Publié le 4 Novembre 2014
Publié le 11 Octobre 2014
Communiqué de la Libre pensée de la Sarthe
A propos d’une messe des « fonctionnaires » au Mans
Nous venons d’apprendre la tenue d’une messe des « fonctionnaires » ce samedi 11 octobre 2014 en l’église de la couture au Mans. Dans l’article d’Ouest France consacré à cette messe organisée par l’évêque Le Saux, un des organisateurs affirme retrouver les valeurs de l’Eglise dans son engagement au service de l’Etat.
La fédération Sarthoise de la Libre Pensée est très attachée à la laïcité de l’Ecole publique, de l’Etat et de ses services. Aussi cette première messe des « fonctionnaires » en Sarthe nous interroge.
La laïcité est définie en France par la séparation des églises et de l’Etat de 1905. Par conséquent les fonctionnaires ont un devoir de neutralité dans leur fonction. Cette loi garantit la neutralité de l’Etat et de ses institutions et instaure ainsi la liberté de conscience pour tout citoyen.
Pour autant, en dehors de leur exercice professionnel, rien n’empêche ces fonctionnaires de pratiquer ou non un culte à titre privé. Pourquoi dès lors organiser une messe se revendiquant d’une fonction par définition neutre ? Pourquoi faire de cette messe un évènement public relayé dans la presse ? Comment un fonctionnaire peut-il servir dans l’intérêt de tous et en même temps affirmer une foi particulière ?
Ce genre de messe a, jusqu’à maintenant, eu lieu qu’une seule fois. C’était à la cathédrale de Strasbourg en terre concordataire. Il nous parait évident que par cette initiative, l’Eglise catholique entend instrumentaliser la foi de quelques ouailles pour entretenir la confusion dans le cadre d’une offensive généralisée contre la séparation de la sphère publique et de la sphère privée, c’est-à-dire contre la laïcité. L’année dernière, déjà, une messe avec des gendarmes en tenue avait eu lieu au Mans.
L’Eglise catholique montre, encore une fois, son refus de la neutralité des institutions de la République et sa volonté de réinvestir tous les domaines de la vie publique et de l’Etat.
Les libres penseurs réclament le respect de la laïcité, c’est-à-dire la séparation des églises et de l’Etat. Nous demandons ainsi l’abrogation de la loi Debré qui permet le financement de l’enseignement privé par des fonds publics, ainsi que l’abrogation du statut concordataire d’Alsace-Moselle.
Le Mans, le 11 octobre 2014
Publié le 1 Octobre 2014
Dimanche 28 septembre au Grand Lucé, plus de 50 amis et adherents de la LIbre Pensée se sont réunis au Grand Lucé pour célébrer la journée mondiale de la Libre Pensée ainsi que l'anniversaire la première république. La presse était présente (Ouest France, Maine Libre, Courrier du Val de Loir). Avant de planter un arbre de la liberté, la mairie s'est exprimée, un message de la SARF a été élu et enfin le président de la Fédération Sarthoise. A l'issu de cette plantation, nous avons été reçu à la mairie du Grand LUcé, puis une trentaine de camarades s'est retrouvé au restuarant le Normandie pour un banquet.
Discours du Président :
Amis, citoyens, compagnons, camarades,
Nous sommes réunis, en ce dimanche 28 septembre pour célébrer la journée internationale de la Libre Pensée (qui a normalement lieu le 20 septembre).
Je tiens à remercier publiquement et chaleureusement le conseil municipal du Grand Lucé et son maire Pascal Dupuis pour leur accord, leur soutien et leur aide.
Je tiens aussi à remercier les camarades des sections du sud notamment Philippe G... et Rémi C... sans qui cette initiative n’aurait existée.
Pourquoi une journée internationale de la LP le 20 septembre ?
C’est au IIème Congrès de l’A.I.L.P. de Mar del Plata en Argentine qu’il fut décidé de faire du 20 septembre, la journée internationale de la Libre Pensée. Cette date importante pour nos camarades libres penseurs latino-américains.
Ils honorent ainsi l’action de deux grands personnages dans la lutte pour l’émancipation universelle : Simon Bolivar et Giuseppe Garibaldi.
Simon Bolivar combattit toute sa vie, pour l’indépendance des pays de l’Amérique du Sud, pour la République et pour l’affranchissement des opprimés. Au Pérou, il fit interdire le travail forcé, libéra les esclaves qui avaient combattu pour la libération du pays et fit décréter que tous les fils d’esclaves seraient désormais libres.
Ce n’est pas pour rien que le surnom qui le fit rentrer dans l’histoire est le Libertador. Libération nationale, politique, culturelle, religieuse par une démarche fondamentalement laïque.
Giuseppe Garibaldi avait 13 ans quand Simon Bolivar meurt. Plus tard, il adhère au mouvement « Jeune Italie » de Mazzini dont l’objectif est de transformer l’Italie en une République démocratique et unitaire.
Il va combattre aussi, en Amérique latine, dans la plupart des pays où il rendra populaire et symbolique la chemise rouge de ses combattants. Rouge, car si le sang coulait dessus, cela se verrait moins. Rouge, car c’est la couleur de toujours des révoltés et des révolutionnaires.
Garibaldi combattra en Italie pour l’unification du pays et pour la République. Laïque, bien sûr, car il était fondamentalement et férocement anticlérical. Garibaldi participera, en combattant, dans les Trois guerres pour l’indépendance italienne. Le 8 février 1849, la République est proclamée à Rome. Garibaldi en est.
Il va diriger l’expédition des Mille en Sicile en 1861. L’expédition est un franc succès et se conclut par un plébiscite qui fait entrer Naples et la Sicile dans le royaume de Sardaigne, ultime conquête territoriale avant la création du Royaume d’Italie, le 17 mars 1861.
Au nom de Garibaldi, les paysans envahissent les fiefs des barons latifundiaires et les terres communales. Mazzini, propose de son côté une Assemblée constituante qui légalise la propriété des terres occupées.(1)
20 septembre 1870, Rome est rattachée à l’Italie. Les troupes italiennes rentrent dans la cité papale par la porte Pia. C’est la fin des Etats pontificaux. Les prêtres vont être ramenés, selon la formule célèbre de Karl Marx, à la solitude de la prière. Le vieux rêve garibaldien s’accomplissait.
Les Etats pontificaux représentaient le tiers de l’Italie. En unifiant l’Italie, en supprimant le pouvoir temporel du pape, les italiens refaisaient ce qu’avaient fait les révolutionnaires français en 1790 quand ils avaient nationalisé les biens du clergé et les biens de mainmorte qui, eux aussi, représentaient un tiers de la France. Le Vatican, pseudo-« Etat », mais réellement supranational, a toujours été contre l’avènement des Etats-nations.
Il faut aussi souligner le caractère profondément internationaliste de l’action de Giuseppe Garibaldi. Pour cela, il aura l’indéfectible soutien de Karl Marx et de Friedrich Engels. Garibaldi va soutenir la révolte des polonais contre l’empire russe en 1863.
Rappelons que c’est à Londres dans un meeting de soutien aux peuples irlandais et polonais que fut fondée, le 28 septembre 1864, (il y a aujourd’hui 150 ans) l’Association Internationale des Travailleurs, la Première Internationale.
Au début de la Guerre de Sécession aux Etats-Unis, Abraham Lincoln va lui demander de venir combattre à ses côtés, pour être le « Washington de l’Italie ». Garibaldi accepte si Lincoln fait adopter une déclaration d’émancipation totale des esclaves. Lincoln refusera à ce moment-, mais il la fera en 1865 à la fin de la guerre civile par l’adoption du 13éme Amendement de la Constitution. En 1862, n’y tenant plus, Garibaldi veut aller faire la guerre dans l’armée de l’Union, mais blessé, il ne pourra s’y rendre. Cependant, un Régiment Garibaldi, le 39ème d'infanterie de New York, fut formé en avril-mai 1861, sous le commandement d'un autre “Quarante-huitard”, le colonel hongrois Frédéric D’Utassy, et un drapeau, porté par Garibaldi lui-même dans les campagnes de 1848-1849, fut présenté au régiment qui combattit avec acharnement à Gettysburg en 1863.
Il combattra en France durant la guerre franco-prussienne en 1870. Il sera même élu à l’Assemblée nationale derrière Louis Blanc, Léon Gambetta, Victor Hugo.
Quand son élection sera refusée, Victor Hugo démissionnera de l’Assemblée nationale. La Commune de Paris fera appel à lui, mais il refusera de rentrer dans une affaire française, lui qui avait tant combattu pour l’unité de son pays, l’Italie.
Quand il meurt, le 2 juin 1881, Victor Hugo écrira : « L’Italie n’est pas en deuil, ni la France, mais l’Humanité l’est ».
