Publié le 7 Décembre 2013

Communiqué de presse de la Fédération sarthoise de la Libre Pensée

 

Messe de la Sainte-Geneviève au Mans : non à l’alliance du sabre et du goupillon !

Respect de la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État !

 

Nous venons d’apprendre la tenue d’une messe, le 05 décembre à l’église saint Pavin du Mans, en présence de l’État Major de la Gendarmerie, de nombreux gendarmes en uniforme, mais aussi du préfet, à l’occasion de la Sainte-Geneviève.

Cette manifestation religieuse à laquelle participent es-qualité un préfet et es-qualité des gendarmes est une violation du principe de laïcité de notre République.

Par un bref (lettre du Pape) du 18 mai 1962, le Pape Jean XXIII a désigné « Sainte-Geneviève patronne céleste auprès de Dieu des gendarmes français gardiens de l’ordre public ». L’acte officiel du Pape Jean XXIII débute ainsi : « Selon une ancienne et louable coutume, nombre d’armées chrétiennes se confient à la protection des saints du Ciel, afin d’être défendues par leur secours dans l’adversité, d’être à l’abri des périls menaçants et de remporter la victoire… »

Où est la laïcité quand les armées se placent sous la protection des saints ? Serions-nous encore en présence d’une armée chrétienne ? Depuis quand, en République Française, une décision d’un pape supplante-t-elle la Loi Républicaine et Laïque ? La Fédération sarthoise de la Libre Pensée se pose d’ailleurs la question : « La liberté de conscience existe-t-elle au sein de la Gendarmerie nationale ? ».

La Fédération sarthoise de la Libre Pensée tient à rappeler que les gendarmes « jouissent de tous les droits et libertés reconnus aux citoyens. Toutefois, l’exercice de certains d’entre eux est, soit interdit, soit restreint…  » (Article L.4121-1 du Code de la Défense). D’autre part, « Les opinions et croyances, notamment philosophiques, religieuses ou politiques, sont libres. » mais « Elles ne peuvent cependant être exprimées qu’en dehors du service et avec la réserve exigée par l’état militaire. Cette règle s’applique à tous les moyens d’expression. Elle ne fait pas obstacle au libre exercice des cultes dans les enceintes militaires. » (Article L.4121-2 du Code de la Défense).

Cette cérémonie du 05 décembre 2013 dans l’église de saint Pavin est donc contraire aux deux articles du Code de la Défense énoncés ci-dessus. En effet, la hiérarchie militaire ne peut participer et faire participer les gendarmes à une messe dédiée à Sainte-Geneviève. Ces derniers ont donc exprimé leur croyance en grand uniforme (en service et sans la réserve exigée par l’état militaire).

Que la Gendarmerie nationale, Institution Républicaine, fasse de la Sainte-Geneviève une manifestation religieuse officielle, c’est ne pas respecter les dispositions laïques de la République Française. Plus grave, c’est faire passer la décision du Pape Jean XXIII avant les Lois de la République.

Pour mettre un terme à cette situation inacceptable au regard de la loi de séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905 et des articles L.4121-1 et L.4121-2 du Code de la Défense, et mettre fin à la manifestation d’une opinion religieuse par des représentants de l’État, la Fédération sarthoise  de la Libre Pensée va écrire au Préfet  pour lui rappeler ses obligations ainsi que les obligations de neutralité de la Gendarmerie Nationale.

C’est la neutralité et le droit de réserve des fonctionnaires qu’il faut défendre.

.
La Fédération sarthoise de la Libre Pensée

 

Messe de la Sainte-Geneviève au Mans : non à l’alliance du sabre et du goupillon !

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Publié le 28 Novembre 2013

Ce samedi 23 novembre, nous, adhérents de la Fédération Sarthoise de la Libre Pensée, des sections du Grand-Lucé, d’Ecommoy et du Lude, nous sommes retrouvés pour discuter de l’avenir de la Libre Pensée dans notre secteur géographique.

 

Par cette première réunion, nous prenons pour objectif de relancer l’activité de la Libre Pensée dans cette partie du département. N’en déplaise aux ennemis de la république laïque et sociale, nous décidons, ce jour, de redonner toute sa place à la Libre Pensée dans ces secteurs de la Sarthe qui furent longtemps des foyers républicains et laïques.

 

Dans un premier temps, nous décidons d’une première rencontre d’adhérents et de sympathisants de nos sections, le samedi 22 mars prochain à Villaines sous Lucé et au Grand Lucé.

A 10h, nous déposerons une gerbe devant l’arbre de la Liberté de Villaines, nous y tiendront un discours et nous y inviterons la presse.

A 11h, les libres penseurs et les sympathisants qui le souhaitent se réuniront au Grand Lucé pour une assemblée générale sur l’activité de la Libre Pensée au niveau national et international. Cette première rencontre se conclura par un pot fraternel.

 

Afin de préparer cette matinée et d’envisager les suites à y donner, les représentants des sections se réuniront à nouveau le 1er février 2014 à Ecommoy.

 

Rémi Chaillou, Philippe Gautier, Jack Loiseau, Hansi Brémond

 

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Publié le 20 Novembre 2013

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Publié le 13 Novembre 2013

Voici une nouvelle conférence organisée par nos amis de la Sarf qui interessera tous les libres penseurs  !

 

Conférence ; 1793 - 2013 ; le Mans une bataille sans merci

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 12 Novembre 2013

Nos amis et camarades de la Malle de Pandora se produisent les 14, 15 et 16 novembre prochains. Cette intiative humaniste, anti-esclavagiste mérite tout l'intérêt des libres penseurs que nous sommes.

 

 

Chants de la négritude
D'après Césair, Senghor et Diop

par la Malle de Pandora
Mise en scène : André Lenoir

Jeudi 14, vendredi 15 et samedi 16 novembre à 20h30


Théâtre de l'Ecluse
47, rue des Acacias
72000 Le Mans

Tarif au chapeau

 

Et les chiens se taisaient ; chants de la négritude (au Mans)

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 9 Novembre 2013

Il y eut Lionel Jospin, en 1998, qui déclarait qu’il fallait réintégrer les Fusillés pour l’exemple dans la mémoire collective.

Il y eut ensuite, en 2008, Nicolas Sarkozy qui reconnaissait qu’ils n’étaient pas des lâches.

Il y a maintenant François Hollande, en 2013, qui souhaite qu’il y ait un espace pour les Fusillés pour l’exemple au Musée des Invalides.

Aucun n’a prononcé les seuls mots qui comptent :
Réhabilitation collective !

Toute honte bue, le Président de la République ose dire que la construction de l’Europe est la réponse de paix. Or, les poilus et les Fusillés pour l’exemple ont été victimes de l’Europe en marche. C’est toujours au nom d’une certaine vision de l’Europe que l’on a massacré les peuples.

Il faudra bien qu’un jour, les gouvernements de droite et de gauche s’expliquent sur
cette lâcheté collective : celle du refus de rendre justice pour les victimes des pelotons d’exécutions.

Honte à tous ces gouvernements !

La Libre Pensée appelle tous ceux, qui sont révoltés par cette décision d’injustice du Président de la République, à se regrouper massivement dans les rassemblements pacifistes autour du 11 novembre, à l’initiative de la Libre Pensée, afin d’exprimer la colère qui envahit tous les pacifistes internationalistes à l’audition des propos de François Hollande.

Celui-ci s’est parjuré. En tant que Président du Conseil général de la Corrèze, il s’était prononcé pour la réhabilitation collective. En tant que Président de la République, il s’est désavoué lui-même.

Il ne sera pas dit que dans le pays d’Alfred Dreyfus et de Jean Jaurès, justice ne sera pas rendue aux victimes des pelotons d’exécutions.

Une deuxième fois, par la déclaration de François Hollande, les 650 Fusillés ont été exécutés par la France.

Honte à tous ceux qui refusent de rendre la justice !

« La lâcheté est presque toujours dû à la simple incapacité de suspendre
l’activité de son imagination »
- Ernest Hemingway –

Loin des mots fades, des vœux pieux et des discours creux, la seule voie possible pour que les mots Liberté –Égalité –Fraternité aient un sens :

Réhabilitation collectives des Fusillés pour l’exemple !

Toute autre voie n’est qu’une duperie et une mascarade.

Paris, le 8 novembre 2013

Combien faudra-t-il d’années et de siècles pour que justice soit enfin rendue pour les 650 Fusillés pour l’exemple ?

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 3 Novembre 2013

Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 9 Octobre 2013

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Publié le 9 Octobre 2013

Nous tenons un stand à la 25eheure du livre. Venez nous rendre visite.

 

 

La Libre Pensée à la 25e heure du livre

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Publié le 9 Octobre 2013

Discours du 20 septembre 2013.

 

Amis, citoyennes, citoyens, camarades,

Il y a deux ans de cela, à Oslo, l’Association Internationale de la Libre Pensée se constituait autour des délégués de dizaines de pays.

Il y a moins d’un an de cela, à Mar del Plata, en Argentine se tenait le deuxième Congrès de l’AILP.

Le 20 septembre 1870, c’est la fin de la domination du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel. La chute des États pontificaux poursuivra la descente aux enfers des papes, entamée par l’esprit des Lumières et la Révolution américaine, concrétisée par la Révolution française.

 

Un vent de liberté traversait l’Atlantique. Tout au long du XIXème siècle, ce vent ne cessera de hanter les tenants de l’ordre, les rois, les papes, les cléricaux.

Ce vent a repris plus de force et de puissance avec la création de l’Association Internationale de la Libre Pensée. C’est sur la proposition d’un de ses porte-parole, Elbio Laxalte Terra, qu’aujourd’hui et demain, en Italie à la porte Pia, en Uruguay, au Chili, au Pérou, et ici en France dans plus de quinze rassemblements et réunions, la journée du 20 septembre devient la Journée Internationale de la Libre Pensée. Voilà ce qu’il déclarait à Mar del Plata :

« En septembre 2007, la 4ème assemblée de la Confédération, réalisée à Santiago du Chili, approuva entre autres décisions celle de célébrer, chaque 20 septembre, « Le Jour de la Libre Pensée ».

Le choix de cette date n’était pas arbitraire. Elle rappelle le 20 septembre 1870, quand les forces patriotiques italiennes et les « chemises rouges » garibaldiennes sont les acteurs du célèbre épisode de la « Brèche de la Porte Pia » à Rome, et infligent la défaite aux forces réactionnaires du Vatican alliées à l’Empire français. Ce jour signifia la chute définitive du pouvoir temporel de la papauté et de ses régimes politiques de « droit divin », et signifia un grand triomphe pour les forces démocratiques, républicaines et « sécularisantes » du monde.

Ce jour est un hommage aux femmes et aux hommes, maçons ou pas, qui agirent et offrirent leurs vies dans tant de combats libertaires, et à tous ceux qui donnèrent une impulsion aux idéaux républicains et laïques, comme le Très Illustre Frère Maçon José Garibaldi. Pour tout cela, la date du 20 septembre symbolise donc la défaite du dogmatisme, de l’obscurantisme, et l’espoir de voir renaître la Lumière, qui représente le triomphe de la Raison et de la Liberté de Conscience. »

Ce 20 septembre est une première pour nous en France. Nous avons toujours lutté en France comme en Europe contre la survivance des États Pontificaux. Lisez les actes du colloque de Metz et vous comprendrez pourquoi nous sommes dans une Europe vaticane, rongée par les statuts d’exception comme en Alsace-Moselle, par les lois cléricales contre le délit de blasphème s’adaptant même à l’IVG. La tache au milieu de l’Europe, c’est le Vatican qui se revendique comme un État mais qui ne veut pas être reconnu comme tel. C’est une féodalité qui étend ses ramifications jusque dans les couloirs de la Commission européenne avec ses banques, ses politiques. C’est la place particulière mais de plus en plus grandissante donnée aux Églises en terme de financement, de lobby d’opinion. En Grèce, en Italie, en Espagne, quand les coupes dans les budgets publics eurent lieu conséquemment à la crise, qui fut exemptée, qui chercha à cacher sa fortune, qui oublia que les subsides publics leurs avaient été versés ?

L’Église catholique comme l’Église orthodoxe furent frappées d’une amnésie étonnante.

 

En ce 20 septembre, nous prenons date dans le contexte où l’Église catholique se veut plus offensive, où elle descend dans l’arène et entend dicter ouvertement la politique à mener.

Ne nous trompons pas, le mariage pour tous a été un banc d’essai.

