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Publié le 13 Octobre 2017

En 2003, Hansi Brémond écrivait l'article suivant pour la Libre Pensée de la Sarthe. Au vu des débats qui ont lieu cette semaine, il nous parait intéressant de publier cet article sur notre blog. La Libre Pensée expliquait déjà le caractère clérical du drapeau de l'Union Européenne. A l'occasion d'une émission sur ce sujet en 2003, le dessinateur Stepk avait offert à la Libre Pensée 72 une caricature réalisée pendant l'émission. (voir illustration à la fin de l'article)

Une Europe vaticane

 

            Les libres penseurs sont pacifistes et pour le rapprochement des peuples :  l’union européenne pourrait nous sembler être une bonne entreprise. Pourtant l’Europe qui se construit est loin d’être laïque et s’avère même être profondément cléricale. Depuis ses origines jusqu’à aujourd’hui,  les grandes religions, et plus particulièrement le catholicisme, sont très présentes dans la construction de l’Union européenne menaçant directement les déistes, les athées et les libres penseurs européens.

 

Le Vatican a besoin de l’Europe.

            Des moines de l’abbaye de Solesmes en 1981 ont édité un recueil de textes intitulé « l’Europe unie dans l’enseignement des papes ». Dans ce document on peut lire que Pie XII attribuait les guerres et les malheurs de l’Europe à « l’abandon de l’enseignement du Christ ». Selon lui, « le remède essentiel est donc le retour aux valeurs chrétiennes qui ont fait durant des siècles l’unité et la prospérité de notre continent ».

 Le 2 juin 1948, Pie XII se félicite alors de la tournure cléricale que prend l’Europe dès le Congrès de La Haye en mai 1948 ; « nous avons eu grand plaisir à lire, en tête de la résolution de la commission culturelle à la suite du congrès de La Haye en mai dernier, la mention du ‘commun héritage de civilisation chrétienne’. Pourtant ce n’est pas encore assez tant qu’on n’ira pas jusqu’à la reconnaissance expresse des droits de Dieu et de sa loi, tout au moins du droit naturel, fond solide sur lequel sont ancrés les droits de l’homme. Isolés de la religion, comment ces droits et toutes les libertés pourront-ils assurer l’unité, l’ordre et la paix ? » Dès lors l’Eglise catholique va appuyer de toutes ses forces la construction européenne en l’influençant au maximum. Elle sait très bien que l’Europe intéresse surtout les gouvernants et les industriels, elle leur propose donc de leur offrir ses 2000 ans d’expérience et son influence sur les populations pour garantir l’unité et la docilité des européens. En échange, elle attend de ces puissants qu’ils lui permettent de reprendre une place prépondérante dans la société civile.

 Dans le même moment, l’Eglise catholique tente de s’attribuer la place de représentante de toutes les religions chrétiennes (anglicans, orthodoxes, protestants) en développant la notion de « civilisation chrétienne » comme si celle-ci représentait une seule et même religion. Elle profite alors de son organisation centralisée et répartie sur toute l’Europe pour imposer son hégémonie au niveau européen.

Le Vatican, par nostalgie pour le Saint Empire Romain et l’empire de Charlemagne, attribut le prétendu chaos européen à la réforme protestante, aux révolutions du 18ème siècle et du 19ème siècle et à la philosophie des lumières. L’Union Européenne, cette organisation supranationale non démocratique puisque ne prenant que très peu en compte les aspirations des peuples, plait au Vatican qui pourra ainsi reconquérir son influence et son pouvoir politique. Ainsi, le 18 octobre 1975, Paul VI déclarait ; « L’Europe ! Il y a bien des façons de la considérer. A-t-on jamais pu parler de son unité ? Elle semble avoir été jusqu’à hier un champ de batailles continuelles. Et pourtant les tentatives d’unification politique y ont connu leur temps de gloire, si l’on songe à l’Empire romain, puis aux empires carolingien et germanique qui ont pris le relais. […]. Oui, quelque chose de commun animait ce grand ensemble : c’était la foi. Ne peut-on pas dire que c’est la foi, la foi chrétienne, la foi catholique, qui a fait l’Europe, au point d’en être comme l’âme ? La Réforme, c’est un fait d’histoire, a contribué à une dispersion. L’avènement de la science, de la technique, celui de la richesse productive ont donné lustre et puissance à l’Europe, ils ne lui ont pas redonné une âme. L’époque des révolutions a vu s’accentuer le morcellement, l’indépendance. Les nations se sont affermies dans leur diversité, en s’opposant bien souvent. »

Bien sur l’Europe sera un magnifique prétexte pour détruire la laïcité de la France ; l’Eglise catholique s’est empressée de signer des concordats avec tous les pays d’Europe de l’Est, elle prend part aux débats européens et enfin elle sait que la France fait figure d’exception avec sa loi de séparation des Eglises et de l’Etat. Le 18 octobre 1998, le cardinal pierre Eyt, archevêque de Bordeaux écrivait dans la documentation catholique ; « la plupart des pays d’Europe connaissent une mise en œuvre sociale des institutions religieuses et de leur fonctionnement qui n’obéit, d’aucune façon, à ce que nous concevons en France sous le vocable d’une laïcité entendue comme attitude et comme pratique de refus et de restriction. »

 Ainsi la laïcité française serait fermée, ce serait une laïcité de  « refus et de restriction », la conclusion vient assez logiquement il faut garder le principe de laïcité en le rendant plus « ouvert », plus cool, plus détendu ; en bref on fait du principe de laïcité une coquille vide ! Le cardinal Pierre Eyt conclue ; « La laïcité est aux prises avec des transformations de notre société qui de toute façon requièrent que nous passions d’une laïcité de refus à une laïcité de respect. […] Cette mutation ne manquera pas cependant de toucher la conception générale de la laïcité. Certains des traits français de cette notion et de cette pratique seront conservés, mais, de fait, pour l’essentiel nous nous rapprocherons de ce qui se passe dans d’autres pays d’Europe. » Que ce prélat se rassure, à l’heure où j’écris, on réduit la laïcité à l’interdiction du foulard islamique dans les écoles publiques alors qu’en même temps on arrose de millions d’euros les Eglises et les écoles privées ! 

 

L’Europe a besoin des religions

            Comme on l’a vu précédemment l’Eglise catholique place beaucoup d’espoir dans la construction de l’Europe pour reconquérir son pouvoir d’autrefois, mais l’Europe a-t-elle vraiment besoin du Vatican et des religions en général ? En bref, à quoi sert une religion pour un Etat ?

            Plus haut j’ai avancé l’idée qu’une religion permettait une meilleure unité du peuple, mais qu’en pensent les gouvernants ? Napoléon qui était pourtant athée mais aussi un puissant impérialiste a très vite compris que les religions alliées aux gouvernements les renforçaient. Voilà ce qu’il disait : « Comment avoir de l’ordre dans un Etat sans religion ? La société ne peut exister sans l’inégalité des fortunes – et l’inégalité des fortunes ne peut exister sans la religion. Quand un homme meurt de faim à côté d’un autre qui regorge, il lui est impossible d’accéder à cette différence s’il n’y a pas une autorité qui lui dise : Dieu le veut ainsi, il faut qu’il y ait des pauvres et des riches dans le monde, mais ensuite et pendant l’éternité, le partage se fera autrement. C’est en me faisant catholique que j’ai fini la guerre de Vendée, en me faisant musulman que je me suis établi en Egypte, en me faisant ultramontain que j’ai gagné les esprits en Italie. Si je gouvernais un peuple de juifs, je rétablirais le temple de Salomon. »

            En effet la religion crée une meilleure unité du peuple mais ce n’est pas une unité voulue par le peuple, non, c’est une unité imposée ; C’est dans la résignation face à l’ordre divin que les religions imposent la cohésion sociale. La religion apparaît donc comme un outil précieux pour un Etat qui a besoin d’ordre social. L’Etat donne des subventions aux Eglises, laisse de la place au pouvoir à des prélats ou à de bons croyants, fait voter des lois favorables à la morale religieuse et en échange, les Eglises s’occuperont des actions sociales où l’on distribuera aux pauvres des bibles pour leur apprendre la résignation plutôt que de leur construire de nouveaux logements ou de leur donner du travail. Une fois dans une Eglise, on sait bien que les pauvres vont se résigner plutôt que de voler, se rebeller ou s’organiser politiquement pour réclamer de meilleures conditions sociales… 

            … A vous de vérifier mes propos en observant bien comment sont organisés les Etats-Unis ou comment on cherche à développer l’islam dans les banlieues en France pour que les jeunes se taisent !

 

Une Europe vaticane ! Des preuves ?

 

Le drapeau européen et les euros :

 

            Lorsque j’étais au collège, je me souviens avoir demandé à mon prof d’histoire pourquoi le drapeau européen avait 12 étoiles. Il m’avait alors répondu que chaque étoile représentait chaque Etat de l’union européenne. Dans cette logique nous aurions dû rajouter une étoile dès qu’un nouveau pays rentrait dans l’union ! ? !

            Puis un jour, en lisant un article de Bernard Mirgain dans la Raison, je me suis alors rendu compte de la vérité au sujet du drapeau. Si l’on observe attentivement de nombreuses représentations de la Vierge Marie, on constate que derrière elle, se trouve souvent un fond bleu avec 12 étoiles. Alors, là, vous allez vous dire : « ça y est, il nous fait de la parano le p’tit libre penseur ! Il voit des cathos partout ! »

            Bon, je vais donc essayer de vous convaincre. Pour ce faire, plongeons-nous dans l’histoire du drapeau européen.

             Le drapeau étoilé est adopté par le conseil de l’Europe, le 8 décembre 1955 (anniversaire de l’immaculée conception !?). Ce drapeau a été choisi parmi 101 projets, pourtant il avait déjà la préférence de certain ; M. Lévy qui était directeur au service de presse du Conseil de l’Europe, était chargé de faire aboutir ce projet du dessinateur alsacien Arsène Heitz.

            L’abbé Pierre Caillon qui était l’aumônier de l’hôpital de Cluny relate dans un mémoire, écrit en 1995, comment le drapeau européen fut adopté. On y trouve notamment des déclarations d’Arsène Heitz, le dessinateur du drapeau. Celui-ci déclara : « C’est à moi qu’on a demandé de dessiner le drapeau de l’Europe. J’ai eu subitement l’idée d’y mettre les douze étoiles de la médaille miraculeuse de la rue du Bac, sur fond bleu, couleur de la Sainte Vierge. ». L’abbé Pierre Caillon précise de M. Lévy et d’Arsène Heitz que « tous deux étaient de bons catholiques » puis il ajoute : « Evidemment, il fallait éviter d’évoquer la signification religieuse des douze étoiles et du fond bleu, en vertu de la sacro-sainte laïcité ». Arsène Heitz présenta alors son projet de la manière suivante : un drapeau « sur fond bleu du ciel d’Occident, ses étoiles d’or figurant les peuples d’Europe et formant un cercle en signe d’union ». L’Abbé Pierre Caillon précise enfin : « M. Lévy était secrètement d’accord pour faire aboutir discrètement le projet de M.Heitz en sauvant les apparences, afin de respecter la neutralité la plus absolue. Et malgré plus de cent projets qui furent en concurrence, c’est le Drapeau de la Sainte Vierge qui triompha au dernier moment ; et ce triomphe se produisit fortuitement le 8 décembre, sans que personne ait pu chercher cette divine coïncidence. Le drapeau de l’Europe est bien le drapeau de Notre-Dame, Reine de la paix ». Sachez, enfin, pour la petite anecdote que Robert Schuman et Konrad Adenauer sont allé prier ensemble à la cathédrale de Strasbourg, devant la statue de la Vierge immaculée, couronnée de douze étoiles, avant de soutenir le projet d’Arsène Heitz  devant le Conseil de l’Europe.

            Mais il n’a pas que le drapeau qui soit louche. Sortez un billet de 5, 10, 20 ou 50 euros, observez-le ; à chaque fois un pont est représenté. Pourquoi un tel choix sur chaque billet ? Que peut signifier le pont en terme de symbolique ?

            Là encore, on peut soupçonner une entreprise cléricale derrière le choix de ce symbole. Vous êtes vous déjà demander ce que signifiait « souverain pontife » ? Le pontife du latin pontifex est le « constructeur de pont » ! Troublant, non ? C’est pour cela que l’on dit faire le pont en période de jours fériés ; le pontife était un ministre du culte chargé de la gestion du calendrier des fêtes religieuses. Le pont est également un symbole de Rome, le pont qui franchit le Tibre est à son origine. Reprenons ce qu’écrit Claude Maffre, dans  la pensée laïque de juin 2003, le journal des libres penseurs du Tarn : « Dans les légendes celtiques (récits arthuriens ou traditions folkloriques) le pont est un site mythologique majeur : Pont de l’épée dans le Chevalier de la charrette, pont de verre dans le conte du Graal. De même il existe des légendes relatives au Pont du Diable (toponyme très fréquent). Le Malin construit des ponts dans l’espoir d’obtenir une âme comme salaire, mais il est berné à la dernière minute par un saint (aqueduc de Ségovie, pont de Martotell). Dans « Le Rhin », Victor Hugo rapporte une légende concernant la cathédrale de Strasbourg : le diable, en fait d’âme, avale un loup. Le diable se superpose à un personnage inspiré d’une divinité païenne, d’un géant aux pouvoirs féeriques. Un autre substitut chrétien de ce géant fée, c’est St Bénezet, dont la vie est connue par une biographie provençale du XIIIème siècle publiée en 1876. Fêté le 14 avril, à une date printanière, il construit le pont d’Avignon. Eminente figure de passeur et de Pontife (constructeur de pont), il permet aux hommes de franchir le fleuve, à la manière du célèbre St Christophe qui porte le Christ jusqu’à l’autre rive ; La figure de Charon, le passeur des âmes, hante ces légendes. Le pont devient la métaphore du passage des âmes dans l’au-delà ». Contrairement au drapeau, je n’ai pas de preuves d’une volonté cléricale dans le choix du symbole du pont, mais les faits sont tout de même troublants ! ? !

 

L’arsenal catholique à l’assaut de l’Europe.

 

            La partie précédente s’attachait surtout à révéler la présence de références religieuses dans les symboles choisis par l’Union Européenne. Cela dit, les symboles ne constituent pas une menace en soi, non, ce qui est le plus inquiétant c’est la présence grandissante des religions dans les institutions européennes. Chacun sait que le Vatican bataille fermement pour faire adopter le principe d’un « héritage chrétien commun » dans les textes européens, notamment dans la constitution avec l’aide de nombreux gouvernements (Italie, Pologne, Pays-Bas, Portugal et Espagne). Mais quels sont les moyens dont dispose le Vatican pour influer sur les décisions prises à Strasbourg ou Bruxelles ?

            La commission des Episcopats de la communauté européenne (COMECE) et la fédération des Universités catholiques d’Europe sont des instruments du Vatican pour peser au maximum sur la construction européenne, elles se sont d’ailleurs très impliquées dans les travaux pour la rédaction de la constitution européenne. Lors de l’élaboration du projet de constitution par la convention de rédaction présidée par Giscard d’Estaing (droite chrétienne), il a été décidé de consulter la « société civile ». Ont ainsi été consulté nombre d’organisations chrétiennes : Le réseau des chrétiens sociaux européens, la Commission des épiscopats de la communauté européenne et la conférence des Eglises d’Europe. Sachant qu’en même temps, le Pape en personne s’est adressé, en moins d’un an, à l’ensemble des gouvernements européens pour faire pression, on a de quoi s’inquiéter sur le contenu de cette constitution. Pensez-vous que les gouvernements italiens, polonais, néerlandais, portugais et espagnols se sont associés, pour demander la reconnaissance du principe « d’héritage chrétien commun » de leur propre chef ?

