liberte

Publié le 4 Février 2024

Amis, Citoyens, Camarades,

Je vous transmets le salut fraternel de la fédération sarthoise de la Libre Pensée.

C’est un plaisir et un honneur, pour nous de participer à la commémoration de la première abolition de l’esclavage, aux côtés de nos amis, élus, associations ici présentes.

Commémorer René Levasseur et la première abolition de l’esclavage de 1794 ce n’est pas faire de l’Histoire pour l’Histoire, c’est une journée politique.

Demander l’installation, au Palais Bourbon, là où se réunit l’assemblée nationale, du buste de René Levasseur et du portrait de Jean Baptiste Belley, ce n’est pas faire de l’idolâtrie, c’est là aussi faire de la politique.

En nous réunissant aujourd’hui, en commémorant ces illustres personnalités de notre Histoire, nous affirmons publiquement et à la face du monde, que notre orientation tire ses racines de la Révolution Française, de la philosophie des Lumières, de la 1er république.

Nous affirmons qu’être républicains aujourd’hui, c’est s’inscrire dans la continuité de l’œuvre de la Révolution française.

Aujourd’hui, en France, ceux qui se font appeler l’arc Républicain, ont tourné le dos depuis bien longtemps à l’idéal républicain. Ils fétichisent ses symboles sans en comprendre la symbolique.

Ils se prétendent républicains tout en assassinant  Marianne petit à petit. Ils n’assument pas le passé révolutionnaire de la France, ils en ont honte. Ils tirent leur inspiration dans le cléricalisme, le nationalisme et le militarisme… Sans aucune honte, ils citent et prennent pour exemple Napoléon, Maurras, ou Thiers… ils s’allient à l’extrême droite et votent des lois qui font honte à notre pays.

Ils chantent la Marseillaise, parlent à longueur de temps des valeurs républicaines sans être capable de les expliquer.

Ils parlent de liberté mais réduise chaque jour un peu plus nos libertés. Regardez ce qu’est devenu, par exemple la liberté d’expression, il nous est maintenant, pratiquement, interdit de dénoncer la politique d’un État qui viole chaque jour les droits de l’Homme.  Et qu’est devenu la liberté de manifester quand on envoie les forces de l’ordre nasser, taper, gazer les manifestants même les plus jeunes ?

Ils parlent d’Egalité mais en détruisant les services publics et en favorisant toujours ceux qui ont déjà tout, ils organisent la ségrégation sociale et créent une France à deux vitesses. Ces gens confondent l’Egalité en droit et uniformisation. Ils parlent de méritocratie et d’ascenseur social, mais font tout pour maintenir et renforcer leurs privilèges.

Ils parlent de fraternité… A non, excusez-moi, ça on n’en parle plus.

Bien au contraire, ces pseudos républicains organisent sciemment, à l’extérieur de nos frontières, la mort de milliers de frères et sœurs qui cherchent à rejoindre l’Europe. Au sein même de nos frontières, ils créent des camps pour interner ces êtres humains, ils laissent crever à la rue les plus pauvres et poussent toujours un peu plus nos compatriotes les uns contre les autres à coup de discours xénophobes et de lois réactionnaires.

Ils nous saoulent de discours sur la laïcité, principe de concorde civile et de liberté de conscience, qu’ils cherchent à dévoyer pour rejeter une partie de nos concitoyens. Dans le même temps ils gavent l’enseignement privé catholique de milliards d’euros et le président assiste à des cérémonies religieuses es-qualité.

Amis, Citoyens, Camarades,

La première abolition de l’esclave de 1794, portée par Levasseur, a donné la nationalité française aux noirs dans les colonies. 

La Révolution française a réintégré au sein de l’humanité des centaines de milliers d’humains réduits en esclavage après avoir été déportés en Amérique donnant vraiment son caractère universel à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

Par la même occasion, deux députés noirs sont entrés à l’assemblée nationale. 

Tout cela, pour qu’aujourd’hui encore, des esprits réactionnaires et attardés affirment qu’être français, c’est être blanc et catholique !

L’Assemblée nationale a voté, le 26 août 1792, un décret conférant unilatéralement la citoyenneté française aux « hommes qui, par leurs écrits et par leur courage, ont servi la cause de la liberté et préparé l'affranchissement des peuples »4.

Quelle classe ! Quelle humanité ! Quel courage !

Tout cela pour qu’aujourd’hui, on assiste à ce triste débat sur l’immigration.

Les uns et les autres se déchirant pour savoir s’il faut soigner les malheureux qui n’ont pas la nationalité française ou s’il faut les laisser crever ! Avec tous ces racistes partout, on ne se sent plus chez nous !!!

Je pourrais continuer à avancer des mesures révolutionnaires dont on ferait bien de s’inspirer aujourd’hui mais le temps de parole m’oblige à une certaine discipline.

Camarades, concentrons-nous si vous le voulez bien sur nos institutions.

La 5e république n’est pas une république, je ne sais si elle l’a déjà été.

La plupart des forces qui s’en réclament, aujourd’hui, ne sont pas ou plus républicaines.

La Ve République est bonapartiste, antidémocratique, antisociale et antilaïque.

Cette « monarchie élective », reposant sur le recours à « l’homme providentiel », est très éloignée des principes fondateurs de la République. 

On l’a vu l’année dernière dans le grand mouvement de résistance à l’injuste réforme des retraites. La Constitution de la 5e république permet tout un arsenal de dispositions anti-démocratiques qui permettent aux gouvernements de contourner les députés, représentants du peuple.

Chaque jour qui passe, chaque scandale, chaque violence de l’État policier, chaque mesure réactionnaire, chaque attaque contre le Contrat social arraché par des décennies de luttes ouvrières et syndicales, chaque fermeture de service public voient monter la colère d’un peuple opprimé, exploité, méprisé, subissant toujours plus la violence de l’État policier et l’embrigadement militarisé de la Jeunesse (avec le SNU et l’uniforme)

La solution pour en finir avec cette situation est de plus en plus claire pour tous : il faut balayer les Institutions de la Ve République. Rien de bon ne peut sortir d’institutions agonisantes et d’un personnel politique enferré chaque jour d’avantage dans les affaires et les scandales financiers.

Leur seul but, c’est de servir la finance, quoi qu’il nous en coute !

Le pays n’a pas besoin d’un réarmement ni militaire, ni civique ni démographique…il a besoin d’une régénération républicaine :

Pour répondre aux revendications du peuple. Il nous faut, comme le disait Lincoln  « un gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ».  

Il faut redonner la parole au peuple et renouer avec l’œuvre révolutionnaire et démocratique de nos ancêtres : mettre en œuvre une Assemblée Constituante souveraine dont le peuple décidera librement la forme et le contenu.

Il nous faut aussi célébrer la Révolution française, ses acteurs les plus progressistes et se pencher sur son héritage.

Célébrons et étudions par exemple la Constitution de 1793, la constitution la plus démocratique que le pays ait connue.

Elle prévoyait que si c’était l’Assemblée nationale qui faisait la loi, c’étaient les Assemblées de section des Citoyens qui l’approuvaient.

Elle se terminait par une nouvelle Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen qui proclamait :

• - Article 33

La résistance à l'oppression est la conséquence des autres Droits de l'homme.

• - Article 34

Il y a oppression contre le corps social lorsqu'un seul de ses membres est opprimé. Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé.

• - Article 35

Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

Je vous remercie

 

Commémoration 1ere abolition esclavage - Discours Hansi Brémond pour la Libre Pensée 72 - fev 2024

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 26 Janvier 2024

Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 23 Février 2023

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #annonces et infos lp 72, #liberté de conscience et de corps, #liberté, #sexisme

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Publié le 28 Janvier 2023

4 février 1794 - 4 février 2023

Cérémonie de commémoration de la première abolition de l'esclavage à l'initiative de René Levasseur

samedi 4 février 15 h - 17 h 30

Chambre de Commerce et d’Industrie

1 boulevard René Levasseur. Le Mans

 

Célébration à l’initiative de Mme la Députée Élise Leboucher (LFI-NUPES)

Associations invitées: Société des Amis de la Révolution Française, Ligue des droits de l’homme, Libre pensée

 

14h30 : Dépôt d’une gerbe (devant la CCI)

Sous la plaque commémorative apposée par la SARF en 2014

 

15h30 : Interventions (salle Vielle. 1er étage CCI)

-Mme la Députée Élise Leboucher

-SARF-Club René Levasseur de la Sarthe

-Ligue des droits de l’Homme

-Libre pensée de la Sarthe

-M. le Député Mathias Tavel

-M. le Député Alexis Corbière

 

16h30 : Pot de la fraternité républicaine

 

Cérémonie de commémoration de la première abolition de l'esclavage
Cérémonie de commémoration de la première abolition de l'esclavage

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 4 Octobre 2021

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Publié le 9 Janvier 2021

Collectif 72 pour le retrait de la loi «sécurité globale»

Le collectif pour le retrait de la loi «sécurité globale» de la Sarthe composé dune trentaine d’associations, de syndicats et de parti politique a pris connaissance du communiqué de la Coordination nationale «STOP LOI SECURITE GLOBALE» du 24 décembre 2020 qui appelle en janvier 2021 à une nouvelle marche de la liberté le samedi 16 janvier partout en France avant un grand rassemblement le samedi 30 janvier à PARIS.

Compte-tenu de ce nouveau calendrier national, notre collectif départemental a décidé d’appeler à manifester au Mans le 16 janvier 2021(et non le 9 comme prévu initialement)

POUR LE RETRAIT DU PROJET DE LOI SÉCURITÉ GLOBALE.

Devant la persistance du gouvernement à maintenir ses projets liberticides et à aggraver par décret le fichage des citoyens en profitant de l’état d’urgence sanitaire... le collectif appelle plus que jamais à la mobilisation.

 

RIEN N’EST JOUÉ! INVERSONS LE COURS DES CHOSES!

Amplifions la mobilisation pour la protection des libertés fondamentales, publiques et privée.

«La force publique est instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée» (Déclaration des droits de l’Homme).

 

·Visio surveillances et caméras piétons (art.21)

·Drones (art.22)

·Liberté de la presse (art.24)

 

POUR LE RETRAIT DE LA LOI SÉCURITÉ GLOBALE

Rassemblement au Mans

Place de la Préfecture

Samedi 16 janvier 2021 à 15h

Samedi 16 janvier 2021 manif au Mans pour le retrait de la loi "sécurité globale"

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #annonces et infos lp 72, #communiqué LP 72, #liberté, #lutte des classes

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Publié le 5 Décembre 2020

Manifestation

samedi 05 décembre

 15h00

Le Mans parvis de la Préfecture

Appel du collectif ; Pour le retrait «global» de la loi «Sécurité globale»

 

Organisations, pour l’instant, signataires de l’appel :

 

 ADECR 72 , ARAC 72, ATTAMS 72 , ATTAC 72, CAC72, CGT 72, Collage féminicides Le Mans, Collectif RPD 72, Europe Écologie Les Verts, Fédération FAL 72, FSU 72, Génération.s Le Mans, GFEN, La CIMADE, La France Insoumise, La Libre Pensée, Le Mans Collectif Citoyen, LDH 72, NPA, Parti de Gauche, PCF 72, POI 72, RESF 72, Sortir du nucléaire 72, UNEF Le Mans, Union locale CNT de la Sarthe, UCL Sarthe, UNSA 72, ...

 

Communiqué commun :

 

Les projecteurs sont braqués sur l'article 24 de cette loi qui modifie la loi de 1881 sur les libertés et les responsabilités de la presse.

 

Cet article est effectivement symbolique de la gravissime dérive de la société française vers l'autoritarisme et le contrôle citoyen.

