Publié le 9 Avril 2020

La Libre Pensée est et restera anti-religieuse et anti-cléricale !!!

Chaque vendredi dit saint chez les chrétiens, les libres penseurs se retrouvent en banquet et mangent gras, ce jour où les églises chrétiennes imposent la continence à leurs adeptes.

C'est un moyen pour les libres penseurs de dénoncer les interdits religieux, et plus largement tous les interdits stupides et toutes les tentatives pour imposer aux individus un contrôle sur leur corps et sur leur conscience.

Cette année, nous ne pouvons pas tenir nos banquets. Aussi, j'invite les libres penseurs sarthois, les autres aussi, et tous les amis de la Libre Pensée, chez eux, à manger gras, à boire des coups, à l'occasion du vendredi dit "saint" 2020  !

Nous ne sommes pas ensemble physiquement, soyons le par la pensée !

Levons nos verres ! A bas la Calotte, Vive la sociale !

Le président

Hansi B

Pour lire une proposition ( 2020) de discours de la FNLP : https://www.fnlp.fr/2020/03/22/discours-virtuel-pour-un-banquet-virtuel/

 

Discours prononcé au banquet 2019, au Mans, par Liliane présidente du Groupe Louis Crétois de la LP 72

Mécréantes, mécréants, libres penseuses, libres penseurs,

En ce jour de vendredi malsain, je vous apporte le salut fraternel de la Fédération Nationale de la Libre Pensée et de son Président Jean-Sébastien Pierre.

 

Pour les chrétiens, le vendredi dit saint doit être un jour de jeûne, un jour sans viande, sans nourriture grasse et sans alcool. Il marque la célébration du chemin de croix de Jésus, sa crucifixion et sa mort…

Ne vous inquiétez pas, il revient pour Pâques !

 

Selon l’Eglise catholique ce doit être un jour de pénitence, de privation et de souffrance. Dans son délire mortifère et doloriste habituelle ; elle attend des humains que nous mortifions notre chair pour nous rapprocher d’un hypothétique seigneur dont elle serait la représentante sur terre.

 

L’Eglise voue un culte à la souffrance et à la non-satisfaction des besoins du corps. Mère Teresa affirmait ainsi : « Il y a quelque chose de très beau à voir les pauvres accepter leur sort, à le subir comme la passion du Christ. Le monde gagne beaucoup à leur souffrance »[1].

Le croyant doit réprimer ses besoins, ignorer ses pulsions et valoriser ses frustrations. C’est probablement une des causes des perversions et les obsessions dont on voit tous les jours les malheureuses conséquences dans les crimes des églises.

Ils nous disent sans foi ni loi… visiblement ils ont la foi mais pas loi.

 

Catholiques, musulmans, juifs ou autres gourous,  il en est toujours de la même logique : valoriser les privations, les douleurs et la souffrance pour expier ses fautes et se rapprocher de leur dieu…

S’agit-il d’organiser la privation des fidèles pour mieux les endoctriner ou alors s’agit-il pour ces organisations, de rappeler qu’elles contrôlent les corps et les consciences ?

Toute organisation totalitaire organise des démonstrations publiques de son emprise sur ses fidèles.

 

Il parait que le mot religion, vient du latin religere qui signifie « relier », « rapprocher », c’est pourquoi chaque vendredi saint depuis des siècles et jusqu’en 1959, les catholiques récitaient, ensemble, tous en cœur la fameuse prière Oremus et pro perfidis judaeis que l’on pourrait traduire par « prions pour ces perfides juifs ». Il est parfois nécessaire de rappeler d’où vient l’antisémitisme !

A chaque vendredi saint, pour tous les chrétiens du monde, Il ne s’agissait pas de critiquer une politique ségrégationniste dans une théocratie impérialiste se réclamant du judaïsme mais bien de tuer des gens parce qu’ils n’ont pas les mêmes croyances.

Religere : Relier, rapprocher.

De nombreux vendredi saint dans l’histoire se sont terminés par des pogroms. Rappelons ces faits à une époque ou des hommes et des femmes politiques entretiennent l’ignorance la plus totale malgré leurs hautes responsabilités.

 

Ces mêmes politiques sont les descendants des Versaillais qui écrasèrent la Commune de Paris. Ils nous gouvernent en se présentant comme républicains mais ont pour référence Thiers, Napoléon, Maurras et Pétain qu’ils citent régulièrement !

