Publié le 31 Janvier 2010

arton462-ebd40.jpgDès que la mission parlementaire Gérin/Raoult a été annoncée, la Fédération nationale de la Libre Pensée a émis les plus extrêmes réserves sur la possibilité et la nécessité de légiférer pour interdire le port d’un vêtement particulier dans la rue et hors de la sphère publique. En effet, il n’appartient pas aux pouvoirs publics de s’ingérer dans une affaire qui relève du libre choix de chacun dans la vie privée.

Lors de ce débat, mêlé à celui de l’identité nationale, il n’a pas fallu attendre longtemps pour s’apercevoir, qu’outre une opération électoraliste digne « de la petite cuisine sur de petits réchauds » comme le déclarait le général de Gaulle, cette campagne médiatico-politicienne ne visait qu’à stigmatiser une partie de la population. Cela a conduit à un resurgissement nauséabond de la xénophobie et du racisme ordinaire le plus vulgaire. Les débats publiés, même après censure, sur les sites internet gouvernementaux le démontrent allègrement.

Quand le Ministre Éric Besson organisait une réunion publique officielle sur l’identité nationale, le 14 janvier 2010 ; dans la basilique de Vézelay, là où fut prêchée une croisade contre les Infidèles ; le message était clair : la France est catholique et doit le rester !

Comme d’habitude, il s’est toujours trouvé des complaisances pour ces basses œuvres. C’est ainsi que certains ont évoqué la laïcité (qui n’en demandait pas tant) pour revendiquer une loi interdisant la burqa et le niqab dans la rue et la sphère non-publique (hors administrations, services publics, etc..).

Le Congrès national de la Libre Pensée avait indiqué que la Libre Pensée donnerait son point de vue après la publication du rapport de la commission Gérin/Raoult. Les conclusions sont maintenant connues. C’est aux fruits que l’on juge l’arbre.

Il faudrait donc que les agents du service public puissent vérifier l’identité des personnes quand elles vont chercher un enfant à l’école, retirer un carnet de chèques à la poste, etc… Or, cela est déjà prévu actuellement par la règlementation. Si cela n’est pas fait tout le temps, ce n’est pas par manque de mesures légales, mais par manque de volonté gouvernementale. La Mission Gérin/Raoult a réinventé l’eau chaude.

Mais celle-ci ne recule pas devant le ridicule, loin s’en faut. La burqa et le niqab seraient interdits dans les bus, les métros et les trains, mais autorisés dans la rue. Il faudrait donc que les femmes qui les portent se déshabillent pour monter dans les transports en commun et se rhabillent en les quittant ! Cela va coûter cher en cabines. C’est Ubu roi !

Il est à noter aussi qu’interdire la burqa et le niqab dans la rue aurait posé beaucoup de problèmes. Avec force fourgonnettes de police dans les banlieues, cela aurait été possible, bien que rappelant de fâcheux souvenirs du temps de la guerre d’Algérie. Mais sur les Champs-Élysées avec les princesses saoudiennes faisant leurs courses, cela aurait posé bien d‘autres difficultés, à moins de faire une loi pour les banlieues et une autre pour les magasins de luxe.

D’autres propositions énoncées révèlent le véritable but de cette campagne. Il est indiqué clairement que les Conseils régionaux du Culte musulman seront associés « aux efforts de médiation envers les femmes portant la burqa ». En clair, le gouvernement va institutionnaliser les représentants d’une religion pour en faire les collaborateurs de la police. Cela s’appelle du communautarisme.Large_causesBurqua_49036843_p.jpg

Reprenant une proposition de la commission Machelon qui devait « toiletter » au karcher la loi de séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905, la Mission Raoult/Gérin propose d’effacer la distinction opérée législativement qui établit une frontière infranchissable, en matière de financement public, entre ce qui relève du cultuel ( loi de 1905) et du culturel (loi de 1901) afin « d’accroître les lieux de culte », car (cerise cléricale sur le gâteau communautariste) « la loi de 1905 n’a pas de valeur constitutionnelle ».