En s'attaquant à la liberté des médias le ministre de l'Intérieur et des parlementaires complices ont suscité un effet boomerang qui confirme la vitalité de l'aspiration démocratique de  notre pays.

Pas de chance pour les thuriféraires de cet article honni : les violences policières qu'ils voulaient protéger se sont invitées au débat avec le sang et les larmes de celles et ceux qui en ont été récemment victimes.

 

Ces violences prouvent, par A + B, que la vraie priorité est de protéger les citoyens contre ceux qui ont pour rôle d’ assurer  leur sécurité.

 

On en est là.

La police républicaine semble à terre.

Elle est détruite dans ses structures mêmes par l'incurie des politiques de sécurité. Elle finit par faire peur plus qu’elle ne protège. Elle est menacée de l'intérieur par l'influence grandissante de l'extrême droite xénophobe et raciste. C’est ce qui détermine le comportement de trop de  policier.e.s, en se gardant de tous les confondre.

 

Nous sommes dans l'urgence démocratique.

Un autre projet de société se met en place de façon insidieuse, brique après brique, en réduisant systématiquement les libertés publiques et individuelles chèrement acquises.

 

C'est pourquoi il ne faut surtout pas s'arrêter à l'article 24.

Il faut être conscient que c'est l'ensemble du texte de la loi ''sécurité globale'' qui est une régression, un changement de cadre pour inscrire dans la réalité la société du contrôle généralisé.

 

En lisant la totalité de la loi encore en débat nous y trouvons notamment :

 

- Les nouvelles missions des polices municipales (articles 1 à 6) chargées de pouvoirs de police judiciaire, sous les ordres du maire, sans contrôle ni surveillance des magistrats. C'est une illustration de la volonté marquée de marginaliser de plus en plus l'autorité judiciaire dans son rôle de contre-pouvoir. Alors que, dans les équilibres démocratiques, elle a pour fonction la protection des libertés individuelles.  

 

- Les dispositions (articles 20 et 21) sur la visio surveillance et les caméras piétons considérées par le Défenseur des droits comme une ''atteinte à la vie privée''.

 

- La légalisation de l'usage des drones (article 22) avec leur capacité de reconnaissance faciale pouvant identifier les personnes  lors des rassemblements, tel celui de ce jour. Cette technique pourrait permettre, selon entre autres la quadrature du Net, des intimidations voire des arrestations préventives de militants. La question de l'indispensable contrôle citoyen des images produites par ces drones n'est pas débattue.

 

- L'assimilation à des terroristes des personnes condamnées pour violences ou menaces à l'encontre des forces de l'ordre (municipales comprises) : le texte interdit, comme pour les terroristes, la réduction de leur peine (article 23 qui dépossède la justice de ce pouvoir).

 

- Le port d'armes des agents des forces de l'ordre, en dehors de leur service, dans des établissements recevant du public, tels les établissements scolaires (article 25). Cette disposition est profondément inquiétante.

 

- Sans oublier le titre II de la loi qui amplifie de manière très préoccupante le développement du rôle des sociétés de sécurité privées.

 

Au vu de cet incroyable dispositif le projet est bien de passer de la ''force du droit'', pour protéger les citoyens, au ''droit de la force'' pour armer et protéger la police, au sens large, de plus en plus présente dans la société.

 

Comment ne pas s'interroger sur les projets sous-jacents de cette politique ?

 

Il semble bien qu'il s'agit de maîtriser et même de museler la société à défaut de pouvoir répondre à ses aspirations démocratiques et de justice sociale.

Alors que les inégalités se creusent à un tel point que la pauvreté et le mal vivre explosent.

 

Il serait coupable, pour l'avenir, d'accepter cette loi explicitement liberticide dont il faut rappeler le subterfuge qui a marqué son origine : ayant pris la forme d'une proposition de loi par des parlementaires, ''complétée'' ensuite par le ministre de l'Intérieur, elle a échappé à l'étude d'impact de ses effets et n'a pas été soumise pour avis préalable au Conseil d’État comme cela s'impose pour les projets de loi du gouvernement…

 

Cette loi mal née pourrait être sanctionnée par le Conseil Constitutionnel en raison de ses failles juridiques. Mais, au mieux, le Conseil n'en sanctionnerait qu'une partie.

 

Il faut donc, dès maintenant, amplifier le mouvement pour obtenir le retrait de cette loi dite de ''sécurité globale'' à la dénomination et aux contenus si glaçants. En rappelant qu'elle a été votée par la présidente du Rassemblement national…

Il faut mettre le président de la République face à ses contradictions : il plaide les droits de l'Homme à l'étranger et agit en France pour les réduire. Cette attitude a été dénoncée par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU qui considère que la loi Sécurité globale porte atteinte aux libertés.

Oui au progrès des libertés publiques et individuelles qui conditionnent le progrès social.

Non au funeste projet de mise au pas de la société.

Un seul but à court terme : le retrait ''global'' de cette loi « Sécurité globale » qui nourrit «le bruit sourd du pays qu’on enchaîne».

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #annonces et infos lp 72, #appel, #liberté

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Publié le 9 Avril 2020

La Libre Pensée est et restera anti-religieuse et anti-cléricale !!!

Chaque vendredi dit saint chez les chrétiens, les libres penseurs se retrouvent en banquet et mangent gras, ce jour où les églises chrétiennes imposent la continence à leurs adeptes.

C'est un moyen pour les libres penseurs de dénoncer les interdits religieux, et plus largement tous les interdits stupides et toutes les tentatives pour imposer aux individus un contrôle sur leur corps et sur leur conscience.

Cette année, nous ne pouvons pas tenir nos banquets. Aussi, j'invite les libres penseurs sarthois, les autres aussi, et tous les amis de la Libre Pensée, chez eux, à manger gras, à boire des coups, à l'occasion du vendredi dit "saint" 2020  !

Nous ne sommes pas ensemble physiquement, soyons le par la pensée !

Levons nos verres ! A bas la Calotte, Vive la sociale !

Le président

Hansi B

Pour lire une proposition ( 2020) de discours de la FNLP : https://www.fnlp.fr/2020/03/22/discours-virtuel-pour-un-banquet-virtuel/

 

Discours prononcé au banquet 2019, au Mans, par Liliane présidente du Groupe Louis Crétois de la LP 72

Mécréantes, mécréants, libres penseuses, libres penseurs,

En ce jour de vendredi malsain, je vous apporte le salut fraternel de la Fédération Nationale de la Libre Pensée et de son Président Jean-Sébastien Pierre.

 

Pour les chrétiens, le vendredi dit saint doit être un jour de jeûne, un jour sans viande, sans nourriture grasse et sans alcool. Il marque la célébration du chemin de croix de Jésus, sa crucifixion et sa mort…

Ne vous inquiétez pas, il revient pour Pâques !

 

Selon l’Eglise catholique ce doit être un jour de pénitence, de privation et de souffrance. Dans son délire mortifère et doloriste habituelle ; elle attend des humains que nous mortifions notre chair pour nous rapprocher d’un hypothétique seigneur dont elle serait la représentante sur terre.

 

L’Eglise voue un culte à la souffrance et à la non-satisfaction des besoins du corps. Mère Teresa affirmait ainsi : « Il y a quelque chose de très beau à voir les pauvres accepter leur sort, à le subir comme la passion du Christ. Le monde gagne beaucoup à leur souffrance »[1].

Le croyant doit réprimer ses besoins, ignorer ses pulsions et valoriser ses frustrations. C’est probablement une des causes des perversions et les obsessions dont on voit tous les jours les malheureuses conséquences dans les crimes des églises.

Ils nous disent sans foi ni loi… visiblement ils ont la foi mais pas loi.

 

Catholiques, musulmans, juifs ou autres gourous,  il en est toujours de la même logique : valoriser les privations, les douleurs et la souffrance pour expier ses fautes et se rapprocher de leur dieu…

S’agit-il d’organiser la privation des fidèles pour mieux les endoctriner ou alors s’agit-il pour ces organisations, de rappeler qu’elles contrôlent les corps et les consciences ?

Toute organisation totalitaire organise des démonstrations publiques de son emprise sur ses fidèles.

 

Il parait que le mot religion, vient du latin religere qui signifie « relier », « rapprocher », c’est pourquoi chaque vendredi saint depuis des siècles et jusqu’en 1959, les catholiques récitaient, ensemble, tous en cœur la fameuse prière Oremus et pro perfidis judaeis que l’on pourrait traduire par « prions pour ces perfides juifs ». Il est parfois nécessaire de rappeler d’où vient l’antisémitisme !

A chaque vendredi saint, pour tous les chrétiens du monde, Il ne s’agissait pas de critiquer une politique ségrégationniste dans une théocratie impérialiste se réclamant du judaïsme mais bien de tuer des gens parce qu’ils n’ont pas les mêmes croyances.

Religere : Relier, rapprocher.

De nombreux vendredi saint dans l’histoire se sont terminés par des pogroms. Rappelons ces faits à une époque ou des hommes et des femmes politiques entretiennent l’ignorance la plus totale malgré leurs hautes responsabilités.

 

Ces mêmes politiques sont les descendants des Versaillais qui écrasèrent la Commune de Paris. Ils nous gouvernent en se présentant comme républicains mais ont pour référence Thiers, Napoléon, Maurras et Pétain qu’ils citent régulièrement !

 

Pour notre part, nous sommes les héritiers des premières sociétés de libres penseurs qui se réunissaient au 19ème siècle dans des banquets pour œuvrer à l’élaboration d’une République démocratique, laïque et sociale. Nos ancêtres ont conquis des droits, des libertés, des acquis sociaux et démocratiques. Ils ont permis l’école laïque gratuite et obligatoire, le droit des hommes et des femmes à s’émanciper des dogmes, à disposer de leur corps et à penser librement.

Ils ont élaboré la grande loi de 1905 qui sépare les Eglises de l’Etat et qui permet depuis plus d’un siècle la concorde entre les individus de toute option spirituelle et philosophique.

 

Certains peuvent rire du caractère provocateur et gaulois de nos banquets d’hier et d’aujourd’hui. On peut trouver amusant que les libres penseurs festoient en ce soir de vendredi dit saint. Il n’empêche que notre combat n’a rien de désuet et d’anecdotique. Notre programme est et restera l’émancipation du genre humain.

 

Nous ne sommes pas des rigolos mais bien des militants.

Nous nous dressons devant chaque dogme et nous combattons toute forme d’oppression.

Ce soir, nous mangeons, nous rions, nous chantons contre les interdits. Toute l’année nous luttons par nos colloques, nos recours en justice, nos actions, nos publications, et nos réunions publiques.

 

Chaque fois que nous agissons, que nous discutons, que nous diffusons nos communiqués et à chaque fois qu’un homme ou une femme rejoint nos rangs, la réaction recule !

 

Les religions ne sont qu’interdits, dogmes et autres soutiens à des régimes autoritaires.

Songeons un instant au Brésil, à la Pologne, à la Turquie, aux Etats-Unis, à l’Italie, à la Hongrie, à l’Arabie Saoudite, à l’Iran ou encore à la Russie…

Tous ces pays, à des degrés divers et variés, opèrent une dérive autoritaire qui, à chaque fois, s’est faite avec le soutien des différentes religions !

 

Dans ces pays, le patriotisme le plus étriqué s’appuie sur la religion, dans un fantasme identitaire ou la communauté nationale est valorisée au détriment des étrangers et de ceux qui veulent vivre librement et différemment !