 

Pour notre part, nous sommes les héritiers des premières sociétés de libres penseurs qui se réunissaient au 19ème siècle dans des banquets pour œuvrer à l’élaboration d’une République démocratique, laïque et sociale. Nos ancêtres ont conquis des droits, des libertés, des acquis sociaux et démocratiques. Ils ont permis l’école laïque gratuite et obligatoire, le droit des hommes et des femmes à s’émanciper des dogmes, à disposer de leur corps et à penser librement.

Ils ont élaboré la grande loi de 1905 qui sépare les Eglises de l’Etat et qui permet depuis plus d’un siècle la concorde entre les individus de toute option spirituelle et philosophique.

 

Certains peuvent rire du caractère provocateur et gaulois de nos banquets d’hier et d’aujourd’hui. On peut trouver amusant que les libres penseurs festoient en ce soir de vendredi dit saint. Il n’empêche que notre combat n’a rien de désuet et d’anecdotique. Notre programme est et restera l’émancipation du genre humain.

 

Nous ne sommes pas des rigolos mais bien des militants.

Nous nous dressons devant chaque dogme et nous combattons toute forme d’oppression.

Ce soir, nous mangeons, nous rions, nous chantons contre les interdits. Toute l’année nous luttons par nos colloques, nos recours en justice, nos actions, nos publications, et nos réunions publiques.

 

Chaque fois que nous agissons, que nous discutons, que nous diffusons nos communiqués et à chaque fois qu’un homme ou une femme rejoint nos rangs, la réaction recule !

 

Les religions ne sont qu’interdits, dogmes et autres soutiens à des régimes autoritaires.

Songeons un instant au Brésil, à la Pologne, à la Turquie, aux Etats-Unis, à l’Italie, à la Hongrie, à l’Arabie Saoudite, à l’Iran ou encore à la Russie…

Tous ces pays, à des degrés divers et variés, opèrent une dérive autoritaire qui, à chaque fois, s’est faite avec le soutien des différentes religions !

 

Dans ces pays, le patriotisme le plus étriqué s’appuie sur la religion, dans un fantasme identitaire ou la communauté nationale est valorisée au détriment des étrangers et de ceux qui veulent vivre librement et différemment !

Dans ces pays, les interdits religieux s’appliquent et on peut observer des conséquences très concrètes : En Turquie, il est de plus en plus mal vu qu’un couple de jeunes vive ensemble sans être mariés. Les démocrates turques manifestent pour le droit des femmes à s’habiller comme elles le souhaitent. Aux Etats-Unis, le droit à l’IVG recule dans de nombreux états. Récemment c’est l’état du Mississipi qui interdisait l’IVG au-delà de 6 semaines !

En Pologne, l’état clérical couvre lui-même les crimes des prêtres pédophiles. Au Brésil ou en Russie, les homosexuels, les féministes, les démocrates sont chassés, frappés parfois battus à mort…

Dans ces Etats, les programmes scolaires sont revus pour coller avec les dogmes religieux, les programmes de planification familiale sont abandonnés, les droits à la contraception et à l’IVG reculent et le délit de blasphème s’applique.

Dans ces pays, les Eglises sont financées avec les impôts des citoyens qui  doivent se plier aux interdits religieux.

 

En France, pendant de nombreuses années, des bien-pensants riaient des libres penseurs. Nous étions des ringards, nous n’avions pas compris que les religions avaient évoluées. Nous n’avions pas intégré qu’il fallait une laïcité positive et ouverte. Nous restions campés sur la défense de la loi de 1905, et nous nous acharnions archaïquement à combattre les dogmes religieux.

 

Malheureusement l’Histoire nous a donné raison, le parti clérical est toujours aussi puissant et néfaste. C’est lui qui milite auprès des élus, dans la rue parfois, contre le mariage pour tous, contre l’IVG, contre l’enseignement de l’égalité des droits entre les sexes, contre la PMA, contre la GPA, contre le droit à mourir dans la dignité…

 

C’est lui, le parti clérical, qui soutient les élites économiques et politiques qui nous dirigent.

C’est, en quelque sorte, l’alliance de ceux qui veulent qu’on mange léger le vendredi saint avec ceux qui veulent qu’on se sert la ceinture toute l’année.

 

Ainsi le gouvernement de Macron-Philippe, dans la continuité des gouvernements précédents cherche à réduire  nos acquis sociaux, détruire nos services publiques et à rogner nos droits aux noms des exigences des marchés et des traités européens. Face à la résistance du peuple, il  réprime les manifestations dans une violence inouïe quand il ne s’agit pas de les interdire tout simplement.