D’ailleurs, un de ses éminents membres, Jean-Luc Brunin, évêque du Havre et président du Conseil Famille et société, devait déclarer après le vote sur le mariage pour tous : « L'Église appelle les personnes homosexuelles comme les personnes hétérosexuelles à vivre leur relation dans la chasteté. Il nous faut découvrir la valeur de cette attitude qui doit marquer toutes nos relations pour qu'elles soient vraiment humaines. La chasteté concerne davantage que la dimension sexuelle de la personne, elle est respect de l'autre que je ne peux jamais posséder comme un objet. Au cœur de toute relation, toujours menacée de devenir possessive, elle offre une dimension de gratuité et de respect. Les relations chastes peuvent être source de fécondité sociale. »

Quand on voit comment les scandales d’abus sexuels ont ébranlé les chastes missionnaires du Vatican à travers le monde, jusqu’au tréfonds des entrailles de la Cité de Pierre où un lobby gay aurait pourchassé Benoît XVI...

Si on appelle à la chasteté de la part de l’Église, elle ne le fait pas pour ses ouailles qu’elle dresse comme une communauté contre la République. Ce sont les mots du nouveau Pape qui appelle à la « communauté du Oui », et le même évêque Brunin appelle au renforcement de « cette communauté catholique dans le cadre de la Démocratie ». Et que restera-t-il de la Démocratie quand les citoyens ne seront plus citoyens mais membres d’une communauté ? Quelle est donc cette cinquième colonne qui n’a de cesse que de saper la République ?

Aujourd’hui, le mariage pour tous, demain, ce seront l’école et les entreprises, c’est ce qu’a déclaré la conférence des évêques de France après le vote sur le mariage.

Il nous faut donc revenir à la signification du 20 septembre.

La chute de Rome  était le triomphe de la démocratie dans toute l’Europe, pas celui des communautés. Bien mieux, Garibaldi, après avoir aidé les Français à repousser les Prussiens, est élu député à l’Assemblée Nationale. « Quand il s’y rend pour plaider la cause des mutilés, des veuves et des orphelins de son armée, à peine se lève-t-il pour demander la parole qu’un tumulte infernal s’élève des bancs des réactionnaires et l’empêche de parler. Il sort de la salle et au peuple qui l’acclame déclare qu’il sait faire la différence entre la France des curés et la France républicaine. »

Quelques mois après, le 8 mars 1871, à la Chambre des députés, Victor Hugo déclame : « De toutes les puissances européennes, aucune ne s’est levée pour défendre cette France qui, tant de fois, avait pris en main la cause de l’Europe, pas un roi, pas un État, personne ! [...] Un homme est intervenu, et cet homme est une puissance. [...] Il est le seul des généraux français qui ont lutté pour la France, le seul qui n'ait pas été vaincu. [...] Il y a trois semaines, vous avez refusé d'entendre Garibaldi. [...] Aujourd'hui vous refusez de m'entendre. Cela me suffit. Je donne ma démission. »

Il ne s’agit pas de dresser en ce 20 septembre, le Panthéon des hommes illustres. Ni ceux d’hier, ni ceux d’aujourd’hui. L’Europe des rois, des papes, des capitalistes entendent dresser les peuples les uns contre les autres, hier comme aujourd’hui. Les uns seraient responsables des fluctuations monétaires, de l’inflation, de la fermeture des usines, les autres seraient des voleurs, des profiteurs en puissance. Non l’étranger n’est pas l’ennemi ! Cessez de chasser les Garibaldi du pays, cessez de chasser les Hugo des écoles. Offrez leur un avenir décent, il y a dans nos écoles des milliers de penseurs, de scientifiques, de chercheurs qui se méconnaissent parce qu’il est plus pratique pour les besoins des marchés d’en faire des bandits, des miséreux, des sous-citoyens, des exclus.

Nous n’acceptons pas !

La Libre Pensée, en cette journée internationale, appelle toutes les femmes et les hommes de progrès qui entendent bâtir une société de justice et d’égalité à rejoindre ses rangs, à rejoindre l’Association Internationale de la Libre Pensée. Bien plus, elle appelle tous les citoyens à aider à sa construction, à financer ses activités. Nous ne dépendons que de nous-mêmes, de nos soutiens. Nos campagnes ne sont commanditées que par notre volonté d’émanciper les femmes et les hommes des entraves de la pensée unique, des tutelles sociales et économiques. Dans quelques semaines, une délégation française se rendra à Concepción au Chili, aider au financement c’est un pas de plus vers la construction de l’AILP. Et il n’y a pas de petit pas, il n’y a pas de petit financement.

Les combats de l’année passée augurent ceux de demain. Garibaldi l’étranger exclu de l’Assemblée nationale et demain, ici, en France, alors que s’ouvrent les municipales, le débat sur le vote des étrangers devra-t-il encore une fois de plus les exclure de la vie politique ?

Aujourd’hui encore, les voix de la Réaction s’élèvent contre le vote des étrangers. Résolument tournés vers le progrès, la Libre Pensée considère que tout individu qui s’acquitte de l’impôt, qui vit sur le territoire, travaille sur le territoire, participe d’une manière ou d’une autre à la construction de République une et indivisible, laïque, démocratique et sociale, doit pouvoir s’exprimer lors du suffrage universel, se présenter et se faire élire lors d’élections. C’est l’œuvre de Garibaldi, c’est l’œuvre de la Commune, c’est le salut commun.

Aujourd’hui encore, la question est prégnante, l’an passé les curés ont appelé à manifester contre les mariages pour tous. Demain, ils feront descendre leurs ouailles contre l’École républicaine, contre la liberté scientifique, contre la liberté de conscience, contre la République. Et c’est avec la même détermination qu’en 1904 que la Fédération Nationale de la Libre Pensée engage la bataille pour la reconnaissance totale de la Séparation des Églises et de l’État sur l’ensemble du territoire de la République afin de faire reculer la Réaction, le cléricalisme.

Il reste des portes Pia à abattre, des libertés à conquérir. En ce 20 septembre vive la Libre Pensée, vive l’Association Internationale de la Libre Pensée !

Ni Dieu, ni maître,

À bas la calotte, et vive la sociale !

 

Le 20 septembre 2013

Discours de David Gozlan lors de la journée internationale de la Libre Pensée

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 4 Octobre 2013

Voici le courrier que nous avons proposé de signer avec nos amis (LDH, ARAC, Eric Viot) et que nous avons envoyé aux élus sarthois :

  

 

Le 30 septembre 2013

 

ARAC  Sarthe

Fédération Libre Pensée Sarthe

LDH Sarthe

M. Eric Viot

                         aux Conseillers Généraux de la Sarthe

 

Madame,  Monsieur

 

Le centenaire de la guerre de 1914-1918 s’approche et les fusillés pour l’exemple ne sont toujours pas réhabilités.

Si cette réhabilitation n’a pas lieu cette année à l’occasion du 11 novembre, le pays connaîtra-t-il  une commémoration digne de l’événement à célébrer ?

La réponse est non. A l’évidence.  Comment pourrait-il en être autrement si la République, n’avait pas effacé une injustice majeure dont elle porte la responsabilité ? N’est-il pas conforme à sa nature que la République fasse acte de générosité en réhabilitant les fusillés pour l’exemple ?

La Grande Bretagne a réhabilité les 306 fusillés pour l’exemple de son armée, en 14-18. Notre pays doit le faire, sans plus attendre.

Si les plus hautes autorités de l’Etat ont un doute sur l’état d’esprit du pays à l’égard de la réhabilitation collective de ces malheureux poilus tombés sous les balles françaises,  n’appartient-il pas en particulier aux conseils généraux de se prononcer dans ce sens afin de lever d’éventuelles réticences ? 

Les conseils généraux, vous le savez mieux que tout autre, sont  au plus près des citoyennes et citoyens de ce pays. Ne sont-ils pas les mieux placés pour s’en faire les porte-parole ? Déjà, vingt-et-un d’entre eux ont adopté un vœu demandant cette réhabilitation.

Si le conseil général de notre département décidait de demander à son tour cette réhabilitation générale que l’opinion appelle et dont nous nous faisons les interprètes , ce serait une contribution majeure à l’aboutissement de cette cause.

 Depuis que ce problème a pris les dimensions d’une cause humaine que maintes études historiques et de nombreuses réalisations artistiques ont mise en évidence, n’est-il pas urgent et conforme à la tradition républicaine la  plus haute que cette demande de réhabilitation soit présentée par l’assemblée élue de notre département ?

Si vous le souhaitez nous sommes prêts à vous rencontrer pour répondre à vos questions sur ce dossier.

Veuillez agréer Madame, Monsieur le Conseiller Général, l’expression de nos sentiments républicains. 

                   arac72@wanadoo.fr; ldh.lemans@orange.fr ;librepensee72hotmail.fr; viot-eric@orange.fr

 

Nous avons reçu une première réponse de Christophe Counil :

Bonjour,
 
Le groupe des élus de gauche du Conseil général avait déjà présenté un vœu
en ce sens au Conseil général en 2010
(http://les-blessures-de-l-ame.over-blog.com/article-voeu-presente-par-le-gr
oupe-des-elus-de-gauche-au-cg-de-la-sarthe-pour-la-rehabiliation-des-fusille
s-de-la-premiere-guerre-63804060.html). Ce vœu avait été rejeté par les élus
de droite, nous sommes prêts à recommencer mais il faut s'assurer qu'il ne
sera pas une nouvelle fois rejeté.
 
Cordialement.
 
Christophe COUNIL
 
Président du groupe des élus de gauche
Conseil général de la Sarthe

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 1 Octobre 2013

Ce vendredi 4 octobre, nos camarades amis de la commune organise une réunion publique. C'est avec plaisir que nous soutenons cette réunion publique et que nous vous invitons à y participer.

 

La commune de Paris et la banque de France

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 18 Septembre 2013



La conversion républicaine et laïque du Front national n'est qu'un leurre
Article d'Henri Peña-Ruiz, paru dans l'édition en ligne du Monde en janvier 2011
 