Dans ces pays, les interdits religieux s’appliquent et on peut observer des conséquences très concrètes : En Turquie, il est de plus en plus mal vu qu’un couple de jeunes vive ensemble sans être mariés. Les démocrates turques manifestent pour le droit des femmes à s’habiller comme elles le souhaitent. Aux Etats-Unis, le droit à l’IVG recule dans de nombreux états. Récemment c’est l’état du Mississipi qui interdisait l’IVG au-delà de 6 semaines !

En Pologne, l’état clérical couvre lui-même les crimes des prêtres pédophiles. Au Brésil ou en Russie, les homosexuels, les féministes, les démocrates sont chassés, frappés parfois battus à mort…

Dans ces Etats, les programmes scolaires sont revus pour coller avec les dogmes religieux, les programmes de planification familiale sont abandonnés, les droits à la contraception et à l’IVG reculent et le délit de blasphème s’applique.

Dans ces pays, les Eglises sont financées avec les impôts des citoyens qui  doivent se plier aux interdits religieux.

 

En France, pendant de nombreuses années, des bien-pensants riaient des libres penseurs. Nous étions des ringards, nous n’avions pas compris que les religions avaient évoluées. Nous n’avions pas intégré qu’il fallait une laïcité positive et ouverte. Nous restions campés sur la défense de la loi de 1905, et nous nous acharnions archaïquement à combattre les dogmes religieux.

 

Malheureusement l’Histoire nous a donné raison, le parti clérical est toujours aussi puissant et néfaste. C’est lui qui milite auprès des élus, dans la rue parfois, contre le mariage pour tous, contre l’IVG, contre l’enseignement de l’égalité des droits entre les sexes, contre la PMA, contre la GPA, contre le droit à mourir dans la dignité…

 

C’est lui, le parti clérical, qui soutient les élites économiques et politiques qui nous dirigent.

C’est, en quelque sorte, l’alliance de ceux qui veulent qu’on mange léger le vendredi saint avec ceux qui veulent qu’on se sert la ceinture toute l’année.

 

Ainsi le gouvernement de Macron-Philippe, dans la continuité des gouvernements précédents cherche à réduire  nos acquis sociaux, détruire nos services publiques et à rogner nos droits aux noms des exigences des marchés et des traités européens. Face à la résistance du peuple, il  réprime les manifestations dans une violence inouïe quand il ne s’agit pas de les interdire tout simplement.

Pour garder le cap et continuer leurs profits les dominants vont user de tous les moyens nécessaires dans un contexte où les peuples ne veulent plus des privations.

 

-Il va leur falloir utiliser le communautarisme ; n’est-ce pas déjà ce qui est fait quand en toute occasion on convoque les représentants des cultes et des familles spirituelles ? La Libre Pensée ne participera pas à cette mascarade et la République n’est pas une succession de communautés. C’est aussi ce qu’ils font quand ils stigmatisent une partie de la population jugée non assimilable à la nation.

 

- Il leur faudra museler l’expression libre des citoyens les plus révoltés. Ils devront faire passer pour des criminels ceux qui militent pour défendre et reconquérir les conquêtes sociales. Ils devront faire taire toute forme de contestation ou dévoyer les causes les plus nobles. Ainsi on veut nous faire croire que l’humanité peut progresser et protéger l’environnement sans remettre en cause un régime économique qui ne vit que du profit et de l’exploitation de l’être humain et de la nature.

Cela est facilité par une concentration des grands médias dans les mains de quelques grands patrons d’industrie. On en arrive à s’émouvoir plus pour le saccage du Fouquet’s que pour les centaines de victimes de la répression policière.

 

-Ils devront embrigader la population et la jeunesse dans un nouvel élan patriotique pour faire face aux « menaces » qui gangrènent la France. Ainsi les jeunes vont bientôt se retrouver enrôlés, de force, dans des nouveaux chantiers de la jeunesse, via la mise en place du Service national Universel. Ils devront travailler pour des institutions ou des associations choisis par l’Etat, ils recevront aussi des formations sur la défense nationale.

Avec la loi sur l’école de la confiance, les enfants eux pourront chanter la main sur le cœur la Marseillaise, dans leur classe, en contemplant les drapeaux français et européens. Le tout sera orchestré par un enseignant qui n’aura pas le choix car lui-même n’aura plus de droit de critiquer son institution (école de la confiance).

Face à cet élan patriotique et militariste, nous opposons nos actions antimilitaristes. Alors que les gouvernements de droite comme de gauche ont toujours refusé de réhabiliter les fusillés pour l’exemple de 14-18 morts par la France, nous avons érigé à Chauny un monument pour les réhabiliter ! Ce monument est le symbole du droit de refuser les ordres les plus iniques. C’est le monument de la liberté de conscience et du refus de la guerre face à des Etats qui sont prêts à massacrer des êtres humains pour garantir leurs profits.

 

-Le programme des destructeurs de la République c’est aussi de détruire la loi de 1905. Malgré un recul du président Macron sur sa volonté de modifier la loi, nous restons vigilants. Là encore, une certaine continuité se retrouve parmi nos gouvernants.  Elle peut se résumer en  plusieurs points : remplacer la séparation des Eglises et de l’Etat par un concordat, financer les Eglises et en premier lieu l’Eglise catholique, contrôler l’islam, stigmatiser les musulmans, instaurer une prétendue laïcité dans les entreprises et dans la vie privée, ce qui serait de fait instaurer une limite certaine à la liberté d’expression et à la liberté de pensée.

 

L’action de la Libre pensée, avec d’autres comme la Ligue des Droits de l’Homme ou la Ligue de l’Enseignement a permis l’unité des laïques contre les projets du gouvernement. Pour autant, celui-ci peut choisir d’arriver à ses fins en contournant la loi de 1905.

 

La Libre Pensée, dans sa méthode mais également en tant qu’organisation nationale et internationale constitue un rempart contre les prétentions réactionnaires des exploiteurs et de leurs alliés.

Pour obtenir l’émancipation du genre humain, faire reculer les interdits religieux, les dogmes et toute forme d’oppression, il faut développer la Libre Pensée !

Rejoindre la Libre pensée s’est se donner les armes de riposter face aux obscurantismes, c’est rejoindre une organisation qui combat ceux qui veulent nous interdire de disposer de notre corps et de notre pensée !

Rejoindre la Libre Pensée, c’est s’organiser collectivement dans une association qui se bat depuis plus de 160 ans pour l’émancipation du genre humain !

 

 

Levons nos verres et buvons au renforcement de la Libre Pensée !

Ni dieu, ni maître, A bas la Calotte et vive la sociale !

 

[1] https://www.lesinrocks.com/2015/12/21/actualite/pourquoi-mere-teresa-est-elle-une-figure-controversee-11794562/

 

 

Discours de banquets contre les interdits religieux

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Christianisme, #annonces et infos lp 72, #liberté

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Publié le 3 Octobre 2019

Samedi 21 septembre 2019, une cinquantaine  de participants assistait à la plantation d'un arbre de la liberté à Chateau du Loir. Après le discours du président des libres penseurs de Château du Loir, et d'une élue qui représentait la mairie, voici le discours lu par le président de la fédération sarthoise de la libre pensée.

Discours d'Hansi Brémond (largement adapté d'une proposition de David Gozlan)

 

Camarades, Citoyennes, citoyens,

 

Je tiens à vous remercier d’être venu ce matin à cette cérémonie

de plantation d’un arbre de la liberté.

Je remercie, au nom de la fédération sarthoise de la Libre Pensée, les camarades de la section de Château du loir pour leur travail d’organisation et je tiens à remercier madame la maire de Château du Loir et son conseil municipal sans qui ne serions pas là ce matin, remercions enfin les services techniques de la commune qui nous ont préparé le site.

C’est un honneur pour nous tous d’être ici, à Château du loir, une commune qui est intiment liée à l’histoire de la libre Pensée de la Sarthe. Ici est née en 1882, une de nos premières sections et ici a œuvré notre illustre ancien camarade le docteur Lemonnier. Le monument en son honneur en porte encore le témoignage.

Comme vous le savez, depuis le 19e siècle, notre fédération organise des plantations de l’arbre de la liberté autour du 20-21septembre.

 

Pour les libres penseurs il s’agit de célébrer plusieurs événements :

 

-Premièrement, Il y a le 21 septembre 1792. Au lendemain de la bataille de Valmy, les révolutionnaires abolissent la royauté et proclament la 1ere République.

 Ils posent ainsi les bases de l’idéal républicain résumé par le triptyque Liberté Égalité et Fraternité. Idéal qui devra s’imposer difficilement tout au long du 19e siècle face aux forces réactionnaires, bonapartistes, royalistes et cléricales. Cet idéal d’une république sociale et universelle permettant l’émancipation du genre humain reste l’objectif pour lequel les libres penseurs se battent.

 

- le 20 septembre, nous célébrons aussi la journée internationale de la Libre Pensée. Cette date fut choisie en référence au 20 septembre 1870, jour où les troupes de Garibaldi ouvrirent une brèche dans la porte Pia à Rome. Les troupes garibaldiennes, dans le symbole comme dans la pratique mirent à bas le pouvoir des Etats pontificaux.

C’est l’incarnation de la Séparation des Etats, régis par les Humains, et des Eglises, instruments d’oppression de l’Humanité. C’est la conscience politique qui s’élève et qui met à terre la chape de plomb des dogmes.

 D’Hypatie à Galilée, de Giordano Bruno à Michel Servet, De Dolet au Chevalier de La Barre, Les martyrs de la Libre Pensée jonchèrent les chroniques des Eglises. Avec cette brèche, c’est une Lumière de liberté qui jaillit.

 

En cette journée internationale de la Libre Pensée, des milliers de Libres penseurs débattent, se réunissent, manifestent pour la liberté de conscience en Amérique latine, comme en Europe, en Amérique du Nord, comme en Asie. Comme Giuseppe Garibaldi, ils sont par leur action porteurs de ces combats contre le dogmatisme, la pensée unique, les religions dites révélées et contre toute forme d’oppression.

 

L’Histoire est faite de brèches, de cassures, de ruptures où les plus humbles, les plus pauvres, les plus modestes, les plus conscients prennent en main leur destin. Nous avons connu des épisodes similaires en France ces derniers temps ; il y a eu le mouvement dit des gilets jaunes, des grèves massives également dans la jeunesse, chez les enseignants et chez les personnels des hôpitaux…

 

Nul ne peut  dire aujourd’hui comment cette aspiration populaire se poursuivra, car elle n’est pas finie, et les bavards gardiens de l’Ordre sont peu prompts à en déclarer la fin, tellement sont-ils secoués par la vague de fond qui parcourt le pays. L’annonce de la contre-réforme des retraites pourrait bien raviver la colère légitime du peuple.

 

Défenseurs de la liberté de conscience, partisans de la Séparation des Eglises et de l’Etat, les Libres penseurs ont été de ceux qui ont manifesté, ont soutenu et soutiennent le droit de manifester. Ils ont dénoncé les arrestations, les matraquages, les exactions contre les manifestants, contre les responsables syndicaux, politiques ou associatifs.

Dans cette logique, le Congrès national de la Libre Pensée, réunit le mois dernier, s’est prononcé pour l’abrogation des lois liberticides, notamment celle sur l’Etat d’urgence et celle contre le droit de manifester.

Le Congrès national de la Libre Pensée s’adresse solennellement à toutes celles et à tous ceux pour qui la liberté n’est pas un vain mot, aux associations, aux syndicats, aux partis : Il faut défendre la liberté de conscience, la liberté d’expression, la liberté d’organisation, la liberté de manifestation !

 

La Libre Pensée prendra toute sa place dans ce combat. Il doit être le combat de toutes et de tous.

Les lois et décrets d’interdiction de manifester sont autant d’injures à la démocratie.

 

Hier comme aujourd’hui, les partisans de la Liberté payent parfois de leur vie.

