Publié le 27 Octobre 2016

La Fédération nationale de la Libre Pensée, qui est à l’origine de la loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat, entend tout faire pour faire respecter la laïcité de l’Etat. C’est pourquoi, elle est à la source des recours contentieux contre les décisions de collectivités publiques qui imposent la présence de crèches chrétiennes dans les bâtiments de la République. Elle entend aller jusqu’au bout de cette affaire et épuiser toutes les voies de recours possibles.

Les choses sont pourtant simples


La République est laïque et elle assure la liberté de conscience de tous les citoyens et citoyennes et de chaque citoyenne et citoyen. C’est pourquoi « l’Etat s’arrête où commence la conscience », selon la belle formule de Francis de Pressensé. La République est neutre en matière métaphysique. Pour respecter la liberté de conscience de nos concitoyens, elle ne doit afficher aucune préférence religieuse.

Même un esprit étroit, réactionnaire et xénophobe, de quelqu’un concourant à une primaire présidentielle, devrait pouvoir comprendre cela. Tel ne semble pas être le cas aujourd’hui, car derrière « l’affaire des crèches », il y a bien autre chose. Il y a la volonté de quelques croisés en mal de mise à sac et de prise de Jérusalem, « pour bouter le Sarrazin hors de France », d’instituer une nouvelle guerre de religions dans notre pays.

En effet, comment peut réagir un de nos concitoyens d’origine arabo-musulmane, quand il assiste à une campagne hystérique pour traquer « tout signe de culture musulmane » (voile, burqa, burkini, main de Fatma) dans un domaine où il devrait être librement autorisé, puisqu’il ne dépend pas de la sphère publique que régit le principe de laïcité ;  alors que dans les endroits où la laïcité devrait s‘appliquer,  à savoir  les bâtiments de la République, on autoriserait la présence de crèches chrétiennes, dont même un esprit simplet ne peut nier qu’il s’agit d‘un symbole chrétien ?
On voudrait inciter à des affrontements communautaristes qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Il est vrai que pour justifier « l’état d’urgence permanent », rien de vaut une atmosphère de guerre civile entre « communautés religieuses »

Que va-t-il se passer maintenant juridiquement ?


Devant la cacophonie juridique instituée par des décisions d’instances de justice administrative qui, sur la base de mêmes faits en interprétant les mêmes textes de loi, aboutissent à des décisions contradictoires, on attend du Conseil d ‘Etat qu’il remettre de l’ordre dans le chaos juridique et qu’il fixe une ligne de droit.

C’est donc avec un certain étonnement que la Libre Pensée a pris connaissance des conclusions du Rapporteur au Conseil d‘Etat qui préconise de casser les deux arrêts de Cour d’appel administrative et de rejuger les affaires. En matière footballistique, c’est remettre la balle au centre et demander que le match soit rejoué. Il n’y a donc objectivement aucune raison de penser que le trouble juridique cessera, puisqu’on recrée les conditions de son existence.

Par ailleurs, conditionner la présence de crèches chrétiennes dans les bâtiments de la République en demandant qu’elles ne soient pas « religieuses », c’est faire un tour de force qu’aucun magicien ne pourrait faire : une crèche chrétienne est un symbole religieux : Marie, Joseph, Jésus sont des personnages du Nouveau-Testament chrétien. La discussion reste ouverte sur l’âne et le bœuf.

La solution de sagesse consisterait à rappeler l’esprit et la lettre de la loi de 1905 et d‘indiquer, comme l’a fait le vade-mecum de l’Association des Maires de France : au nom de la laïcité, les crèches chrétiennes n’ont pas leur place dans les bâtiments de la République, maison commune de TOUS les citoyens, quelque que soient leurs opinions religieuses ou non-religieuses.

Il existe, quand même, suffisamment d‘endroits où l’Église catholique peut mettre ses crèches, à commencer par ses églises, cela pourrait même y amener le public qui semble lui faire défaut. L’adage populaire ne dit-il pas : chacun chez soi ? Ce que Victor Hugo avait traduit par la formule : l’Etat chez lui, l’Église chez elle !

