Articles avec #liberte de conscience et de corps tag

Publié le 4 Mars 2017

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Egalité, #liberté de conscience et de corps

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Publié le 15 Octobre 2016

Régulièrement nous publions sur le blog d'anciens articles de notre bulletin départemental. Ce dernier est un témoignage publié en janvier 2016.

 

J’ai grandi dans une famille de tradition catholique, croyante mais pas très pratiquante. Comme plein d’enfants de mon âge, je suivais des cours de catéchisme le mercredi après-midi et j’allais de temps en temps à l’église le dimanche. Je n’ai jamais trouvé cela très passionnant mais je n’avais pas trop le choix.

J’ai célébré ma première communion, ce qui m’a donné droit à une grande fête en mon honneur avec toute ma famille et plein de cadeaux. Après cela, je suis arrivée à un âge où mon esprit critique s’est développé, je faisais plus attention à ce qui était dit au catéchisme et interrogeait intérieurement ces enseignements qui contredisaient ce qu’on m’apprenait en cours d’histoire. J’en suis arrivée à la conclusion que je ne croyais pas du tout à ce fameux « Dieu », cet être un peu surnaturel dirigeant soi-disant l’univers dont on me parlait sans cesse.

J’étais alors en âge de célébrer ma profession de foi, gros dilemme. Soit je dis « Oui je crois en Dieu » et j’ai encore droit à une fête et à plein de cadeaux, soit je dis non et je n’y gagne rien du tout. Bien sûr, j’ai dit oui parce que quand même je n’ai pas supporté toutes ces années de catéchisme pour rien du tout. Et puis je n’osais même pas imaginer la déception de mes parents et des membres les plus croyants de ma famille si j’avais dit non.

Quelques années plus tard, je me suis retrouvée dans un lycée privé catholique, où on m’a à nouveau forcée à participer à des cours sur le catholicisme et à des messes. C’est dans ce lycée que pour la première fois, je suis tombée amoureuse d’une fille. C’est déjà pas évident de découvrir son homosexualité, mais dans une école qui prône les enseignements de la Bible « Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination », on n’ose pas trop en parler autour de soi. Comment vont réagir mes amis ? Et les autres élèves ? Puis-je me confier à un professeur ? Quels sont leur avis sur la question ? Puisqu’après tout ils ont choisi d’enseigner dans un lycée catholique. Au lycée, les relations sociales sont suffisamment compliquées, on n’a pas envie de se rajouter une éventuelle raison d’être rejeté. Résultat, je n’en ai jamais parlé à personne au lycée, pas même à la fille qui occupait mes pensées.

Par la suite, je suis allée dans une université privée catholique où le volet catholique n’était pas très contraignant. Toutes les cérémonies et autres rituels religieux étaient facultatifs, je n’y ai donc jamais assisté. J’ai suivi des cours de sciences humaines qui m’ont permis de relativiser et de me distancier encore plus des théories catholiques. Cependant, un évènement fâcheux m’a rappelé que je n’étais pas dans une université comme les autres. Le nouveau recteur, un catholique ayant eu différentes responsabilités au sein de l’Eglise, a invité M. Tugdual Derville, porte-parole de « La Manif pour Tous » à donner une conférence scientifique sur « L’écologie humaine » au sein de l’université. Au regard de l’attachement de M. Derville à l’association « Alliance Vita » qui fait partie du mouvement pro-vie et milite contre l’avortement et l’euthanasie, on se pose des questions quant au contenu scientifique de son intervention. C’est avec cette interrogation que ce sont rendus deux de mes camarades à sa conférence. Après que leurs questions adressées à M. Derville aient été censurées, ils ont été escortés vers la sortie par son service de garde où ils ont été violemment agressés.

Comme beaucoup de monde, j’ai été choquée par ces actes inadmissibles. Les idéologies politiques n’ont pas leur place à l’école, et les étudiants sont censés y être en sécurité quelles que soient leurs appartenances religieuses, politiques ou culturelles. Cet évènement, ainsi que le climat parfois hostile vis-à-vis des homosexuels dans lequel j’ai évolué depuis l’enfance m’a amené de nombreuses fois à me sentir mal à l’aise, pas à ma place, à cacher mon orientation sexuelle à mon entourage pour éviter les conflits, le rejet.