            Vous me direz qu’au moins le gouvernement français ne  pas fait partie de cette coalition cléricale. C’est vrai, mais est-il pour autant neutre vis à vis du Vatican ? Non !

            Le 26 novembre 1994, Alain Juppé alors ministre des Affaires Etrangères, a tenu le discours suivant à Rome pendant la nomination au cardinalat de Pierre Eyt (archevêque de Bordeaux) : « La vocation de la France, c’est d’abord l’Europe, la grande Europe. Croyez que l’action de la France est, en ce point, orientée dans la direction indiquée par le Saint-Siège ; Le Conseil de l’Europe (réunion des chefs d’Etat), la C.S.E (commission européenne) sont aussi des instituions auxquelles le Saint-Siège a apporté et continue de donner une contribution spécifique que je suis heureux de saluer et qui rejoint les préoccupations constantes de la France ».

            En 2000, Juppé n’est plus au gouvernement et la majorité a changé. Depuis 3 ans, la gauche plurielle est aux commandes pourtant les liens entre la France et le Vatican sont toujours très bons. Le 10 juin 2000, Alain Dejammet,  le nouvel ambassadeur de France au Vatican, c’est  à dire le porte-parole de la France auprès du Pape, déclare : «Nous sommes heureux, en particulier, que le Saint-Siège dispose au Conseil de l’Europe d’un statut qui lui permet d’exprimer son encouragement à la promotion des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans une Europe élargie, une Europe, comme votre Sainteté l’a exprimé, qui a besoin d’un visage spirituel. Conformément au souhait du gouvernement français, l’action de nos diplomaties se nourrit de contacts denses et fréquents. L’intérêt et l’efficacité de nos rapports ne cessent de se renforcer à la mesure de l’accroissement du nombre des réunions à haut niveau. En portent témoignage les successives rencontres officielles, en moins de neuf mois, du Ministre français des Affaires Etrangères avec le Secrétaire pour les relations avec les Etats joint au prestige qui rejaillit sur toute la France, de la renommée et de l’action des cardinaux et des membres français de la Curie, cet exemple d’étroite coopération entre le Saint-Siège et la diplomatie française est pour nous un précieux motif de confiance et d’espoir. » Le gouvernement et les ambassadeurs se comportent vis à vis du Pape comme de simples paroissiens à leur curé, ils se soumettent tel des brebis à leur berger. Rappelons que dans le cadre de notre démocratie  dite représentative, ils s’expriment en notre nom !

 

            On ne peut nier que le christianisme ait marqué l’histoire de l’Europe. Mais faut-il rappeler qu’il y a aussi d’autres « héritages culturels communs ». Est-il nécessaire de rappeler qu’il y avait déjà des peuples en Europe avant le christianisme et que depuis plusieurs milliers d’années ce continent s’enrichit de la culture de centaines de peuples venus du monde entier ? Que fait-on des celtes, des grecques, des romains, des germains, des invasions barbares ? Que fait-on des apports technologiques et culturels de ces peuples ? Que fait-on des apports culturels des immigrés d’Afrique ou d’Asie ? Que fait-on de la renaissance qui ne fut possible que grâce aux arabes qui ont gardé le savoir de l’antiquité pendant que l’Europe tombait dans le moyen âge (merci le christianisme) ? Que fait-on des lumières et des droits de l’homme, de la Révolution, de la République, de l’anarchisme, du marxisme, de tous les courants politiques et philosophiques qui constituent aussi l’Europe mais qui ont subit la répression religieuse ? Que faire du darwinisme, de la psychanalyse, de l’astronomie et de tous les savoirs qui nous entourent aujourd’hui parce que leurs précurseurs se sont rebellés face aux pouvoirs cléricaux ?

            Nombreux sont ceux dans les couloirs des institutions européennes qui ont la mémoire courte. Faut-il leur rappeler la christianisation forcée des peuples (en Europe puis dans le monde entier pendant la colonisation), faut-il leur expliquer ce qu’étaient les croisades, l’inquisition, la contre réforme et les guerres de religion ? Faut-il leur dire que l’Eglise catholique qui pourtant tente de récupérer les droits de l’homme, les a d’abord condamnés et qu’aujourd’hui encore le Vatican n’a toujours pas ratifié la charte des droits de l’Homme de 1948 ! Faut-il leur faire un cours d’histoire sur l’Eglise catholique et ses liens avec les dictatures fascistes, nazies, franquistes et les dictatures d’Amérique du Sud ?

            Aujourd’hui l’Europe devient une menace pour la liberté de penser et de s’exprimer, l’avenir ne sera pas rose pour les libres penseurs, les athées, les non-croyants. Il apparaît de plus en plus urgent de militer pour la séparation des Eglises et des Etats au niveau de l’Union Européenne. Quant à la culture commune, il serait plus simple de rapprocher les peuples d’Europe et d’ailleurs, en favorisant les échanges : donnez-nous des vraies bourses d’études pour partir étudier dans toute l’Europe, on la créera la culture commune !

                                   

                       

Hansi Brémond

 

 

 

Sources :

Manière de voir n°48 (Monde diplomatique)- « l’offensive des religions »-nov-dec 1999

La Raison n°427- Janvier 1998- « les papes et l’Europe » par C. Eyschen

La Raison n°429- Mars 1998- « L’Europe et le Vatican, quel héritage commun ? par C. Eyschen

La Raison n°448- Février 2000- « Histoire du drapeau de l’Europe » par Bernard Mirgain

La pensée Laïque (LP Tarn) n°6- juin 2003- « L’Euro et le pont symbolique » par Claude Maffre

Bulletin LP Sarthe n°65- 1er trimestre 2003- « le Vatican et l’Europe » par André Frey

Bulletin LP Sarthe n°55- 3ème trimestre 2000- « La collusion Vatican gouvernement » par André Frey

 

 

Une Europe Vaticane

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #laïcité, #Subsidiarité, #Christianisme

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Publié le 11 Juin 2017

La déclaration de la Grande Mosquée de Paris sur l’Islam en France :

Une pierre dans le jardin des nostalgiques du colonialisme et du racisme !

 

Une fois n’est pas coutume, il convient de saluer la prise de position de Dalil Boubakeur, recteur de la  Grande Mosquée de Paris, qui a rendu publiques deux déclarations sur l’Islam en France et sur la place des femmes dans l’Islam.

 

Tout d’abord, la Mosquée de Paris rompt les amarres avec l’offensive des gouvernements précédents, quelles que soient leurs couleurs politiques de droite comme de gauche : elle se revendique de l’Islam EN France et non de l’Islam DE France.  S’appuyant sur toute la tradition du mouvement national algérien, elle réclame la stricte application de la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905.

 

L’Islam DE France, c’est le concordat agrémenté du statut colonial de l’Indigénat. La religion n’a pas à être tricolore et gouvernementale. L’Islam EN France, c’est l’application de la laïcité qui sépare le religieux du civil.

 

La Mosquée de Paris « condamne la tendance actuelle à vouloir désigner des autorités de tutelle, n'étant pas de confession musulmane, aux fins d'encadrer avec paternalisme l'expression du fait religieux musulman dans la société française : ceci, au mépris de la liberté religieuse et de la séparation des Eglises et de l'État. » On ne saurait mieux dire.

 

  • 14. La France n'est pas une terre d’Islam : elle est une terre où coexistent plusieurs religions dont l'Islam, ainsi que des habitants qui sont athées ou agnostiques. Dans ce contexte, tout musulman doit évidemment respecter les valeurs et les lois de la République française. Par exemple, puisque le blasphème et la caricature religieuse sont autorisés par la loi française, l'on peut s'en déclarer blessé ou offensé, mais il ne faut ni exiger leur interdiction ni réagir par la violence. Plus largement, bien évidemment, nul musulman n'a le droit d'exiger que la France modifie ses valeurs et ses lois pour convenir à sa propre foi, tout comme nul chrétien, nul juif, nul athée, nul agnostique, n'en a le droit.

 

  1. . Au sens de la loi de 1905, la laïcité est un principe de neutralité de l'État, de l'administration, des services publics, et des fonctionnaires, en ce qui concerne les religions et la spiritualité. En d'autres termes, la République française ne finance aucun culte, n'accepte aucune demande formulée au nom d'un culte, ne favorise aucun culte, ne pratique pas d'ingérence dans la vie d'un culte, et se contente de donner aux communautés religieuses les mêmes droits et les mêmes devoirs qu'à toute association d'habitants du pays, qu'elle soit cultuelle ou pas.  (A ceci près que la République ne reconnaît que les citoyens et non les communautés - Note de la Libre Pensée). Sa définition ainsi rappelée, l'existence du fait religieux musulman dans la société française est compatible avec la laïcité.

 

16. La laïcité n'est pas un principe d'intolérance envers la manifestation du fait religieux dans l'espace public. Celles et ceux qui veulent la redéfinir ainsi se fourvoient et méconnaissent gravement la loi de 1905. » Là aussi, c’est parfaitement juste en regard d’une conception de liberté de la laïcité.

 

A propos du créationnisme,  de la femme et du planning familial

 

Cette déclaration aborde aussi d’autres problèmes : « 10. Allah a créé l'Humanité. Il n'y a nulle contradiction entre la création de l'Humanité selon le saint Coran, qui révèle métaphoriquement qu'Adam a été façonné à partir de la terre, et les théories scientifiques actuelles les plus avancées, selon lesquelles l'Humanité a été façonnée au fil de l'évolution successive d'espèces terrestres.

 

11. Allah a créé l'humanité en la voulant fraternelle. Tout musulman doit donc militer en toutes circonstances pour la paix et contre la guerre, pour la fraternité et contre le racisme, pour les paroles de concorde et contre les paroles de haine. » On aurait « souhaité » une telle déclaration contre le créationnisme de la part du Vatican. Et c’est totalement contraire à la déclaration de Benoit XVI à Ratisbonne sur les rapports entre religions.

 

La question de la place de la femme et de la contraception est aussi abordée : «3. Il est rappelé que dans l'Islam, toute femme adulte est souveraine sur l'héritage qu'elle reçoit, sur les revenus de son travail, et sur les revenus de son épargne. Nul ne peut décider à sa place de ce qu'elle en fait, pas même le cas échéant son époux.

 

7. Il est rappelé que rien dans l'Islam n'interdit l'utilisation de contraceptifs. De même, rien dans l'Islam n'interdit l'interruption volontaire de grossesse ; en particulier lorsque la vie de la femme enceinte est en danger. Il est toutefois préférable d'éviter d'en arriver à l'interruption de grossesse. C'est ce que permet d'ailleurs l'utilisation de contraceptifs. » On est décidément bien loin d’Humanae vitae de Paul VI et de la prière israélite sur le remerciement de n’être point une femme.

 

Qui est intrinsèquement pervers

et contraire à la laïcité et à la démocratie ?

 

Les temps vont être très durs pour tous les xénophobes, de droite comme de gauche, qui ratiocinent à qui mieux mieux sur l’incompatibilité entre l’Islam et la modernité, contrairement aux autres religions monothéistes. Ce qui permet aux différents impérialismes de bombarder les peuples et les pays réputés à dominante musulmane.

 

La pierre lancée par la Grande Mosquée de Paris va ramener le catholicisme à l’époque du Moyen-âge. Il faut dire qu’il ne l’a jamais vraiment quitté. Les partisans des valeurs de l’Occident chrétien vont prendre un sacré coup de vieux. C’est ce qui explique sans doute le relatif silence médiatique sur ces déclarations de la Grande Mosquée de Paris.  Cela ne va pas dans le sens de la pensée unique distillée tous les jours par les thuriféraires de l’Occident chrétien.

 

Qui s’en plaindrait pour la laïcité

et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ?

 

Paris, le 8 juin 2017

Une pierre dans le jardin des nostalgiques  du colonialisme et du racisme !

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #isl, #laïcité

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Publié le 26 Décembre 2016

A l’occasion du 9 décembre 2016, jour anniversaire de la promulgation de la loi de 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat

C’est peu de dire que la laïcité va mal : malmenée, manipulée, vilipendée, on n’ose plus s’affirmer laïque par peur des amalgames et des contresens. Principe de paix, elle serait devenue sujet de discorde. Principe d’unité par-delà les différences, on lui assigne des fins identitaires.

L’extrême-droite, de tradition pourtant anti-laïque depuis toujours, veut s’approprier le mot pour mieux distiller son venin xénophobe. Hier les juifs, les arabes, aujourd’hui les musulmans. On ne peut se réclamer de la laïcité quand on soutient les prières de rue quand il s’agit de l’église Sainte Rita mais qu’on les condamne quand elles se font aux abords des mosquées. On n’est pas laïque, quand on se fait le porte-parole des discours les plus réactionnaires du Vatican en appelant à la suppression du Planning familial.

Non, l’Islam ne serait pas par nature plus hermétique aujourd’hui à la laïcité que ne l’était le culte catholique en 1905. La laïcité n’a pas à s’adapter à une religion, de même qu’aucun croyant ne peut réclamer de droits particuliers. La République est séparée des religions, elle n’a pas à organiser les cultes.

Nous, militants laïques, par-delà parfois des divergences d’analyse, en appelons à la constitution d’un front commun autour des fondements de la laïcité républicaine, telle que définie par la loi de 1905. Être laïque, c’est reconnaître que l’État assure en même temps la liberté de conscience - croyant et non croyant - et le libre exercice des cultes. Être laïque, c’est affirmer que l’État ne doit reconnaître, salarier ou subventionner aucun culte. Par conséquent la République ne tranche pas parmi les cultes plus ou moins respectables : elle demeure indifférente dans la seule limite du respect de l’ordre public et des lois communes.

Ses Elus et représentants doivent conserver cette neutralité dans leurs fonctions. La République ne juge personne selon ses croyances ou appartenances présumées. Elle accorde à l’Ecole publique la noble mission d’instruire les enfants : c’est par conséquent à elle que l’État doit accorder les fonds nécessaires aux défis que porte l’Ecole aujourd’hui.

Nous, militants de la cause laïque, appelons à la plus grande vigilance contre toute tentative de détourner la laïcité de ses objectifs. En cette date anniversaire de la loi de 1905, nous en appelons au respect plein et entier  de ses principes fondateurs. La laïcité organise l’espace public et donne sens à la citoyenneté républicaine qui garantit la démocratie. Ce n’est ni une police de la pensée, ni une option philosophique parmi d’autres valeurs particulières.

La loi de 1905 est une loi de liberté qui permet toutes les autres libertés. Elle doit donc être préservée.