Fraternité, liberté, égalité : des principes conquis contre le christianisme
Juste, et nécessaire, est la critique de l'islamisme. Mais pas au nom d'un christianisme absous de ses violences millénaires par une mémoire sélective. Sans surprise, Marine Le Pen se situe dans la logique du choc des civilisations chère à Samuel Huntington. Mais cette fois-ci elle prétend récupérer des principes révolutionnaires. Elle affirme que les principes émancipateurs consignés dans le triptyque républicain sont issus d'une tradition religieuse propre à l'Occident, alors qu'ils ont été conquis dans le sang et les larmes, à rebours d'oppressions sacralisées par le christianisme institutionnel.
Faire dériver les trois principes de liberté, d'égalité et de fraternité du transfert aux autorités séculières de valeurs religieuses est une contre-vérité. Pendant près de quinze siècles de domination temporelle, et pas seulement spirituelle, de l'Eglise catholique en Occident - en gros de la conversion de Constantin en 312 à la Révolution de 1789 -, jamais le christianisme institutionnalisé n'a pensé ni promu les trois valeurs en question. Il les a bien plutôt bafouées copieusement et ces valeurs sont à l'inverse nées d'une résistance à l'oppression théologico-politique. Qu'on en juge.
Liberté ? Le droit canon de l'Eglise n'a jamais fait figurer la liberté de conscience (être athée, pouvoir apostasier une religion, en changer, etc.) dans ses principes essentiels. Tout au contraire. La répression des hérétiques (les cathares, par exemple), des autres religions (protestante, juive, puis musulmane), de la science (Giordano Bruno, Galilée), de la culture (l'index des livres interdits supprimé seulement en 1962) ne procède pas d'une philosophie de la liberté, mais d'une théologie de la contrainte. En 1864 encore, un syllabus de Pie IX (encyclique Quanta cura) jette l'anathème sur la liberté de conscience.
Egalité ? L'Eglise a toujours considéré que l'inégalité était inscrite dans l'ordre des choses et voulue par Dieu. Elle a entériné et sacralisé le servage de l'ordre féodal, la monarchie absolue dite de droit divin, et même, avec le pape Léon XIII à la fin du XIXe siècle, la domination capitaliste. La répression des jacqueries paysannes se fit le plus souvent avec sa bénédiction. La seule égalité qu'elle a affirmée est celle des hommes prisonniers de leur finitude et de leur tendance au péché, et jamais elle n'en a fait la matrice d'une émancipation sociale ou politique.
Ceux qui le tentèrent furent réprimés. La théologie de la libération, en Amérique latine, fut condamnée par Jean Paul II. La collusion du politique et du religieux fut aussi celle de l'ordre social et du religieux, si bien représenté par les soldats du Christ d'une noblesse peu soucieuse de ses serfs, à l'époque des croisades. Lors de l'affaire Dreyfus, l'Eglise n'a pas brillé dans la défense de la liberté et de l'égalité, et n'a guère mis en garde contre l'abjection de l'antisémitisme.
Fraternité ? Si théoriquement les hommes sont frères comme fils du Dieu chrétien, ils ne le sont que dans la soumission et non dans l'accomplissement, toujours stigmatisé comme « péché d'orgueil ». La transposition de la fraternité issue de la condition commune des êtres humains tant qu'ils sont mortels en fraternité sociale et politique est l'invention d'un concept tout nouveau, qui doit bien plus au droit romain d'une humanitas que Cicéron tenait pour source de la République qu'au décalque d'une fraternité de finitude.
Rappelons que la réécriture cléricale de l'histoire visant à faire d'une tradition religieuse particulière la source des principes universels de l'émancipation est devenue courante, malgré son évidente fausseté. Elle consiste à nier les apports du droit naturel (jusnaturalisme souligné par les historiens du droit) issu de l'Antiquité gréco-latine mais aussi les souffrances et les luttes, qui furent les vrais leviers de l'émancipation, en dessinant les idéaux qui, en creux, dénonçaient les oppressions.
Il faut que Spartacus prenne les armes pour transposer en termes sociaux l'égalité de droits des citoyens et étendre la liberté juridique à tous les hommes. Quant à l'égalité évoquée par Paul de Tarse elle n'est jamais un concept socio-politique ni juridique, mais un nivellement religieux de tous les hommes compris comme fidèles soumis à Dieu.
Ce qui est pervers et idéologiquement redoutable dans le nouveau discours du Front national, c'est le fait de tenter d'assumer les valeurs républicaines alors que traditionnellement c'est l'ordre social dominateur qui était encensé. Joseph de Maistre, penseur chrétien contre-révolutionnaire, ironisait sur les droits de l'homme, qu'il jugeait abstraits et peu crédibles au regard d'inégalités tenues pour naturelles. C'est lui qui fonde l'idéologie de la droite extrême. Il rejette du même coup l'universalisme qui consiste à tenir l'humanité comme d'égale dignité, abstraction faite des hiérarchies sociales sédimentées dans la tradition occidentale et des différences de civilisation. Et il en tire une condamnation de la Révolution française. Voilà la tradition occidentale façonnée en partie par le christianisme institutionnel.
Cette fois-ci l'opération séduction de Marine Le Pen consiste à assigner à résidence les idéaux émancipateurs, à particulariser l'universel, à taire le long passé de luttes et de larmes qui les fit advenir contre une tradition fondamentalement rétrograde et oppressive. La nouvelle figure du différencialisme discriminatoire consiste à prétendre que seuls certains peuples habités par certaines religions ont accouché des droits de l'homme, et que les autres, par essence, sont hostiles à de tels droits.
Défendre ceux-ci, c'est donc continuer à exalter subrepticement certains peuples par rapport à d'autres. Au fond rien n'a changé, sinon l'habillage idéologique. Pas de Turcs dans l'Europe vaticane ! Après le différencialisme biologique, le différencialisme dit culturel se mue en discrimination hiérarchique et s'efforce de nourrir le rejet de certains peuples au nom de principes universels... qui seraient nés spontanément de civilisations particulières !
La ficelle est grosse mais elle peut hélas être efficace si l'on pratique l'amnésie volontaire de l'histoire. Et son instrumentalisation pour nourrir un prétendu choc des civilisations est dangereuse. Elle prétend essentialiser des données historiques, diaboliser certaines religions en les clouant à leur figure intégriste et en présentant les autres sous leurs traits « nouveaux » après avoir effacé de la mémoire collective les tragédies que leur instrumentalisation politique déclencha. En écrivant le livre noir du christianisme officiel, Kant et Hugo ont réfuté par avance les thèses de Marine Le Pen.
L'analyse effectuée ici pour le triptyque républicain vaut donc a fortiori pour la laïcité, dont une nouvelle idéologie prétend qu'elle serait née du christianisme, alors que celui-ci, dans son institutionnalisation, en a constamment piétiné les principes constitutifs. Ni la liberté de conscience ni l'égalité des divers croyants, des athées et des agnostiques n'ont jamais été défendues en théorie ni promues en pratique par les autorités chrétiennes, et il a fallu que les luttes pour l'émancipation laïque les fasse advenir. Le « ralliement » (ambigu d'ailleurs, car nostalgique des privilèges perdus) de l'Eglise à la laïcité ne s'est fait, du bout des lèvres, qu'au XXe siècle. C'est bien tard pour une institution présentée comme habitée par de telles valeurs dès l'origine...
Henri Pena Ruiz et la prétendue conversion républicaine du Front National

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Publié le 14 Septembre 2013

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Publié le 2 Septembre 2013

Chers Camarades et Amis

En ce mois de septembre 2013, nous vous invitons à célébrer deux anniversaires :

-Les 130 ans de la section de la Libre Pensée du Mans constituée en septembre 1883 !

-Le centenaire de la disparition de Louis Crétois (2 septembre 1913), membre fondateur et l’un des pionniers du mouvement ouvrier en Sarthe.

 

Une délégation de la Libre Pensée rendra hommage à Louis Crétois en déposant une gerbe sur sa tombe.

 

Dimanche 8 septembre à 11h,
Cimetière de Pontlieue au Mans

- Militant du mouvement ouvrier en construction : pionnier du socialisme en Sarthe, de la Ligue des droits de l’Homme, de la Ligue de l’enseignement,

- Orateur et organisateur de la Libre Pensée en Sarthe et dans l’Ouest ;

- Promoteur de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat votée le 9 décembre 1905.

 

Né en 1851 à Saint Mars sous Ballon où ses parents étaient cultivateurs, Louis Crétois fut d’abord instituteur, puis employé de préfecture, ensuite Directeur du dépôt de mendicité et enfin receveur municipal au Mans.

En 1925, le conseil municipal du Mans donna son nom à une rue, précisant dans sa délibération : « …. Ce fut une double lutte qu’il mena : lutte contre les puissances cléricales pour l’affranchissement de l’esprit, lutte contre les puissances capitalistes pour l’affranchissement des travailleurs….. »

 

A la veille de la journée internationale de la Libre Pensée du 20 septembre 2013 et du 221 ème anniversaire de la proclamation de la République le 22 septembre 1792, nous affirmerons haut et fort en ce 8 septembre 2013 notre détermination à défendre ce pourquoi des militants comme Louis Crétois ont combattu : l’égalité des droits et la liberté de conscience.

Vous êtes cordialement invités à participer à cette cérémonie.

 

 

Hansi Brémond Gérard Désiles

Président de la Libre Pensée du Mans Président de la Fédération LP 72

Groupe Louis Crétois

Hommage à Louis Crétois , le 8 septembre 2013Hommage à Louis Crétois , le 8 septembre 2013Hommage à Louis Crétois , le 8 septembre 2013

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 16 Juin 2013

Le congres départemental de notre fédération s'est tenu hier, et s'est conclu par une brillante intervention de notre ami et camarade Remy Janneau. Ce dernier ayant accepté que l'on diffuse son exposé sur notre blog, nous le remercions fraternellement.

Au moment où les enseignants, les parents et les élus se mobilisaient contre la loi Peillon, un groupe de députés de droite et d’extrême-droite, menés par Lionnel Luca et Marion Maréchal-Le Pen, déposait une énième loi « reconnaissant le génocide franco-français en Vendée ». Quel rapport ? me direz-vous. Chacun sait ce qu’est une loi « mémorielle » : c’est une tentative d’enfermer la recherche, l’édition et l’enseignement dans un carcan idéologique, d’imposer une vérité historique officielle en s’appuyant sur une mémoire réelle ou prétendue. C’est donc un point d’appui pour tous ceux qui souhaitent dicter aux chercheurs ce qu’ils doivent trouver, aux auteurs ce qu’il est légitime de publier et aux enseignants ce qu’ils doivent enseigner. Lois mémorielles ou non, d’ailleurs, la question reste la même : des élus et des groupes de pression seront-ils demain en situation de dicter les contenus d’enseignement ? C’est l’un des enjeux de la loi Peillon et, plus généralement, de « l’acte III de la décentralisation ».

Histoire et mémoire : des rapports complexes

Je commencerai par un détour par une question qui est, pour les historiens, une source de réflexion inépuisable mais qui, instrumentalisée à des fins idéologiques, devient une question politique : celle du rapport entre l’histoire et la mémoire. Je ne parle pas ici, bien entendu, de la mémoire individuelle qui est subjective, faillible et qui se transforme et s’estompe avec le temps, mais de la mémoire collective, celle d’un groupe social, religieux ou ethnique, éventuellement celle d’une nation, celle qui se transmet, se perpétue et s’enrichit de génération en génération et qui s’exprime par des commémorations, des lieux consacrés par la tradition, ce qu’on appelle, précisément, des « lieux de mémoire ».

Les rapports entre histoire et mémoire sont complexes. Dans la mythologie grecque, la muse de l’histoire, Clio est la fille de Mnémosyne, déesse de la mémoire. Il n’est pas d’histoire sans mémoire. C’est la mémoire qui, à l’origine, a fourni les premiers matériaux de l’histoire. Et pourtant ce sont deux modes de reconstruction du passé qui n’ont ni les mêmes caractères, ni les mêmes objectifs. La mémoire, censée être un héritage, se veut fidélité. L’histoire se construit, au contraire, par l’étude critique et le recoupement des documents et par la confrontation des points de vue. Elle est exigence de vérité. L’une se veut témoignage, l’autre est explicative.

Chercher les causes de la révolte des régions de l’ouest en 1793, comparer les points de vue de différents historiens, rappeler la répression atroce qui a sévi dans les premiers mois de 1794, y compris les noyades de Nantes, c’est faire de l’histoire.

Célébrer les « martyrs », rendre quasiment un culte aux victimes, y compris à celles d’un massacre qui n’a pas eu lieu, c’est s’enfermer dans une mémoire et lui subordonner la recherche érudite.

Histoire, mémoire, idéologie

Bien entendu, l’histoire n’est pas plus exempte d’idéologie voire de manipulations que la mémoire mais suivant des dosages différents. L’histoire enseignée sous la IIIème République dégénérait volontiers en imagerie. Elle était truffée de falsifications qui n’étaient pas gratuites, falsifications qui sont seulement devenues, aujourd’hui, un peu plus subtiles. Mais, pour autant, l’histoire reste une discipline scientifique. L’historien est, de surcroît, astreint à un devoir de vérité, non seulement pour des raisons déontologiques - le mensonge le reléguerait au rang d’un médiocre pamphlétaire comme Reynald Sécher - mais aussi parce que ses écrits sont soumis à la critique de ses pairs et à celle du public. Il y a débat public sur les faits historiques, sur leur interprétation, sur la méthode, sur les problématiques, sur l’objet de l’histoire, sur la définition même du document…. L’historien ne peut écrire n’importe quoi. Si la recherche ne donne pas automatiquement la vérité, elle permet d‘en approcher et elle rend le mensonge plus difficile.

Il n’en va pas de même de la mémoire qui, elle, ne se discute pas, ne serait-ce que parce qu’elle concerne un groupe qui l’accepte par avance parce qu’elle est censée fonder son identité. C’est du moins, la théorie. Dans les faits, chaque conscience individuelle décline à sa manière la conscience collective. Celle-ci aura donc ses gardiens qui vont la préserver mais aussi l’enrichir et la manipuler.

Un exemple de construction de la mémoire : la Vendée

La Vendée fournit un bon exemple, en tous cas, l’un des plus étudiés. La mémoire qui s’y forge sous l’Empire et surtout sous la Restauration est d’abord l’œuvre des prêtres réfractaires qui incarnent ou sont censés incarner le « souvenir ». Elle est écrite également par des nobles et par les proches d’anciens chefs vendéens. La marquise de La Rochejaquelein, publie ainsi, en 1814, des Mémoires, qui sont un véritable best-seller. La mémoire des « martyrs » est célébrée par l’érection de chapelles, d’oratoires, de calvaires, de statues des chefs vendéens, de mausolées, par la réalisation de vitraux, par l’organisation de pèlerinages sur les lieux de massacres... C’est dans ce contexte, que Chateaubriand, reprend, sans aucun souci de la vraisemblance, le chiffre de 600 000 morts sur lequel Chaunu fondera, en 1983, l’invention du prétendu « génocide franco-français». Lorsque le régime de la Restauration se durcit, après l’assassinat du duc de Berry, en 1820 et surtout avec l’avènement de Charles X, se met en place, le culte des « martyrs » vendéens prend un caractère national.

