez la Vendée". D'où cette justification de "génocide vendéen".

Essayons d'être un peu plus objectif quant à la réalité des faits, en remontant à leurs origines.

S'il est vrai que le nombre des victimes a été très important, s'agit-il pour autant d'un génocide et qui en est responsable?

Rappelons qu'un génocide est un acte d'extermination d'un peuple, d'une tribu, d'une ethnie, par un autre groupe humain.La guerre de Vendée entre-t-elle dans ce cadre?

 Les origines de la guerre de Vendée, (mars 1793) (1)

 La France révolutionnaire avait à peine déclaré la guerre à l'Europe monarchique qu'elle se trouva en péril mortel: coalition étrangère- défaite militaire- contre révolution animée par les aristocrates et les prêtres réfractaires- crise économique et poussée populaire conjuguèrent leurs effets.

Pour faire face, la Convention décrétât alors une levée de 300 000 hommes qui, si elle ne fût pas la cause profonde du soulèvement en Vendée, en fût du mois l'occasion.

Le 2 mars 1793, à Cholet, les paysans manifestent contre le levée, reportée au lendemain. Le 3, les jeunes déclenchèrent une bagarre. Le dimanche 10 mars, jour fixé pour le tirage au sort à Saint- Florent du Vieil, le tocsin sonne, les paysans s'armèrent de fourches, de faux ou de fléaux et dispersèrent les gardes nationaux.

Ce fut aux cris de " la paix, la paix, pas de tirement" que les paysans se soulevèrent. Ce 10 mars, ainsi que les jours suivants, depuis la côte jusqu'à Bressuire et Cholet, le caractère simultané du soulèvement autorise à penser qu'il fût concerté.

 " La Vendée était née"

Cette insurrection des paysans vendéens, excités par les prêtres réfractaires constitua alors la manifestation la plus dangereuse pour la Révolution; et les nobles, engagés avec les prêtres réfractaires dans la Contre Révolution, d'abord surpris, ne tardèrent pas à exploiter le soulèvement à leurs fins.

 Révolution, Contre révolution…. Le nœud du problème !

 Selon Pierre Pierrard ( historien catholique), dans son livre "l'église et la révolution ":

"De tous les pays qui ont eu des Révolution démocratiques modernes,- l'Angleterre, l'Amérique-, la France présente la singularité de reposer sur un acte fondamentalprofondément conflictuel: la Révolution de 1789/1799. C'est par rapport à elle que les Français se situent politiquement et idéologiquement".

Il en est de même pour l'Eglise, constitutionnelle au départ, qui va sombrer dans la contre révolution inconciliable, après les déclarations du pape Pie VI:

"La Révolution et la Contre Révolution, le révolutionnaire te le contre révolutionnaire sont des partenaires indissociables, le second étant comme le négatif du premier. La contre révolution n'est pas seulement une théorie, c'est un mouvement historique d'amplitude égale à celle de la Révolution, elle en est inséparable.

La Contre révolution n'est pas seulement un mouvement politique, c'est une conception globale du monde. A l'esprit révolutionnaire qui repose sur les prémisses idéologiques du droit naturel et sur une théorie de l'Etat et de la Société - elle-même dépendant étroitement d'une conception volontariste de l'Homme compris comme un individu doté de certains caractères permanents et voué au progrès indéfini, l'esprit contre révolutionnaire oppose la condamnation dans leur version absolue, de l'individualisme, du rationalisme, (la philosophie mécanique de façon générale), il rejette l'abus des principes abstraits au profit des personnes établies dans une hiérarchie permanente couronnée par la monarchie consacrée par Dieu".

 
Mais revenons en au déroulement des événements.

300px-Coeur-chouan.jpegDès le début de l'insurrection, plusieurs chefs lieux de district, notamment Cholet, tombèrent aux mains des insurgés. A Machecoul, pays de Retz, les bourgeois républicains furent torturés et massacrés. La guerre de Vendée prit alors un caractère inexpiable et une extension redoutable.