On a amusé le populo pendant des mois en agitant le spectre de « l’islamisme  », entendez « terrorisme », on a brandi la cause des femmes et la laïcité au départ. Et à l’arrivée, on institue le communautarisme qui ne va pas libérer les femmes musulmanes, bien au contraire, car elles risquent de rester enfermées chez elles ; et l’argent public va se déverser encore plus dans les troncs des religions !

Cette mission parlementaire, commencée par une tartufferie, celle de n’inviter que, ou presque, des partisans de l’interdiction législative et liberticide ; va se terminer par une farce : renforcer les religions et les atteintes à la laïcité par un financement public accru des cultes.

Mais il y a loin encore de la coupe aux lèvres….

Avec la Libre Pensée, Défendons ensemble la loi de 1905 !

 

Paris, le 27 janvier 2010

 

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Publié le 23 Janvier 2010

Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 23 Janvier 2010

L1784.jpgLa revue « Monde et Vie » est issue de la mouvance nationalo-catholico-intégriste. Elle consacre son numéro du 9 janvier 2010 à pourfendre « Les sectaires du laïcisme ». Elle s’en prend particulièrement à la Fédération nationale de la Libre Pensée, à la Mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) et à la Ligue de l’Enseignement qu’elle qualifie de « secte qui a réussi ».

Ne résistant pas au plaisir d’en informer les visiteurs du site de la Fédération Nationale, nous publions ci-dessous ce que les intégristes écrivent sur la Libre Pensée. C’est en quelque sorte l’hommage du vice à la vertu. Contrairement à beaucoup de nos détracteurs, les nationaux-intégristes ont pris la peine de se renseigner un peu sérieusement et n’enfourchent pas les contrevérités largement répandues sur la toile par nos adversaires, aussi ignorants que malveillants.

Sous le titre « la Libre Pensée prisonnière de son sectarisme », on peut se délecter de ses propos : « De toutes les organisations laïcistes, la Libre Pensée est sans doute la plus sectaire et la plus virulente. A en juger par ses slogans éculés, on pourrait croire que les libres penseurs ne réunissent plus qu’une poignée de maniaques de l’athéisme. Il suffit de voir qui préside la fédération pour comprendre qu’il n’en est rien….

Parmi les textes fondateurs, on trouve ainsi notamment Gambetta, et sa fameuse apostrophe : « Le cléricalisme, voilà l’ennemi » ; ou encore les interventions de Danton, Combes, Ferry, etc… On signe les pétitions pour que « le nom de Robespierre soit officiellement inscrit dans le patrimoine topographique de la capitale » (ce qui est d’ailleurs le cas puisqu’il a une station de métro [1]). Et dans nombre d’interventions, on n’hésite pas à pousser le mot d’ordre qu’on croirait d’un autre âge : « Ni dieu, ni Maître ! A bas la Calotte ! Et vive la Sociale ! ».

À noter aussi que les membres de la Libre Pensée sont passionnés par l’histoire de l’Église – ou plutôt par une certaine vision de l’histoire de l’Église, qui les voit évoquer, jusqu’à plus soif, le prétendu silence de Pie XII ou la Doctrine sociale de l’Église. Ou étudier le débaptême ou le blasphème. eglise-ecole.jpgEnfin, ils militent pour la laïcité et quelques autres grandes causes, telle la réhabilitation des fusillés pour l’exemple de la Première Guerre mondiale, dont ils ont l’occasion de défendre la mémoire lorsqu’ils sont, par exemple, reçus à Matignon, comme en janvier 2008.

A noter enfin que la Libre Pensée est membre de l’Internationale humaniste et laïque, et du Comité International de Liaison des Athées et des Libres Penseurs, et qu’un certain nombre de ses membres appartienne à la maçonnerie.

