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Publié le 5 Juin 2017

Aujourd’hui, tout le monde se réclame du féminisme y compris les forces les plus réactionnaires. Pour l’Eglise, dans l’encyclique mulieris dignitate, il s’agit de coller aux revendications féministes sans remettre en cause l’essentiel ; les hommes et les femmes sont déterminés par leur sexe et se réalisent dans des rôles différents. La femme étant prédestinée au don de soi.  Chez les musulmans, là aussi, un discours inégalitaire est présenté comme féministe : les interdits et les obligations imposées aux femmes seraient des moyens de les protéger.

Quand on se penche sur les textes des religions du livre, les choses sont encore plus explicites ; les femmes sont des tentatrices, des êtres inférieurs, moins sensibles aux choses religieuses, moins intelligentes et surtout elles sont assignées à résidence pour s’occuper de l’intérieur pendant que les hommes s’approprient l’extérieur et la société entière. Il s’agit pour l’essentiel de contrôler leur corps, leur conscience et par la même, de garantir la propriété et la descendance. Un véritable contrôle social s’exerce alors sur les femmes, comme propriété des hommes. L’adultère est par exemple plus facilement pardonné pour ces messieurs quand les femmes seront rejetées, recluses, parfois punies par la mort.

Fort heureusement, l’idée de l’égalité des sexes progresse depuis au moins le siècle des lumières, pour autant, même en occident ceux qui s’en réclament cachent parfois un vieux fond d’inégalitarisme.

Comment ne pas faire un bond quand on entend des politiques comme Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen se poser en féministe ?

 

Progrès ou stigmatisation d’une partie de la population.

Il s’agit en fait pour ces nouveaux « féministes » de prétexter ce combat pour mieux alimenter leur fonds de commerce à savoir la lutte de l’occident chrétien contre la prétendue invasion arabo musulmane. Les femmes musulmanes deviennent un enjeu. Et ces nouveaux « laïques », « féministes » se réclament du progrès pour mieux stigmatiser une partie de la population. Dans le même temps, les mêmes, ferment des centres d’accueil pour femmes en détresse, coupent des subventions aux associations d’aide aux femmes, prônent la limitation voire l’interdiction du droit à l’IVG et réduisent le combat pour l’égalité à une question de tenue religieuse.

Les différents débats des années passées ont révélé ce qui se cachait derrière ces discours ; Babyloup, la burka, le burkini… A chaque fois, l’obsession du voile l’emporte sur tout… Mieux vaut licencier une salarié d’une crèche privée qui porte le voile plutôt que de se battre pour que des crèches publiques ouvrent massivement. Des femmes sortent dans la rue en burka… mieux vaut les interdire et les renvoyer chez elles. Des femmes se baignent à la plage en burkini, même chose.

A chaque fois, on nous affirme que la laïcité est menacée. A quel moment la séparation des religions et de l’Etat a été remise en cause ? Parle-t-on d’élus ou de fonctionnaires dans l’exercice de leur fonction ?

Pourquoi ces mêmes « féministes » ne se sont jamais offusquées de la présence de bonnes sœurs en tenue dans différents lieux de la société (plage, hôpitaux parfois…) ? Pourquoi ces laïques focalisent seulement sur les tenues des femmes musulmanes et pas des hommes ?

Pourquoi, cet été, de l’extrême droite à la gauche (Valls par exemple) tout le monde s’est offusqué par quelques burkinis mais personne n’a réagi quand une haute fonctionnaire de l’état accompagnant François Hollande en délégation auprès du pape a dû porter la mantille[1] ?

Il en est du féminisme comme de la laïcité, beaucoup s’en réclament sans chercher à réellement faire progresser les choses ? Que ces femmes portent ces tenues d’elles-mêmes ou que ce soit imposé par un homme, une famille ou un groupe religieux, c’est déjà un élément de défaite pour les obscurantistes si celles-ci se baignent en public, travaillent, gagnent leur salaire, se mettent au contact de la société.

Il ne suffit pas de faire des grands discours « progressistes », l’émancipation des individus passent d’abord et avant tout par l’instruction et l’émancipation sociale. Gagner son salaire, pouvoir s’émanciper économiquement, pouvoir quitter son foyer, divorcer, reprendre ses études, bénéficier d’une protection sociale, de lois qui donnent à chaque individu le droit de disposer de son corps et de sa conscience, voilà autant d’éléments qui permettent aux individus homme ou femme de s’émanciper. Pour contredire Valls, Marianne n’est pas libre parce qu’elle peut sortir un sein, elle est libre car elle a conquis des lois et des droits… et par ailleurs Marianne n’a pas encore obtenue l’égalité notamment l’égalité salariale. Pire les différentes contre-réformes sur les retraites, la précarisation des contrats de travail ou la loi travail vont amplifier les inégalités hommes femmes en fragilisant d’autant plus ces dernières.

 

Le féminisme bourgeois.

Ainsi selon Valls et les polémiqueurs du burkini, être en bikini serait un symbole de la liberté des femmes en occident ? Ah ? Le fait que les occidentaux hommes ou femme cachent une partie de leur nudité, n’est-ce pas la preuve que nos sociétés ne se sont pas encore complètement dégagées des discours religieux sur le corps ? La liberté consisterait plutôt à ce que chaque individu homme ou femme ne se fasse pas imposer sa façon d’être ou de se vêtir. Hormis les écoles publiques, les mairies, et ce qui relève de la laïcité on ne peut interdire de tenue religieuse ou imposer une tenue de baignade officielle sur les plages… Dans les piscines municipales, c’est pour des raisons d’hygiène que les règlements imposent la réduction de la surface en tissu.

Ces pseudos progressistes ont une logique étonnante et pleine de contradictions. Prenons l’exemple d’Elisabeth Badinter, féministe reconnue et adulée par certains, soutien de Valls dans la dernière période. Celui-ci se réclamant par ailleurs d’elle et de caroline Fourrest lors du deuxième débat des primaires de la gauche.

Suite à l’affaire babyloup, Badinter réclame que le voile soit interdit dans les lieux d’accueil de la petite enfance sans faire de distinction entre les services publics et privés. N’est-ce pas une remise en cause du principe de laïcité ou du moins une confusion des genres ? Faut-il, du coup, interdire les signes religieux dans toutes les écoles privées ? Ou alors ne faudrait-il pas demander l’ouverture de plus de crèches publiques et l’arrêt des subventions de la République aux établissements privés ? Au même moment, en mars 2013, cette philosophe et femme d’affaire mettait sur le même plan terrorisme et voile en affirmant "D’un côté, on commémore les victimes de Mohamed Merah et on veut combattre l’islamisme radical et de l’autre on laisse faire l’entrisme de ces islamistes dans des crèches de quartier. Il faut absolument réagir très vite[2]."

