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Publié le 25 Juin 2017

 

Au début du XXe siècle, l’Afrique sort de plus de 1000 ans de traites négrières : la traité orientale (VIIe siècle – 1920), la traite transatlantique (XVe siècle – fin du XIXe siècle), la traite intra-africaine (XIe siècle – XIXe siècle). D’après les recherches d’Olivier Pétré-Grenouilleau, dans son ouvrage de synthèse « Les Traites négrières. Essai d'histoire globale », l’historien estime à 42 millions le total de victimes pour les trois traites négrières. C’est donc après 1000 ans de capture de sa population que l’Afrique entre dans le XXème siècle et qu’elle va à nouveau servir de réservoir humain pour les puissances occidentales qui préparent l’affrontement de la première guerre mondiale.

L’ORIGINE DES TIRAILLEURS SENEGALAIS

Pour défendre et protéger les territoires colonisés, les Britanniques et les Français enrôlent des Africains dans leurs unités. En 1819, le ministre de la Marine met en place le recrutement de « compagnies d’hommes de couleur ». Il offre une prime initiale à quiconque s‘enrôlera dans ces formations rattachées aux unités françaises du Sénégal. En pratique, les maîtres encaissent l’argent et les nouveaux soldats effectuent un service militaire de douze à quatorze ans. Ce système appelé rachat est maintenu tout au long du XIXe siècle.

L’émancipation des esclaves qui suit la révolution de 1848 freine le recrutement de soldats africains. En vertu du « Décret relatif à l’abolition de l’esclavage », la pratique du rachat est frappée d’interdiction totale. En réalité, le système de rachat disparait vers 1882, lorsque les Français arrêtent de passer par le marché aux esclaves.

De nouvelles méthodes de recrutement sont mises en place et notamment le choix délibéré de la carrière militaire donnant naissance aux premiers mercenaires libres. Louis Faidherbe, alors gouverneur du Sénégal, crée en 1857 les « Tirailleurs sénégalais ». Il adopte une série de mesures pour inciter les Africains à s’enrôler : le traitement normal est majoré, des primes sont accordées aux nouvelles recrues. Au début de 1858, 4 compagnies complètes sont mises sur pied.

LA FORCE NOIRE DE MANGIN

Au début du XXe siècle, la préparation de la guerre est dans toutes les têtes. En 1910, Le Général Mangin, fort d’une expérience militaire en Afrique (Mission Congo-Nil, conquête du Maroc), rassemble ses articles et ses discours dans un ouvrage intitulé La Force Noire.  Il y développe son projet : faire de l’Afrique noire le réservoir de la puissance française.

Mangin développe deux thèmes principaux. La force militaire reposant pour lui d’avantage sur la supériorité numérique que sur la technologie, Mangin compte sur les populations coloniales françaises pour faire contrepoids à la vigoureuse croissance démographique allemande. Pour lui, l’Afrique noire constitue une réserve quasi inépuisable d’hommes. Selon ses estimations, à elle seule la région de l’Afrique Occidentale Française (AOF) peut aisément fournir au minimum 10 000 volontaires par an.

De plus, pour lui, les Africains sont des « soldats nés », les hommes noirs ont une vocation naturelle au métier d’armes. Mangin évoque des arguments d’ordre culturel et racial. Les Noirs seraient dotés d’un système nerveux beaucoup moins développé que celui du blanc faisant de l’homme noir un grand guerrier sans peur.

La réalité est évidemment tout autre. Outre les fondements plus que discutables des notions racistes concernant les traits guerriers et neurologiques propres aux hommes noirs, les hypothèses démographiques de Mangin se révèlent fausses. En fait à l’exception de quelques régions, l’AOF n’est guère populeuse.

Jusqu’au conflit de 1914-1918 les tirailleurs sénégalais constituent essentiellement une formation mercenaire. La première guerre mondiale accélère le processus. Le recrutement en temps de guerre s’effectue par le biais de méthodes coercitives rappelant l’époque de la traite des esclaves.

EFFECTIF MILITAIRE AFRICAIN ENTRE 1820 ET 1914

1820-1857

1862-1895

1900-1914

1998

20 799

83 085

Source : Maurice Abadie, La défense des colonies (Paris, Lavauzelle, 1937) cité dans Myron J. Echenberg, Les tirailleurs sénégalais en Afrique occidentale française, 1857-1960, Khartala, 2009

 

L’ENROLEMENT DES TIRAILLEURS SENEGALAIS

L’Appel à l’Afrique commence réellement dans les premières semaines d’août 1914, mais les populations opposent rapidement des résistances. Dès 1915, des révoltes éclatent comme dans le Bélédougou (Mali), dans l’Ouest Volta (Burkina Faso) ou au nord du Dahomey (Bénin). Des insurrections ont lieu jusqu’au printemps 1917. C’est la réquisition qui est utilisée pour constituer l’armée coloniale et qui engendre une résistance des africains. Les administrateurs coloniaux fixent des quotas aux chefs de cantons qui répercutent auprès des chefs de villages.

Le Gouverneur Général de l’Afrique Occidentale Française, Joost Van Vollenhoven alerte l’autorité française dans un rapport au Ministre Maginot le 20 juillet 1917 « Pour tirer de ce pays encore quelques milliers d’hommes, on le mettra à feu et à sang et on le ruinera ». Mais dès janvier 1918, un nouvel appel à l’Afrique est lancé. Blaise Diagne, député du Sénégal, en a la charge. Alors devenu commissaire général aux troupes noires avec rang de sous-secrétaire d’État aux colonies, il organise le recrutement militaire en AOF. Entre février et août 1918, il sillonne l’Afrique de Dakar à Bamako pour convaincre les cadres de la société africaine. Il promet des médailles militaires, une bonne solde, un certificat de bien manger, un habillement neuf et surtout la citoyenneté française une fois la guerre finie. Les primes de recrutement sont fortement augmentées. Sur l’année 1918, il réussit à mobiliser 63 000 soldats en Afrique Occidentale Française (AOF) et 14 000 en Afrique Equatoriale Française (AEF).

En quatre ans, ce sont donc plus de 160 000 hommes qui sont recrutés pour contribuer à l’effort de guerre sur le continent européen.

RécapitulatiF des recrutements de la guerre de 1914-1918 en AOF

Population

Recrutements

Total

% de la population

1914-1915

1916

1917

1918

12 351 485

31 768

53 535

12 182

63 276

161 361

1,3

Source : Marc Michel, Les Africains et la Grande Guerre, l’Appel à l’Afrique (1914-1918), Khartala, 2003.

 

L’UTILISATION DES TIRAILEURS PENDANT LES COMBATS

Au total, dix bataillons de tirailleurs combattent en France en 1914 soit environ 5 300 hommes. A peine débarqués dans les ports français, les hommes sont envoyés au front sans entrainement, sans préparation, sans parler français. Les premiers combats sont ravageurs.  Près d’un homme sur 3, tombe, tué, disparu ou blessé. En février 1915, sans plus d’entrainement, les troupes noires sont envoyées en renfort dans l’opération des Dardanelles. L’armée française qui s’enlise face aux lignes turques demande de plus en plus de soldats noirs. Début octobre 1915, le Corps Expéditionnaire d’Orient comprend 2/3 de troupes de « couleur ». Les pertes sont énormes et le maintien de ses troupes pendant l’hiver constitue une épreuve supplémentaire. Cet épisode oblige le commandement à organiser un « hivernage » des troupes noires.

C’est à partir de 1916, que le commandement emploie de façon beaucoup plus importante les contingents noirs. Cette année-là, les tirailleurs sont engagés sur le front de la Somme et sur celui de Verdun. Au mois de juillet, deux bataillons participent aux tentatives de conquête de positions allemandes d’Assevillers. Les pertes sont effroyables, plus d’un tiers du 71ème BTS est mis hors de combat (morts, disparus, blessés), le 28ème BTS, perd un cinquième de ses effectifs. Ces faits de guerre se multiplient sur le front de la Somme comme sur celui de Verdun.

1917, est une année terrible pour les Noirs sur le font français, c’est l’année du sacrifice des Sénégalais au Chemin des Dames, celle qui vaut à Mangin le qualificatif de « boucher des Noirs ». L’idée est bien de recourir au maximum à l’effort colonial pour économiser les forces de la métropole. Ils participent à la bataille du Chemin des Dames en avril 1917 au cours de laquelle ils perdent plus de 7 000 hommes sur 16 500 engagés, soit le quart de leurs pertes totales au cours de la guerre.

1918 est l’année la plus sombre de la guerre pour les Sénégalais appelés à défendre la « Mère Patrie ». Ils s’illustrent pendant la défense de Reims. Au départ conçu comme une simple diversion, l’offensive devient une bataille importante. Les soldats noirs des Bataillons des Tirailleurs Sénégalais se battent pendant ces journées de juillet 1918, de façon héroïque. Face aux gaz et aux assauts allemands, le bilan est tragique, certains BTS perdent jusqu’à  75 % de leurs hommes.

CONCLUSION

Entre 1914 et 1918, plus de 160 000 tirailleurs sénégalais, essentiellement de l’AOF sont recrutés et déplacés pour se battre pour la « Mère Patrie » et participer de leur sang à l’effort de guerre. C’est peu comparé au 42 millions de déportés des différentes traites négrières mais sur un délai de 4 ans, c’est une « traite » massive.

Les « récompenses » promises sont dérisoires et scandaleuses au vu du prix payé par ces hommes. En 1998 seulement, on prévoit de donner la légion d’honneur, au dernier tirailleur sénégalais encore vivant : Abdoulaye N'DIAYE. Engagé dès le début de la guerre, Abdoulaye participe aux combats en Belgique, à l'expédition des Dardanelles en 1915, aux combats de la Somme en 1916. Il termine la guerre à Verdun en 1918. Il ne touche ses premières pensions qu’en 1949 ; une pension d’ancien combattant et une pension d’invalidité. A cette époque son petit-fils, lui aussi tirailleur, se bat pour la France en Indochine.  

En 1998, le montant mensuel de ces deux pensions qui a été gelé par le gouvernement français à partir de l'indépendance du Sénégal en 1961 est dérisoire : 340,21 francs français (45€). Abdoulaye est mort le 10 novembre 1998, la veille de la cérémonie de remise de sa médaille qu’il obtiendra à titre posthume.

Mathilde Roux

Le déplacement des africains sur le front européen, deuxième transfert de masse après la traite négrière.

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #anti militarisme, #colonialisme

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Publié le 24 Mai 2017

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #anti militarisme

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Publié le 17 Avril 2017

La « Force Noire » pendant la première guerre mondiale

Dès l’origine de la présence française en Afrique occidentale, des miliciens africains reçoivent pour mission de protéger les établissements commerciaux de la métropole sur les côtes sénégalaises. Le 21 juillet 1857, Louis Faidherbe, gouverneur du Sénégal, obtient de l’empereur Napoléon III, par le décret de Plombières-les-Bains, la création du premier bataillon de tirailleurs « sénégalais ». En 1900, le 1er Régiment de tirailleurs « sénégalais » est formé au Sénégal, à Saint Louis. Bien que le recrutement de tirailleurs ne se soit pas limité au Sénégal, ces unités d'infanterie ont rapidement désigné l'ensemble des soldats africains de couleur noire qui se battent sous le drapeau français et qui se différencient ainsi des unités d'Afrique du Nord, tels les tirailleurs algériens. Lors de la Première Guerre mondiale, ce sont environ 200 000 « Sénégalais » de l'AOF (L’Afrique Occidentale française) qui se battent sous le drapeau français, dont plus de 135 000 en Europe.

 

« La Force Noire »

 

L’idée de faire appel massivement à des 

soldats indigènes afin d’avoir davantage d’hommes pour une guerre prochaine contre l’Allemagne est lancée en 1910 par le colonel Mangin dans un livre intitulé « La Force Noire ». Dans cet ouvrage Mangin dresse le tableau d’une France qui se dépeuple. La conscription s’annonce difficile. Le colonel Mangin préconise de recruter massivement les africains. « Nos forces africaines nous constituent des réserves presque indéfinies ». Le député Adolphe Messimy soutient cette idée en écrivant dans les colonnes du quotidien « Le Matin » du 3 septembre 1910 « L’Afrique nous a coûté des monceaux d’or, des milliers de soldats et des flots de sang ; l’or nous ne songeons pas à le lui réclamer. Mais les hommes et le sang, elle doit nous le rendre avec usure ».

Si le recrutement des hommes noirs n’a pas été massif avant la guerre, en revanche une fois la guerre déclenchée, l’état-major va se servir de ses colonies comme d’un réservoir à soldats. En 1914, ce sont 26 000 « tirailleurs sénégalais » qui sont recrutés, puis 50 000 en 1915-1916. Le point culminant est en 1917 lors du lancement de la mission par le gouverneur général de l'Afrique occidentale française Angoulvant et Blaise Diagne, seul député élu d'origine africaine. Le nombre de tirailleurs a fait plus que décupler pour atteindre un total de 183 000 hommes en 1917. Marc Michel dans son essai, L’Afrique dans l’engrenage de la Grande Guerre  écrit « Au total, l’Afrique fournit à la machine de guerre de la France les trois quarts des soldats mobilisés dans son empire, 170 000 Noirs de l’Afrique-­Occidentale française (AOF) et de l’Afrique-Équatoriale française (AEF), plus de 172 000 Algériens musulmans, près de 100 000 Tunisiens et Marocains, 40 000 Malgaches." Mais cette mobilisation ne va pas se faire sans résistance.

 

Les révoltes contre la levée des troupes

 

Le décret du 7 février 1912 institue le recrutement par voie de réquisition. Les administrateurs coloniaux fixent des quotas aux chefs de cantons qui répercutent auprès des chefs de villages. Mais face à l'effort de guerre et à " l'impôt du sang " des résistances se mettent en place. Des manifestations de mécontentement, des automutilations, des désertions, la présentation d'inaptes aux commissions de recrutement sont parmi les stratégies pour éviter l’enrôlement. Outre cette forme de résistance, trois révoltes importantes éclatent en 1915 et en 1917.

La première a lieu chez les Bambaras du Mali, près de Bamako en avril-mai 1915. Elle dure environ 6 mois, du printemps à novembre 1915.