Premiers signataires : Giuseppe Aviges (vice-Président de l’Union Nationale Lycéenne – UNL), Serge Bacherot (Président de Jeunesse au Plein Air 21), Quentin Baillon (Président de l'association Le poing commun),  Alain Barbier (Secrétaire général de l'UFR de la FERC-CGT), Martine Barthélémy (Directrice de recherche CEVIPOF Sciences Po), Hervé Basire (Secrétaire général de la FERC- CGT), Jean Baubérot (ancien titulaire de la chaire Histoire et sociologie de la laïcité à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes), Eric Bauchelard (Secrétaire départemental de la FSU 34), Thierry Beaudet (Président de la MGEN), Christian Beauvais (Délégué général de la Fédération du Pas-de-Calais et de l’Union Régionale des Hauts-de-France de  la Ligue de l’enseignement), Didier Belier (Président de la Ligue de l’enseignement 29), Nadia Bellaoui (Secrétaire générale de la Ligue de l’enseignement), André Bellon (Association pour une Constituante), Roger Belot (militant Économie Sociale et Solidaire), Foudil Benabadji (Référent aumônier des prisons et des hôpitaux 73), Hassan Benhsain (Président de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne – FIDL), Daniel Bénichou (Président de l’Association Le Chevalier de la Barre), Jean-Paul Benoit (Président de la Fédération des Mutuelles de France – FMF), Roland Berthilier (Président de l’ESPER, L’Economie Sociale Partenaire de l’Ecole de la République), Roland Biache (Délégué général de Solidarité Laïque), Daniel Boitier (Membre du Comité central de la Ligue des Droits de l’Homme), Jean-Marie Bonnemayre (Président du CNAFAL), Edith Boulanger (Commission « Laïcité » du Mouvement de la Paix), Edouard Brézin (Président de l'Union Rationaliste, Ancien Président de l'Académie des Sciences), Marcel Caballero (Président d'honneur de l'Institut de Coopération Sociale Internationale (ICOSI) - vice-Président du Centre international de recherche et d'information sur l'économie publique, sociale et coopérative CIRIEC), Monique Cabotte-Carillon (Présidente du CEDEC : Chrétiens pour une Eglise Dégagée de l'Ecole Confessionnelle), Daniel Callewaert (Président fondateur du Cercle  Laïque Maria et Gustave Dron – Tourcoing), Jacques Calvier (militant laïque), Jean-Luc Cazaillon (Directeur général des CEMEA), Jean-Yves Cerfontaine (Président du Cercle Laïque Jean Macé et ancien Secrétaire national de la FEN), Bernard Chardonnel (Président du Cercle Condorcet de Savoie), Guy Cirla (Président de la Ligue de l’Enseignement de l’Ariège), Jean Combasteil (ancien député), Charles Conte (Chargé de mission laïcité à la Ligue de l’enseignement), Guy Coq  (administrateur  de   Confrontation et Membre de l'OFC), Philippe Corcuff  (Maître de conférences de Sciences po à l'IEP de Lyon), Jean-Jesus Cuenca (Secrétaire CNT 03 - FA), Dominique Dattola (Auteur réalisateur humaniste, citoyen du monde), Bernard Dediban (FSU 31), Claude Dejean (Présidente du Cercle Condorcet de l'Ariège, Vice- présidente de la Ligue de l'Enseignement, Fédération de l'Ariège), Bob Deville (Président d’honneur de la Fédération des Œuvres Laïques 69), Abdoulaye Diarra (membre du Bureau national de l’Union Nationale des Etudiants de France – UNEF), Jean-Pierre Djukic (SNES FSU), Bernard Dreano (Président du CEDETIM), Jean-Michel Ducomte (Président de la Ligue de l’Enseignement), Françoise Dumont (Présidente de la Ligue des Droits de l’Homme), Michel Eliard (Docteur ès-lettres, Professeur émérite des Universités), Philippe Enclos (Secrétaire national SNEP-SUP-FSU), Laurent Escure (Secrétaire général de l’UNSA-Education), Christian Eyschen (vice-Président de la Libre Pensée), Luc Farré (Secrétaire général UNSA fonction publique), Philippe Forget (essayiste), Judith Fouillard (Secrétaire nationale de la FSU), Anne-Marie Franchi (ancienne Vice-présidente de la Ligue de l’Enseignement et  ancienne Secrétaire générale des DDEN), Jean-Claude Frey (Président d'un groupement de mutuelles interprofessionnelles), Mireille Fridman (militante laïque de Toulouse), Yves-Jean Gallas (Président du Comité francilien du Mouvement de la Paix), Gabriel Gaudy (Secrétaire général de l’Union régionale Ile-de-France FO, libre penseur), Maurice Gelbard (Chercheur), Jacques Gelly (Président de l'Union Régionale des Fédérations des Œuvres Laïques Auvergne Rhône-Alpes de la Ligue de l'enseignement), David Gozlan (Secrétaire général de la Libre Pensée), François Grasa (secrétaire général FO cheminots), Anne-Marie Harster (vice-Présidente de Solidarité laïque), Claude Hollé (Secrétaire général de Laïcité d’Accord), Pascal Joly (Secrétaire général de l’Union régionale Ile-de-France de la CGT), Dadou Khel (Président du groupe "diversité/laïcité" de la Ligue de l'enseignement), Annie Lacroix-Riz (Professeur émérite d’histoire contemporaine, université Paris 7), Pascal-Eric Lalmy (Conseiller municipal d'Osny - 95), Hélène Langevin-Joliot (Présidente 2004-2012 de l'Union rationaliste), Lilâ Le Bas (Présidente de l’Union Nationale des Etudiants de France – UNEF), Jo Le Lameur (Président de la Fédération Française de Crémation), Polo Lemonnier (Secrétaire national de la FSU), Jacky Lesueur (syndicaliste), Jean-Claude Mailly (syndicaliste), Gilles Manceron (Membre du Comité central de la Ligue des Droits de l’Homme), Paul Markidès (vice-Président de l’Association Républicaine des Anciens Combattants), Roger Martelli (codirecteur du magazine Regards), Jean-Claude Martin (Recteur d’Académie et Président honoraire d’Université), Philippe Martinez (Secrétaire général de la CGT), Jean-Luc Mélenchon (Eurodéputé), Michel Miaille (Professeur honoraire à l'Université de Montpellier, Président de la Ligue de l'Enseignement de l'Hérault), Roland Monnet (Président du Cercle républicain Quinet Briand 01), Maurice Montet (militant pacifiste), Liliana Moyana (Présidente de la FCPE), Pascal Nakache (Avocat, membre du Comité Central de la Ligue des Droits de l’Homme), Michel Naud (ingénieur, chef d'entreprise, rationaliste scientifique), Gauthier Ngumbu (Président de la Ligue de l’Enseignement de Haute-Garonne), David Noël (Conseiller municipal PCF Hénin-Beaumont), Françoise Olivier-Utard (militante laïque), François Otto (Président de la Ligue des Droits de l’Homme - Sète), Rémy Pech (Professeur émérite et Président honoraire de l'Université de Toulouse - Jean Jaurès), Jean-Claude Pecker (Membre de l’Institut, Professeur au Collège de France), Franck Pecot (Secrétaire général SNEP UNSA), Yan Perotte (syndicaliste), Jean Louis Petriat (Président d’Honneur du Groupe GMF et de la FNAC), Catherine Picard (ancienne Députée), Jean-Sébastien Pierre (Président de la Libre Pensée), Bernard Quelquejeu (membre de l'Observatoire Chrétien de la Laïcité, co-fondateur du Groupe International, Interculturel, Interconvictionnel G3i), Jean-Michel Quillardet (l’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires), Jean-Robert Ragache (Historien et  Ancien Grand Maître du Grand Orient De France), Hubert Raguin (syndicaliste), Jean-Marc Raynaud (responsable des Editions libertaires), Caroline Rebhi  (co-Présidente du Mouvement Français pour le Planning Familial), Liliane Rehby (Secrétaire nationale de l'ARAC), Alain Reuter (vice-Président du Conseil régional de Picardie), Jean Riedinger (Secrétaire  de l'Observatoire Chrétien de la Laïcité), Jean-Claude Robert (Inspecteur d’académie honoraire), Guy Robillart (Président du cercle Jean Macé de Strasbourg), Johannés Robyn (Président de l’Union des Athées - France), Patrice Rolland (Professeur de droit public), Joël Roman (Président de Islam et laïcité), Jean-Luc Romero (Président de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité), Pierre Roy (Président de la Fédération nationale laïque des Associations des Amis des Monuments Pacifistes, Républicains et Anticléricaux), Stéphane Russo (président de Jeunesse au Plein Air – 34), Frank Sammeth (Président de la société d'histoire du radicalisme), Jean-Marc Schiappa (Président de l’Institut de Recherche et d’Etudes de la Libre Pensée), Benoit  Schneckenburger (Philosophe), Xavier Schneider (Secrétaire général de la FCPE 67), Véronique Sehier (co-Présidente du Mouvement Français pour le Planning Familial), Georges Sérignac, André Sirota (Président de l’Association nationale des CEMEA), Patrick Staat (Secrétaire général de l’ARAC), Benjamin Stora (Historien), Michèle Talfer (Bureau de l’Union rationaliste), Dominique Thys (Président de Solidarité laïque), Bernard Toulemonde (Inspecteur général honoraire de l'Education nationale), Pierre Tournemire (vice-Président de la Ligue de l’Enseignement), Michel Tubiana (Président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme), Cédric Turcas (Secrétaire général de l’UL-CGT de St Nazaire), Raphaël Vahé (Président de l’ARAC), Michel Vovelle (Historien), Louis Weber (Syndicaliste), Valentine Zuber (Historienne ou Directrice d’études à l’Ecole pratique des hautes études),

 

 

Pour soutenir cet Appel des Laïques, nous vous appelons à la contresigner massivement :

 

L’Appel des Laïques « Pour le respect de la laïcité » a été proposé à la signature de tous ceux qui se réclamaient de la laïcité.  Bien entendu, il ne pouvait intégrer ce que pensait tout le monde, mais rien de ce qu’il contenait ne pouvait trouver désaccord pour un authentique  partisan de la loi de 1905. Ceux qui aspirent à l’union la plus large des militants de la laïcité l’ont donc contresigné sans problème.

Cet Appel a reçu la signature des responsables des principales associations laïques, syndicales, mutualistes, de l’économie sociale. Il n’y a eu de notre part aucun ostracisme aucune exclusive. Il y a bien longtemps qu’un tel Appel des laïques n’avait pas connu un écho si important.

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Publié le 7 Novembre 2016

Voici le dernier communiqué de presse de la Libre Pensée de la Sarthe, envoyé ce jour au Maine Libre, au Ouest France, au courrier de la vallée du Loir, à Sweet FM, France bleue Maine et Radio Alpa.

Communiqué de Presse - Libre Pensée de la Sarthe

Respect de la laïcité à Laigné en Belin.

En mars 2016, une croix de 3 mètres a été érigée sur un rond-point situé au croisement de la RD 338 avec la RD 144, sur  la commune de Laigné en Belin (72220).

La présence de cette croix sur un espace appartenant au département et laissé à la gestion d’une commune constitue une atteinte à la laïcité et une violation de l’article 28 de la loi de 1905.

Cet article précise « « Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. »

La Fédération sarthoise de la Libre Pensée s’associe aux laïques qui demandent le retrait de cette croix du rond-point de Laigné en Belin.

 

La Libre Pensée de la Sarthe

Le 5 novembre 2016

 

Respect de la laïcité à Laigné en Belin - Communiqué de presse

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Publié le 27 Octobre 2016

La Fédération nationale de la Libre Pensée, qui est à l’origine de la loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat, entend tout faire pour faire respecter la laïcité de l’Etat. C’est pourquoi, elle est à la source des recours contentieux contre les décisions de collectivités publiques qui imposent la présence de crèches chrétiennes dans les bâtiments de la République. Elle entend aller jusqu’au bout de cette affaire et épuiser toutes les voies de recours possibles.

Les choses sont pourtant simples


La République est laïque et elle assure la liberté de conscience de tous les citoyens et citoyennes et de chaque citoyenne et citoyen. C’est pourquoi « l’Etat s’arrête où commence la conscience », selon la belle formule de Francis de Pressensé. La République est neutre en matière métaphysique. Pour respecter la liberté de conscience de nos concitoyens, elle ne doit afficher aucune préférence religieuse.

Même un esprit étroit, réactionnaire et xénophobe, de quelqu’un concourant à une primaire présidentielle, devrait pouvoir comprendre cela. Tel ne semble pas être le cas aujourd’hui, car derrière « l’affaire des crèches », il y a bien autre chose. Il y a la volonté de quelques croisés en mal de mise à sac et de prise de Jérusalem, « pour bouter le Sarrazin hors de France », d’instituer une nouvelle guerre de religions dans notre pays.

En effet, comment peut réagir un de nos concitoyens d’origine arabo-musulmane, quand il assiste à une campagne hystérique pour traquer « tout signe de culture musulmane » (voile, burqa, burkini, main de Fatma) dans un domaine où il devrait être librement autorisé, puisqu’il ne dépend pas de la sphère publique que régit le principe de laïcité ;  alors que dans les endroits où la laïcité devrait s‘appliquer,  à savoir  les bâtiments de la République, on autoriserait la présence de crèches chrétiennes, dont même un esprit simplet ne peut nier qu’il s’agit d‘un symbole chrétien ?
On voudrait inciter à des affrontements communautaristes qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Il est vrai que pour justifier « l’état d’urgence permanent », rien de vaut une atmosphère de guerre civile entre « communautés religieuses »

Que va-t-il se passer maintenant juridiquement ?


Devant la cacophonie juridique instituée par des décisions d’instances de justice administrative qui, sur la base de mêmes faits en interprétant les mêmes textes de loi, aboutissent à des décisions contradictoires, on attend du Conseil d ‘Etat qu’il remettre de l’ordre dans le chaos juridique et qu’il fixe une ligne de droit.

C’est donc avec un certain étonnement que la Libre Pensée a pris connaissance des conclusions du Rapporteur au Conseil d‘Etat qui préconise de casser les deux arrêts de Cour d’appel administrative et de rejuger les affaires. En matière footballistique, c’est remettre la balle au centre et demander que le match soit rejoué. Il n’y a donc objectivement aucune raison de penser que le trouble juridique cessera, puisqu’on recrée les conditions de son existence.

Par ailleurs, conditionner la présence de crèches chrétiennes dans les bâtiments de la République en demandant qu’elles ne soient pas « religieuses », c’est faire un tour de force qu’aucun magicien ne pourrait faire : une crèche chrétienne est un symbole religieux : Marie, Joseph, Jésus sont des personnages du Nouveau-Testament chrétien. La discussion reste ouverte sur l’âne et le bœuf.

La solution de sagesse consisterait à rappeler l’esprit et la lettre de la loi de 1905 et d‘indiquer, comme l’a fait le vade-mecum de l’Association des Maires de France : au nom de la laïcité, les crèches chrétiennes n’ont pas leur place dans les bâtiments de la République, maison commune de TOUS les citoyens, quelque que soient leurs opinions religieuses ou non-religieuses.

Il existe, quand même, suffisamment d‘endroits où l’Église catholique peut mettre ses crèches, à commencer par ses églises, cela pourrait même y amener le public qui semble lui faire défaut. L’adage populaire ne dit-il pas : chacun chez soi ? Ce que Victor Hugo avait traduit par la formule : l’Etat chez lui, l’Église chez elle !

 

La Laïcité ne peut être à géométrie variable selon la religion à laquelle elle s’applique

Paris, le 21 octobre 2016
Crèches chrétiennes dans les bâtiments de la République : Rendre des arrêts ou rendre des services ?

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Publié le 6 Octobre 2016

Non à l’instrumentalisation de la laïcité !

La laïcité, ce n’est pas la chasse aux musulmans !

La laïcité, c’est la séparation de l’Etat et des religions !

 

            Au nom du principe de laïcité dont ils ignorent tout,  des élus, des groupes politiques et des spécialistes auto-proclamés stigmatisent une partie de la population tout en dévoyant la laïcité. Ils font de la laïcité un moyen d’affirmer une prétendue identité chrétienne de la France qui se bat contre les citoyens musulmans ou supposés musulmans.

 

A l’école publique ; ni croix, ni foulard, ni kippa… A la plage c’est comme tu veux !

La polémique dite du burkini en est un récent exemple. Que ce vêtement ne plaise pas, qu’il exprime ou pas une conviction religieuse, qu’il choque ou pas, rien dans la loi de 1905 ne permet d’interdire un vêtement religieux ni dans la rue, ni sur une plage. Des pseudos laïques divisent la nation en communautés, dévoient la laïcité et stigmatisent une partie de nos concitoyens qu’ils assimilent aux terroristes. Leur idéal ce n’est pas la république, c’est le choc des civilisations !