En 2003 déjà, elle déclarait « depuis longtemps, dans la société française de souche, que ce soit le judaïsme ou le catholicisme, on ne peut pas dire qu’il y ait une oppression des femmes[3] » niant ainsi l’immensité des problèmes de sexisme qui touchent les femmes y compris en occident : salaires, violences, préjugés… Son féminisme est-il progressiste s’il participe de ce genre de confusion hallucinante ?

Pire au nom d’un certain communautarisme féminin elle en arrive à une prise de position des plus déconcertantes. En février 2017, Badinter, interrogée sur France inter au sujet de la possible victoire de Marine Le Pen aux présidentielles, rappelle son engagement contre le FN, sa démystification du féminisme version Marine Le Pen mais déclare tout de même « C'est peut-être une victoire du féminisme, c'est pas une victoire de la démocratie.[4] »

Comment dissocier féminisme et démocratie ? Marine Le Pen anti-IVG, anti-contraception, représentante de la réaction pourrait tout de même faire avancer la cause « féministe » si elle est élue, pour la simple et bonne raison que c’est une femme ?

Il y aurait une communauté des femmes qui aurait tout de même quelque chose à gagner si Marine le Pen accédait au pouvoir, sachant que sa conception politique s’oppose en tout point à l’égalité des droits entre les hommes et les femmes ?

 

Le féminisme tant qu’il n’entrave pas les affaires…

En avril 2016, Badinter soutenait Laurence Rossignol dans sa campagne de boycott des marques qui vendaient des foulards en France. Voici un extrait d’une interview du Monde[5] « Interrogée sur ces marques qui, comme H&M et Dolce & Gabbana, lancent des articles de mode islamique, la ministre des familles, de l’enfance et des droits des femmes, Laurence Rossignol a fait un parallèle entre les femmes voilées et les esclaves noirs américains. Une comparaison fautive ? [Bandinter répond] :

La ministre a eu un mot malheureux en parlant de «  nègres  », mais elle a parfaitement raison sur le fond. Je pense même que les femmes doivent appeler au boycott de ces enseignes. »

Badinter prend là une position logique vis-à-vis d’elle-même, seulement cette logique s’arrête là où commencent ces intérêts personnels.

Quand des femmes engagées politiquement, des écologistes pour la plupart, prendront la parole pour dénoncer les agressions qu’elles ont subies de la part de Denis Baupin, Badinter concèdera que celles-ci sont « dignes et impressionnantes » mais s’empressera de rajouter au sujet de la polémique contre Baupin qu’elle « ne supporte pas les chasses à courre, les effets de meute ». La légitime dénonciation du machisme voire des agressions sexuelles en politique se réduirait à une chasse à courre contre ce pauvre Baupin ? Celle-ci d’affirmer plus loin que la mentalité des hommes a changé (et elle revient à sa grande passion) mais « n'a malheureusement pas eu lieu dans la communauté musulmane[6] ». On défend ses alliés politiques et on s’en prend toujours aux mêmes.

Libres penseurs nous pensons, nous aussi que les religions monothéistes dont l’islam sont réactionnaires et sexistes. Badinter est virulente contre l’islam mais oublie les autres grandes religions. Pour autant, quand il s’agit d’argent, même son combat contre l’islam, devient fluctuant.

Voici de larges extraits d’un article de LCI[7] qui soulève les contradictions de Badinter lors de la campagne de boycott précédemment citée : « si cet entretien, dans la lignée de la pensée développée par la philosophe, n’a rien de surprenant en soi, il l’est davantage lorsqu’on le confronte à la récente mission confiée à Publicis, entreprise fondée par son père, le célèbre publicitaire Marcel Bleustein-Blanchet. Une agence de communication dont Elisabeth Badinter est aujourd’hui première actionnaire et présidente du conseil de surveillance. L’une de ses filiales, Mediavision, embauche par ailleurs ses deux fils, Simon et Benjamin Badinter. Cette nouvelle mission, c’est le magazine Challenges qui la révèle au début du mois d’avril. Une information plutôt passée inaperçue, selon laquelle Publicis serait désormais en charge d’assurer une partie de la communication… de l’Arabie Saoudite. Ce lien, pour le moins inattendu, avec un pays qui n’a accordé le droit de vote aux femmes qu’en 2011, a de quoi interroger.

[…] nous finissons par être mis en contact avec Roman Abreu. Directeur chez Publicis des affaires publiques, de la communication financière et de la gestion de crise, il est l’interlocuteur privilégié de l’ambassadeur saoudien en France, Dr Khalid Al-Ankari. "Mon rôle est de gérer les relations presse de l’Arabie Saoudite en France, d’assurer sa communication sur les réseaux sociaux et de mettre en contact ses représentants avec diverses personnalités publiques", nous détaille-t-il. "[…] Et l’intellectuelle en question, qu’en pense-t-elle ? Son amie éditrice Micheline Amar, chargée de répondre à sa place aux sollicitations des journalistes, précise d’emblée "qu’elle n’accepte aucune demande d’interview", "pas même celle de Delahousse". L’interview donnée au Monde ? "Elle était prévue il y a longtemps", nous rétorque-t-on. Et au sujet de cette nouvelle mission qui incombe à Publicis, nous recevons une réponse aussi énigmatique que laconique : "Elle ne mélange pas les genres. "

Et pourtant. Ce n’est guère la première fois que les positions de la philosophe et ses obligations de femme d’affaire entrent en conflit. Plusieurs spots publicitaires produits par Publicis, par le passé ont pu avoir une teneur jugée profondément sexiste. Citons, pêle-mêle, cet homme qui, souhaitant changer de vie, troque sa copine contre une fille en bikini mais garde sa Clio. Ou encore ce petit garçon malade qui attend "le bon geste d’une maman" grâce à la pommade Vaporub. Mise face à ses contradictions par le site d’information Rue89 en 2010, Elisabeth Badinter ne s’était, une nouvelle fois, fendue d’aucun commentaire. Quarante-septième fortune française, héritière du numéro deux mondial de la publicité, elle préfère se retirer en campagne "pour écrire sur les philosophes des Lumières", selon son attachée de presse. »

Notons enfin à propos de Badinter, la chef d’entreprise, que Publicis fut une des rares entreprises où les syndicats appelèrent à la grève à l’occasion de l’appel du 7 novembre à 16h34[8]. « L’initiative de la newsletter féministe Les Glorieuses, qui visait à dénoncer les inégalités salariales entre hommes et femmes, avait fait écho auprès des salarié(e)s de Publicis. Car au sein de ce grand groupe de communication, dont le conseil de surveillance est présidé par la philosophe et féministe notoire Elisabeth Badinter, l’égalité professionnelle semble encore demeurer, comme souvent ailleurs, un vœu pieux. C’est en tout cas le constat des représentants du personnel. A la mi-octobre, ils ont rédigé une lettre ouverte à l’intention d'Elisabeth Badinter. "Allaitement, laïcité, parité, etc. La cause des femmes semble vous préoccuper à chaque instant, mais quand oserez-vous enfin balayer devant votre porte ?" demandent-ils ainsi à la présidente du conseil de surveillance. (…) "Comment se fait-il que les femmes de Publicis soient toujours moins bien payées que les hommes ? Pourquoi leur turn-over est-il beaucoup plus élevé que celui des hommes, et pourquoi quittent-elles Publicis passé 40 ans car elles subissent toujours le plafond de verre ?".