Sa Commission administrative nationale regroupe aussi bien des politiques que des universitaires, des pacifistes que des syndicalistes. Son président actuel est l’ancien secrétaire général de FO, Marc Blondel. Autour de lui, on trouve, par exemple, l’historienne de sensibilité marxiste-léniniste, Annie Lacroix-Riz ; l’ancien Grand Maître du Grand Orient, Jacques Lafouge ; Salamero Joaquim, président d’honneur, qui fut un des initiateurs, en son temps, de l’Union des anarcho-syndicalistes ; l’ancien député socialo-communiste de Vendée, Philippe Puaud ; ou l’universitaire Jean-Marc Schiappa, spécialiste de Gracchus Babeuf ».

Il est à remarquer que dans ce gigantesque réquisitoire contre les « laïques », il y a des absences remarquées, notamment celle des Torquemada de banlieue qui sévissent sur la toile en faisant, en permanence, le procès du tout venant. Il faut dire, à leur décharge, qu’ils ne sont toujours pas descendus de cheval depuis 732 à Poitiers et qu’ils partagent, avec les nationaux-intégristes, les mêmes émissions sur Radio-Courtoisie. La haine commune du musulman explique sans doute cette sympathie réciproque et partagée.

32_pics_ziza.jpgÀ l’autre bout du goupillon catholique, une autre offensive se fait jour. Les « modernistes » s’en prennent à la Libre Pensée et aux procès que nous avons intentés et gagnés à Limoge, Ploërmel et Wandignies-Hamage. Cela fait, selon ses « bonnes âmes » le jeu des intégristes catholiques, car « en contestant, au nom de la séparation de l’Église et de l’État, la légalité des subventions, les défenseurs de la Libre Pensée apportent de l’eau au moulin des catholiques purs et durs qui prêchent pour un retour aux sources de la religion. (Populaire du 9 janvier 2010) ». Pas moins…

Paul VI avait dit, en son temps à propos de l’œcuménisme, « qu’il y avait plusieurs troupeaux, mais qu’il n’y avait qu’un seul pasteur ». On voit ici, qu’il y a plusieurs discours catholiques, mais qu’il n’y a qu’un seul adversaire : la Fédération nationale de la Libre Pensée. Nous tacherons d’être digne de cette haine cléricale.

Christian Eyschen

 

[1] Faux, car elle se situe à Montreuil dans le 93.NDLR

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Christianisme

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Publié le 16 Janvier 2010

LIBRE  PENSEE                                                                                                Le 14 janvier 2010

Fédération de la Sarthe

Maison des Associations

Place d'Arcole

72000 Le Mans

 

 

 

 

objet: espace associatif interculturel d'Allonnes

 

 

 

 

Monsieur le Maire,

Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux,

 

 

 

La Fédération départementale de la Libre Pensée tient à vous faire part de son inquiétude à propos de l'utilisation de l'espace associatif interculturel d'Allonnes.

 

En effet, dans un article paru dans le journal Ouest-France du 24 août 2009, on lit ceci : "Dans ce nouveau centre culturel, il sera possible de prier".

 

Si tel était le cas, ce serait en violation de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat car "La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte" (article 2).

 

 Cet espace associatif interculturel est financé sur des fonds publics (Etat, Région, Commune d'Allonnes), son utilisation ne peut être réservée qu'à des pratiques culturelles. Les pratiques relevant d'un culte telles que la prière ou l'enseignement religieux n'y ont pas leur place.

 

C'est la raison pour laquelle nous vous faisons part de notre inquiétude et de notre volonté de voir la loi respectée.

 

Par ailleurs, nous vous informons du contenu de quelques délibérations  en la matière:

Le tribunal administratif de Nantes a annulé, le 31 mars 2006, la délibération du 21 octobre 2003 par laquelle la communauté urbaine du Mans  affectait une enveloppe de 380 000 € à l'aménagement d'une installation destinée à l'abattage des moutons, exclusivement pour la fête de l'Aïd-el-Kébir. Considérant que la CUM avait engagé une dépense liée à l'exercice d'un culte, en méconnaissance de la loi du 9 décembre 1905.