 

La République n’est ni juive, ni chrétienne, ni musulmane, ni même athée, elle est laïque !

La laïcité, c’est la liberté de conscience garantie par la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat de 1905. La laïcité c’est la neutralité de l’Etat en matière d’option spirituelle ou religieuse, c’est l’indépendance réciproque des églises et de l’Etat, c’est le non financement des croyances par les deniers publics.

 

Le burkini cache plus que le corps de celles qui le portent.

L’opération burkini est un dérivatif, un écran de fumée… cette polémique permet de diviser le peuple en communautés. Il s’agit de diviser pour mieux régner et de mieux faire passer les plans de destructions de nos acquis sociaux et démocratiques. Ce n’est pas un hasard si ces polémiques pseudo-laïques surgissent après de vastes mouvements sociaux. Nous ne sommes pas dupes, ce n’est pas la première fois que les questions religieuses permettent ainsi aux puissants de faire passer leurs plans.

 

Défendre la laïcité ? Chiche ?!

Si ces pseudos défenseurs de la laïcité, étaient vraiment laïques, ils pourraient se joindre à nos associations pour réclamer :

  • L’abrogation de la loi Debré ; fonds publics à l’école publique, fonds privés à l’école privés. Plus de 10 milliards de fonds publics détournés vers le privé chaque année.

  • L’abrogation du statut concordataire d’Alsace Moselle qui permet le financement des cultes par l’Etat.

  • L’abrogation du statut concordataire en Guyane.

  • La fin des participations es-qualité d’élus à des cérémonies religieuses.

  • Le respect de la laïcité par les administrations (exemple des convocations de gendarmes en service à des messes de la sainte Geneviève…)

 

 

Tract commun de :

La Ligue de l'enseignement de la sarthe

La Ligue des droits de l’Homme de la Sarthe

La Fédération Syndicale Unitaire de la Sarthe

La Fédération Sarthoise de la Libre Pensée.

 

Non à l’instrumentalisation de la laïcité ! La laïcité, ce n’est pas la chasse aux musulmans !

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Publié le 18 Septembre 2016

Dans le Maine Libre du 10 septembre 2016 on peut lire un article intitulé « Davantage d’élèves dans le privé ». Le directeur diocésain de l’enseignement catholique, Dominique Girault, y évoque les raisons probables pour lesquelles les groupes scolaires catholiques de la Sarthe comptent, à la rentrée 2016, 453 élèves supplémentaires par rapport à l’année dernière. En comparaison, l’enseignement public en aurait perdu 217. Un autre article du Ouest-France du 12 septembre 2016 rapporte également les propos du même monsieur Girault qui ne compte plus que « 327 élèves de plus qu’en 2015 ».

Les réformes en cours affaiblissent l’enseignement public

Les écoles catholiques sarthoises n’ont -pour une grande majorité- pas appliqué la réforme des rythmes scolaires, que la Libre Pensée dénonce comme une réforme faisant partie d’une véritable entreprise de démolition de l’Ecole.

Seul l’enseignement public et laïque subit les contraintes imposées par une réforme amplement décriée par les enseignants et les syndicats. Ceci pourrait peut-être expliquer cela, mais M. Girault préfère préciser qu’ « à l’école catholique, il y a une attention pour chaque enfant et la volonté de le faire grandir dans sa globalité ».

Est-il important de rappeler que les écoles privées ne sont pas tenues d’accueillir tous les élèves d’un secteur, donc qu’elles ont aussi la possibilité de se « débarrasser » des enfants qui leur posent le plus de problèmes ? Il pourrait être intéressant de comparer les effectifs de la rentrée avec ceux de juin 2017.

Qu’en est-t-il de la réforme des collèges, qui à la fois supprime des heures de cours, des options et augmente l’autonomie de chaque établissement ? Quelles conséquences cette nouvelle réforme va-t-elle avoir sur l’enseignement public ?

Si les collèges catholiques ne sont pas tenus de l’appliquer ou s’ils peuvent se contenter de l’appliquer partiellement, on ne pourra pas s’étonner que les parents préfèrent inscrire leurs enfants dans les établissements où l’enseignement dispensé parait plus complet.

Fonds publics à l’Ecole publique ! Fonds privés à l’école privée !

On peut tout de même facilement concéder à l’enseignement privé qu’il a droit à une certaine indépendance concernant les instructions officielles de l’Education Nationale, puisque, par définition, il est privé. Ce qui est en revanche extrêmement choquant, c’est que ces établissements catholiques sont financés par l’Etat. Pas moins de 10 milliards d’euros sont détournés des fonds publics chaque année pour cela, notamment grâce à la loi Debré qui constitue une véritable entorse au principe de laïcité !

En finançant les écoles privées et en aggravant les conditions d’enseignement des écoles publiques, l’Etat encourage une véritable privatisation de l’enseignement.

La Libre Pensée réclame l’abrogation de la loi Debré. Dans une résolution de son dernier congrès national, elle déclare :

« La Fédération Nationale de la Libre Pensée réaffirme son exigence de l’abrogation des lois et décrets Peillon, Hamon, Belkacem de Refondation de l’Ecole et de « réforme » des rythmes scolaires et des collèges.

Pour rester laïque, l’Ecole publique doit rester séparée de l’enseignement privé !

Aucune unification entre l’Ecole publique et les écoles de l’Eglise catholique !

La loi de 1905, c’est aussi la séparation de la sphère publique et de la sphère privée. En conséquence, c’est aussi la séparation de l’enseignement public et de l’enseignement privé ! »

Il est concevable que des journaux fassent la promotion de l’enseignement privé catholique, en accordant une place privilégiée aux propos du directeur diocésain, qui ne manque pas de faire appel aux dons.

Nous sommes cependant en droit de nous interroger quand on sait que ces journaux n’ont jamais diffusé les communiqués de la Libre Pensée sur la défense de l’enseignement public et laïque.

Lorsqu’elle organisait le meeting du 5 décembre 2015 à Paris, avec la Ligue de l’Enseignement et la Ligue des Droits de l’Homme pour exiger l’abrogation de la loi Debré, ses communiqués de presse n’ont pas été publiés…

« Abrogation de la Loi Debré,

Fonds publics à l’Ecole publique et fonds privés à l’école privée ! »

Sarthe : D’avantage d’élèves dans le privé cette année !

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Publié le 29 Août 2016

En direct avec Michel Tubiana,

Président d’Honneur de la Ligue des Droits de l’Homme

 

A propos de l’affaire du Burkini

 

 

La Libre Pensée : L’actualité récente a été marquée par ce que l’on a appelé le « Burkini ». Plusieurs municipalités ont pris des arrêtés clairement liberticides avec une forte consonance sous-jacente xénophobe. Quelle est l’analyse de la Ligue des Droits de l’Homme ?

 

Michel Tubiana : Ces arrêtés ont trois points communs : établir un lien entre les actes de terrorisme et une forme de pratique culturelle ou religieuse de l’Islam, prétendre imposer une doxa culturelle et religieuse, même si elle n’est en apparence ici que vestimentaire, affirmer que les personnes qui pratiquent l’Islam ne peuvent pas être des Français comme les autres. D’où, ensuite, ce qui est dans le prolongement direct de ces arrêtés, s’en prendre au porte du « voile » dans l’espace public. Le tout dans un contexte de surenchère électorale partagée par les auteurs de ces arrêtés et le Premier ministre par exemple…

 

LP : Pour la LDH, les rues, les plages, les piscines, les magasins, les cinémas font-ils partie de la sphère ou de l’espace public dans lesquels devrait s’appliquer la laïcité ?

 

MT : A l’évidence, non. Appliquer pleinement la loi de 1905, c’est exiger que l’autorité publique, à tous les niveaux, soit dégagée, y compris dans sa représentation, de toute forme ou allégeance religieuse. Le reste relève de la liberté individuelle de chacun sur laquelle la puissance publique n’a pas à intervenir, sauf à faire respecter les règles qui permettent de vivre ensemble et à chacun de s’exprimer dans le respect de l’ordre public. Cette « extension du domaine de la laïcité » n’est pas seulement un travestissement éhonté de la volonté de Jaurès et de Briand et de la lettre et de l’esprit de la loi de 1905, elle porte en elle toutes les atteintes aux libertés individuelles imaginables. En soutenant que l’espace public devrait être « neutre », au-delà de l’imbécilité de cette affirmation, c’est notre capacité commune à s’exprimer librement, à être comme nous entendons être qui, demain, sera soumise à la volonté de tel ou tel. Etre laïque, c’est au contraire, favoriser le débat dans l’espace public et donc l’expression des opinions de toute nature dans les limites que j’ai déjà évoquées. Y compris, s’il s’agit de formuler des critiques contre le signifiant de ce vêtement de bains tant décrié. Défendre le droit de ces femmes à s’habiller comme elles le veulent, ce n’est pas s’abstenir de critiquer cet aspect des choses. Mais pour que la critique vaille, faut-il d’abord que leur droit soit respecté. Pour tout dire, cette vision du corps des femmes n’est pas du tout la mienne ; Mais, je n’ai aucune raison, surtout aucune légitimité à vouloir régenter leur esprit.

 

LP : Il est quelque peu surprenant que des hommes politiques comme Nicolas Sarkozy, Eric Ciotti, Marine Le Pen et d’autres aussi à « Gauche » se déclarent très laïques quand il s’agit des musulmans, mais plus du tout quand il s’agit de l’Eglise catholique. On a même vu Nicolas Sarkozy faire des signes de croix chrétiens dans l’exerce de sa fonction présidentielle. Comment expliquez-vous cette schizophrénie politique ?

 

MT : Je ne vois là rien de surprenant ! Ces personnes n’ont jamais été laïques ! Historiquement, comme aujourd’hui, elles ont toujours été attachées à une vision chrétienne de la France, à laquelle elles ont fini par ajouter le terme « judéo » pour tenter de relativiser le vieil et solide antisémitisme chrétien qui a eu sa part de responsabilité dans la destruction des juifs d’Europe. Aujourd’hui, l’ennemi principal c’est l’Islam, les musulmans, etc…Ils ne font que reproduire les mêmes schémas d’exclusion, avec leurs variantes contemporaines et héritières du colonialisme.
En fait, la laïcité est utilisée, ici, comme le féminisme, comme un paravent pour tenter de justifier l’exclusion de plusieurs millions de personnes en raison de leur altérité et de leur situation sociale.

Et comme ce « soutien » à la laïcité va de pair avec l’accusation de favoriser le communautarisme, un mot à ce propos. Là encore, cessons d’employer des mots à tort et à travers. Le communautarisme, c’est d’abord édicter un dispositif légal dans lequel des droits seraient reconnus à des individus selon leur appartenance à une communauté. Au-delà des droits spécifiques qui résultent de situations spécifiques (congés de maternité, situation de santé, de handicap, etc), je mets au défi de trouver dans notre législation une disposition qui fasse dépendre l’exercice d’un droit de l’appartenance à une communauté.

Le reste, c’est la tendance naturelle de tout groupe humain à se reconnaître en une communauté dont la nature est, par hypothèse, diverse : la communauté des libres penseurs, des amateurs d’andouillette, etc. En l’espèce, nous accuser de favoriser le communautarisme en se battant pour le droit de ses femmes à s’habiller comme elles le veulent à la plage, revient à ignorer que les replis identitaires qui existent ont d’abord pour cause les discriminations infligées au nom de la République. De plus, je persiste à penser qu’il vaut mieux que ces attitudes soient publiques et fassent donc l’objet d’un débat public plutôt que d’y ajouter un enfermement dans la sphère la plus privée.

 

LP : Que pensez-vous de l’attitude de Manuel Valls qui se déclare « laïque intransigeant » quand il s’agit de l’Islam, mais plus du tout quand il va au Vatican assister à la canonisation de deux papes ?

 

MT : J’ai déjà eu l’occasion de dire que l’actuel Premier ministre était un dangereux pyromane. Je me contenterai maintenant de dire que c’est un homme dangereux. Sa conception des choses, son paternalisme colonial à l’égard des musulmans (la bienveillance de la République à l’égard des musulmans !). son mépris des libertés publiques et individuelles, tout cela fait que sous les oripeaux de la « gauche », il enfourche toutes les antiennes les plus appropriées pour diviser la société entre « bons et mauvais Français ». En cela, avec les thématiques qui sont les siennes, avec ses interrogations sur la compatibilité de l’Islam et de la République, Manuel Valls fait furieusement penser à la SFIO de Guy Mollet. On sait dans quelle faillite morale et institutionnelle, elle nous a entraînée.

 

LP : Comment la LDH envisage l’avenir juridique de ces arrêtés liberticides, le Conseil d’Etat ayant jugé en référé, mais par encore sur le fonds ?

 

MT : la Ligue des Droits de l’Homme poursuivra l’abrogation des arrêtés qui ne seraient pas retirés d’office par les maires. J’observe à ce propos deux choses. La première est que ces maires qui font de la « résistance » sont ceux qui passent leur temps à dénoncer l’absence d’autorité de l’Etat, autorité qu’il s’empresse d’abaisser en méprisant la décision du Conseil d’Etat. La deuxième est la complicité avérée du Ministre de l’Intérieur avec ces Elus car c’est à lui, et non aux associations, qu’il incombe de faire respecter cette décision ce qu’il s’abstient volontairement de faire. Le ministre des cultes a ainsi choisi son camp… Enfin, nous réfléchissons à agir sur le terrain pénal sur la base de la discrimination à raison d’une pratique religieuse, mais aussi, et peut-être surtout, sur la base de l’article 432-4 du Code pénal qui réprime les atteintes aux libertés par des agents publics.

 

 

LP : Mon cher Michel, merci d’avoir répondu à nos questions.

Propos recueillis par Christian Eyschen

 

Michel Tubiana à propos du burkini

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Publié le 5 Mai 2016

Le 30 avril 2016

Libre Pensée - Fédération de la Sarthe

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4 rue d’Arcole

72000 Le Mans

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Objet : Laïcité et messe en plein air

 

 

 

 

à Monsieur le Maire,

copie aux conseillers municipaux.

 

 

 

Nous voudrions attirer votre attention sur les points suivants :

 

Dans la brochure éditée à l’occasion de la journée des Artisans et Commerçants de Chantenay-Villedieu du 24 avril 2016, vous annoncez, dans la rubrique « Le Mot du Maire » :

 

« Plusieurs nouveautés cette année sont à noter :

-Une messe sera célébrée à 10h30 par le Père LUC sur l’espace de la foire ».

 

Cette journée est-elle encore une foire commerciale sachant que la sonorisation a été coupée au profit de la diffusion de la messe ? Cela fait-il de cette initiative un évènement commercial, culturel ou cultuel ?

 

En tant qu’élu de la République, vous connaissez l’article 2 de la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat de 1905 : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ».

Or en faisant référence à une messe célébrée à 10h30, vous privilégiez une religion, ici la religion catholique, alors que vous êtes l’élu de l’ensemble de la population au delà de l’appartenance ou non à une communauté religieuse, philosophique ou politique de chacun de vos concitoyens.

L’article 1 de la loi de 1905 stipule que « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public ».

Or cette messe est une cérémonie religieuse s’adressant à des croyants, la liberté de culte et son organisation sont définies par la loi dans des conditions bien précises : cela doit rester du ressort de la sphère privée.

 

Pour notre part, nous considérons que cette référence à la messe constitue une atteinte à la laïcité et à la liberté de conscience. C’est pourquoi nous vous demandons de ne plus y faire mention dans vos prochains « Mot du Maire ».

