Publié le 18 Juin 2008

De Boutin à Badinter : Qu’est ce que le Féminisme ?Egalité, Parité, Mixité

 

Le féminisme est-il une valeur sûre, en quoi est-il directement lié à la laïcité, aux reculs sociaux, à la déréglementation et aux conditions générales du travail ?

L’égalité et la mixité sont indissociables et  souvent conditionnés par l’existence des services publiques (crèches, écoles, services sociaux …) du droit au travail, du droit au logement (conditions incompressibles de la liberté de partir de chez ses parents, de chez son mari, de sa cité…)

La parité est-elle une réelle avancée du droit des femmes, ou l’arbre qui cache la forêt des inégalités et de la vrai mixité ?

Autant de questions qui interviennent dans les débats sans fin sur l’image de la femme actuelle souvent coincée entre le voile, l’exhibition sur les abris bus, le sexe symbole type porte manteau des couturiers et super woman entre les gosses et le boulot.

 

Une soirée discussion organisée  La Libre Pensée du Mans

Introduction de Françoise Pageard

La soirée se terminera autour d’un buffet

 

Vendredi 27 juin à 19h00

Salle Verdigné (rue d’Isaac) au Mans

 

 

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Egalité

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Publié le 11 Juin 2008

Gustave COURBET Et la Commune de Paris

né le 10 juin 1819 à Ornans dans le Doubs,

décédé le 31 décembre 1877 à La Tour-de-Peilz en Suisse

 

 

Une exposition vient de se tenir au Grand Palais à Paris. Ce fut l’occasion d’admirer l’œuvre considérable de ce peintre considéré comme le chef de file du courant réaliste.

Mon  propos a pour objet de vous faire découvrir la place et le rôle qu’il a tenus à partir de 1870. Jusqu’à cette date, il s’était exclusivement consacré à sa carrière de peintre. Il se définissait comme un « républicain de naissance », proche des idées utopistes de Fourier et Proudhon. En juin 1870, il refusa la Légion d’honneur proposée par Napoléon III.

Après la proclamation de la République le 4 septembre 1870, il est nommé président de la commission des musées chargés de la préservation et de la protection du patrimoine parisien. En septembre 1870, il proposa au gouvernement de la Défense nationale, que la colonne Vendôme, symbole des guerres napoléoniennes, soit « déboulonnée » et que son bronze soit fondu en monnaie. Cette proposition sera plus tard lourde de conséquences pour Courbet.

En avril 1871, il devient Président de la Fédération des Artistes et s’investie dans la vie politique : il est élu au conseil de la Commune comme délégué du Vième arrondissement. Il y siègera jusqu’au 22 mai. Fidèle à ses convictions pacifistes, il ne prit pas part aux combats du siège de Paris et s’opposa à l’instauration du Comité de salut public.

Pendant la semaine sanglante, il se réfugia chez un ami où il fut arrêté le 7 juin 1871. C’est à partir de ce moment que va commencer pour lui un calvaire juridique qui ne s’achèvera qu’à sa mort. Il est condamné le 2 septembre 1871 par le Conseil de guerre à six mois de prison et à une amende de cinq cent francs pour sa participation à la destruction de la colonne Vendôme (16 mai 1871).

Il est d’abord emprisonné à la prison de Sainte-Pélagie à Paris, certains de ses tableaux portent la mention Sainte Pélagie en rouge à côté de sa signature, puis pour des raisons de santé il est transféré à la clinique du Docteur Duval.

Mais la réaction lui en veut toujours : de 1871 à 1873, Courbet est la cible des caricaturistes où sa figure de « colonnard » et de peintre sont mêlés ; ses tableaux sont « refusés » aux expositions.

En 1873, l’assemblée conservatrice décide de rétablir la colonne Vendôme : de nouvelles poursuites sont engagées contre Gustave Courbet. Tous ses biens sur le territoire français sont séquestrés ! Craignant d’être à nouveau arrêté, il se réfugie à La Tour-de-Peilz en Suisse.

En juin 1874, il est condamné à payer tous les frais de reconstruction de la colonne. Il fait appel. C’est en mai 1877 qu’il est condamné à payer 323 091 F en 33 annuités de » 10 000 F à compter du 1er janvier 1878* !!  C’est pour moi l’ « hallali du peintre » (en référence au tableau « l’hallali du cerf » de 5m sur 3m qu’il a peint en 1867).

Cet acharnement à faire payer le communard pour son engagement républicain aura des répercussions sur l’œuvre de l’artiste : il composera ainsi des natures mortes (séries de pommes et poires) pour culminer dans une série de trois tableaux d’un réalisme sombre et inattendu mais qui traduisent sa condition d’artiste survivant : « Les truites de La Loue ».

 

Gérard Désiles

 

* Gustave Courbet mourra la veille, le 31 décembre 1877.