 

En Haute -Vienne, le tribunal administratif de Limoges vient de déclarer contraire au principe de laïcité et à l'article 2 de la loi de 1905 les délibérations du Conseil Général et Régional qui finançaient les ostensions, c'est à dire les expositions des reliques de saints limousins sur des fonds publics. Les 9 657 € versés illégalement devront être remboursés.

                                …/…

Le tribunal administratif de Rennes vient d'annuler la décision du Conseil Général qui avait voté une subvention de 4 500 € pour financer le socle de la statue de Jean-Paul II érigée à Ploërmel. Ceci, en application de l'article 28 de la loi de 1905 car depuis le 9 décembre 1905: "il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit".

 

Le tribunal administratif de Lille avait exigé, suite à un recours, le retrait du crucifix dans une salle municipale servant de cantine scolaire pour l'école publique de Wandignies-Hamage dans le Nord. Le Maire a refusé d'obtempérer et a fait appel de la décision. La Cour d'Appel de Douai vient de rejeter la requête de la municipalité et confirmé le premier jugement, en référence explicite à la loi de 1905.

 

 

Nous souhaiterions donc connaître la position du Conseil municipal en ce qui concerne cette affirmation citée ci-dessus " Dans ce nouveau centre culturel, il sera possible de prier".

 

 

 

Veuillez agréer, Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux l'expression  de nos sentiments républicains et laïques.

 

 

Pour la Fédération départementale de la Libre Pensée

                                                     Le Président : Gérard Désiles

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #laïcité

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Publié le 16 Janvier 2010


La Fédération nationale de la Libre Pensée informe l’opinion publique, qu’en ce début d’année 2010, à son initiative, trois jugements de tribunaux administratifs viennent d’être rendus en défense de la loi de séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905.

En Haute-Vienne

L’Église catholique entendait faire financer les ostensions, c’est-à-dire les expositions des reliques de « saints limousins », sur les fonds publics. Autant, la Municipalité de Limoges avait refusé de faire droit aux demandes cléricales, autant le Conseil général et le Conseil régional ont plié le genou devant l’Église.

Le Tribunal administratif de Limoges a déclaré contraire au principe de laïcité et à l’article 2 de la loi de 1905 : « la République ne reconnaît, ne subventionne, ni ne salarie aucun culte », la délibération du Conseil général. Les 26 360 €, versés illégalement, devront être remboursés.

A Ploërmel, dans le Morbihan

Le maire de la Commune avait décidé d’ériger, contre les dispositions de l’article 28 de la loi de 1905, une gigantesque statue de Jean-Paul II. Le Conseil général avait voté une subvention de 4 500€ pour financer le socle de la statue. SIBR_2340085_2_20080619_px_501__w_ouestfrance_.jpgLe Tribunal administratif de Rennes a annulé la décision, car depuis le 9 décembre 1905 : « il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit ». Les 4 500€, versés illégalement, devront être remboursés.

A Wandignies-Hamage, dans le Nord

Le maire entendait laisser le crucifix, fixé sur le mur du local municipal servant de cantine scolaire pour l’Ecole publique. Une militante de la Libre Pensée a porté l’affaire devant le Tribunal administratif de Lille. Celui-ci a exigé le retrait du crucifix dans une salle municipale. Le Maire a refusé d’obtempérer et a fait appel de la décision. La Cour d’Appel de Douai a rejeté la requête de la Municipalité et confirmé le premier jugement en référence explicite à la loi de 1905.

Ni toilettée, ni bafouée, ni abrogée,

la loi constitutionnelle et irréfragable de 1905 doit être respectée !

Rejoignez la Libre Pensée !

Paris, le 11 janvier 2010

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #laïcité

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