 

Par ailleurs, nous vous informons que, constatant la multiplication de ces messes à l’appel d’élus de la République, nous saisissons Mme la Préfète de la Sarthe, garante de l’application de la loi, afin qu’un rappel au respect de la loi soit fait à tous les maires du département.

 

Nous restons à votre disposition pour tout échange concernant cette question.

Veuillez agréer, Monsieur le Maire, l’expression de nos sentiments républicains.

 

 

 

Le Président : M Brémond

Laïcité et messe en plein air à Chantenay Villedieu

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 6 Mars 2016

La loi de Séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905 a fondé deux sphères distinctes, dans lesquelles les règles de neutralité ne sont pas identiques : la sphère publique (Administration, Etat, Services publics) et la sphère privée (tout le reste) dans laquelle l’expression des opinions est libre, conformément à l’Article 10 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789.

Dans la sphère publique, le fonctionnaire et l’agent public ont une obligation de neutralité. C’est la laïcité qui s’applique. Dans la sphère privée, chacun a la liberté d’exprimer ses opinions. C’est la démocratie qui s’exerce.

Aujourd’hui, dans une course folle liberticide, le gouvernement prolonge ad vitam aeternam l’état d’urgence, entend remettre en cause profondément l’obtention de la nationalité française. Il va plus loin encore en détruisant le Code du Travail et le fait que celui-ci protège l’expression des opinions, le droit d’association, ce qui constitue le socle fondamental des libertés démocratiques.

Au nom d’une laïcité frelatée et laïcide, il entend réprimer l’expression des opinions et des appartenances dans la sphère privée. Ainsi est-il prévu dans le nouveau projet du Code du Travail, tout acquis aux désirs du patronat, que la « laïcité » s’appliquerait dans les entreprises privées, où elle n’a pas lieu d’être. Rappelons que l’entreprise PAPREC impose à ses salariés l’interdiction d’exprimer ses opinions religieuses ET politiques. En clair, le salarié n’est plus un citoyen dans cette entreprise. Et demain : l’interdiction des syndicats ?

La Libre Pensée constate, que d’un côté ce gouvernement, à la solde du patronat, entend faire appliquer les règles de concurrence et de rentabilité du privé dans les services publics, et de l’autre, entend imposer les règles de neutralité de la sphère publique dans les entreprises privées. Il n’y a plus de Séparation !

Deux articles indissociables

Aux termes de l’article L. 1121-1 du Code du Travail dans sa rédaction actuelle « Nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché. » L’article L. 1132-1 en tire les conséquences pour garantir aux salariés leur liberté de conscience, un des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République résultant de la loi du 9 décembre 1905 concernant la Séparation des Eglises et de l’Etat, et les protéger de toute discrimination.

Il dispose qu'

« Aucune personne ne peut être écartée d'une procédure de recrutement ou de l'accès à un stage ou à une période de formation en entreprise, aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, telle que définie à l'article 1er de la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d'adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations, notamment en matière de rémunération, au sens de l'article L. 3221-3, de mesures d'intéressement ou de distribution d'actions, de formation, de reclassement, d'affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle, de mutation ou de renouvellement de contrat en raison de son origine, de son sexe, de ses mœurs, de son orientation ou identité sexuelle, de son âge, de sa situation de famille ou de sa grossesse, de ses caractéristiques génétiques, de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une race, de ses opinions politiques, de ses activités syndicales ou mutualistes, de ses convictions religieuses, de son apparence physique, de son nom de famille, de son lieu de résidence ou en raison de son état de santé ou de son handicap. »

Des propositions de loi enlisées imposant la laïcité dans les entreprises

Ces deux articles du Code du Travail sont indissociables, comme l’a jugé de manière constante en défense des libertés individuelles la Cour de cassation, notamment dans le cadre de l’affaire de la crèche Baby-Loup, consécutive au licenciement de la directrice adjointe de cette structure au motif que l’intéressée portait un foulard. Montée en épingle par les tenants d’une pseudo-laïcité de combat contre les musulmans, comme l’avait démontré la Libre Pensée, cette affaire a nourri le projet de ces croisés d’un nouveau type d’imposer à tous les travailleurs la neutralité dans les entreprises en général ou dans les crèches privées en particulier.

Une bonne dizaine de propositions de loi a été déposée sur les bureaux des Assemblées. Toutefois, le 13 mai 2015, l’Assemblée nationale en a amendé une, pour en atténuer la portée, tendant à introduire la laïcité dans les crèches privées. Ce texte est en attente d’une seconde lecture au Sénat. Ce sommeil de plusieurs mois est l’indice d’une difficulté majeure : l’extension de la laïcité à la sphère privée revient, soit à instaurer un Etat totalitaire, soit à gommer toute distinction entre la sphère publique, où la plus stricte neutralité est indispensable, et la sphère privée, au plus grand bénéfice des religions.

Une réponse indirecte inacceptable dans l’avant-projet de loi portant réforme du Code du Travail

Face à cet enlisement, l’avant-projet de loi portant « réforme du Code du travail » propose au Parlement de modifier les termes de son article L. 1121-1 qui garantit les libertés fondamentales des salariés. Sa rédaction deviendrait la suivante : « Les libertés et droits fondamentaux de la personne sont garantis dans toute relation de travail. Des limitations ne peuvent leur être apportées que si elles sont justifiées par l’exercice d’autres libertés ou droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise et si elles sont proportionnées au but recherché. »

La tâche à accomplir, qui s’apprécie au niveau de chaque poste de travail, n’est plus le motif de restriction des libertés fondamentales du salarié, notamment de sa liberté de conscience. Lui ont été substitués l’exercice d’autres libertés et droits fondamentaux, mais surtout la notion assez vague de « bon fonctionnement de l’entreprise », susceptible d’entraîner, à l’initiative du seul employeur, une limitation des libertés et droits fondamentaux à l’ensemble des salariés de l’entreprise et non seulement au cas par cas. Il s’agit d’une atteinte inacceptable aux libertés individuelles.

 

La Fédération nationale de la Libre Pensée :

condamne donc l’évolution envisagée et en demande l’abandon ;

appuie plus généralement les demandes tendant
au retrait de l’ensemble d’un texte
qui aboutirait à affaiblir gravement
la position des salariés vis-à-vis des patrons.

 

Quand la laïcité est partout, elle n’est plus nulle part !

Paris, le 2 mars 2016

 

Destruction du Code du Travail :Comment tuer la Laïcité au nom de la Laïcité …

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 17 Février 2016

Le Vendredi 29 janvier, la presse locale s'est faite l'écho de la célébration de la Sainte Geneviève, par la gendarmerie de la Sarthe (Le Maine Libre du 30.01.2016).

Cette célébration annuelle s'est déroulée dans l'église Saint-Pavin au Mans, présidée nous dit-on par l'Evêque de la Sarthe, et avec le Commandant de gendarmerie de la Sarthe, le Colonel Jérôme Delhez, qui a "rappelé" à cette occasion "l'engagement des valeurs de la République"

Mais de quelle valeur de la République parle-t-on pendant la messe d'un évêque ?

Comment, par "note de service", des gendarmes en service, peuvent-ils être "convoqués" à une célébration religieuse sans que cela interpelle les représentants de l’état, de la hiérarchie militaire au préfet, jusqu'au Ministre de l'Agriculture qui participait au vin d'honneur qui suit traditionnellement la messe ?

La Libre Pensée s'interroge sur le sens de cette célébration catholique, pendant le temps de travail, en uniforme, par des fonctionnaires de l’Etat.

Qu'en est-il de l'esprit de la Laïcité défendu par tant de monde en ce moment ?

Quelle est donc la définition de la Laïcité de la gendarmerie sarthoise ?


La Libre Pensée dénonce ces points de vue à géométrie variable et rappelle les grands principes de la Laïcité :

 

- l’Etat doit être neutre envers les différentes religions.

- la séparation des églises et de l'Etat doit être garantie. Il n'y a alors pour les religions plus aucune influence dans les affaires publiques, mais il est garanti aux opinions religieuses la même liberté qu’à toutes les opinions.

 

Cette messe de gendarmes est contraire à la loi de 1905 qui affirme que « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ». Enfin cette cérémonie religieuse est contraire au code la défense (article l.4121-2) ; « Les opinions et croyances, notamment philosophiques, religieuses ou politiques, sont libres. » mais « Elles ne peuvent cependant être exprimées qu’en dehors du service et avec la réserve exigée par l’état militaire. Cette règle s’applique à tous les moyens d’expression. Elle ne fait pas obstacle au libre exercice des cultes dans les enceintes militaires. »

 

Que la gendarmerie de la Sarthe respecte la loi

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 15 Octobre 2015

C’est à y perdre son latin. Le Tribunal Administratif de Melun a considéré la crèche chrétienne de Noël mise dans l’Hôtel de ville comme non-religieux. La Cour d’Appel Administrative de Paris, l’a interdite et a invalidé ce jugement parce que c’est un symbole religieux, comme le prescrit l’Article 28 de la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905.

 

Dans le même temps (que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite ?), le Tribunal Administratif de Nantes proscrit la crèche chrétienne de Noël au Conseil général de Vendée, car elle est un symbole religieux. La Cour Administrative de Nantes casse le jugement déclarant que ce n’est pas un symbole religieux.

 

Crèches de noël : les errances du juge administratif

 

Et pourtant, l’article 28 de la loi concernant la Séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905 est parfaitement clair : « Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. » Néanmoins son interprétation par le juge administratif rencontre de grandes difficultés, lorsque celui-ci est appelé à statuer sur des recours pour excès de pouvoir dirigés contre des décisions d’autorités locales d’installer des crèches de Noël dans des bâtiments publics ou sur le domaine public.

 

En première instance, les tribunaux administratifs ont rendu des jugements contradictoires à l’issue d’instances initiées par la Libre Pensée, qui a demandé l’annulation des décisions administratives d’installer ces emblèmes religieux sur le domaine public lors du solstice d’hiver de 2014. Celui de Nantes a estimé illégale la présence d’une crèche de Noël dans les locaux du département de la Vendée, tandis que celui de Melun jugeait légale celle installée sous le porche donnant accès à la cour d’honneur de la maison commune de cette ville. Quant au tribunal administratif d’Amiens, il a fait preuve d’inconséquence. En 2010, il avait annulé la décision du maire de la commune de Montiers d’édifier une crèche de Noël sur la place du village. Or il a considéré que le même objet, présentant les mêmes caractéristiques, pouvait légalement décorer la place Jeanne Hachette de Beauvais, fin 2014.

 

Même s’il reste un juge du fond, le juge d’appel a un rôle régulateur. Or, il n’a pas davantage réussi que les premiers juges à dégager la seule jurisprudence qui vaille : la présence d’une crèche de Noël, emblème religieux par excellence, dans un édifice public ou sur le domaine public ne saurait être acceptée au regard des dispositions de l’article 28 de la loi du 9 décembre 1905. Deux cours administratives d’Appel, sur le fondement des mêmes textes, viennent de statuer en sens contraire.

 

En application des dispositions combinées des articles 1er de la Constitution du 4 octobre 1958, aux termes duquel « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale », 1er de la loi du 9 décembre 1905, qui « assure la liberté de conscience » et « garantit le libre exercice des cultes », et 28 de celle-ci, dont les termes ont été rappelés plus haut, celle de Nantes a considéré que la crèche installée dans les locaux du département de la Vendée n’était pas illégale aux motifs, d’une part, qu’elle était « de faible taille » et se trouvait dans une « situation non ostentatoire » en « l’absence de tout autre élément religieux », d’autre part, qu’elle s’inscrivait dans la « tradition relative à la préparation de la fête familiale de Noël ».

 

Sur le fondement des mêmes textes, la Cour administrative d’appel de Paris a estimé illégale la crèche dressée sous le porche d’accès à la cour d’honneur de la mairie de Melun au motif que, en quelque sorte par nature et quelles que puissent être ses dimensions, « une crèche de Noël, dont l’objet est de représenter la naissance de Jésus, installée au moment où les chrétiens célèbrent cette naissance, doit être regardée comme ayant le caractère d’un emblème religieux […] »

 

La Cour administrative d’appel de Paris a raison : pour édicter son interdiction de la présence de signes religieux sur les édifices ou le domaine publics, le législateur de 1905 n’a pas retenu des critères sujets à des discussions byzantines, tels que la taille de l’objet, son caractère discret ou ostentatoire ou son rattachement à une tradition.

 

La Libre Pensée saisit le Conseil d’Etat

 

Il faut espérer que le Conseil d’État, que la Libre Pensée va saisir, clarifiera une situation juridique confuse en donnant le dernier mot à la loi qui interdit manifestement l’installation de crèches chrétiennes, emblèmes religieux incontestables, dans les locaux ou sur le domaine public des Collectivités publiques.

 

Les errances des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire conduisent à une cacophonie de jurisprudences et de pratiques : ceux-là mêmes qui veulent interdire le foulard islamique partout (en public comme en privé) se prononcent pour la présence des crèches chrétiennes dans les bâtiments publics...Un symbole religieux est un symbole religieux, quelle que soit la religion en cause. Il n’a pas sa place dans les Institutions de la République.

 

 

Personne, aucune juridiction ne pourra se dérober : La République est-elle laïque ou concordataire ? Sommes-nous sous la juridiction de l’Etat républicain ou encore sous la coupe des lois du Régime de Vichy ? La quasi-totalité des lois de l’ex-maréchal Pétain contre la laïcité ont, en effet, été maintenues à la Libération. Il faut les abroger.

 

La Libre Pensée en appelle à l’opinion publique laïque :

Il faut défendre la loi de 1905 !

Participez-tous à la Manifestation nationale laïque

Le 5 décembre 2015 à 15H

Place de la République à Paris !

 

Paris, le 15 octobre 2015

La guerre des crèches va-t-elle être relancée ?

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 11 Octobre 2015

Un nouveau scandale antilaïque

Gouvernement Hollande, Valls, Cazeneuve, Macron : L’exploitation capitaliste pour avenir, La religion pour consolation, Le patois comme seule communication,

En clair, la République en berne !

 

On pensait que c’était impossible, et pourtant il l’a fait. Bernard Cazeneuve, Ministre de l’Intérieur aura été pire dans l’abjection cléricale que Nicolas Sarkozy. Il est sans doute difficile de voir dans l’histoire un ministre aussi servile envers l’Eglise catholique. Les Sinistres de l’Intérieur se suivent, se ressemblent, se complètent et s’aggravent.

 

Incroyable, mais vrai ! Clérical, mais faux !
Parlant au nom du Gouvernement, Bernard Cazeneuve est allé à confesse, le 3 octobre 2015,  pour clôturer les Etats Généraux du Christianisme dans la cathédrale de Strasbourg. Quand on va à Canossa, on n’a que faire de la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905 qui interdit aux ministres d’aller, ès qualités, aux cérémonies religieuses.

Plutôt que de faire des commentaires,  on laissera les faits parler d’eux-mêmes, la Libre Pensée livre à l’opinion publique laïque quelques propos du représentant du Gouvernement : «Je tiens à remercier La Vie  (ex catholique) pour cette invitation qui me permet de contribuer à ma manière aux « États généraux du Christianisme » et qui m’offre l’occasion de m’exprimer pour la deuxième fois en deux semaines, dans l’enceinte même d’une cathédrale sur des sujets essentiels comme la question des valeurs. C’est très précieux, vues les circonstances particulières…

Cette proximité spirituelle entre la République et l’Église, paradoxale au premier abord, avait parfaitement bien été soulignée par le pape Jean-Paul II dans sa célèbre homélie au Bourget en 1980. Citation :

«On sait la place que l’idée de liberté, d’égalité et de fraternité tient dans votre culture, dans votre histoire. Au fond, observait Jean-Paul II, ce sont-là des idées chrétiennes. Je le dis tout en ayant bien conscience que ceux qui ont formulé ainsi, les premiers, cet idéal, ne se référaient pas à l’alliance de l’homme avec la sagesse éternelle. Mais ils voulaient agir pour l’homme. »

 

Dis-moi qui t’inspire, je te dirai pour qui tu travailles

Certes, notre histoire contemporaine, tout au long du 19ème siècle notamment, a pu témoigner des difficultés éprouvées par les catholiques français à embrasser sans réserve l’héritage révolutionnaire, tant les séquelles de la constitution civile du clergé et le souvenir des années qui ont suivi restèrent vivaces. La République elle-même ne fit pas toujours preuve de tolérance à l’égard d’une Église perçue comme un redoutable adversaire, plutôt que comme une source d’inspiration dans la recherche du bien public.