Pour garder le cap et continuer leurs profits les dominants vont user de tous les moyens nécessaires dans un contexte où les peuples ne veulent plus des privations.

 

-Il va leur falloir utiliser le communautarisme ; n’est-ce pas déjà ce qui est fait quand en toute occasion on convoque les représentants des cultes et des familles spirituelles ? La Libre Pensée ne participera pas à cette mascarade et la République n’est pas une succession de communautés. C’est aussi ce qu’ils font quand ils stigmatisent une partie de la population jugée non assimilable à la nation.

 

- Il leur faudra museler l’expression libre des citoyens les plus révoltés. Ils devront faire passer pour des criminels ceux qui militent pour défendre et reconquérir les conquêtes sociales. Ils devront faire taire toute forme de contestation ou dévoyer les causes les plus nobles. Ainsi on veut nous faire croire que l’humanité peut progresser et protéger l’environnement sans remettre en cause un régime économique qui ne vit que du profit et de l’exploitation de l’être humain et de la nature.

Cela est facilité par une concentration des grands médias dans les mains de quelques grands patrons d’industrie. On en arrive à s’émouvoir plus pour le saccage du Fouquet’s que pour les centaines de victimes de la répression policière.

 

-Ils devront embrigader la population et la jeunesse dans un nouvel élan patriotique pour faire face aux « menaces » qui gangrènent la France. Ainsi les jeunes vont bientôt se retrouver enrôlés, de force, dans des nouveaux chantiers de la jeunesse, via la mise en place du Service national Universel. Ils devront travailler pour des institutions ou des associations choisis par l’Etat, ils recevront aussi des formations sur la défense nationale.

Avec la loi sur l’école de la confiance, les enfants eux pourront chanter la main sur le cœur la Marseillaise, dans leur classe, en contemplant les drapeaux français et européens. Le tout sera orchestré par un enseignant qui n’aura pas le choix car lui-même n’aura plus de droit de critiquer son institution (école de la confiance).

Face à cet élan patriotique et militariste, nous opposons nos actions antimilitaristes. Alors que les gouvernements de droite comme de gauche ont toujours refusé de réhabiliter les fusillés pour l’exemple de 14-18 morts par la France, nous avons érigé à Chauny un monument pour les réhabiliter ! Ce monument est le symbole du droit de refuser les ordres les plus iniques. C’est le monument de la liberté de conscience et du refus de la guerre face à des Etats qui sont prêts à massacrer des êtres humains pour garantir leurs profits.

 

-Le programme des destructeurs de la République c’est aussi de détruire la loi de 1905. Malgré un recul du président Macron sur sa volonté de modifier la loi, nous restons vigilants. Là encore, une certaine continuité se retrouve parmi nos gouvernants.  Elle peut se résumer en  plusieurs points : remplacer la séparation des Eglises et de l’Etat par un concordat, financer les Eglises et en premier lieu l’Eglise catholique, contrôler l’islam, stigmatiser les musulmans, instaurer une prétendue laïcité dans les entreprises et dans la vie privée, ce qui serait de fait instaurer une limite certaine à la liberté d’expression et à la liberté de pensée.

 

L’action de la Libre pensée, avec d’autres comme la Ligue des Droits de l’Homme ou la Ligue de l’Enseignement a permis l’unité des laïques contre les projets du gouvernement. Pour autant, celui-ci peut choisir d’arriver à ses fins en contournant la loi de 1905.

 

La Libre Pensée, dans sa méthode mais également en tant qu’organisation nationale et internationale constitue un rempart contre les prétentions réactionnaires des exploiteurs et de leurs alliés.

Pour obtenir l’émancipation du genre humain, faire reculer les interdits religieux, les dogmes et toute forme d’oppression, il faut développer la Libre Pensée !

Rejoindre la Libre pensée s’est se donner les armes de riposter face aux obscurantismes, c’est rejoindre une organisation qui combat ceux qui veulent nous interdire de disposer de notre corps et de notre pensée !

Rejoindre la Libre Pensée, c’est s’organiser collectivement dans une association qui se bat depuis plus de 160 ans pour l’émancipation du genre humain !

 

 

Levons nos verres et buvons au renforcement de la Libre Pensée !

Ni dieu, ni maître, A bas la Calotte et vive la sociale !