 

La Laïcité ne peut être à géométrie variable selon la religion à laquelle elle s’applique

Paris, le 21 octobre 2016
Crèches chrétiennes dans les bâtiments de la République : Rendre des arrêts ou rendre des services ?

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #laïcité

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Publié le 15 Octobre 2016

Régulièrement nous publions sur le blog d'anciens articles de notre bulletin départemental. Ce dernier est un témoignage publié en janvier 2016.

 

J’ai grandi dans une famille de tradition catholique, croyante mais pas très pratiquante. Comme plein d’enfants de mon âge, je suivais des cours de catéchisme le mercredi après-midi et j’allais de temps en temps à l’église le dimanche. Je n’ai jamais trouvé cela très passionnant mais je n’avais pas trop le choix.

J’ai célébré ma première communion, ce qui m’a donné droit à une grande fête en mon honneur avec toute ma famille et plein de cadeaux. Après cela, je suis arrivée à un âge où mon esprit critique s’est développé, je faisais plus attention à ce qui était dit au catéchisme et interrogeait intérieurement ces enseignements qui contredisaient ce qu’on m’apprenait en cours d’histoire. J’en suis arrivée à la conclusion que je ne croyais pas du tout à ce fameux « Dieu », cet être un peu surnaturel dirigeant soi-disant l’univers dont on me parlait sans cesse.

J’étais alors en âge de célébrer ma profession de foi, gros dilemme. Soit je dis « Oui je crois en Dieu » et j’ai encore droit à une fête et à plein de cadeaux, soit je dis non et je n’y gagne rien du tout. Bien sûr, j’ai dit oui parce que quand même je n’ai pas supporté toutes ces années de catéchisme pour rien du tout. Et puis je n’osais même pas imaginer la déception de mes parents et des membres les plus croyants de ma famille si j’avais dit non.

Quelques années plus tard, je me suis retrouvée dans un lycée privé catholique, où on m’a à nouveau forcée à participer à des cours sur le catholicisme et à des messes. C’est dans ce lycée que pour la première fois, je suis tombée amoureuse d’une fille. C’est déjà pas évident de découvrir son homosexualité, mais dans une école qui prône les enseignements de la Bible « Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination », on n’ose pas trop en parler autour de soi. Comment vont réagir mes amis ? Et les autres élèves ? Puis-je me confier à un professeur ? Quels sont leur avis sur la question ? Puisqu’après tout ils ont choisi d’enseigner dans un lycée catholique. Au lycée, les relations sociales sont suffisamment compliquées, on n’a pas envie de se rajouter une éventuelle raison d’être rejeté. Résultat, je n’en ai jamais parlé à personne au lycée, pas même à la fille qui occupait mes pensées.

Par la suite, je suis allée dans une université privée catholique où le volet catholique n’était pas très contraignant. Toutes les cérémonies et autres rituels religieux étaient facultatifs, je n’y ai donc jamais assisté. J’ai suivi des cours de sciences humaines qui m’ont permis de relativiser et de me distancier encore plus des théories catholiques. Cependant, un évènement fâcheux m’a rappelé que je n’étais pas dans une université comme les autres. Le nouveau recteur, un catholique ayant eu différentes responsabilités au sein de l’Eglise, a invité M. Tugdual Derville, porte-parole de « La Manif pour Tous » à donner une conférence scientifique sur « L’écologie humaine » au sein de l’université. Au regard de l’attachement de M. Derville à l’association « Alliance Vita » qui fait partie du mouvement pro-vie et milite contre l’avortement et l’euthanasie, on se pose des questions quant au contenu scientifique de son intervention. C’est avec cette interrogation que ce sont rendus deux de mes camarades à sa conférence. Après que leurs questions adressées à M. Derville aient été censurées, ils ont été escortés vers la sortie par son service de garde où ils ont été violemment agressés.