La mémoire vendéenne n’est donc pas seulement une mémoire cléricale et monarchiste, c’est une mémoire ultra. Loin d’être un reflet, même déformé, du passé, c’est avant tout un projet de reconquête idéologique, un appel à la lutte contre l’illégitime Louis-Philippe puis contre la « République démoniaque » pour reprendre certains propos entendus au prône du dimanche. Elle va continuer à s’enrichir.

L’exemple le plus typique est le prétendu « massacre des Lucs-sur-Boulogne». Vers 1860, Jean Bart, curé des Lucs, commune située à une vingtaine de kilomètres de La Roche-sur-Yon, trouve quelques squelettes sous les ruines d’une chapelle. Il en conclut que ce sont les restes des victimes d’un massacre oublié. Reprenant la liste de 564 victimes décédées dans la localité entre 1792 et 1794 établie jadis par l’abbé Barbelette, il les réunit en un seul massacre. Les victimes de trois années d'affrontements puis de guerre civile, y compris celles qui ont succombé à la faim, à la maladie ou à l’épuisement, deviennent ainsi celles d'un massacre perpétré en quelques heures. En 1874, le curé Jean Bart publie un opuscule. L’Eglise et la réaction entretiendront pieusement la mémoire de ce prétendu massacre.

En 1939, une commission présidée par l’évêque de Luçon demande la béatification de 110 enfants, Un vitrail est réalisé en 1942, dans le climat antirépublicain que l’on sait. En 1945, un écrivain catholique, Gaétan Bernoville publie un ouvrage (L’épopée des Lucs et les saints innocents de la Vendée) qui sera réédité en 1954 sous le titre évocateur: Un Oradour révolutionnaire. En 1993, en présence de Soljenitsyne, Philippe De Villiers fait inaugurer un mémorial, présenté comme « un reliquaire », un « lieu de recueillement », prolongé par un « chemin de la mémoire » qui conduit à la chapelle du Petit Luc où sont pieusement inscrits les noms des 564 victimes. Que cet édifice ait été rebaptisé historial ne change rien à sa nature. Tout récemment, Bruno Retailleau, sénateur UMP et président du Conseil général de Vendée, a fait venir, cette fois, Lech Valesa. Enfin, dans l’exposé des motifs de la proposition de loi Luca-Le Pen, les modalités du massacre d’Oradour sont carrément projetées sur les Lucs: sans s’appuyer manifestement sur autre chose que le titre suggestif de Bernoville, les députés signataires assènent comme une évidence que les 564 victimes (curieusement devenues 563) auraient été brûlées vives dans l’église des Lucs !

Voilà comment de construit la mémoire collective. Ensuite, il ne suffit plus que de crier au négationnisme dès que, s’appuyant sur une étude critique des documents, un historien la met en doute. Dans un livre publié en 2011, Reynald Sécher, dénonce ainsi, en termes à peine voilés, Jean-Clément Martin et Xavier Lardière, coauteurs d’un ouvrage dans lequel ils s’efforcent simplement d’établir la vérité sur ce massacre. Ces falsifications sont complaisamment relayées par les médias. L’émission de la série L’ombre d’un doute consacrée à la Vendée, reprend pour argent comptant cette « mémoire » totalement fabriquée.

Cette mémoire peu républicaine est-elle, pour autant la mémoire collective réelle des Vendéens ? Reynald Sécher écrit sans rire que le traumatisme resterait si prégnant que les Vendéennes répugneraient à épouser des non vendéens et même à franchir la Loire. C’était peut-être vrai jusqu’aux années 1870/80, une époque où, selon certains témoignages, on priait dans les familles, si l’enfant devait naître en juillet, pour que ce ne soit pas le 14 ! Cette mémoire est restée ancrée au sein des populations rurales tant que les survivants ou leurs enfants ont été en mesure de relayer dans les familles, le propos du curé ou du propriétaire. Ce n’est pas un hasard si, après 1871, la Vendée est longtemps restée la région où le vote républicain avait le plus de mal à progresser parmi les ruraux.

Cette mémoire s’est estompée, néanmoins, avec la disparition des vieilles générations et parce que les paysans se rendaient compte que les républicains ne étaient ni des « partageux » ni des « anarchistes ». Ce que l’on tient trop souvent pour la mémoire collective des Vendéens se confond avec le militantisme royaliste et clérical, surtout entre le centenaire de la Révolution et la séparation de 1905, période au cours de laquelle se multiplient croix, statues, vitraux et pèlerinages. C’est une époque où les arrière-petits-enfants se mettent en devoir de coucher par écrit les souvenirs transmis par leurs aïeux, où les curés écrivent « l’histoire » de leur village. Contre « l’école sans Dieu » se dressent les écoles confessionnelles, où l’on remet, lors des distributions de prix, des ouvrages contant l’héroïsme et le martyre des Vendéens. Aujourd’hui, cette « mémoire » n’est plus guère cultivée que par des hommes politiques ou des associations comme le Souvenir vendéen, à seule fin de marquer la République d’un stigmate infâmant et d’en obtenir une repentance. Le Souvenir vendéen ne manque pas, à cet égard, de suite dans les idées : lors de sa création, en 1932, il dénonçait la « peste du laïcisme » et se proposait de « faire comparaître la Révolution française à la barre de l’Histoire ».

Devoir de mémoire ou devoir d’histoire ?

Ce genre de flamme pieusement entretenue pose, de manière plus générale, la question de ce « devoir de mémoire » dont on nous rebat les oreilles depuis 30 ans. Il faut bien avouer que les républicains eux-mêmes ne sont pas toujours au clair sur cette question. L’idée d’un « devoir de mémoire » est née initialement pour que ne se perde pas la mémoire de la déportation - le premier à en avoir parlé est Primo Levi, rescapé d’Auschwitz – et elle s’est affirmée, à partir des années 80, en réaction à la négation des chambres à gaz. Pourtant, c’est avec raison que Paul Ricoeur mettait en garde contre « le piège du devoir de mémoire ». Le « devoir de mémoire », en effet, c’est un argument d’autorité : c’est vrai parce que mon arrière-grand-père qui y était l’a dit à mon père qui me l’a répété ; vous êtes donc tenu de me croire sur parole. C’est l’obligation morale de tenir pour acquises des vérités toutes faites donc une interdiction de réfléchir qui vise à enfermer les individus dans une identité historiquement héritée ou délibérément fabriquée.

Il en résulte – Maurice Halbwachs l’a montré dans les années 30 – que, si l’histoire est une, les mémoires sont plurielles. Nous savons aujourd’hui qu’elles peuvent être concurrentes et même donner lieu à des surenchères haineuses, liées à l’acharnement à de certains groupes visant à obtenir le vote de lois mémorielles imposant, parfois sous peine de condamnations légales, une vérité conforme à leur vision de l’Histoire ou de tel ou tel événement. Il ne s’agit pas de tourner le dos à la mémoire et au passé mais de chercher la vérité en admettant que la connaissance peut évoluer, ce que ne permet pas la mémoire. Le devoir auquel nous devons nous astreindre n’est donc pas le devoir de mémoire mais le devoir d’histoire.

Surenchères mémorielles

Il n’y a pas qu’en Vendée que des mémoires particulières sont ainsi entretenues. C’est le cas dans toutes les régions où des groupes restent travaillés par le ferment identitaire, de l’Alsace à l’Occitanie en passant par la Bretagne et le Pays basque sans parler de la Corse. Le lobby nationaliste ou régionaliste breton continue, par exemple, à raconter les malheurs d’une Bretagne victime d’un « génocide culturel », martyrisée et détournée, depuis cinq siècles, de la vocation maritime qui faisait sa prospérité par une France marâtre, opprimée depuis la Révolution, par les infâmes « jacobins » et empêchée, aujourd’hui, faute de retrouver son identité culturelle, de s’épanouir pleinement dans le cadre de la mondialisation et de l’Europe des régions. Ce lobby représente une infime minorité mais, il dispose d’un réseau d’influence, de moyens financiers et, au regard des capitulations en rase campagne des élus de tous bords et même de l’Etat « jacobin », d’un pouvoir d’intimidation hors de proportions avec le nombre de ses adeptes réels.

Il en va de même des groupes que le discours officiel et les pouvoirs publics reconnaissent comme des « communautés », religieuses, ethniques voire raciales, en réalité des groupes qui s’accrochent comme à des vérités intangibles à une mémoire des persécutions, d’un génocide, de la colonisation, de l’esclavage, de la traite, et ceci à des fins qui ont peu à voir avec la vérité historique: justifier la politique de l’Etat d’Israël pour ce qui est de certains juifs, s’assurer une créance illimitée sur la République pour ce qui concerne des populations censées descendre des victimes de la colonisation, parfois apaiser une mémoire qui reste douloureuse ou que l’on entretient comme telle, dans le cas des Français d’origine arménienne. Il ne s’agit pas de nier les souffrances endurées par certains peuples. Ces traumatismes historiques sont une réalité. Mais l’argument de la mémoire n’est qu’une instrumentalisation des malheurs passés. Il faut avoir le courage dire bien haut que les souffrances des arrières grands-parents voire d’ancêtres encore bien plus éloignés, ne peuvent justifier que des mémoires particulières, partielles et partiales, soient érigées en vérités officielles.

Quelques faits suffiront à illustrer ce que Tsvetan Todorov appelle les «abus de la mémoire ».

Lors du premier vote de la loi sur le génocide arménien, il était prévu que tout enseignant ou tout chercheur qui mettrait en doute, non les faits eux-mêmes, mais la qualification de génocide tomberait sous le coup de la loi.

La loi Taubira reconnaît les traites négrières occidentales comme un génocide. Pourquoi seulement les traites occidentales qui ont déporté 11 millions de noirs et pas celles des Arabes qui en ont déporté 17 ni les traites intra africaine qui en ont déplacé 14 ? En application de cette loi, l’historien nantais Olivier Petré-Grenouilleau, auteur d’un excellent ouvrage qui fait vraiment le tour de la question, a été trainé devant un tribunal par un collectif antillais, guyanais et réunionais, au motif qu’au cours d’une interview, il a déclaré être réticent quant à l’emploi du terme de génocide. Non qu’il nie la traite et ses atrocités, ce qu’il met en cause c’est la qualification comme génocide tout simplement qu’à la différence des juifs, il n’y a pas eu d’intention d’exterminer les noirs, marchandise pour les négriers, main d’œuvre pour les planteurs. Manquerait selon lui le critère d’intentionnalité. C’est une question qui se discute. C’est le même débat que pour les Indiens d’Amérique et dans une moindre mesure pour les Arméniens. En tout état de cause, ce n’est pas un débat scientifique. C’est un débat idéologique et politique. D’autant qu’on a également reproché à Pétré-Grenouilleau de « relativiser » la traite atlantique en mentionnant les traites effectuées par les Africains eux-mêmes. Ces traites sont une réalité historique et il me semble justifié de les mentionner dans un ouvrage qui porte sur toutes les formes de traites négrières. La vie de Pétré-Grenouilleau en a été pourrie pendant plusieurs années jusqu’à ce que le collectif en question se rende compte que son action était contre-productive et renonce à sa plainte. Faire droit à la mémoire, qui plus est en l’érigeant en loi mémorielle, conduit, on le voit, à encamisoler toute recherche et à interdire toute réflexion.

Et puis, ce « devoir de mémoire » peut dégénérer en surenchère haineuse. Dieudonné en est ainsi arrivé à opposer la mémoire de l’holocauste qu’il a qualifiée de « pornographie mémorielle » à celle de la traite et de l’esclavage, à ses yeux seule légitime. Ce qui circule parfois sur internet donne la mesure du danger : on a pu y trouver le chiffre de 200 000 000 de noirs déportés, chiffre invraisemblable à une époque où la population du globe atteignait tout juste le premier milliard. Bien entendu, c’étaient les juifs qui étaient coupables de la traite!