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #La Commune

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Publié le 11 Juin 2008

Vient d’être publié (fin 2007) en français COMMISSAIRE DE CHOC, sous-titré : L’engagement d’un jeune militant anarchiste dans la Guerre civile espagnole, écrit par Joan SANS SICART (oncle de Michel SANS, prof. À Montesquieu).

 

Pour parler de ce livre, je reprends des extraits d’un article de Michel :

 

«  Il s’agit du récit, à la 1ère personne, de l’engagement d’un homme de vingt ans, imprégné d’idéal libertaire, qui, à l’aube de sa vie donc, va se trouver plongé dans cette guerre […] Il en a connu de très près toutes les étapes, en passant de délégué de centurie dans les milices de Durruti à commissaire de brigade, de division, et même de corps d’armée, sur mandat de la CNT. […]

Initié, comme mon père, à l’agriculture et à la vie champêtre par son grand-père maternel, il connu dès son enfance, grâce aussi à ce grand-père, les milieux libertaires et le mode de vie libre et fraternel des ouvriers et pêcheurs du Baix Ampurda, la région de Sant Feliu de Guixols. De surcroît, son père, franc-maçon, le choisit pour diffuser le journal sportif et anticlérical qu’il y avait fondé en même temps que le club laïque de football.  […]

La famille dut s’exiler à Perpignan pendant la première dictature de Primo de Rivera, qui persécuta les républicains et les francs-maçons, et réprima brutalement le mouvement ouvrier. C’est là que mon oncle découvrit l’école laïque de la liberté, l’égalité et la fraternité, apprit le français, et s’éprit de la culture française.

Ce fut pour lui, à treize ans, un autre éveil, un autre émerveillement. Ce n’est pas un vain mot de dire que la France rayonnait de ses idéaux, au travers surtout de l’école publique. Peut-être un petit étranger qui n’avait connut que l’école des Frères était-il plus sensible encore à l’attrait de ces valeurs. En tous cas, il garda toute sa vie le souvenir reconnaissant et ému de son maître, et on peut voir là certainement la naissance de sa vocation pour le métier de maître d’école. Il le devint en effet, appartenant à l’École Rationaliste, ou École moderne, fondée par Ferrer Guardia, le fameux pédagogue libertaire qui inspira directement Freinet. […]

Son récit est un document historique de première importance […] En effet, nous sommes certes placés dans le sillage de cette épopée mythique qu’a été l’action de la colonne Durruti, mais nous assistons aux évènements de l’intérieur, dans leur dramatique complexité, voire leur côté bien peu glorieux, à travers les tragiques conflits qu’engendra par exemple la militarisation des milices de volontaires. […]

Les polémiques et les divisions, voire les trahisons, n’ont pas manqué dans le camp des défenseurs de la République. Et notamment, au sein du mouvement libertaire, partisans et adversaires de la militarisation se sont affrontés sans pitié. […]

Ce livre présente donc l’itinéraire passionné, mais aussi raisonné, documenté d’un libertaire – un homme effectivement libre, plus qu’un anarchiste encarté ou dogmatiquement idéologique – qui a accepté la « militarisation », mais en préservant pour lui-même autant que pour les hommes dont il a eu la responsabilité, les valeurs libertaires qui l’animaient, dans l’exercice de son commissariat. […]

Pour ma part, je pense que l’on peut dire que mon oncle et ses compagnons, auxquels son livre rend aussi un magnifique hommage, sont des fils des Lumières. Et je me compte naturellement, et avec fierté, au nombre de ceux qui sont conscients d’hériter de valeurs à affirmer et à défendre, aujourd’hui plus que jamais. »

 

Pour finir, et pour le plaisir…, quelques mots de Joan Sans Sicart à propos de son grand-père :

« Il se disait républicain fédéral et il était profondément et extrêmement radical. Il racontait souvent, avec beaucoup d’humour, qu’il aimait tellement les curés qu’avec un seul il était prêt à en faire deux. »

 

 

Françoise Guihaumé


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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #notes de lecture

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Publié le 11 Juin 2008

JE VOUS SALIS, MA RUE
 

Je vous salis ma rue

et je m’en excuse

un homme-sandwich m’a donné un prospectus

de l’Armée du Salut

et je l’ai jeté

et il est là tout froissé

dans votre ruisseau

et l’eau tarde à couler

Pardonnez-moi cette offense

les éboueurs vont passer

avec leur valet mécanique

et tout sera effacé

Alors je dirai

je vous salue ma rue pleine d’ogresses

charmantes comme dans les contes chinois

et qui vous plantent au cœur

l’épée de cristal du plaisir

dans la plaie heureuse du désir

 Je vous salue ma rue pleine de grâce

L’éboueur est avec nous.

 

 

 

HOMMAGE AU LIT
 

Jamais il n’est dit

dans leurs litanies

et jamais n’est lu

dans leurs homélies

toujours la Sainte-Table

toujours le Saint-Siège

jamais le saint-lit

dans l’immobilier

de leur liturgie

O ma jolie

c’est la magie du lit

et grâce à elle

l’amour l’échappe belle.



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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Littérature

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