Sarah

 

Sarah, 24 ans, homosexuelle dans un environnement catholique

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #liberté de conscience et de corps

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Publié le 18 Janvier 2013

La campagne de l’épiscopat catholique en France, contre le projet de mariage pour tous, a clairement montré que l’Eglise catholique a jeté toutes ses forces pour tenter de faire échouer ce projet de loi gouvernemental. De la prière du 15 août 2012 dans les églises à la manifestation du 13 janvier 2013 à Paris, la Curie romaine s’oppose frontalement à l’aspiration égalitaire et démocratique concernant l’union librement consentie et contractée entre êtres humains.

Les Évêques, en utilisant le réseau de l’enseignement catholique privé, ont fait voler en éclat la supercherie de la loi Debré. Celle-ci avait prévu une « liberté de conscience » pour les élèves et les parents qui utiliseraient les services de l’enseignement privé sous contrat. Ce principe de liberté de conscience a été perverti par la loi Debré. Il était cependant la « pilule » nécessaire (la seule que n’ait jamais acceptée véritablement l’Eglise catholique) pour que les fonds publics se déversent massivement pour des écoles catholiques pratiquant le « caractère propre » catholique.

Le « caractère propre » de l’enseignement catholique est le catholicisme, ce qui est conforme aux missions des œuvres de l’épiscopat. Au risque de déplaire aux partisans de la « laïcisation et de la démocratisation » de l’Eglise, l’enseignement catholique est et demeure un outil majeur dans la volonté cléricale de ré-évangéliser la société et les Institutions. La manifestation du 13 janvier 2013 l’a simplement démontrée.

Les milliards versés sur les fonds publics sont donc une violation flagrante de la Loi de Séparation des Églises et de l’Etat du 9 décembre 1905 qui prohibe le financement public des cultes et des activités religieuses.


On ne peut trier le « bon grain » catholique de l’ivraie cléricale

C’est tout l’enseignement catholique qui s’est engagé, sous une forme ou sous une autre, pour assurer la mobilisation de cette manifestation réactionnaire. L’Épiscopat, tout entier, s’est mobilisé contre le mariage pour tous. Certains Évêques ont battu le pavé parisien, d’autres ont salué, d’autres encore ont prié pour son succès. Tous ont été des militants actifs de la cause catholique et cléricale. Et c’est bien normal, cela est conforme à leurs engagements. Il en est de même pour l’enseignement catholique considéré comme succursale. Le journal La Croix confirme, dans son édition du 14 janvier 2013, que le Vatican « a apporté un soutien discret mais déterminé à la stratégie mise en œuvre par l’épiscopat français face au projet de mariage homosexuel ».

La Fédération nationale de la Libre Pensée ne reproche pas à l’Eglise catholique d’agir pour ses intérêts et pour défendre ses positions. La Libre Pensée reproche, par contre, à l’Etat et aux Collectivités territoriales publiques de financer largement les activités religieuses, en subventionnant l’école de quelques-uns avec l’argent de tous, au mépris des lois laïques.

La Libre Pensée ne suivra pas les « accommodements » de « laïques » égarés qui réclament « une bonne application de la loi Debré » en supprimant les subventions publiques pour les seuls établissements catholiques trop marqués par leur catholicisme.


La défense de la Laïcité impose l’abrogation de la loi Debré !

Il s’agit là de la Démocratie, de la République et de l’application pure et simple des principes qui garantissent la laïcité de l’Ecole publique et de l’Etat.


Mariage pour tous, adoption des enfants,  Procréation Médicalement Assistée et Gestation pour autrui pour tous ceux qui le souhaitent ! C’est cela l’Egalité républicaine.


La Libre Pensée rappelle les termes de son communiqué du 21 novembre 2012. Elle est pour que tous ceux qui souhaitent s’unir civilement - quel que soit leur sexe - puissent le faire librement. En matière d’adoption, de Procréation Médicale Assistée : tous les couples doivent être égaux.

Il ne saurait être question de nier une évidence scientifique : un enfant se conçoit à partir d’un élément « mâle » et d’un élément « femelle ».

Mais l’Eglise catholique, et à sa suite, toutes les religions monothéistes, commettent un abus de droit en indiquant que cela induit qu’il doit y avoir obligatoirement un « père » et une « mère » pour former une famille. On ne peut déduire que le fait de nourrir, élever, instruire, éduquer un enfant, et le conduire à son émancipation, impose qu’on le réduise à la conception biologique de sa naissance.