Évoquons ce célèbre martyr de la Libre Pensée que fut Francisco Ferrer.

 

Il y a 110 ans de cela, le 13 octobre 1909, Francisco Ferrer i Guardia fut fusillé, exécuté par le pouvoir espagnol. C’était encore la monarchie et le cléricalisme contre la libre pensée. Accusé à tort, sur désignation de l’évêque de Barcelone d’être l’instigateur de la Semaine tragique qui a vu le peuple de Madrid se soulever et être écrasé, Francisco Ferrer est jugé sans pouvoir se défendre, condamné et exécuté tout aussi expéditivement. « Avant que ne claque la fusillade, Francisco Ferrer, d'une voix forte, lance aux soldats du peloton : « Mes enfants, vous n'y pouvez rien, visez bien. Je suis innocent. Vive l'École Moderne. » »

 

Ferrer était un porte-parole de l’internationalisme et de la Libre Pensée, à laquelle il avait adhéré en 1890. De fait, « En France, comme dans de nombreux pays d’Europe, des dizaines de milliers de manifestants ont déferlé dans les rues pour protester contre l’exécution, à l’issue d’un procès inique, d’un militant de l’éducation populaire, de la lutte contre le cléricalisme, du combat pour la République, pour l’émancipation sociale et pour la paix.

 

110 ans après son assassinat, ce partisan de la Libre pensée doit être remis à l’honneur, mieux, il doit éclairer par ses écrits, par ses positions, les plus jeunes. C’est d’autant plus d’actualité, que le gouvernement Macron a entrepris une vaste opération d’embrigadement de la jeunesse.

 

Rappelons que la Semaine tragique à Madrid en 1909 est la réponse des monarchistes à la grève générale déclenchée par les syndicats et parti ouvrier contre la guerre de Mélilla au Maroc. L’ouvrier, le paysan, le pauvre ne pouvant payer la somme l’exemptant d’incorporation, se voyait de facto enrôler dans l’armée monarchiste espagnole.

Aujourd’hui, le SNU et l’armée ne cherchent-ils pas à enrôler une partie de la jeunesse ?

Le Service national universel (SNU) constitue une sorte de réplique des Chantiers de jeunesse créés par le Régime de Vichy et placés, de 1940 à 1944, sous la tutelle conjointe d’un militaire, le général Joseph de La Porte du Theil, et du secrétariat d’État à l’Éducation nationale et à la jeunesse d’alors.

Il vise à bourrer le crâne de tous les mineurs de quinze ans, pour tenter de les contraindre à appuyer les opérations militaires extérieures menées par la France et, plus généralement, à se conduire comme de bons petits soldats.

C’est ainsi que le document officiel pour le SNU indique : » « A 6h30. La journée débute par la levée des couleurs, cérémonie pendant laquelle on lève le drapeau français et chante la Marseillaise ».

 

Service national Universel d’Emmanuel Macron où chantiers de la jeunesse ? La République en marche ? La marche forcée, la marche au pas ! 

Le pas cadencé du corporatisme, du militarisme et du cléricalisme qui détruisent les acquis sociaux, les libertés, les services publics.

Ce gouvernement est à l’opposé de l’idéal républicain. Comme d’autres avant lui, il se pare des habits de la République pour mieux la détruire.

Ils osent se prétendre républicains mais ferment des écoles publiques, ferment des hôpitaux, des maternités, des trésoreries, ils privatisent les biens de la nation, ils bradent notre patrimoine, détruisent les services publics en les fermant ou en les confiants à des structures privées.

 

Un républicain n’accepte pas que les citoyens  se voient retirer leurs services publics, leurs écoles.

Il est pour l’égalité.

Un républicain n’accepte pas la pensée unique, la répression des manifestations et la convocation de journalistes qui couvrent les manifestations ou qui enquêtent sur des affaires d’état. Il est pour la Liberté.

Un républicain n’accepte pas la destruction des acquis sociaux, ce qui conduit à creuser encore plus l’écart entre les plus riches et les plus pauvres. De même il n’accepte pas que l’on laisse des humains se noyer plutôt que de les accueillir. Il est pour la Fraternité.

 

Si cette politique antirépublicaine n’avait pas été menée depuis des années, il n’y aura pas de gronde sociale aujourd’hui.

 

 Comme disait Berthold Brecht dans son poème sur la violence :

On dit d'un fleuve emportant tout qu'il est violent

Mais on ne dit jamais rien de la violence

Des rives qui l'enserrent

 

On dit que le vent qui courbe les bouleaux est violent.

Mais qu'en est-il de la tempête qui courbe les hommes

qui travaillent dans les rues ?

 

Notre congrès vient d’adopter un texte qui pose la question ; sommes-nous libres ?

Sommes-nous encore libres de manifester quand la répression s’abat systématiquement sur les manifestants. Sommes-nous libres quand des lycéens sont humiliés, mis à genou lors d’une manifestation, sommes-nous libres quand des journalistes sont convoqués par la DGSI quand ils enquêtent sur des ventes d’armes au Yémen ? Sommes-nous libres quand des enseignants sont empêchés de critiquer une reforme dans l’éducation nationale ou quand des policiers viennent chercher des personnels soignants chez eux pour les réquisitionner et briser une grève ?

 

Citoyennes, citoyens, camarades, amis,

La libre Pensée vous invite à venir discuter de tout cela. Nous vous invitons à discuter des propositions du président Macron qui dit vouloir « réparer le lien entre l’Etat et l’Eglise »

.

La Libre Pensée vous invite à venir débattre des manquements à la Laïcité que constituent les détournements de fonds publics vers les écoles privées.

 

Cette journée n’est pas une journée de simple commémoration.

 

Le combat de la Libre Pensée est celui de la Séparation des Eglises et de l’Etat et les propos du président ont de quoi inquiéter les laïques.

C’est pourquoi la Libre Pensée ouvre la discussion avec l’ensemble des laïques. Pour défendre la loi de 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat, ne baissons pas la garde. Renforçons la mobilisation laïque dans l’unité la plus large !

Le Congrès national de la Libre Pensée, réuni du 26 au 30 août 2019 à Alizay dans l’Eure, a décidé de s’adresser au mouvement laïque, aux syndicats, aux associations philosophiques, aux militants de la laïcité, à toutes celles et à tous ceux qui se réclament de la défense et de la pérennité de la loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Eglises et de l‘Etat : Ne faut-il pas préparer dès maintenant une marche nationale à Paris ? Ne touchez pas à la loi de 1905 !

La Loi de 1905 et les lois laïques permettent à l’enseignement d’être libérés des dogmes.

 

Faire des élèves des citoyens éclairés, et non des consommateurs, des clients, des suiveurs ou des petits soldats. L’enseignement demeure un élément fondamental dans l’émancipation du genre humain. C’est sur ce thème que nous préparons le 8ème  congrès mondial de l’Association international de la Libre Pensée, à Madrid, les 19 et 20 septembre 2020.

 

En ces 110 ans de l’assassinat de Francisco Ferrer, rappelons ce que ce libre penseur, libertaire, Franc-maçon, à propos de son enseignement disait : « L'objet de notre enseignement est que le cerveau de l'individu doit être l'instrument de sa volonté. Nous voulons que les vérités de la science brillent de leur propre éclat et illumine chaque intelligence, de sorte que, mises en pratique, elles puissent donner le bonheur à l'Humanité, sans exclusion pour personne par privilège odieux. »

 

 

Vive la journée internationale de la Libre Pensée !

Vive la République laïque, sociale et universelle !

A bas la calotte, vive la sociale !

 

Discours devant l'arbre de la liberté à Chateau du Loir le 21 septembre 2019

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #annonces et infos lp 72, #liberté

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Publié le 9 Septembre 2019

Appel solennel du Congrès national de la Libre Pensée d’Alizay (Eure)

Sommes-nous libres ?

 

La liberté de conscience, la simple expression d’une opinion, est menacée.

Elle est menacée sur tous les plans, sur tous les terrains.

Elle est malmenée, brutalisée.

 

Pas de bruits de bottes et pourtant …

 

Tout le monde a vu ou a vécu la violence de la répression des manifestations : les Gilets jaunes mutilés,  les tabassages réguliers, les « nassages », l’utilisation d’armes considérées comme armes de guerre, les lycéens à genoux les mains sur la tête, les jugements expéditifs, les emprisonnements, les contrôles préventifs… Si de telles images avaient concerné le Vénézuela, la Russie, la Turquie, que n’aurions-nous pas entendu ?

 

Mais, en cas de plainte suite à des violences policières, alors qu’Emmanuel Macron avait refusé le 7 mars l’expression « violences policières », ces plaintes sont systématiquement classées sans suite. La justice étant déclarée indépendante. Il n’y a donc aucune violence policière. Devant le tollé, « critiqué pour la timidité présumée de son parquet à poursuivre les auteurs de violences policières, le procureur [de Paris] assure que personne ne bénéficiera d’une quelconque impunité. Et annonce pour la première fois les suites données aux enquêtes visant les forces de l’ordre. » (Le Parisien du 30 mai 2019).

 

Car la France est une démocratie ! Parait-il …

 

D’ailleurs, M. Castaner rend hommage à la police d’avant la Libération, dont le sens républicain ne s’était guère manifesté et décore les chefs cogneurs.

 

Sur réquisition du Préfet, à Lons-le-Saulnier, le 29 mai 2019, pour briser la grève des personnels des urgences, « Les forces de l'ordre ont sonné chez des médecins et soignants en pleine nuit, vers 1h du matin, pour leur ordonner d'être aux urgences, en poste, à 7h. Un soignant raconte qu'une infirmière, seule avec ses enfants, a passé sa nuit à s'organiser pour les faire garder. Contacté par France Bleu Besançon, le Dr Eric Loupiac, médecin urgentiste à Lons dénonce la méthode : « Ce sont des méthodes dignes du régime de Vichy, qui rappellent une autre époque ».

Tout le monde a été révolté par la mort du jeune Steve suite à une agression policière lors d’une manifestation festive et par la mort de Zineb Redouane lors d’une manifestation à Marseille en décembre 2018.

 

Tout le monde a été écœuré par le comportement gouvernemental et celui de l’IGPN, IGPN chargée en théorie de veiller au respect de la « déontologie policière »…

 

 

Pas de Ministre de l’Information et de la Propagande 

et pourtant …

 

Lors d’une interview sur CNEWS, le 6 mai 2019, une journaliste, Elisabeth Levy, a été traitée de « dingue » et ses propos qualifiés de « criminels » pour avoir affirmé que le scepticisme en science est une bonne chose. Elle est incrédule ; est-ce un crime ? Dans la foulée, une campagne a exigé du CSA qu’il censure toute critique des thèses « officielles » à propos du climat.

 

Nous ne parlons pas du contenu du débat ; nous parlons de la criminalisation du débat : « Tu n’es pas d’accord avec moi, donc tu es un(e) criminel(le) ». Les chercheurs peuvent-ils chercher sans contrôle ? Y a-t-il une science officielle comme en URSS sous Staline avec Lyssenko ? Va-t-on révoquer un scientifique pour ses opinions, comme on le fit avec Joliot-Curie en 1950 ?

 

La liberté individuelle est remplacée

par la responsabilité collective

 

Emmanuel Macron, en Corse, le 4 avril 2019, affirmait « ceux qui veulent aujourd'hui défendre l'identité corse, doivent aussi faire ce travail mémoriel et savoir dire les choses. Autant la page a été tournée sur Aléria, autant je n'ai pas entendu les mêmes regrets sur l'assassinat du préfet Érignac » ; il met en avant la notion de responsabilité collective et stigmatise toute une population. Qui peut croire qu’il ne s’agit que de la Corse ? C’est donc le chef de l’Etat qui met en avant la notion de responsabilité collective. Comme on le sait, celle-ci a existé dans l’Histoire, dramatiquement ! Associer cet assassinat et « l’identité corse » stigmatise toute une population. Qui pourrait l’accepter ?