Cette exploitation de la mémoire par des lobbies, par des groupes de nature diverse, pour qui elle devrait s’imposer sans partage ne demande évidemment qu’à s’engouffrer dans les failles ouvertes par la balkanisation territoriale de la République pour en précipiter l’éclatement mémoriel.

Patrimonialisation de l’histoire et « fin des idéologies »

Le risque est d’autant plus grand que le terrain est largement préparé depuis 40 ans par un phénomène général de patrimonialisation de l’Histoire. Les premiers symptômes en ont été révélés par la « pédagogie de l’éveil» qui a dévasté l’école à partir dans les années 70. Au-delà du fait que l’école n’avait plus pour fonction de transmettre des connaissances et de la prohibition, en histoire, de l’événement, de tout aspect politique, de la chronologie et des grands personnages (ceci sans que les peuples y trouvent leur compte), l’histoire s’est trouvée ramenée lorsqu’elle était encore enseignée, à l’histoire locale nourrie par les vestiges et les témoignages. Il en est résulté une approche purement descriptive voire affective, jamais explicative. Ce qui est essentiel, pour le sujet qui nous intéresse, c’est son caractère patrimonial : l’esprit critique abdiquait devant LA richesse locale. On quittait le terrain de l’histoire pour celui de la mémoire.

Un tel engouement, qui, bien entendu, ne restait pas cantonné au terrain scolaire, trahissait un repli sur les racines, réelles ou supposées, sur la mémoire au détriment de la valeur explicative de l’histoire et, partant, de l’analyse critique de la société. Ce recul de la pensée critique allait de pair avec ce que l’on appelle de manière totalement inappropriée « la fin des idéologies ». En réalité, ce que les « chiens de garde » pour reprendre l’expression de Paul Nizan et leurs émules des médias appellent « idéologie », c’est toute tentative de penser le monde. Dans la XIème thèse sur Feuerbach, Marx écrivait : « Les philosophes ont pensé le monde, il s’agit maintenant de le transformer ». C’est bien le problème : depuis 30 ans, les penseurs officiels et les ténors des médias ont imposé l’idée que toute analyse explicative globale du monde est liberticide parce que la volonté de le transformer qui en découle serait porteuse du totalitarisme. Le cadre de pensée dominant c’est que nous n’avons plus d’emprise sur le monde, qu’il faut l’accepter tel qu’il est, au mieux s’adapter à des évolutions auxquelles nous ne pouvons rien. Bien entendu, la catastrophe culturelle induite par 40 ans de contre-réformes scolaires, en particulier l’effondrement des connaissances historiques, ne peut que favoriser ce phénomène.

L’acte III de la décentralisation

Cette patrimonialisation de l’histoire, ce poids des mémoires, cette balkanisation du regard porté sur la société, vont de pair, donc, avec l’Europe des régions et avec la décentralisation dont s’ouvre actuellement « l’acte III ». On peut évidemment être tenté de se dire : voilà 40 ans que nous dénonçons des contre-réformes toujours plus désastreuses, 30 ans que se succèdent les lois de décentralisation et la fin du monde n’est toujours pas arrivée. Si l’on regarde les choses superficiellement, à part le fait que notre école, jadis considérée comme l’une des meilleures du monde, est tombée au 17ème rang européen, on peut avoir l’impression qu’au fond, rien n’a fondamentalement changé. Il y a toujours des maîtres devant les élèves, des enseignants qui essaient de faire leur travail … Non seulement ce n’est qu’une impression trompeuse mais nous en sommes à l’heure de vérité.

« L’acte III de la décentralisation » diffère profondément, en effet, des deux précédents, d’autant qu’il est agrémenté de la loi Peillon qui fait passer des pans entiers des apprentissages scolaires sous le contrôle des municipalités ou des intercommunalités et qui les inscrit dans un « projet pédagogique territorial ». Les actes I et II transféraient des compétences aux communes, aux départements et aux régions. La loi du 2 mars 1982 – « l’acte I » - substituait un simple contrôle de légalité à la tutelle de l’Etat. « L’acte II », intervenu en 2003/2004, transférait de nouvelles compétences et établissait l’autonomie financière des « collectivités territoriales ». A ce stade, la décentralisation se situait encore dans le cadre d’un territoire national soumis aux mêmes lois et, en principe, aux mêmes règles.

C’est précisément ce qui change avec « l’acte III », placé significativement, sous l’égide d’un haut-conseil des territoires et de conférences territoriales de l’action publique. Rien que la terminologie en dit long de l’ampleur du changement en train de s’effectuer. La République deviendrait un assemblage de territoires pouvant être des communes, des intercommunalités, des départements ou des régions fusionnant les départements en une collectivité unique comme il était prévu en Alsace (mais les Alsaciens en ont décidé autrement), des métropoles dites « d’intérêt européen » se séparant du département et en absorbant les compétences comme dans le cas du « Grand-Lyon »… Il y aurait également un « grand Paris », un « grand Marseille », un « grand Narbonne », un « grand Roanne », etc. qui soulèvent l’opposition d’une partie, voire de la majorité, des élus. Chaque territoire adapterait les lois et fixerait ses propres règles selon les intérêts économiques, l’idéologie des élus, l’influence des lobbies et les rapports de force locaux.

C’est dans ces termes, évidemment, qu’il faut comprendre la déclaration de François Hollande, le 5 octobre 2012, devant les Etats généraux de la démocratie territoriale : « la République est une mais elle n’est pas uniforme ». Traduire : elle n’est plus Une et Indivisible. Les collectivités territoriales disposeraient d’un « pouvoir d’adaptation locale de la loi et des règlements ». Suivant les demandes des collectivités territoriales, les « blocs de compétences » seraient transférés de manière différenciée et aléatoire selon la commune, le département, la région… La gestion des eaux mais aussi l’enseignement des langues régionales, la formation professionnelle, l’orientation, pourraient être confiés ici à une région, ailleurs à un département, ou à plusieurs, ailleurs encore, aux communes ou aux intercommunalités.

Pour m’en tenir à notre propos, je ne vais évidemment pas détailler les 38 engagements pris, à ce jour, par l’Etat envers les collectivités territoriales, engagements qui concernent des domaines aussi divers que les stratégies économiques, l'insertion professionnelle, les dépenses de fonctionnement des collectivités ou la couverture numérique… Ce qu’il faut souligner, si l’on veut vraiment comprendre le danger, y compris en matière de contenus d’enseignement, c’est qu’une telle balkanisation de l’action publique serait difficilement compatible avec des statuts nationaux en particulier avec celui de la Fonction Publique, que l’Education pourrait difficilement rester nationale et que les programmes scolaires – c’est explicitement prévu dans la loi Peillon - seraient adaptés aux contraintes et aux pressions locales.

La loi Peillon

La question des rythmes scolaires, qui a été le levier de la mobilisation tant des enseignants que des parents et des élus, n’est que le révélateur d’une entreprise de démembrement de l’Education nationale. Elle consiste en un ensemble d’amendements au Code de l’éducation dont les articles 46 et 47 du chapitre V définissent avec précision les objectifs, le dispositif et le fonctionnement des Projets Educatifs Territoriaux. Ceux d’entre vous qui n’ont pas le temps de lire les 40 pages d’amendements et les 35 pages d’annexes trouveront l’essentiel de cette loi dans la circulaire du 20 mars, cosignée, dès le lendemain du vote de l’assemblée, par le ministre de l’Education nationale avec celui des sports, de l’éducation populaire et de la vie associative.

Selon les localités et les projets, pourront être organisées pendant la pause dite « méridienne » ou après 15h30 des activités d’aide et de soutien encadrés par les enseignants et des activités péri-scolaires, sportives, artistiques, culturelles ou « d’éveil citoyen » confiées à des personnels rétribués par la collectivité territoriale. Les problèmes soulevés, de manière immédiate sont bien connus. Les municipalités pourront difficilement trouver, au même moment, pour toutes les écoles et dans toutes les disciplines concernées, des personnels qualifiés prêts à travailler une demi-heure ou ¾ d‘heure par jour. Ces activités vont coûter très cher. « Elles n’auront pas de caractère obligatoire ». Un alinéa du texte ministériel est consacré aux « tarifs des prestations éventuellement facturées aux familles » qui paieront ainsi deux fois, en tant que parents et en tant que contribuables, pour un enseignement dont l’école garantit, en principe, la gratuité, l’adverbe éventuellement étant de pure forme. Faute de moyens, les municipalités seront tentées de charger les effectifs et transformer ces activités en garderie. Sur ces aspects, tout a été dit.

Ce qui l’a été beaucoup moins, c’est que les municipalités pourront recourir à des officines privées ou à des associations mettant à leur disposition, les personnels adéquats voire des projets clé-en-main et on voit comment cette loi ouvre subrepticement la porte à la privatisation d’une partie des enseignements scolaires. Quand on lit attentivement le texte ministériel, on est frappé par son insistance sur la participation des associations à la définition et au contrôle de la mise en œuvre des « Projets éducatifs territoriaux » : les associations de jeunesse et d’éducation populaire ou d’« autres associations et institutions » à vocation sportive, culturelle, artistique ou scientifique notamment » seront membres du comité de pilotage. « Tous les acteurs intervenant dans le domaine de l’éducation » seront rassemblés autour du PET. Dans un autre paragraphe censé préciser la nature de ces associations on trouve l’énumération suivante : « mouvement sportif local, institutions culturelles, associations locales, etc. ». Ce Le etc figure dans le texte ! Le moins que l’on puisse dire c’est que la gamme des associations appelées à élaborer et à contrôler le PET, donc une partie des matières d’enseignement, est extensible à l’infini.

Aujourd’hui les matières sportives, artistiques, « culturelles » (avec ou sans guillemets), et demain ? Le texte anticipe cette évolution de manière parfaitement explicite: le PET pourra « aller jusqu’à s’ouvrir, selon le choix de la ou des collectivités intéressées, à l’ensemble des temps scolaires, périscolaire et extrascolaire, de l’école maternelle au lycée ». En clair : selon la majorité politique ou l’influence des groupes de pression, une collectivité territoriale pourra décider de s’affranchir de programmes nationaux qui deviennent de pure forme, indicatifs dans le meilleur des cas, ou de les adapter aux contenus qui lui sont chers. On entrevoit, bien entendu, à quel point l’histoire qui peut, selon les opportunités, être définie comme une discipline à vocation « culturelle » ou comme une dimension essentielle de « l’éveil citoyen », va devenir un enjeu.

Clio en danger

Là encore, le terrain a été préparé comme on dit en termes militaires par 40 ans de contre-réformes qui ont fait passer l’histoire du statut de discipline fondamentale sous la République à celui, beaucoup moins enviable, de discipline récréative voire facultative sous un régime qui n’en a même plus l’apparence. Mais son cas s’est aggravé avec la contraction de la semaine scolaire consécutive à la suppression du samedi matin, dont elle est une victime collatérale. Plus grave encore : l’histoire, jadis l’une des disciplines dont les instituteurs étaient le plus férus, est aujourd’hui une discipline mal aimée des maîtres eux-mêmes. Alors que, depuis la « pédagogie de l’éveil », nombre d’instituteurs avaient pris l’habitude de ne plus en faire, encouragés en cela par le discours utilitariste officiel (ce qui importe c’est de savoir lire, écrire, compter, manier l’ordinateur et, suivant les lubies de tel ou tel ministre, apprendre l’anglais), voilà que les programmes de 2002, en eux-mêmes excellents, leur assignent brutalement une mission impossible pour qui n’est pas spécialiste. Il faut tout à la fois maîtriser des savoirs de haut niveau, les actualiser en permanence, apprendre aux élèves à traiter les documents de manière critique et leur faire comprendre comment les historiens écrivent l’histoire ! Ces excellents programmes n’ont convaincu que les passionnés. Le nombre d’échanges de services que j’ai pu observer dans les écoles, en tant que formateur, est révélateur d’un fait peu rassurant : beaucoup de maîtres ne demandent qu’à s’en débarrasser. Dans bon nombre d’écoles, c’est le passionné d’histoire assure cette discipline pour tout un niveau voire pour toute l’école !