 

Le féminisme, c’est-à-dire la lutte pour l’égalité totale des droits entre hommes et femmes, suppose de nombreux combats : démonter les préjugés sexistes,  combattre les crimes et les atteintes faites aux femmes mais aussi et surtout cela suppose des batailles concrètes, loin des grands discours et des belles théories des féministes bourgeoises.

 

Plusieurs questions se posent alors aux progressistes et aux libres penseurs : Tous ceux et toutes celles qui se revendiquent du féministe sont-elles ou sont-ils réellement égalitaristes et progressistes ?

Le combat féministe est-il un combat des femmes contre les hommes ou un combat des progressistes (hommes et femmes) contre les réactionnaires (hommes ou femmes) ?

A ces féministes qui se préoccupent du sort des femmes du moyen orient ? Avez-vous manifesté contre les interventions militaires occidentales qui ont aggravé leur situation ?

Autre question, peut-on être féministe et soutenir des gouvernements qui ferment des lits d’hôpitaux, des maternités, baissent les subventions aux associations d’aide aux femmes ? Peut-on défendre l’égalité des sexes au Moyen Orient sans se battre contre les théocraties soutenues par l’occident, sans se battre contre les guerres imposées aux peuples ?

Peut-on être féministe sans s’inscrire dans la lutte des classes et réclamer avec les syndicats, l’égalité salariale, le respect des contrats de travail, des conventions collectives, l’abrogation de la loi El Khomry ? On sait que les femmes sont plus touchées que les hommes par la précarisation des contrats de travail… Le capitalisme s’appuie sur le sexisme et le renforce. L’Egalité peut-elle exister dans un monde qui refuse à l’immense majorité d’avoir un vrai travail, un vrai salaire, un logement décent ou l’accès à une véritable instruction ?

Le féminisme peut-il ne combattre qu’une seule religion en oubliant toutes les autres ?

L’égalité des sexes et l’émancipation du genre humain ne peut pas se laisser abuser par des sauveurs suprêmes, des guides, qui lancent des mots d’ordre creux, et des grandes analyses coupées de la lutte concrète.

 

Hansi Brémond

 

 

 

 

 

[1] http://www.huffingtonpost.fr/2016/08/20/conseillere-elysee-hollande-voile-pape_n_11635698.html?ncid=fcbklnkfrhpmg00000001

[2] http://www.elle.fr/Societe/Interviews/Elisabeth-Badinter-Il-faut-d-urgence-une-loi-sur-le-voile-pour-la-petite-enfance-2408590

[3] Élisabeth Badinter, La victimisation est aujourd’hui un outil politique et idéologique, Propos recueillis par Véronique Helft-Malz et Paule-Henriette Lévy, L’Arche no 549-550, Novembre-Décembre 2003.

[4] http://www.lci.fr/societe/pour-elisabeth-badinter-l-election-de-marine-le-pen-serait-peut-etre-une-victoire-du-feminisme-pas-de-la-democratie-2025031.html

[5] http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/04/02/elisabeth-badinter-une-partie-de-la-gauche-a-baisse-la-garde-devant-le-communautarisme_4894360_3232.html

[6] http://www.lanouvellerepublique.fr/France-Monde/Actualite/24-Heures/n/Contenus/Articles/2016/06/11/Elisabeth-Badinter-On-a-laisse-les-predicateurs-s-emparer-de-quartiers-2746700

[7] http://www.lci.fr/societe/lutter-contre-le-voile-et-etre-chargee-de-la-com-de-larabie-saoudite-le-troublant-melange-des-genres-delisabeth-badinter-1507607.html

[8] http://www.lci.fr/societe/des-syndicats-denoncent-les-inegalites-de-salaires-hommes-femmes-dans-l-entreprise-de-la-feministe-elisabeth-badinter-2013172.html

Féminisme ou féminismes ? ou le féminisme bourgeois et à géométrie variable d'Elisabeth Badinter et d'autres...

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Egalité

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Publié le 4 Mars 2017

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Egalité, #liberté de conscience et de corps

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Publié le 18 Mai 2016

Tract des jeunes de la Libre Pensée diffusé samedi dernier place de la Rep au Mans.

La jupe est -elle dangereuse ?

  • A New York, une cycliste a été arrêtée et verbalisée car sa jupe « dérangeait » les automobilistes et aurait pu provoquer des accident1.
  • En Italie, un curé a accusé les femmes de provoquer leurs agresseurs. Il demandait aux femmes : « Rallonger les jupes pour ne pas provoquer les criminels […] les femmes, qui provoquent par leur habillement succinct, qui s'éloignent de la vie vertueuse et de la famille, provoquent les instincts et doivent se livrer à un sain examen de conscience, en se demandant   : peut-être le cherchons-nous ?"
  • Dans certains pays musulmans, au nom de la religion, les femmes doivent se voiler, cacher leur corps pour ne pas tenter les hommes.

 

Ici ou là, des jeunes filles se font siffler parce qu'elles portent un jupe, on les insulte , on les accuse d’être des salopes, de chercher à se faire agresser…

 

La jupe serait un appel au viol ? Faux !

  • 85 % des viols sont commis dans un contexte où la victime connaît son agresseur, par exemple au sein de la famille (père, beau-père, oncle,…), de l’école ou du travail 2.
  • Il n’y a pas plus d’agressions sexuelles en été qu’en hiver, donc la légèreté des tenues n’est pas en cause3.
  • Les premières violences sexuelles ont lieu pour « 51 % avant 11 ans et 21 % avant six ans »4…  y’a-t-il encore des fous pour affirmer que c’est la victime et sa tenue qui est en cause ?
  • En Inde, une femme est violée toutes les deux heures et pourtant le port de la jupe, n’est pas vraiment la tendance dans ce pays5

 

N’est il pas temps d’enfin reconnaitre que les agressions sexuelles sont seulement le fait des agresseurs ? N’est il pas temps de laisser les femmes tranquilles et de se poser les vraies questions ?

