egalite

Publié le 28 Novembre 2025

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Egalité, #annonces et infos lp 72, #liberté de conscience et de corps, #sexisme

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Publié le 4 Février 2024

Amis, Citoyens, Camarades,

Je vous transmets le salut fraternel de la fédération sarthoise de la Libre Pensée.

C’est un plaisir et un honneur, pour nous de participer à la commémoration de la première abolition de l’esclavage, aux côtés de nos amis, élus, associations ici présentes.

Commémorer René Levasseur et la première abolition de l’esclavage de 1794 ce n’est pas faire de l’Histoire pour l’Histoire, c’est une journée politique.

Demander l’installation, au Palais Bourbon, là où se réunit l’assemblée nationale, du buste de René Levasseur et du portrait de Jean Baptiste Belley, ce n’est pas faire de l’idolâtrie, c’est là aussi faire de la politique.

En nous réunissant aujourd’hui, en commémorant ces illustres personnalités de notre Histoire, nous affirmons publiquement et à la face du monde, que notre orientation tire ses racines de la Révolution Française, de la philosophie des Lumières, de la 1er république.

Nous affirmons qu’être républicains aujourd’hui, c’est s’inscrire dans la continuité de l’œuvre de la Révolution française.

Aujourd’hui, en France, ceux qui se font appeler l’arc Républicain, ont tourné le dos depuis bien longtemps à l’idéal républicain. Ils fétichisent ses symboles sans en comprendre la symbolique.

Ils se prétendent républicains tout en assassinant  Marianne petit à petit. Ils n’assument pas le passé révolutionnaire de la France, ils en ont honte. Ils tirent leur inspiration dans le cléricalisme, le nationalisme et le militarisme… Sans aucune honte, ils citent et prennent pour exemple Napoléon, Maurras, ou Thiers… ils s’allient à l’extrême droite et votent des lois qui font honte à notre pays.

Ils chantent la Marseillaise, parlent à longueur de temps des valeurs républicaines sans être capable de les expliquer.

Ils parlent de liberté mais réduise chaque jour un peu plus nos libertés. Regardez ce qu’est devenu, par exemple la liberté d’expression, il nous est maintenant, pratiquement, interdit de dénoncer la politique d’un État qui viole chaque jour les droits de l’Homme.  Et qu’est devenu la liberté de manifester quand on envoie les forces de l’ordre nasser, taper, gazer les manifestants même les plus jeunes ?

Ils parlent d’Egalité mais en détruisant les services publics et en favorisant toujours ceux qui ont déjà tout, ils organisent la ségrégation sociale et créent une France à deux vitesses. Ces gens confondent l’Egalité en droit et uniformisation. Ils parlent de méritocratie et d’ascenseur social, mais font tout pour maintenir et renforcer leurs privilèges.

Ils parlent de fraternité… A non, excusez-moi, ça on n’en parle plus.

Bien au contraire, ces pseudos républicains organisent sciemment, à l’extérieur de nos frontières, la mort de milliers de frères et sœurs qui cherchent à rejoindre l’Europe. Au sein même de nos frontières, ils créent des camps pour interner ces êtres humains, ils laissent crever à la rue les plus pauvres et poussent toujours un peu plus nos compatriotes les uns contre les autres à coup de discours xénophobes et de lois réactionnaires.

Ils nous saoulent de discours sur la laïcité, principe de concorde civile et de liberté de conscience, qu’ils cherchent à dévoyer pour rejeter une partie de nos concitoyens. Dans le même temps ils gavent l’enseignement privé catholique de milliards d’euros et le président assiste à des cérémonies religieuses es-qualité.

Amis, Citoyens, Camarades,

La première abolition de l’esclave de 1794, portée par Levasseur, a donné la nationalité française aux noirs dans les colonies. 

La Révolution française a réintégré au sein de l’humanité des centaines de milliers d’humains réduits en esclavage après avoir été déportés en Amérique donnant vraiment son caractère universel à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

Par la même occasion, deux députés noirs sont entrés à l’assemblée nationale. 

Tout cela, pour qu’aujourd’hui encore, des esprits réactionnaires et attardés affirment qu’être français, c’est être blanc et catholique !

L’Assemblée nationale a voté, le 26 août 1792, un décret conférant unilatéralement la citoyenneté française aux « hommes qui, par leurs écrits et par leur courage, ont servi la cause de la liberté et préparé l'affranchissement des peuples »4.

Quelle classe ! Quelle humanité ! Quel courage !