 

[1] https://www.lesinrocks.com/2015/12/21/actualite/pourquoi-mere-teresa-est-elle-une-figure-controversee-11794562/

 

 

Discours de banquets contre les interdits religieux

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Christianisme, #annonces et infos lp 72, #liberté

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Publié le 9 Avril 2020

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Illustrations, #humour

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Publié le 8 Avril 2020

Ce texte de Gérard Désiles a été diffusé dans les deux bulletins 2019 de la Libre Pensée de la sarthe

 

 

 L’OR ROUGE ; Historique de la transfusion sanguine (1ère partie)

 

Un livre « L’or rouge et la transfusion sanguine, Normandie 44 » de Philippe Bauduin (éditions Cheminements) paru en 2007, et un documentaire télé de Philippe Baron (2014) : « L’or rouge, la bataille du sang » m’ont fait découvrir un sujet passionnant mais  méconnu.

 

Quelques dates significatives  dans les découvertes successives…

 1492 : le pape Innocent VIII est victime d’une attaque et sombre dans le coma. On lui aurait ingurgité ou on  lui aurait transfusé le sang de trois jeunes garçons d’une dizaine d’années. Bilan : 4 décès.

 1616 : Un médecin anglais William Harvey découvre que « le sang sert à transporter quelque chose, mais on ne sait pas quoi».

 1628 : Il décrit la circulation du sang par les artères et retour par les veines.

 1665 : Un autre anglais, Christopher Wren développe les outils nécessaires afin d’injecter du liquide dans la circulation sanguine (il s’agit du sang d’un animal, le mouton ou le veau).

 1667 : Jean Baptiste Denis médecin de Louis XIV injecte du sang d’agneau à  un malade que les saignées successives avaient affaibli ; il en ressort guéri. Cette même année 4 autres patients sont transfusés : 2 survivent, un décède pour une cause étrangère, le 4ème est d’abord sauvé par une  première transfusion de sang de veau. Mais Denis constatera alors un accident hémolytique lié à la destruction des globules rouges transfusés ; une nouvelle transfusion fut fatale. En 1668, Denis fut attaqué en justice par la femme du défunt : il sera disculpé (la femme étant condamnée pour empoisonnement à l’arsenic !)

 1674 : Le néerlandais Van Leeuwenhoeck fait part de sa découverte au microscope : « j’ai observé le sang de ma main et j’ai trouvé qu’il consiste en globules rouges nageant dans un liquide clair ».

 En 1676  la transfusion sanguine animal-homme est interdite en France suite aux nombreux accidents.

 1788 : on sait maintenant  que ce «  quelque chose que le sang transporte » est l’oxygène, indispensable à la vie.

 1818 : James Blunded, obstétricien anglais, souvent  confronté aux hémorragies préconise d’abandonner le sang animal et réalise des transfusions de sang humain ; problème rencontré : la coagulation du sang du donneur.

1828 : autre problème : de nombreuse maladies et épidémies se propagent par le sang humain ; la transfusion du sang animal refait son apparition.

 

1900 : L’autrichien Karl Landsteiner découvre les différents groupes sanguins A,B,O. (le groupe AB sera découvert en 1901). Il constate que le sang agglutine ou non avec les globules rouges des autres patients.

 1914 : Le Belge Albert Hustin utilise le citrate de soude pour ses propriétés anticoagulantes. Sur les champs de bataille de cette époque, cela permet de dissocier le donneur du receveur. Alors que la transfusion se faisait directement de bras à bras, cela permet de conserver le sang pendant 4 jours. Un progrès appréciable.

1928 : Le français Arnault Tzanck fonde le premier centre de transfusion sanguine à l’hôpital Saint Antoine. (262 transfusions en 1929, dix ans plus tard  3738 , 35 000 en 1948).

 1936 : le canadien Norman Bethune expérimente  la collecte mobile de sang au cours de la guerre d’Espagne à l’arrière d’un camion.

 194O : Karl Landsteiner et l’américain Edwin Cohn  découvrent le système rhésus, (indépendant du système ABO), selon la présence ou non d’antigène D à la surface des globules rouges. Cette même année, Edwin Cohn met au point une technique de fractionnement du plasma en ses différentes protéines.

 1943 : L’australien Loutit et le britannique  Mollison mettent au point la solution ACD (Acide citrique, Citrate, Dextrose) qui permet de conserver le sang pendant 21 jours.

 1944 : c’est ce moment du débarquement américain en Normandie qui est évoqué dans le livre : dans les soutes et frigos, des milliers de litres de sang et de plasma collectées à New-York et Londres…..

