Publié le 3 Avril 2016

Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 3 Avril 2016

Alors que « l’affaire Barbarin » commence à prendre une certaine ampleur, il nous a semblé plus qu’utile de faire connaître l’excellent communiqué de la fédération du Rhône de la Libre Pensée qui rappelle ce qu’est la séparation. Que l’on ne se trompe pas l’agitation de certains politiques autour de ladite affaire Barbarin vise à en précipiter l’issue pour que le temps de la justice ne puisse faire son œuvre et à couvrir par la même les manquements à la laïcité d’autres politiques.

Sur ces affaires, comme sur d’autres, nous ne manquerons pas d’informer l’ensemble des citoyens, rappelant aussi que la recherche de la vérité et de la justice autour des crimes de l’Eglise est une des trois campagnes de l’Association internationale de la Libre Pensée. A cet effet, nous vous rappelons que le livre « Pour la laïcité en Europe » est un document qui vont permettra d’argumenter autour de cette question, la France n’étant pas la seule victime de ces crimes

 

La Fédération nationale de la Libre Pensée INFORME

Communiqué de la Fédération du Rhône de la Libre Pensée A l’occasion du banquet anticlérical de la Saint-Cochon, (dit «vendredi saint »)

25 mars 2016

L’affaire dite « Barbarin » a causé ces dernières semaines une profonde émotion à Lyon, dans les communes rattachées au diocèse et bien au-delà. Nous n’en avons sans doute pas terminé avec les révélations scandaleuses qui éclaboussent, l’une après l’autre, l’Eglise de Lyon.

Lors de la messe chrismale du mercredi 23 mars, cérémonie de bénédiction des huiles « qui manifeste l’unité de toute la communauté diocésaine autour de son évêque », M. Philippe Barbarin alias « Monseigneur » s’est déclaré « dans l’obligation d’assumer tout le mal commis par quelques prêtres et de demander personnellement pardon pour tout le mal qu’ils ont causés en abusant sexuellement des enfants » mettant en avant le fait qu’il n’était pas évêque au moment des faits.

Responsable mais pas coupable, M. Barbarin reconnaît tout au plus une pieuse dissimulation de faits délictueux à la justice civile, au motif que l’Eglise serait plus à juger de ses propres crimes que les magistrats ordinaires. C’est un comportement sectaire, ce n’est pas celui d’un citoyen.

La loi républicaine, pas le Droit Canon !

Pour la Libre Pensée du Rhône, si la responsabilité pénale de M. Barbarin est engagée, cela relève de la seule autorité judiciaire.

L’enquête diligentée par le parquet de Lyon doit aller à son terme sans qu’interfèrent les autorités ecclésiastiques, quelle qu’en soit l’issue (une peine qui peut aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende). Pas plus, mais pas moins. L’Association Internationale de la Libre Pensée a parfaitement raison d’exiger « que les responsables et les complices des crimes de l’Eglise catholique répondent de leurs actes » et de demander, par la voix d’un de ses porte-parole, un jugement exemplaire (que nous entendons au sens premier du mot : qui puisse servir d’exemple par la simple application de la loi). Keith Porteous Wood indique très bien « qu’il faut poursuivre en justice à la fois l’agresseur présumé et ceux qui pensent qu’ils peuvent bafouer la loi en toute impunité ».

Les prières pour les victimes, les messes, les déclarations de repentance ne suffiront pas.

Le Droit Canon peut bien prévaloir en la cité du Vatican, pas plus que la Charia il ne saurait avoir sa place sur le territoire de la République.

Quant à savoir si M. Barbarin doit démissionner de sa fonction d’archevêque, c’est la seule affaire des catholiques ! Du reste s’il fallait que démissionnent tous ceux qui ont couvert des actes de pédophilie, il n’y aurait même plus assez de cardinaux pour seulement élire un pape. Depuis qu’existe le célibat des prêtres, à part en Antarctique cela s’est vérifié sur tous les continents : l’Eglise catholique est devenue une usine à produire des pervers sexuels. Pas tous, certes, mais bien trop nombreux. Tous couverts par l’autorité.

La laïcité, pas le cléricalisme !

Le 15 dernier, le premier ministre Manuel Valls a déclaré que c’était « à Monseigneur Barbarin à prendre ses responsabilités ».

Monsieur Valls, prenez les vôtres !

Rétablissez la laïcité constitutionnelle que vous avez mise à mal depuis que vous avez été ministre de l’Intérieur chargé des Cultes, ainsi que votre ami Gérard Collomb. On a observé régulièrement à Lyon, certains 8 septembre à l’occasion du Vœu des Echevins, les amitiés bien particulières de MM. Barbarin et Collomb, main dans la main pour célébrer la grandeur de Marie. Ou le 8 décembre dernier la distribution organisée de lumignons dans les écoles élémentaires du Grand Lyon. Ou les cadeaux fiscaux et autres détournements de fonds publics à destination des fondations Fourvière et Irénée. On en passe.
Depuis M. Barbarin a eu l’occasion d’apprécier les ors de la République : le 4 janvier il était présent à la cérémonie des Vœux aux Corps Constitués, à l’Hôtel de Ville. Le 3 février, il rencontrait M. le préfet de région. Le 6 février c’était le tour des élus du Rhône et du Roannais, autour de l’encyclique du pape François Laudato Si (Lecture « à trois voix » de l’encyclique sur l’écologie avec le député de l’Ain, Xavier Breton, et le maire de Grenoble, Eric Piolle). Les édiles locaux sont bien complaisants.