L’histoire politique ne doit cependant pas nous dissimuler  la réalité de certains liens. Certes, notre devise républicaine s’adresse à ceux qui croient au ciel, comme à ceux qui n’y croient pas. Pour autant, comme le relevait Jean-Paul II, notre devise nationale, « liberté, égalité, fraternité » rejoint bien à certains égards le message évangélique. »

 

Parler d’Histoire, c’est souvent refaire l’Histoire

Il est vraiment difficile de faire pire en matière de révision de l’Histoire. La Révolution française n’a pas puisé son message et son action dans les Evangiles et dans l’Eglise catholique, mais contre. Il a

fallu briser le pouvoir de la monarchie et de l’Eglise catholique pour avancer dans la voie de la République et de la démocratie.

C’est ainsi qu’on peut lire dans le Compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise(Edition du CERF) : « La source ultime des droits de l’homme ne se situe pas dans une simple volonté des êtres humains, dans la réalité de l’État, dans les pouvoirs publics, mais dans l’homme lui-même et en Dieu son Créateur. » C’est une conception diamétralement opposée à la Révolution française qui proclame que l’Homme a des droits, uniquement parce qu’il est Homme (Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789).

Mais cette histoire révisionniste a un objet : nous préparer un certain avenir. Celle du retour du concordat. C’est ainsi que le Ministre de l’Intérieur indique clairement l’objectif à atteindre pour ce gouvernement : « La Fraternité est ici un mot qui prend tout son sens et le modèle alsacien montre que la fraternité passe par le dialogue. »

Ainsi donc, « l’esprit du 11 janvier 2015 » serait en fait « l’esprit saint » qui nous guiderait vers le Concordat ! Et que dire de l’évocation de Jean Jaurès et d’Aristide Briand  présenté comme des laudateurs de la présence du religieux dans l’espace public par Bernard Cazeneuve dans cette opération de falsification historique… Mais que diable vont-ils faire dans cette galère ? !

Indéniablement, Bernard Cazeneuve est très bien positionné pour recevoir de la Libre Pensée le prix Clericalis 2016.

 

La Libre Pensée s’adresse à tous les laïques : Il faut défendre la loi de 1905 qui a abrogé le concordat !

 

C’est pourquoi, la Fédération nationale de la Libre Pensée propose à l’ensemble des laïques, des associations laïques, des syndicats, à tous ceux qui se reconnaissent dans la défense de la loi de 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat de manifester ensemble

 

Le 5 décembre 2015 à 15H Place de la République à Paris !

 Pour la défense de la loi de 1905 !

 

Chaque association manifestera pour ce qui lui semble important, sur ses propres mots d’ordre, de la manière qu’elle souhaite. Nul ne sera contraint à quoi que ce soit. Il s’agit de la loi de 1905 et de rien d’autre. La Libre Pensée invite les associations laïques qui souhaitent participer à cette manifestation à une réunion le mardi 3 novembre 2015 à 19H à Paris. Les associations intéressées doivent contacter notre siège national pour connaître les modalités de celle-ci.

 

Paris, le 7 octobre 2015

Un nouveau scandale antilaïque

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 9 Octobre 2015

Un nouveau scandale antilaïque

Gouvernement Hollande, Valls, Cazeneuve, Macron : L’exploitation capitaliste pour avenir, La religion pour consolation, Le patois comme seule communication,

En clair, la République en berne !

 

On pensait que c’était impossible, et pourtant il l’a fait. Bernard Cazeneuve, Ministre de l’Intérieur aura été pire dans l’abjection cléricale que Nicolas Sarkozy. Il est sans doute difficile de voir dans l’histoire un ministre aussi servile envers l’Eglise catholique. Les Sinistres de l’Intérieur se suivent, se ressemblent, se complètent et s’aggravent.

 

Incroyable, mais vrai ! Clérical, mais faux !

Parlant au nom du Gouvernement, Bernard Cazeneuve est allé à confesse, le 3 octobre 2015, pour clôturer les Etats Généraux du Christianisme dans la cathédrale de Strasbourg. Quand on va à Canossa, on n’a que faire de la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905 qui interdit aux ministres d’aller, ès qualités, aux cérémonies religieuses.

Plutôt que de faire des commentaires, on laissera les faits parler d’eux-mêmes, la Libre Pensée livre à l’opinion publique laïque quelques propos du représentant du Gouvernement : «Je tiens à remercier La Vie (ex catholique) pour cette invitation qui me permet de contribuer à ma manière aux « États généraux du Christianisme » et qui m’offre l’occasion de m’exprimer pour la deuxième fois en deux semaines, dans l’enceinte même d’une cathédrale sur des sujets essentiels comme la question des valeurs. C’est très précieux, vues les circonstances particulières…

Cette proximité spirituelle entre la République et l’Église, paradoxale au premier abord, avait parfaitement bien été soulignée par le pape Jean-Paul II dans sa célèbre homélie au Bourget en 1980. Citation :

«On sait la place que l’idée de liberté, d’égalité et de fraternité tient dans votre culture, dans votre histoire. Au fond, observait Jean-Paul II, ce sont-là des idées chrétiennes. Je le dis tout en ayant bien conscience que ceux qui ont formulé ainsi, les premiers, cet idéal, ne se référaient pas à l’alliance de l’homme avec la sagesse éternelle. Mais ils voulaient agir pour l’homme. »

 

Dis-moi qui t’inspire, je te dirai pour qui tu travailles

Certes, notre histoire contemporaine, tout au long du 19ème siècle notamment, a pu témoigner des difficultés éprouvées par les catholiques français à embrasser sans réserve l’héritage révolutionnaire, tant les séquelles de la constitution civile du clergé et le souvenir des années qui ont suivi restèrent vivaces. La République elle-même ne fit pas toujours preuve de tolérance à l’égard d’une Église perçue comme un redoutable adversaire, plutôt que comme une source d’inspiration dans la recherche du bien public.

L’histoire politique ne doit cependant pas nous dissimuler la réalité de certains liens. Certes, notre devise républicaine s’adresse à ceux qui croient au ciel, comme à ceux qui n’y croient pas. Pour autant, comme le relevait Jean-Paul II, notre devise nationale, « liberté, égalité, fraternité » rejoint bien à certains égards le message évangélique. »

 

Parler d’Histoire, c’est souvent refaire l’Histoire

Il est vraiment difficile de faire pire en matière de révision de l’Histoire. La Révolution française n’a pas puisé son message et son action dans les Evangiles et dans l’Eglise catholique, mais contre. Il a

fallu briser le pouvoir de la monarchie et de l’Eglise catholique pour avancer dans la voie de la République et de la démocratie.

C’est ainsi qu’on peut lire dans le Compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise (Edition du CERF) : « La source ultime des droits de l’homme ne se situe pas dans une simple volonté des êtres humains, dans la réalité de l’État, dans les pouvoirs publics, mais dans l’homme lui-même et en Dieu son Créateur. » C’est une conception diamétralement opposée à la Révolution française qui proclame que l’Homme a des droits, uniquement parce qu’il est Homme (Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789).

Mais cette histoire révisionniste a un objet : nous préparer un certain avenir. Celle du retour du concordat. C’est ainsi que le Ministre de l’Intérieur indique clairement l’objectif à atteindre pour ce gouvernement : « La Fraternité est ici un mot qui prend tout son sens et le modèle alsacien montre que la fraternité passe par le dialogue. »

Ainsi donc, « l’esprit du 11 janvier 2015 » serait en fait « l’esprit saint » qui nous guiderait vers le Concordat ! Et que dire de l’évocation de Jean Jaurès et d’Aristide Briand présenté comme des laudateurs de la présence du religieux dans l’espace public par Bernard Cazeneuve dans cette opération de falsification historique… Mais que diable vont-ils faire dans cette galère ? !

Indéniablement, Bernard Cazeneuve est très bien positionné pour recevoir de la Libre Pensée le prix Clericalis 2016.

 

La Libre Pensée s’adresse à tous les laïques : l faut défendre la loi de 1905 qui a abrogé le concordat !

 

C’est pourquoi, la Fédération nationale de la Libre Pensée propose à l’ensemble des laïques, des associations laïques, des syndicats, à tous ceux qui se reconnaissent dans la défense de la loi de 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat de manifester ensemble

 

Le 5 décembre 2015 à 15H Place de la République à Paris !

 

Pour la défense de la loi de 1905 !

 

Chaque association manifestera pour ce qui lui semble important, sur ses propres mots d’ordre, de la manière qu’elle souhaite. Nul ne sera contraint à quoi que ce soit. Il s’agit de la loi de 1905 et de rien d’autre. La Libre Pensée invite les associations laïques qui souhaitent participer à cette manifestation à une réunion le mardi 3 novembre 2015 à 19H à Paris. Les associations intéressées doivent contacter notre siège national pour connaître les modalités de celle-ci.

 

Paris, le 7 octobre 2015

 

Un nouveau scandale antilaïque

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 13 Septembre 2015

LIBRE PENSÉE

Section de Lombron

23 rue de l’Erabert

 

 

 

10 septembre 2015

 

Objet : inauguration des vitraux restaurés de Lombron

 

 

Lettre ouverte à Monsieur le Maire,

Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux

 

 

Les Maires des communes du pays des Brières et du Gesnois ont reçu récemment l’invitation suivante :

 

« Alain Grémillon, maire de Lombron, ses adjoints et conseillers municipaux

seraient honorés de votre présence à la bénédiction des vitraux restaurés,

lors de la messe célébrée par Monseigneur Yves Le Saux, évêque du Mans,

dimanche 27 septembre à 11 heures en l’église Saint Martin de Lombron ».

 

L’invitation par les élus de la République à une cérémonie religieuse constitue à nos yeux un manquement au respect de la séparation des Eglises et de l’Etat telle que définie dans la loi du 9 décembre 1905.

 

La commune étant propriétaire de l’église, il est normal que les vitraux restaurés sur des fonds publics soient inaugurés. Mais cette inauguration à l’appel des élus doit être civile. Une cérémonie religieuse (messe et bénédiction) ne relève pas des élus mais de ceux qui se réclament de la religion catholique.

 

Aussi la section de la Libre Pensée fait la proposition suivante : appelez à l’inauguration civile à 10h 30 en l’église de Lombron, puis ensuite libre à chacun en tant que citoyen (dont la liberté de conscience est garantie par la loi de 1905) de participer ou non à la cérémonie religieuse. C’est ce que nous avons proposé ces jours derniers lorsque nous avons rencontré M. Beaulieu le 4 septembre, M. Bernès le 5 et M. Grémillon le 9) .

 

Veuillez agréer Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux l’expression de nos sentiments républicains.

 

Pour la section de Lombron

La Présidente :

Marie-France Salé

Respect de la laïcité à Lombron !

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Publié le 2 Septembre 2015

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Publié le 26 Août 2015

110ème anniversaire de la loi de 1905

 

5 décembre 2015, Paris, place de la République à 15h,

MANIFESTATION NATIONALE

 

Pour la défense de la loi de 1905

Pour l’abrogation de la loi Debré

 

Chaque année, 10 milliards d’euros de fonds publics sont détournés au profit de l’École privée confessionnelle à 97% catholique.

10 milliards pour financer cette institution de l’Eglise catholique qui concurrence l’École de la République, l’École publique laïque ouverte à tous.

10 milliards, ce sont 180 000 postes de professeurs.

 

ÇA SUFFIT !!! FONDS PUBLICS EXCLUSIVEMENT A L’ÉCOLE PUBLIQUE !

 

1995, 2005, 2015, la continuité

du combat de la Libre Pensée.

 

L’article II de la loi de 1905 stipule :

« La République ne reconnaît, ne subventionne, ni ne salarie aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi seront supprimées des budgets de l’Etat, des départements et des communes toutes les dépenses relatives à l’exercice des cultes. »

 

Non, la laïcité ce n’est pas la reconnaissance de toutes les religions !

 

Depuis les évènements de janvier 2015, on assiste à une offensive pour organiser un partenariat avec toutes les religions et étendre le concordat. Jamais le mot laïcité n’aura été autant galvaudé. 

La laïcité, c’est la neutralité de l’Etat vis-à-vis de toutes les confessions. La religion est et doit rester une affaire privée.

 

« L’État chez lui, l’Église chez elle » (V. Hugo)

 

 

 

 

Défendre la laïcité

  • c’est exiger le respect de la loi de 1905 et son application sur tout le territoire et dans les DOM-TOM là où elle ne s’applique pas,
  • c’est exiger l’abrogation du statut clérical d’exception d’Alsace-Moselle (dont le coût est de 59 millions d’euros par an !).

 

Avec la loi Debré, 10 milliards d’euros de fonds publics sont détournés tous les ans au profit de l’Ecole privée confessionnelle à 97 % catholique.        
10 milliards = 180 000 postes de professeurs des écoles !

 

Comme la Conférence des évêques de France de 2013 l’a rappelé, l’École privée catholique a une mission : évangéliser. C’est cela son "caractère propre" et son projet éducatif. C’est une institution de l’Église, l’État n’a pas à la financer.

 

FONDS PUBLICS EXCLUSIVEMENT A L’ÉCOLE DE LA RÉPUBLIQUE !
 

NON A LA DISLOCATION DE L’ENSEIGNEMENT PUBLIC PAR LA MISE EN PLACE
DE PROJETS TERRITORIAUX ET PAR LA RÉFORME DES COLLÈGES !


POUR RESTER PUBLIQUE ET LAÏQUE, L’ÉCOLE DOIT RESTER NATIONALE !

 

Les décrets Peillon-Hamon mettent l’Ecole publique sous la tutelle des élus locaux, des groupes de pressions politiques, économiques et permettent l’entrée des associations, y compris à caractère religieux, dans les écoles !

 

L’École publique, comme la République, est une, indivisible et laïque !

OUI AUX PROGRAMMES ET DIPLÔMES NATIONAUX !

 

La laïcité, la défense de l’École publique vivent dans la conscience des citoyens.


La Libre Pensée n’a pas renoncé au combat pour l’abrogation de la loi Debré.

Pour la Libre Pensée, le Serment de Vincennes,

«Nous sommes 10 813 697 faisant le serment solennel :

 - de manifester en toutes circonstances et en tous lieux leur irréductible opposition à cette loi contraire à l’évolution historique de la Nation ;

- de lutter sans trêve et sans défaillance jusqu’à son abrogation ;

- et d’obtenir que l’effort scolaire de la République soit uniquement réservé à l’École de la Nation, espoir de notre jeunesse »


ainsi que la pétition laïque avec les 11 millions de signataires sont toujours d’actualité.

 

Le Congrès national de la Libre Pensée réuni à Creil en août 2015 appelle toutes les fédérations
 

  • à amplifier toutes les dispositions pour assurer le succès de cette manifestation nationale
  • à faire connaitre publiquement et largement le montant des détournements de fonds publics pour l’enseignement privé catholique
  • à rassembler dans l’union la plus large les laïques et leurs associations
  • à faire converger vers Paris, le 5 décembre 2015, tous les partisans de l’abrogation de la loi Debré et de la défense de la loi de 1905.