Le port de la jupe n’est ni un appel au viol, ni un crime…Ne devrait on pas laisser les individus s’habiller comme ils l’entendent ? 

 

Le criminel est celui qui commet le crime

S’il y a des agressions sexuels c’est qu’il y a des agresseurs et les victimes ne sont en rien coupables.

Plutôt que de culpabiliser les femmes, on devrait plutôt se demander pourquoi quelques hommes commettent des agressions. Dans le cas des agressions sur des enfants, va-t-on reprocher aux victimes de l’avoir « bien cherché » ?

Egalité Hommes-Femmes;

Quand un homme change souvent de copines, on le considère comme un don juan. Quand une femme fait la même chose, ce serait une salope ! Pourquoi ?

Quand un homme  boit, fume, a de nombreux rapports sexuels, on pense que c’est un bon vivant, si c’est une femme , on dira d’elle qu’elle ne se respecte pas… pourquoi ?

N’est il pas temps de laisser les individus disposer de leur corps comme ils l’entendent sans les juger !?

 

  • Chaque individu devrait avoir le droit de disposer de son corps.

 

  • Chaque individu devrait pouvoir mener sa vie comme il l’entend !

 

  • Chaque individu devrait pouvoir s’habiller comme il veut, vivre sa sexualité comme il le souhaite (avec  des personnes consentantes).

 

  • Chaque individu devrait pouvoir se promener dans le rue sans se prendre des remarques sur sa tenue, son physique ou son allure !

 

Si vous êtes gêné par la tenue de quelqu’un, posez vous des questions sur votre capacité à accepter les autres et à être tolérant.

 

Si la vue d’une jupe vous perturbe au point de devenir agressif ou intolérant, posez vous des questions sur votre capacité à gérer vos pulsions.

 

 

1—http://www.slate.fr/lien/39581/velo-jupe-danger

2—http://www.planningfamilial31.fr/actualites/communique-de-presse-du-planning-familial-31-00300

3—http://www.lesnouvellesnews.fr/coupables-d-etre-violees/

4—http://www.ouest-france.fr/societe/societe-laccablante-enquete-sur-les-violences-sexuelles-3219078

5—http://www.arte.tv/fr/en-inde-une-femme-est-violee-toutes-les-deux-heures/7167530,CmC=7167582.html

 

 

Puis je porter une jupe sans me faire traiter de salope ?

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Egalité

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Publié le 19 Août 2012

J’ai rédigé ce texte en mai 2012. Ce dernier, une fois discuté et légèrement amendé par la Commission administrative de la Fédération Nationale de la Libre Pensée a servi d’exposé auprès de l’IHEU. C’est notre amie et camarade Michèle Singer qui l’a présenté récemment au colloque de Montréal de l’IHEU (internationale humaniste et éthique).

 

Hansi

 

"Je ne suis vraiment libre que lorsque tous les êtres humains qui m'entourent, hommes et femmes, sont également libres." Michel Bakounine

 

Nous vivons dans un monde en crise ; dans les pays les plus riches, les acquis sociaux  progressistes et les acquis de civilisation sont en recul. Dans le même temps les inégalités sociales sont de plus en plus criantes entre les pauvres et les riches, que ce soit  au niveau international mais également au sein même des nations.

Dans ce contexte de crise économique, politique et sociale, la situation des plus faibles s’aggravent.  A ce titre les femmes, subissent de plein fouet, les régressions, les reculs de liberté, l’exploitation et la pauvreté.

Au niveau mondial, les femmes représentent 70% des 1.2 milliard d’êtres humains qui vivent avec moins de 1$ par jour. En France, bien que représentant 47% des salariés, celles-ci touchent des salaires jusqu’à 27% inférieur à ceux des hommes et des retraites inférieures de 42%. Elles sont les plus exposées aux temps partiels, aux contrats précaires et à la pauvreté. Elles se voient souvent refusées l’accès à des postes de direction ou à des lieux de prise de décision.

A cette situation économique catastrophique s’ajoutent les mauvais traitements et les agressions sexuelles ; on estime qu’une femme sur trois, dans le monde, a déjà a été violée, battue ou victime de mauvais traitements au moins une fois dans sa vie.

Les femmes se voient, très souvent, interdire les libertés fondamentales ; elles ne disposent bien souvent ni de leur corps, ni de leur conscience. Notons à  ce sujet, y compris dans les pays  où des acquis démocratiques et progressistes ont permis aux femmes de s’émanciper,  que des menaces pèsent. Ainsi en France, la gynécologie médicale tend à disparaitre, la contraception est de plus en plus menacée et les centres IVG ferment les uns après les autres. Loin d’être atteint l’objectif de l’égalité entre les hommes et les femmes semblent reculer au même titre que les acquis sociaux et démocratiques.

 

Les hommes et les femmes seraient ils inégaux ?

Les hommes et les femmes présentent des différences physiques évidentes. Mais ont-ils des capacités intellectuelles vraiment différentes ? Des stéréotypes diffusés un peu partout affirment que les hommes et les femmes ont des comportements intrinsèquement différents, dans des livres grand public comme les hommes viennent de mars et les femmes viennent de Vénus, il est propagé toute une série de stéréotypes attribuant des comportements, des capacités et finalement des rôles à un sexe ou à l’autre ; « les femmes ne sauraient pas lire une carte, les garçons seraient plus doués en maths… ».  Pourtant, les travaux des neurosciences ont infirmé toutes ces allégations. Lise Eliot, maitre de conférences en neurosciences à l’université Rosalind-Franklin de médecine et de science de Chicago, auteur du livre Cerveau rose, cerveau bleu, les neurones ont-ils un sexe  insiste surtout sur la grande plasticité du cerveau et sur la haute réactivité du cortex à l’environnement, confirmant ainsi que les différences apparaissant parfois dans les comportements ou les capacités scolaires sont dues essentiellement à l’éducation et à l’environnement dans lequel nous évoluons. Des lors, d’un point de vue scientifique et rationnel, rien ne peut justifier les inégalités de droits et de devoirs entre les hommes et les femmes. Les comportements sont essentiellement déterminés par l’environnement et l’éducation et non par le physique et la biologie. Ce qui faisait dire à Simone de Beauvoir « On ne nait pas femme, on le devient ».

 

Selon les religions, le sexe détermine la place dans la société

Malgré les recherches scientifiques, des théories archaïques et réactionnaires soutiennent, tout de même, que les femmes sont inférieures aux hommes et/ou que leur identité et leur rôle dans la société sont déterminés par leur sexe. Ces différences sexuelles, justifieraient des différences de droits et de devoirs. Pour ces « penseurs » les comportements et les rôles des hommes et des femmes seraient déterminées par la nature et par la divine volonté d’un créateur.