Simon Bolivar et de Giuseppe Garibaldi : tous deux engagent des luttes d’émancipation politique pour couper les liens de sujétion de leurs peuples à des puissances étrangères. Tous deux émancipent pour les unifier des peuples libérés. Tous deux défendent des idées républicaines, démocratiques et de laïcisation de l’État et, (avec les limites propres à chaque époque), des plans de réforme sociale et économique.
Se réunir en ce mois de septembre et planter un arbre de la liberté, c’est aussi célébrer l’anniversaire de la première République.
Nous nous inscrivons ainsi dans une tradition des libres penseurs sarthois qui chaque année célèbraient le 22 septembre 1792. Il y a en effet 222 ans la République était proclamée après la victoire de Valmy et l'abolition de la monarchie.
Je ne reviens pas sur ce qui a été dans le message de nos camarades de la SARF(La société des amis de la Révolution Française)
Je ne résiste pas à l’envie de vous lire quelques extraits de la constitution de 1793 qui feront écho à l’actualité :
« Article 1. - Le but de la société est le bonheur commun. - Le gouvernement est institué pour garantir à l'homme la puissance de ses droits naturels et imprescriptibles. »
« Article 7. - Le droit de manifester sa pensée et ses opinions, soit par la voie de la presse, soit de toute autre manière, le droit de s'assembler paisiblement, le libre exercice des cultes, ne peuvent être interdits. - La nécessité d'énoncer ces droits suppose ou la présence ou le souvenir récent du despotisme. »
« Article 21. - Les secours publics sont une dette sacrée. La société doit la subsistance aux citoyens malheureux, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d'exister à ceux qui sont hors d'état de travailler. »
« Article 22. - L'instruction est le besoin de tous. La société doit favoriser de tout son pouvoir les progrès de la raison publique, et mettre l'instruction à la portée de tous les citoyens. »
« Article 3 1. - Les délits des mandataires du peuple et de ses agents ne doivent jamais être impunis. Nul n'a le droit de se prétendre plus inviolable que les autres citoyens. »
« Article 35. - Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »
Si nous en appelons à l’histoire, c’est bien sûr pour éclairer le monde d’aujourd’hui.
Célébrer la date du 20 septembre comme Journée internationale de la Libre Pensée, c’est affirmer notre volonté de combattre contre toutes les formes d’oppression et de remise en cause du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
C’est affirmer que le supranationalisme est contraire à l’Internationalisme, qui suppose l’existence des nations, alors que le supranationalisme exige leur disparition. C’est aussi affirmer la nécessaire émancipation de la Nation française face aux menées et directives européennes qui menacent sa pleine souveraineté et les droits et acquis démocratiques et sociaux du peuple.
A l’heure où des pays comme la Palestine, la Syrie, la Lybie sont disloqués et livrés à la barbarie par la volonté du FMI, de la Banque Mondiale, des USA et de l’Union européenne ; célébrer la journée du 20 septembre, c’est lutter contre les gendarmes du monde qui entendent imposer à tous les peuples leurs diktats et leurs volontés. Car aujourd’hui, c’est contre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, que les Etats-Unis et leurs valets entendent imposer leur droit à disposer des peuples.
Célébrer la journée du 20 septembre, c’est aussi refuser que l’on oppose les citoyennes et citoyens au nom de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires en instituant des droits différents selon l’utilisation d’une langue régionale ou pas, car ce serait l’éclatement de la République et la création de droits différents selon les régions.
Célébrer la journée du 20 septembre, c’est défendre l’œuvre des révolutions qui ont émancipé politiquement et unifié les peuples, comme le fit la Grande Révolution.
C’est refuser que les religions imposent leurs dogmes aux peuples.
C’est dire clairement que les 14 concordats catholiques qui sévissent en Europe sont des survivances féodales des Etats pontificaux. En Alsace-Moselle, dans notre pays, tous les citoyens ne sont pas égaux devant l’exercice de leur liberté de conscience. Les religions reconnues sont subventionnées à hauteur d’une somme annuelle de 58 millions d’euros.
La Liberté de conscience impose que les fonds publics ne servent pas à discriminer les citoyens entre eux par un usage antilaïque des fonds publics. L’Egalité des citoyens en droits impose que soit respectée partout la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905. La Fraternité impose le refus des opérations militaristes menées au nom du « droit d’ingérence » qui n’est qu’une survivance des guerres coloniales.
A travers cette journée internationale du 20 septembre, c’est tout cela que la Libre Pensée entend célébrer dans sa lutte pour l’Emancipation intégrale de l’Humanité.
Au congrès de Nancy, nous avons adopté un manifeste des jeunes libres penseurs (je pense qu’il définit bien ce que nous sommes en posant plusieurs revendications) :
- Pouvoir chercher en toute liberté à se construire intellectuellement, comme on le souhaite, pour ce que l’on souhaite. Jean Rostand, Président d’honneur de la Libre Pensée, disait: « Former les esprits sans les conformer, les enrichir sans les endoctriner, les armer sans les enrôler, leur communiquer une force dont ils puissent faire leur force ».
- Choisir ses actions et ses combats et ne se les faire imposer par personne.
- Aimer qui on veut, comme on veut et quand on veut, entre individu consentants. Ne pas subir les interdits et les dogmes de la bien-pensance et la pensée unique.
- Refuser les guerres et le militarisme en sachant que les massacres et la barbarie ne règlent rien et débouchent toujours sur d’autres guerres et d’autres barbaries.
- Refuser que les religions qui passent dirigent l’Humanité qui dure. Réfuter tous les dogmes quels qu’ils soient. Agir pour qu’aucun cléricalisme n’interdise aux êtres humains de se comporter comme ils le souhaitent. L’avènement des monothéismes a figé l’Humanité dans des dogmes qui ont mis sous le boisseau et dans les fers la liberté de conscience et bien souvent la liberté tout court. Sans liberté de pensée, sans liberté de conscience, comment l’Humanité peut-elle être maîtresse d'elle-même ?
- Refuser l’exploitation capitaliste qui assujettit les individus à la recherche du profit pour une minorité.
- Refuser que le génie humain sous toutes ses formes (culture, sciences, savoirs, arts, etc…) puisse être remis en cause par des impératifs d’ordre économique et financier. Aucune limite ne doit être assignée à la recherche du progrès humain.
Nous combattrons de toutes nos forces pour :
-Le plein respect de la liberté de conscience et du libre examen. Le respect de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat instituant la laïcité, c'est-à-dire l'égalité entre tous les citoyens.
-Le droit à l'Instruction pour tous dans la tradition de l'Ecole républicaine laïque, le maintien des diplômes nationaux qualifiants avec leur reconnaissance dans les Conventions collectives et les Statuts de la Fonction publique.
-Le droit imprescriptible à un vrai travail, un vrai salaire.
-La liberté d’aimer et de vivre sa sexualité.
-Garantir une recherche scientifique libre et indépendante, notamment des intérêts financiers ou militaires.
-Défendre le droit aux soins pour tous à une médecine de qualité.
-La garantie de l'accès à l'IVG et le droit de mourir dans la dignité.
-Liberté pour la culture et pour les arts, aucune censure de quelque nature.
-L'antimilitarisme, qui refuse la guerre, les massacres et les violences au profit d’intérêts particuliers.
-Pour la pleine Egalité femmes-hommes dans tous les domaines, maintien et rétablissement des conquêtes sociales permettant de tendre vers cette égalité.
Le système actuel a une seule logique : l'assèchement. Toujours moins d’acquis, de moyens, de culture, de savoirs, en un mot : de libertés. Ce monde hostile à toute aspiration digne sent toujours la poudre, le cléricalisme, et l’exploitation, en deux mots : un monde barbare. Ce monde nous le refusons, nous le combattons ! Nous voulons un avenir fertile !
Nous voulons, comme le réclamait la Commune de Paris, un monde sans intérêts financiers, exploitation économique, militarisme et cléricalisme. Nous voulons un monde où chacun sera libre de penser ce qu’il veut, de vivre comme il veut, d’aimer comme il veut ; un monde sans dogme. »
Je terminerai par un point plus local.
Nous sommes, ici, au Grand Lucé, sur une terre de libres penseurs… Le sud Sarthe a vu autrefois, des dizaines de sociétés de libre pensée rassembler les militants ouvriers, républicains, les humanistes, les démocrates… Ils se fédéraient alors combattre tout ce qui tend à soumettre et oppresser les êtres humains. Ces camarades, nos ancêtres ont contribué à laïciser les écoles, les hôpitaux, les institutions. Ils ont combattu inlassablement pour émanciper.