 

Tous à Paris, le 5 décembre 2015 :

Pour la défense de la loi du 9 décembre 1905 !

Fonds publics exclusivement à l’École publique !

Pour l’abrogation de la loi Debré !

 

 

MANIFESTATION NATIONALE

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 7 Juin 2015

Le Congrès départemental de la Libre Pensée réuni le 6 juin 2015 considère que l’affichage par l’évêché d’une publicité sur les murs de la cathédrale du Mans (bâtiment dont l’Etat est propriétaire) constitue une atteinte à la neutralité d’un bâtiment public, telle qu’elle est définie par la loi de 1905.

Le congrès demande aux pouvoirs publics d’intervenir pour que cette publicité disparaisse de l’espace public dans les plus brefs délais.

Photographie tirée du maine Libre

Photographie tirée du maine Libre

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 7 Juin 2015

Motion n°1 du congrès de la fédération sarthoise de la Libre pensée – 6 juin 2015

adoptée à l'unanimité

 

Réunis le 6 juin 2015 en congrès, les adhérents de la Libre pensée de la Sarthe ont fait le point sur leur campagne pour l’abrogation de la loi Debré.

 

Ils se félicitent de l’écho important rencontré par la pétition nationale exigeant l’abrogation de la loi Debré de 1959 de financement de l’enseignement privé par l’état.

 

Alors que l’article 2 de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, loi dont nous célébrons cette année le 110ème anniversaire affirme que l’Etat « ne reconnait, ne subventionne ni ne salarie aucun culte », La Loi Debré constitue la matrice de tout l’arsenal de lois anti-laïques qui l’ont suivie. Elle contraint, au mépris de la loi de 1905, au subventionnement des cultes via le financement public des écoles privées confessionnelles.

Chaque année, ce sont 10 milliards d’euros de fonds publics qui sont détournés au profit de l’Église catholique et de ses œuvres !

  • Pour la région des pays de la Loire, et pour la seule année 2014 « la région a versé 114 233 213 € aux établissements privés et 1 996 209 € » aux associations liées à l’enseignement privé soit un total de 116 229 971 euros ! Chaque année les mêmes délibérations sont reprises. Depuis le début de l’année 2015, on compte déjà 95 545 839 € versés à l’enseignement privé.
  • Le budget de la ville du Mans pour l’année 2015 nous apprend que la commune donne 404 000€ aux écoles maternelles privées ainsi que 630 000€ aux écoles élémentaires privées !
  • Dans le relevé de décision de la commission permanente du conseil général datée du 23 février 2015 on peut lire en point 13 « Soutenir l'enseignement Privé ; Il est proposé à la Commission permanente de répartir : - le forfait d'externat collèges privés part personnel entretien à hauteur de 1 886 801 €, […] - Accord de la Commission Permanente. »

Ce subventionnement permis par la loi Debré, prolongé et aggravé par les lois Rocard, Astier, Guermeur les accords Lang-Cloupet, doit cesser ! Les lois anti-laïques à commencer par la loi Debré doivent être abrogées !

A cela s’ajoute des subventions plus discrètes. Dans le journal Ouest France du 13 février 2015, on apprenait ainsi qu’une députée de la Sarthe attribuait une partie de sa réserve parlementaire à l'APEL de l'école Notre-Dame-Saint-Joseph… Quand une conseillère départementale, pour sa part, attribue en 2015 une partie de sa dotation « sports et culture » à des Organismes de gestion d’écoles privées.

Fidèles au serment de Vincennes adopté, au nom des 10 813 697 signataires de la pétition pour l’abrogation de la loi Debré, lors de la manifestation du 16 juin 1960, la Libre Pensée réaffirme son attachement au principe : Fonds publics à l’école publique ! Fonds privés à l’école privée !

 

La politique visant à développer l’enseignement privé confessionnel sur l’ensemble du territoire via les milliards de fonds publics versés à ses établissements s’est accompagnée dans le même temps de nombre de lois et mesures qui ont mis à mal l’enseignement public laïque.

Aujourd’hui, l’école de la République est à nouveau menacée par un train de nouvelles réformes dans le cadre de la loi Peillon dite « de refondation de l’école ».

Celles-ci ont comme caractéristiques communes de remettre en cause le cadre national des programmes et des diplômes, de promouvoir l’autonomie des établissements, chacun se dotant de son projet pédagogique propre (à l’image des écoles privées) dans le cadre d’un projet éducatif territorial.

 

En maintenant et en renforçant la loi Debré les gouvernements successifs de tout bord, démolissent l’école laïque, gratuite, publique et obligatoire.

Ainsi en est-il de la réforme du collège imposée de force par le gouvernement le soir même de la manifestation du 19 mai des enseignants. Cette réforme réduit les horaires des enseignements disciplinaires, en supprime certains, laisse à chaque établissement le soin de la mise en place d’enseignements ou d’activités différents dans le cadre des EPI représentant prés de 20% du temps scolaire….

 

Ainsi en est-il de la réforme des rythmes scolaires dans le 1er degré qui disloque l’organisation du temps scolaire différente d’une école à une autre, d'une commune à une autre, alourdit la journée scolaire, crée la confusion entre scolaire et péri-scolaire, et remet en cause l’égalité républicaine ; les activités dites péri-éducatives étant fonction des moyens dont disposent les communes et qu'elles veulent bien "investir".

Sur certaines communes le fait est que ce temps est devenu payant et sans contrôle autre que celui de la mairie ; toute association postulante peut se voir donner le droit d'intervenir auprès des élèves sans plus de contrôle. Qu'en va-t-il de l'égalité quand dans une commune on organise un jeu de ballon et que dans l'autre on mette en œuvre des projets artistiques subventionnés avec intervention de plasticiens ?

 

Dans ce contexte, la fédération sarthoise de la Libre Pensée apporte son soutien aux enseignants qui dans leur immense majorité rejettent ces réformes .et en demandent le retrait

 

Elle invite tous les défenseurs de la laïcité de l’école et de l’Etat à participer à la manifestation organisée par la Libre Pensée le samedi 5 décembre 2015, à Paris, pour exiger l’abrogation de la loi Debré.

Défendre l'école publique

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 3 Mai 2015

Nouvelle victoire de la Libre Pensée :
Le Tribunal administratif de Rennes ordonne le déplacement du monument Jean-Paul II et sa croix qui sont sur une place publique de Ploërmel

La Fédération de la Libre Pensée du Morbihan a engagé une action pour la défense de la loi de 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat, qui en son article 28 interdit, à partir de la promulgation de la loi, l’érection de tout emblème religieux dans des emplacements publics.

En effet, le maire de Ploërmel a fait ériger une monumentale statue du pape Jean-Paul II sur une place publique, surmontée d’une croix de 10 m de haut, en violation flagrante de l’article 28 de cette loi. Comme pour la question des crèches chrétiennes, la Libre Pensée a saisi les juridictions administratives pour faire cesser cette violation de la loi.

Le Tribunal a donné raison à la Libre Pensée

Depuis, tout ce que compte la réaction la plus noire et cléricale en Bretagne vitupère contre la Libre Pensée. Ainsi, sur le site Breizatao, on peut lire ceci : « Statue du Pape à Ploërmel : le demi-juif polonais Pierrick Le Guennec et la Libre Pensée (trotskyste) veulent la faire disparaître. »

Sous une photo de notre camarade, cerclé de rouge comme pour désigner une cible pour un tir au fusil, on lit : « Le demi-juif polonais Pierrick Le Guennec, cadre de la Libre Pensée, une organisation trotskyste liée au Grand Orient de France »

Cela pourrait prêter à rire, car ce genre de délire relève plus de la médecine que de la politique. Mais comment ne pas se rappeler que ces gens-là ont indiqué « qu’un vent de liberté a soufflé sur la Bretagne entre 1940 et 1944 », période où la Bretagne, comme le pays tout entier était occupée par les troupes de l’Allemagne nazie. Ce « vent de liberté » a conduit un grand nombre de Breiz Atao à revêtir l’uniforme noir de la Milice de Darnand, pour les uns et l’uniforme vert de gris des Feldgrau pour les autres.

 

Totalitaire et antisémite un jour, totalitaire et antisémite toujours !

Tous ceux qui ont pris position contre les actes, attentats et déclarations antisémites du début de l’année sauront faire de même dans l’affaire de ces menaces de Breizatao et apporteront l’expression de leur solidarité à la Libre Pensée et à son représentant ici clairement désignés.

La Libre Pensée entend, plus que jamais, tout entreprendre pour la défense inconditionnelle de la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat de 1905. C’est pourquoi, elle organise une manifestation nationale laïque, à laquelle elle invite à participer tous les laïques partisans de la défense de la loi de 1905 qui, en instituant la Séparation des Eglises et de l’Etat, garantit notamment la liberté de conscience et d’expression de tous les citoyens.

Le samedi 5 décembre à 15 H

Place de la République à Paris

Pour l’abrogation de la loi Debré !

Pour la défense de la loi de 1905 !

Paris le 3 mai 2015

 

 

Statue du Pape à Ploërmel : Le demi-juif polonais Pierrick Le Guennec et la “Libre Pensée” (trotskiste) veulent la faire disparaître

Le demi-juif polonais Pierrick Le Guennec, cadre de la “Libre Pensée”,

organisation trotskyste liée au Grand Orient de France (breizatao.com)

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 29 Avril 2015

Le 28 avril 2015, le conseil municipal de la Chapelle-Gaugain a renommé la place de la Poste en place des « sœurs franciscaines, servantes de Marie ». A cette occasion, une cérémonie, une visite de l’Eglise et un vin d’honneur étaient organisés sous l’égide de la municipalité et en présence des évêques de Blois et du Mans.

Une nouvelle fois, la laïcité est bafouée par des élus qui apposent un nom religieux sur une place publique avec la complicité des autorités religieuses. Les libres penseurs et les laïques s’interrogent également sur la confusion entre une cérémonie religieuse et une manifestation municipale officielle.

 

Libre Pensée de la Sarthe

Le Mans, le 28 avril 2015

 

 

 

ci dessous  ; article extrait de l'Echo de la vallée du Loir

Respect de la Laïcité à la Chapelle Gaugain !

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Publié le 14 Février 2015

Le 13 février 2015

Libre Pensée

Fédération de la Sarthe

Maison des Associations

Rue d’Arcole

72000 Le Mans

 

 

 

Madame la Préfète

 

 

La presse et les médias ont relaté votre participation à l’ inauguration de la mosquée de Sablé le 5 février 2015.

La Fédération départementale de la Libre Pensée considère que votre présence ainsi que celle du sous-préfet et du Maire de Sablé constitue une atteinte au régime de séparation des Eglises et de l’Etat établi par la loi du 9 décembre 1905.

En effet, le principe fondamental de cette loi est la garantie, pour chaque citoyen, de l’exercice de la liberté absolue de conscience dont découle le libre exercice des cultes. A cette fin, la loi interdit à l’Etat de reconnaître, de salarier ou de subventionner les cultes. La religion est ainsi devenue une affaire strictement privée. Les citoyens ont donc le droit de croire ou de ne pas croire, mais la République, le gouvernement, la région, le département comme la commune ne peuvent reconnaître des communautés religieuses ni promouvoir des religions sous quelque forme que ce soit.

L’inauguration d’un lieu de culte (en l’occurrence ici d’une mosquée) relève de ceux qui se reconnaissent dans ce culte : les représentants de la République (Préfet et élus) n’ont pas à y participer .

Le Préfet a pour rôle de faire respecter les lois, il est le garant de l’Etat et des valeurs de la République dont la laïcité ; la neutralité s’impose donc à sa fonction.

« Je veux l’Etat chez lui et l’Eglise chez elle » avait déclaré Victor Hugo dans son discours contre la loi Falloux en 1850. Aujourd’hui cette exigence est plus que jamais d’actualité.

Après les meurtres odieux de janvier et la tentative d’utiliser la journée d’émotion nationale du 11 janvier pour la dévoyer, la Libre Pensée s’inquiète de l’institutionnalisation des religions comme représentants des citoyens.

Reconnaître le communautarisme, addition d’intérêts religieux particuliers, est la négation de la concorde civile entre citoyens libres et égaux en droits.

La République n’est ni chrétienne, ni juive, ni musulmane ou libre penseuse, elle est laïque.

Les représentants de l’Etat et les élus de la République doivent respecter la législation en vigueur.

Veuillez agréer, Madame la Préfète, l’expression de nos salutations républicaines et laïques.

 

Pour la fédération Libre Pensée 72

Le Président : Hansi Brémond

Le Vice-Président : Gérard Désiles

image Maine Libre

image Maine Libre

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Publié le 12 Février 2015

Une victoire de plus de la Libre Pensée en faveur de la loi de 1905 !

 

Communiqué de La Fédération de Haute-Savoie de la Libre Pensée

 

* * *

Vierge de PUBLIER : une victoire de la laïcité !

Le Tribunal Administratif condamne la Commune et son Maire

 

Les juges ont dit le droit. Ils ont donné raison à la Libre Pensée. C'est une victoire de la laïcité. C'est une victoire de la liberté de conscience des citoyens. En effet, la République n'est pas catholique, pas plus qu'elle n'est  protestante, ni juive, ni musulmane, ni bouddhiste, ni multi-confessionnelle, ni même athée. Elle est tout simplement laïque. Comme le disait fort bien le libre penseur Victor Hugo «  l’État chez lui, l’Église chez elle »

 

La Libre Pensée est à l'origine avec Ferdinand Buisson, Aristide Briand et Jean Jaurès, du vote de la Loi de Séparation des Églises et de l’État de 1905. Celle-ci abroge le Concordat bonapartiste et garantit la liberté de conscience des citoyens.

 

Article 1 La République assure la liberté de conscience …

Article 2 La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte...

 

Le Tribunal Administratif de Grenoble, au nom du Peuple français,

  • « considérant qu'aux termes de l'article 28 de la Loi du 9 décembre 1905 : « « Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions »

 

  • « Considérant que la statue de la Vierge portant l'inscription « Notre Dame du Léman veille sur tes enfants » constitue un emblème religieux ; qu'il est constant que le terrain sur lequel elle a été édifiée est un parc public ; que dès lors… la commune ne pouvait légalement autoriser l'installation de cette statue sur le domaine public communal »
  • « décide d'annuler les décisions en date du 7 novembre 2011 par lesquelles le Maire de PUBLIER  a refusé de déplacer la statue de Notre Dame du Léman en dehors du domaine public communal »

 

Mr Gaston Lacroix confond sa charge de Maire de la Commune et la mission pastorale d'homme d'Eglise.  Il bafoue la liberté de conscience des citoyens. N’a-t-il pas déclaré dans le Dauphiné Libéré du 14/08/11 « Cette Vierge est un repère dans une société qui n’en a plus ». Depuis quand un Maire de la République utilise-t-il sa fonction pour indiquer aux citoyens les repères qu’ils doivent avoir ? Est-il de la compétence d'une Commune d'indiquer qu'un dieu ou une déesse existe et d'en faire la promotion avec l'argent du contribuable ?

 

En 2011, Mr Lacroix a été contraint par l'action des libres penseurs, des laïques et du Sous-Préfet de Thonon représentant l’État de rembourser à la commune les 34 846,50 € qu’il avait pris indûment sur les deniers publics, sans consultation préalable du Conseil municipal. L’Église catholique a alors racheté la statue.

 

Aujourd'hui, après cette décision de justice, Mr Gaston Lacroix, s'il est républicain et respectueux des lois comme devrait l'être un Maire, doit  procéder à l'enlèvement de cette statue.