Ainsi, les caractéristiques physiques558417_458556944162854_1700530731_n.jpg d’un individu détermineraient des rôles différents dans la société. Les individus seraient alors prédestinés à occuper tel rôle social, professionnel ou politique selon que leur sexe soit masculin ou féminin.

Ce modèle inégalitaire de domination d’un sexe par l’autre est un modèle largement diffusés par les religions monothéistes. Le coran ou la Bible (ancien et nouveau testament) donnent autorité de dieu sur l’homme et de l’homme sur la femme. La Bible contient des dizaines de prescriptions et d’interdits concernant les femmes.  Il est notamment écrit dans la Lettre de Paul aux Ephésiens (5, 22,23) « Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur; car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l'Église ». Cette orientation sexiste persiste jusque dans des prises de positions récentes des différentes religions du livre. Jean-Paul II, dans l’encyclique mulieris dignitate, affirmait en 1988 « même la juste opposition de la femme face à ce qu'expriment les paroles bibliques «lui dominera sur toi» (Gn 3, 16) ne peut sous aucun prétexte conduire à «masculiniser» les femmes. La femme ne peut _ au nom de sa libération de la «domination» de l'homme _ tendre à s'approprier les caractéristiques masculines, au détriment de sa propre «originalité» féminine. Il existe une crainte fondée qu'en agissant ainsi la femme ne «s'épanouira» pas mais pourrait au contraire déformer et perdre ce qui constitue sa richesse essentielle.  (…)La femme _ comme l'homme aussi, du reste _ doit donc envisager son épanouissement personnel, sa dignité et sa vocation, en fonction de ces ressources, selon la richesse de la féminité qu'elle a reçue le jour de la création et dont elle hérite comme une expression de l'«image et ressemblance de Dieu» qui lui est particulière. » 

Il résumait alors, la « prédestination » de la femme par sa vocation sponsale; à être soit épouse du christ soit l’épouse d’un homme (avec maternité). Cette vocation se résumant selon l’Eglise catholique par le « don de soi ».

En 1995, dans une autre encyclique,  evangelium vitae, l’Eglise condamnait également la contraception, le droit à l’IVG, ou l’homosexualité. Les homosexuels étant en quelque sorte des individus qui réfutent la prédestination sexuelle et sexiste développée par les religions.

Malgré des prétendus adaptations à la société moderne, il apparait que les religions du texte continuent de combattre le droit pour chaque individu de disposer de son corps et de sa conscience. Cette position liberticide inclue notamment des interdits liés au sexe, à la sexualité mais aussi l’obligation pour l’individu d’adopter un comportement et un rôle conforme à une supposée détermination physique.

Chaque grande religion édicte ainsi des prescriptions dans le but de contrôler les corps et les consciences des individus particulièrement des femmes. Interdits vestimentaires, alimentaires, sexuels et ségrégation entre les sexes… les grandes religions juives, musulmanes et chrétiennes souhaitent régenter la vie publique et même la vie privée de tous. Ces religions, toute patriarcale, insiste particulièrement sur le statut des femmes.

Interdiction de la maternité consciente, du droit à l’IVG, interdictions vestimentaires, les religions représentent un obstacle majeur au droit de disposer de son corps et de sa conscience. Ainsi des comportements et des tenues autorisées pour les hommes seraient indignes des femmes.

Ce modèle patriarcal diffusé par les religions dans toutes les sphères de la société se retrouve sous diverses formes dans les médias, dans la mode, dans le monde professionnel. Le statut, le comportement et le corps de la femme semble ainsi appartenir à toute la société ; une femme ne devrait pas séduire autant qu’un homme, elle ne devrait pas montrer son corps librement, elle ne devrait pas être trop entreprenante, elle ne devrait pas prendre trop de responsabilité sans quoi elle ne serait plus féminine… Son corps ne pourrait être dévoilé que s’il rentre dans les canons de beauté (véritables diktats imposés aux femmes) et ce dans un but mercantile, elle doit être souriante, jolie, discrète…

Même sans parler des situations extrêmes vécues dans certaines communautés religieuses, on constate, partout, que les femmes se voient assigner des modèles et des rôles à suivre. Dans la Bible, les femmes sont ou prostituées ou mères. Les femmes sont souvent présentées comme des tentatrices, comme Eve responsable du péché originel. Cette conception se retrouve dans nos sociétés encore aujourd’hui. Dans certaines communautés chrétiennes, juives ou musulmanes, on prétend protéger les femmes en leur demandant de se cacher. La culpabilité des éventuelles agressions sexuelles est ainsi rejetée sur les victimes. Ces codes vestimentaires sont le fait de doctrines dictées par des hommes incapables de gérer leur sexualité dans un système de pensée religieuse obsédée par le sexe. Les tenues des religieuses, les voiles, les interdictions vestimentaires mais aussi les diktats de beauté imposés aux femmes sont les conséquences d’idéologies religieuses prônant le contrôle des corps et des consciences des hommes et surtout des femmes mais prônant aussi l’infériorité de celles-ci. 

Cet état de fait constitue une situation d’infériorisation des femmes confortée par le système économique dans lequel nous vivons. Celui-ci favorise en effet la division du travail, la concurrence et la division des êtres humains entre eux.

 

Egalité ou discrimination positive ?

Aujourd’hui, tout le monde se déclare préoccupé par la situation des femmes mais l’enfer est pavé de bonnes intentions !

Ici, on les « habille » d’un voile pour les protéger et on leur interdit de travailler pour les mêmes raisons, là, on rédige une encyclique à leur gloire, on les encense mais on justifie l’inégalité et on les cantonne dans le don de soi…

A chaque fois, on justifie l’inégalité des droits et des devoirs par les différences physiques entre les hommes et les femmes… Les libres penseurs et les démocrates réfutent ce modèle et affirment que chaque individu doit pouvoir disposer de son corps et de sa conscience quel que soit son apparence, son sexe, sa sexualité, ses opinions et ses croyances. Aucune différence réelle ou supposée ne doit et ne peut justifier une inégalité des droits et des devoirs.  

Admettre la moindre différence des droits, c’est admettre la supériorité d’individus sur d’autres, c’est établir une hiérarchie entre les êtres humains, les diviser et finalement menacer les libertés de tous. Nous affirmons que les êtres humains veulent vivre en paix, libres et égaux. Aussi nous rejetons toute forme de discrimination et toute forme de communautarisme.

Accorder des droits et des devoirs différents selon des appartenances à des prétendus communautés ethniques, religieuses, sexuelles…etc… revient à compartimenter les êtres humains dans des communautés dont ils ne peuvent plus sortir. Les individus disposeraient ainsi de droits et de devoirs déterminés par leurs appartenances à telle ou telle communauté. Ce système empêcherait l’individu de disposer de son corps et de sa conscience à l’égalité avec tous les êtres humains. Tenus de se comporter en accord avec ses « appartenances », sa liberté serait fortement réduite.