 

La Libre Pensée n’accepte pas cette stigmatisation. Cette stigmatisation prépare la violence politique. La Libre Pensée se prononce clairement contre les condamnations à double peine. Tous les prisonniers concernés, quel que soit leur statut, doivent être rapatriés en Corse. Les familles n’ont pas à subir les frais considérables que leur occasionnent les déplacements sur le Continent.

 

On stigmatise la population supposée « musulmane », comme est stigmatisée la population qui a le vocabulaire d’un « boxeur gitan ». Encore un exemple : alors que la laïcité, c’est la liberté de conscience pleine et entière pour tous et pour toutes, certains utilisent le terme en détournant le sens pour viser ceux et celles qui seraient « en trop ». Quand certains disent « laïcité », l’écho hurle « xénophobie » et exclut l’étranger, le « migrant », l’immigré, le descendant d’immigrés, celui qui ne pense pas comme il faut. Tous coupables.

 

Les journalistes sont-ils mieux lotis ? Le Monde du 30 mai 2019 écrit « Affaire Benalla : notre journaliste Ariane Chemin et Louis Dreyfus, directeur de la publication, ont été interrogés par la DGSI » Sur la question de la vente d’armes françaises au Yemen, un autre journaliste Michel Despratx a été également interrogé par la DGSI. Le journal conclut : « À ce jour, huit journalistes ont été auditionnés en quelques semaines par les renseignements français, provoquant l’inquiétude de la profession. »

 

Une actrice, Corinne Masiero, donne son point de vue de citoyenne et refuse d’aller à l’Elysée, elle est publiquement rabrouée et des menaces de sanction à peine voilées sur sa carrière sont proférées. Blacklist pas morte. A l’initiative de libres penseurs et d ‘artistes, une pétition est lancée, elle recueille un grand nombre de signatures. Elle indique : «  La fonction sociale des artistes, acteurs, comédiens, auteurs, réalisateurs est la liberté de comportement pleine et entière et d’avoir le pouvoir de dire Oui et le droit de dire Non. Par cet appel, nous voulons soutenir la liberté de Corinne Masiero de dire ce qu’elle pense, de défendre la liberté de conscience et de tous, et de manifester notre refus des interdits professionnels pour cause de « blasphème » vis-à-vis de l’Elysée et des cercles décideurs, politiques, financiers et économiques. »

 

Pas de police politique et pourtant …

 

Les lanceurs d’alerte sont réduits au silence. Les manifestants hospitalisés sont fichés. Un médecin est sommé de devenir un auxiliaire de police. Faut-il réécrire le Serment d’Hippocrate ?

 

De plus en plus, des enseignant(e)s qui parlent publiquement de la politique gouvernementale dans l’enseignement sont convoqué(e)s et sanctionné(e)s (parce qu’un(e) enseignant(e), convoqué(e) par la haute hiérarchie, aura obligatoirement une conséquence sur sa carrière et sa fonction, ce qui constitue une sanction).

 

L'argument est important : le gouvernement invoque le devoir de réserve des fonctionnaires, dont la portée varie d'ailleurs en fonction de la place occupée par les intéressés dans la hiérarchie administrative, mais oublie de souligner que cette obligation, fixée essentiellement par la jurisprudence, est subordonnée au principe fondamental de libertés d'opinion des agents publics posé par l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires.

 

Ce devoir de réserve s’applique surtout aux fonctionnaires d’autorité comme les préfets et autres dignitaires en uniforme. Mais quand ceux-ci participent à des cérémonies religieuses, comme pour la « sainte-Geneviève, patron des gendarmes », le gouvernement n’a rien à y redire. En utilisant cet argument, le gouvernement avoue le rôle qu’il veut confier aux enseignant(e)s et rendre obligatoire le port de l’uniforme moral. En 1961, au moment du Manifeste des 121 contre la guerre coloniale en Algérie, Pierre Vidal-Naquet avait été suspendu et Laurent Schwartz révoqué. Qui va être suspendu ? Qui va être révoqué ?

 

Clarisse Taron, au nom du Syndicat de la Magistrature, résume le texte de loi voté contre le droit à manifester, loi visant essentiellement les salarié-e-s et leurs organisations : « Certaines mesures sont prises sans l'intervention d'un juge, et certaines restrictions sont prises à l'encontre de personnes en raison de supposées pensées qu'elles auraient, ce qui me paraît dangereux ». Cette loi cible ceux dont le visage sera « partiellement masqué ». Des lunettes teintées ? Un chapeau ? Un pansement sur la joue en sortant de chez le dentiste ? Une perruque trop longue ?

 

La liberté est entière et pour tous, ou elle n’est pas

 

La liste est obligatoirement incomplète ? mais elle suffit déjà. Chaque menace en elle-même ou chaque fait en lui-même peut sembler grave ou secondaire, mais, assemblés, ils ressemblent à des liens multiples et entrecroisés avec lesquels on attrape les animaux sauvages pour les dompter. Répétons-le, la liste est incomplète et chacun la complètera à son gré.

 

La question est : sommes-nous libres ?

 

Si vous ne marchez pas dans le rang, si vous ne courbez pas l’échine, vous êtes « complotiste », « communautariste », « climato-sceptique », « populiste », « poujadiste », « révisionniste », « chemises brunes », « munichois » et, bien évidemment, même si cela n’a aucun rapport avec le sujet, surtout si cela n’a aucun rapport avec le sujet, « antisémite ».

 

L’essentiel n’est pas d’argumenter mais de stigmatiser, de condamner et, pour être sûr que le condamné ne puisse parler, de le réduire au silence, de le noyer sous un déluge d’accusations. Pour faire croire à une « opinion publique », le gouvernement utilise par milliers et milliers les faux comptes sur les réseaux sociaux. Et, « en même temps », il condamne les pratiques qu’il met en œuvre. En un mot, une camisole de force est passée sur la pensée, c’est-à-dire sur le droit de réfléchir par soi-même, de ne pas être d’accord, de le dire, de le faire savoir, de dialoguer, d’écouter, d’argumenter.

 

 

Dans cette logique, le Congrès national de la Libre Pensée se prononce pour l’abrogation des lois liberticides, notamment celle sur l’Etat d’urgence et celle contre le droit de manifester  qui alimentent ce climat général.

 

Le Congrès national de la Libre Pensée s’adresse solennellement à toutes celles et à tous ceux pour qui la liberté n’est pas un vain mot, aux associations, aux syndicats, aux partis :

 

Il faut défendre la liberté de conscience, la liberté d’expression, la liberté d’organisation,

la liberté de manifestation !

 

La Libre Pensée prendra toute sa place dans ce combat. Il doit être le combat de toutes et de tous.

 

Adopté à l’unanimité

 

 

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Publié le 9 Septembre 2019

Appel solennel du Congrès national de la Libre Pensée d’Alizay (Eure)

Sommes-nous libres ?

 

La liberté de conscience, la simple expression d’une opinion, est menacée.

Elle est menacée sur tous les plans, sur tous les terrains.

Elle est malmenée, brutalisée.

 

Pas de bruits de bottes et pourtant …

 

Tout le monde a vu ou a vécu la violence de la répression des manifestations : les Gilets jaunes mutilés,  les tabassages réguliers, les « nassages », l’utilisation d’armes considérées comme armes de guerre, les lycéens à genoux les mains sur la tête, les jugements expéditifs, les emprisonnements, les contrôles préventifs… Si de telles images avaient concerné le Vénézuela, la Russie, la Turquie, que n’aurions-nous pas entendu ?

 

Mais, en cas de plainte suite à des violences policières, alors qu’Emmanuel Macron avait refusé le 7 mars l’expression « violences policières », ces plaintes sont systématiquement classées sans suite. La justice étant déclarée indépendante. Il n’y a donc aucune violence policière. Devant le tollé, « critiqué pour la timidité présumée de son parquet à poursuivre les auteurs de violences policières, le procureur [de Paris] assure que personne ne bénéficiera d’une quelconque impunité. Et annonce pour la première fois les suites données aux enquêtes visant les forces de l’ordre. » (Le Parisien du 30 mai 2019).

 

Car la France est une démocratie ! Parait-il …

 

D’ailleurs, M. Castaner rend hommage à la police d’avant la Libération, dont le sens républicain ne s’était guère manifesté et décore les chefs cogneurs.

 

Sur réquisition du Préfet, à Lons-le-Saulnier, le 29 mai 2019, pour briser la grève des personnels des urgences, « Les forces de l'ordre ont sonné chez des médecins et soignants en pleine nuit, vers 1h du matin, pour leur ordonner d'être aux urgences, en poste, à 7h. Un soignant raconte qu'une infirmière, seule avec ses enfants, a passé sa nuit à s'organiser pour les faire garder. Contacté par France Bleu Besançon, le Dr Eric Loupiac, médecin urgentiste à Lons dénonce la méthode : « Ce sont des méthodes dignes du régime de Vichy, qui rappellent une autre époque ».

Tout le monde a été révolté par la mort du jeune Steve suite à une agression policière lors d’une manifestation festive et par la mort de Zineb Redouane lors d’une manifestation à Marseille en décembre 2018.

 

Tout le monde a été écœuré par le comportement gouvernemental et celui de l’IGPN, IGPN chargée en théorie de veiller au respect de la « déontologie policière »…

 

 

Pas de Ministre de l’Information et de la Propagande 

et pourtant …

 

Lors d’une interview sur CNEWS, le 6 mai 2019, une journaliste, Elisabeth Levy, a été traitée de « dingue » et ses propos qualifiés de « criminels » pour avoir affirmé que le scepticisme en science est une bonne chose. Elle est incrédule ; est-ce un crime ? Dans la foulée, une campagne a exigé du CSA qu’il censure toute critique des thèses « officielles » à propos du climat.

 

Nous ne parlons pas du contenu du débat ; nous parlons de la criminalisation du débat : « Tu n’es pas d’accord avec moi, donc tu es un(e) criminel(le) ». Les chercheurs peuvent-ils chercher sans contrôle ? Y a-t-il une science officielle comme en URSS sous Staline avec Lyssenko ? Va-t-on révoquer un scientifique pour ses opinions, comme on le fit avec Joliot-Curie en 1950 ?

 

La liberté individuelle est remplacée

par la responsabilité collective

 

Emmanuel Macron, en Corse, le 4 avril 2019, affirmait « ceux qui veulent aujourd'hui défendre l'identité corse, doivent aussi faire ce travail mémoriel et savoir dire les choses. Autant la page a été tournée sur Aléria, autant je n'ai pas entendu les mêmes regrets sur l'assassinat du préfet Érignac » ; il met en avant la notion de responsabilité collective et stigmatise toute une population. Qui peut croire qu’il ne s’agit que de la Corse ? C’est donc le chef de l’Etat qui met en avant la notion de responsabilité collective. Comme on le sait, celle-ci a existé dans l’Histoire, dramatiquement ! Associer cet assassinat et « l’identité corse » stigmatise toute une population. Qui pourrait l’accepter ?

 

La Libre Pensée n’accepte pas cette stigmatisation. Cette stigmatisation prépare la violence politique. La Libre Pensée se prononce clairement contre les condamnations à double peine. Tous les prisonniers concernés, quel que soit leur statut, doivent être rapatriés en Corse. Les familles n’ont pas à subir les frais considérables que leur occasionnent les déplacements sur le Continent.