Puis vint une crise. Les catholiques sociaux, comme le disait notre camarade André Frey, ont pénétré le mouvement ouvrier laïque et démocratique. Ils ont trompé des camarades sincères, ils ont contribué à dévoyer des dizaines d’organisations …
Ainsi dans les années 80 et 90, il était devenu ringard de défendre la laïcité, ou alors on mettait en avant des formules comme "laïcité plurielle"," ouverte"…
La lutte des classes étaient devenue aussi un vestige du passé…
Les principes républicains se trouvèrent, eux aussi, ringardisés.
Les camarades de la Libre Pensée ont tenu contre vents et marées, ils ont continué d’affirmer et de défendre les principes, je pense par exemple à l’abrogation de la loi Debré (fonds privés à l’école privés, fonds publics à l’école public) ils ont maintenu le cap en continuant de se battre pour la réhabilitation des fusillés pour l’exemple, ils ont continué de dire qu’a l’école publique il ne fallait ni croix, ni foulard, ni kippa.
En Sarthe, ces camarades ont vieilli, certains sections ont disparu…
Des intellectuels catholiques (René Rémond ou Jacqueline Lalouette) des années 90 avaient même prédit la fin de la Libre Pensée.
Les copains, eux, sont restés fidèles jusqu’au bout… et le cadre a tenu grâce à ces camarades : Je pense à Annick S..., Jacqueline R..., La famille C..., Gérard et Maud D..., Andre Frey ou André B.... et bien d’autres…
Aujourd’hui, en à peine 5 ans, nous avons doublé nos effectifs sur le Mans, les anciens sont en train de passer le relais à une nouvelle génération prête à en découdre.
Et aujourd’hui, ici au Grand Lucé, dans le Sud Sarthe, nous sommes de retour, pour réaffirmer nos principes, renforcer nos sections, reconstituer nos groupes !!! Occuper a nouveau le terrain et affirmer haut et fort, que la Libre Pensée, plus vieille association de France, est toujours là, partout, localement, nationalement et internationalement pour défendre la liberté des individus et des peuples.
Ni dieu, ni maître ! A bas la Calotte et vive la Sociale !
Je vous remercie
- Et (2), cités par Luis Britto Garcia
Publié le 27 Septembre 2014
Conférence de Michel Eliard
Bourdieu contre l'Ecole républicaine
Samedi 4 octobre 2014
de 11h à 12h
Maison des Associations – salle 3
4 RUE D'ARCOLE - 72000 LE MANS
Michel Eliard sera également présent tout au long du Salon du Livre.
Publié le 10 Septembre 2014
Dimanche 28 septembre 2014
à 11h
Au Grand-Lucé
Rue des coquelicots
Chaque année, les libres penseurs se retrouvent en septembre pour célébrer plusieurs événements. Cette année nous vous proposons de nous rassembler au Grand Lucé avec le maire de cette commune pour célébrer le 222ème anniversaire de la 1ère République proclamée le 22 septembre 1792 après la victoire de Valmy et l'abolition de la monarchie.
Nous célébrerons également la journée internationale de la Libre Pensée.
Possibilité de manger sur place après la plantation de l’arbre de la Liberté. Prix à 20€ tout compris. Réserver avant le 22 septembre en nous contactant à librepensee72@hotmail.fr
Publié le 25 Août 2014
Publié le 22 Août 2014
« La rencontre des jeunes de la Libre Pensée s'adresse aux jeunes de toutes catégories, de toutes conditions, de toutes origines. »
« L'Homme est la mesure de toute chose » (Protagoras)
Un ventre affamé ne peut être libre. Le droit à un vrai travail, à un vrai salaire, et en relation avec leurs qualifications et diplômes, est donc la condition première de la liberté. La liberté, c’est le moyen d’être ce que l’on veut être. Être libre, c'est être soi. On aspire à la liberté pour construire un monde meilleur et se construire dans ce mouvement. La liberté de conscience est la première des libertés. La loi de 1905 de Séparation des Eglises et de l'Etat, la garantie pour chaque citoyenne et citoyen en instaurant la laïcité, concept universaliste pour le combat de l'émancipation humaine est la conception la plus élevée de la liberté.
Emancipation totale sur tous les plans :
- Pouvoir chercher en toute liberté à se construire intellectuellement, comme on le souhaite, pour ce que l’on souhaite. Jean Rostand, Président d’honneur de la Libre Pensée, disait: « Former les esprits sans les conformer, les enrichir sans les endoctriner, les armer sans les enrôler, leur communiquer une force dont ils puissent faire leur force ».
- Choisir ses actions et ses combats et ne se les faire imposer par personne.
- Aimer qui on veut, comme on veut et quand on veut, entre individu consentants. Ne pas subir les interdits et les dogmes de la bien-pensance et la pensée unique.
- Refuser les guerres et le militarisme en sachant que les massacres et la barbarie ne règlent rien et débouchent toujours sur d’autres guerres et d’autres barbaries.
- Refuser que les religions qui passent dirigent l’Humanité qui dure. Réfuter tous les dogmes quels qu’ils soient. Agir pour qu’aucun cléricalisme n’interdise aux êtres humains de se comporter comme ils le souhaitent. L’avènement des monothéismes a figé l’Humanité dans des dogmes qui ont mis sous le boisseau et dans les fers la liberté de conscience et bien souvent la liberté tout court. Sans liberté de pensée, sans liberté de conscience, comment l’Humanité peut-elle être maîtresse d'elle-même ?
- Refuser l’exploitation capitaliste qui assujettit les individus à la recherche du profit pour une minorité.
- Refuser que le génie humain sous toutes ses formes (culture, sciences, savoirs, arts, etc…) puisse être remis en cause par des impératifs d’ordre économique et financier. Aucune limite ne doit être assignée à la recherche du progrès humain.
Nous combattrons de toutes nos forces pour :
Le plein respect de la liberté de conscience et du libre examen. Le respect de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat instituant la laïcité, c'est-à-dire l'égalité entre tous les citoyens.
Le droit à l'Instruction pour tous dans la tradition de l'Ecole républicaine laïque, le maintien des diplômes nationaux qualifiants avec leur reconnaissance dans les Conventions collectives et les Statuts de la Fonction publique.
Le droit imprescriptible à un vrai travail, un vrai salaire.
La liberté d’aimer et de vivre sa sexualité.
Garantir une recherche scientifique libre et indépendante, notamment des intérêts financiers ou militaires.
Défendre le droit aux soins pour tous à une médecine de qualité.
La garantie de l'accès à l'IVG et le droit de mourir dans la dignité.
Liberté pour la culture et pour les arts, aucune censure de quelque nature.
L'antimilitarisme, qui refuse la guerre, les massacres et les violences au profit d’intérêts particuliers.
Pour la pleine Egalité femmes-hommes dans tous les domaines, maintien et rétablissement des conquêtes sociales permettant de tendre vers cette égalité.
Le système actuel a une seule logique : l'assèchement. Toujours moins d’acquis, de moyens, de culture, de savoirs, en un mot : de libertés. Ce monde hostile à toute aspiration digne sent toujours la poudre, le cléricalisme, et l’exploitation, en deux mots : un monde barbare. Ce monde nous le refusons, nous le combattons ! Nous voulons un avenir fertile !
Nous voulons, comme le réclamait la Commune de Paris, un monde sans intérêts financiers, exploitation économique, militarisme et cléricalisme. Nous voulons un monde où chacun sera libre de penser ce qu’il veut, de vivre comme il veut, d’aimer comme il veut ; un monde sans dogme.
Ce monde, il nous appartient, il vous appartient de le construire ensemble. Voilà les principes et les combats de la Libre Pensée, ne sont-ils pas les vôtres ? Venez en débattre avec la Libre Pensée.
Ni Dieu, ni maître ! A bas la calotte et vive la Sociale !
« Soyons rebelles ! » (Marc Blondel, Président de la Libre Pensée 2007-2014)
Nancy, au Congrès National de la Libre Pensée, les 8 et 9 juillet 2014.
Publié le 22 Août 2014
En cette veille de l’anniversaire de l’assassinat de Jean Jaurès au Café du Croissant, la Fédération nationale de la Libre Pensée tient à rendre un hommage vibrant au grand leader pacifiste.
Demain, tout le monde va y aller de sa larme sur le dirigeant socialiste (à une époque où ce mot avait encore un sens) pour tenter de récupérer à son profit l'image positive de celui qui est mort à cause de ses idées. Surtout pour tous ceux dont les idées sont mortes depuis longtemps.
Jean Jaurès refusait la guerre et militait pour que la classe ouvrière unie fasse barrage à cette barbarie par la grève générale dans tous les pays. Ce n’est, sans doute, pas cet aspect de Jaurès qui va être glorifié à foison ce 31 juillet 2014.