La deuxième, éclate en novembre 1915 dans l'ouest de la Haute-Volta, l’actuel Burkina Faso, autour du gros village de Bouna. Les historiens la considèrent comme la plus grande révolte anticoloniale de l’Afrique noire française, qui a soulevé plus de 160 000 habitants dans plus de 500 villages. Pour faire face à une résistance inattendue, en février 1916, une colonne militaire est lancée, et organise une campagne de destruction systématique, avec 750 hommes et deux sections de mitrailleurs. Deux autres colonnes sont envoyées en avril 1916. Les dernières oppositions armées sont détruites en septembre. 110 villages sont détruits. Il aura fallu 9 mois et 2000 hommes pour réduire cette révolte au silence. Cette dernière entraine une baisse du nombre de recrutements.

En 1917, une nouvelle révolte affecte le nord du Dahomey et contraint Clémenceau à confier désormais la mission du recrutement au seul député noir d'Afrique, Blaise Diagne qui devient en 1917 commissaire général aux troupes noires avec rang de sous-secrétaire d'État aux colonies. Entre février et août 1918, il sillonne l'Afrique de Dakar à Bamako et essaye de convaincre ses "compatriotes" encore soumis au Code de l'Indigénat de venir se battre en France, tout en leur promettant des médailles militaires, une bonne solde, un certificat de bien manger, un habillement neuf et surtout la citoyenneté française une fois la guerre finie. " En versant le même sang, vous gagnerez les mêmes droits ", promet-il. Beaucoup de tirailleurs pensent ainsi que leur sacrifice leur vaudra le statut de citoyen français. Les primes de recrutement sont fortement augmentées. Il réussit de la sorte à mobiliser 63 000 soldats en AOF et 14 000 en AEF.

 

L’armée coloniale au combat

 

En août 1914, les premiers contingents de troupes coloniales arrivent en France. L’absence de permissions permettant aux « Indigènes » de revoir leurs proches, suscitent une profonde tristesse. Cette nostalgie liée aux douloureuses expériences de la guerre, provoque des suicides et certaines tentatives de mutilation.

Entre 1914 et 1918, les soldats de la « force noire » participent à toutes les batailles et offensives décisives. Le général Nivelle, qui remplace Joffre en décembre 1916, les envoie massivement à la mort. Une note du 21 janvier 1917, signée de sa main, demande de « ne pas ménager le sang noir pour conserver un peu de blanc ». Au matin du 16 avril 1917, plus de 15 000 tirailleurs sénégalais sont lancés à l’assaut des crêtes du Chemin des Dames. Nivelle a confié la 6e Armée à Mangin, devenu général, qui espère trouver là l’occasion de faire triompher ses idées sur la « Force noire ». Il a placé « ses » Sénégalais aux deux ailes, 20 bataillons, soit environ 15 000 hommes. Paralysés par le froid, ils sont fauchés par les mitrailleuses allemandes. Dans la seule journée du 16 avril, plus de 1 400 de ces tirailleurs meurent dans les combats pour la conquête du Mont des Singes, des fermes de Moisy et d’Heurtebise ou sur les pentes d’Ailles. Lors des deux premiers jours de l’offensive, les 16 et 17 avril, les tirailleurs sénégalais perdent de l’ordre des trois quarts de leurs effectifs. En trois jours, plus de 6 000 tirailleurs sont morts au Chemin des Dames. Ce qui reste de leurs unités doit être relevé le 18 avril. Mangin a gagné ici la sinistre réputation de « broyeur de Noirs » qui amène Nivelle à lui retirer, le 29 avril, le commandement de la 6e Armée.

 

La mutinerie de la Troupe Noire du 61ème BTS, la bataillon Malafosse

Les terribles désillusions de l’Offensive du Chemin des Dames occasionnent de nombreuses manifestations de mécontentements chez les combattants français. Les troupes coloniales sont chargées de surveiller et d’encadrer ces « mutins ». Mais au début du mois d’août, le 61e BTS du chef de bataillon Malafosse est également touché par des manifestations de « ras le bol ». L’unité a été engagée coup sur coup trois fois de suite avec des pertes effroyables le 16 avril au chemin des dames, à nouveau le 5 mai puis encore le 29 juillet à Heurtebize.

Cette mutinerie est caractérisée par le refus collectif de monter en ligne. Le 13 août à Maizy, une compagnie demande à être renvoyée au dépôt divisionnaire au moment où elle doit partir pour les tranchées. Alors que la venue du général Puyperoux semble débloquer la situation, une autre compagnie refuse de se rassembler. Le lendemain, 2 à 300 hommes restent en armes aux abords du camp en refusant de rallier le commandant. Les soldats réclament du repos et comparent leur situation à celle des autres bataillons moins exposés. Le mot d’ordre des mutins est clair « bataillon Malafosse n’a pas bon, jamais repos, toujours faire la guerre, toujours tuer Noirs ». Les meneurs sont arrêtés au milieu de leurs camarades mais ces derniers ne bougent toujours pas. Deux jours de repos leur sont accordés, ce qui finit par ramener l’ordre. Deux tirailleurs sont arrêtés, traduits en conseil de guerre le 23 août et condamnés à mort (Bala Taraoré de Guinée et Abdoulaye Yattara du Niger). La peine est commuée par le président de la République. Par ailleurs, le soldat Bikama Keita est fusillé le 13 septembre pour voies de fait contre un sergent le 29 avril précédent.

 

Le bilan

Les tirailleurs sénégalais ont été sur tous les fronts, mais en ont payé le prix fort. À la fin de la guerre, le pourcentage de soldats africains morts au combat s’élève à plus de 22 %.

La guerre de 1914-1918 marque un tournant dans la représentation de l'Afrique noire et de ses habitants. La propagande officielle vante tout au long du conflit la valeur des soldats noirs, leur "sauvagerie" se retournant contre celui qui symbolise alors la barbarie, le "Boche" (l'Allemand). L'Africain devient ce fidèle combattant, toujours souriant, souvent gauche : le mythe du " grand enfant " est en train de naître, immortalisé par la figure du personnage du tirailleur « Y'a bon » qui prend la place à partir de 1915, de la Martiniquaise qui figurait sur les premières boîtes de cacao de la marque Banania avant la Première Guerre mondiale. À la fin des années 30, le tirailleur est identifié dans l'imagerie populaire au célèbre personnage sur lequel Léopold Sédar Senghor, exprimant la révolte des Africains devant l'utilisation caricaturale de l'image du tirailleur, et du Noir en général, écrit ces deux vers : " Vous n'êtes pas des pauvres aux poches vides sans honneur / Mais je déchirerai les rires banania sur tous les murs de France. "

Mathilde Roux

 

Des mutineries de tirailleurs sénégalais en 1917

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #anti militarisme

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Publié le 26 Mars 2017

voici le discours prononcé par Hansi Brémond, pour la FNLP, au rassemblement pacifiste de Sartilly organisé par la LP de la Manche.

 

Amis, Citoyens, Camarades,

 

Je vous apporte ici le salut fraternel de la Fédération nationale de la Libre Pensée,  de son président Jean-Sébastien Pierre et de la Fédération nationale laïque des monuments pacifistes.

 

Je remercie les camarades de la LP50, les amis présents, notamment ceux de la Ligue des droits de l’Homme.

 

La Fédération nationale de la Libre Pensée se réclame depuis toujours de l’antimilitarisme internationaliste et pacifiste. Elle condamne toutes les guerres impérialistes et les « opérations extérieures » qui ne sont que relents de conquêtes colonialistes.

Le Congrès national de la Libre Pensée, réuni à Bourg-lès–Valence du 23 au 26 août 2016, a condamné les bombardements et les destructions menés partout dans le monde. La guerre est sur tous les continents et massacre des centaines de milliers d’hommes, de femmes, d’enfants et de vieillards.

 

Depuis maintenant trente ans, la Libre Pensée a repris le combat des Fusillés pour l’exemple de la première guerre mondiale.

Ces hommes, paysans et ouvriers français, envoyés au front pour se battre contre d’autres ouvriers et paysans allemands.

Ces hommes qui dans l’enfer des combats, dans l’horreur des tranchées ont refusé ce pas de plus vers l’ignominie, ont refusé la guerre, où ceux qui ont été pris au hasard par l’autorité militaire, ces hommes dont les généraux fusilleurs ont voulu faire des exemples, ont été assassinés par des balles françaises, exécutés par leur compagnon d’infortune.

 

Ce fut par exemple le cas, des caporaux Maupas, Lechat, Lefoulon, Girard fusillés pour l’exemple en mars 1915 car leur compagnie n’est pas sortie des tranchées.

Ils ont finalement été réhabilités notamment grâce à l’action de notre camarade ; Blanche Maupas aidée par Eulalie Lechat… Pour autant 639 fusillés pour l’exemple morts par la France ne le sont toujours pas.

 

ET aujourd’hui, les généraux et les plus hautes autorités de la République se refusent à réhabiliter ces fusillés pour l’exemple, 100 ans après.

Ils s’y refusent alors que des milliers de citoyens le réclament chaque 11 novembre, ils s’y refusent alors que 34 conseils généraux, 3 conseils régionaux et plus de 2000 communes ont pris position pour la réhabilitation collective des fusillés pour l’exemple.

 

Le président du Conseil général de Corrèze devenu président de la République a oublié ses promesses, préférant se glisser dans la peau d’un petit Napoléon accompagné de ses généraux qui décident dans les bureaux dorés de l’Elysée de la vie ou de la mort de milliers d’individus.

 

Tout semble plus simple quand on envoie des drones tueurs. On bombarde des pays au nom de la prétendue lutte contre le terrorisme…

 

Mais qui a créé le monstre qui attaque en France ? Qui l’a armé ? Qui le finance ? Hier comme aujourd’hui, nul ne peut porter la guerre sur un territoire voisin, nul ne peut décider des frontières à la place d’un autre peuple sans qu’il y ait des conséquences dramatiques.

 

Le traité de Versailles et l’humiliation imposée au peuple allemand a été l’un des terreaux du nazisme, les deux guerres du Golfe et la libanisation de la Syrie n’ont pu qu’engendrer un agrégat de milices exhumant le fantasme d’un califat qui n’a jamais existé.

 

"On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels" disait Anatole France. Aujourd’hui comme hier, la guerre est une affaire de gros sous.

 

 

Pendant que les peuples souffrent, les industriels d’enrichissent…

 

Le journal La tribune l’annonçait en février dernier ; Le marché mondial de l'armement est au plus haut depuis la Guerre froide[1]

Ce marché juteux atteint les 370,7 Milliards de dollars...la France arrive 4ème des exportateurs d’armes dans le monde et l’entreprise Dassault a augmenté ses bénéfices de 67.5% en 2016 !!![2]

Là aussi le parallèle avec les années précédant les guerres mondiales est saisissant.

 

Comme le relèvent nos amis du Mouvement de la Paix, les généraux ont obtenu du pouvoir politique actuel que le budget des armées passe de 31,6 milliards aujourd’hui à  41 milliards d’euros en 2020 et qu’à la demande de l’OTAN,  le budget de la dissuasion nucléaire double aussi, passant à 6 milliards à l’horizon 2030.

 

Camarades, le monde sent la poudre ;

 

Les budgets de la défense dans le monde ont fortement augmenté en 2016, atteignant 1 570 milliards de dollars[3]

 

TRump veut augmenter de 54 milliards de dollar le budget de la défense des USA d’ici a 2018.[4]

La chine va augmenter son budget militaire de 7% en 2017.[5]

La Russie a pour sa part augmenté son budget militaire de 215 % depuis 2000[6]

 

Je pense à chaque fois à cette question lue sur le net : « combien cela couterait de nourri le monde ? Moins cher que de le bombarder ! »

 

Et selon, les bien-pensants qui menacent l’humanité entière pour satisfaire leurs profits, il faudrait ne voir de menaces que dans la radicalisation de quelques milliers de barbares islamistes ?

 

N’y a-t-il de radicalisation que celle de ces barbares prêts à tuer au nom de l’islam ?

A écouter certains « chantres » de la civilisation occidentale, je pense a Zemmour ou BHL, prôner des interventions militaires dans tous les coins du monde, n’est-on pas en droit de se demander si ce n’est pas le monde entier qui se radicalise ?

 

Les récentes élections en Autriche, aux USA, l’évolution de la situation en Russie ou en Turquie, les politiques menées contre les droits des femmes en Espagne ou en Pologne, les discours sécuritaires et de plus en plus xénophobes de certains candidats aux présidentielles en France, l’Etat d’urgence, l’assignation à résidence de militants écolos lors de la cop 21; la tentative d’interdire des manifestations en France… Tout cela ne constitue-t-il pas une forme de radicalisation généralisée ?

 

Plus le système capitaliste est incapable de satisfaire les besoins de l’humanité, plus il entraine les peuples dans des régressions, plus les élites ont besoin de modèles autoritaires et du secours des religions pour contrer les aspirations des peuples…

Il ne s’agit pas d’une simple lutte d’idées déconnectées de la réalité mais bien des conséquences concrètes de l’économie pourrissante.

 

Les peuples ne veulent pas être sacrifiés sur l’autel du capital, les dominants ont de plus en plus de mal à contrôler les choses… Il leur faut durcir leur discours, museler la démocratie, contenir et diviser les peuples. Dans cette tâche, ils peuvent compter sur les religions, facteurs de haine, de divisions et de résignation.

 

Que faire ?

Comme Jaurès en 1914, nous pensons qu’il y a une issue :

 

Il déclarait  le25 juillet 1914 : « Quoi qu’il en soit, citoyens, et je dis ces choses avec une sorte de désespoir, il n’y a plus, au moment où nous sommes menacés de meurtre et de sauvagerie, qu’une chance pour le maintien de la paix et le salut de la civilisation, c’est que le prolétariat rassemble toutes ses forces qui compte un grand nombre de frères, Français, Anglais, Allemands, Italiens, Russes, et que nous demandions à ces milliers d’hommes de s’unir pour que le battement unanime de leurs cœurs écarte l’horrible cauchemar. »

En cette année 2017, nous devons également suivre les exemples des mutins ou des révolutionnaires russes de 1917 !!

 

Amis, Citoyens, Camarades,

 

Le combat pour la réhabilitation collective des fusillés pour l’exemple, notre combat pour le refus de la guerre, pour la liberté de conscience du citoyen n’est pas un combat d’arrière garde…

 

La suède vient de rétablir le service militaire, la Lituanie a rétabli le service militaire, et dans le programme de certains candidats en France ; il y a le rétablissement du service militaire !

 

Notre combat pour la réhabilitation des fusillés est un combat de  justice mais c’est aussi un appel à l’ensemble des jeunes à qui l’on refuse un avenir serein…

 

Ne vous soumettez pas !