Le danger est donc de deux ordres. Le premier serait qu’à une étape ultérieure, l’histoire devienne une « activité culturelle » périscolaire qui échappe aux enseignants. On n’en est pas là mais la porte est plus qu’ entr’ouverte. Le second, plus immédiat, c’est le renforcement de la pression des élus et des associations sur l’école et sur les contenus d’enseignement eux-mêmes. En ce qui concerne les élus, nous savons que pour beaucoup, la frontière entre le culturel et le cultuel a tendance à s’estomper et qu’ici et là se multiplient les « miniconcordats ». Pour ce qui est des associations, nous venons de voir que toute barrière est délibérément supprimée. Un maire généreux et sympathique, n’importe quelle association, dynamique et entreprenante, des parents, dont il sera de mauvais ton de refuser les initiatives voire, un intervenant bouillonnant d’idées pourront proposer des activités, des dossiers, des sorties, dont ni le caractère scientifique, ni la neutralité idéologique ne seront garantis. Les « acteurs de la vie éducative » pourront formuler des réserves sur les programmes voire contester la validité d’une partie des contenus.

Ceux d’entre nous qui ont enseigné, en particulier l’histoire, ont tous été confrontés d’une manière ou d’une autre, à ce genre de problèmes. Nous étions en mesure de résister, ou de les ignorer. Les sorties ou l’invitation d’intervenants extérieurs relevaient de notre libre choix, dans la mesure où elles s’intégraient à notre travail pédagogique. Ceci parce que nous restions adossés – même de manière formelle - à des programmes nationaux et surtout, à un statut qui nous permettait d’échapper aux pressions.

Tout change à partir du moment où les « acteurs de la vie éducative », pour reprendre les termes consacrés, sont représentés es qualité dans le comité de pilotage du « projet éducatif territorial ». On voit bien, à moins d’être d’une naïveté coupable, quel parti des lobbies idéologiques voire politiques, les élus, à qui la préparation même de l’acte III de la décentralisation reconnaît une sorte de toute-puissance, vont pouvoir tirer de cette nouvelle situation. Imaginez la position d’instituteurs vendéens à qui on « proposera » (je choisis un mot faible) de manière répétée et insistante, au nom du « devoir de mémoire », des sorties pédagogiques avec dossier bien préparé, au mémorial des Lucs-sur-Boulogne. Quelle histoire enseignera-t-on en Corse où le conseil régional vise, dès aujourd’hui à « corsiser » les emplois et à imposer la « valorisation de la culture corse »? Et en Bretagne où les nationalistes ont largement popularisé leur vision de l’histoire bretonne en diffusant massivement l’Histoire de la Bretagne en bande dessinée ? Aucun éditeur n’en voulait. Elle est parue que grâce aux bons soins d’un lobby d’une cinquantaine d’industriels qui avaient compris que l’identitaire fait vendre. Enfin, - ce n’est pas, si j’ose dire, un « détail » - elle a été réalisée par le monarchiste Sécher et par Le Honzec, ancien dessinateur de Minute. Les mêmes pressions s’exerceront, au nom de la mémoire, de l’identité, de la culture particulière, en Alsace et au Pays basque. Mais pas seulement. Dans certains quartiers et dans certains établissements, où les professeurs hésitent déjà à traiter la shoah, soit parce, n’étant pas juifs, ils ne sont pas qualifiés pour le faire, soit parce que, pour d’autres, elle est censée ne pas avoir eu lieu, où certains élèves contestent aux professeurs blancs toute compétence pour parler de l’esclavage, des « communautés » autoproclamées chercheront à imposer leurs revendications mémorielles.

Détour par les langues régionales

Pour être un peu plus complet, je ferai un détour par la question des langues régionales, le rapport à la langue étant aussi un rapport à l’Histoire. Libre aux bretons qui le souhaitent de parler entre eux le « breton unifié », même si c’est un breton totalement réinventé qui ne leur permet pas d’être compris de leur grand-mère. A chacun ses fantaisies culturelles. J’irai même plus loin : des écoles diwan bilingues, pourquoi pas ?

En revanche, que ces écoles soient monolingues, de l’instit à l’infirmière-lingère, qu’on n’y parle que le breton, de manière à ce que les enfants ne commencent à apprendre le français qu’à 5 ou 6 ans comme langue étrangère, non ! L’idiome régional peut être utilisé à titre privé ou à des fins culturelles mais le français est la langue commune, ce qui permet à tous les citoyens d’être justiciable des mêmes lois, de les comprendre de la même façon, de prendre part aux débats qui précède leur élaboration par l’intermédiaire des représentants, en un mot d’être égaux. De plus, parler la même langue, c’est se sentir citoyens d’une même nation et c’est évidemment contradictoire avec l’idée que la France ne serait plus qu’une addition de « territoires » ayant chacun son identité, sa langue et sa mémoire. Apprendre à l’enfant, le français comme une langue étrangère, c’est lui apprendre à percevoir la République comme un régime d’occupation. D’un point de vue plus pratique, je rappellerai enfin ce que Pierre Jakez-Hélias fait dire en substance, à son grand-père, dans Le cheval d’orgueil: avec le breton, on est comme une vache attachée à un piquet ; on broute ce qu’on peut ; avec le français, on va brouter où on veut.

Or le mouvement Diwan, il faut le savoir, a refusé la formation de ses maîtres dans les IUFM afin qu’ils ne soient pas au contact des francophones et a obtenu, dans les années 90, l’ouverture de ses propres établissements de formation en liaison avec des établissements basques et occitans de même type. Ce qui nous amène à la Charte européenne des langues régionales et minoritaires, dont la ratification figurait au programme du candidat Hollande. Cette charte que l’on nous vante volontiers comme un progrès démocratique garantissant les droits des minorités a été inspirée par le lobby Peuples et Ethnies Solidaires, qui prétend parler au nom de 100 000 000 de personnes réparties en 70 ethnies, qui a le statut d’ONG et qui est représenté, avec voix consultative, au Conseil de L’Europe. Ce lobby ne fait pas mystère de ses objectifs : faire éclater les Etats-nations, œuvrer à la mise en place d’une Europe des ethnies. C’est évidemment notre conception de la nationalité, fondée non sur l’ethnie mais sur la citoyenneté, qui est visée au premier chef.

Derrière chaque langue réputée minoritaire se profile, en effet, une réinvention de l’histoire, ou plus exactement une mémoire forgée sur mesure. Chaque région, chaque groupe qui se définit comme « culturel » c’est-à-dire – appelons un chat un chat- ethnique, a une histoire particulière a se raconter, une mémoire qui lui convient mieux que l’histoire dite « officielle » c’est-à-dire la vraie, celle qu’écrivent les historiens. La décentralisation laissera, bien évidemment, à ces passions identitaires toute latitude pour faire prévaloir, en lieu et place d’histoire, des mémoires idéologiquement intéressées.

Faire imploser la République

Le grand mérite de la Révolution française, c’est d’avoir substitué à un agrégat de pays, de provinces, de bailliages et autres sénéchaussées de statuts et de droits différents, une nation de citoyens égaux devant les mêmes lois. Un siècle plus tard, les républicains ont complété cette oeuvre en garantissant – fût-ce formellement - à tous les enfants le même droit à l’instruction, à un même savoir, en assurant à tous les mêmes programmes. Les progrès de la recherche ont permis à la discipline historique de dépasser les mémoires particulières et de substituer la recherche de la vérité à l’instrumentalisation idéologique des faits. C’est tout cela qui est aujourd’hui en cause.

La « territorialisation » de la République aurait pour résultat de la faire imploser et de nous ramener aux bons vieux pays, aux bonnes vieilles provinces de l’ancien-régime. La Révolution française n’est pas terminée.

HISTOIRE,  MEMOIRE ET  IDEOLOGIE  A L’ECOLE  A  L’HEURE  DE  LA DECENTRALISATION

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Publié le 24 Mai 2013

Communiqué de presse du Comité de Vigilance Laïque 72

Financement illégal d’école privée annulé

Une contribuable de la commune de Vivoin a eu connaissance d’une décision du conseil municipal de Vivoin attribuant 15 000€ à l’école religieuse du Sacré Cœur « pour combler le déficit de l’école privée » (extrait de la délibération). Or, compenser les pertes financières d’une école privée est illégal et contraire aux principes de laïcité.

Soucieuse de la défense de l’école publique, cette citoyenne de Vivoin a fait la démarche de demander un contrôle de légalité de cette délibération (à faire dans les deux mois qui suivent) auprès du Préfet de la Sarthe. Celui-ci a fermement demandé au conseil municipal de revenir sur sa décision quelques semaines plus tard. Ceci a été acté depuis à l’unanimité par le conseil municipal de Vivoin.

Le Comité de Vigilance Laïque de la Sarthe (constitué des CEMEA, DDEN, FCPE, FRANCAS, LIBRE PENSÉE, Ligue de l’Enseignement - FAL 72, Ligue des Droits de l’Homme, JPA, OCCE, PEP, FSU, UNSA, SNUDI-FO, SGEN-CFDT 72, CFDT, SDEN-CGT 72, SUD-Éducation, Association Laïque du Pays Fertois et de citoyens sarthois) soutient que les financements des écoles privées doivent rester privés tandis que les financements publics doivent être attribués aux écoles publiques. Il rappelle sa demande d’abrogation de la loi Debré à ce sujet et fait appel à la vigilance des citoyens et des élus par rapport aux financements illégaux qui pourraient être actés dans d’autres communes.

 

Contact CVL72 : fal72@laligue.org

 

Financement illégal d’école privée annulé en Sarthe

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Publié le 19 Mai 2013

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Publié le 23 Avril 2013

Un appel national, notamment signé par notre ami Eric Viot :

 

Voilà près de dix ans maintenant que des organisations comme la Libre Pensée, l’Association Républicaine des Anciens Combattants, l’Union pacifiste, le Mouvement de la Paix, et de nombreuses sections départementales de la Ligue des droits de l’Homme, se prononcent ensemble pour une réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple.

Reprenant la suite d’un combat qui a marqué l’entre-deux-guerres et qui a abouti à la réhabilitation judiciaire d’une cinquantaine de fusillés, ces organisations ont donné à leur action un contenu qui ne pouvait plus être celui du passé. Il ne s’agissait plus pour elles de « rejuger » ce qui l’a été dans les conditions inqualifiables que l’on sait et qui ne sont désormais plus depuis longtemps « reproductibles », même en pensée.

En effet, le bon sens conduit à conclure qu’il faut réhabiliter la totalité des Fusillés pour l’exemple, sans prise en compte de cas particuliers, inaccessibles à une investigation scientifique digne de ce nom.

Nombre d’historiens ont une parfaite conscience de ces difficultés insurmontables qui rendent l’étude au cas par cas impossible, définitivement hors de portée. Beaucoup de ces historiens ont accompli un travail remarquable, qui a enrichi de façon décisive notre connaissance de la Grande Guerre, loin des clichés hérités du passé qui perduraient dans une certaine opinion soucieuse d’un patriotisme de circonstance, comme elles perduraient dans beaucoup de travaux universitaires, et du même coup dans les manuels scolaires.

« Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent. » C’est ce principe généreux – grâce auquel l’humanité pourra peut-être s’élever un jour au niveau d’un devenir pacifique – qui guide les signataires de cet appel pour la réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple de 1914-1918.

Cet appel émane des historiens, des cinéastes, des réalisateurs, des comédiens, des artistes, des écrivains, des libres penseurs, des pacifistes et des internationalistes soussignés qui, par delà leurs engagements respectifs, par delà les investissements personnels, culturels, philosophiques, politiques, qui leur sont propres, se retrouvent ensemble sur cette exigence, dont la satisfaction ressortit à l’honneur de la République.

 

Premiers signataires :

Blondel Marc, Président national de la FNLP, Boisset Yves, Cinéaste, Bruneel Jean-Marc, Président du Groupe Non-Violent Louis Lecoin, Candelier Jean-Jacques, Député PCF du Nord, Chambefort Guy, Maire d’Yzeure, député PS de l’Allier, Fraix Philippe, petit-fils d’un résistant fusillé de 1939-1945, Frère Michel, général de brigade en retraite, Gaudy Gabriel, syndicaliste et Maire Adjoint dans l’Aisne, Guerry Philippe, Peintre, Lebel Jean-Jacques, peintre et poète, Le Mignot Renée, co-présidente du MRAP, Le Naour Jean-Yves, historien, Markidès Paul, Vice-président de l’ARAC, Montet Maurice, UPF, Moreau Alain, écrivain et scénariste, Roy Pierre, Président de la Fédération nationale laïque des Associations des Amis des Monuments pacifistes, Viot Eric, écrivain.