 

On stigmatise la population supposée « musulmane », comme est stigmatisée la population qui a le vocabulaire d’un « boxeur gitan ». Encore un exemple : alors que la laïcité, c’est la liberté de conscience pleine et entière pour tous et pour toutes, certains utilisent le terme en détournant le sens pour viser ceux et celles qui seraient « en trop ». Quand certains disent « laïcité », l’écho hurle « xénophobie » et exclut l’étranger, le « migrant », l’immigré, le descendant d’immigrés, celui qui ne pense pas comme il faut. Tous coupables.

 

Les journalistes sont-ils mieux lotis ? Le Monde du 30 mai 2019 écrit « Affaire Benalla : notre journaliste Ariane Chemin et Louis Dreyfus, directeur de la publication, ont été interrogés par la DGSI » Sur la question de la vente d’armes françaises au Yemen, un autre journaliste Michel Despratx a été également interrogé par la DGSI. Le journal conclut : « À ce jour, huit journalistes ont été auditionnés en quelques semaines par les renseignements français, provoquant l’inquiétude de la profession. »

 

Une actrice, Corinne Masiero, donne son point de vue de citoyenne et refuse d’aller à l’Elysée, elle est publiquement rabrouée et des menaces de sanction à peine voilées sur sa carrière sont proférées. Blacklist pas morte. A l’initiative de libres penseurs et d ‘artistes, une pétition est lancée, elle recueille un grand nombre de signatures. Elle indique : «  La fonction sociale des artistes, acteurs, comédiens, auteurs, réalisateurs est la liberté de comportement pleine et entière et d’avoir le pouvoir de dire Oui et le droit de dire Non. Par cet appel, nous voulons soutenir la liberté de Corinne Masiero de dire ce qu’elle pense, de défendre la liberté de conscience et de tous, et de manifester notre refus des interdits professionnels pour cause de « blasphème » vis-à-vis de l’Elysée et des cercles décideurs, politiques, financiers et économiques. »

 

Pas de police politique et pourtant …

 

Les lanceurs d’alerte sont réduits au silence. Les manifestants hospitalisés sont fichés. Un médecin est sommé de devenir un auxiliaire de police. Faut-il réécrire le Serment d’Hippocrate ?

 

De plus en plus, des enseignant(e)s qui parlent publiquement de la politique gouvernementale dans l’enseignement sont convoqué(e)s et sanctionné(e)s (parce qu’un(e) enseignant(e), convoqué(e) par la haute hiérarchie, aura obligatoirement une conséquence sur sa carrière et sa fonction, ce qui constitue une sanction).

 

L'argument est important : le gouvernement invoque le devoir de réserve des fonctionnaires, dont la portée varie d'ailleurs en fonction de la place occupée par les intéressés dans la hiérarchie administrative, mais oublie de souligner que cette obligation, fixée essentiellement par la jurisprudence, est subordonnée au principe fondamental de libertés d'opinion des agents publics posé par l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires.

 

Ce devoir de réserve s’applique surtout aux fonctionnaires d’autorité comme les préfets et autres dignitaires en uniforme. Mais quand ceux-ci participent à des cérémonies religieuses, comme pour la « sainte-Geneviève, patron des gendarmes », le gouvernement n’a rien à y redire. En utilisant cet argument, le gouvernement avoue le rôle qu’il veut confier aux enseignant(e)s et rendre obligatoire le port de l’uniforme moral. En 1961, au moment du Manifeste des 121 contre la guerre coloniale en Algérie, Pierre Vidal-Naquet avait été suspendu et Laurent Schwartz révoqué. Qui va être suspendu ? Qui va être révoqué ?

 

Clarisse Taron, au nom du Syndicat de la Magistrature, résume le texte de loi voté contre le droit à manifester, loi visant essentiellement les salarié-e-s et leurs organisations : « Certaines mesures sont prises sans l'intervention d'un juge, et certaines restrictions sont prises à l'encontre de personnes en raison de supposées pensées qu'elles auraient, ce qui me paraît dangereux ». Cette loi cible ceux dont le visage sera « partiellement masqué ». Des lunettes teintées ? Un chapeau ? Un pansement sur la joue en sortant de chez le dentiste ? Une perruque trop longue ?

 

La liberté est entière et pour tous, ou elle n’est pas

 

La liste est obligatoirement incomplète ? mais elle suffit déjà. Chaque menace en elle-même ou chaque fait en lui-même peut sembler grave ou secondaire, mais, assemblés, ils ressemblent à des liens multiples et entrecroisés avec lesquels on attrape les animaux sauvages pour les dompter. Répétons-le, la liste est incomplète et chacun la complètera à son gré.

 

La question est : sommes-nous libres ?

 

Si vous ne marchez pas dans le rang, si vous ne courbez pas l’échine, vous êtes « complotiste », « communautariste », « climato-sceptique », « populiste », « poujadiste », « révisionniste », « chemises brunes », « munichois » et, bien évidemment, même si cela n’a aucun rapport avec le sujet, surtout si cela n’a aucun rapport avec le sujet, « antisémite ».

 

L’essentiel n’est pas d’argumenter mais de stigmatiser, de condamner et, pour être sûr que le condamné ne puisse parler, de le réduire au silence, de le noyer sous un déluge d’accusations. Pour faire croire à une « opinion publique », le gouvernement utilise par milliers et milliers les faux comptes sur les réseaux sociaux. Et, « en même temps », il condamne les pratiques qu’il met en œuvre. En un mot, une camisole de force est passée sur la pensée, c’est-à-dire sur le droit de réfléchir par soi-même, de ne pas être d’accord, de le dire, de le faire savoir, de dialoguer, d’écouter, d’argumenter.

 

 

Dans cette logique, le Congrès national de la Libre Pensée se prononce pour l’abrogation des lois liberticides, notamment celle sur l’Etat d’urgence et celle contre le droit de manifester  qui alimentent ce climat général.

 

Le Congrès national de la Libre Pensée s’adresse solennellement à toutes celles et à tous ceux pour qui la liberté n’est pas un vain mot, aux associations, aux syndicats, aux partis :

 

Il faut défendre la liberté de conscience, la liberté d’expression, la liberté d’organisation,

la liberté de manifestation !

 

La Libre Pensée prendra toute sa place dans ce combat. Il doit être le combat de toutes et de tous.

 

Adopté à l’unanimité

 

 

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Publié le 3 Septembre 2019

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #annonces et infos lp 72, #laïcité, #liberté

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Publié le 1 Mai 2019

Le 25 mai prochain, la Libre Pensée de la Sarthe, via la groupe Louis Crétois, participe et appelle à participer à la Culture Pride. nous y tiendrons un stand.

25 mai ; culture pride au Mans

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Publié le 25 Avril 2019

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Publié le 25 Avril 2019

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Publié le 2 Décembre 2018

Macron nous voilà !

 Le 31 juillet 1940, un décret du Régime de Vichy crée les Chantiers de jeunesse : « Article 1 : Les jeunes gens incorporés les 8 et 9 juin 1940 sont relevés à compter du présent décret de leurs obligations militaires d’activité. Article 2 : A partir de la même date, ils sont versés, pour une durée de six mois, dans les groupements de jeunesse constitués sous l’autorité du Ministre de la Jeunesse et de la Famille ». La nouvelle structure est confiée au général de la Porte du Theil, un ancien chef scout.

 

En lisant cette brochure numérique, vous verrez que les similitudes sont grandes avec le projet du Service national universel d’Emmanuel Macron. Il s’agit toujours d’enrôler la jeunesse, pour lui apprendre à obéir, et à lui faire aimer la couleur et le goût du Kaki. Les guerres d’hier préparent toujours les guerres de demain.

 

Rappelons aussi, et il n’y a là nul hasard, qu’Emmanuel Mounier fondateur de la revue Esprit, dont Emmanuel Macron fut membre du Comité de rédaction, fut un fervent maréchaliste et soutint l’Ecole d’Uriage qui forma les cadres de la Collaboration avec l’Allemagne nazie. Le Personnalisme avait alors un goût de Croix gammée indiscutable. Mais la « personne humaine », elle était dans les camps et gémissait sous la botte.

 

La Libre Pensée a dit NON en 1940, elle continuera toujours à dire NON aux projets totalitaires d’aujourd’hui.

 

 

Telecharger gratuitement la brochure sur le Service National Universel

https://www.fnlp.fr/download/get/arguments-snu/48.html

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #anti militarisme, #communiqués nationaux, #jeunes, #liberté

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Publié le 25 Novembre 2018

Je suis un homme.

Selon certains, il parait que c’est de plus en plus difficile  d’être un homme.

Cette situation serait due  aux  récentes vagues de féminismes. Il y aurait selon les mêmes « une crise de la masculinité, une difficulté à être un homme ».

Ces hommes ne sauraient plus quelle place ils occupent dans la société, ni quel rôle tenir… Les hommes ne comprendraient plus les femmes et les femmes ne comprendraient plus les hommes…

Des hommes affirment même qu’avec le féminisme il n’est plus possible de  séduire une femme ou même de faire de l’humour avec elle.

 

C’est ce genre de discours qu’on entend de personnages aussi détestables que Zemmour et autres machos d’arrière-garde.

Plutôt que de chercher à comprendre et à discuter, ces hommes relayés aussi par des femmes tout aussi réactionnaires défendent bec et ongle, leur vieux système.

 

Ce sont a proprement parler des conservateurs, des réactionnaires… Ils ont les mêmes réflexes que ceux qui vous expliquaient en 1936 que les entreprises feraient faillite avec les premiers congés payés !

 

Ces hommes, pour être homme, ont besoin de femmes soumises qui leur soient inférieures… Il leur faut dominer les femmes pour être des hommes.

            Ils font l’éloge de la virilité et de la force naturelle des hommes mais des lors que les femmes revendiquent l’égalité, ils se sentent menacés, ils pleurnichent…

Ils  mènent une croisade médiatique ou ils se présentent comme des martyrs, de pauvres êtres «en désarroi», plongés dans la «confusion»…

            Est-ce donc cela leur force de males virils ? Pitoyable ! Quelle belle preuve qu’ils ne sont pas le sexe fort, et que par conséquent il n’y a pas de sexe faible.

 

Éric Zemmour affirment, par exemple, que l’époque est marquée par «la supériorité évidente des “valeurs” féminines, la douceur sur la force, le dialogue sur l’autorité, la paix sur la guerre, l’écoute sur l’ordre, la tolérance sur la violence (1)», comme si les notions de dialogue, de tolérance ou de douceur étaient le propre des femmes. «Les hommes font tout ce qu’ils peuvent pour [...] devenir une femme comme les autres», soupirait Zemmour.

 

Je suis un homme et je ne peux accepter que ce réactionnaire nous fasse passer, nous les hommes, pour des brutes épaisses !

Eric, à titre personnel, je suis un homme, je n’ai pas de problème identitaire, et je privilégie la douceur sur la force, la paix à la guerre, l’écoute sur l’ordre…

Ce qui n’était pas forcément le cas de Thatcher par ailleurs !

 

Pour ces gens nos positionnements idéologiques seraient déterminés par notre entre jambe ! ? Si être un homme c’est avoir les idées de Zemmour, je préfère me faire opérer !

 

Leur conception des rapports entre les hommes et les femmes ne sont ni des liens humanistes, ni de l’amour, c’est de la domination…

Aujourd’hui, ils se plaignent comme se sont plaints les exploiteurs d’esclaves à St Domingue quand les esclaves ont pris les armes nourris par les idéaux de la Révolution françaises.

Ils se plaignent comme ces nostalgiques de la colonisation face aux droits des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Si leur force d’homme ne tient qu’à la  soumission des femmes, c’est qu’ils sont bien faibles.