 

 Cette revendication s’appuie sur la liberté humaine et contre l’oppression qui faisait dire à Emmanuel Kant, il y  a bien longtemps : « Mais j’entends présentement crier de tous côtés : Ne raisonnez pas !

L’officier dit : Ne raisonnez pas, exécuter ! , le financier dit : Ne raisonnez pas, payez, le prêtre dit : Ne raisonnez pas, croyez ! »

 

Parce que la mémoire se dilue, qu’il est important de rappeler sans cesse que la grande boucherie de 14-18 a aussi connu ses fusillés pour l’exemple, ces jeunes désignés par le doigt hasardeux et assassin des généraux.

 

Nous appelons à l’érection d’un monument réhabilitant les 636 Fusillés pour l’exemple. Nous dresserons ce monument de pierre, pour que le temps et la mémoire ne puissent l’effacer des prochaines générations, sur la ligne de front. Là où ils ont souffert, là où ils sont morts.

 

Nous le dresserons pour rappeler ces cinq ans de barbarie où « "la France se préparait à produire de 10 à 12 000 obus par jour ; à la fin, son industrie devait en produire 200 000 par jour. »

 

Encore aujourd’hui, comme la balafre infligée à la mémoire des familles des descendants de fusillés, on retrouve les traces de ces engins de morts comme l’éternel rappel de la folie des militaires. C’est bien contre les guerres, ceux qui la déclenchent, la préparent et la mettent en œuvre que nous dresserons ce monument. Nous le dresserons parce que nous sommes aussi la République.

 

Nous appelons ici chaque citoyenne, chaque citoyen, à faire un don pour ériger ce monument, il n’y a que les citoyens conscients qui inscriront ce message de paix qu’est la réhabilitation dans la pierre.

 

En juin prochain à Angers, se tiendra un rassemblement régional similaire au notre qui sera une étape de plus vers la réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple.

Au Mans, nous organiserons un évènement autour des mutineries de 1917 en octobre prochain…

 

Plus largement, les laïques et les démocrates doivent se rassembler !

C’est le sens de l’appel des laïques !

 

Comme Maupas, Lechat, Lefoulon, Girard, nous refusons d’obéir !!!

 

Que chaque libre penseur diffuse et discute de nos positions, que chacun d’entre nous aide les laïques, les démocrates et les progressistes à se rassembler dans toutes les luttes pour ne pas céder le moindre centimètre carré aux réactionnaires de tout poil.

 

 

Maudite soit la guerre, a bas toutes les guerres,

Réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple

 

 

 

[1] http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/le-marche-mondial-de-l-armement-au-plus-haut-depuis-la-guerre-froide-642341.html

[2] http://www.boursier.com/actualites/economie/les-etats-unis-dominent-toujours-le-marche-de-l-armement-mais-33843.html

[3] http://www.lepoint.fr/monde/budget-militaire-la-france-depensera-plus-que-la-russie-en-2017--12-12-2016-2089696_24.php

[4] http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/02/28/budget-militaire-les-faits-derriere-la-hausse-historique-de-donald-trump_5087086_3222.html

[5] http://www.france24.com/fr/20170304-chine-hausse-budget-militaire-2017-trump-menace

[6] http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/782687/evolution-depenses-militaires-monde-carte

discours au rassemblement pacifiste de Sartilly - 12 mars 2017

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #anti militarisme

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Publié le 24 Février 2016

Et toujours 55 Fusillés pour l’exemple non-réhabilités !

 

Le faste des cérémonies à l’occasion du centième anniversaire du déclenchement de la bataille de Verdun a été une nouvelle occasion pour l’Etat d’occulter la mémoire des Fusillés pour l’exemple et de manifester son profond mépris pour l’établissement de la Justice pour les victimes de la guerre. Le Gouvernement de messieurs Hollande et Valls se sont fait, une nouvelle, les complices des assassins.

La bataille de Verdun a débuté le 21 février 1916 et s’est terminée le 15 décembre 1916. Bilan : aucun gain territorial, aucune avancée militaire décisive ; mais plus de 700 000 victimes (306 000 tués et 406 00 blessés dans les deux camps).

C’est une bataille pour rien : Erich von Falkenhayn, chef d’Etat-major de l’armée allemande voulait « saigner de manière décisive l’armée française ». Du même coup, il a saigné l’armée allemande dans la même proportion. Une boucherie pour rien. Comme celle de l’offensive Nivelle de 1917 pour conquérir des positions (Chemin des dames) que Falkenhayn avait déjà décidé d’abandonner pour réorganiser le front des armées allemandes.

Durant ces mois de boucherie effroyable, il y eut un grand nombre d’exécutions sommaires pour « forcer » la troupe (Code de Justice militaire). Le 14 mai 1916, le 140e Régiment d’Infanterie alla même jusqu’à se mutiner « les bras croisés » pour refuser de remonter à l’assaut. Il fallait faire des exemples, on fusilla donc « pour l’exemple » 55 soldats durant cette bataille. Des centaines de soldats passent au moulinet des Conseils de guerre, beaucoup sont condamnés et exécutés.

Voici le décompte qu’en a fait le Général Bach dans ses travaux : Février 1916 : 2 ; Mars : 5 ; Avril : 3 ; Mai : 20 ; Juin : 6 ; Juillet : 6 ; Août : 5 ; Septembre : 2 ; Octobre : 0 ; Novembre : 3 ; Décembre 1916 : 3. Soit un total : 55 Fusillés à Verdun sur les 106 de l’année 1916

Voici le commentaire du général Diez, présent à ce moment-là sur le théâtre des opérations : « Si l’on ne doit pas excuser les actes d’indiscipline, le commandement devrait bien réfléchir à quelles causes il convient d’attribuer le refus d’obéissance et s’il n’est pas coupable dans sa façon de commander. »

 

Hier comme aujourd’hui, les assassins ne seront pas jugés ; Les victimes ne seront pas réhabilitées !

Hier comme aujourd’hui, il fallait taire la responsabilité des généraux et de l’Etat-major. Hier comme aujourd’hui, le gouvernement jette le manteau de Noé sur les crimes de guerre. Responsables et coupables, vous ne serez jamais inquiété par le pouvoir à la botte du militarisme et, hier comme aujourd’hui, à la tête des opérations coloniales et impérialistes, dite « opérations extérieures ».

 

La Libre Pensée n’accepte pas !

Parce que le peuple souverain, c’est la République en marche, parce que nous sommes aussi la République, au nom de l’Humanité nous proclamerons que les 639 Fusillés pour l’exemple (dont les 55 de Verdun) sont réhabilités collectivement, qu’ils n’ont ni fauté ni trahi. Ils étaient des hommes au Front sous les bombes, les obus et la mitraille.

Ils étaient dans la boue, le sang et l’horreur des tranchées. Ils ont dit NON à la mort inutile. Ils ont dit NON à des ordres imbéciles aboyés par une hiérarchie militaire qui se souciait comme d’une guigne de la vie humaine.

La Fédération nationale de la Libre Pensée appelle tous ceux qui se reconnaissent dans cette démarche de justice à souscrire massivement pour l’érection d’un monument sur la ligne de Front en hommage aux 639 Fusillés pour l’exemple.

 

Nous sommes aussi la République ! Nous réhabiliterons les 639 Fusillés pour l’exemple !

____________________________________________________________________________

Souscription

Je verse : ………………………€ pour l’érection du monument aux Fusillés pour l’exemple.

Nom : …………………………………………… Prénom :………………………………………..

Association : ………………………………………………………………………………………….

Qualités : ……………………………………………………………………………………………..

Adresse : ……………………………………………………………………………………………..

Chèque à l’ordre de : « A.E.M.H.F.E. » Association pour l’érection d’un monument en hommage aux Fusillés pour l’exemple

A envoyer à : Nicole Aurigny - AEMF - 49 rue Quentin Barré 02100 Saint-Quentin

merci à Alexandre Rousseau, photographe, pour son aimable autorisation. visitez le site suivant : http://www.visites-guidees-verdun.fr/

merci à Alexandre Rousseau, photographe, pour son aimable autorisation. visitez le site suivant : http://www.visites-guidees-verdun.fr/

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #anti militarisme

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Publié le 11 Janvier 2016

Voici la version intégrale de l’article de Gérard sur le livre la pub est déclarée.

Vous pouvez acheter ce livre ici :

Dans La pub est déclarée ! paru en 2013 aux éditions Hoëbeke, Didier Daeninckx raconte la guerre au travers de la « réclame »( terme utilisé à l’époque) placardée sur les panneaux d’affichage ou publiée dans la presse écrite. C’est le meilleur moyen de toucher la population : 600 quotidiens dont 90 à Paris ; parmi eux Le Petit Journal, Le Petit Parisien, Le Matin, Le Journal dépassaient chacun le million d’exemplaires. Superbement illustré par de nombreuses reproductions en couleurs, l’auteur nous introduit, au travers d’un récit, dans le monde de la publicité aux côtés de mademoiselle Bonnier jeune dactylo d’une agence de publicité dont le rôle sera de trouver les slogans les mieux adaptés pour « vendre la guerre ».

Tout est bon pour vendre et faire du profit. La guerre est un excellent vecteur. Que ce soit pour galvaniser la fibre patriotique, attendrir l’arrière, fustiger l’ennemi, aucun sujet n’est tabou, tous les arguments sont possibles et certaines affiches sont particulièrement édifiantes. Voici un aperçu de ce qu’étaient les « réclames » de l’époque. Je les ai classées par thème.

 

L’équipement :

La Bretelle BAYARD, sans peur et sans reproche, marque déposée et système breveté,

La bretelle la plus pratique se prête à tous les mouvements du corps ; n’abîme pas la chemise et permet de laisser les pattes boutonnées au pantalon ; Jusqu’au bout…Elle a tenu…

 

A celui qui est au Front….parent, ami ou employé, envoyez donc quelques paires deChaussettes militaires S.W au suif raffiné et formolisé. C’est le moyen le plus sûr d’éviter le froid aux pieds, humidité, ampoules, crevasses, pieds blessés ou meurtris.

Cette chaussette est antiseptique, elle rend le soulier imperméable en le graissant de l’intérieur. Elle est économique.

 

Contre la piraterie allemande, SEULE la brassière PERRIN est vraiment pratique et efficace. Elle peut toujours être portée sur soi. Elle se gonfle instantanément d’une façon automatique…Son emploi s’impose comme une précaution indispensable pour tous ceux qui doivent naviguer. En l’acquérant, ils obtiendront, en cas de naufrage, la certitude de pouvoir attendre les sauveteurs, sans se trouver dans la triste perspective de s’accrocher à une épave ou de couler !

 

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Son grand succès provient de ce qu’elle soutient la jambe sans la comprimer. Régularise la circulation du sang et renforce les muscles en leur conservant leur élasticité. Evite les engourdissement, les crampes, la fatigue et les refroidissements consécutifs au défaut  de circulation causé par la constriction excessive es bandes molletières en drap.

Légère,, indéformable, lavable, agréable à porter, se moule sur le mollet et l’épouse étroitement sans glisser, quels que soient les mouvements. Entièrement finie au métier, d’une seule pièce, en un nouveau tissu de tricot renforcé, à élasticité limitée, avec bordure ne s’effrangeant pas. Fermeture par courroies fortes et boucles.
La Bande-Molletières du Dr Namy se fait dans les coloris suivants : noir, kaki, gris uni ;, gris moucheté, bleu horizon, bleu marine.

 

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Ne dépense que huit centimes par heure. Indispensable pour se chauffer, se sécher, faire cuire ou réchauffer les aliments.
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Le chronographe « JUST » est employé dans tous les services techniques de l’Armée Française.

 

Pour sa sécurité,

On a besoin de connaître l’heure exacte le jour et la nuit

La montre OMEGA sur bracelet cuir avec cadran lumineux.

 

LIP..LIP..HOURRA !

La MONTRE DE LA VICTOITRE

Adoptée pour le réglage des tirs par l’artillerie et l’aviation françaises.

 

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Tout porteur d’une Montre-Bracelet, soldat ou sportman a besoin du Protège-Montre, qui transforme toutes les montres-bracelets en une montre à) double cuvette, protégeant le verre de montre et empêchant le reflet de la lumière sur le verre.

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Envoyez un PROTÈGE-MONTRE à votre ami , au front.

 

L’Heure du courrier dans les tranchées

Envoyez à nos chers Soldats un

PORTE-PLUME –RESERVOIR ONOTO pour faire leur correspondance.

 

 

CONTRE LES GAZ ASPHYXIANTS

Le Laboratoire Robert et Carrière, à qui on doit tant d’innovations si utiles à nos soldats(iode en ampoules-pinceaux, pharmacies du soldat, aliments en tubes, etc..)vient de créer contre les gaz asphyxiants en masque, dont nous avons pu constater la parfaite efficacité, et qui remplacera avantageusement les modèles improvisés, un peu sommaires, employés jusqu’à présent.

Ce masque protège non seulement les organes respiratoires, nez et bouche, mais il garantit également la vue contre ces gaz qui sont si irritants pour les yeux. Ce masque est inattaquable par les acides ; il sera aussi, par conséquent, d’une efficacité absolue contre les jets de vitriol.

Le même laboratoire, continuant sa magnifique série de perfectionnements, vient de créer une ligature individuelle, d’un maniement idéalement simple, pour arrêter instantanément les hémorragies les plus graves.

 

L’alimentation :
Voici l’aliment de Guerre Quaker Oaks ( Grau Concentré  d’Avoine)
Construit les enfants, fortifie les hommes, répare les vieillards et les blessés
C’est l’aliment des faibles
S’emploie en potages maigres ou gras , en bouillie, en entremets rafraîchissants, remplace les pâtes

Plus fort que la viande, moitié moins cher.

 

ELESKA cacao au lait ,SEUL contient LAIT CACAO SUCRE

Pour le préparer, il suffit d’ajouter de l’eau. C’est facile, j’en ai toujours

Ah ! l’exquis !…CACAO  au LAIT

 

DU LAIT CHAUD DANS LA TRANCHÉE

LAIT SEC ELESKA

DEMI-ECREMÉ EN POUDRE, EN VENTE PARTOUT
LAIT pour nos SOLDATS

 

Pour se soigner :

L’URODONAL dans les TRANCHÉES

Produit français

L’URODONAL réalise une véritable saignée urique(acide urique, urates et oxalates).

L’URODONAL nettoie le rein,  lave le foie et les articulations. Il assouplit les artères et évite l’obésité.

L’URODONAL est au rhumatisme ce que la quinine est à la fièvre.