 

S'il ne le fait pas, la Libre Pensée s'adressera au Préfet de la Haute-Savoie et mènera campagne. Elle en appellera à la mobilisation de tous les citoyens et des organisations se réclamant de la laïcité.

 

 

Annemasse, le 4 février 2015

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Publié le 21 Janvier 2015

Est-ce l’Epiphanie qui fait son effet et les rois mages chargés de cadeaux et d’épices qui ont convaincu les représentants des cultes reconnus et aussi ceux de l’Islam de réclamer, le 6 janvier 2015, l’abrogation du délit de blasphème en Alsace-Moselle parce qu’il serait « obsolète » ?

Rassurez-vous, il n’est pas demandé de l’abroger dans la plupart des pays de l’Union européenne où ce délit moyenâgeux s’applique encore comme, par exemple, en Allemagne, Autriche, Italie, Espagne et dans certains pays du Nord.

Il n’est pas question non plus d’abroger le statut clérical d’exception d’Alsace-Moselle où les ministres des cultes reconnus sont des fonctionnaires payés sur les fonds publics pour un budget annuel de 59 millions d’euros, pensions comprises.

Pas question non plus de soutenir le Conseil général de la Guyane qui a décidé de ne plus rétribuer les 26 prêtres et l’Evêque sur les fonds publics pour un montant annuel de 800 000€.

La Fédération nationale de la Libre Pensée est pour l’abrogation du délit de blasphème partout où il sévit et pour que la Loi de 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat s’applique sur tout le territoire de la République.

Mais de quoi s’agit-il au juste dans cette affaire ?

Il ne faut pas être grand clerc pour voir la manœuvre qui se dessine derrière cette demande d’abrogation. Sans doute la crainte de voir l’Observatoire de la laïcité demander la fin de cette anomalie antirépublicaine et antilaïque et aussi celle de l’action renforcée de la Libre Pensée pour la défense de la loi de 1905, ne sont pas étrangères à cette curieuse proposition émanant des religions.

Il s’agit de supprimer d’un côté le délit de blasphème pour mieux garder de l’autre l’essentiel :

- Le concordat bonapartiste de 1801 et les Actes organiques

- L’intégralité de la loi Falloux de 1850

- Les lois allemandes du temps de l’annexion qui sont favorables aux cultes.

En vertu du statut clérical d’exception d’Alsace-Moselle, l’enseignement des religions est obligatoire (sauf dispense à demander) dans l’Ecole publique qui n’est pas laïque. La loi Falloux de 1850 s’applique intégralement. Celle loi qui faisait dire au grand Libre Penseur Victor Hugo : « C’est l’œuvre du parti clérical qui a mis un jésuite partout où il n’y avait pas un gendarme. »

Il n’y a quasiment pas d’écoles privées catholiques en Alsace-Moselle, car c’est l’Ecole publique qui fait office d’école religieuse. Demander l’abrogation du délit de blasphème ne coûte pas grand-chose quand la jurisprudence l’a rendu quasiment inexistant, même si ce délit a une très grande force symbolique que l’on ne peut nier.

Certains utilisent l’émotion légitime qui s’est exprimée contre les massacres de 17 victimes de la barbarie la plus sauvage pour tenter de remettre les religions en selle au nom de « la tolérance et du respect ». Et ceci au moment même où le pape vient, dans deux déclarations, de condamner le blasphème et l’offense aux religions et d’en justifier la répression.

N’est-ce pas le sens de l’union sacrée des religions avec le gouvernement qui s’est manifestée dans le cortège de tête de la manifestation du 11 janvier 2015 à Paris ?

Au nom de « la connaissance de l’autre » et du « vivre ensemble », on identifie la cohabitation des citoyens dans leur diversité et dans leur commun attachement à la République, avec la mise en valeur des communautés, notamment religieuses. Dans cette affirmation le citoyen « d’origine musulmane » est attaché à vie à sa religion d’origine, ses « racines » diront certains. Il est musulman et il doit le rester. Et cela s’applique à toutes les « communautés « réelles ou supposées, communautés que l’on cherche à institutionnaliser dans ce pays.

On ne peut s’extraire de ce contexte pour comprendre réellement les choses dans cette affaire de délit de blasphème

En effet, la présence de chefs religieux et de responsables politiques dans le cortège de tête constitue une opération politique étrangère à l’objectif initial de la manifestation. Cette opération vise à substituer à terme le dialogue interreligieux, le communautarisme à la laïcité, à la Séparation des Eglises et de l’Etat !

Il s’agit visiblement de préserver le concordat et de l’étendre à l’Islam. Sinon, comment comprendre que l’Islam a été associé à cette demande, alors que cette religion n’est pas reconnue en Alsace-Moselle ?

Des voix s’élèvent, ici ou là, pour présenter le Statut clérical d’exception d’Alsace-Moselle, non comme une exception, une anomalie, mais comme un modèle à exporter dans toute la France. D’ailleurs, l’Acte III de la décentralisation au nom du « droit à l’expérimentation » permettra cela.

C’est le modèle de l’Union européenne et de son Traité constitutionnel qui, par son Article 17-C, reconnaît les religions comme des partenaires officiels et institutionnels des institutions européennes et qui en fait ainsi des co-législateurs.

Il y a fort à parier que cette manœuvre politico-religieuse n’est en rien une sortie du concordat, mais, bien au contraire, le moyen de le maintenir.

 

La Fédération nationale de la Libre Pensée ne participera pas à cette opération d’enfumage

Elle exige l’abrogation totale du Statut clérical d’exception d’Alsace-Moselle !

 

Paris, le 19 janvier 2015

Les religions demandent l’abrogation du délit de blasphème en Alsace-Moselle : Bizarre, bizarre ? … Vous avez dit bizarre ?….

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 13 Décembre 2014

Nous publions un article de 2009 en soutien à nos camarades de Vendée !

 

La lecture de la presse cléricale en Vendée est édifiante. Quand le pouvoir faiblit dans l’application de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, l’Eglise s’engouffre dans ces failles et avance dans sa stratégie de conquête globale de la société.

Ainsi sous la IIIème République, le second gouvernement Blum puis le gouvernement Daladier en 1938, et donc toujours sous la Chambre issue des élections du Front Populaire, plusieurs cérémonies organisées en Vendée réintroduisent officiellement le crucifix dans les mairies, en totale violation de la loi de Séparation de 1905. En février 1938 par exemple, à Saint-Florent-des-Bois, le maire fait solennellement « entrer le Christ à la Mairie ». Revanche sur le Front Populaire ? La représentation politique en Vendée est foncièrement conservatrice. A part Achille Daroux, radical-socialiste élu de justesse en 1936, 5 des 6 députés y compris le comte Pierre de Chabot, conseiller général du canton des Herbiers qui succède au comte Jean de Suzannet dans la partielle de mars 1938, de même que les 3 sénateurs dont Léopold Robert (Jean Yole) illustrent cette vieille garde conservatrice. La droite est également majoritaire dans 20 cantons. Une fois la guerre déclenchée, les tentatives continuent (bien que l’on n’ait pas systématiquement recensé les cas de 1939 au début 1940).

C’est sous l’Occupation (toute la Vendée est située en zone occupée à partir de l’armistice du 22 juin 1940) et le Régime de Vichy (à partir du 10 juillet 1940), dans une connivence maréchaliste et pétainiste que les cérémonies s’accélèrent, avec la bénédiction de l’Eglise, Mgr. Garnier jusqu’en janvier 1940, le vicaire capitulaire du diocèse de Luçon Mgr. Massé jusqu’en 1941, Mgr. Cazaux ensuite. Le 27 août 1940, A. de la Bassetière, maire de La Mothe-Achard et conseiller d’arrondissement, entouré de son conseil municipal, organise une « grandiose cérémonie » pour « consacrer la commune au cœur de Jésus ». A Saint-Hilaire-de-Mortagne, fin janvier 1941, le maire de Livonnière, entouré de son conseil municipal, place le Christ « à la place d’honneur dans la salle de la mairie ». Certains maires ont déjà préféré démissionner plutôt que se soumettre au Régime. Jean Etoubleau, instituteur honoraire, maire de Beauvoir-sur-mer en août 1940 par exemple d’après La Voix de la Vendée. D’autres ont été démis de leurs fonctions tandis que toutes les instances démocratiques sont suspendues. La République parlementaire, ses institutions, sa constitution ont disparu au profit d’un « Etat Français », régime autoritaire, hiérarchique et personnel, réactionnaire, clérical et corporatiste. La loi du 12 octobre 1940 suspend les conseils généraux. Une nouvelle loi municipale le 17 novembre 1940 modifie les conditions de désignation des maires. Plus d’élections, plus d’assemblées parlementaires…Sénateurs et députés disparaissent. A la place, le Régime de Vichy prône des institutions à sa botte tandis que la constitution promise et rédigée n’est jamais promulguée. Une chambre consultative dite « Conseil national » (qui siège de mai 1941 à avril 1942) sans véritable pouvoir, est instaurée (loi du 24 janvier 1941) ; les membres sont nommés par le Maréchal Pétain. L’ancien sénateur Léopold Robert, maire de Vendrennes y est désigné. A la place des conseils généraux, « définitivement » supprimés en août 1942, le gouvernement crée des commissions administratives, composée de notables. De janvier 1941 à mars 1943, Jean de Tingy du Pouët, ancien député, ancien conseiller général et président du conseil général, maire de Saint-Michel-Mont-Mercure, préside cette commission en Vendée, puis le conseil départemental qui y succède en mars 1943. En 1941, il y a déjà des municipalités mises sur la touche en Vendée. D’après Gérard Nocquet, dans 9 communes de moins de 2000 habitants, le préfet procède à la révocation de deux maires, d’un adjoint et de neuf conseillers municipaux. Ce sont les préfets alors dotés de pouvoirs élargis qui, par arrêté, prononcent ces changements. Par exemple, en mars 1941, le préfet Gaston Jammet arrivé en octobre 1940 (le précédent étant démis), nomme à Fontenay-le-Comte (Roger Guillemet, maire), Luçon (Gaston Gibau, maire), au Boupère, à Pouzauges (Charles Mignen, maire), à Saint-Michel-en-L’Herm, à La Roche-sur-Yon (Léon Tapon, maire) ou à Saint-Jean-de-Monts, tout ou partie des conseils municipaux. Au Poiré-sur-Vie, le nouveau maire J. Dugast, installé en avril 1941, organise immédiatement une cérémonie bien orchestrée. La croix bénie portée à la Mairie en procession illustre bien l’allégeance cléricale. Même chose à Chavagnes-en Paillers où, « le soir de Pâques, à l’issue des Vêpres, le crucifix a été solennellement intronisé en notre nouvelle mairie ». Le nouveau maire, le vicomte Gilbert de Guerry de Beauregard ( fils ), et son conseil, installent eux aussi le christ « à la place d’honneur, dans la salle des délibérations et des mariages ». Confusion soigneusement entretenue entre la paroisse et la commune…Il est vrai que la plupart des édiles et donc des élites vendéennes se retrouvent pleinement dans les valeurs de l’Ordre Nouveau, de la Révolution Nationale. Pour certains nostalgiques de l’Ancien Régime, le pouvoir réintroduit un projet de découpage administratif en provinces, les satisfaisant pleinement. Tout autant que la remise en cause de la laïcité scolaire avec la réforme de l’enseignement, la révision des manuels scolaires, la suppression des Ecoles Normales d’instituteurs saluée comme « la mort de l’esprit primaire », la liberté d’enseignement rendue aux congréganistes, la réintroduction de l’enseignement religieux à l’école primaire et les subventions largement accordées aux écoles dites « libres ». De nombreux conseils municipaux avaient d’ailleurs anticipé en finançant très largement ces écoles.

A partir de 1942, surtout d’avril 1942 avec le retour de Laval aux affaires, « rester en sa mairie ou être nommé dans un conseil départemental revient à s’associer explicitement au Régime, en soutenant symboliquement sa ligne, en l’aidant à accomplir ses basses œuvres » (Olivier Wieviorka, Les orphelins de la République, Seuil 2001), en ce qui concerne la chasse aux juifs ou les requis du STO (service du travail obligatoire) par exemple. En 1942, à Sainte-Flaive-des-Loups, Mgr. Cazaux préside la cérémonie d’ installation du crucifix : « On a voulu enlever le Christ à la France. Mais la France peut-elle être la France sans le Christ ? A la Mairie dorénavant, nos regards rencontreront les deux symboles qui doivent nous entraîner : le Christ et le Maréchal, Dieu et la Patrie ». Et ce ne sont là que quelques exemples, la liste est loin d’être exhaustive…

Il y eut aussi des cérémonies d’intronisation « du Christ à l’usine » dans le cadre de la collaboration des classes prônée à l’époque, avant même la proclamation de la Charte du Travail (loi d’octobre 1941) et les syndicats uniques (août 1942). Le Régime a dissous les associations, les confédérations syndicales dès 1940 . Le 1er décembre 1940, patrons et ouvriers participent à La Verrie, à la bénédiction des nouveaux bâtiments de l’usine de chaussures Vigneron frères. Le directeur ne manque pas d’exalter « la grande famille de l’usine » . Le crucifix placé dans les ateliers, les ouvriers pourront lui consacrer leur travail. Mais il est vrai qu’il s’agit là d’un cas différent du « Christ à la Mairie » puisque ce sont des bâtiments privés alors que la Mairie est le symbole de la citoyenneté républicaine.

A la Libération, la plupart de ces intrusions de crucifix dans les mairies ne semble pas avoir été remises en cause. Des conseils municipaux et des maires ont subi l’épuration (suspensions, inéligibilité…), peu somme toute d’après les travaux de Yves Hello et de Gérard Nocquet. Sur 306 communes, 214 municipalités furent maintenues, 26 furent suspendues, 66 firent l’objet d’une suspension à l’encontre d’un ou de plusieurs membres. Quant aux maires, 66 sont suspendus. Par exemple, le maire de Chavagnes-en-Paillers cité subit l’inéligibilité (jury d’honneur du 23 juin 1945) ; l’ancien sénateur Raymond de Fontaines, maire de Bourneau, est suspendu de ses fonctions de maire le 17 octobre 1944. Le maire de Saint-Michel-Mont-Mercure, Jean de Tinguy du Pouët n’est pas relevé de son inéligibilité, pas plus que Jean Yole, maire de Vendrennes de 1933 à 1945. La presse à la Libération : La Vendée Libre par exemple se fait l’écho de ces mesures, bien modérées.

La confusion entre paroisse et commune demeure, parfois entretenue par les maires jusqu’à la fin du XXème …dans une trentaine de communes (pendant longtemps à Saint-Vincent-sur-Graon, Sainte-Flaive-des-Loups ou à Saint-Florent-des-Bois par exemple…) ! D’aucuns maintiennent ces pratiques, s’abritant derrière le prétexte du respect des mentalités locales, d’autres croient détourner le problème en plaçant « personnellement » le crucifix dans leur bureau… La Libre Pensée en Vendée a participé en 1999 avec le CVLM (Comité vendéen pour une laïcité militante) et « Une Vendée pour tous les Vendéens » à une campagne pour demander aux maires en délicatesse avec la loi de Séparation de retirer les crucifix de l’espace public, position également défendue par la Ligue des Droits de l’Homme. Car dénoncer ne suffit pas, il faut faire respecter la loi de Séparation de même qu’il faut supprimer tous les héritages malsains de cette législation vichyste, la loi du 25 décembre 1942 par exemple, qui a modifié l’article 19 de la loi de Séparation permettant de subventionner certains « lieux du culte public ».

Florence Regourd

 

Quand les crucifix rentraient dans les mairies…

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #laïcité

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