Dans le documentaire télé, Herbert Stern, personnage fictif qui concentre les expériences de trois vrais  médecins allemands, contraints, parce que juifs d’émigrer aux Etats-Unis raconte :

Né en 1901, il fait ses études de médecine à Berlin. Diplômé en hématologie, en 1931. Mais l’époque est dangereuse : « A Berlin, tout ce qui touche au sang, ce n’est plus une science, c’est de la politique » dit-il. L’idéologie nazie fait croire que le sang est un élément capable de prouver la supériorité de la race aryenne « Un même sang pour un reich uni » lit-on sur les bâtiments ». « Dans nos veines coule le meilleur sang et nous le savons » clame Hitler.

En 1934, suite au vote des lois de Nuremberg, Stern rejoint les Etats-Unis : il découvre que les noirs et blancs ne vivent pas dans les mêmes quartiers. En 1936, il travaille dans un centre médical du Bronx et rencontre Norman Bethune. Il s’engagera dans l’armée américaine par reconnaissance envers sa terre d’accueil.

1951 : Molisson effectue la première transfusion avec du sang congelé puis décongelé.

1952 : Walter et Murphy remplacent les flacons de verre par la poche à sang en matière plastique.

 

C’est aussi l’année du vote au parlement français de la loi sur la transfusion sanguine qui stipule : « le sang et ses dérivés ne sont pas des médicaments, ne constituent pas un bien du commerce, comme issus du corps humain ». Le « don du sang » est un prélèvement sur un donneur volontaire non rémunéré. En 2000, est créé l’IFS (Institut Français du Sang)  opérateur unique de la transfusion sanguine sous tutelle du ministère de la santé.   

Bien que liquide, le sang est un tissu très organisé. Il est composé d’un fluide salé, le, plasma, dans lequel circulent trois types de cellules : les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes. Pour 1 globule blanc, il y a environ 50 plaquettes et 1000 globules rouges. Aujourd’hui, il n’est pas encore possible de fabriquer du sang artificiel. En cas de perte de sang, il n’y a pas d’alternative à la transfusion.

Durée de vie des produits sanguins: globules rouges : 42 jours ; plaquettes: 5 jours ; Le plasma qui se congèle peut se conserver 1 an.

Pour en savoir plus : je vous renvoie au document télé « sang pour sang » de l’émission «  c’est pas sorcier » présentée par Jamy sur France 3. (You tube)

L’OR ROUGE, le marché du sang (2ème partie) - Le marché du plasma, « l’or du XXI siècle » ? 

 

Rappel : suite à un don du sang (sang total), lorsqu’on a retiré les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes, il reste un liquide clair, le plasma, qui contient plus de 300 protéines différentes, d’un intérêt thérapeutique majeur, source de nombreux  médicaments au rendement juteux.

En appliquant le procédé d’ « aphérèse », on ne prélève que le plasma, les globules rouges ou les plaquettes et on restitue les autres composants dans le corps du donneur.

Si le don du sang total (ou de plasma) est gratuit en France, il est « rémunéré » ou encore « dédommagé »  en  Chine, aux Etats-Unis, en Allemagne, en Autriche, en  Suède, aux Pays Baltes.

Le terme « don du sang ou de plasma » est alors inapproprié puisque « rémunéré », antinomique à « don », le sang ou le plasma devenant une marchandise, soumise aux lois du marché. « « Un cours international du plasma s’est créé sur le marché mondial. Il fluctue en fonction de l’offre et de la demande. Le plasma est devenu un produit marchand qui dépasse les frontières ». (G. Tobelem, chef de service des maladies du sang à l’AP-HP de Paris, 2013).

A l’échelle internationale, ce marché gigantesque du plasma (évalué à 12 milliards de dollars) est contrôlé par 4 multinationales : l’australienne CSI, l’américaine Baxter, l’espagnole Grifols, la suisse Octapharma.

Le modèle français en danger !

Ce pourrait être le titre d’une mauvaise fable : « Le collecteur et les fractionneurs ». Il était une fois l’EFS, Etablissement Français du Sang, qui, avec ses 147 sites de prélèvement et ses 40 000 collectes mobiles, avait le monopole de la collecte du sang (et du plasma),  le revendant aux hôpitaux et cliniques. Anonymat, sécurité sanitaire et éthique garantis.

La collection sanguine (ou de plasma) relevant alors exclusivement d’un service public, son fonctionnement est  un et indivisible. Ce modèle de collecte est la garantie pour les donneurs et les receveurs que, d’un bout à l’autre de la chaîne transfusionnelle, les processus répondent aux mêmes normes, aux mêmes conditions, aux mêmes exigences.