Les mêmes laudateurs oublieront que l’assassin Raoul Villain fut lié au Sillon, le mouvement du chrétien-démocrate Marc Sangnier. Celui-ci sera d’ailleurs un témoin de moralité au procès de l’assassin. Le criminel sera acquitté et la veuve de Jaurès condamnée aux dépens. Mais l’assassin sera rattrapé par l’Histoire pendant la Guerre d’Espagne où les Républicains lui feront acquitter l’addition de son crime. Ils oublieront aussi que Jean Jaurès fut traité d’agent de l’Allemagne (comme Lénine) pour mieux calomnier son combat.
Tout ce que les laudateurs ne diront pas sur Jaurès, vous pourrez le trouver sur le site de la Libre Pensée http://www.fnlp.fr/spip.php?article1068 qui a consacré son émission de France Culture du 13 juillet 2014 à rappeler certains faits contre les calomniateurs d’hier et les faussaires d’aujourd’hui.
Ils ont tué Jean Jaurès pour permettre la Grande boucherie impérialiste
Jean Jaurès fut le premier exécuté pour l’exemple de 1914-1918. Le militarisme a dû passer sur son cadavre pour que l’Europe et le monde s’assassinent mutuellement. Le militarisme tuera aussi des millions d’hommes et dans le lot, les généraux français feront fusiller pour l’exemple 650 soldats français tombés sous les balles françaises.
Ces Fusillés pour l’exemple n’ont toujours pas été réhabilités par la République. Le Président de la République François Hollande a même renié son engagement électoral et son vote comme Président du Conseil général de la Corrèze pour cette réhabilitation collective.
Malgré tous les mensonges, les reniements et les manœuvres, la Libre Pensée fera en sorte que la République (nous sommes aussi la République) réhabilite collectivement les Fusillés pour l’exemple.
La Libre Pensée va mener une action résolue pour qu’un monument en hommage aux Fusillés pour l’exemple, victimes de la guerre, soit érigé sur la ligne de front. Elle lancera cette campagne notamment par une souscription à l’occasion de la centaine de rassemblements pacifistes autour du 11 novembre 2014.
Les 13 et 14 décembre 2014, à Soissons dans l’Aisne, nous ferons aussi le procès symbolique des généraux assassins, car s’il faut rendre justice aux victimes, il faut aussi juger les coupables de ces meurtres barbares.
Nous sommes aussi la République !
Nous rendrons justice aux victimes de la guerre !
Nous réhabiliterons les Fusillés pour l’exemple !
Craonne, le 30 Juillet 2014
en illustration, un portrait de Jaures par Hansi Brémond
Publié le 22 Août 2014
Dans un message reproduit par la presse, M. Kader Arif, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la défense, chargé des Anciens combattants et de la Mémoire, salue le 1 er août 1914 et la mobilisation générale dont il donna le signal à la fois sur le front et à l’arrière. Il considère que commémorer ce jour, c’est « se souvenir de l’unité nationale de toutes les femmes et de tous les hommes réunis au son du tocsin ». C’est célébrer la solidarité entre les soldats, la République finalement triomphante. C’est se rappeler que cette journée est l’une de celles qui fit la France et qui jalonne le chemin vers l’Union européenne, donc vers la paix (cf. le combat de Jaurès) et vers la réconciliation.
Décidément le centenaire de la guerre de 14-18 est en train de se révéler comme la source inépuisable des commentaires les plus extravagants, où les envolées chauvines infantilisantes sont de nouveau à l’honneur cent ans après.
Si l’on en juge par ce qu’a écrit M. Kader Arif, le délire patriotique, dans une version à peine modernisée, est de nouveau à l’ordre du jour.
Au point qu’au tableau d’honneur des élucubrations les plus consternantes sur le sujet, il peut raisonnablement espérer décrocher la timbale ou le premier accessit.
Il fallait en effet oser écrire que célébrer le 1er août 1914 c’est « se souvenir de l’unité nationale de toutes les femmes et de tous les hommes réunis au son du tocsin ».
De quoi parle M. Kafer Arif ?
De ces femmes en pleurs, de ces hommes désemparés, la peur au ventre, de ces enfants au regard éperdu ?
Toutes les études d’historiens faites depuis ces événements qui en ont établi la brutale réalité, loin des chromos d’époque dus à une presse aux ordres, n’auraient donc servi à rien ?
On apprend aussi que se souvenir du 1 er août « c’est se rappeler que la République et ses valeurs ont su triompher de cette guerre » !
M. Arif oublierait-il l’état de siège, la censure généralisée, les libertés suspendues, les colonies saignées, et, last but not least, le traité de Versailles qui, pour suspendre le conflit, tailla dans la chair des peuples, découpant des territoires à la hache, et qui portait en lui les terribles événements de la deuxième guerre mondiale ainsi que « la nuée porte l’orage » ?
« Républicain » ce résultat ? Comme oser énoncer une telle contre-vérité ?
Sans vergogne, M. Arif, qui ratisse large, englobe dans son « hommage » Jaurès et son combat pour la paix.
Ben voyons ! Pourquoi se gêner ? Jaurès, le premier exécuté pour l’exemple, annexé à la glorification de la Guerre dont il avait annoncé le caractère monstrueux et contre laquelle il a lutté jusqu’à son assassinat !
M. Arif justifie la guerre de 14-18 qui eut lieu, d’après lui, « pour que la France reste debout » !
On croit rêver.
« On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels » disait Anatole France.
Il s’agissait de conquérir et/ou de préserver d’immenses marchés coloniaux, sources de surprofits gigantesques.
Toute l’eau de rose prodiguée par M. Arif ne saurait effacer la répugnante réalité des faits de cette guerre qui coûtera à l’Humanité plus de 10 millions de morts, des millions de mutilés, des centaines de milliers de traumatisés psychiques, des millions de veuves et d’orphelins.
Sans compter les immenses destructions de villes, de terres arables rendues stériles pendant des décennies etc. etc.
Le monument aux morts de Saint-Martin d’Estreaux dans la Loire porte inscrit à son verso un texte pacifiste dont chaque mot est un démenti des propos tenus par M.Arif.
SI TOUT L'EFFORT PRODUIT ...
ET TOUT L'ARGENT DÉPENSÉ POUR LA GUERRE
L'AVAIENT ÉTÉ POUR LA PAIX ...?
POUR LE PROGRÈS SOCIAL, INDUSTRIEL ET ÉCONOMIQUE ?
LE SORT DE L'HUMANITÉ SERAIT BIEN DIFFÉRENT.
LA MISÈRE
SERAIT EN GRANDE PARTIE BANNIE DE L'UNIVERS, ET
LES CHARGES FINANCIÈRES QUI PÈSERONT SUR LES GÉNÉRATIONS
FUTURES, AU LIEU D'ÊTRE ODIEUSES ET ACCABLANTES ...
SERAIENT AU CONTRAIRE
DES CHARGES BIENFAISANTES DE FÉLICITÉS UNIVERSELLES.
Rien, dans ce qu’écrit M.Arif, qui s’approche un tant soit peu de ce jugement sans appel.
Aurait-il oublié de se renseigner ou ment-il délibérément?
Nous avons constaté aussi que le président de la République au Hartmannswillerkopf avait « oublié » qu’à deux pas du lieu de sa rencontre avec son homologue allemand il y a un cimetière où se trouvent de nombreuses tombes de « fusillés pour l’exemple », « victimes de la rage du militarisme ».
Pas un mot ne fut prononcé en faveur de ces laissés pour compte du bilan officiel de la guerre !
C’est pourquoi, la Libre Pensée a décidé de procéder à la réhabilitation de tous les « fusillés pour l’exemple » au nom des citoyens qui sont aussi la République.
« Maudite soit la guerre. Et ses auteurs ».
La fédération de la Libre Pensée de la Loire
5 août 2014
Publié le 22 Août 2014
Publié le 22 Août 2014
Voici un courier signé de plusieurs associations laiques et envoyé aux conseillers généraux de la Sarthe.
Mesdames et Messieurs les conseillers généraux,
En octobre dernier le Conseil général adoptait « le Plan collège performant » qui actait la rénovation, plus que nécessaire, de 20 collèges sarthois entre 2015 et 2030. Depuis nous avons appris que le montage financier envisagé pour la première tranche de travaux comprenait un partenariat public-privé. Celui-ci concernerait 4 des 9 établissements de la première tranche. Il s'agit des collèges Henri Lefeuvre d'Arnage, Jean Cocteau de Coulaines, Marcel Pagnol de Noyen et du collège du Maroc au Mans.
Ayant à l'esprit une longue liste de dérapages déjà constatés dans des opérations similaires, nous tenons à vous faire part de notre profonde inquiétude. On peut ainsi citer le cas de l'hôpital d'Evry dont les malfaçons et la hausse des coûts ont des conséquences désastreuses sur les finances publiques et sur le service public en lui-même. Il existe aussi le précédent catastrophique du « Pentagone français » prévu pour accueillir le ministère de la défense, dont le coût initial était de 745 millions d'euros et est désormais estimé à 3,5 milliards.