Tout cela pour qu’aujourd’hui, on assiste à ce triste débat sur l’immigration.

Les uns et les autres se déchirant pour savoir s’il faut soigner les malheureux qui n’ont pas la nationalité française ou s’il faut les laisser crever ! Avec tous ces racistes partout, on ne se sent plus chez nous !!!

Je pourrais continuer à avancer des mesures révolutionnaires dont on ferait bien de s’inspirer aujourd’hui mais le temps de parole m’oblige à une certaine discipline.

Camarades, concentrons-nous si vous le voulez bien sur nos institutions.

La 5e république n’est pas une république, je ne sais si elle l’a déjà été.

La plupart des forces qui s’en réclament, aujourd’hui, ne sont pas ou plus républicaines.

La Ve République est bonapartiste, antidémocratique, antisociale et antilaïque.

Cette « monarchie élective », reposant sur le recours à « l’homme providentiel », est très éloignée des principes fondateurs de la République. 

On l’a vu l’année dernière dans le grand mouvement de résistance à l’injuste réforme des retraites. La Constitution de la 5e république permet tout un arsenal de dispositions anti-démocratiques qui permettent aux gouvernements de contourner les députés, représentants du peuple.

Chaque jour qui passe, chaque scandale, chaque violence de l’État policier, chaque mesure réactionnaire, chaque attaque contre le Contrat social arraché par des décennies de luttes ouvrières et syndicales, chaque fermeture de service public voient monter la colère d’un peuple opprimé, exploité, méprisé, subissant toujours plus la violence de l’État policier et l’embrigadement militarisé de la Jeunesse (avec le SNU et l’uniforme)

La solution pour en finir avec cette situation est de plus en plus claire pour tous : il faut balayer les Institutions de la Ve République. Rien de bon ne peut sortir d’institutions agonisantes et d’un personnel politique enferré chaque jour d’avantage dans les affaires et les scandales financiers.

Leur seul but, c’est de servir la finance, quoi qu’il nous en coute !

Le pays n’a pas besoin d’un réarmement ni militaire, ni civique ni démographique…il a besoin d’une régénération républicaine :

Pour répondre aux revendications du peuple. Il nous faut, comme le disait Lincoln  « un gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ».  

Il faut redonner la parole au peuple et renouer avec l’œuvre révolutionnaire et démocratique de nos ancêtres : mettre en œuvre une Assemblée Constituante souveraine dont le peuple décidera librement la forme et le contenu.

Il nous faut aussi célébrer la Révolution française, ses acteurs les plus progressistes et se pencher sur son héritage.

Célébrons et étudions par exemple la Constitution de 1793, la constitution la plus démocratique que le pays ait connue.

Elle prévoyait que si c’était l’Assemblée nationale qui faisait la loi, c’étaient les Assemblées de section des Citoyens qui l’approuvaient.

Elle se terminait par une nouvelle Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen qui proclamait :

• - Article 33

La résistance à l'oppression est la conséquence des autres Droits de l'homme.

• - Article 34

Il y a oppression contre le corps social lorsqu'un seul de ses membres est opprimé. Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé.

• - Article 35

Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

Je vous remercie

 

Commémoration 1ere abolition esclavage - Discours Hansi Brémond pour la Libre Pensée 72 - fev 2024

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Egalité, #Revolution Française, #liberté, #lutte des classes

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Publié le 26 Janvier 2024

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Egalité, #Revolution Française, #annonces et infos lp 72, #histoire, #liberté

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Publié le 20 Novembre 2020

Voici un court message de notre camarade Gérard Prioul de la Libre Pensée de la Mayenne, adressé au courrier des lecteurs du journal Ouest France.