On ne naît pas être humain, on le devient

C’est pourquoi la Libre Pensée se prononce favorablement pour la Gestation pour autrui pour tous les couples, quelle que soit leur composition, qui n’ont pas d’autres moyens pour avoir des enfants, dans les mêmes règles que celles pratiquées pour le don du sang et des organes. : aucune mercantilisation du corps et de ses éléments.

La Libre Pensée rappelle à l’Eglise catholique que la forme des familles n’a cessé d’évoluer au cours des siècles. Ce qui était vrai hier, ne l’est plus aujourd’hui. Il suffit de lire « Le Chevalier, la Femme et le Prêtre » de Georges Duby pour s’apercevoir que la forme, revendiquée aujourd’hui par l’Eglise, du couple et du mariage s’est imposée autour de l’an mille, à la demande des seigneurs féodaux, pour fixer le cheptel des serfs.

Avoir les yeux fixés sur le passé, comme le font les religions, c’est interdire aux générations futures de s’émanciper des contraintes passées. C’est la Réaction au sens littéral du terme.


La Libre Pensée appelle tous les démocrates, les laïques et les républicains à se mobiliser, sous les formes qu’ils décideront librement, pour mettre en échec les prétentions cléricales des différentes religions monothéistes.  

La Fédération Nationale de la Libre Pensée les assure de son soutien indéfectible.


Paris, le 17 Janvier 2013

 

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #liberté de conscience et de corps

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Publié le 17 Janvier 2013

 

Voici un article d'hansi publié dans le bulletin de la libre pensée de la sarthe de juillet 2012. Le prochain bulletin devrait paraitre ces jours ci.

 

Un policier New yorkais verbalise une cycliste l’accusant de conduire son deux roues en jupe, distrayant ainsi les automobilistes… (http://www.slate.fr/lien/39581/velo-jupe-danger)

Une station balnéaire italienne interdit la mini jupe pour indécence vestimentaire… (http://lci.tf1.fr/monde/europe/2010-10/la-mini-jupe-interdite-dans-une-station-balneaire-italienne-6112238.html)

Des femmes mises en sous vêtements par des policiers lors de manifestations en Egyptes…(http://nadia-aissaoui.blogspot.fr/2012/06/quand-le-corps-feminin-fait-la.html)

Il semblerait que notre société patriarcale ait la volonté de reprendre le contrôle des femmes et ce par le biais du contrôle de leur corps. Que l’on lise la Bible, que l’on écoute les arguments des partisans du voile ou de la burka, quand on lit les encycliques sur les femmes, quand on entend les préjugés diffusés dans la société, y compris quand on lit la presse ou quand on regarde la télé… Partout, nous subissons, et surtout les femmes, des injonctions sur le corps… (A cela il faut rajouter toutes les restrictions à la maternité consciente, à la contraception.. etc…)

Le corps est trop gros, trop vieux, trop maigre… créant ainsi des complexes et des sentiments d’infériorité…

Pire, le corps est rendu coupable. Qui n’a jamais entendu  cette expression désignant une femme légèrement vêtue comme étant « un appel au viol » ?  Avec cette expression, on fait passer la culpabilité de l’agresseur, du pervers vers la victime… Et ce n’est pas qu’une expression, c’est l’opinion largement diffusée par les religions, de nombreux médias et reprises par de nombreux individus. Le corps, et surtout celui de la femme serait source de tentations, cause d’agressions, cause de troubles.

Cette logique perverse conduit à une logique dangereuse ; tout ce qui peut susciter le désir de l’homme doit être caché. De la bonne sœur à la burka, du décolleté interdit dans les Eglises aux voiles chrétiens, juifs ou musulmans, c’est la même logique.

Qui sont les pervers ?  Les femmes topless sur la plage, les femmes qui portent une jupe  ou ceux qui projettent systématiquement leurs fantasmes sur le corps de l'autre. Le vrai problème ne vient il pas des fantasmes des bien-pensants qui veulent cacher les corps ?

Les lois morales et religieuses qui régentent les corps, ne protégeraient elles pas en fait l'incapacité pour les moralistes de contrôler leurs propres pulsions sexuelles ?  N’auraient elles pas également comme but d’écraser les femmes, de restreindre leurs libertés et de leur interdire l’égalité en droit avec les hommes ?

