Unification de l’École publique et de l’enseignement privé : le lobby catholique à l’offensive

Publié le 22 Mai 2012

Unification de l’École publique et de l’enseignement privé : le lobby catholique à l’offensive


Le journal Ouest-France  a organisé une vaste campagne à la veille des élections présidentielles contre le Conservatoire de l’École publique à Rennes. 

 

Dans le plus pur style de la reconquête cléricale, les plumitifs de ces journaux ont accusé le Conservatoire de l’École publique de discrimination. Ils ont monté en épingle les propos d’une institutrice de l’école privée St-Joseph qui n’en était pas à son coup d’essai.

 

Quels sont les faits ?

 

Cette institutrice de l’école St-Joseph dénonce le fait que la visite du Conservatoire ait été refusée à son école catholique. Le Conservatoire n’est pas  un musée, ce n’est pas une institution ou un service public de l’État, du Conseil général ou régional. C’est une association loi de 1901 créée par l’Union départementale des délégués départementaux de l’Éducation nationale d’Ille-et-Vilaine (DDEN 35).

 

Les DDEN ont leur origine sous la Convention. C’est une association de bénévoles, même si les DDEN sont nommés par les Inspecteurs d’Académie. Leur but est d’ouvrer pour l’École publique, l’École de la République, la laïcité.

 

Cette association a des statuts qui fixent ses principes et ses buts, son mode d’organisation. Dans ces conditions, c’est elle qui décide de son programme d’activité comme toutes les associations régies par la loi de 1901 qui existent dans notre pays.  Il est donc normal que cette association définisse librement le public auquel elle s’adresse.

 

L’enseignement privé confessionnel à 97% catholique est une école à sujet propre, particulariste. Son projet pédagogique est basé sur la reconnaissance de textes religieux comme l’Évangile. L’enseignement privé n’est donc pas un service public de l’État.

 

C’est la loi Debré de 1959 (après la législation pétainiste) qui finance les écoles privées confessionnelles qu’on appelle "sous contrat".

 

Pourquoi une telle campagne à la veille des élections présidentielles menée par un journal qui tire à 700.000 exemplaires et dont les orientations politico-religieuses sont connues ?

 

Cette campagne haineuse accuse le Conservatoire de l’École publique de sectarisme, de discrimination. Ce n’est pas nouveau ! Les mêmes plumitifs n’ont-ils pas accusé les militants laïques d’être intolérants, voire des fanatiques intégristes ?

 

Dans leur vaste entreprise de reconquête,

les cléricaux veulent toujours plus

 

Il est vrai que les capitulations, les soumissions, et l’ensemble des lois antilaïques (23 depuis la loi Debré) adoptées par les gouvernements successifs de la V° République, ne peuvent que les encourager.

 

Pour la Libre Pensée, la décision du Conservatoire de l’École publique de Rennes de refuser la visite à une institution catholique est tout à fait légitime.

 

La Libre Pensée apporte son soutien à cette association créée par les DDEN 35.

 

Pour la Libre Pensée, la seule École de la République, c’est l’École laïque qui accueille tous les enfants sans distinction.

 

C’est pourquoi – fidèle au principe républicain "fonds publics  à l’École publique, fonds privés à l’école privée" – la Fédération nationale de la Libre Pensée agit pour l’abrogation de la loi Debré, qui reconnaît une mission de service public à l’enseignement confessionnel et permet le financement chaque année de plus de 7 milliards d’euros pour l’enseignement privé confessionnel au détriment de l’École publique qui manque cruellement de moyens.

 

Paris, le 22 mai

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #laïcité

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