Publié le 26 Janvier 2011

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En ce moment, beaucoup de responsables politiques, venus de tous les horizons, clament haut et fort qu’ils sont les chevaliers blancs de la défense de la laïcité lorsqu’apparaît au coin de la rue un fidèle musulman peu enclin à la discrétion ou une femme voilée. Leur zèle bruyant à contester la liberté de conscience, y compris en exerçant leur office de législateur, n’a d’égal que leur silence face aux atteintes véritables à la laïcité.

À la demande de l’aumônier de cette arme, le 18 mai 1962, le pape Jean XXIII a publié un bref par lequel il a placé la gendarmerie sous la protection de Sainte-Geneviève. Seule la jeune fille pure qui rendit la vue à sa mère après s’être signée au-dessus d’un seau d’eau et soutint vaillamment le moral des Parisiens, au Vème siècle, devant la possible arrivée des Huns pouvait devenir la « patronne céleste de Dieu » de la maréchaussée. Forts de cet éminent patronage, en présence des autorités de l’État et souvent des élus locaux, les gendarmes fêtent dignement Sainte-Geneviève en se rendant à la messe, sur ordre du commandement, pendant le temps de service et en tenue. Or, cette pratique, que d’aucuns qualifieraient d’anodine coutume française, est parfaitement illégale. Aux termes de l’article L. 4121-2 du code de la défense, auquel les gendarmes sont soumis, « Les opinions ou croyances, notamment philosophiques, religieuses ou politiques, sont libres. Elles ne peuvent cependant être exprimées qu’en dehors du service et avec la réserve exigée par l’état militaire. Cette règle s’applique à tous les moyens d’expression. […] » Les gendarmes qui souhaitent pratiquer un culte peuvent donc le faire, y compris dans les enceintes militaires desservies par l’aumônerie des armées, mais avec discrétion et en dehors du service. Leur qualité d’officiers de police judiciaires devrait d’ailleurs les astreindre à la plus grande réserve.


Du képi à la crèche

De même, nombreux sont les édiles qui autorisent des occupations temporaires du domaine public pour y installer des crèches de Noël, voire utilisent le personnel municipal pour les édifier. Là encore, des laïques d’opérette, plus à l’aise avec les nostalgiques de Vichy qu’avec les défenseurs des droits de l’homme et de la liberté de conscience, y voient une innocente tradition française. En vérité, les décisions des maires ou des conseils municipaux autorisant l’installation de crèches sur le domaine public enfreignent gravement la Loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Églises et de l’État dont l’article 28 dispose qu’« il est interdit […] d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant aux cultes, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. » Sur requête de l’ancien maire de la commune de Montiers (Oise), scandalisé par l’installation d’une crèche de Noël en contrebas de l’église et tout près du monument aux morts, le tribunal administratif a annulé la décision d’octobre 2008 d’édifier un tel signe religieux, le 1er décembre 2010. En dépit de la sanction du juge, l’actuel maire de Montiers a maintenu la crèche de Noël 2010. Cette violation volontaire des lois de la République par un élu est inacceptable.


Avec la Libre Pensée :

Agissons pour faire respecter la loi de 1905


Paris le 16 janvier 2011

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Publié le 26 Janvier 2011

Communiqué du 24 janvier 2011


Loin des clichés véhiculés par les lobbies liberticides pro-life, une loi laïque de liberté, une loi du choix

Le président de la Libre Pensée, Marc Blondel, le président de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité, Jean-Luc Romero, le président du Comité Laïcité-République, Patrick Kessel, appellent les sénateurs à voter, mardi 25 janvier 2011, en faveur de la proposition de loi relative à l’assistance médicalisée à mourir dans la dignité présentée par la commission des affaires sociales du Sénat.

Cette proposition de loi, si elle était votée, permettrait aux Français – comme aux Néerlandais depuis 2001, aux Belges depuis 2002, aux Luxembourgeois depuis 2009 – de bénéficier d’un véritable choix lorsque la mort est là, inéluctable. Le choix de bénéficier d’un accès universel aux soins palliatifs, qui n’existent dans notre pays que de manière très partielle (15% à 20% seulement des personnes qui devraient en bénéficier – rapport IGAS 2010) ou le choix de bénéficier d’une aide active à mourir, pour ceux qui préfèrent décider en conscience, de manière lucide et réitérée, du moment où devra intervenir la fin.

Puisque la loi du 22 avril 2005 dite loi Leonetti permet déjà de hâter la mort, il faut légiférer pour que le patient et lui seul prenne la décision – et non son médecin ou ses proches – et pour que la mort arrive dès que l’acte médical est exécuté alors qu’il n’intervient aujourd’hui – dans le cas d’une sédation terminale – qu’aux termes de plusieurs jours de souffrance abominables et inutiles, voire plusieurs semaines.

Aux sénateurs, nous disons qu’il faut changer la loi pour faire cesser les hypocrisies qui causent bien souvent trop de drames dans notre pays, pour une loi du « mourir librement » pour ceux qui le souhaitent et le demandent.

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #communiqués nationaux

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