Prétextant réduire ou atténuer des inégalités, certains veulent mettre en place des discriminations dites positives. Ainsi, pour réduire les inégalités entre les hommes et les femmes, des Etats comme la France ont mis en place des quotas en politique. Non seulement, la situation des femmes n’a pas progressé en France, non seulement les inégalités persistent mais en plus cette politique de discrimination dite positive (parité) entérine l’inégalité entre les sexes, discrédite les femmes, jette un doute sur leur capacité et sert d’obstacle à lutter contre les vraies racines de l’inégalité.

L’existence de cette loi sur la parité constitue un échec et une hypocrisie. Si les femmes représentent 48% des membres siégeant dans les conseils municipaux, les choses se dégradent plus les responsabilités politiques sont importantes et ne représentent plus que 18.5% des élus à l’assemblée nationale.[i]

Les défenseurs de cette loi affirment vouloir forcer les choses pour démontrer que les femmes peuvent gouverner tout autant que les hommes mais aussi pour changer les mentalités en aidant les hommes et les femmes à percevoir les choses autrement en mettant en avant des femmes politiques. Si les intentions paraissent bonnes, la méthode est des plus douteuses. Cette politique des quotas et des places réservées sous-entend une situation de handicap accentuant par la même occasion le sentiment d’une moindre capacité pour les femmes à accéder aux plus hautes responsabilités.

Ce n'est d'ailleurs pas très valorisant pour une femme de se dire qu'elle doit sa place à son sexe plutôt qu'à son mérite. Les qualités d'une femme tiendraient plutôt à ses qualités physiques qu'à ses compétences ?

Pire, la loi sur la parité a servi d’écran de fumée… En instituant cette loi, on a fait mine de régler le problème de l’inégalité des droits sans aborder les questions les plus cruciales comme les inégalités liées aux salaires et aux pensions de retraites. Dans ce dernier cas, l’écart entre les hommes et les femmes s’est même accentué lors de la dernière contre-réforme des retraites. Les questions du travail des femmes, du temps partiel, des discriminations au travail, des rémunérations ne sont pas abordées alors qu’elles sont pourtant déterminantes.

On ne peut combattre les discriminations en les gravant dans la loi. On ne peut résoudre les inégalités par l’inégalité de droit. Toute politique dite de discrimination positive fait mine de soigner les causes de la maladie alors qu’elle ne traite péniblement qu’un symptôme. Mieux vaut réfléchir sur les origines des inégalités plutôt que d’appliquer des solutions qui aggravent les discriminations et masquent les vraies racines

 

Le combat des progressistes pour le droit de disposer de son corps et de sa conscience.

La démocratie est un système politique où des élus exercent un mandat au nom de leurs concitoyens. Les représentants élus du peuple dirigent un Etat ou une collectivité, font des choix politiques et économiques qui déterminent la vie de leurs concitoyens. Aussi les électeurs choisissent leurs élus au nom de valeurs qu’ils défendent, selon des choix économiques ou politiques qu’ils jugent préférables et au nom d’une certaine orientation politique.

Au gré des situations politiques, des candidats, des idées défendues, des bilans des élus, les électeurs peuvent changer d’avis, sanctionner des élus, choisirent d’autres candidats, changer d’opinions…etc…

Qu’en serait-il si les assemblées élues devaient être déterminées par des quotas qui représenteraient les « minorités » ? Vote-t-on pour des idées et des orientations politiques ou bien votent-on pour des gens selon leur sexe, leur religion, leurs origines ?

La démocratie implique l’égalité des droits et des devoirs… un candidat à un poste ne peut être reçu que parce qu’il mérite cette place et ce quelque soit son sexe, ses options philosophiques, sa couleur… etc… la démocratie ne peut être une accumulation de communautés.

Les intérêts des femmes seraient-ils mieux défendus, en France, si Madame Christine Boutin, consulteur au conseil pontifical pour la famille, opposée à l’ivg, militante pour l’apport judéo chrétien dans la société, était appelée aux plus hautes responsabilités ? Les hommes seraient ils oppressés s’il la majorité des élus étaient des femmes ?

La démocratie implique que nous élisions des élus au nom de leurs programmes politiques et économiques et non pour leur couleur, leur sexe ou leur orientation sexuelle.

En matière d’égalité des sexes, il ne s’agit pas d’un combat des femmes contre les hommes. Non, il s’agit de la lutte multiséculaire des progressistes hommes ou femmes contre les réactionnaires hommes ou femmes. Il s’agit de combattre partout pour l’égalité face à des conceptions qui imposent les inégalités et l’obscurantisme.


La laïcité et la lutte contre les dogmes religieux

Partout où des inégalités se produisent, les libres penseurs doivent réagir et promouvoir l’égalité de tous. Cela suppose l’opposition à toute doctrine inégalitaire et à tout préjugé discriminatoire. Se battre pour l’égalité des hommes et des femmes, c’est combattre les dogmes et les positions liberticides des religions qui justifient l’oppression des uns par les autres, et qui entravent la liberté de tout individu de disposer de son corps et de sa conscience.

Combattre pour la liberté et l’égalité de tous, c’est se battre partout pour que ces puissances religieuses soient exclues des prises de décisions politiques. Le combat pour l’égalité des droits des hommes et des femmes est intrinsèquement lié au combat pour la séparation des Eglises et des Etats. Il ne peut y avoir d’égalité quand des forces inégalitaires et réactionnaires imposent leur point de vue à l’ensemble de la société.

 

Combattre les inégalités quelles qu’elles soient, c’est aussi combattre la plus grande de toute. 

Alors qu’une immense majorité travaille comme salarié ou du moins tente de trouver un travail contre un salaire, une minorité détient les entreprises, les banques et les finances du monde.

Les inégalités sociales constituent les inégalités les plus criantes, elles sont la source de toutes les inégalités. On le voit dans l’Histoire, quand le niveau de vie d’une population augmente, les religions et les superstitions reculent, les conditions de vie des hommes et des femmes y progressent fortement. Les conditions sociales déterminent les modes de penser.

 

Les dirigeants de ce monde n’ont aucun intérêt à perdre leurs nombreux avantages et de fait ne souhaitent pas vivre à égalité avec le reste de l’humanité. Pour ne pas être renversés, ils doivent canaliser et soumettre une bonne partie de l’humanité.

Les religions et le communautarisme (souvent liés) trouvent leurs origines dans cette domination d’une minorité de puissants sur une large majorité de dominés.