C’était sans compter sur le lobbying de l’ogre suisse Octapharma qui lorgnait sur le marché français depuis des années.

Après une intense guérilla juridique, Octapharma a gagné en 2014 la bataille devant la Cour de justice de l’Union européenne et le Conseil d’Etat français a ensuite approuvé ! Grâce au SD, « solvant-détergent », procédé industriel utilisé pour sa conservation, le plasma SD est considéré comme un médicament et peut donc être vendu aux hôpitaux et cliniques en vertu de la concurrence libre et non faussée de l’union européenne.

Moralité : une brèche est ainsi ouverte dans le monopole public de l’EFS. Les hôpitaux et cliniques français sont soumis aux appels d’offres, le plasma SD étant moins onéreux donc vendu moins cher !!

 

Les reporters se sont particulièrement intéressés à Octapharma, ses méthodes, ses zones d’ombre.

Fréquenter  Octapharma, c’est gagner de l’argent facilement. Quant aux conséquences sur la santé des prélèvements trop fréquents, c’est secondaire. Les contrôles sont lacunaires : une borne électronique interroge le donneur, sur son état de santé. Seule une prise de tension est effectuée par des employés.

Les USA représentent 70% du marché mondial, le plasma congelé est envoyé vers l’Europe par cargos entiers ! C’est un réservoir sans limites de matières premières.

Incroyable : Octapharma s’est fendu du communiqué suivant dont voici quelques extraits :

« le plasma est collecté soit auprès de donneurs bénévoles volontaires et non rémunérés – c’est le cas en France - soit auprès de donneurs rémunérés (ou indemnisés) en Allemagne/Autriche/ Tchéquie et autres pays de l’est, et surtout USA.

Il existe des différences importantes en matière de dons par an :

- 24 en France : une fois tous les 15 jours

- 50 en Allemagne

- 120 aux USA

Il est reconnu par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) que le renouvellement des protéines dans l’organisme se fait sur une quinzaine de jours ; le fait de collecter plus fréquemment amoindrit le taux de protéines et les défenses immunitaires du donneur.

…la France a la chance de disposer d’un opérateur public pour collecter le sang et le plasma –l’EFS– et d’un autre opérateur public chargé de fabriquer des médicaments dérivés du plasma- le LFS (Laboratoire Français de Fractionnement et des Biotechnologies).

…Problème éthique : les donneurs rémunérés sont des personnes vulnérables qui ont besoin de ce « salaire » pour vivre. Le sang des pauvres sert à fabriquer  les médicaments des riches où le système de protection sociale, permettant à chacun  d’accéder au même niveau de soin  n’existe pas.

Problèmes sanitaires :

Les donneurs revenant donner deux fois par semaine n’ont pas le temps de reconstituer leurs réserves de protéine ou leurs défenses immunitaires ; ces donneurs pauvres sont appelés à tomber malades.

Pour l’instant, le nombre de malades permet d’assurer l’autosuffisance, qu’en serait-il en cas de retournement de la conjoncture économique ou d’une explosion de la demande aux USA, interdisant la sortie du territoire américain du plasma collecté auprès d’américains ? Rassurons-nous, il y aura toujours des pauvres à exploiter. »

 

 

Difficile à croire, mais le  cynisme du   capitalisme  d’exploitation de l’homme par l’homme s’exprime ici totalement.

 

Gérard Désiles

 

 Pour s’y retrouver dans ce labyrinthe, quelques définitions…

ESF : Etablissement français du sang (banque du sang),

LFB : Laboratoire français du fractionnement et des biotechnologies

MDS : Médicament dérivé du sang

Suivant les besoins, l’EFS peut collecter soit le sang total, soit des plaquettes, soit du plasma ou du sérum.

Sang total : c’est le sang frais.

PSL : produit sanguin labile (Le sang est un produit labile  c'est-à-dire fragile, peu stable, durée de conservation : 42 jours)

Plasma : liquide biologique du sang contenant les cellules sanguines (globules rouges et blancs, plaquettes)

Le sérum est obtenu par centrifugation du sang, ce qui modifie sa composition et son utilisation par rapport au plasma.

Fractionnement : procédé pour séparer les différents composants afin de fabriquer divers médicaments.

Plasma SD (procédé utilisant du solvant-détergent) pour conserver le plasma.