Même lorsqu'il n'y a pas de dérapages, il est établi aujourd'hui de façon très largement partagée, que les PPP reviennent beaucoup plus cher au contribuable que toute autre forme de financement direct par la collectivité territoriale, et se traduisent par une dégradation de la mission de service public au sens large.
Par ailleurs le PPP soulève d'autres problèmes. Si l'autorité qui passe commande est publique, le propriétaire des locaux pendant vingt ans, est une entreprise privée. Celle-ci organise donc comme elle l'entend la maintenance et l'entretien des locaux. Elle peut donc décider de privatiser ces activités et pourquoi pas celles de restauration et d’hébergement. On peut aussi se demander si dans les années qui précéderont la cession des locaux à la collectivité territoriale, le propriétaire privé apportera toute l'attention voulue à l'entretien des dits locaux. Le CG risquerait donc de se retrouver propriétaire d'établissements fortement délabrés pour lesquels il faudrait d'urgence prévoir un nouveau plan de rénovation.
Nous soussigné-es, enseignant-es, parents d'élèves, ou simples citoyen-nes partageons les craintes exprimées par certains élus du CG et estimons que, dans l'intérêt du service public et celui du contribuable, il est préférable de renoncer à ce projet pour envisager un financement plus classique.
Publié le 29 Mai 2014
Plusieurs historiens spécialistes reconnus de la Révolution Française ont adressé une lettre ouverte au maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, afin que ne sois pas débaptisée la place Robespierre se situant dans le 9e arrondissement de la ville. Parmi eux, notre ami, Manceau d’origine ; Jean-Numa Ducange.
Monsieur le maire,
Nous avons appris par la presse que vous envisagiez de débaptiser la Place Robespierre dans le 9e arrondissement de Marseille. Nous entendons réagir à cette nouvelle en vous faisant part de notre désapprobation et de notre volonté de faire largement savoir auprès de l’opinion les raisons de notre opposition à ce projet.
Débaptiser l’un des rares noms de lieu dédiés à la mémoire de Robespierre dans les grandes villes françaises serait, à notre sens, un signal politique et mémoriel antirépublicain. Quoi qu’on puisse penser de l’action politique de Robespierre (et les interprétations divergentes sont nombreuses, comme nous avons montré dans notre ouvrage (1)), il n’en reste pas moins qu’il a été l’inventeur de la devise "Liberté Égalité Fraternité" qui figure au fronton des édifices publics, qu’il a été (avec bien d’autres évidemment) un combattant infatigable de la démocratie, qu’il a défendu la citoyenneté des pauvres, des juifs, des "hommes de couleur" (comme on disait alors) dans les colonies et qu’il n’a cessé d’être la cible des attaques des royalistes, des anti-républicains et des réactionnaires de toutes sortes depuis deux siècles. Les accusations de "dictature" ou de responsabilité personnelle dans ce que l’on a appelé après sa mort la "Terreur" ont été — depuis fort longtemps — ruinées par la critique historique. Robespierre n’a jamais été le dictateur sanglant et paranoïaque de l'imagerie contre-révolutionnaire, il a été, en revanche, l’un des partisans les plus résolus de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et de la Première république, y compris dans le contexte difficile d'une guerre civile et extérieure.
Ajoutons qu’il a été, dès 1790-1791, le porte-parole des patriotes marseillais en butte aux attaques des autorités aristocratiques locales, qu’il a entretenu une correspondance politique suivie avec les révolutionnaires phocéens qui l’ont remercié à plusieurs reprises en lui demandant d’être leur défenseur(2) . Notre "cause est digne de vous, lui écrivent les officiers municipaux marseillais le 18 avril 1791, c'est celle du patriotisme luttant contre la calomnie". Robespierre est celui qui écrivait au maire de Marseille le 27 juillet 1790 : "ne doutez pas que je ne sois dévoué jusqu’à la mort à la cause de Marseille et à celle de la Constitution, à laquelle elle est liée". Il est celui qui dédia aux Marseillais son Adresse aux Français après la fuite du roi en juin 1791. Et vous voudriez que ce défenseur de la Révolution des droits de l’homme et du citoyen, mais aussi de la ville de Marseille, disparaisse des noms de lieux et de places de la ville qui lui a décerné les plus grands éloges ?
En Provence, au-delà de la municipalité marseillaise, ce sont celles d'Avignon ou de Toulon — dont il devient citoyen d'honneur — qui lui ont rendu hommage. Le premier député des Bouches-du-Rhône, Charles-François Bouche, le considérait comme l’un des Constituants les plus patriotes. Il a, écrivait le député provençal, "l’âme grande, élevée, courageuse et patriote" et il désolera "ses ennemis, s’il en a", car sa conduite politique est sans tache. Celui qui a reçu de son vivant le surnom "d’Incorruptible" doit-il disparaître de la vue des Marseillais ? Ce serait un comble en ces temps de crise de la démocratie et de méfiance à l’égard de la vertu publique des élus de la République.
La place Robespierre ne doit pas être débaptisée.
La Révolution française ne doit pas disparaître de la mémoire marseillaise, nationale et universelle.
Nous faisons connaître cette lettre à nos collègues historiens et nous leur demandons de s’associer à notre démarche qui concerne aussi tout ceux qui ont à cœur de défendre la mémoire de la révolution.
- Marc Belissa, maître de conférences en histoire (Université Paris Ouest Nanterre).
- Yannick Bosc, maître de conférences en histoire (Université de Rouen).
- Robespierre. La fabrication d'un mythe, Paris, Ellipses, 2013. Lire la conclusion
(2) Voir l'article de Jacques Guilhaumou, "Robespierre, défenseur de Marseille en 1791", Révolution Française.net, juin 2006.
- Robespierre. La fabrication d'un mythe, Paris, Ellipses, 2013. Lire la conclusion
Premiers signataires :
Serge Bianchi (Professeur émérite, Université de Rennes II), Deborah Cohen (MCF histoire, Université d'Aix-Marseille), Alexis Corbière (professeur d'histoire, auteur de Robespierre Reviens !), Marc Deleplace (MCF histoire, Paris IV Sorbonne), Jean-Numa Ducange (MCF histoire, Université de Rouen), Florence Gauthier (MCF Histoire, Université Paris VII Denis Diderot), Jacques Guilhaumou (directeur de recherche émérite, CNRS-ENS Lyon), Anne Jollet (MCF histoire, Université de Poitiers), Mathilde Larrère (MCF histoire, Université de Marne-la-Vallée), Claude Mazauric (Professeur émérite, Université de Rouen), Guillaume Mazeau (MCF histoire, Université Paris I Panthéon Sorbonne), Christine Peyrard (Professeur, Université d'Aix-Marseille), Michel Vovelle (Professeur émérite, Aix-Marseille, Paris I, ancien directeur de l'Institut d'histoire de la Révolution française)
Publié le 26 Avril 2014
Publié le 26 Avril 2014
La déclaration de la Coalition athée (Pologne) sur la célébration de la canonisation de Jean-Paul II en Pologne
L'association « La Coalition Athée » se sent obligée de protester contre l'attribution du rang d'un événement officiel à la célébration de la canonisation de Jean-Paul II en Pologne .
La canonisation est un acte strictement religieux , pratiqué par l'Église catholique romaine . Le processus d'élévation est soumis à la présentation de deux cas documentés de miracles attribués à l'intercession auprès de Dieu du candidat à la sainteté . Nous ne remettons pas en question le droit des croyants de pratiquer leur culte selon principes de leur religion . Cependant , l'affirmation des miracles ou d'autres manifestations de la pensée magique , comme la tristement célèbre prière pour la pluie au parlement polonais, par les autorités publiques , y compris les plus hauts autorités de l'Etat , dont le Parlement polonais , le Président et le Premier ministre , constitue la promotion par l'état des attitudes irrationnelles, contraires aux opinions scientifiques et aux aspirations de la société instruite .
De même, la société polonaise moderne en voie de laïcisation rejette le dogmatisme et le conservatisme extrême imposés par l'Église catholique , qui violent les droits humains , en particulier les droits des femmes et des homosexuels , ainsi que limitent les libertés et les droits civils dans la sphère de la liberté de conscience, de parole et d'expression, en discriminant personnes d'autres confessions ou athées . Cela est dû à l'appropriation du système juridique par la religion catholique ou à la violation de la loi, y compris de la Constitution et d'autres actes juridiques , tels la loi sur les garanties de la liberté de conscience et de religion . Dans ce contexte , il est impossible de ne pas mentionner le rôle que Jean-Paul II a joué dans le processus de la déformation confessionnelle des principes de la vie politique et social en Pologne .