 

De la misère sociale et économique, de l’ignorance et de la peur du lendemain naissent des systèmes de penser réactionnaires qui justifient les inégalités sociales, sexuelles et même parfois « raciales ». C’est pour cela que les dominants utilisent les religions pour contrôler les populations.

En 1801, Napoléon signait un concordat avec l’Eglise catholique et déclarait alors : « comment avoir de l’ordre dans un Etat sans religion ? (…) la société ne peut exister dans un Etat sans une religion. La société ne peut exister sans l’inégalité des fortunes, et l’inégalité des fortunes ne peut exister sans la religion. Quand un homme meurt de faim à coté d’un autre qui regorge, il lui est impossible d’accéder à cette différence s’il n’y a pas là une autorité qui lui dise «  Dieu le veut ainsi, il faut qu’il y ait des pauvres et des riches dans le monde ; mais ensuite et pendant l’éternité le partage sera fait autrement. », il ajoute : « C’est en me faisant catholique que j’ai fini la guerre de Vendée, en me faisant musulman que je me suis établi en Egypte, en me faisant ultramontain que j’ai gagné les esprits en Italie. Si je gouvernais un peuple de Juifs, je rétablirais le Temple de Salomon ».

 

Tout comme la lutte contre les religions, la lutte contre toute forme de discriminations doit être comprise et intégrée dans la lutte contre un système ou une minorité prétend diriger une majorité et cela dans des conditions sociales, économiques et politiques inégalitaires.

Un des moyens dont dispose ces puissants consiste en effet à diviser les peuples en communautés. La conscience d’appartenir à une seule classe aux intérêts communs est occultée au profit d’une pseudo-appartenance à une communauté ethnique, religieuse, sexuelle ou autre. Pire, les revendications communautaires, les inégalités entre diverses communautés divisent les peuples et entraine parfois des conflits entre ces communautés.

Des lors, si des individus sont discriminés pour leur sexe, leur religion, leur orientation sexuelle, leurs origines... il convient de combattre pour l’égalité des droits tout en combattant l’origine profonde de toute inégalité ; c'est-à-dire l’inégalité des classes. Il revient ainsi aux démocrates que nous sommes de lutter contre toutes les discriminations, tout en aidant à la compréhension de tous les opprimés que leur émancipation totale n’est possible qu’en abolissant un système économique basé sur l’inégalité et vivant grâce à l’aggravation des discriminations.

La propagande contre les discriminations des femmes, pour l’égalité de tous, apparait nécessaire et légitime mais vaine si elle ne fait pas le lien avec cette lutte économique.

De même, ce combat pour l’émancipation politique et économique impose la compréhension et le soutien à tous ceux et toutes celles qui subissent l’oppression et les discriminations. Nous devons agir sur tous les plans, de façon théorique mais aussi de façon pratique.

En conclusion, il ressort la nécessité pour nous de combattre toute forme de discrimination en mettant en avant les principes d’égalité, de liberté et de laïcité tout en expliquant que l’émancipation totale de l’Humanité est impossible tant que subsiste la plus grande des inégalités ; la domination d’une classe sur une autre. Cette injustice est la mère de toutes les autres et toutes nos luttes émancipatrices doivent être intégrées à la lutte contre l’exploitation économique.

Hansi

 

 



[i][i] Observatoire des inégalités – 11 nov 2011 - http://www.inegalites.fr/spip.php?article59

 

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 12 Février 2012

Cet article est un extrait du dernier bulletin départemental de la LIbre Pensée. Adressez vous à nous si vous souhaitez recevoir acheter le bulletin ou vous abonner.

 

Hypatie d’Alexandrie, Saint Cyrille et le monothéisme.

Dans un numéro récent de la revue Sciences Humaines, un auteur affirmait que le monothéisme était père de l’intolérance religieuse, dans le sens où, contrairement au polythéisme, il n’acceptait qu’une seule vérité.  Point de syncrétisme, point de panthéon, point d’acculturation culturelle et religieuse, dès lors que l’on considère qu’il n’y a qu’un dieu et qu’une seule vérité. C’est ce qui fut d’ailleurs reproché aux juifs puis aux chrétiens par les romains.

C’est cette remarque sur le monothéisme, qui a le plus occupé mon esprit en  visionnant le film Agora du réalisateur Alejandro Amenabar. J’avais déjà entendu parler de ce film par des camarades libres penseurs et je connaissais vaguement la vie de la philosophe et astronome grecquo-égyptienne, Hypatie. J’ai découvert cette femme dans une chronologie historique où sa mort était prise comme symbole pour montrer la fin de la pensée Gréco-romaine antique et l’avènement de l’obscurantisme chrétien.

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Fille du dernier directeur de la bibliothèque d’Alexandrie (Théon), Hypatie est une scientifique, agnostique, laïque avant l’heure, qui enseigne notamment la pensée de Platon, les mathématiques et l’astronomie. Ses travaux ont été détruits mais on suppose qu’elle travaillait sur une forme d’héliocentrisme.

L'historien chrétien Socrate le Scolastique disait d’elle, dans son Histoire ecclésiastique (vers 440) :

« Il y avait à Alexandrie une femme du nom d’Hypatie ; c’était la fille du philosophe Théon ; elle était parvenue à un tel degré de culture qu’elle surpassait sur ce point les philosophes, qu’elle prit la succession de l’école platonicienne à la suite de Plotin, et qu’elle dispensait toutes les connaissances philosophiques à qui voulait ; c’est pourquoi ceux qui, partout, voulaient faire de la philosophie, accouraient auprès d’elle. La fière franchise qu’elle avait en outre du fait de son éducation faisait qu’elle affrontait en face à face avec sang-froid même les gouvernants. Et elle n’avait pas la moindre honte à se trouver au milieu des hommes ; car du fait de sa maîtrise supérieure, c’étaient plutôt eux qui étaient saisis de honte et de crainte face à elle. »

Ne pas être chrétienne, enseigner le rationalisme, la philosophie, être femme, indépendante et avoir une influence sur une partie du peuple et sur le préfet romain Oreste ; voilà plusieurs raison qui vont conduire Hypatie à sa perte. Celle-ci intervient en 415, dans un empire romain désormais devenu chrétien (en 391, l’édit de Théodose ordonnait notamment la destruction de tous les temples païens).

Hypatie est ainsi lapidée par agora13.jpgune milice chrétienne ; les paraballanis,  groupe de quelques centaines de bras armés aux ordres du puissant patriarche d’Alexandrie : Cyrille.

Bien que le film me conforte dans ma vision du christianisme comme obstacle à la liberté, il me fallait toutefois vérifier un peu l’exactitude de cette histoire. C’est tellement facile de faire un film manichéens où des bons se font maltraiter et tuer par des méchants. Sur internet, j’ai notamment trouvé le site d’un historien spécialisé dans l’histoire des religions. Sébastien Fath, c’est son nom, est chercheur au CNRS.