 

Tous au Rassemblement pacifiste et internationaliste
Pour la réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple
Samedi 8 juin 2013 à 14 h
Salle de spectacle – Annexe Bourse du Travail – 85 rue Charlot 75010 Paris.

 

Sous la Présidence de Marc Blondel,Prendront la parole :des militants pacifistes et internationalistes, réalisateurs de films, comédiens, historiens, élus, libres penseurs.Un film sera projeté en ouverture.

APPEL POUR LA RÉHABILITATION COLLECTIVE DES FUSILLES POUR L’EXEMPLE DE LA GUERRE DE 1914-1918

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 8 Avril 2013

Samedi 13 avril de 14h30 à 18h


Christian Eyschen et David Gozlan viennent au Mans

pour répondre a deux questions :


Qu'est ce que la laicité ?

Qu'est ce que la Libre Pensée ?

 

 

 

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 8 Avril 2013

baby-loup-crecheUne campagne d’union nationale se déchaîne après la décision de la Cour de Cassation sur l’affaire de la salariée licenciée à la crèche Baby Loup. Rappelons que la plus haute Cour juridique avait rappelé à cette occasion la lecture française de la laïcité qui distingue la sphère publique dans laquelle la laïcité s’applique pleinement et la sphère privée dans laquelle la liberté de conscience peut se manifester librement.

Un bien curieux attelage

De toute part, les cris d’orfraie sont poussés pour étendre l’interdiction de la liberté de conscience dans la sphère privée. Ainsi, François Fillon qui en tant que Premier ministre a participé à la messe de béatification de Jean-Paul II au mépris de la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat, ainsi Manuel Valls qui communie à qui mieux-mieux et qui refuse toujours de rappeler à la hiérarchie de la Gendarmerie qu’il est contraire au Code de Défense de participer es-qualité en uniforme d’apparat aux messes pour la sainte-Geneviève, ainsi Jean-Marc Ayrault - Premier ministre - qui a reçu récemment l’Eglise catholique (nonce apostolique en tête) à Matignon au mépris de la loi de 1905 et qui a aussi participé à la messe d’intronisation du pape François,  ainsi Christian Jacob –Président du Groupe UMP à l’Assemblée nationale - qui est à la laïcité ce que l’hostie est à l’athéisme ; tous ces braves gens ont les yeux de Chimène pour les violations de la laïcité au profit du culte catholique, mais deviennent intransigeants par rapport à l’Islam.

Il est évident que, malgré leurs dénégations, c’est le problème des musulmans qui les agite. La Droite a couru et perdu pour rattraper les thèses du Front national aux dernières élections présidentielles. Une partie de la Gauche fait de même. On est en droit de s’interroger sur la sincérité des uns et des autres, aussi variable que leurs convictions.

Ils veulent nous refaire le coup de la proposition 46

On se souvient que le candidat François Hollande avait fait la proposition d’intégrer les 2 premiers articles de la loi de 1905 dans la Constitution. La Fédération nationale de la Libre Pensée avait manifesté son désaccord, car pour elle, la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat était déjà dans le Bloc constitutionnel.

Constatons que le Conseil constitutionnel a donné intégralement raison à la Libre Pensée sur cet aspect des choses, contre la meute des juristes au petit pied, dans sa décision du 21 février 2013. Rappelons aussi que le candidat Hollande avait rajouté la constitutionnalisation du Concordat, c’est-à-dire le mariage de la carpe et du lapin. La Question Prioritaire de Constitutionnalité sur le Concordat est tombée à pic pour sortir le candidat élu d’une mauvaise passe juridique. A croire qu’elle avait été déposée pour cela.

Ainsi l’union sacrée de triste mémoire est en train de se reformer pour imposer la laïcité dans les structures privées accueillant des enfants. D’ores et déjà, il est indiqué que les structures religieuses en seront dispensées du fait de leur caractère propre. Ainsi les crèches catholiques,  Loubavitch, grassement financées par la Mairie de Paris pourront toujours publiquement marquer leurs caractères religieux.

Curieusement, le caractère sacré de l’enfant n’existe plus pour ces milieux religieux qui seront dispensés de respecter la liberté de conscience des enfants et des parents. Quelle hypocrisie !

Les mêmes veulent nous refaire le même coup. On s’agite dans  le landernau sur la laïcité dans le privé, et à l’arrivée, on se retrouve avec le respect du caractère propre dans les structures religieuses. Quelle duperie !

Et on retrouvera les mêmes naïfs au rendez-vous qui seront toujours les éternels dindons de la farce. C’est grandiose !

La Fédération nationale de la Libre Pensée ne sera pas de cette forfaiture.

La solution véritablement laïque

Il existe pourtant une solution adéquate pour régler le problème. Il suffit que les associations qui gèrent une activité dans le privé, indiquent clairement dans leur objet et leur dénomination qu’elles sont laïques. A partir de ce moment-là, elles peuvent prescrire dans leur Règlement Intérieur que sont prohibés les signes religieux, car ils sont contraires à l’objet de l’association.  La crèche Baby Loup n’a jamais précisé qu’elle était une association laïque, d’où l’arrêt de la Cour de Cassation.

Si d’un côté, le « caractère propre » religieux doit être respecté pour les structures  religieuses, alors le « caractère propre » laïque doit l’être aussi pour les associations dont c’est l’objet. Il n’y a donc nullement besoin d’une nouvelle loi qui inventerait un OVNI juridique aux conséquences imprévisibles. De toute manière, une telle loi serait retoquée par le Conseil Constitutionnel, car elle serait contraire à la liberté de conscience instituée par la loi de 1905, qui est un des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République inséré dans le bloc de constitutionnalité.

 Avec la Libre Pensée, exigez le respect de la loi de 1905, toute la loi de 1905, rien que la loi de 1905 !

 

 

 

Paris, le 8 avril 2013.

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #laïcité

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Publié le 8 Avril 2013

Déclaration commune de la Fédération nationale de la Libre Pensée, de la Ligue de l’enseignement et de la Ligue des droits de l’Homme.

 

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Il est rare que des décisions juridictionnelles enflamment le débat public et que l’on cherche à faire appel devant le Parlement de ce que le juge a décidé. Ceci impose d’être particulièrement attentif aux deux arrêts que vient de rendre la Cour de Cassation, le 19 mars 2013, l’un à propos du licenciement d’une employée de la CPAM de Seine Saint Denis, l’autre relatif au licenciement d’une salariée de l’association gestionnaire de la crèche Baby loup à Chanteloup les Vignes.

Ces arrêts rappellent, à juste titre, que la sphère publique est d’abord soumise à un principe de stricte neutralité confessionnelle. La liberté d’expression des opinions, philosophiques, confessionnelles, etc ne pouvant, dans la sphère privée, être limitée que pour des raisons précises et justifiées.

Dans le premier des deux arrêts, la Cour a rejeté un pourvoi en cassation dirigé contre un arrêt de la cour d’appel de Paris qui avait validé le licenciement d’une employée de la caisse primaire d’assurance maladie de Seine-Saint-Denis portant un voile à caractère religieux. La Cour de cassation a considéré que le juge d’appel « a retenu exactement que les principes de neutralité et de laïcité du service public sont applicables à l’ensemble des services publics, y compris lorsque ceux-ci sont assurés par des organismes de droit privé et que, si les dispositions du code du travail ont vocation à s’appliquer [à leurs agents], ces derniers sont toutefois soumis à des contraintes spécifiques résultant du fait qu’ils participent à une mission de service public […] ». Cet arrêt est parfaitement justifié.  Les caisses d’assurance maladie gèrent un service public. Leurs agents ne doivent pas afficher leurs options personnelles, philosophiques ou religieuses dans le cadre de leur travail.  

Dans le second arrêt la Cour de cassation a, en revanche, cassé un arrêt de la Cour d’Appel de Versailles qui validait le licenciement d’une salariée de l’association gestionnaire de la crèche Baby loup au motif qu’elle venait travailler revêtue d’un voile. La Cour a jugé que « le principe de laïcité instauré par l’article 1er de la Constitution n’est pas applicable aux salariés des employeurs de droit privé qui ne gèrent pas un service public (et) les restrictions à la liberté religieuse doivent être justifiées par la nature de la tâche à accomplir, répondre à une exigence professionnelle essentielle et déterminante et proportionnée au but recherché ». Ainsi, encourt la critique la disposition du règlement intérieur tendant à « les priver de la protection que leur assurent les dispositions du code du travail », le licenciement étant, par voie de

conséquence nul. Cet arrêt est, lui aussi, parfaitement justifié, cette crèche privée n’étant pas chargée d’une mission de service public. C’est la situation générale de toutes les entreprises qui n’ont aucune délégation de service public, dans lesquelles d’éventuelles restrictions ne peuvent être justifiées que pour des raisons d’hygiène ou de sécurité ou propres à l’activité de l’entreprise.

La solution est conforme au droit positif et traduit, assez exactement, la portée habituellement reconnue au principe de laïcité pour peu que l’on accepte de lire l’arrêt dans sa totalité et, notamment, le motif tiré de ce que le règlement intérieur instaurait « une restriction générale et imprécise » à la liberté religieuse.

C’est donc de façon juste et cohérente que la liberté de conscience des salariés est protégée avec comme limite principale la laïcité intangible du service public. Elle se décline en fonction de la nature des entreprises et non en fonction des options personnelles des employeurs. Une loi d’interdiction générale de port de signes religieux ne prendrait pas en c

ompte la diversité des statuts juridiques et sociaux des établissements, accomplissant une mission de service public, associatif, ou entreprise commerciale… Elle serait vouée, de plus, à être en contradiction avec les traités internationaux signés par notre pays, et avec la constitution.

Profondément attachées à la laïcité, nos organisations s’inquiètent d’une interprétation voire d’un détournement de ce principe de la République qui conduirait, une fois de plus, à favoriser les replis communautaires, à stigmatiser une partie de la population et à en nier la diversité.

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #laïcité

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Publié le 8 Avril 2013

La Cour de cassation vient de donner une leçon magistrale sur la laïcité en rappelant la différence de l’exercice de la liberté de conscience dans la sphère privée (entreprise privée) et dans la sphère publique (entreprise publique). Cette démonstration agrée la Libre Pensée qui se bat toujours pour faire valoir cette conception de la laïcité institutionnelle.

La Libre Pensée n’est donc pas d’accord avec celles et ceux qui se lamentent à souhait pour dénoncer l’arrêt par lequel la Cour de cassation a rétabli dans ses droits une salariée de l’association gestionnaire de la crèche Baby loup qui avait été licenciée au motif qu’elle venait travailler revêtue d’un voile. En particulier, Madame Bougrab, Maître des requêtes au Conseil d’Etat, ancienne présidente de la défunte Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE), passée secrétaire d’Etat à la jeunesse et à la vie associative et, surtout, l’actuel ministre de l’Intérieur ont étalé leur indignation dans les journaux télévisés contre une décision qu’ils ont présentée comme une atteinte grave à la laïcité. Faitsans précédent, Monsieur Valls a cloué au pilori la Cour de cassation devant l’Assemblée nationale.

Ces responsables font preuve, en l’espèce, ou d’ignorance ou de malhonnêteté intellectuelle à des fins politiciennes. Le 19 mars, la chambre sociale de la Cour de cassation a rendu deux arrêts indissociables par lesquels elle rappelle la théorie classique en droit français de la laïcité, conçue comme la garantie de la liberté de conscience de chacun. Dans la première de ces décisions, elle a jugé que « le principe de laïcité instauré par l’article 1er de la Constitution n’est pas applicable aux salariés des employeurs de droit privé qui ne gèrent pas un service public » et qu’est illégal le contrat de travail ou la décision unilatérale de l’employeur tendant à « les priver de la protection que leur assurent les dispositions du code du travail », notamment celles de ses articles L. 1121-1, L. 1132-1, L. 1133-1 et L. 1321-3. Si les employeurs sont en droit de limiter la liberté de conscience, cette restriction doit être justifiée « par la nature de la tâche à accomplir » et proportionnée au but recherché. Dans le cas d’espèce, la Cour de cassation a considéré à juste titre qu’une crèche privée n’est pas chargée d’une mission de service public et que le règlement intérieur de l’association gestionnaire enfreint gravement les libertés individuelles des salariés en instituant une interdiction générale et absolue de porter un signe religieux non seulement dans les locaux accessibles aux enfants mais dans leurs annexes.