Rhumatismes, Goutte, Gravelle, Calculs, Névralgies, Migraines, Sciatique, Artério-sclérose, Obésité, Aigreur.
Nos poilus évitent les rhumatismes, les maux de reins, les névralgies et la sciatique, grâce à l’URODONAL qui se boit dans les tranchées en guise d’apéritif.

STÉRILISEZ  votre eau avec l’URODONAL.

Une cuillérée à soupe d’URODONAL dans un litre d’eau ordinaire la stérilise au bout d’un quart d’heure. On peut la mélanger au vin .

L’ACIDE URIQUE, C’EST L’AUTRE DANGER !

 

Depuis plus de 100 ans, les Anglais n’ont plus de Poux, Punaises, Puces et e Parasites tels que : moustiques, cancrelats, cafards  etc, etc grâce à la  Poudre « KEATING »

Mères, Sœurs, Marraines, Envoyez au FRONT

Ils en ont besoin.

 

Le PHOSCAO est admis dans les HOPITAUX MILITAIRES

MAUX D’ESTOMAC

Digestions pénibles, renvois, palpitations, pesanteurs, tiraillements, insomnies, cauchemars, tous ces malaises, provoqués par un mauvais fonctionnement de l’appareil digestif disparaissent en quelques jours, grâce au régime du délicieux

PHOSCAO, le plus puissant des reconstituants, le seul aliment végétal conseillé par les médecins aux anémiés, aux convalescents et aux vieillards.

 

JUBOL nettoie l’intestin

De même que le poilu chasse les boches des boyaux, de même JUBOL chasse les mauvais microbes de l’intestin

 

Produisons français….

HURTU
Crée par des Français, Fabriqué en France par des Français

La Machine à Coudre « HURTU » s’impose à la vraie française

 

Halte-là ! Place aux produits français, aux deux fois françaises

Nouilles Alsaciennes « LUSTUCRU » Cartier-Million qui régalent et qui nourrissent

 

DENTIFRICES

Elixir, pâte, poudre ou savon

BÉNÉDICTINS de Soulac

PRODUITS REELLEMENT FRANÇAIS

Supérieurs par leur pouvoir antiseptique à tous les dentifrices connus

Ces dentifrices incomparables nettoient extrêmement bien les dents, leur donnent une blancheur éclatante et, en détruisant tous les microbes, les préservent de la carie, entretiennent les gencives et la cavité buccale en parfait état. Leur saveur est infiniment agréable ; l’Elixir est particulièrement indiqué aux fumeurs comme gargarisme antiseptique.

Il n’y a pas en France, ni dans aucun pays, de produits meilleurs, ni à meilleur marché

 

Femmes Françaises qui achetez une machine à coudre étrangère

Vous nourrissez pendant un an un soldat étranger.

On vous trompe sur l’origine des produits inférieurs qui vous sont vendus par des intermédiaires marchands qui y trouvent un plus gros bénéfice

Exigez donc sur vos factures : La déclaration du pays d’origine

 

Ne prenez que l’Aspirine « Usines du Rhône » pure de tout mélange allemand

 

PEINTURE NATIONALE prête à l’emploi

Propreté, Hygiène, Economie

 

Souscrivez !

L’HYDRE GERMANIQUE sera terrassée par LE GLAIVE…

Précipitez sa chute en souscrivant

A l’EMPRUNT DE LA LIBERATION 1918

 

Le retour du poilu ou le marché d’après guerre….

Blessés ! Anémiés

Force, Santé,  Vigueur vous seront rendues par le VIN de VIAL au Quina, Viande, Lacto-Phosphate de chaux

Son heureuse composition en fait le plus puissant des fortifiants et le meilleur des toniques que doivent employer toutes personnes débilitées et affaiblies par les angoisses et les souffrances de l’heure présente.

 

Visite des champs de bataille et de l’Alsace –Lorraine

Verdun, si détruite soit-elle, est très animée, elle est l’objet d’un pèlerinage pieux de la part de toutes les familles françaises qui ont perdu un de leur membres : père, fils, frère, fiancé…On voit des foules endeuillées se rendre aux lieux où leurs chers héros sont tombés, où ils dorment de leur glorieux repos 

 

Je laisse la conclusion à mademoiselle Bonnier qui nous a fait cheminer dans ce monde des affiches publicitaires ; « J’avais fait mes premières armes en vendant la guerre. J’allais voir maintenant si j’étais capable de vendre la paix ».

 

Gérard Désiles

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             

 

 

La publicité pendant la guerre 14-18
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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #anti militarisme

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Publié le 11 Novembre 2014

Mardi 11 novembre 2014, à Allonnes s'est tenu un rassemblement antimilitariste place de la paix devant le monument pacifiste. Devant près d'une quarantaine de participants, ce rassemblement à l'initiative de la Libre Pensée de la Sarthe, a vu plusieurs intervenants se succéder.

Après une introduction de Gérard Désiles, Mostafa Nafaa a accueilli le rassemblement au nom de la municipalité d'Allonnes, il a rappelé les liens entre guerre, impérialisme et capitalisme, fait le lien entre les conflits d'hier et ceux d'aujourd'hui.

Ensuite, Marlene Schiappa, adjointe au Maire du Mans, est intervenue à son tour pour rappeler la nuisance et l'absurdité des guerres. En quelques citations, elle a dénoncé la première guerre mondiale et la caractère viril et belliciste imposé par et pour la guerre.

Michel Horniac de l'Association Républicaine des Anciens Combattants a rappelé la nécessité de la réhabilitation des fusillés pour l'exemple et a tenu un brillant discours antimilitariste où il a rappelé les mutineries et les fraternisations.

Les prises de paroles se sont terminées par l'intervention d'Hansi Brémond, président de la Fédération sarthoise de la Libre Pensée. Son discours est reproduit plus bas. Les participants se sont quittés après avoir chanté la chanson de Craonne.

 

 

 

"

Amis, Citoyens, Camarades,

 

Au nom de la Fédération nationale de la Libre Pensée et de la Fédération, je vous salue et vous remercie d’être présents aujourd’hui. Merci à l’ARAC et à Michel Horniac, merci à la mairie d’Allonnes et particulièrement à Mostapha Nafaa, enfin merci à Marlène Schiappa.

 

Cette année, la Libre Pensée est à l’initiative de plus de 130 rassemblements et initiatives autour du 11 novembre devant les monuments pacifistes.

Nous en découvrons d’ailleurs régulièrement de nouveaux. C’est tout un pan de l’histoire du mouvement ouvrier, pacifiste et internationaliste qui a été occulté par les « va-t-en-guerre » de droite comme de gauche, que la Libre Pensée fait remonter à la surface de la conscience collective des citoyennes et des citoyens de ce pays.

 

Depuis des décennies, la Libre Pensée combat de toute ses forces pour que justice soit rendue aux Fusillés pour l’exemple de la Première Guerre mondiale. Sur ce chemin de liberté, nous avons rencontré beaucoup d’appuis (je pense ainsi à notre ami Eric Viot, qui anime un rassemblement sur un autre département), ce qui en dit bien long sur le pays réel.

Malgré le fait que beaucoup de médias aux ordres veulent taire l’action de la Libre Pensée, force est de constater que ne cessent de passer sur les écrans de télévisons les documentaires et les films sur cette tragédie. Depuis un an, la presse locale ne cesse d’écrire sur les Fusillés, sur ces fils des villes et des campagnes  assassinés PAR des balles françaises.

 

Nous avons réussi notre engagement : personne ne peut évoquer le centenaire de la Grande boucherie impérialiste sans mentionner les Fusillés pour l’exemple. Nous avons gagné la bataille de l’opinion.

 

Et ce,

contre le Président de la République qui s’est renié,

contre le Sénat qui pour une fois dans son histoire aurait pu être utile à quelque chose et qui s’est fourvoyé une nouvelle fois en refusant de rendre leur honneur aux soldats français tombés sous les balles françaises,

contre l’Assemblée nationale, assemblée croupion de la Ve République, qui refuse d’entendre la voix du peuple alors qu’elle est censée le représenter.

 

Le gouvernement français fait la guerre en différentes contrées du monde. Quand on bombarde, quand on tue, quand on occupe un territoire qui n’est pas le sien, comme au bon vieux temps de la coloniale et de l’Empire ; alors bien sûr, on ne peut réhabiliter ceux qui ont su dire non à la barbarie et à la guerre.

Quand le sang coule partout sur tous les continents, alors il faut l’Union sacrée. « L’Etat a une longue histoire, elle est pleine de sang » disait Clémenceau, un connaisseur.

 

L’Union sacrée c’est toujours faite, hier comme aujourd’hui, avec les généraux, avec les fusilleurs, avec les patrons et avec les curés. Ce monde sent toujours la poudre et l’eau bénite.

Quand on fait l’Union sacrée, pas question pour ceux qui nous gouvernent de fâcher leur sainte-mère-l’Eglise. Il faut que les milliards tombent toujours dans son escarcelle au nom de la loi Debré et des lois de Vichy qui n’ont jamais été abrogées.

 

Il faut la bénédiction des prélats, pasteurs, rabbins et imams pour lutter contre « l’axe du mal » au nom de « l’axe du bien » et « pour une guerre juste » si cher à Georges W. Bush, à Barack Obama et au complexe militaro-industriel des Etats-Unis. Comme en 1914-1918, pendant les guerres, les affaires continuent.

 

Les dépenses d’armement dans le monde se montent à 3,5 milliards de dollars par jour, soit 1 464 milliards d’euros par an. Les dépenses militaires ont augmenté de 50% entre 2001 et 2010. Celles des Etats-Unis représentent 43% du total mondial. Et vous vous demandez pourquoi il y a la guerre ? Parce que cela rapporte et beaucoup aux capitalistes. Ces dépenses sont 2,60% du Produit National Brut mondial. Avec moins de 1%, on supprimerait à tout jamais la misère sur la planète.

 

Mais il faut l’Union sacrée avec les patrons pour tout sacrifier à la rechercher du sacro-saint profit capitaliste et financier. Il faut satisfaire aux exigences du CAC-40, des agences de notation, de la Banque mondiale, du FMI et de l’Union européenne. Et pour cela, il faut détruire les acquis sociaux, les emplois dans les usines, les postes dans les administrations. Il faut faire table rase de la Sécurité sociale et des conquêtes sociales.

 

Alors, réhabiliter ceux qui ont dit non à tout cela, « vous n’y pensez quand même pas ». On doit exalter le « sacrifice » pour le bien de la Nation, confondu allégrement avec celui des capitalistes et des gouvernants. Les Grands de ce monde sont toujours prêts à sacrifier la dernière goutte du sang des autres et le dernier acquis social des salariés pour leurs intérêts.  La devise du libéralisme a toujours été : « Pourquoi faire payer les riches, quand les pauvres sont si nombreux ? ».

 

Le 11 novembre auquel nous participons n’est pas celui des galonnés, des mitrés et de ceux qui vantent les mérites de ceux  qui sont morts à leur place, alors qu’eux sont bien vivants et vivent bien de leurs rentes de situation. Leur 11 novembre est celui des défilés militaristes qui glorifient la guerre, alors que le 11 novembre, à l’origine, était celui des anciens combattants qui refusaient la guerre. « Plus jamais cela ! » proclamaient-ils. Et maudite soit la guerre, maudites soient toutes les guerres !

 

La démonstration a été faite : il n’y a rien à attendre de ce gouvernement et des Assemblées aux ordres, pour obtenir que la Justice soit rendue aux Fusillés pour l’exemple. Rien à attendre d’un Ministre aux Anciens combattants, Kader Arif qui confond visiblement son rôle de Ministre et celui de comique troupier. Il a tout dit et son contraire, il a tout promis et tout abjuré

 

C’est pourquoi, à compter de ce jour, commence une nouvelle ère. La Libre Pensée propose que soit érigé sur la ligne de front, un monument en hommage aux 639 Fusillés pour l’exemple. Nous allons donc lancer une grande souscription pour cela. Nous en appelons à tous, car nous sommes aussi la République ! Et la République réhabilitera les Fusillés pour l’exemple avec tous ceux qui se reconnaissent dans ce combat de justice.

 

Je profite de ce passage pour que nous ayons une pensée pour les 7 fusillés pour l’exemple sarthois :

Julien Brillant ; mort par la France

Maurice Joubert ; mort par la France

Paul Leblech ; mort par la France

Emile Lhermenier ; mort par la France

Louis Oger ; mort par la France

Albert Valet ; mort par la France

François Vannier ; mort par la France

 

Contre ce combat pour rendre leur honneur aux soldats fusillés et à leur famille qui ont subi l’opprobre et la honte, les faux arguments l’ont disputé aux fausses promesses. On nous a dit que l’on ne pouvait réhabiliter collectivement les soldats fauchés par les pelotons d’exécution, car il y avait des droits communs parmi eux.

 

Cet argument n’a jamais prévalu pour la Libre Pensée, car, avec Voltaire, elle proclame « qu’il vaut mieux un coupable en liberté qu’un innocent en prison ». Mais même le Ministère des Anciens combattants a fait litière de l’argument des droits communs. Il a, par un communiqué du 24 octobre 2014,  dû reconnaitre la véracité de la position de la Libre Pensée. Selon le ministère, il y aurait eu 639 Fusillés pour l’exemple pour « désobéissance militaire » et 369 fusillés pour « actes de droit commun, trahison, espionnage, motifs inconnus ». Ce qui ferait un total de 1 008 selon Kader Arif, encore un chiffre différent que celui de 918 donné aux sénateurs le 19 juin 2014. Laissons au ministère la responsabilité de sa valse-hésitation sur les chiffres !

 

Mais force est de constater que, désormais, il n’y a plus de possibilité d’embrouiller les choses : le gouvernement établit la très nette distinction entre les Fusillés pour l’exemple et les autres fusillés. Il rend compte ainsi – et c’est là l’essentiel -  de la situation précise formulée par la Libre Pensée.  Dès lors, il n’y a plus aucun obstacle de clarté et de connaissance de la vérité pour la réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple !

 

Pour les combattants de la justice qui œuvrent à la réhabilitation collective, il faut bannir à tout jamais la peine de mort. Il ne saurait y avoir de bonnes ou de mauvaises peines de mort. On ne peut tergiverser. On ne règle par les problèmes de la société en tuant son voisin. Tous ceux qui refusent la réhabilitation collective sont-ils pour « le cas par cas » quand il s’agit de la peine de mort ? La peine de mort, on est pour ou on est contre. C’est une question de principe.