Voilà ce qu’il dit du film : « Recherches faites (de seconde main! Je ne suis pas helléniste), il s'avère que la trame du film est historiquement solide. Ce péplum comporte finalement assez peu d'extrapolations, même si on édulcore la fin, et qu'on romance un peu autour de l'apport d'Hypatie à l'astronomie (à ce sujet, on n'est sûr de rien, les écrits d'Hypatie ayant hélas disparu). Le fanatisme chrétien de l'époque, encouragé par la politisation post-constantinienne du religieux (l'Eglise devenant un soutien du pouvoir) correspond fort bien à ce que les sources antiques nous révèlent. »

Plus loin, il se pose la question de la responsabilité de Cyrille. Il cite alors deux auteurs spécialistes de la question ; Maria Dzielska et Pierre Chuvin.

« D'après Maria Dzielska, dont l'ouvrage est désormais considéré comme la référence principale en ce qui concerne Hypatie elle-même, Hypatie n'était pas une activiste païenne. Son cercle d'étudiants comprenait des païens et des chrétiens: elle ne faisait pas de discrimination. Cyrille, de son côté, apparaît d'après les sources comme un évêque violent, intolérant, qui chasse brutalement les Novatiens, puis les Juifs. Face à Hypatie, en revanche, il est embarrassé. La réputation d'Hypatie étant excellente, son prestige non moins grand, que faire pour écarter cette gêneuse?  L'existence des paraballani, que l'on voit dans le film comme une milice chrétienne inquiétante, est bel et bien confirmée par Maria Dzielska, d'après sa lecture des sources primaires: il s'agissait de 500 à 800 fiers à bras chrétiens, milice charitable.... mais aussi chargée de la protection de Cyrille. Ce sont bien ces hommes qui s'en sont pris au gouverneur, Oreste, accusé de tiédeur (là encore, le film est fidèle aux sources). C'est alors que serait intervenue Hypatie, contestant le pouvoir jugé démesuré de l'évêque, et plaidant pour le respect de l'autorité civile. La thèse de l'auteure est la suivante: réalisant l'obstacle représenté par Hypatie, Cyrille aurait créé un climat de plus en plus hostile à la philosophe, laissant les mains libres aux surenchères et, finalement, au lynchage de la malheureuse. D'après Dzielska, Cyrille n'auraitpas commandité l'assassinat (dans des circonstances particulièrement odieuses). Il aurait simplement créé le climat débouchant sur l'irréparable.

Sur nombre de points, Pierre Chuvin, dans sa large (et émouvante) synthèse sur la destruction des derniers païens par la machine de guerre post-constantinienne (ou théodosienne: christianisme, religion d'Etat), rejoint Maria Dzielska. En revanche, il diffère en partie dans le rôle dévolu à Cyrille, et ses arguments méritent qu'on s'y attarde. D'après lui, les mains de Cyrille ont trempé dans l'assassinat. Pas directement bien-sûr (Cyrille n'a pas poignardé lui-même la malheureuse). En revanche, il souligne en particulier un point négligé par Maria Dzielska, à savoir que le lynchage de la philosophe-mathématicienne par des miliciens chrétiens fanatiques a eu lieu.... dans la propre église patriarcale de l'évêque Cyrille! Difficile, dans ces conditions, d'imaginer que Cyrille n'ait pas cautionné, directement ou indirectement, l'élimination d'un soutien fort d'Oreste, gouverneur détesté de Cyrille. Du reste, Socrate le scolastique, en 440, ne soulignait-il pas déjà que le lynchage a porté atteinte à l'image de Cyrille et à l'église d'Alexandrie"?  Sébastien Fath note cependant que le massacre d’Hypatie n’a pas fait  l’unanimité chez les chrétiens. Ainsi l’évêque « Synésios de Cyrène, ancien étudiant d'Hypatie (un autre personnage du film parfaitement attesté historiquement) fait même preuve, dans sa correspondance, d'une admiration sans borne pour cette femme exceptionnelle ».

Et là, vous vous demandez, et Cyrille qu’est il devenu ? La réponse est très simple Saint Cyrille, sanctifié, glorifié est toujours considéré comme un bon père de l’Eglise aujourd’hui encore. « C'est bien cet homme, caution du lynchage d'Hypatie, dénonciateur impitoyable des 'hérétiques' et expulseur des juifs d'Alexandrie, que le pape Léon XIII a désigné comme "docteur de l'Eglise" en 1882 (notamment pour sa théologie mariale). C'est bien cet homme, théologien et normalisateur musclé d'une politique d'éradication de la différence, que le pape Benoît XVI a qualifié, le 3 octobre 2007, lors d'une audience générale, de "témoin inlassable et ferme de Jésus-Christ"... »

Du 5ème siècle à aujourd’hui, il y a une certaine continuité au sein de l’Eglise. Ses prétendus changements, ces pseudos adaptions à la modernité et à la démocratie ne sont que le produit de l’action des démocrates. Comment se comporterait l’Eglise catholique et ses adeptes, si les lumières, la libre Pensée et le mouvement ouvrier et démocrate n’était pas passés par la ?

 

Hansi

 

Sources : http://blogdesebastienfath.hautetfort.com/archive/2010/01/28/le-lynchage-d-hypathie-le-temps-de-rouvrir-le-dossier.html#more

 

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 1 Juin 2011

Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 18 Juin 2008

De Boutin à Badinter : Qu’est ce que le Féminisme ?Egalité, Parité, Mixité

 

Le féminisme est-il une valeur sûre, en quoi est-il directement lié à la laïcité, aux reculs sociaux, à la déréglementation et aux conditions générales du travail ?

L’égalité et la mixité sont indissociables et  souvent conditionnés par l’existence des services publiques (crèches, écoles, services sociaux …) du droit au travail, du droit au logement (conditions incompressibles de la liberté de partir de chez ses parents, de chez son mari, de sa cité…)

La parité est-elle une réelle avancée du droit des femmes, ou l’arbre qui cache la forêt des inégalités et de la vrai mixité ?

Autant de questions qui interviennent dans les débats sans fin sur l’image de la femme actuelle souvent coincée entre le voile, l’exhibition sur les abris bus, le sexe symbole type porte manteau des couturiers et super woman entre les gosses et le boulot.

 

Une soirée discussion organisée  La Libre Pensée du Mans

Introduction de Françoise Pageard

La soirée se terminera autour d’un buffet

 

Vendredi 27 juin à 19h00

Salle Verdigné (rue d’Isaac) au Mans

 

 

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Rédigé par Libre Pensée 72

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