Collecteur : l’EFS est le collecteur unique de sang en France.

Fractionneur : qui transforme le sang ou le plasma pour fabriquer des médicaments.

  

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Science, #histoire, #anticapitalisme

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Publié le 5 Avril 2020

 Cet article de Philippe Gautier a été publié dans le bulletin de la Libre Pensée de la Sarthe d'aout 2019
 
              Belleville, quartier populaire de Paris, peuplé en forte majorité d’ouvriers et de petits artisans, a toujours figuré comme un haut lieu de l’émancipation de la classe ouvrière.
              Ainsi, c’est au pied de Belleville, rue Ramponneau, le 28 mai 1871, que les Versaillais arracheront dans le sang la dernière barricade de la Commune, mettant fin à 72 jours de démocratie populaire et de progrès social.
Plus tard, en juillet 1892, c’est au 126 du boulevard de Belleville que le docteur Gaston Variot fondera le premier dispensaire gratuit (hors établissements hospitaliers) pour les enfants malades de la ville de Paris. Le dispensaire de Belleville, bientôt rebaptisé « la Goutte de lait », permettra de faire baisser notablement la mortalité enfantine (de 179/1000 en 1965 à 113/1000 en 1910). Il faut rappeler que la mortalité des enfants de moins d’un an est à cette époque de 24,5 % à Belleville alors qu’elle n’est, par exemple, que de 10 % dans le quartier des Champs-Elysées. C’est à la Goutte de lait que seront inaugurées les grandes distributions de lait stérilisé, à prix réduit, destinées à l’allaitement artificiel de centaines d’enfants dont les mères, contraintes de travailler à l’extérieur, ne peuvent assurer l’allaitement naturel.
C’est toujours à Belleville, à quelques pas de la Goutte de lait, que sera construite, en 1908-1910, aux 19 et 21 rue de la rue Boyer, la « Maison du Peuple » de la Bellevilloise. Il s’agit d’un vaste ensemble de locaux érigés sur deux étages, très hauts de plafond, dans l’esprit de la Maison du Peuple de Herta à Bruxelles. On y trouve un grand magasin de vente au public et des bureaux administratifs mais aussi un café, une salle de répétition, des salles de réunions (dont l’une se nomme salle Babeuf) une vaste salle des fêtes (salle Jean Jaurès). En 1927, un second immeuble de même gabarit, portant à son fronton la faucille et le marteau (à cette époque, la direction est communiste) sera construit au 25 de la même rue, venant compléter la Bellevilloise.
L’histoire commence en 1877, lorsqu’une vingtaine d’ouvriers bellevillois créent une société coopérative de consommation et ouvrent un modeste dépôt d’épicerie ouvert deux soirs par semaine. Pendant près d’un quart de siècle, elle proposera à ses adhérents des produits courants (alimentation, charbon, ameublement, habillement) achetés en grosses quantités auprès des producteurs, souvent d’ailleurs des coopératives ouvrières de production, et revendus avec une faible marge, ce qui lui vaut de toucher une large clientèle.
Grâce à sa prospérité commerciale (en 1912, elle comptera 9000 sociétaires pour 5 MF de chiffre d’affaires), elle ajoute bientôt à sa vocation consumériste une mission éducatrice et culturelle qui rayonnera bien au-delà de Belleville et Ménilmontant.
Sera d’abord créé, en 1900, un patronage laïque accueillant les enfants des deux sexes de 8 à 16 ans. On y propose des sorties champêtres, visites d’usines et musées, cours de solfège et musique, causeries éducatives et culturelles (notamment sur l’histoire ouvrière et révolutionnaire : la Révolution française, la Commune de Paris), des séances de cinéma, art naissant à l’époque. En 1920 et jusqu’à 1932, une colonie de vacances, le château d’Automne, près de Meaux, viendra compléter ces activités ; 200 à 300 enfants en bénéficieront chaque année (dont Henri Krasucki). Le séjour des enfants les plus pauvres est pris en charge par la Caisse de solidarité. Les méthodes éducatrices sont novatrices : on s’efforce d’exercer les enfants à une certaines autogestion et à user de leur droit d’expression. Par exemple, lors des visites médicales systématiques dont ils bénéficient, un « grand » est responsable d’un plus jeune.