 

Le sens de notre combat pour que justice et honneur soient rendus aux 639 Fusillés pour l’exemple est qu’il faut faire reconnaitre le droit à la désobéissance, le droit de refuser de tuer des êtres humains. C’est ce que font ces 43 officiers, soldats et réservistes israéliens qui refusent depuis cet été de participer aux attaques contre des palestiniens ! La question du droit à la désobéissance est une question d’actualité !

 

 C’est aussi pourquoi, nous ferons les 13 et 14 décembre 2014 à Soissons, dans l’Aisne sur les lieux mêmes des tranchées du front, le procès des généraux fusilleurs et assassins. Nous établirons leur responsabilité dans cette horrible tragédie. Nous les déclarerons coupables de crimes devant la conscience de l’Humanité.

 

Et c’est aussi pourquoi, en décembre 2015, à Saint-Nazaire, nous ferons un colloque en hommage aux combattants de la liberté sur le thème : «Déserteurs, mutins, pacifistes, antimilitaristes de tous les pays et de toutes les guerres, unissez-vous»

 

Amis, citoyens, camarades,

 

Nous voulons aujourd’hui, une nouvelle fois, remercier encore l’Association Républicaine des Anciens Combattants,  l’Union Pacifiste de France, le Mouvement de la Paix et les très nombreuses sections de la Ligue des Droits de l’Homme qui combattent à nos côtés pour que Justice soit rendue.

 

Merci encore aux  syndicats de la CGT et de la CGT-Force Ouvrière qui, au nom et en mémoire de tous les militants et syndiqués de la CGT originelle qui ont subi ces injustices et cette barbarie, exigent la réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple.

 

Merci aux 30 Conseils généraux, aux 3 Conseils régionaux, au millier de Conseils municipaux à travers tout le pays qui exigent, d’une voix de plus en plus forte, cette réhabilitation de justice.

 

Merci à ceux qui continuent de prendre position, indiquant clairement que la République, c’est aussi eux, la République c’est aussi nous !

 

Merci enfin à vous tous, d’horizons divers, connus ou inconnus, qui vous êtes mobilisés depuis tant d’années pour cette noble et juste cause."

 

compte rendu rassemblement antimilitariste à Allonnes 11 nov 2014compte rendu rassemblement antimilitariste à Allonnes 11 nov 2014
compte rendu rassemblement antimilitariste à Allonnes 11 nov 2014
compte rendu rassemblement antimilitariste à Allonnes 11 nov 2014

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Publié le 8 Novembre 2014

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Publié le 4 Novembre 2014

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Publié le 22 Août 2014

En cette veille de l’anniversaire de l’assassinat de Jean Jaurès au Café du Croissant, la Fédération nationale de la Libre Pensée tient à rendre un hommage vibrant au grand leader pacifiste.

 

Demain, tout le monde va y aller de sa larme sur le dirigeant socialiste (à une époque où ce mot avait encore un sens) pour tenter de récupérer à son profit l'image positive de celui qui est mort à cause de ses idées. Surtout pour tous ceux dont les idées sont mortes depuis longtemps.

 

Jean Jaurès refusait la guerre et militait pour que la classe ouvrière unie fasse barrage à cette barbarie par la grève générale dans tous les pays. Ce n’est, sans doute, pas cet aspect de Jaurès qui va être glorifié à foison ce 31 juillet 2014.

 

Les mêmes laudateurs oublieront que l’assassin Raoul Villain fut lié au Sillon, le mouvement du chrétien-démocrate Marc Sangnier. Celui-ci sera d’ailleurs un témoin de moralité au procès de l’assassin. Le criminel sera acquitté et la veuve de Jaurès condamnée aux dépens. Mais l’assassin sera rattrapé par l’Histoire pendant la Guerre d’Espagne où les Républicains lui feront acquitter l’addition de son crime. Ils oublieront aussi que Jean Jaurès fut traité d’agent de l’Allemagne (comme Lénine) pour mieux calomnier son combat.

 

Tout ce que les laudateurs ne diront pas sur Jaurès, vous pourrez le trouver sur le site de la Libre Pensée http://www.fnlp.fr/spip.php?article1068 qui a consacré son émission de France Culture du 13 juillet 2014 à rappeler certains faits contre les calomniateurs d’hier et les faussaires d’aujourd’hui.

 

Ils ont tué Jean Jaurès pour permettre la Grande boucherie impérialiste

 

Jean Jaurès fut le premier exécuté pour l’exemple de 1914-1918. Le militarisme a dû passer sur son cadavre pour que  l’Europe et le monde s’assassinent mutuellement. Le militarisme tuera aussi des millions d’hommes et dans le lot, les généraux français feront fusiller pour l’exemple 650 soldats français tombés sous les balles françaises.

 

Ces Fusillés pour l’exemple n’ont toujours pas été réhabilités par la République. Le Président de la République François Hollande a même renié son engagement électoral et son vote comme Président du Conseil général de la Corrèze pour cette réhabilitation collective.

 

Malgré tous les mensonges, les reniements et les manœuvres, la Libre Pensée fera en sorte que la République (nous sommes aussi la République) réhabilite collectivement les Fusillés pour l’exemple.

 

La Libre Pensée va mener une action résolue pour qu’un monument en hommage aux Fusillés pour l’exemple, victimes de la guerre, soit érigé sur la ligne de front. Elle lancera cette campagne notamment par une souscription à l’occasion de la centaine de rassemblements pacifistes autour du 11 novembre 2014.

 

Les 13 et 14 décembre 2014, à Soissons dans l’Aisne, nous ferons aussi le procès symbolique des généraux assassins, car s’il faut rendre justice aux victimes, il faut aussi  juger les coupables de ces meurtres barbares.

 

 

Nous sommes aussi la République !

Nous rendrons justice aux victimes de la guerre !

Nous réhabiliterons les Fusillés pour l’exemple !

 

Craonne, le 30 Juillet 2014

 

 

en illustration, un portrait de Jaures par Hansi Brémond

 

Jean Jaurès fut le premier exécuté pour l’exemple de la Guerre de 1914-1918

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Publié le 22 Août 2014

Dans un message reproduit par la presse, M. Kader Arif, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la défense, chargé des Anciens combattants et de la Mémoire, salue le 1 er août 1914 et la mobilisation générale dont il donna le signal à la fois sur le front et à l’arrière. Il considère que commémorer ce jour, c’est « se souvenir de l’unité nationale de toutes les femmes et de tous les hommes réunis au son du tocsin ». C’est célébrer la solidarité entre les soldats, la République finalement triomphante. C’est se rappeler que cette journée est l’une de celles qui fit la France et qui jalonne le chemin vers l’Union européenne, donc vers la paix (cf. le combat de Jaurès) et vers la réconciliation.

Décidément le centenaire de la guerre de 14-18 est en train de se révéler comme la source inépuisable des commentaires les plus extravagants, où les envolées chauvines infantilisantes sont de nouveau à l’honneur cent ans après.

Si l’on en juge par ce qu’a écrit M. Kader Arif, le délire patriotique, dans une version à peine modernisée, est de nouveau à l’ordre du jour.

Au point qu’au tableau d’honneur des élucubrations les plus consternantes sur le sujet, il peut raisonnablement espérer décrocher la timbale ou le premier accessit.

Il fallait en effet oser écrire que célébrer le 1er août 1914 c’est « se souvenir de l’unité nationale de toutes les femmes et de tous les hommes réunis au son du tocsin ».

De quoi parle M. Kafer Arif ?

De ces femmes en pleurs, de ces hommes désemparés, la peur au ventre, de ces enfants au regard éperdu ?

Toutes les études d’historiens faites depuis ces événements qui en ont établi la brutale réalité, loin des chromos d’époque dus à une presse aux ordres, n’auraient donc servi à rien ?

On apprend aussi que se souvenir du 1 er août « c’est se rappeler que la République et ses valeurs ont su triompher de cette guerre » !

M. Arif oublierait-il l’état de siège, la censure généralisée, les libertés suspendues, les colonies saignées, et, last but not least, le traité de Versailles qui, pour suspendre le conflit, tailla dans la chair des peuples, découpant des territoires à la hache, et qui portait en lui les terribles événements de la deuxième guerre mondiale ainsi que « la nuée porte l’orage » ?

« Républicain » ce résultat ? Comme oser énoncer une telle contre-vérité ?

Sans vergogne, M. Arif, qui ratisse large, englobe dans son « hommage » Jaurès et son combat pour la paix.

Ben voyons ! Pourquoi se gêner ? Jaurès, le premier exécuté pour l’exemple, annexé à la glorification de la Guerre dont il avait annoncé le caractère monstrueux et contre laquelle il a lutté jusqu’à son assassinat !

M. Arif justifie la guerre de 14-18 qui eut lieu, d’après lui, « pour que la France reste debout » !

On croit rêver.

« On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels » disait Anatole France.

Il s’agissait de conquérir et/ou de préserver d’immenses marchés coloniaux, sources de surprofits gigantesques.

Toute l’eau de rose prodiguée par M. Arif ne saurait effacer la répugnante réalité des faits de cette guerre qui coûtera à l’Humanité plus de 10 millions de morts, des millions de mutilés, des centaines de milliers de traumatisés psychiques, des millions de veuves et d’orphelins.

Sans compter les immenses destructions de villes, de terres arables rendues stériles pendant des décennies etc. etc.

Le monument aux morts de Saint-Martin d’Estreaux dans la Loire porte inscrit à son verso un texte pacifiste dont chaque mot est un démenti des propos tenus par M.Arif.

 

SI TOUT L'EFFORT PRODUIT ...

ET TOUT L'ARGENT DÉPENSÉ POUR LA GUERRE

L'AVAIENT ÉTÉ POUR LA PAIX ...?

POUR LE PROGRÈS SOCIAL, INDUSTRIEL ET ÉCONOMIQUE ?

LE SORT DE L'HUMANITÉ SERAIT BIEN DIFFÉRENT.

 

LA MISÈRE

SERAIT EN GRANDE PARTIE BANNIE DE L'UNIVERS, ET

LES CHARGES FINANCIÈRES QUI PÈSERONT SUR LES GÉNÉRATIONS

FUTURES, AU LIEU D'ÊTRE ODIEUSES ET ACCABLANTES ...

SERAIENT AU CONTRAIRE

DES CHARGES BIENFAISANTES DE FÉLICITÉS UNIVERSELLES.

 

Rien, dans ce qu’écrit M.Arif, qui s’approche un tant soit peu de ce jugement sans appel.

Aurait-il oublié de se renseigner ou ment-il délibérément?

Nous avons constaté aussi que le président de la République au Hartmannswillerkopf avait « oublié » qu’à deux pas du lieu de sa rencontre avec son homologue allemand il y a un cimetière où se trouvent de nombreuses tombes de « fusillés pour l’exemple », « victimes de la rage du militarisme ».

Pas un mot ne fut prononcé en faveur de ces laissés pour compte du bilan officiel de la guerre !

C’est pourquoi, la Libre Pensée a décidé de procéder à la réhabilitation de tous les « fusillés pour l’exemple » au nom des citoyens qui sont aussi la République.

« Maudite soit la guerre. Et ses auteurs ».

La fédération de la Libre Pensée de la Loire

5 août 2014

 

La terrifiante réalité de la guerre de 14-18 et le roman à l’eau de rose de M. Arif

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Publié le 4 Novembre 2012

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Publié le 18 Juillet 2011

Entre 1914 et 1918, durant la Première Guerre mondiale, il y a eu une vague de Conseils de guerre envers les soldats français accusés de lâcheté, de désertion, de manque de courage, d’endormissement dans les tranchées, de refus de sortir des tranchées sous les feux des mitrailleuses ou sous les obus de canons, et parfois,  plus simplement, d’avoir eu le malheur d’être choisis au hasard pour faire un exemple.

 

En tout, on recense 2 500 condamnations à mort dont 650 furent réellement exécutées. Les remises de grâce qui transmutaient les poteaux d’exécution en bagne sont passées par là. A cela s’ajoutent des centaines, au moins, d’exécutions sommaires, des années de bagnes effroyables débouchant souvent sur la mort pour des milliers de soldats déportés hors métropole et une répression accrue contre les troupes coloniales.

 

Le bilan est lourd, le bilan est tragique. Il s’agit d’un drame qu’il faut réparer, pour les vivants et pour les morts.

 

 

La réalité des fusillades

 

Contrairement à une légende construite après coup, mutins5.jpgpour des raisons politiques, la vague des assassinats « légaux » de poilus ne date pas des mutineries de 1917, en contre coup de  la Révolution russe. En septembre 1914, le front craque sous la pression des armées allemandes. C’est la panique à Paris, au gouvernement et dans l’Etat-major. Le gouvernement donne plein pouvoir à l’armée pour résister aux « teutons » qui sont à 30 kilomètres de Paris.

 

Les fusillades et les exécutions sommaires commencent. Elles ne s’arrêteront plus. Dès septembre 1914, la répression s’abat sur les troupes françaises pour les terroriser et les faire tenir. 1914, 1915, 1916 sont les années noires où fleurissent les  poteaux d’exécution sur le front. Des soldats français sont assassinés par d’autres soldats français, sur ordre des brutes galonnées, soigneusement à l’abri à l’arrière. Ces 650 soldats ne sont pas morts « pour la France », mais morts par la France.

 

Cette sauvagerie barbare fait aussi des ravages dans les armées du Royaume-Uni où 306 soldats seront passés par les armes. Il y en aura plus de 1 000 dans les armées italiennes. Paradoxalement, les fusillades pour l’exemple n’auront guère court dans les armées allemandes et pas du tout dans les armées nord-américaines. Il est vrai que celles-ci arrivent, en quelque sorte, après la bataille en 1917 où les fusillades diminuent considérablement.

 

L’année 1917 connaît peu, en réalité, d’exécutions pour l’exemple. Cela n’aurait fait que mettre le feu aux poudres sur un front exacerbé par la longueur de la guerre et les sacrifices imposés.

 

 

En 1916, le combat commence

 

Dès 1916, plus encore en 1917, des voix s’élèveront, notamment celle de Pierre Brizon, pour dénoncer les exécutions. Les députés internationalistes, ils ne seront que 3, voteront d’un même élan contre les crédits de guerre et réclameront l’arrêt des exécutions de soldats. Malgré la censure et la répression par la présence permanente des troupes de gendarmerie pour que l’ordre règne dans les tranchées, la nouvelle arrive quand même à l’arrière : on tue des soldats français sur ordre de l’État-major.