Si pour séduire, il leur faut dominer et contraindre, c’est que ce sont vraiment de piètres séducteurs sans atouts ni esprit.

Si pour eux l’humour passe par l’humiliation, la moquerie et les remarques déplacés, c’est qu’ils sont tristes et dénoués de toute forme d’empathie.

« Personne n’est plus arrogant envers les femmes, plus agressifs ou méprisant, qu’un homme inquiet pour sa virilité ».

Simone de Beauvoir

 

Quand nous proposons d’abolir les rapports de force dominants-dominés, ils prennent peur qu’on veuille les inverser. Ne conçoivent-ils les rapports humains qu’exclusivement comme des rapports de force ? Bien triste vision de l’humanité.

 

« On pourrait trouver leurs lamentations risibles, voire pathétiques. Le problème, insiste la sociologue Francis Dupui-Déri, c’est qu’elles «permettent de contester l’idéal féministe d’égalité entre les sexes et d’accuser les féministes et les femmes –mères, institutrices, épouses– d’être responsables de tous les problèmes des hommes. Ce faisant, ces discours fournissent aux hommes violents et à leurs complices des arguments pour justifier leur violence.»

 

Le chercheur cite par exemple une étude, menée en 2016 aux États-Unis, sur une douzaine de sites web du Mouvement des hommes : «On y prétend que le féminisme prive les hommes de la sexualité à laquelle ils devraient avoir droit.

Selon cette tendance, c’est le manque de disponibilité sexuelle des femmes qui entrainerait les suicides des hommes et les violences masculines contre les femmes, y compris les meurtres.» Prétextant qu’ils sont en crise par la faute des «salopes» qui se refusent à eux, beaucoup de ces internautes énervés lâchent des propos haineux, à la limite de l’incitation à la violence.

 

Dans son livre Angry White Men, le sociologue Michael Kimmel «rappelle une série de meurtres de masse de femmes perpétrés par des hommes qui justifiaient leur crime en expliquant avoir été rejetés par les femmes. Par exemple, en 2009, un homme de 48 ans a assassiné cinq jeunes femmes dans un gymnase de Pennsylvanie, avant de se suicider. Dans son journal intime retrouvé par les policiers, il détaillait ses mésaventures avec les femmes, soulignant ne pas avoir eu de relations sexuelles depuis une vingtaine d’années.» Comme le remarque Kimmel, «il sentait que ces femmes lui étaient dues. Il sentait que c’était son droit, en tant qu’homme, d’avoir accès aux femmes».

Ce courant archaïque est loin d’être défait et il s’organise… des dizaines de pages internet de ce type pullulent

 

Ce mouvement réactionnaire se nourrit aussi des crises économiques, des dogmes religieux et du besoin de notre système de diviser l’humanité pour l’exploiter.

 

Comme le disait Simone De Beauvoir « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise économique, politique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. »

 

C’est déjà ce qu’il se passe.

 

Ici en Sarthe, le droit des femmes à disposer de leur corps est menacé, j’en veux pour preuve l’exemple de l’hôpital du bailleul où les ivg ont été rendus impossibles, plongeants les femmes 40 ans en arrière.

 

C’est une violence de plus faite aux femmes. C’est la rencontre entre des politiques de restriction des services publiques et les positionnements cléricaux de certains médecins mettant en avant leur clause de conscience pour imposer leur dogmes religieux à toutes et tous.

 

Quelques semaines plus tard, Le pape vous expliquait que le recours à une IVG, c’était l’équivalent d’un recours à un tueur à gage. Dans le même moment, au Brésil, Bolsonaro faisait sa campagne en partie sur des arguments sexistes et violents.

 

Ces forces souvent alimenter par des courants religieux imposent la domination d’un sexe par un autre, impose à chacun d’entre nous une place dans la société qui serai déterminée par notre sexe ! Chaque discours qui justifie la supériorité d’un sexe sur l’autre, chaque discours qui prend la défense des agresseurs, chaque discours qui va à l’encontre de l’égalité en droit nourrit ces violences !

 

Tout cela concerne autant les hommes que les femmes.

Quand une femme est agressée, violée, harcelée, discriminée… Il s’agit de ma mère, ma compagne, ma sœur, mon amie, ma semblable…

 

Quand on porte atteinte aux droits des femmes, on porte atteinte aux autres droits… Quand on use du sexisme en général on use d’autres formes de discriminations… Quand on prétexte du sexe pour assigner à quelqu’un un rôle dans la société on rentre en opposition avec la liberté de tous, quel que soit son sexe, sa couleur, ses opinions et croyances, à choisir sa vie, sa place dans la société.

 

Quand une société décrète qu’elle a des droits sur le corps des femmes, elle en a aussi sur le corps des hommes. C’est un schéma classique vu en 1914 par exemple ; les hommes donnent leur corps à l’armée pour défendre la patrie quand les femmes doivent mettre leur ventre au service du pays pour faire plus de chair à canon !

 

 

En vérité, le combat féministe, est tout sauf un combat des hommes contre les femmes. C’est un combat des humanistes, des progressistes contre les réactionnaires.

C’est le combat de ceux qui se battent pour l’émancipation du genre humain contre ceux qui veulent des sociétés autoritaires où chaque personne doit être rangée dans une case selon des caractéristiques qui lui sont propres. Toute forme d’Etat autoritaire, tyrannique a justifié et promu le sexisme.

Les violences faites aux femmes, que ce soient des violences conjugales, en passant par le harcèlement, le viol, et tous les discours qui justifient le sexisme  sont des violences faites à l’humanité.

 

De même que toutes les oppressions (économiques, politiques ou religieuses) s’appuient les unes sur les autres ;  les humains soucieux de leur liberté doivent lutter pour tout ce qui contribue à émanciper l’humanité.

 

Je vous invite à discuter avec les associations présentes aujourd’hui, elles sont diverses et variées, rejoignez les et organisez-vous !

 

Pour conclure, j’ai choisi une citation de Bakounine : « Je ne suis libre que lorsque tous les êtres humains qui m’entourent, hommes et femmes, sont également libres. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 – ce discours contient plusieurs extraits de cet article :

http://sexes.blogs.liberation.fr/2018/11/07/la-crise-de-la-masculinite-nexiste-pas/?fbclid=IwAR2ai5FK5dTfRwzGiD6LnVowt3PG9zI5Pq3RGJ4ya5HPkXwhG5x6Q1DHP_Q

Discours de Hansi Brémond au rassemblement nous toutes au Mans le 24 novembre 2018

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Egalité, #liberté, #liberté de conscience et de corps

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Publié le 21 Novembre 2018

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Publié le 11 Novembre 2018

Nous avons appris par des amis, militants des droits de l’homme marocains vivants dans notre département, la situation dramatique dans laquelle sont placées les populations du Rif au Maroc.

Depuis l’assassinat de Mohcine Fikri, un marchand de poisson broyé par un camion-benne à ordures, la population dans le Rif mène une résistance pacifique contre ce qu’ils appellent la Hogra (le mépris de l’Etat), l’exclusion sociale et pour la liberté, la dignité et la justice sociale.

Seulement le régime marocain ne répond à ces manifestations que par la répression, l’intimidation et les arrestations massives de militants du mouvement social confirmant ainsi la nature répressive et despotique de cette monarchie.

La Libre Pensée rappelle son attachement à la liberté de conscience et de ce fait à la liberté d’expression. Elle condamne avec fermeté la répression et l’arrestation de militants dont le seul crime est de se battre pour leurs droits. Nous nous associons aux démocrates et à nos amis de la Ligue des Droits de l’Homme pour demander la libération des prisonniers d’opinion du Hirak du Rif et de tous les prisonniers politiques au Maroc.

La Libre Pensée apporte son soutien à celles et ceux qui se battent partout dans le monde pour obtenir plus de démocratie et de justice sociale.

https://www.rifonline.net/Soutien-au-Hirak-du-Rif-Reportage-sur-la-manifestation-de-Geneve-Videos-et-Photos_a1842.html

https://www.rifonline.net/Soutien-au-Hirak-du-Rif-Reportage-sur-la-manifestation-de-Geneve-Videos-et-Photos_a1842.html

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #communiqué LP 72, #liberté d'expression, #liberté, #lutte des classes

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Publié le 15 Août 2018

Nous avons appris cet été dans la presse que depuis le mois de janvier 2018, les Sarthoises ne peuvent plus accéder à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) à l’hôpital du Bailleul, né en 2007 de la fusion des hôpitaux de La Flèche et Sablé-sur-Sarthe. Selon les éléments dont nous disposons, sur cinq gynécologues-obstétriciens exerçant au sein de cet hôpital public, trois font valoir leur clause de conscience et refusent de pratiquer des IVG. Parmi les deux autres, l'un est parti à la retraite sans être remplacé pour le moment. Le seul médecin restant pour pratiquer cet acte ne pouvant pas le faire seul, l'hôpital a choisi de suspendre ce service et de réorienter les patientes concernées vers les hôpitaux du Mans et d'Angers.

Cette situation remet totalement en cause le droit des femmes à disposer de leur corps et constitue une véritable régression. Preuve que ce droit à l’IVG, acquis en 1973 et porté notamment par Simone Veil, est plus que jamais menacé, pris en tenaille entre les restrictions budgétaires qui pèsent sur l'hôpital public et les offensives réactionnaires des religions. Certes légale, la clause de conscience invoquée par les médecins pose question, d'autant plus lorsqu'ils exercent dans un hôpital public. Un décret du 3 mai 2002 indique d'ailleurs que les établissements publics disposant de lits de gynécologie-obstétrique n'ont pas le droit de refuser de pratiquer l'IVG.

Derrière ces agissements se cachent bien souvent des militants anti-avortement appuyés par des institutions religieuses, plus particulièrement l'Eglise catholique, dont le pape ne cesse de lutter contre le droit des individus à disposer de leur corps. Les forces conservatrices et réactionnaires qu'il soutient viennent ainsi d’obtenir le maintien de l’interdiction de l’IVG en Argentine. En France, ce cléricalisme liberticide couplé aux politiques d’austérité des gouvernements successifs conduit à des situations telle que celle observée en ce moment à l’hôpital du Bailleul, où la condition des femmes connaît, de fait, un bond de 40 ans en arrière.

Malgré les effets d’annonce, et les vœux pieux sur les droits des femmes, le gouvernement autorise ainsi une véritable régression sur un acquis fondamental. La ministre de la santé, Agnès Buzyn, a annoncé que l’activité pourrait reprendre en septembre grâce au renfort d’un médecin de Saumur et à l’augmentation du temps de travail d’un autre.

Insuffisant pour la Libre Pensée, qui exige que tout soit mis en œuvre pour que ce service public de santé fonctionne à nouveau dès maintenant.

 

 

Le Mans, le 14 aout 2018

En Sarthe, comme ailleurs, les femmes doivent disposer du droit à l’IVG !

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #liberté de conscience et de corps, #liberté, #communiqué LP 72

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Publié le 11 Avril 2018

Mardi 10 avril 2018, à l’occasion de la représentation de la pièce “Sur le concept du visage du fils de Dieu“, au théâtre des Quinconces au Mans, des membres de l’Action française et du Front National ont manifesté leur hostilité contre cette œuvre qu’ils jugent blasphématoire. On apprend, par ailleurs, dans la presse que des actes de vandalisme ont été commis contre le théâtre dans la nuit du 9 au 10 avril.

Ces militants ont porté une banderole « stop à la christianophobie » et scandé des slogans tel que « ni laïque, ni maçonnique, la France est catholique ». Cherchant certainement à intimider les spectateurs se rendant au théâtre.