Que « l’affaire Barbarin » soit l’occasion d’une prise de conscience : les relations contre nature n’ont pas lieu seulement dans le secret des sacristies, elles peuvent avoir pour cadre les salons dorés de la République.

Justice pour les victimes !

Dans ce domaine comme en tout autre, application stricte de la laïcité et de la neutralité républicaines !

à propos de "l'affaire Barbarin"

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 3 Avril 2016

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Publié le 1 Avril 2016

Nous publions ici l'intégralité d'une résolution adoptée par nos camarades de la SARF (Société des Amis de la Révolution Française)

 

 

Après avoir pris connaissance :

• du compte rendu de l’audience du lundi 7 mars auprès de M. Jean-Claude Boulard, maire du Mans,

• du compte rendu de l’audience du mardi 8 mars auprès de M. Bergès, Directeur de la Direction Régionale des Affaires Culturelles, et de M. San Juan, responsable du

Service Régional d’Archéologie,

• de la Lettre de 30 professeurs et maîtres de conférence des Universités en activité,

• de la Lettre de M. Jean-Clément Martin, professeur émérite de l’Université Paris I,

I. La SARF

▶considérant qu’il appartient à l’Etat d’assumer la sauvegarde du patrimoine historique et archéologique de l’Histoire de France ;

▶considérant que les ossements des Jacobins relèvent des objets archéologiques et historiques au même titre que les ossements antiques, du Moyen-Age, ou plus récents comme ceux du couvent des Filles-Dieu découverts en 2005 lors des travaux préparatoires à l’édification du musée d’archéologie et d’histoire du Mans;

▶considérant que les progrès scientifiques et l’émergence de nouvelles technologies pourraient permettre de nouvelles recherches scientifiques sur lesdits ossements,

par ailleurs parfaitement conservés depuis 1793 grâce à leur recouvrement par de la chaux alors qu’un ré-enfouissement conduirait à leur dégradation ;

demande à l’Etat et à la Direction Régionale des Pays de la Loire la conservation des ossements par l’Etat dans les dépôts archéologiques prévus à cet effet, c’est-à-dire soit au dépôt de Nantes du Service Régional d’Archéologie, soit sur le lieu de la découverte, au nouveau dépôt SRA prévu caserne Paixhans au Mans, celui de la chapelle des Réparatrices étant actuellement saturé.

II. La SARF

▶considérant que les objets archéologiques (peu nombreux), autres que les ossements humains, découverts dans les charniers des Jacobins appartiennent pour moitié à la ville du Mans et pour moitié à l’Etat, sauf si la ville demande à les conserver,

demande au Maire du Mans de réclamer auprès de la Direction des Affaires Culturelles des Pays de la Loire tous ces objets archéologiques pour Le Carré Plantagenêt, musée d'archéologie et d’histoire de la ville du Mans.

III. La SARF

▶considérant que la loi du 31 juillet 1920 n’autorise pas le transfert des corps exhumés non identifiés (elle n’autorisa le transfert aux familles des corps des soldats de la guerre de 14-18 que dans les cas d’identification individuelle formelle : matricule, uniforme, objets personnels, papiers divers, lieu de sépulture individuelle connu…) ;

▶considérant que les recherches anthropologiques et archéologiques menées depuis 2009 par l’INRAP dans le cadre de fouilles archéologiques préventives ne permettent pas d’identifier lesdits corps ni l’origine géographique (Vendéens, Maugins, chouans bretons, mayennais ou autres, Manceaux ou soldats de la République) des personnes enterrés par tombereaux à l’issue de la bataille du Mans des 12 et 13 décembre 1793 ; dénonce l’odieuse campagne menée pour s’approprier, au mépris de ce qui vient d’être susdit, les 154 squelettes découverts sur le site du Mans :

– par M. de Villiers, ex-président du conseil départemental de Vendée (Ouest-France du 9 janvier 2016), ou par M. Retailleau, président actuel du Conseil régional des Pays de la Loire (O-F du 18 janvier 2016), pour accueillir lesdits ossements à l’«Historial de la Vendée» aux Lucs-sur-Boulogne, alors qu’ils savent pertinemment, d’une part, que ces ossements ne peuvent être reconnus comme vendéens, et, d’autre part, que la loi interdit l’exposition au public de squelettes humains ; leur objectif ne pouvant être le stockage des ossements dans la réserve dudit musée de France, ce qui ne présente aucun intérêt pour l’Historial, il est à supposer une exploitation partisane desdits ossements par un transfert au Mémorial jouxtant l’Historial ;