 

Le Grand Orient de France va commencer à faire bouger des francs-maçons pour que la tuerie s’arrête. Jusqu’en 1935, les Enfants de la Veuve vont se mobiliser pour la réhabilitation des 650 fusillés. Les Loges maçonniques se feront discrètes, laissant le soin à ses membres, à travers la Ligue des Droits de l’Homme et, après la guerre,  par les associations d’Anciens combattants, d’agir publiquement.

 

«L’affaire des fiches» du début du siècle étant encore dans toutes les mémoires, les francs-maçons n’apparaissent pas au grand jour dans cette bataille de justice. Mais c’est, incontestablement, le Grand Orient de France qui est à l’origine de la campagne pour la réhabilitation.

 

 

Quelques cas, mais pas encore une cause

 

Entre 1916 et 1935, il y a eu une cinquantaine de réhabilitations, souvent individuelles, des soldats fusillés pour l’exemple. Il va donc en rester 600 à qui il faudra rendre justice. Cette action va engager une mobilisation croissante dans l’opinion publique entre les deux Guerres mondiales. La Ligue des Droits de l’Homme et surtout les Associations d’Anciens combattants, dont l’Association Républicaine des Anciens Combattants, entreprendront des actions incessantes pour obtenir gain de cause.

 

Dans cette situation, va se constituer une commission d’experts, avec des avocats, des juristes, des parlementaires, des anciens combattants pour faire la lumière sur les conseils de guerre. Le bilan que l’on doit tirer est plus que mitigé. Selon la formule célèbre de Clémenceau, cette commission a plus enterré de problème qu'elle n'en a résolu. C’est pourquoi la Fédération nationale de la Libre Pensée n’est guère partisane de recommencer aujourd’hui ce qui a si mal marché hier.

 

Cette campagne de réhabilitation a bien sur été stoppée par la Deuxième Guerre mondiale. Et puis, Philippe Pétain étant chef de l’Etat, il ne fallait pas indisposer le « vainqueur de Verdun ». A la Libération, le pays est occupé à autre chose, le Général de Gaulle n’allait pas attaquer l’armée dont il tirait une partie de sa légitimité. Il ne fallait pas non plus indisposer « le vainqueur venu d’Alger »

 

 

La mémoire collective a préservé le souvenir

 

Même si cette campagne de justice a été mise sous le boisseau pendant des décennies, le souvenir des assassinats « légaux » de soldats sur le front est demeuré vivace. Régulièrement, le rappel de ces drames refaisait surface dans les journaux à l’occasion de tel ou tel événement.

 

Incontestablement, c’est le célèbre film de Stanley Kubrick Les sentiers de la gloire, tourné pendant la guerre d’Algérie qui va remettre sur le devant de la scène cet épisode tragique. Ce film, interdit en France pendant des décennies, va de nouveau catalyser la conscience collective et permettre aux jeunes générations de s’approprier cette exigence. C’est ce film qui m’a fait connaître ces événements.

 

droitdel-homme.jpgBien entendu, le gouvernement gaulliste du Général et ses successeurs vont tout faire pour étouffer cette histoire afin qu’elle ne débouche pas sur une nouvelle mobilisation des citoyens. Mais petit à petit, le fil va tendre à se renouer entre générations.  Les chroniqueurs s’étonnent en permanence de l’intérêt toujours maintenu des citoyens pour la Guerre de 1914-1918. Cela ne s’est jamais démenti.

 

Il faut dire que la saignée d’un million de morts, frappant le moindre petit village de notre pays,  a été un élément déterminant du maintien de la mémoire collective. Il suffit de regarder la liste des noms sur les monuments aux morts pour s’en convaincre.

 

Les films et documentaires de notre ami Alain Moreau sur les Fusillés pour l’exemple et sur Blanche Maupas vont être aussi un élément déterminant pour la mobilisation de la conscience des citoyens de ce pays sur les injustices commises pendant la Première Guerre Mondiale. Cela va constituer un véritable choc dans l’opinion publique. Là aussi, nous remercions ce réalisateur de n’avoir point occulté, de quelque manière que ce soit, l’action de la Libre Pensée dans ce domaine.

 

 

La symbolique de la pierre

 

Cette perpétuation de ces évènements tragiques dans les mémoires va être aussi amplifiée par la présence de 40 000 monuments aux morts dans les 36 600 communes du pays. La plupart sont bellicistes à souhait, mais un grand nombre sont plutôt neutres, évoquant la peine et le malheur.

 

Une centaine d’entre eux sont d’ordre pacifiste, parfois construits sur la base de souscriptions publiques pour contourner les obligations guerrières des pouvoirs publics.. Ils sont, pour l’essentiel, recensé dans l’ouvrage de référence de Danielle et Pierre Roy. Les libres penseurs continuent encore d’en trouver.  Et il n’est pas rare qu’au détour d’une promenade ou d’un pique-nique, des libres penseurs mènent une véritable enquête demandant l’ouverture des archives du Conseil municipal pour tenter de connaître les raisons du pourquoi de la symbolique du Monument aux Morts qui les interroge, où des modifications pacifistes qui y ont pu apportés après son érection.

 

On doit à nos camarades Philippe Besson et Régis Parayre d’avoir «redécouvert», au printemps 1988, le monument pacifiste de Gentioux dans la Creuse. Ce monument érigé en 1922 par une municipalité SFIO dirigée par le maire Jules Coutaud; jamais inauguré officiellement, qui faisait détourner les regards des militaires en convoi qui passaient devant pour faire des manœuvres à la Courtine ; proclame, par la bouche d’un élève de l’École publique laïque, en blouse grise et en sabots : «Maudite soit la guerre ! ».

 

A force de conviction et de ténacité, avec l’aide de nos regrettés camarades René Debord (Creuse),  Pierre Forestier (Haute-Vienne) et Jean-Louis Crouzevialle (Corrèze), ils réussiront à convaincre les libres penseurs du Limousin d’honorer ce monument pour flétrir la guerre et le militarisme. Depuis 1988, chaque 11 novembre se tient un rassemblement où les libres penseurs et les pacifistes se rassemblent pour dénoncer les tueries.

 

Et c’est devant ce monument extraordinaire par son importance et si insignifiant pas sa taille matérielle que le 11 novembre 1998, un discours rentrera dans l’histoire, salué comme le tournant de la bataille pour la réhabilitation des Fusillés pour l’exemple comme le note Nicolas Offenstadt.

 

Ne pas se tromper de revendication

 

En 1997, après une longue discussion avec notre ami et camarade Claude Le Tanter, la Libre Pensée décide d’entreprendre et de relancer la bataille pour la réhabilitation des Fusillés pour l’exemple. Nous ne ménagerons pas notre peine pour cela.

 

En novembre 1998, il y aura deux discours qui sont les marqueurs d’une différenciation. Lionel Jospin, alors Premier ministre, demandera à Craonne, le 5 novembre, que les Fusillés pour l’exemple soient réintégrés dans la mémoire collective. Cela lui vaudra les foudres d’une partie de la droite et la réprobation du Président de la République, et cela fit du bruit. Mais ce vacarme allait dans le bon sens.

 

Le 11 novembre 1998, à Gentioux, je fais, à mon tour, un discours pour marquer notre prise de distance vis-à-vis de la position exprimée par Lionel Jospin. Pour la Libre Pensée, il ne s’agit pas de mémoire, mais de justice. Nous exigeons, pour la première fois publiquement depuis longtemps, la réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple. La Libre Pensée renouait ainsi le fil coupé en 1935. Depuis, notre exigence va prendre une ampleur considérable sur ce chemin de justice.

 

 

Un outil pour une cause

 

La Libre Pensée décide, au début des années 1990, d’inciter ses Fédérations départementales à  prendre l’initiative d’organiser des rassemblements autour des monuments pacifistes, à l’instar de celui de Gentioux. La mayonnaise prend et le 14 juillet 1994, nous fondons officiellement la Fédération Nationale Laïque des Associations des Amis des monuments pacifistes, républicains et anticléricaux.

 

Il y a, aujourd’hui, prés d’une centaine d’associations adhérentes à cette Fédération. J’en fus le premier Président et Pierre Roy l’est aujourd’hui. Danielle Roy est, depuis la fondation, son infatigable trésorière. Qu’elle en soit remerciée pour toujours.

 

Depuis mon discours du 11 novembre 1998, la revendication de la réhabilitation est portée publiquement dans près de 80 rassemblements pacifistes chaque année dans tout le pays, dont la majorité se fait autour du 11 novembre. Plus de 4 000 pacifistes internationalistes et libres penseurs se rassemblent aujourd’hui ainsi pour renouer le fil avec l’histoire des victimes de la barbarie militariste.

 

Il est positif de constater, qu’au fil des années, non seulement la presse, mais aussi les radios et télévisions, donnent une place à nos initiatives de rassemblement pour la réhabilitation des Fusillés pour l’exemple. C’est devenu presqu’un cause nationale. Nous ne pouvons que nous en féliciter.

 

Une union en marche

 

Avec Marc Blondel, notre Président, 9782748036299.jpgnous avons entrepris de multiples rencontres auprès d’autres associations. C’est ainsi que nous avons réalisé une union forte avec l’Association Républicaine des Anciens Combattants, l’Union Pacifiste de France, la Ligue des Droits de l’Homme et ensuite avec le Mouvement de la Paix.

 

Bien entendu, chaque association garde sa liberté de comportement et ses analyses, mais toutes sont unies par la demande de réhabilitation collective, même si, pour des raisons liées à son histoire, la LDH souhaite la révision des procès.

 

Pour la Libre Pensée, il ne convient pas, à ce stade, de réclamer la révision des procès, car alors il faudrait refaire les jugements et, ce, en l’absence des témoins, des victimes, des accusateurs et des juges de l’époque. Près d’un siècle plus tard, il ne saurait être question de réparation de quelque nature que ce soit. Cela n’aurait donc aucun sens d’engager une procédure juridique au cas par cas.

 

Comme il ne peut y avoir, fort heureusement, de décision juridique collective, la solution préconisée par la Libre Pensée est une réhabilitation collective d’ordre politique. C'est pourquoi elle a concentré son action en direction de la Présidence de la République pour que cela soit fait.

 

 

De multiples démarches ont été entreprises

 

Avec l’ARAC, la LDH, l’UPF, puis avec le Mouvement de la Paix, nous avons été reçus par deux fois au Secrétariat des Anciens Combattants en présence de Jean-Marie Bockel. Nous avons été aussi reçus à l’Élysée par l’Amiral Guillaud, ancien Commandant du porte-avions Charles de Gaulle et, à l’époque, Conseiller des armées à la Présidence de la République. Depuis, il est devenu Chef d’Etat-major de toutes les armées françaises.

 

Nous avons aussi rencontré ensemble le Colonel Pineaud au Ministère de la Défense lorsqu’Alain Juppé y était en charge. Lors de toutes ces rencontres, les représentants gouvernementaux nous ont fait part de leur accord sur notre revendication et ont indiqué œuvrer en ce sens et pour certains : « en tant que français, citoyen et soldat ».

 

Il faut dire aussi que lors de l’entrevue de la Libre Pensée avec le Directeur de Cabinet du Premier Ministre, l’accueil, sur cette question fut des plus froids, pour des raisons obscures que nous n'avons pu élucider. Mais, inlassablement, la Libre Pensée a agit de manière unitaire pour faire avancer le dossier.

 

Bien entendu, la Libre Pensée a essayé d’utiliser les médias pour relayer cette campagne d’opinion. Et, soulignons-le, parce que ce n’est pas tous les jours en ce qui nous concerne, cette action, vivante dans la conscience collective, a pu trouver, parfois, les voies et les moyens de s’exprimer. Nous remercions les journalistes qui nous ont aidés.

 

 

Pardon ou réhabilitation ?

 

Une question s’est fait jour très rapidement dans notre action commune et collective de réparation. La Libre Pensée française s’est appuyée dans ce combat sur tous les éléments sur lesquels elle pouvait s’appuyer. Notamment sur la loi anglaise «de pardon» de 2005 qui «a effacé les fautes» de 306 Fusillés pour l’exemple du Royaume-Uni.  Et qui a même érigé un monument inspiré, à leur mémoire, le «Shot at Dawn Memorial» à Alrewas dans le Staffordshire. Ce n’est pas rien.

 

Récemment, la Libre Pensée française s’est appuyée sur une loi allemande portant amnistie pour les déserteurs de la Wehrmacht pendant la Seconde Guerre mondiale. Cela n’est pas rien non plus. Mais comparaison n’est pas raison.

 

La Fédération nationale de la Libre Pensée française est dans un pays républicain. La République n’accorde pas le pardon, elle rend la justice. Le pardon est monarchiste, la justice est républicaine. C'est pourquoi la Fédération nationale de la Libre Pensée n’a pas cru devoir  s’associer à une proposition de loi du groupe parlementaire dit « Front de Gauche » au Sénat qui était entièrement fondée sur la notion de pardon.

 

Soyons clair, tout ce qui va dans le sens de la réhabilitation des « mutins » et de ceux qui refusent d’obéir aveuglement à des ordres inadmissibles  et cruels, doit être soutenu. Et la Libre Pensée soutient tous ces pas en avant. La Libre Pensée estime positive cette proposition de loi, car elle ouvre une fenêtre de liberté. Et cela doit être salué comme tel.

 

Pour autant, la Fédération nationale n’abdiquera jamais son jugement sous le couvert « d’unité », parfois fallacieuse et pernicieuse. Le pardon, c’est l’aumône. La justice, c’est la réparation, c’est la réhabilitation.  Le seul « réalisme politique » digne de ce nom, c’est la justice, c’est-à-dire la réhabilitation. Tout le reste n’est qu’un raccourci, c’est-à-dire une voie de traverse qui ne peut conduire qu’à une impasse.

 

En une phrase, comme en cent, nous voulons la réhabilitation politique collective des 600 Fusillés pour l’exemple de la Première Guerre mondiale qui sont toujours dans l’opprobre. Tel est notre but, tel est notre chemin. Nous voulons gagner sur tous les cas des fusillés pour gagner une cause

 

 

Des pas positifs réalisés

 

Devant la puissance de l’exigence républicaine de justice, Le Président de la République Nicolas Sarkozy a dû (et su) s’adapter. Nous ne sommes pas dupes en ce domaine. Dans sa première période du septennat, il n’avait de cesse de ramasser des proies à « gauche », pour collectionner les images comme sur la carlingue d’un Spitfire pendant le Blitz.