La féministe et sociologue algérienne, Nadia Aissaoui, a récemment écrit sur son blog un article intitulé « quand le corps féminin fait la révolution ». Elle relate plusieurs initiative de femmes du monde et du monde entier qui ont utilisé l’image de leur corps pour dénoncer les inégalités sexuelles, les agressions dont on été victimes des femmes lors des révolutions arabes, ou pour affirmer leur droit de disposer de leur corps et de leur conscience dans des régimes théocratique et non démocratiques.

Nadia Aissaoui explique : « Dans des sociétés conservatrices, le contrôle de la liberté des femmes est toujours passé par celui de leur corps. Ce dernier, couvert, caché, vierge, fécondable et entravé fait l’objet de toutes les interdictions et toutes les obsessions.  Il symbolise à la fois l’honneur de la famille mais aussi une source de tentation et de discorde (fitna).

C’est précisément pour questionner et défier cette obsession que des femmes de plusieurs pays arabes ont décidé de bousculer l’ordre établi en mettant la question du corps au cœur du débat. Elles veulent signifier à la société patriarcale que la révolution a bien lieu et qu’elle ne se fera pas sans elles.

Tout a commencé en Egypte avec l’éclatement du scandale des tests de virginité pratiqués par les militaires sur les manifestantes arrêtées. Cette pratique inconnue jusque-là, et tue par de nombreuses femmes qui craignaient la vindicte familiale et sociale, a été dénoncée par Samira Ibrahim comme une volonté délibérée de l’armée d’humilier les manifestantes. Elle a porté plainte contre les militaires et a gagné son procès.

 

Un autre acte d’humiliation a eu lieu cette fois sous l’œil des caméras du monde entier et concerne une manifestante voilée, battue et trainée par les forces de l’ordre et dont les vêtements ont été arrachés dévoilant son soutient gorge bleu.

 

Cet évènement a scandalisé l’opinion et cairo-dec17-zoom.jpgprovoqué des réactions politiques, culturelles et artistiques. La violence qu’il a exprimée révèle un acharnement contre la femme dans son rôle citoyen et politique. La dénuder est ainsi un acte qui vise en plus de l’humilier, à lui notifier une opposition à sa liberté, à son mouvement dans l’espace. Le fait qu’elle soit voilée donne une dimension encore plus symbolique  à cette agression puisque désormais aucune femme n’est épargnée par le harcèlement.

Le passage à l’acte de dénonciation de Samira Ibrahim et la violence que les femmes ont subie ont impulsé en Egypte et ailleurs dans le monde arabe une dynamique d’utilisation du corps comme un lieu de revendication de la liberté, de la dignité et de la souveraineté. Depuis, la question du harcèlement sexuel fait couler beaucoup d’encre et les campagnes de mobilisation contre ce fléau ne cessent de grossir.

Une manifestation de femmes arborant un soutien-gorge bleu comme bannière a eu lieu à Beyrouth.

 
 

Cette autre égyptienne, Alia Al-Mahdi, a défrayé la chronique en publiant dans son blog unephotographie d’elle posant nue. Cette transgression impensable a soulevé une vague d’indignation et de colère dans la blogosphère y compris dans les milieux les plus progressistes, qui s’étaient mobilisés pour Samira Ibrahim et contre la violence. Leur malaise était d’autant plus important que le message porté par cette photo les exhortait à repenser la révolution en tant que quête de liberté absolue, inconditionnelle. Certains ont considéré que cette publication était excessive et relevait davantage de l’exhibitionnisme et de la provocation que de l’acte subversif.

Toujours est-il qu’Alia Al-Mahdi a marqué les esprits et a suscité une vague de sympathie dans le monde entier. Ainsi, pour marquer leur soutien à Alia, un groupe de féministes iraniennes a conçu et médiatisé un calendrier à partir de photographies de femmes nues. Elles entendaient par-là envoyer un double message de solidarité envers les femmes en général et celles de leur pays en particulier

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D’autres initiatives individuelles ont également eu lieu et ont contribué au renforcement de ce mouvement d’affirmation du corps féminin. Deux actrices tunisienne et iranienne ont posé pour des magazines en dévoilant certaines parties de leur corps. Cette posture, loin d’être anecdotique, est clairement devenue une forme de revendication d’une liberté trop longtemps étouffée. 


 

[…] Le corps en tant que territoire de combat, de conquête ou de libération devient un redoutable enjeu dans les révolutions. Des femmes se réapproprient cet espace confisqué pour faire barrage à la violence et à ses auteurs. Mêmes si ces femmes constituent une petite minorité dans le monde arabe, la portée de leurs actions indique que quelque chose d’irréversible et d’impossible à contenir s’est produit.