"Je suis athée et libre penseur. En tant que citoyen ordinaire je m'efforce de penser par un libre exercice de la raison, appuyé autant que possible sur les faits et ce que la science peut nous enseigner. Et je n'ai besoin d'aucun temple ni chef, ni messie, ni cérémonie. Cela garantit, au moins, que jamais quiconque ne sera choqué ou importuné un jour à cause de croyances ou rituels particuliers que j'aurais tenté d'imposer aux autres. 
Par principe de réalité, l'existence des croyances, liturgies, propagandes et rituels des croyants, quelle que soit la secte ou religion désignée, ne me dérange pas en soi. Ce qui m'importe c'est que tout le monde, à égalité, respecte d'une part la loi de séparation des Eglises et de l'Etat, et d'autre part les règlements d'ordre public ordinaires ou exceptionnels s'adressant à toute la population.
Les activistes des fractions les plus radicales du catholicisme français, jusque dans les sphères supérieures de l'Eglise, font pression pour que les messes puissent être à nouveau autorisées, alors que le  confinement s'impose de droit à tous les citoyens. Des attroupements ont été sciemment organisés pour se muter en prières de rues à l'appui de cette demande.
J'attire l'attention sur le fait que dès le début du confinement de mars, puis de la fin octobre, les responsables des cultes musulman et juif ont, de leur propre initiative, pris leurs responsabilités en fermant mosquées et synagogues. Et par deux fois, c'est le culte catholique qui s'est conduit de façon séparatiste et irresponsable en réclamant un passe droit.
Fort heureusement les témoignages abondent, y compris récemment dans Ouest France, où des catholiques pratiquants se désolidarisent fermement de ces comportements outranciers, alors que la liberté d'aller et venir dans les Eglises n'est pas entravée.
J'en termine par une question, importante actuellement, que je suggère à la réflexion des lecteurs de Ouest France : et si, par manifestations et prières de rues, relayées par des réseaux sociaux, on entendait monter une telle revendication communautariste et séparatiste venant non pas des disciples de Jésus, mais de ceux de Mahomet ? Vous imaginez la violence avec laquelle la réponse serait donnée ?"
 
Gérard PRIOUL de LAVAL (53)

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Christianisme, #Egalité

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Publié le 16 Novembre 2020

Là où le droit à disposer librement de son corps est entravé, les libertés, notamment celle de conscience, sont violées. Le 22 octobre 2020, sous l’impulsion des États-Unis d’Amérique, dont la dernière juge nommée à la Cour suprême par Donald Trump, Amy Coney Barrett est ouvertement hostile à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) et tentera de remettre en cause l’arrêt Roe vs Wade de janvier 1973 qui en reconnaît la légalité, trente-deux États ont adopté une déclaration commune aux termes de laquelle « Il n’y a pas de droit international à l’avortement, ni d’obligation des États de financer ou de faciliter l’avortement ».

Selon eux, il s’agit de garantir la santé des femmes, de renforcer la famille et de préserver la vie humaine. Cette position est celle du canon 1398 du code de Droit canonique catholique, de l’encyclique Evangelium vitæ de 1995, des dogmes enseignés par l’Église orthodoxe, diverses sectes protestantes, notamment évangéliques, ou de nombreux religieux musulmans, même si le Coran ne dit rien de cette question. Parmi ces pays figurent des États qui restreignent sérieusement les libertés démocratiques, tels le Brésil, l’Égypte, la Hongrie, le Bélarus et la Pologne.

Des USA à la Pologne : la réaction sur toute la ligne

Le même jour, comme l’avait justement prévu dès 2017 notre amie Wanda Nowicka, députée à la Diète polonaise, dans un entretien accordé à la Fédération nationale de la Libre Pensée (FNLP), le Tribunal constitutionnel de la République de Pologne, saisi en 2019 par le parti national catholique des très réactionnaires Andrzej Duda et Jaroslaw Kaczynski, improprement intitulé Droit et Justice, a jugé que l’avortement, provoqué même en raison d’une malformation sévère et irréversible du fœtus — la principale cause du nombre très faible des IVG légalement pratiquées chaque année dans ce pays (moins de 1 100 en 2018) — serait contraire à la loi fondamentale. Cela signifie que l’avortement, libre et gratuit de 1956 à 1993, puis fortement restreint depuis lors, n’est plus désormais autorisé en Pologne qu’en cas de viol, d’inceste ou de risque vital pour la mère.

La commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, Mme Dunja Mijatovic, a fermement condamné cette décision : « Éliminer les motifs de quasiment tous les avortements légaux équivaut pratiquement à les interdire et à violer les droits de l’Homme. » L’une des dirigeantes de la Plateforme civique, première force d’opposition au régime national-catholique, a publiquement accusé les évêques polonais de créer un « enfer pour les femmes », contraintes de recourir à des IVG clandestines et dangereuses (de 80 000 à 100 000 chaque année) ou d’aller à l’étranger pour avorter. En dépit de l’épidémie de la Covid 19, des milliers d’entre elles se sont mises en grève et l’arrêt du tribunal constitutionnel a suscité d’importantes manifestations de rue pendant plusieurs jours dont certaines étaient dirigées contre les églises, le dimanche 25 octobre 2020. Cette ample mobilisation a contraint le tribunal constitutionnel à suspendre son arrêt, le 4 novembre 2020.