 

Il a cru donc intelligent de « surfer » sur la vague « réhabilitionnaliste » pour poser des banderilles sur la gauche qui hésitait à aller jusque là. En tenant compte du discours de la Libre Pensée (il n’y a là aucune forfanterie de notre part, mais pur réalisme), il a, dans différents discours, été au bord de prononcer le mot de « réhabilitation » des Fusillés pour l’exemple.

 

Depuis les défaites électorales étant ce qu’elles sont, il en rabattit un peu et même beaucoup. Pour autant, rien n’est interdit, la campagne présidentielle faisant le plein. De nouveaux contacts ont été pris. L’avenir dira ce qu’il en adviendra. Avec ce gouvernement, ou avec un autre, la Fédération nationale de la Libre Pensée continuera à agir. Et nous gagnerons, car notre cause est juste !

 

 

Le sens véritable de notre action

 

Au-delà du sentiment profond de vouloir la réparation d’une injustice profonde commise contre 650 innocents et plus, la Fédération nationale de la Libre Pensée agit sur des bases de principes. Ce que nous voulons voir reconnaitre, c’est le droit à la désobéissance. En ces temps de guerre permanente et professionnelle, la Libre Pensée agit toujours pour la liberté de conscience de tous les citoyens, y compris sous l’uniforme.

 

Blanche-Maupas.jpgLe droit de dire non, c’est l’application du principe absolu de la liberté de conscience. C’est ce que nous revendiquons pour nous et pour tous.  Nous revendiquons pour tous les citoyens sous l’uniforme, quelque soit  leur statut de pouvoir dire non. Des milliers d’hommes ont refusé de monter à l’assaut pour des raisons diverses. D’abord, parce qu’ils refusaient de mourir pour rien. Parce qu’ils refusaient de mourir tout simplement, parce qu’ils en avaient assez de cette boucherie.

 

Ils ont dit non ! Et ils ont été fusillés pour cela. Ils ont refusé de croire à la propagande belliciste, opposé une résistance constante, ils ont pensé librement, ils ont désobéi…Et ils sont morts… Fusillés pour l’exemple. ! Pour autant, ils n’ont pas utilisé un « devoir de désobéissance », mais un « droit à la désobéissance ». C’est pourquoi nous militons pour la reconnaissance d’un droit de dire non. Pas un devoir  de dire non. Car on en revient toujours aux contingences des interrogations de la conscience.

 

En 1914-1918, il y a en a eu des millions qui ont dit oui. Quelques milliers ont dit non. Je n’opposerai pas les millions aux milliers, les milliers aux millions. Car, c’est la même histoire qu’ils ont faite, celle de la vieille chanson qui a bercé la misère humaine selon Jean Jaurès. Ils étaient tous unis dans la détresse, la peur et la désolation.

 

La Fédération nationale de la Libre Pensée combat pour faire reconnaitre, par cette action de justice, le DROIT à la désobéissance. Le libre arbitre, la liberté de conscience doivent rester toujours notre guide. Comme en 1789, le droit, pas le devoir. La notion de devoirs, contre la notion de droits, a été instaurée dans la Constitution thermidorienne de 1795.

 

Cela nous amène aussi à poser aussi la question des moyens pour rechercher  la vérité qui devrait guider notre conscience. Il y a un procès perpétuel qui est fait au bolchévisme, puis au trotskysme (nécessité oblige) sur la formule faussement attribuée : « la fin justifie les moyens ». Dans son ouvrage «Leur morale et la nôtre », Léon Trotsky indique clairement qu’il ne saurait y avoir de moyens contraires à la fin.

 

Un autre auteur, qui n’a rien à voir avec le communisme, Albert Camus qui était plutôt de la mouvance libertaire répondait la même chose : « La fin justifie les moyens, mais qui justifiera la fin ? A cette question sans cesse posée et jamais résolue, l’homme révolté répond : les moyens ». C’est la même idée : il ne saurait y avoir de moyens contraires à la fin, car les moyens tuent la fin s’ils sont contraires à la fin.

 

Pour le reste, le chemin reste ouvert : « C’est en cherchant l’impossible que l’homme a toujours réalisé le possible. Ceux qui se sont sagement limités à ce qui leur paraissait possible n’ont jamais avancé d’un pas ». Ainsi parlait  Michel Bakounine.

 

 

Christian Eyschen

Secrétaire général de la Libre Pensée française

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Publié le 11 Novembre 2010

Une vingtaine de personnes a bravé le froid, le vent et la pluie pour participer a notre deuxième rassemblement, avec la Libre Pensée, la Ligue des droits de l'Homme, l'Arac. La mairie d'Allonnes était aussi présente...

 

Voici le discours de Gerard Désiles, président de la libre pensée de la Sarthe.

           

            Ce 11 novembre 2010, de tels rassemblements pacifistes se tiennent dans une quarantaine de villes. Ils ont été appelés par l'Association Républicaine des Anciens Combattants, la Ligue des droits de l'Homme, la Libre Pensée, l'Union Pacifiste, le Mouvement de la Paix et d'autres organisations.

 

            92 ans après la fin de la guerre 14-18, ce monde inquiet et en crise sent toujours la poudre.

            Suite à l'effondrement de l'URSS et la fin de la guerre froide, on a prétendu que le monde était en paix. Mais après la guerre froide, c'est une autre forme de guerre qui existe et ce, sur tous les continents.

            1998404531_2.jpgIl y a 365 conflits  recensés dans le monde dont l'immense majorité ne sont plus des guerres entre Etats, mais des guerres civiles. Il y a toujours un endroit du globe où l'on tue et on assassine des hommes, des femmes, des vieillards ; où l'on détruit physiquement «l'autre».

            Il y a aujourd'hui plus de 300 000 enfants- soldats à travers le monde.

            Le nombre de réfugiés ne cesse d'augmenter dans des proportions alarmantes: 1,4 million en 1960; 19 millions en 1998; 43 millions aujourd'hui, selon les sources officielles de l'ONU.

             Les dépenses militaires se montent aujourd'hui à 1464 milliards de dollars. Soit une augmentation de +45% par rapport à 1998.

            Loin de se pacifier, ce monde est mis à feu et à sang toujours davantage  pour le plus grand profit des capitalistes et des marchands d'armes.

            Ce sont toujours les USA qui veulent directement ou indirectement dominer le monde et régenter les pays sous leur houlette ou sous la botte de leur armée selon leurs intérêts économiques et stratégiques.

            Il y a aujourd'hui 761 bases militaires américaines à travers le monde.

           

            N'y aurait-il rien à faire contre cet état de fait?

 

            Aux Etats-Unis même, le mouvement de résistance se poursuit au travers des initiatives prises par la coalition « US labour against the war »(le mouvement ouvrier américain contre la guerre) . C'est ainsi qu'un certain nombre de nos organisations ont répondu le 20 mars 2010 à l'appel de 50 jeunes américains à une journée internationale  contre la guerre et l'occupation de l'Afghanistan, de l'Irak, de la Palestine ,de Haïti et contre la présence des bases militaires américaines à travers le monde. (c'était le 7eme anniversaire de l'invasion américaine de l'Irak).

             Dans cet appel on pouvait lire ceci: « Nous refusons de tuer et de mourir pour les grandes firmes capitalistes américaines! Nous voulons de vrais emplois, un enseignement de qualité et l'accès à la culture! Nous voulons un avenir! Retrait immédiat des troupes américaines et des troupes de l'OTAN! »

           

            On ne peut se taire sur ce qui se passe en Orient: on tue toujours plus de civils en Irak et en Afghanistan. Ces pays sont plongés dans le chaos et l'horreur avec son lot d'assassinats, tortures massacres de civils comme viennent de le révéler les rapports publiés par Wikileaks.

           

            En octobre 2010, un 50ème français a, comme ils disent, «perdu la vie au combat» en  Afghnistan. 

           

            Comment ne pas comprendre la révolte du peuple palestinien quand ses droits sont piétinés depuis 1947? Son droit le plus élémentaire: vivre sur sa terre lui été retiré par les Grands de ce monde.

           

            Il y a de quoi être révolté quand les médias aux ordres mettent sur le même plan la violence des bourreaux et celle des victimes. Tout cela béni par des religions hypocrites qui sont ravies qu'on leur demande d'être les entremetteuses de cette farce sinistre et sanglante.

           

            Et c'est à qui ,à l'Elysée et à Matignon, fera le plus de courbettes au goupillon, à la Kippa et au croissant. Sous les lambris dorés des gouvernants, on ne parle plus de laïcité, d'égalité, de séparation des Eglises et de l'Etat, mais de «respect des communautés».

           

            Et on entend ce discours d'un autre âge: pour éviter les guerres tribale, reconnaissons les tribus, donnons leur des droits particuliers.

            Finie la notion de citoyens, finie la laïcité de l'Etat.   

            L'Etat est au service des communautés religieuses : c'est le concordat qui revient.

           

            Ce monde-là, nous le refusons . Libres Penseurs, pacifistes internationalistes, nous ne cesserons de lutter pour la paix, pour la concorde universelle..

           

            C'est pourquoi la Libre Pensée oeuvre à la proclamation, en août 2011 à Oslo,  de l'Association Internationale de la Libre Pensée pour que , contre l'internationale totalitaire, cléricale, capitaliste et militariste, se dresse une  internationale de la liberté de conscience et de l'émancipation humaine.

 

            Pour conclure, je voudrais ajouter,

            S'agissant du combat pour la réhabilitation des fusillés pour l'exemple,que c'est une oeuvre de justice pour les victimes, leurs familles et leurs descendants.

            Ce que nous voulons honorer, rétablir et faire reconnaître, c'est que ces hommes avaient le droit d'avoir peur, voire de se révolter contre la barbarie de la guerre et refuser de se faire massacrer pour des intérêts qui n'étaient pas les leurs.

             Notre combat vise à faire reconnaître le droit à la désobéissance quand sa vie ou celle des autres en dépend. C'est aussi cela le respect absolu de la liberté de conscience.

            Dans ce combat mené en commun, nous avons  contraint le Président de la République à reconnaître la justesse de notre cause: les fusillés pour l'exemple n'étaient pas  des lâches.

           

            MAIS IL SE REFUSE TOUJOURS A PRONONCER LEUR REHABILITION.

           

            C'est pourquoi le congrès national de la Libre Pensée de Bordeaux (en août 2010) a adopté une lettre ouverte aux parlementaires pour qu'ils déposent une proposition de loi pour la réhabilitation collective de tous les fusillés pour l'exemple.

             

            A ce jour, six conseils généraux ont réclamé publiquement la réhabilitation collective. Auparavant, en 2008,  un groupe parlementaire avait déposé une proposition de loi en ce sens au Sénat qui n'a pas encore abouti à ce jour.

            Nous réclamons justice pour eux et leur famille .

            Déjà, dans les années 20, nos organisations déclaraient: «Bien qu'ils soient morts, il reste un point excessivement pénible (ils auraient pu être tués dans les combats): c'est que les veuves, les orphelins et les vieux parents qu'ils ont laissés ont sur leur conscience un déshonneur qui est inadmissible».

             Il faut savoir que la femme d'un fusillé de guerre ne touchait pas la pension de veuve de guerre et que ses enfants ne pouvaient pas être déclarés pupilles de la nation.

           

            Aujourd'hui comme hier, nous affirmons haut et fort :

           

            Droit des peuples à disposer d'eux-mêmes,

            Fraternité entre les peuples,

            Maudite soit la guerre, Maudites soient toutes les guerres !


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Publié le 7 Novembre 2010

Maudite soit la guerre,

Maudites soient toutes les guerres!

Réhabilitation des fusillés pour l'exemple *

 

RASSEMBLEMENT PACIFISTE

avec l'Association Républicaine des Anciens Combattants,

la Libre Pensée, la Ligue des Droits de l'homme.

monument-pacifiste-allonnes.jpg 

Jeudi 11 novembre 2010 à 14h

ALLONNES

devant le monument,  place de la Paix, vieux bourg.

 

 

 

*Plus de 600 soldats français, dont 7 sarthois, ont été fusillés "pour l'exemple" pendant la guerre 14-18.

Le 11 novembre 2009, la commune de Saint-Michel de Chavaignes a réhabilité Maurice Joubert.

Ce 11 novembre 2010, Emile Lhermenier sera réhabilité dans sa commune d'Yvré l'évêque.

Exigeons de la nation la réhabilitation collective de tous les fusillés pour l'exemple!

 

 

Voir aussi le blog d'Eric Viot

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Publié le 16 Mars 2010

La LIbre Pensée a été invité à participer à un rasseblement par des jeunes militants de l'AJR

et  des JC. C'est tout naturellement que nous avons décidé de soutenir et de participer

a cette initiatives lancée par de jeunes militants sarthois.



Cela fait huit ans que les troupes de l’OTAN et parmi elles des soldats français

ont envahi l’Afghanistan. Selon le journal France Soir du 1er octobre, pour la

France, « les opérations conduites en Afghanistan devraient coûter 400 millions

d’euros au budget de la Défense en 2010 ». 400 millions d’euros pour assassiner

un peuple et envoyer des jeunes français à la mort et au même moment

il détruit le baccalauréat en tant que diplôme national avec sa « réforme des lycées », i

l détruit l’université et nos diplômes avec la LRU ; il organise la précarité pour les

étudiants qui se destinent à l’enseignement avec la masterisation.

Du fric pour l’éducation

pas pour la Guerre


 

 

Rassemblement

Samedi 20 mars

16h Place de la République

 logoajr.pnglogo-jc.jpgaracLogo-POI.jpg safe_image.php.jpg

 

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Publié le 15 Novembre 2009


La journée a commencé par une cérémonie de réhabilitation à St Michel de Chavaignes, avec la présence de Gérard Désiles pour la Libre Pensée et d’Eric Viot, auteur et militant pour la réhabilitation des fusillés pour l’exemple.

Le conseil municipal de cette commune sarthoise vient de voter, à l’unanimité, la réintégration sur la liste des 60 morts de la commune, du soldat Maurice Joubert, fusillé pour l’exemple en 1915. Notre département compte 7 fusillés pour l’exemple retrouvés grâce au travail de recherche d’Eric Viot.

 

L’après midi, à l’initiative de la Libre Pensée, 40 personnes se sont retrouvées à Allonnes, place de la paix, devant le monument pacifiste. Le conseil municipal était représenté par Mostafa Nafaa qui a tenu à rappeler l’engagement de la commune d’Allonnes pour la paix. Celui-ci a exprimé son accord avec nos positions et a souligné la justesse de notre campagne pour la réhabilitation de tous les fusillés pour l’exemple.