Comme beaucoup de monde, j’ai été choquée par ces actes inadmissibles. Les idéologies politiques n’ont pas leur place à l’école, et les étudiants sont censés y être en sécurité quelles que soient leurs appartenances religieuses, politiques ou culturelles. Cet évènement, ainsi que le climat parfois hostile vis-à-vis des homosexuels dans lequel j’ai évolué depuis l’enfance m’a amené de nombreuses fois à me sentir mal à l’aise, pas à ma place, à cacher mon orientation sexuelle à mon entourage pour éviter les conflits, le rejet.

Sarah

 

Sarah, 24 ans, homosexuelle dans un environnement catholique

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #liberté de conscience et de corps

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Publié le 6 Octobre 2016

Non à l’instrumentalisation de la laïcité !

La laïcité, ce n’est pas la chasse aux musulmans !

La laïcité, c’est la séparation de l’Etat et des religions !

 

            Au nom du principe de laïcité dont ils ignorent tout,  des élus, des groupes politiques et des spécialistes auto-proclamés stigmatisent une partie de la population tout en dévoyant la laïcité. Ils font de la laïcité un moyen d’affirmer une prétendue identité chrétienne de la France qui se bat contre les citoyens musulmans ou supposés musulmans.

 

A l’école publique ; ni croix, ni foulard, ni kippa… A la plage c’est comme tu veux !

La polémique dite du burkini en est un récent exemple. Que ce vêtement ne plaise pas, qu’il exprime ou pas une conviction religieuse, qu’il choque ou pas, rien dans la loi de 1905 ne permet d’interdire un vêtement religieux ni dans la rue, ni sur une plage. Des pseudos laïques divisent la nation en communautés, dévoient la laïcité et stigmatisent une partie de nos concitoyens qu’ils assimilent aux terroristes. Leur idéal ce n’est pas la république, c’est le choc des civilisations !

 

La République n’est ni juive, ni chrétienne, ni musulmane, ni même athée, elle est laïque !

La laïcité, c’est la liberté de conscience garantie par la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat de 1905. La laïcité c’est la neutralité de l’Etat en matière d’option spirituelle ou religieuse, c’est l’indépendance réciproque des églises et de l’Etat, c’est le non financement des croyances par les deniers publics.

 

Le burkini cache plus que le corps de celles qui le portent.

L’opération burkini est un dérivatif, un écran de fumée… cette polémique permet de diviser le peuple en communautés. Il s’agit de diviser pour mieux régner et de mieux faire passer les plans de destructions de nos acquis sociaux et démocratiques. Ce n’est pas un hasard si ces polémiques pseudo-laïques surgissent après de vastes mouvements sociaux. Nous ne sommes pas dupes, ce n’est pas la première fois que les questions religieuses permettent ainsi aux puissants de faire passer leurs plans.

 

Défendre la laïcité ? Chiche ?!

Si ces pseudos défenseurs de la laïcité, étaient vraiment laïques, ils pourraient se joindre à nos associations pour réclamer :

  • L’abrogation de la loi Debré ; fonds publics à l’école publique, fonds privés à l’école privés. Plus de 10 milliards de fonds publics détournés vers le privé chaque année.

  • L’abrogation du statut concordataire d’Alsace Moselle qui permet le financement des cultes par l’Etat.

  • L’abrogation du statut concordataire en Guyane.

  • La fin des participations es-qualité d’élus à des cérémonies religieuses.

  • Le respect de la laïcité par les administrations (exemple des convocations de gendarmes en service à des messes de la sainte Geneviève…)

 

 

Tract commun de :

La Ligue de l'enseignement de la sarthe

La Ligue des droits de l’Homme de la Sarthe

La Fédération Syndicale Unitaire de la Sarthe

La Fédération Sarthoise de la Libre Pensée.

 

Non à l’instrumentalisation de la laïcité ! La laïcité, ce n’est pas la chasse aux musulmans !

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #laïcité

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Publié le 5 Octobre 2016

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #annonces et infos lp 72

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