Les premiers chefs étaient sortis du peuple: Cathelineau, voiturier; Stofflet, garde-chasse; Souchu, receveur des gabelles; Gaston, perruquier.

Les nobles, tous anciens officiers, n'apparurent qu'en avril: Charrette dans le Marais; Bonchamps, d'Elbée dans les Mauges; Sapinaud dans le Bocage; La Rochejaquelain dans le Poitou. Un prêtre réfractaire, l'abbé Bernier siégeait au Conseil de l'armée catholique royale.

Comme les paysans répugnaient à s'éloigner de leurs paroisses, à laisser leurs métairies en souffrance, leurs chefs ne purent combiner de grandes opérations et en furent réduits aux simples coups de main, très meurtriers.

Les Vendéens n'en remportèrent pas moins d'importants succès. Ils furent maîtres de Bressuire, Cholet, Parthenay, Thouars, Saumur, mais échouèrent devant Nantes.

La côte fut préservée, empêchant les Vendéens de communiquer avec l'Angleterre.

L'ampleur du conflit amena la Convention à réagir. Elle décrétait, à l'unanimité, le 19 mars, la peine de mort contre les rebelles pris les armes à la main et la confiscation de leurs biens. En mai, elle se décida à envoyer, contre la Vendée, des troupes régulières prélevées aux frontières. Deux armées furent organisées, celle des Côtes de Brest sous Canclaux, et celle des Côtes de la Rochelle, sous Biron.

 

Cependant, dans l'ensemble du pays, la politique modérée et conciliatrice de la Convention montagnarde n'avait pu empêcher l'extension de la guerre civile. Dans les départements où ils étaient en force, les Girondins, écartés du pouvoir, se levèrent contre la Convention, la révolte fédéraliste s'étendit, alors qu'en Vendée, le conflit s'amplifiait. Vers la fin de juin, environ 60 départements étaient en révolte ouverte contre la Convention. Un nouveau Comité de Salut Public était alors mis en place et, sous la poussée populaire, la levée en masse était décidée..

 

La coordination de la conduite de la guerre allait donner une impulsion vigoureuse. 14 armées furent levées, équipées et armées. La troupe avait repris confiance. " la victoire ou la mort" fut le mot d'ordre des républicains. L'écrasement de la révolte vendéenne fut la suite des mesures énergiques prises par le Comité de Salut Public, toutes les forces républicaines étant réunies alors dans la seule armée de l'Ouest sous le commandement de Séchelle secondé par Kléber. Deux fortes colonnes républicaines parties de Niort et de Nantes, refoulant devant elles les forces rebelles firent leur jonction à Cholet, où les Vendéens furent écrasés le 17 octobre 1793. Mais La Rochejaquelain et Stofflet réussirent à franchir la Loire avec 20 000 à 30 000 hommes. Ils s'avancèrent jusqu'à Granville pour se saisir du port et tendre la main aux Anglais. Ils échouèrent devant Granville les 13 et 14 novembre, refluèrent vers le Sud, échouèrent de nouveau devant Angers, les 3 et 4 décembre, prirent enfin la route du Mans. Marceau et Kléber les écrasent dans une terrible bataille de rues au Mans. Les 13 et 14 décembre, les débris de l'armée vendéenne, dispersés ou anéantis à Savenay, sur l'estuaire de la Loire. Le 23 décembre, taillés en pièce, encombrés de non combattants, les "Brigands" repassent la Loire.

Pour la Convention, la Vendée ne présente plus un danger immédiat.

 Au début de 1794, les royalistes se ressaisissent, Charrette monte une campagne victorieuse dans la Marais et dans le Bocage. La Rochejaquelain et Stofflet dans les Mauges. A Cholet, à Beaupréau, à Bressuire, à Argenton le Château, les "Brigands" dispersent les Bleus (républicains).

Les principaux généraux vendéens encore vivants: Charrette, Stofflet, Sapinaud et Marigny tentent alors d'oublier leurs querelles intestines et d'unir leurs forces. Vainement. Ils en viennent même à fusiller l'un des leurs: Marigny.