M. Rémy Leguillerm, sculpteur du monument avait, lui aussi, tenu à être présent et s’est félicité que son monument serve à une telle initiative. Représentant une main et un visage sortant de la terre, cette sculpture porte la mention «  POUR LA PAIX ET LA LIBERTÉ

AUX VICTIMES DES GUERRES».

Plusieurs orateurs se sont ensuite succédés : un représentant de l’ARAC, une représentante de la LDH, Eric Viot et enfin Gérard Désiles, président de la fédération sarthoise de la Libre Pensée.

Tous ont rappelé la campagne commune que nous menions au niveau local et national depuis l’après-guerre pour demander justice pour ces hommes abattus par l’armée française parce qu’ils avaient refusé l’arbitraire. Gérard désiles a terminé son discours par les mots d’ordre!        "Maudite soit la guerre!

Maudites soient toutes les guerres!

Pour le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes!

Pour la fraternité entre les peuples! "

            Les associations et les participants, satisfaits de ce premier rassemblement en Sarthe, se sont engagés à organiser ce type d’initiative tous les ans pour dénoncer les guerres passées, présentes et futures. L’évènement qui s’est conclu par la chanson de Craonne interprétée par André Frey, a été bien couvert par la presse locale Ouest France et Le Maine Libre.

 


 

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Publié le 8 Novembre 2009


LIBRE PENSEE 

Fédération de la Sarthe

 


 

Maudite soit la guerre,

Maudites soient toutes les guerres!

Réhabilitation des fusillés pour l'exemple *

 

RASSEMBLEMENT PACIFISTE

Mercredi 11 novembre 2009 à 14h

ALLONNES

devant le monument , place de la Paix, vieux bourg.

 

 

 POUR LA PAIX  ET LA LIBERTE, AUX VICTIMES DES GUERRES

 

Gerard Desiles de la Libre pensée, Eric Viot, un conseiller municipal, la Ligue des droits de l'Homme et l'ARAC prendront la parole.


* Plus de 600 soldats français ont été fusillés "pour l'exemple" pendant la guerre 14-18.

Parmi eux, 7 sarthois : Julien BRILLANT;   Maurice JOUBERT; Paul LEBLECH; Emile LHERMENIER; Louis OGER; Albert VALET; François VANNIER, découverts récemment par M. Eric Viot, historien.

 

Ils ne sont toujours pas réhabilités malgré le discours du Président de la République en novembre 2008.

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Publié le 26 Octobre 2009

Le 11 novembre Prochain, Nous organisons un rassemblement pacifiste à Allonnes à 14h.

Le soir, France 2 diffuse le téléfilm Blanche Maupas.
Un événement à ne pas manquer et qui donnera une nouvelle dimension à notre action pour la réhabilitation des Fusillés pour l'exemple.



"Été 1914 – Théophile Maupas instituteur à la campagne est mobilisé. Des tranchées, il écrit de longues lettres à Blanche, sa femme institutrice elle aussi.
Début mars 1915, elle demeure plusieurs jours sans nouvelles, pour finalement apprendre que Théo a été fusillé pour l’exemple avec trois autres de ses camarades car ils auraient refusé de se battre. Intuitivement, elle ressent qu’il s’agit d’un assassinat et décide de chercher la vérité sur sa mort. Alors que beaucoup lui tournent le dos, elle se consacre à recueillir des témoignages en vue d’en obtenir les preuves. Elle vise l’impossible : la reconnaissance de l’assassinat et la réhabilitation de Théo. Seule d’abord, puis avec la Ligue des Droits de l’Homme, les Francs-Maçons du Grand-Orient de France, elle mobilise l’opinion publique et contraint le pouvoir politique de rejuger son mari. En1934, une Cour spéciale composée d’anciens combattants annule le jugement du 16 mars 1915 qui avait prononcé l’exécution de Théophile et de ses camarades. Ils sont réhabilités.
Blanche disparaît en 1962. A cette occasion, Le Canard enchaîné écrit : « … Une autre femme se fût sans doute réfugiée dans l’obscurité, dans l’oubli. Quoi de plus justifi é ? Elle s’insurgea farouchement. Toute seule d’abord, elle tint tête à l’immense puissance du mensonge patriotique et militaire. Si nous savons aujourd’hui ce que recelait le dossier le plus secret, le plus sale, le plus consternant de la gloire militaire, c’est d’abord à la petite institutrice du Chefresne, à madame Blanche Maupas, que nous le devons. Il serait injuste, n’est-ce pas, que la plus courageuse vieille dame, s’en allât sans notre affectueux regret, vers un monde où, s’il est meilleur que le nôtre, le sieur Réveilhac(1) doit passer un drôle de sale quart d’heure. »


1- Le général qui avait fait fusiller Théophile Maupas "
 

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Publié le 12 Juillet 2009


Le journal Le Monde du mercredi 8 juillet nous informe que l’Allemagne s’apprête à réhabiliter les « traîtres à la guerre », c’est-à-dire les soldats sous uniforme de la Wehrmacht qui ont été surpris par la police militaire et/ou la Gestapo pendant la deuxième guerre mondiale à avoir osé faire preuve d’humanité vis-à-vis de celles et ceux que le régime nazi considérait comme des gens de race inférieure, voire, dans le cas des juifs, russes, roms etc. comme des sous-hommes.

Il a pu s’agir aussi de soldats allemands ayant échappé aux mesures de déportation prises dès l’origine du pouvoir hitlérien à l’encontre de leurs semblables et qui ont pu, de l’intérieur de l’armée, se manifester, quelque peu pour les uns, plus significativement pour quelques autres, en tant qu’opposants politiques, socialistes, communistes, trotskystes, anarchistes etc. On sait par exemple que bravant la terreur national-socialiste, des soldats allemands, à Brest, opérèrent leur jonction avec des militants de la IVème Internationale et réussirent à publier quelques numéros d’un journal internationaliste Arbeiter und Soldat. Dénoncés par un indicateur glissé dans leurs rangs, ils furent immédiatement fusillés.

Ce que le gouvernement allemand s’apprête à faire pour ces hommes héroïques qui osèrent résister au cœur du plus terrifiant système politique et de la plus terrifiante machine de guerre exterminatrice que l’humanité ait connus, ne serait-il pas à faire d’urgence dans notre pays pour les « fusillés pour l’exemple » de la guerre de 1914-1918 ?

Il ne s’agit certes pas de comparer les mérites des uns et des autres. Ce serait à la fois absurde, indécent et outrecuidant. Mais n’est-on pas en droit de s’interroger ? Depuis maintenant 5 ans, les fusillés pour l’exemple britanniques de la guerre de 1914-1918 ont été réhabilités (sous la forme d’un « pardon » général). Aujourd’hui l’Allemagne s’apprête à réhabiliter les « traîtres à la guerre ».

Que fait le président de la République française ? Qu’attend-il pour prononcer un mot, un seul, qui est attendu par l’immense majorité du peuple français, car, par delà les clivages des convictions politiques ou philosophiques, il correspond à des aspirations pacifistes quasi unanimes ? Quel est ce mot que le Président de la République doit prononcer ?

C’est : réhabilitation !

Oui, il est temps, plus que temps, qu’aux promesses et aux propos de bienveillance sans lendemain succède une parole forte mettant un terme définitif à un contentieux judiciaire de près d’un siècle. Il appartient au Président de la République française de le faire. Il en a le pouvoir.

La Libre Pensée n’a qu’un vœu, c’est qu’en ce domaine de mémoire et de justice tout à la fois, il exerce ce pouvoir pleinement. Qu’il prononce enfin la réhabilitation des fusillés pour l’exemple de 1914-1918.


Paris, le 9 juillet 2009


FEDERATION NATIONALE DE LA LIBRE PENSEE 10/12 rue des Fossés-Saint-Jacques 75005 PARIS

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Publié le 1 Mai 2009

 

Le Conseil général de l’Allier a adopté, à l’unanimité dans sa séance du 26 mars 2009, une motion qui invite  la « République française à prendre, dans la générosité qu’elle doit à tous ses enfants, la décision de reconnaître les soldats condamnés pour l’exemple comme des soldats de la Grande Guerre à part entière, comme des Poilus comme les autres  et de soutenir les démarches leur permettant d’être reconnus « Morts pour la France », de façon à permettre que leurs noms puissent être légitimement inscrits sur les monuments aux morts  des communes de France, à la demande de leurs familles ou des associations et collectivités concernées ».

 

La motion adoptée commence ainsi : « Considérant que tout au long des quatre années de guerre de 1914 à 1918, des combattants français ont été condamnés pour l’exemple et exécutés ».

 

La Libre Pensée se félicite de cette prise de position qui va dans le sens de la réhabilitation des Fusillés pour l’exemple.

 

La Libre Pensée a combattu inlassablement depuis des années et des années pour que cette réhabilitation  soit prononcée : lettre aux plus hautes autorités élues de la République (Premier Ministre, Président de l’Assemblée Nationale, Président du Sénat) et, en ce moment même,  lettre ouverte au Président de la République.

 

Tous les ans, depuis des années et des années, lors des rassemblements qu’elle organise autour des monuments aux morts de caractère pacifiste, la Libre Pensée et les associations qu’elle a créées ont répété cette exigence : « Réhabilitation des fusillés pour l’exemple »

 

La Libre Pensée a considéré les propos, tenus par le Président de la République le 11 novembre dernier,  comme étant un pas en avant significatif dans ce sens.

 

Cependant la réhabilitation reste à terminer

 

Une nouvelle fois, la Libre Pensée demande aux autorités de la République la finalisation solennelle de la réhabilitation des Fusillés pour l‘exemple.

 

En 2008 dans l’Aisne, le Conseil Général avait adopté une motion dans ce sens. Aujourd’hui, c’est le Conseil Général de l’Allier qui va dans le même sens. Ce sont des instances départementales élues qui disent en substance : « REHABILITATION ».

 

Le peuple français ne comprendrait pas que l’on tergiverse davantage.

 

Le Président de la République doit prononcer les mots d’apaisement et de justice que tout le peuple français attend :

 

 

RÉHABILITATION DES FUSILLÉS POUR L’EXEMPLE

DE LA GUERRE DE 1914-1918 !


 

 

Paris, le 17 avril 2009

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Publié le 14 Février 2009

Eric Viot, historien sarthois et auteur du livre les blessure de l'ame, vient d'ouvrir un blog pour la réhabilitation des fusillés pour l'exemple.

nous vous invitons à le visiter.
http://les-blessures-de-l-ame.over-blog.com/

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Publié le 17 Janvier 2009

" J'ai voulu montrer ici le point de vue des Indiens, pour une fois. Soyons justes. Nous les avons mal traités. C'est une véritable tache dans notre histoire. Nous les avons roulés, volés, tués, assassinés, massacrés, et, si parfois, ils tuaient un homme blanc, on leur expédiait l'armée." (John Ford à propos de son film Les Cheyennes)



La Commission Administrative Nationale de la Fédération nationale de la Libre Pensée, réunie à Paris les 10 et 11 janvier 2009, se déclare horrifiée par les scènes de guerre qui se déroulent actuellement sur la bande de Gaza.


Elle rappelle l'engagement permanent de la Libre Pensée contre les guerres et les massacres. Fidèle à l'internationalisme et aux droits des peuples à disposer d'eux-mêmes, elle proclame que la guerre n'est jamais une solution pour arbitrer les conflits collectifs humains.


La Libre Pensée appelle à la cessation immédiate du conflit. Elle exige la fin des bombardements.


Quand des militaires tuent des civils, c'est un crime de guerre.



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Publié le 19 Novembre 2008

Lettre ouverte à monsieur le Président de la République française
Nous demandons JUSTICE pour les Fusillés pour l’exemple
de la Première Guerre Mondiale !

Cliquez ici

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Publié le 19 Novembre 2008

Bonjour, Eric Viot, tu as écrit un livre, les blessures de l'âme, qui traite de la première guerre mondiale ? Peux-tu nous présenter ton livre

Ce livre c’est un coup gueule contre la guerre en général et en particulier contre cette boucherie que fut la première guerre. C’est un hommage à tous ces hommes sacrifiés pendant ces quatre années. Pendant plus de 15 ans de recherches j’ai appris énormément de choses sur cette période et plus particulièrement sur le quotidien des poilus et c’est tout cela que j’ai voulu mettre en scène dans ce roman.


Pourquoi cet intérêt pour la première guerre mondiale? 

C’est une guerre où la dimension humaine est importante et c’est sans doute mon côté humaniste qui a été séduit.

Ce sont les hommes qui m’intéressent dans ce conflit ; bien sûr ceux qui avaient les pieds dans la boue des tranchées et pas ceux qui, bien au chaud à l’arrière, préparaient de terribles offensives juste pour une étoile supplémentaire sur la manche d’un officier.

 

Tu as participé à la réunion publique de la Libre Pensée le 7 novembre dernier, pour la réhabilitation des fusillés pour l'exemple, qui étaient ces fusillés? 

Bien souvent de pauvres types, pas plus coupables que leurs voisins de tranchée, juste des victimes de la décimation, des hommes qui ont eu le courage de dire stop, prenant le risque de se retrouver face à un peloton d’exécution.

 

Pourquoi demander leur réhabilitation ? 

Une vraie réhabilitation, pas ce que Sarkozy a dit lors de son discours du 11 novembre. Pourquoi, parce que tous n’étaient pas des héros mais la plupart ne méritaient pas le sort qu’on leur a réservé. L’Angleterre, par voie législative, a réhabilité ses 306 soldats fusillés pour l’exemple, alors pourquoi pas La France.

 

A-t-on des chances d'obtenir gain de cause ? 

Il ne faut pas désespérer, le combat sera long mais il est légitime. Je pense qu’il faut essayer de situer géographiquement ces soldats afin de faire pression auprès des municipalités pour qu’ils soient inscrits sur les monuments aux morts à côté de leurs camarades. C’est une première reconnaissance. C’est cette démarche que j’ai engagée avec Emile LHERMENIER soldat sarthois originaire d’Yvré l’Evêque et fusillé le 22 mai 1916 à Roucy dans l’Aisne. Il faut aussi en parler afin d’éviter qu’ils ne tombent dans l’oubli.

 

Comment as-tu connu la Libre Pensée ? 

Suite à mes recherches sur les fusillés, puisque la Libre Pensée a été des premiers combats pour la réhabilitation de ces pauvres types.

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #anti militarisme

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