Dans ce moment crucial de leur histoire, ces femmes ont conscience de ce qui se joue en termes de mutations et d’opportunités de revendiquer leurs droits y compris, celui fondamental d’être libres de disposer de leur corps et leurs mouvements. Elles demeurent parmi les remparts importants contre la montée du conservatisme social et de l’intégrisme religieux. En brandissant le slogan « mon corps m’appartient, il n’est l’honneur de personne », la dimension politique du corps dénudé a pris le pas sur sa dimension érotique. 

 
 

Les femmes ont remis à l’ordre du jour, la conviction féministe universelle que plus que jamais, le « personnel est politique ». »

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #liberté de conscience et de corps

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Publié le 1 Décembre 2012

L’Église catholique française semble être à l’heure espagnole. Elle se dresse vent debout contre le gouvernement de François Hollande, comme elle s’était dressée hier contre celui de José Luis Rodríguez Zapatero.

Pour faire oublier sa honteuse collaboration avec le régime de Vichy de Philippe Pétain à une époque où un grand nombre d’Évêques souhaitait  « la victoire de l’Allemagne nazie » et après une tentative hasardeuse de blanchissement des pétainistes à travers le MRP à la Libération, l’Église catholique ne s’est plus mise devant la scène pour laisser ses hommes, désormais dans tous les camps, défendre ses intérêts depuis l’avènement de la Ve République.

Depuis peu, l’épiscopat semble avoir opéré un tournant stratégique. Depuis la prière du 15 août 2012 jusqu’à ses déclarations récentes contre le mariage de personnes de même sexe, elle réinvestit l’arène politique, qu’elle avait fait semblant de quitter depuis longtemps. Faut-il le rappeler, l’Église catholique a toujours été une organisation politique, faisant de la politique et développant sa politique, notamment à travers sa Doctrine sociale si « divinement » mise en œuvre par l’Europe vaticane ?

La Libre Pensée s’amuse quelque peu des cris d’orfraie que poussent certains « laïques » en dénonçant le cléricalisme catholique. Au risque de décevoir, la Libre Pensée  se félicite que le Vatican jette aux orties son manteau de Noé et exprime ses positions réactionnaires et rétrogrades aux yeux de tous.

La liberté pour tous

La Libre Pensée ne s’associe nullement aux nostalgiques des miradors et des barbelés qui voudraient interdire à l’Église de s’exprimer. Ces gens-là ont une tradition : dès que l’on est en désaccord, ils en appellent à la répression. Hier, ils voulaient la police et l’armée dans les banlieues, aujourd’hui ils veulent l’Église catholique derrière les barreaux.

La Libre Pensée partage le point de vue de Rosa Luxembourg : « La liberté, c’est toujours la liberté de celui qui pense autrement ». Elle n’appellera jamais à la répression contre quiconque. Sa position a été définie par Aristide Briand, libre penseur, au moment du débat sur l’adoption de la loi de Séparation des Églises et de l’État de 1905: « Pour nous, républicains, la Séparation, c’est la disparition de la religion officielle, c’est la République rendue au sentiment de sa dignité et au respect de ses principes fondamentaux. Ils lui commandent de reprendre sa liberté, mais ils n’exigent pas que ce soit par un geste de persécution. Ce que veulent les Libres Penseurs, c’est que vous arrachiez à l’Église, le bouclier officiel derrière lequel elle peut s’abriter contre les efforts de la Pensée Libre ; ce qu’ils ont seulement le droit d’exiger, c’est que l’État les mette face à face avec l’Église pour lutter à armes égales pour pouvoir opposer enfin en combat loyal, la force de la Raison aux brutalités du dogme. Je termine, si vous voulez que la Raison Libre ait un abri, construisez-le lui ; mais n’essayez pas de la faire coucher dans le lit de l’Église. Il n’a pas été fait pour elle ».

Pour la Libre Pensée, l’épiscopat catholique a parfaitement le droit de s’exprimer. Cela s’appelle la Démocratie. Le cléricalisme, ce n’est pas que les Évêques disent ce qu’ils veulent ; c’est que le gouvernement et les Institutions lui obéissent. Le cléricalisme, ce n’est pas que l’Église se prononce contre la contraception ; c’est que les pouvoirs publics étranglent financièrement les centres de Planning familial. Le cléricalisme, ce n’est pas que le Pape fulmine contre le port du préservatif ; c’est que l’ONU refuse de donner  les moyens de son utilisation en Afrique. Le cléricalisme, ce n’est pas que les Emirats arabes réclament l’application du Délit de Blasphème, c’est que l’Union européenne veuille le rétablir.

« Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font »

Par un curieux retournement ironique de l’argumentation, des « laïques » déclament à tue tête : « Il faut interdire à l’Église catholique de s’exprimer. Elle ne doit pas faire de politique.» Si l’Église ne doit pas faire de « politique », c’est qu’elle n’est pas humaine puisque la politique, c’est l’organisation de la Cité humaine, mais d’une autre essence : divine peut-être ? Par un singulier clin d’œil de l’Histoire, ces « laïques » en viennent à vouloir faire croire à la nature extra-humaine de l’Église.

Rappelons aussi, pour l’Histoire, que c’est le Concordat de 1801 qui a organisé la police des cultes en interdisant au clergé de s’exprimer en « politique » et non la loi du 9 décembre 1905. Ces « laïques répressifs »  sont, en fait, des religieux qui s’ignorent. La vie ne fait jamais de cadeau à des gens qui oublient les principes fondamentaux de la République.

Puisque la Libre Pensée défend le droit de tous de s’exprimer en démocratie, il convient maintenant de dire ce qu’elle pense des positions exprimées par l’Église catholique.

Pour la pleine égalité des droits

La Libre Pensée est pour l’union libre. C'est-à-dire le droit à toute personne de vivre en commun avec qui elle le souhaite. Entre adultes consentants, sans violence, tout est permis. Bien que le mariage ne soit pas la tasse de thé des libres penseurs, la Libre Pensée se prononce pour la  liberté de mariage.

Le mariage n’est pas un acte sacré, c’est une convention, un contrat qui crée des droits et des devoirs. Sa forme a pu évoluer à travers l’Histoire, elle continue d’évoluer et évoluera encore demain. Rien n’est figé dans le marbre du dogme religieux. Le mariage, l’union entre des êtres, sont de nature humaine.

En conséquence, la Libre Pensée considère que le mariage civil doit être permis entre toutes personnes qui le désirent,  de quel que sexe qu’elles soient.

Qui définit quoi ?

L’identité des êtres humains se définit-elle par le sexe ou par la sexualité ? C’est un fait : il y a des hommes et il y a des femmes. Comme l’exception justifie la règle, il peut y avoir des êtres humains à la frontière fluctuante de ces deux sexes. Mais ce qui fonde l’identité d’une femme ou d’un homme, c’est son sexe, au sens générique du terme.

La sexualité s’inscrit dans un autre registre. Selon les goûts, les pratiques, les préférences, les affinités, elle peut être de telle ou telle nature. La sexualité est l’effet du sexe et non la cause. Elle peut varier selon les moments, la vie, les expériences. Elle peut donc être changeante et, dès lors, elle ne peut être l’identité des êtres humains. Elle en est une conséquence qui peut évoluer.

Cette situation « mouvante » ne peut donc être traduite de manière législative et réglementaire. Le « genre » n’est pas facteur de constitution d’une identité.

La question des enfants

Un couple composé d’un homme et d’une femme peut avoir un enfant. Si cela est impossible pour des raisons, notamment médicales, ces personnes peuvent adopter ou utiliser la Procréation Médicalement Assistée et devrait pouvoir aussi bénéficier de la Gestation pour autrui.

En conséquence de sa position sur l’union libre et de la  liberté de mariage, la Libre Pensée estime que la notion d’égalité des droits impose que les gens de même sexe qui forment  un couple doivent avoir strictement les mêmes droits en matière parentale. Ils doivent pouvoir adopter, utiliser la Procréation Médicalement Assistée et la Gestation pour autrui.

Sinon, la notion républicaine d’égalité des droits est bafouée. Sinon, nous sommes dans une société arbitraire.

La Fédération nationale de la Libre Pensée s’oppose donc résolument aux positions défendues par toutes les religions monothéistes et particulièrement, dans notre pays, par l’Église catholique. La Libre Pensée demande au gouvernement d’être fidèle au mandat républicain et ne pas céder devant les exigences des dogmes religieux. Il en va de la défense de la démocratie et du respect de la laïcité.

Paris, le 21 Novembre 2012.

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Rédigé par Libre Pensée 72

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