La reconnaissance et le respect pour la personne de Karol Wojtyla est une affaire privée de chacun et chacune. Nous laisserons les historiens répondre à la question si Jean-Paul II fut une icône de la liberté , un homme providentiel , un héros national et un grand patriote. Aujourd'hui, le servilisme du gouvernement polonais envers un État étranger - Vatican pour réaliser le spectacle de sa propagande soulève la désapprobation de nombreux citoyens. La Constitution polonaise nous garantit la neutralité de l'Etat et son autonomie par rapport à l'Eglise . Le comportement des autorités officielles polonaises , y compris la pression exercée sur le Parlement pour obtenir l'adoption par acclamation d'une résolution de gratitude pour cause de la canonisation de Jean- Paul II , constitue une atteinte à la lettre et à l'esprit de la Constitution. Le proteste se lève aussi contre les dépenses énormes dont le montant n'est pas divulgué au public pour financer la célébration de la canonisation de Jean Paul II en Pologne et qui sera couvert avec l'argent des contribuables polonais.
Nous exigeons que la canonisation de Jean-Paul II soit reconnu comme un acte purement religieux , auquel un état neutre ne peut pas donner une dimension politique . Nous appelons les autorités de l'état à se conformer aux normes de l' État démocratique de droit dans lequel aucun citoyen n'est ni favorisé ni discriminé à cause de la foi professée ou de l'absence de celle-ci , et son identité nationale n'est pas liée à la religion .
en polonais.
Stanowisko Stowarzyszenia KOALICJA ATEISTYCZNA w sprawie obchodów kanonizacji Jana Pawła II Stowarzyszenie Koalicja Ateistyczna czuje się w obowiązku zaprotestować przeciwko nadawaniu obchodom kanonizacji Jana Pawła II statusu wydarzenia państwowego w Polsce. Kanonizacja jest aktem stricte religijnym, praktykowanym w Kościele Rzymskokatolickim, w którym proces tzw. wyniesienia na ołtarze jest uzależniony od przedstawienia udokumentowanego przypadku cudownego uzdrowienia przypisywanego wstawiennictwu u Boga kandydata na świętego. Nie kwestionujemy prawa ludzi wierzących do praktykowania religii zgodnie z dogmatami ich wiary. Uważamy jednak, że afirmowanie przez autorytet władzy publicznej, w tym najwyższych organów władzy państwowej, jakimi są Sejm RP, Prezydent i Premier RP, cudów czy innych przejawów myślenia magicznego, np. osławionej modlitwy o deszcz w polskim parlamencie, stanowi promowanie przez państwo postaw irracjonalnych, sprzecznych z poglądami naukowymi i aspiracjami wykształconego społeczeństwa. Podobnie odrzucana jest przez laicyzujące się nowoczesne społeczeństwo polskie dogmatyczna i skrajnie zachowawcza nauka kościoła katolickiego, która godzi w prawa człowieka, w szczególności w prawa kobiet oraz osób homoseksualnych, a także ogranicza wolności i prawa obywatelskie w sferze wolności sumienia, słowa i ekspresji, dyskryminując osoby innych wyznań bądź bezwyznaniowe. Dzieje się tak za sprawą zawłaszczenia prawa państwowego przez jedną opcję światopoglądową – wyznanie rzymskokatolickie – bądź z naruszeniem tego prawa, w tym Konstytucji i innych aktów prawnych, np. Ustawy o gwarancjach wolności sumienia i wyznania. W tym kontekście nie można nie wspomnieć o roli, jaką odegrał Jan Paweł II w procesie wyznaniowej deformacji życia politycznego i zasad współżycia społecznego w Polsce. Uznanie i szacunek dla osoby Karola Wojtyły jest prywatną sprawą każdego człowieka. Traktowanie Jana Pawła II jako ikony wolności, męża opatrznościowego, bohatera narodowego i zasłużonego patrioty pozostawiamy ocenie historyków. Dziś czołobitna postawa przedstawicieli państwa polskiego wobec propagandowego przedsięwzięcia rządu obcego państwa – Watykanu budzi dezaprobatę wielu obywateli. Polska Konstytucja gwarantuje państwu neutralność światopoglądową i autonomię wobec Kościoła. Zachowanie oficjalnych władz RP, w tym presja na uchwalenie przez Sejm RP w trybie aklamacji uchwały dziękczynnej w sprawie kanonizacji Jana Pawła II, zaprzecza literze i duchowi Konstytucji. Sprzeciw budzą także ogromne, a nieujawnione publicznie koszty obchodów kanonizacji w Polsce, które zostaną pokryte z pieniędzy polskiego podatnika. Domagamy się traktowania kanonizacji Jana Pawła II jako aktu czysto religijnego, który w państwie neutralnym światopoglądowo nie może mieć wymiaru politycznego. Wzywamy władze rządowe i samorządowe do przestrzegania standardów demokratycznego państwa prawa, w którym żaden obywatel nie jest ani uprzywilejowany, ani dyskryminowany ze względu na wyznawaną wiarę lub jej brak, a jego tożsamość narodowa nie jest związana z religią.
Publié le 21 Avril 2014
Manuel Valls au Vatican pour deux canonisations : Une atteinte inadmissible à la laïcité de l’Etat !
Publié le 21 Avril 2014
La presse vient d’informer que le nouveau Premier Ministre Manuel Valls a l’intention de se rendre au Vatican, le 27 avril 2014, pour la double canonisation de Jean XXIII et de Jean-Paul II. La presse commente : « Le Premier Ministre représentera la France à cette cérémonie décidée par le pape François. »
Ainsi, une nouvelle fois, Manuel Valls, si prompt à souhaiter voir foulées aux pieds les libertés individuelles des travailleuses musulmanes (crèche Baby Loup) au mépris de la laïcité qu’il prétend incarner, va plier le genou devant la hiérarchie catholique. Ce n’est plus une habitude, cela devient un sacerdoce.
Quand la Libre Pensée proteste contre la présence de représentants de la République à des cérémonies religieuses catholiques, à chaque fois les « bonnes âmes » lui répondent : c’est parce que le Vatican est un Etat et qu’il y a des obligations diplomatiques.
A chaque fois, la Libre Pensée rappelle que cet « Etat » a été porté sur les fonts baptismaux par le fasciste Mussolini par les accords du Latran de 1929. Cela en dit bien long sur la nature réelle du Vatican. Rappelons ce que disait notre Président Marc Blondel : « Le Vatican n’a aucune obligation, il n’a jamais ratifié la moindre convention de l’OIT, ni signé aucune déclaration internationale sur les Droits de l’Homme ».
Mais, à l’occasion de cette double canonisation, où sont les obligations diplomatiques ? C’est une cérémonie strictement religieuse en hommage à deux papes catholiques.
C’est la soumission pure et simple de la République
à l’Eglise catholique, apostolique et romaine !
Il est une chose de se réclamer de Georges Clémenceau, de Jean Jaurès et de Charles de Gaulle dans un discours d’investiture. Il est visiblement une autre chose de respecter l’indépendance dont ils ont fait preuve vis-à-vis de l’Eglise catholique. Georges Clémenceau et Jean Jaurès étaient libres penseurs et Charles de Gaulle catholique.
Cela a coûté la Présidence de la République à Clémenceau. Jaurès a été un des artisans de la Séparation des Eglises et de l’Etat par la loi de 1905. Quant à de Gaulle, il n’a jamais participé à une cérémonie religieuse en tant que Président de la République.
La participation de Manuels Valls à ces canonisations
est un scandale anti-laïque !
Jaurès avait raison : « Ils veulent nous bercer avec la vieille chanson de la misère humaine ». Le gouvernement n’a plus que cela à nous offrir : le MEDEF pour seul horizon et l’encens pour seule consolation.
Paris,
le 15 avril 2014
Publié le 26 Mars 2014
Publié le 26 Mars 2014
Nous avons écrit à toutes les listes de candidats aux municipales au Mans. Voici les réponses de la liste conduite par Michel Pezeril, il s'agit de la liste citoyenne alternative. la réponse est arrivée jeudi 20 mars, dans notre boite mail. Le premier tout est passé, nous publions tout de même ces réponses en remerciant cette liste qui a bien voulu nous répondre.
"Mesdames, Messieurs les candidats aux élections municipales,
La Libre Pensée est une association philosophique, de réflexion et d’action pour la liberté de conscience. Elle défend notamment la loi du 9 décembre 1905 dite Loi de Séparation des Églises et de l’État, avec l’ensemble des conséquences qui en découlent.
Aujourd’hui, nous constatons, que « la tradition », « l’intérêt local » ou le fait « historique » sont de plus en plus utilisés abusivement pour tenter de légitimer un retour de l’intervention publique des religions et des Églises, et que la confusion est entretenue entre culturel et cultuel.