Le second arrêt de la Cour a rejeté un pourvoi en cassation dirigé contre l’arrêt du 9 novembre 2011 par lequel la cour d’appel de Paris avait validé le licenciement d’une employée de la caisse primaire d’assurance maladie de Paris prononcé par le directeur de l’organisme à raison du port d’un voile à caractère religieux par cette salariée. La Cour de cassation a considéré à juste titre que le juge d’appel « a retenu exactement que les principes de neutralité et de laïcité du service public sont applicables à l’ensemble des services publics, y compris lorsque ceux-ci sont assurés par des organismes de droit privé et que, si les dispositions du code du travail ont vocation à s’appliquer [à leurs agents], ces derniers sont toutefois soumis à des contraintes spécifiques résultant du fait qu’ils participent à une mission de service public […] » En l’espèce, il est absolument certain que les caisses d’assurance maladie gèrent un service public qui doit être régi par le principe de neutralité.

En définitive, la Cour de cassation rappelle la théorie classique de la séparation entre la sphère privée et la sphère publique qui sous-tend toute l’action de la Libre Pensée, fondamentalement attachée à défendre la liberté de conscience et la laïcité de l’Etat, de l’Ecole et des services publics en général.

C’est une leçon que la classe politique française ferait bien de retenir, au lieu d’envisager de légiférer, à nouveau, contre la seule laïcité qui vaille : celle qui œuvre à la paix civile.

La seule  solution laïque

La seule solution pour sortir du problème posé par la crèche Baby Loup ne peut résider que dans la municipalisation des crèches privées afin qu’elles deviennent un service public dans lequel s’appliquerait la laïcité.

Mais force est de constater que les responsables publics et politiques qui revendiquent d’un côté l’application de la laïcité dans la sphère privée, participent de l’autre à la privatisation croissante des services publics au nom des principes mis en œuvre par l’Union européenne.

Si l’on veut régler le problème des emblèmes religieux, dont le foulard islamique, dans les établissements qui reçoivent des élèves et des enfants, la solution idoine consiste à développer le service public afin de répondre aux besoins de la population et non à confier de plus en plus les tâches du service public à la sphère privée.

C’est pourquoi la Fédération nationale de la Libre Pensée exige l’abrogation de la loi Debré qui permet le financement public croissant des établissements privés.


Il faut mettre un terme définitif au détournement des fonds publics vers le privé.

 

 Paris le 23 mars 2013

Adopté à l’unanimité par la CAN de la FNLP

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 29 Mars 2013

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Publié le 8 Février 2013

En 1956, en pleine révolution des Conseils en Hongrie contre le pouvoir stalinien, un militant, Leszek Kolakowski,  écrivait un texte, sous forme de poème, qui allait entrer dans l’Histoire, sous le titre : « Qu’est-ce que le socialisme ? ». A l’heure où les termes de laïcité et de laïque sont plus que galvaudés et pervertis par leur adversaires, nous avons voulu rendre hommage à ce militant et dire ce que nous pensons.

 

 

What it is ?

Nous vous dirons ce qu’est la laïcité. Mais d’abord, 578319_343688059025679_297723426955476_957428_484661211_n.jpgnous devons vous dire ce que n’est pas la laïcité. Bien, donc la laïcité n’est pas : Une société dans laquelle quelqu’un qui n’a pas commis de faute est stigmatisé pour sa seule présupposée appartenance ethnique ou religieuse. Une société où c’est un crime d’être le frère, la sœur, le fils ou la femme d’un « suspect musulman ».

 

Une société dans laquelle quelqu’un est malheureux parce que ce qu’il a dit n’est pas conforme à ce que les docteurs de la foi médiatique et de la pensée unique imposent à tous et quelqu’un d’autre heureux parce qu’il ne dit pas ce qu’il pense.

 

Une société où quelqu’un est à l’aise parce qu’il ne pense pas du tout. Une société dans laquelle quelqu’un est malheureux parce qu’il est juif, musulman, libre penseur, et où un autre est mieux parce qu’il n’est pas juif, musulman, libre penseur. Une société où il vaut mieux-être blanc, vieux, riche et rentier, que noir, pauvre, jeune et chômeur.

 

Une société où il est mieux de s’appeler, Nicolas, François, Ségolène, Bernard-Henri, Caroline, Georges, Jean-François, Bernard, Pierre que Mouloud, Moustapha, Mohamed, Fatima, José, Pietro, Alberto.

 

Caroline ou Fatima ?

 

 

Une société dont l’Etat  où les auxiliaires zélés de la pensée unique en appellent toujours à la répression contre ceux qui ne pensent pas comme eux. Un État où vous n’avez droit à des subventions publiques que si vous faites allégeance au « politiquement correct ». Une société où pour avoir droit à une salle municipale pour se réunir, il vaut mieux être d’accord avec le maire.

 

Une société où les Élus trahissent la laïcité tous les jours, votent les subventions publiques aux cultes et à l’enseignement catholique et plantent des arbres de la « laïcité » pour faire oublier le dimanche ce qu’ils ont fait dans la semaine. Un État où le Gouvernement et les Élus de Droite comme de Gauche détournent 10 milliards d’euros de fonds publics, chaque année, pour financer les religions et l’enseignement privé catholique, en spoliant l’Enseignement public qu’ils sont censés défendre.

 

Une société où l’on peut être condamné d’avance, sans jugement, pour délit de faciès. Un État qui a plus de policiers et de gendarmes que de nourrices, et  proportionnellement plus de gens en prison que dans les hôpitaux.

 

Un État dont les soldats pénètrent les premiers sur le territoire d’un autre pays, au nom d’un droit d’ingérence que s’arrogent les puissants de ce monde. Un Etat où quiconque chante les louanges des dirigeants et de leurs groupies médiatiques est dans une meilleure situation que celui qui se tait.

 

Un État qui produit plus d’armes de guerre que de biens de production pour satisfaire les besoins de la population. Un État dans lequel les moins-disants culturels vivent mieux que les esprits libres.  Un État dont les procureurs sont souvent d’accord avec le pouvoir. Un État dans lequel il faut mieux, pour sa sécurité, être mal-comprenant que mal-obéissant.

 

 

Etre con, cela rassure, surtout les bien-pensants

 

Un État qui veut que tous ses citoyens aient la même  opinion en philosophie, politique étrangère, économie, littérature et morale. Un État où l’on applaudit réglementairement et dans l’union nationale aux bruits de bottes en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique.

 

tumblr_m293ueIHGM1qaeojzo1_500.jpgUn État dont le gouvernement définit les droits de ses citoyens, mais dont les citoyens ne définissent pas les droits du gouvernement. Un État où l’on est responsable de ses ancêtres, mais pas de ceux des autres qui sont, par définition,  moins bien. Un État où une partie de la population reçoit des salaires et des dividendes (quarante fois pour le moins !)  plus élevés que ceux des autres.

 

Un État qui se dit neutre et laïque, mais où le Président de la République fait le signe de croix et participe à des messes dans l’exercice de ses fonctions et où les Élus participent, avec leur écharpe tricolore, aux cérémonies religieuses. Un Gouvernement, aidé par des syndicats d’enseignants, des associations dites « laïques » qui militent ouvertement pour l’unification de l’Enseignement public et catholique, contrairement aux principes de Séparation des  Églises et de l’État.

 

Un Etat qui refuse d’abroger les lois antilaïques par « réalisme », et, tout cela, sous les applaudissements réitérés  des « personnalités morales » dont les décorations cléricales valent mieux  que toutes les réserves « laïques ». Une croix chrétienne vaut bien une Légion d’honneur, d’ailleurs c’est souvent, pour beaucoup, la même chose.

 

 

La carte , la croix et la francisque

 

Un Etat, une société, où on valorise le réalisme, celui qui a commencé à Munich, poursuivi à Montoir, et idéalisé à Sigmaringen. De la croix chrétienne à la croix gammée en passant par le Journal La Croix, vivant symbole, avec le Monde, de la continuité du Pétainisme.

 

Une société qui utilise en permanence des mots nationalistes et xénophobes. Une société où l’autre est toujours l’ennemi, surtout s’il n’a pas la même religion « blanche et occidentale ». Une société où tout le monde déclare croire en un dieu unique, mais où personne n’a le même, ce qui justifie tous les massacres.

 

Un État dont les gouvernements pensent que rien n’est plus important que leur pouvoir. Un État qui fait un pacte avec le crime et adapte ensuite son idéologie à ce pacte. Un État qui impose le modèle économique du capitalisme destructeur et ravageur, du FMI, de la Banque mondiale et de l’Union européenne et qui appelle cela : « le meilleur des mondes possibles ».

 

Une société où tous les partis politiques, de droite comme de gauche, se sont ralliés à la Doctrine Sociale de l’Eglise catholique, qui n’a pour seul objectif  que de maintenir l’exploitation capitaliste et l’oppression sociale. Les patrons seront toujours les patrons et les travailleurs, toujours chômeurs ou dans la misère (la différence est bien mince), au nom du « bien commun » qui n’est que le bien des puissants de ce monde.

 

 

Pole Emploi ou l’usine, ou tu pointes  où tu meurs

 

Une société où le pouvoir et ses affidés entendent imposer partout ce qu’il faut penser, ce qu’il faut manger, comment il faut se vêtir, dans la rue et même chez soi. Une société dont le maître-mot est, au nom de la liberté : interdire en permanence. Un État qui se veut arbitre de toutes les élégances, surtout vestimentaires. Une société qui impose les canons d’une « beauté  aux ordres », réglementaire et normalisée des fabricants de cosmétiques et obscurcissant le regard de chacun.  Un seul regard, un seul désir, un seul peuple.

 

Une société où les zélotes honteux et inavoués du cléricalisme appellent « laïque » tout ce qui sent l’eau bénite et « intolérance », tout ce qui est véritablement laïque et libre penseur.

 

Une société où il vaut mieux être chrétien que musulman, juifs que bouddhiste, évangéliste qu’intouchable hindou.. Et qu’en tout cas, il n’y a rien de pire que d’être libre penseur. Une société où l’on nous vous inculque que penser, c’est déjà désobéir.

 

Un État qui se considère comme fermement démocratique parce qu’il est d’accord avec lui-même. Une société qui est la tristesse même. Un système de caste qui se reproduit par lui-même et pour lui-même. Un État qui connaît toujours la volonté des gens avant de la leur demander. Un État qui peut les maltraiter impunément.

 

Un État dans lequel une conception de l’histoire fait la loi. Un État dans lequel philosophes et écrivains disent toujours la même chose que les généraux et les ministres, mais toujours après eux. Un État dans lequel les travailleurs n’ont pas d’influence sur le gouvernement. Un État qui croit que lui seul peut sauver l’humanité. Un État qui considère qu’il a toujours raison. Un État dans lequel l’Histoire est un auxiliaire de la politique.

 

 

Un révolutionnaire, un révolté, un laïque est toujours contre l’Etat !

 

Un Etat qui sait ce qu’il veut et qui fabrique des opinions et de l’information à coup de sondages pour confirmer ce qu’il a décidé d’avance. La chance, espère-t-il, que l’argent confirmera  sa commande. Et, c’est souvent le cas. Qui paie commande. Cela évite de penser.

 

Un État qui est toujours content de lui. Un État qui croit que chacun est épris de lui, alors qu’en réalité, c’est le contraire. Un État qui est convaincu que personne au monde ne peut rien concevoir de mieux. Un État qui ne se rend pas compte qu’il est haï aussi longtemps qu’il est craint, surtout à cause des forces  considérables de répression.

 

Un État qui détermine qui peut le critiquer et comment. Un État dans lequel on peut chaque jour réfuter ce qu’on affirmait la veille et croire toujours que rien n’a changé. Un État qui n’aime pas voir ses citoyens lire trop de journaux ou surfer sur internet.

 

Un État dans lequel nombre d’ânes ont rang d’intellectuels, de philosophes, d’écrivains, d’experts et de journalistes.

 

Etats Frères, démocraties populaires, libéralisme, démocratie : et ta Sœur ?

 

Voici la première partie. Mais maintenant, attention, nous allons vous dire ce qu’est la laïcité.

 

 

 

 

Et bien, camarades, la laïcité, c’est une bonne chose.

 

 

 

 

Christian Eyschen, vice-Président de la Fédération Nationale de la Libre Pensée

 

 

PS :  Ce texte est écrit en hommage à tous les combattants de la liberté à travers le monde


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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #laïcité

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