En 1909, la Bellevilloise accueillera en son sein l’université populaire « la Semaille », créée à Belleville en 1900 et en proie à des difficultés financières. La Semaille dispose d’une bibliothèque particulièrement riche et éclectique, avec des auteurs classiques, mais aussi contemporains ; elle propose des ouvrages sur l’affaire Dreyfus ou sur l’histoire de la Révolution (Jaurès, Lissaragay, Ferdinand Buisson notamment), d’autres sur la santé publique, l’économie politique et sociale, les sciences, le mariage et l’amour libre. On trouve aussi les œuvres des penseurs révolutionnaires, Bakounine, Victor Basch, Kopotkine. Avec le passage en 1924 à la direction communiste, la bibliothèque de la Semaille aura vocation à devenir le noyau d’un centre d’études prolétariennes. On y donne des conférences gratuites, des causeries suivies de discussions, appuyées par des séances cinématographiques. La bibliothèque de la Semaille poursuivra son développement d’année en année, et, partie de 1300 volumes en 1909, sera forte de 3500 volumes et environ 1000 brochures.
L’ «Harmonie Bellevilloise », formation de cuivres d’environ 70-80 exécutants, apporte son concours aux fêtes de la Bellevilloise ainsi qu’aux grandes manifestations d’entraide ouvrière ; elle est complétée par la Symphonie Bellevilloise, formation classique d’une soixantaine d’exécutants (cordes, bois, cuivres) et deux chorales, adultes et enfantine.
 Un groupe théâtral, la Muse bellevilloise, prête son concours à toutes les organisations d’avant-garde qui en font la demande.
Dans le mouvement du congrès d’Amiens, qui se préoccupe du domaine de la santé,  la Bellevilloise crée, en 1905, une société de secours mutuels, la Solidarité mutuelle des coopérateurs de la Bellevilloise. Réservée exclusivement aux adhérents de la coopérative, son objet est de dispenser des soins
médicaux gratuits et de délivrer à ses membres « tous les produits pharmaceutiques usités en médecine, de premier choix et aux conditions les moins onéreuses possible ». Une pharmacie est d’abord crée à laquelle sont adjoints dès 1913 un, puis plusieurs dispensaires. Des médecins du quartier, agréés par la coopérative, y donnent des consultations de médecine générale aussi bien que de spécialités (ORL, soins dentaires, électroradiologie, gynécologie, obstétrique, ophtalmologie). Y sont aussi effectuées des vaccinations et prises de sang et des prestations plus sophistiquées : rayons ultraviolet, diathermie, ionisation...
L’institution des assurances sociales, en 1929, fait peser une menace sur toutes les sociétés mutualistes. La Solidarité Mutuelle fait face à cette situation nouvelle en mettant en place une Caisse Primaire d’Assurances Sociales, accessible à tous les travailleurs mutualistes, même s’ils ne sont pas adhérents de la Bellevilloise.  
La solidarité constitue une part importante des œuvres sociales de la Bellevilloise. Une caisse de prêt gratuit aux sociétaires fonctionnera dès 1898. Une caisse de secours ou de solidarité accordant un don en marchandises sans remboursement aux sociétaires nécessiteux suivra, puis une caisse de décès versant une somme de 100 francs aux familles de sociétaires décédés. La solidarité s’exprimera aussi dans le soutien aux grévistes par des distributions gratuites de pain et de lait, d’abord aux membres de la Bellevilloise, mais au-delà, au monde ouvrier en général en leur cédant des denrées à prix coûtant.
D’autres coopératives ouvrières verront le jour à Paris, mais aucune ne présentera un tel éventail d’activités ; non seulement on y mange et on s’y habille, mais on s’y instruit, on y passe ses loisirs ou ses vacances, on s’y soigne quand on est malade, on y danse et on s’y distrait . La Bellevilloise est un acteur essentiel de la sociabilité populaire et le fondement d’une véritable culture bellevilloise, ressentie et vécue par ses adhérents comme un acte de citoyenneté militant.
La Bellevilloise cessera ses activités en 1936, entraînée dans la faillite de la Banque ouvrière et paysanne.
Les bâtiments du 19/21 rue Boyer deviendront, sous l’occupation, le siège du Parti Populaire Français de Marcel Déat, haut lieu de la collaboration ; des juifs y seront même parqués en 1942 lors de la rafle du Vél d’Hiv, puis de nouveau l’année suivante. Epargnée par les promoteurs, la Bellevilloise est aujourd’hui un restaurant-salle de spectacles, haut lieu branché des soirées parisiennes.
 
Philippe GAUTIER
  
La Bellevilloise, (vivre la citoyenneté au quotidien)

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Rédigé par Libre Pensée 72

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