 
La chute de Robespierre, le 9 thermidor (27 juillet 1794), amène la Convention à négocier. A la Jaunaye, le 17 février 1795, Charrette et Sapinaud signent la paix avec la République, Stofflet les imite à Saint Florent le Vieil le 2 mai.

 
Le 22 juin 1795, les hostilités reprennent. Elles seront fatales pour les royalistes. Manquant d'hommes valides, Stofflet et Charrette, pris l'un et l'autre seront fusillés, le premier à Angers, le 25 février 1796; le second à Nantes le 29 mars. Les généraux d'Autichamp et de Chatillon poursuivront un temps la lutte mais ils seront contraints de se soumettre après une nouvelle défaite aux Herbiers (les Aubrais).

 
Durant l'été 1796, la Vendée se pacifie progressivement. Il y aura bien quelques sursauts, notamment au début du Consulat et au retour de Napoléon de l'île d'Elbe, très vite réprimés. L'agitation cesse ensuite jusqu'en 1830 où la Vendée s'arme de nouveau contre "l'imposteur " Philippe d'Orléans, animée surtout par la duchesse du Berry, dans le dessein de restituer la couronne "aux héritiers légitimes" l'ex Charles X et son fils Henry V.

 En Conclusion :

 
Pourquoi de très long rappel des événements qui ont marqué ce que l'on appelle la guerre de Vendée? C'est un sujet relativement méconnu, malgré une abondante littérature commentant plus ou moins objectivement certains hauts faits de  ce conflit, selon les orientations personnelles "d'historiens" (ou raconteurs d'histoires) qui ont tendance, en général, à considérer les républicains comme de vilains agresseurs sanguinaires et les "Vendéens", les "Brigands", les "Chouans", comme de pauvres martyres, victimes de leur foi inébranlable, alors que ce sont bien ces derniers qui sont à l'origine de ce conflit.

D'où la nécessité de rappeler la chronologie des événements dans leur vérité historique, en ne reprenant en compte que les faits qui font l'unanimité des histories, donc avérés.

S'il est vrai qu'il y a eu un nombre considérable de victimes, de chaque côté, c'est que les affrontements entre les deux camps ont été multipliés, s'apparentant davantage à une guérilla permanente entre des adversaires fanatisés, de part et d'autre.

 
Mais en aucun cas, on ne peut parler de génocide.

 
On est donc en droit de se poser une question: Pourquoi un tel projet de loi?

Ma réponse relève de réflexions personnelles. Il ne s'agit pas, à mes yeux, d'une démarche anodine. Déposer un tel projet de loi, alors que les candidats à la présidence de la République sont déjà en pleine campagne électorale a forcément une signification.

Nous savons que les attaques contre la laïcité de l'Etat se multiplient, et, parmi les candidats, certains ont déjà marqué des velléités d'abonder en ce sens.

Par ailleurs, pas un seul, tout au moins ceux qui ont déjà eu la possibilité de s'exprimer dans les médias, n'a éprouvé le besoin de se déterminer clairement sur ce sujet, pourtant primordial pour l'avenir du débat social.

D'autre part, reconnaître officiellement que la République se serait livrée à un génocide à l'encontre des croyants vendéens, reviendrait, en définitive, à condamner, à jamais, la laïcité de l'Etat.

Nous seront fixés sur leurs intentions (des candidats) selon leurs réponses au questionnaire clair, net, précis, qui leur a été adressé par la Libre Pensée.

 
André FREY

 

(1) Références historiques:

·        "Histoire de la Révolution" d'Albert Soboul, (Idées Gallimard)

·        "Dictionnaire de l'Histoire de France" sous la direction de Alain Decaux et André Castelot, (France Loisirs)

·        "L'Eglise et la Révolution" de Pierre Pierrard (Nouvelle cité)

·        " La Vendée en armes" de jean François Chiappe (Librairie académique Perrin)

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