Les citoyens soucieux du respect de la liberté de conscience ne peuvent qu’être inquiets de cette remise en question de la laïcité, facteur de paix et de liberté, issue d’un véritable combat historique et progressiste contre l’obscurantisme, les communautarismes et le pouvoir des dogmes.
Bien souvent, cette intervention des Églises dans le domaine public s’accompagne de demandes d’aides matérielles ou financières, dont la légalité est contestable.
C’est bien souvent au niveau local que s’exercent des pressions diverses pour que les élus soient les acteurs directs de la remise en cause de la loi de séparation de 1905. Dans le même temps, l’Acte III de la décentralisation remet en cause l’organisation même de la République, menacée d’éclatement.
A la veille d’échéances électorales importantes pour le devenir de la démocratie communale et du fonctionnement de la République, il nous a semblé nécessaire que vous puissiez apporter aux citoyens vos réponses à quelques questions relevant de la défense de la laïcité.
Dans le cadre du mandat qui vous sera confié, quels engagements prendrez-vous en réponse à :
· Une demande d’aide financière ou matérielle de la commune à l’organisation de fêtes patronales et de processions sur le domaine public ?
Voilà ce qui nous guide : La laïcité est un principe fondamental de notre République. La loi du 9 décembre 1905 affirme que "La République assure la liberté de consciences. Elle ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. "Elle autorise, les personnes publiques à engager « les dépenses nécessaires pour l’entretien et la conservation des édifices du culte dont la propriété leur est reconnue par la loi ». Mais il reste que la mise à disposition gratuite ou pour un prix dérisoire d’un bien public pour pratiquer un culte est interdite.
Partant de ce principe fondamental, la réponse est bien entendu NON
· Une demande de présence officielle de la municipalité ou d’élus (voire d’élèves de l’école publique) à un culte ou à une manifestation religieuse ?
NON La municipalité et les élus sont laics dans leur fonction
· Une demande d’organisation de cérémonies religieuses (prières, messe, bénédiction, chapelle ardente …) au cours d’une cérémonie de commémoration officielle (anniversaire d’un évènement, cérémonies militaires ou civiles …) ?
NON idem
· Inviterez-vous les citoyens à des cérémonies religieuses à l’occasion des manifestations officielles de la République (8 mai, 11 novembre, journée des déportés... ?
NONidem
· Une demande d’aide matérielle (frais d’entretien, d’électricité, de chauffage …) ou de subventions aux cultes et aux associations cultuelles ?
NON sauf s'il s'agit d'entretien du patrimoine et dans le cadre de la loi
· Une demande de mise à disposition d’une salle municipale (gratuite ou avec bail emphytéotique) aux associations cultuelles pour organiser leur culte ou pour héberger leurs représentants ?
NON, toujours selon les mêmes fondements (1ère réponse)
· Une demande de création de carrés confessionnels dans les cimetières ou les crématoriums ?
Un cimetière est un espace laïc, où doit être respectée la neutralité. Il existe une demande forte de carrés confessionnels mais qui n'a pas de base légale , et risque d'accroître les communautarismes.
Si les parties communes doivent demeurer neutres, il est respectable que chacun puisse signifier son éventuelle croyance sur sa sépulture.
· Une demande d’érection ou de rénovation de symboles religieux sur le domaine public (statues, croix, calvaires, crèches de Noël, plaques diverses, etc...)
Surement pas : laïcité...
· Une demande d’insertion d’annonces paroissiales sur les panneaux officiels ou dans le bulletin municipal ?
NON
· Une demande de subventions pour une école privée, en distinguant ce qui est obligatoire du fait de la loi Debré et des suivantes (dont la LP demande l’abrogation. Et vous ?) et ce qui va au-delà (écoles maternelles, fonctionnement, projet éducatif...) ?
NON Le choix par les parents d'un établissement privé, confessionnel ou non, n'entraîne pas l'octroi de subvention : la seule école est celle de la République.
· Le conseil municipal a décidé l’application, en septembre 2014, de la réforme des rythmes scolaires, proposez-vous l’annulation de cette décision ?
NON La réforme des rythmes scolaire nous permet de penser autrement l’accompagnement individualisé des enfants ainsi que l’organisation des activités périscolaires proposées par la collectivité pour le développement culturel,artistique et sportif de notre jeunesse et il s’agit pour notre liste d’une possibilité de réduire les inégalités sociales.
· L’École républicaine est laïque, gratuite, l’instruction est obligatoire. Quelle sera votre attitude sur la mise en place et le financement d’un éventuel projet éducatif territorial, demandé par la loi Peillon ?
Nous souhaitons repenser l’organisation des activités périscolaire en nous attachant à mettre en place les moyens d’un encadrement suffisant, une adéquation des horaires pour permettre à toutes les familles d’y accéder dans des conditions satisfaisantes et apporterons une attention particulière à la formation des encadrants et accompagnateurs.
· Comment répondrez-vous à une demande d’utilisation des locaux scolaires par diverses associations, durant le temps scolaire, au détriment de leur finalité de lieux d’instruction ?
Le temps scolaire est celui des enseignants et des élèves, point.
· êtes-vous favorable à la mise à disposition d’une salle municipale pour l’organisation d’obsèques civiles dans le cadre du service extérieur des pompes funèbres ?
Bien sûr ! Les familles doivent, dans ces circonstances , pouvoir se réunir dans un espace commun mis à disposition, plutôt qu'à la sauvette et en plein air.
· Emettrez-vous un voeu pour que le conseil municipal se prononce pour la réhabilitation collective des fusillés pour l’exemple de 1914-1918 ?
Il est surprenant que cela n'ait pas déjà été fait.
Mesdames et messieurs les candidats,
Vous comprendrez l’importance que revêtent nos interrogations, et donc vos réponses, pour nous et vos électeurs attachés à la République et à la laïcité.
Sachez que nous informerons nos adhérents, les lecteurs de nos sites internet et pages de réseaux sociaux de vos réponses ou non réponses.
Nous restons à votre disposition pour poursuivre cette discussion dans les meilleures traditions de la République.
Veuillez recevoir, Madame, Monsieur, nos salutations laïques et républicaines.
Le bureau du groupe Louis Crétois
Publié le 19 Mars 2014
Publié le 19 Mars 2014
Publié le 17 Mars 2014
La Fédération nationale de la Libre Pensée a appris la triste nouvelle : notre Président Marc Blondel est décédé, il est passé à l’Orient éternel le dimanche 16 mars 2014.
A Josiane sa femme, notre amie et camarade, à ses filles et petits enfants, la Libre Pensée adresse ses condoléances attristées et leur fait part de sa peine profonde dans cette douloureuse épreuve. Elle leur assure de sa totale solidarité.
Marc Blondel a toujours été fier de ses appartenances et de ses engagements dans toute la diversité de sa personnalité. Rien n’était sous le boisseau. Avant tout, il était un militant syndicaliste, c’était le seul titre de « gloire » qu’il s’accordait. Il a toujours refusé les décorations.
La seule qu’il portait toujours était son écharpe rouge qui était sa marque. Nous serons nombreux à la porter en hommage à notre camarade, notre ami, notre Frère.
Il était un militant syndicaliste et le syndicat était Marc Blondel. Il a été un grand responsable syndicaliste qui a donné ses lettres de noblesse à son organisation syndicale : la CGT-Force Ouvrière.
Chacun se souviendra de son attachement viscéral à la défense de la Sécurité sociale. C’était pour lui la marque de la dignité pour les travailleurs.
Quand il a laissé sa charge de Secrétaire général de la CGT-Force Ouvrière en 2004, fonction qu’il avait occupée depuis 1989, il a accepté d’être le Président de la Fédération nationale de la Libre Pensée.
Il a apporté à notre association toute son énergie, sa culture, son talent, ses qualités, ses relations. Il nous ouvert bien des portes. Il a apporté une contribution décisive au rayonnement de la Libre Pensée.
Internationaliste dans ses gènes, il a participé à la constitution de l’Association Internationale de la Libre Pensée. Il était avec nous à Oslo pour sa fondation. Sa grande expérience des relations internationales nous a été très utile. Quand il s’engageait, il ne ménageait pas sa peine.
« Rebelle », voici ce qu’il était profondément. « Rebelle » nous le resterons en restant fidèles à ses combats.
La Fédération nationale de la Libre Pensée s’incline devant la vie, l’action, les combats, les engagements de notre camarade Marc Blondel.