 

Dans ce contexte, comment comprendre l'interdiction faite par la Préfecture aux producteurs du spectacle d'employer des acteurs mineurs, conduisant de fait à amputer le spectacle d'une scène entière ?

Doit-on y voir une tentative de censure déguisée, alors que la pièce est jouée en intégralité sans aucun problème dans l'immense majorité des villes où elle est proposée ?

 

La Fédération de la Sarthe de la Libre Pensée dénonce et condamne les actions de ces militants. Le délit de blasphème a été aboli en France en 1791 et la République garantit la liberté de conscience à tous ses citoyens grâce à la loi de 1905 de Séparation des Églises et de l’Etat.

 

La liberté d’expression ne peut souffrir aucune limitation. La limitation à la liberté d’expression s’appelle la censure.

 

La Libre Pensée appelle tous les laïques authentiques à se regrouper et à s’organiser pour faire barrage aux tentatives de tous les cultes de réinvestir la sphère publique et ce, avec la complicité de nombreux élus, quelle que soit leur appartenance politique. Sur ce point la rencontre entre l’Eglise catholique et le président de la République a de quoi inquiéter les laïques.

Quand des élus versent des subventions importantes à des cultes sous prétexte qu’ils s’occupent de services publics (crèches ou enseignement privé religieux par exemple), il ne faut pas s’étonner que les mêmes cultes estiment avoir leur mot à dire dans tous les aspects de la vie publique, création artistique comprise.

 

La fédération de la Sarthe de la Libre Pensée rappelle que la République française est laïque. Comme le dit l’article 2 de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905, « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte

 

Pour ce qui est de l’action française et de ses amis, est-il nécessaire de rappeler l’engagement de nombre d’entre eux, derrière Charles Maurras, dès 1940 au côté du Maréchal Pétain et de son régime de collaboration avec l’Allemagne nazie?

Comme le disait le milicien, Paul Touvier, lors de son procès « l'Eglise suivait le Maréchal, je suivais l'Eglise. Mon devoir était tout tracé »

 

Fort heureusement, d’autres français catholiques, protestants, juifs, musulmans, libres penseurs ou francs-maçons, vivant dans la métropole ou venant des colonies, avec l’aide d’alliés du monde entier, nous ont libéré du nazisme et de ses collaborateurs.

 

Pour finir la Libre Pensée rappelle que la France n’est ni catholique, ni juive, ni protestante, ni musulmane, ni franc-maçonne, ni libres penseuse, ni athée, elle est laïque, diverse et c’est une République qui s’est donnée pour devise « Liberté, Egalité, Fraternité » !

 

 

Le Mans, le 11 avril 2018

Fédération de la Sarthe de la Libre Pensée.

La manifestation de l’Action Française et du Front National. Le 10 avril 2018, au Mans. Image de France Bleu Maine.

La manifestation de l’Action Française et du Front National. Le 10 avril 2018, au Mans. Image de France Bleu Maine.

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #liberté d'expression, #laïcité, #communiqué LP 72, #liberté

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Publié le 18 Juin 2017

A peine élu, le huitième Président de la Cinquième République a revêtu à la hâte les habits de César, si plaisants à ses yeux, mais si lourds à porter. Elevé chez les jésuites et nourri de la Doctrine sociale de l’Eglise par son mentor, Henri Hermand, ancien éditorialiste de la revue La Quinzaine du groupe La Vie catholique, il considère que le catholicisme lui a permis d’acquérir « une discipline de l’esprit ». Cette affirmation explique sa présence passée au comité de rédaction de la revue Esprit comme son amour passionné de l’ordre. Il se repaît de sa qualité de chef des armées.

Il s’est également montré peu attaché à la liberté de la presse, comme l’a montré récemment  la déclaration de 11 sociétés de journalistes. Enfin, lors du deuxième Conseil de défense, qui s’est tenu le 24 mai dernier, il a annoncé son intention de prolonger à nouveau, jusqu’en novembre 2017, l’état d’urgence. Institué par la loi d’exception du 3 avril 1955, durant la guerre d’indépendance de l’Algérie, celui-ci a pour objet de limiter les libertés publiques et individuelles, en l’absence de contrôle du juge judiciaire, « soit en cas de péril imminent résultant d’atteintes graves à l’ordre public, soit en cas d’évènements présentant, par leur nature et leur gravité, le caractère de calamité publique ». Parce que ces conditions ne sont plus réunies depuis longtemps, le Président de la République envisage de faire voter une nouvelle loi antiterroriste qui pérenniserait celle de 1955 en toutes ses dispositions.

Les projets du Président de la République risquent d’être contrariés. Dans une décision du 9 juin 2017 (CC, 9 juin 2017, n° 2017-635 QPC), saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité par le Conseil d’Etat, qui avait d’ailleurs publiquement indiqué que l’état d’urgence ne pouvait être indéfiniment reconduit, le Conseil constitutionnel vient de déclarer contraires à la Constitution du 4 octobre 1958 les dispositions du 3° de l’article 5 de la loi du 3 avril 1955 donnant au Préfet le pouvoir d’« interdire le séjour dans tout ou partie du département à toute personne cherchant à entraver, de quelque manière que ce soit, l’action des pouvoirs publics ». Conformément aux moyens des requérants, une association et une personne ayant fait l’objet d’une assignation à résidence, il a estimé que le législateur, s’il est fondé à prévoir un état d’urgence, doit néanmoins « assurer la conciliation entre, d’une part, la prévention des atteintes à l’ordre public et, d’autre part, le respect des droits et libertés reconnus à tous ceux qui résident sur le territoire de la République » notamment « la liberté d’aller et venir, composante de la liberté personnelle protégée par les articles 2 et 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 » ainsi que « le droit de mener une vie familiale normale qui résulte du dixième alinéa du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 » repris par celle de 1958.

Or, en l’espèce, l’entrave à « l’action des pouvoirs publics », une notion excessivement large, ne saurait être assimilée à une « atteinte à l’ordre public », seule de nature à justifier, selon le Conseil constitutionnel, des mesures particulières. Celui-ci a donc déclaré contraires à la Constitution de 1958, les dispositions du 3° de l’article 5 de la loi du 3 avril 1955 et fixé au 15 juillet 2017 le terme du court délai imparti aux pouvoirs exécutif et législatif pour procéder à leur abrogation. Dans ces conditions, parmi les quelque quatre cents assignations à résidence prononcées depuis le 15 novembre 2015, celles l’ayant été pour ce motif devraient être levées.

Toutefois, les quatre mille perquisitions administratives, y compris de nuit, les 426 gardes à vue et les 430 interdictions de sorties du territoire recensées depuis le 15 novembre 2015 demeurent autant d’atteintes irrévocables aux libertés individuelles constituées par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789. La loi sur l’état d’urgence a également servi à empêcher la manifestation de rue de la Libre Pensée prévue le 5 décembre 2015 pour célébrer la loi concernant la Séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905 ou à tenter d’interdire un puissant défilé syndical contre la loi El Khomri au printemps 2016. La Libre Pensée a pu néanmoins imposer la réunion publique du gymnase Japy, qui fut un immense succès.

La Fédération nationale de la Libre Pensée exige, pour garantir notamment la totale liberté de conscience :
La levée immédiate de l’état d’urgence !
L'abrogation sans délai, des lois d'exception !

 

Paris, le 14 juin2017

Etat d’urgence : Le Conseil constitutionnel introduit un caillou dans le soulier d’Emmanuel Macron

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #liberté

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Publié le 20 Novembre 2015

Ceux qui ont fait subir à Paris et à Saint Denis un moment d’inhumanité absolue ne nous feront pas céder. Rien ne peut justifier ces assassinats. Chacune des victimes vit en nous parce que nous appartenons à la même humanité. Notre solidarité à leur égard et à l’égard de leurs familles est totale. Ce crime est immense mais nous refusons qu’il devienne un prétexte pour changer nos vies.

Nous ne sommes pas naïfs : nous savons que ces actes de terrorisme appellent des réponses à la mesure du danger qu’ils représentent. Comme nous savons que le rôle des forces de l’ordre et de la justice est essentiel pour protéger nos libertés.

Ceci ne justifie pas la direction prise par le président de la République et le gouvernement.

C’est la démocratie qui ne fonctionne plus qu’en apparence quand le Parlement est appelé à délibérer d’un jour à l’autre sous la pression de l’émotion et les assauts de démagogie de responsables politiques qui cultivent la peur.

Depuis 1986, les lois accordant plus de pouvoirs aux forces de l’ordre, organisant une justice d’exception et restreignant nos libertés, au prétexte de lutter contre le terrorisme, s’empilent. L’adoption d’autres dispositifs législatifs, y compris d’ordre constitutionnel, exige de poser la question de leur efficacité et de l’atteinte supplémentaire aux libertés qu’ils constituent. Avant de modifier la loi et de conférer à l’Etat des pouvoirs accrus, il faut que celui-ci s’interroge sur ce qui n’a pas permis d’éviter une telle abomination.

Demain, à coup de mesures d’urgence devenues permanentes, nous serons tous surveillés et suspects et l’Etat tout-puissant et sans contrôle. Le processus engagé par le président de la République a la forme d’une réponse martiale, il a une réalité : la restriction de nos libertés sans nous assurer plus de sécurité.

Vouloir priver de leur nationalité jusqu’aux personnes nées en France, c’est délivrer une nouvelle fois le message d’une France divisée. Le silence du président de la République, lors de la réunion du Parlement, sur l’indispensable engagement de l’Etat en faveur de l’égalité des droits, de la justice sociale, contre toutes les discriminations et contre toutes les manifestations de racisme accroît dramatiquement le sentiment d’exclusion que vit toute une partie de notre peuple. Il donne ainsi un peu plus corps à la stigmatisation croissante qui s’exerce mettant en péril notre volonté de vivre ensemble.

Nous voulons que ces dramatiques événements soient, au contraire, l’occasion de construire un autre chemin que celui qui nous est proposé. Un chemin qui refuse de désigner des boucs émissaires et qui refuse que la France soit en guerre contre elle-même. Un chemin qui donne à la paix et à l’égalité des droits toute sa place et qui s’engage en faveur d’une France solidaire, ouverte à l’autre, accueillante, libre et fraternelle.

Nous ne céderons pas à la peur dans laquelle veulent nous faire vivre ceux et celles qui font de la mort leur raison de vivre. Nous ne céderons pas à ceux et celles qui nous promettent une société aux libertés et à la fraternité limitées.

Nous appelons les femmes et les hommes de ce pays à rester solidaires et à lutter contre toute forme de racisme. Nous appelons aussi à la défense des libertés car nous ferons prévaloir en toutes circonstances notre liberté d’expression, de manifestation et de réunion. Nos organisations construiront partout en France ces lieux qui nous permettront de débattre et nous exercerons une vigilance permanente afin que nos libertés soient préservées et que nul ne soit victime de discriminations.

 

AC !, ACDA, Acort, Actit, AFD International, Amoureux au ban public, Association pour la reconnaissance des droits et libertés aux femmes musulmanes – Nord, Cedetim, CGT, Cimade, CIPG, Cnafal, Collectif des musulmans de France, Collectif féministe pour l’égalité, CRLDHT, Droit au logement, Emmaüs International, Faldi, Fasti, Fédération nationale de la Libre pensée, Fiacat, FIDH, FSU, FTCR, Genepi, Gisti, Mamans toutes égales, Mrap, Organisation de femmes égalité, Ozez le féminisme !, Planning familial, Respaix conscience musulmane, SNJ-CGT, SNPES-PJJ/FSU, Solidaires, Survie, Syndicat des avocats de France, UTIT

Nous ne céderons pas !

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #liberté

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