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Publié le 11 Juin 2008

Vient d’être publié (fin 2007) en français COMMISSAIRE DE CHOC, sous-titré : L’engagement d’un jeune militant anarchiste dans la Guerre civile espagnole, écrit par Joan SANS SICART (oncle de Michel SANS, prof. À Montesquieu).

 

Pour parler de ce livre, je reprends des extraits d’un article de Michel :

 

«  Il s’agit du récit, à la 1ère personne, de l’engagement d’un homme de vingt ans, imprégné d’idéal libertaire, qui, à l’aube de sa vie donc, va se trouver plongé dans cette guerre […] Il en a connu de très près toutes les étapes, en passant de délégué de centurie dans les milices de Durruti à commissaire de brigade, de division, et même de corps d’armée, sur mandat de la CNT. […]

Initié, comme mon père, à l’agriculture et à la vie champêtre par son grand-père maternel, il connu dès son enfance, grâce aussi à ce grand-père, les milieux libertaires et le mode de vie libre et fraternel des ouvriers et pêcheurs du Baix Ampurda, la région de Sant Feliu de Guixols. De surcroît, son père, franc-maçon, le choisit pour diffuser le journal sportif et anticlérical qu’il y avait fondé en même temps que le club laïque de football.  […]

La famille dut s’exiler à Perpignan pendant la première dictature de Primo de Rivera, qui persécuta les républicains et les francs-maçons, et réprima brutalement le mouvement ouvrier. C’est là que mon oncle découvrit l’école laïque de la liberté, l’égalité et la fraternité, apprit le français, et s’éprit de la culture française.

Ce fut pour lui, à treize ans, un autre éveil, un autre émerveillement. Ce n’est pas un vain mot de dire que la France rayonnait de ses idéaux, au travers surtout de l’école publique. Peut-être un petit étranger qui n’avait connut que l’école des Frères était-il plus sensible encore à l’attrait de ces valeurs. En tous cas, il garda toute sa vie le souvenir reconnaissant et ému de son maître, et on peut voir là certainement la naissance de sa vocation pour le métier de maître d’école. Il le devint en effet, appartenant à l’École Rationaliste, ou École moderne, fondée par Ferrer Guardia, le fameux pédagogue libertaire qui inspira directement Freinet. […]

Son récit est un document historique de première importance […] En effet, nous sommes certes placés dans le sillage de cette épopée mythique qu’a été l’action de la colonne Durruti, mais nous assistons aux évènements de l’intérieur, dans leur dramatique complexité, voire leur côté bien peu glorieux, à travers les tragiques conflits qu’engendra par exemple la militarisation des milices de volontaires. […]

Les polémiques et les divisions, voire les trahisons, n’ont pas manqué dans le camp des défenseurs de la République. Et notamment, au sein du mouvement libertaire, partisans et adversaires de la militarisation se sont affrontés sans pitié. […]

Ce livre présente donc l’itinéraire passionné, mais aussi raisonné, documenté d’un libertaire – un homme effectivement libre, plus qu’un anarchiste encarté ou dogmatiquement idéologique – qui a accepté la « militarisation », mais en préservant pour lui-même autant que pour les hommes dont il a eu la responsabilité, les valeurs libertaires qui l’animaient, dans l’exercice de son commissariat. […]

Pour ma part, je pense que l’on peut dire que mon oncle et ses compagnons, auxquels son livre rend aussi un magnifique hommage, sont des fils des Lumières. Et je me compte naturellement, et avec fierté, au nombre de ceux qui sont conscients d’hériter de valeurs à affirmer et à défendre, aujourd’hui plus que jamais. »

 

Pour finir, et pour le plaisir…, quelques mots de Joan Sans Sicart à propos de son grand-père :

« Il se disait républicain fédéral et il était profondément et extrêmement radical. Il racontait souvent, avec beaucoup d’humour, qu’il aimait tellement les curés qu’avec un seul il était prêt à en faire deux. »

 

 

Françoise Guihaumé


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Rédigé par Libre Pensée 72

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