Paris, le 17 mars 2014
Publié le 18 Février 2014
Publié le 19 Janvier 2014
Publié le 19 Janvier 2014
L’avant-projet de « Loi de protection de la vie du conçu et les droits de la femme enceinte » adopté par le gouvernement Rajoy ne prévoit plus que deux cas de dépénalisation de l’avortement :
l’existence d’un grand danger pour la vie ou la santé physique ou psychique de la mère pendant les 22 premières semaines de gestation,
Si la grossesse est le résultat d’un délit contre sa liberté ou une atteinte à sa sexualité, l’avortement peut se pratiquer dans les douze premières semaines et si le fait a été dénoncé.
La loi de 2010, toujours en vigueur, établit qu’il est possible d’avorter sans donner aucune raison dans les 14 premières semaines de grossesse. Cette loi établit des délais de droit similaire à ce qui existe dans la majorité des pays de l’Union Européenne.
Ce que le Parti Populaire veut, en connivence avec les secteurs les plus intégristes du catholicisme international, c’est revenir à des situations où les femmes n’auraient plus le droit de décider de leur maternité et devraient justifier que les intérêts de l’enfant à venir n’entrent pas en conflit avec les leurs.
Avec la loi de 2010, les mineures de 16 à 17 ans étaient simplement tenues d’informer leurs parents, à moins d’invoquer des causes spéciales pour ne pas le faire, par exemple une mauvaise relation avec les parents, ou que ceux-ci les auraient obligées à ne pas avorter. Avec la nouvelle loi, les parents seront obligés de les accompagner et de décider pour elles.
Avec la loi de 2010, il est possible d’interrompre une grossesse de plus de 22 semaines s’il existe des « anomalies fœtales » incompatibles avec la vie qui doivent être indiquées dans le diagnostic préalable délivré par un médecin autre que celui qui pratique l’intervention. Elle autorise également l’avortement lorsqu’une maladie extrêmement grave et incurable est détectée dans le fœtus, détection qui doit être confirmée par un comité clinique.
Avec le projet du Parti Populaire, la possibilité d’avorter pour cause d’une maladie du fœtus est retirée et reste assujettie aux effets que cette maladie génère chez sa mère. Il faut apporter la garantie que les femmes souffrent d’un dommage « important non irréversible mais important et durable » dans sa santé physique ou psychologique. Et cela nécessite un avis motivé par deux médecins spécialistes qui ne peuvent pas travailler dans l’établissement dans lequel l’avortement est pratiqué.
Pour les maladies incompatibles avec la vie, les exigences seront doublées : un rapport médical devra confirmer ces risques pour la mère et un autre rapport, les pathologies fœtales testées en accord avec le Comité de bioéthique d’Espagne.
La FNLP, Europa Laïca et l’Union des Athées et des Libres Penseurs d’Espagne dénoncent cet avant-projet de loi et le considèrent comme une nouvelle croisade nationale catholique menée contre la liberté de conscience des femmes, derrière laquelle sont la hiérarchie catholique à son plus haut niveau (le Vatican) ainsi que les organisations « pro vie ». Cette offensive applaudie par l’extrême droite politique européenne, ne prépare-t-elle une autre offensive, à un échelon plus vaste, dans le contexte européen et international ? Doit-on s’en inquiéter ?
C’est pourquoi, les associations soussignées demandent l’abandon de cet avant-projet et appellent les organisations laïques et de Libre Pensée à se regrouper pour l’obtenir.
Publié le 19 Janvier 2014
Faisant suite à une promesse électorale du candidat François Hollande, Le premier ministre Jean-Marc Ayrault annonce l’inscription de la ratification de la Charte des Langues Régionales et Minoritaires à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale en Janvier. Et ce, en dépit d’une opposition déclarée du Conseil d’Etat qui a donné un avis négatif. Cette annonce, et cette opposition font suite à de nombreuses tractations et projets concernant une révision constitutionnelle.
Rappelons quelques éléments du passé, car la ratification de ce texte, hautement revendiquée par nombres d’activistes régionalistes, est en suspens depuis 1992 et a connu un moment de revendication particulière en 1999.
A l’initiative de la Libre Pensée, avec l’appui de nombreuses organisations attachées à l’unité de la République, une manifestation nationale réunissait plus de 10 000 personnes à Paris le 11 décembre 1999. Cette manifestation faisait suite à de très nombreuses prises de positions et se prononçait pour l’unicité et l’indivisibilité de la République. Car c’est bien ce dont il s’agissait et s’agit encore. Ce mouvement d’opinion, joint à la décision du Conseil Constitutionnel du 15 juin 1999, avait conduit à l’abandon du projet de ratification, en dépit d’un lobbying permanent dont nous voyons aujourd’hui la continuité.
Il faut regarder précisément en quoi consiste ce texte du Conseil de l’Europe, soumis à la ratification des États. La Charte Européenne des Langues Régionales et Minoritaires n’a pas pour but de promouvoir les cultures locales mais de créer des entités administratives sur une base linguistique. Elle oblige à délimiter le territoire des langues pour en faire des entités légales. Du coup, ne sont nullement concernées les langues issues de l’immigration (portugais, roumain, arabe, etc…) qui ne sont liées particulièrement à aucun territoire particulier. L’enseignement de ces langues est d’ailleurs remis en cause par les suppressions massives des heures d’enseignement dans l’enseignement public.
Sa souplesse, consistant à n’avoir à ratifier qu’un certain nombre d’articles, n’est qu’apparente. Tout État signataire est obligé d’adopter le préambule et la déclaration de principe, qui impose le cadre que nous venons de définir. Elle établit des distinctions entre les citoyens sur la base de la langue qu’ils parlent. Ce seul fait amène à abandonner le point de vue républicain sur les droits de l’homme et du citoyen. Il s’agit donc bien du redécoupage du territoire sur une base « d’appartenance » communautariste.
Dans ce cadre, on va bien du « droit à la différence » à « la différence des droits ». La seule évocation de la possibilité d’attribuer une préférence d’embauche à ceux qui pratiquent la langue locale est un facteur de remise en cause du droit égal pour tous. Des exemples prémonitoires en ont été donnés. Ainsi, la Collectivité Territoriale de Corse proposait-elle la co-officialité de la langue corse en 2012, et de réserver certains emplois d’intérêt public aux locuteurs de la langue corse. En 1999, la Région Bretagne, à l’initiative de Josselin de Rohan (UMP), instituait un chèque PROJET ouvert à tous les jeunes de 18 à 26 ans sortis du système scolaire et à toute personne dans le prolongement d’une action de formation qualifiante, nés en Bretagne ou y résidant depuis plus de 2 ans. Ceci donne le cadre de l’opération : accroître encore la déréglementation régionale, mettant à mal le code du travail, l’Education nationale (programmes et diplômes nationaux), le statut de la Fonction publique et des collectivités.
Sous couvert de promotion culturelle des langues régionales et minoritaires, c’est une attaque profonde contre l’unité de tous les Etats-nations pour aller vers une Europe des régions, déréglementée. Rappelons que l’artisan de la rédaction du texte est la FUEV (Föderalistische Union Europäischer Volksgruppen), ONG lobbyiste d’extrême droite ayant obtenu statut consultatif aux Nations Unies et au Conseil de l’Europe. La FUEV a fondé un « groupe de travail » dont l’objectif avoué est la « protection des groupes ethniques ».
La nouvelle offensive de la ratification de la charte se place dans le cadre de l’ « Acte 3 de la Décentralisation » , qui trouve ses premières illustrations dans la réforme des (prétendus) rythmes scolaires, et dans la politique des "pactes d’avenir", répondant à des opérations activistes et patronales comme celle des "bonnets rouges". En fait c’est la réponse positive à la revendication éternelle des patrons, bretons ou autres, de diminuer le coût du travail et de faciliter les licenciements.
Le Conseil d’État a donné un avis négatif, dont on ne peut connaître le contenu, mais il est clair que toute loi ratifiant la Charte nécessite une révision constitutionnelle, notamment de l’article 2 (« La langue de la République est le Français”). La Libre Pensée a toujours condamné la Constitution de la Ve République comme antirépublicaine. Elle s’oppose formellement que ce qui reste de républicain, hérité bon gré - mal gré de la Révolution de 1789 en soit enlevé, déformé ou dévoyé. La Fédération Nationale de la Libre Pensée s’oppose résolument à toute manœuvre de révision constitutionnelle par voie parlementaire. Joint à la ratification de la Charte, ce serait ouvrir la boîte de Pandore des affrontements régionalistes, au détriment des droits et garanties obtenues dans le cadre de la République une et indivisible. Une nouvelle fois, nous affirmons hautement :
La Fédération nationale de la Libre Pensée s’adresse à toutes les organisations qui partagent le point de vue exprimé dans cette Déclaration pour qu’elles contactent la Libre Pensée afin de se réunir pour examiner les actions nécessaires et possibles pour faire échouer ce projet.



