– par l’ex-ministre et député du Maine-et-Loire Hervé de Charette (O-F du 8 mars 2016) réclamant que les ossements, selon lui, «dans leur grande majorité des Mauges», soient rassemblés à Saint-Florent-le-Vieil, position sans fondement s’inscrivant sur le fond dans le droit fil des intentions des élus vendéens ;

– par l’association «Vendée militaire» (O-F du 23 janvier 2016) suggérant l’aménagement d’une crypte privée de recueillement aux Monts-des-Alouettes, aux Herbiers, «lieu religieux et commémoratif», proposition ne cachant pas son objectif anti-républicain et religieux ;

– par la «Fédération des fils et des filles (sic!) des victimes du génocide vendéen» (O-F du 23 janvier 2016), proposant «un ossuaire souterrain centré sur l’église de Saint-Martin-Lars avec un office religieux catholique annuel», et dont la quinzaine d’adhérents réclame une recherche ADN financée par «un fonds publics d’indemnisation du génocide vendéen» ; ce qui prouve qu’il ne s’agit pas d’identifier les corps pour les rendre à leur famille mais bien d’une opération de catholiques royalistes visant à faire admettre par la République un prétendu «génocide vendéen» toujours rejeté par le Parlement de la République française ;

– par Jacques Fah du Morbihan (La Croix du 9 mars 2016) proposant près d’Auray, en Bretagne, le mausolée des «martyrs» en mémoire à ces catholiques débarqués à Quiberon et «massacrés dans la campagne au "champ des martyrs"».

La République a le devoir de dénoncer ces demandes contraires aux lois et règlements en vigueur, et plus inconvenantes les unes que les autres, cet esprit de revanche, parfois caché sous le masque du républicanisme, parfois ouvertement anti-républicain, qui entend prolonger plus de deux siècles après les événements une atmosphère de guerre civile dont les plaies ne demandent qu’à cicatriser.

La République, qui a dû faire face à une guerre civile déclenchée dans les pays insurgés contre elle alors qu’elle affrontait à ses frontières les monarchies d’Europe, ne doit nulle repentance aux nostalgiques de l’Armée catholique et royale qui entendent la criminaliser, c’est-à-dire la rendre responsable de cette guerre civile.

IV. La SARF

▶considérant les informations selon lesquelles seraient en voie de constitution au niveau régional un pseudo comité scientifique et un collectif d’associations ;

▶considérant l’intervention de Jean-Pierre Mignard, «ami personnel de François Hollande, avocat et catholique de gauche» (O-F du 9 janvier 2016), réclamant pour la Vendée le «droit à un geste historique» ;

estime que ces démarches individuelles ou collectives sont nulles et non avenues compte tenu de ce qui précède, qu’elles ne sont destinées qu’à créer un mouvement d’opinion en faveur du transfert des ossements vers la Vendée, et qu’elles ne sauraient engager en aucune façon l’Etat et les services de l’Etat ;

demande à ces élus et associations de cesser leur odieuse campagne anti -républicaine par un retour à la décence et au respect dû à tous les morts.

V. La SARF

▶considérant que les extraits rendus publics (O-F du 9 janvier 2016) de la position de M. Jean-Claude Boulard, maire du Mans, confirmés par lui lors de l’audience du 7 mars 2016, à savoir l’acceptation de la demande de M. Philippe de Villiers et de M. Bruno Retailleau de transfert des corps vers la Vendée, sont contraires aux lois en vigueur, à la tradition républicaine de la ville du Mans, et considérant que cette position a facilité cette odieuse entreprise de «récupération» à des fins politiciennes et religieuses des restes humains non identifiés des Jacobins ;

demande à M. Jean-Claude Boulard, maire du Mans, de reconsidérer, à la lumière des éléments de ce dossier, sa position, et d’appuyer auprès de l’Etat et de la DRAC la demande de conservation des ossements des Jacobins du Mans, suivant les lois en vigueur, par l’Etat et son Service Régional d’Archéologie, soit dans le futur dépôt

d’archéologie prévu à la caserne Paixhans du Mans, soit dans son dépôt de Nantes.

VI. La SARF

décide en conséquence :

1. d’adresser à la DRAC la position de la SARF ;

2. de demander au maire du Mans une nouvelle audience ;

3. d’adresser un courrier à M. Bruno Retailleau ;

4. de mandater le Bureau pour prendre toutes les initiatives qu’il jugera utiles afin d’obtenir satisfaction ;

5. de remercier les 30 professeurs et maîtres de conférence en activité, ainsi que le professeur émérite Jean-Clément Martin, pour leur intervention, et de leur adresser cette résolution ;

5. de porter à la connaissance du public la position de la Société par voie de presse, internet et autres ;

6. d’adresser exceptionnellement La Lettre de la SARF n° 4 à tous les sympathisants de la Société et de les inviter à la rejoindre.

Le 26 mars 2016

Le Conseil d’administration de la SARF

 

A propos des ossements de la place des jacobins au Mans

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Rédigé par Libre Pensée 72

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