Et en France ?

D’aucuns pourraient penser que la France échappe à cette vague réactionnaire puisque que, le 8 octobre 2020, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture, malgré les réticences du gouvernement et surtout du Président de la République, une proposition de loi visant à renforcer le droit à l’avortement, déposée en août dernier par des députés siégeant sur différents bancs, à l’initiative du défunt groupe Écologie, Démocratie, Solidarité (EDS). Ce texte encore en discussion porte de douze à quatorze semaines le délai pendant lequel une IVG peut être pratiquée, et autorise les sages-femmes à procéder, le cas échéant, aux gestes chirurgicaux de l’IVG, de manière à répondre aux besoins des cinq mille femmes actuellement contraintes de se rendre à l’étranger pour avorter. Si cette mesure est par elle-même positive, pour autant elle n’a rien d’exceptionnel et ne permet pas de lever, en tout état de cause, les obstacles qui entravent en pratique le droit à l’avortement en France.

D’une part, des pays autorisent l’IVG pendant des périodes plus longues : vingt-quatre semaines au Royaume-Uni ; vingt-deux semaines aux Pays-Bas ; dix-huit semaines en Suède. La France ne fait que s’aligner sur la situation en vigueur dans les pays, dont on dit pourtant qu’ils sont fortement catholiques comme l’Autriche et l’Espagne. D’autre part, beaucoup de centres d’IVG ont cessé leur activité ou sont appelés à disparaître comme le constate Mme Valentine Becquet, chercheure à l’Institut national de études démographiques (INED) commentant le rapport annuel sur l’IVG de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) du ministère chargé des Affaires sociales : « Il y a encore beaucoup de centres d’orthogénie qui ferment et par endroits les femmes ont beaucoup de mal à avorter »

Par suite, les capacités d’accueil des femmes concernées et les moyens consacrés à l’IVG diminuent. Au surplus, le rapport de la DREES met en évidence d’importantes inégalités territoriales qui constituent une difficulté majeure pour les femmes habitant une zone dépourvue d’équipement et souhaitant avorter. Enfin, le texte en cours d’examen au Parlement laisse entier le problème de l’incidence de la clause de conscience reconnue aux praticiens sur l’effectivité du droit à l’avortement, que l’allongement du délai légal risque d’ailleurs de conduire à invoquer très souvent pendant les treizième et quatorzième semaines.

Si le médecin ou, à l’avenir, la sage-femme, sera tenu, comme actuellement, d’« […] informer, sans délai, l’intéressée de son refus et [de] lui communiquer immédiatement le nom de praticiens susceptibles de réaliser cette intervention […] », si les Agences régionales de santé seront contraintes de publier « […] un répertoire recensant, sous réserve de leur accord, les professionnels de santé ainsi que l’ensemble des structures pratiquant l’interruption volontaire de grossesse […] », pour autant, en cas d’urgence, cette opposition restera un obstacle infranchissable pour nombre des femmes concernées.

Clause de conscience ou conscience close ?

Par ailleurs, la Libre Pensée considère qu’il faut mettre à nouveau en débat la question de la clause de conscience, qui autorise un médecin à mettre en avant sa conviction personnelle pour ne pas accomplir l’acte médical légal de l’IVG. De fait, ce privilège de conscience du praticien s’oppose au droit à l’IVG et à la libre décision des femmes souhaitant avorter. S’il n’est pas en lui-même illégitime, en revanche, il paraît incompatible avec la mission de service public incombant aux établissements publics de santé où chaque individu doit pouvoir trouver la réponse médicale qu’appelle son état de santé, et que nécessite également l’exercice de ses droits à user librement de son corps, qu’ils soient d’ores et déjà reconnus, comme celui d’interrompre une grossesse, ou à conquérir, comme celui de bénéficier d’une aide médicale à mourir.

Un médecin a parfaitement le droit de refuser de pratiquer une IVG pour des motifs religieux. Toutefois, ce refus doit le conduire à exercer dans des établissements privés n’acceptant pas d’accueillir des femmes souhaitant avorter. La réciproque est d’ailleurs vraie : par exemple, pour des raisons tenant à leurs convictions religieuses, des patientes peuvent fort bien refuser un examen gynécologique pratiqué par un homme, mais doivent pour cela éviter l’hôpital public, dont l’organisation ne saurait dépendre de considérations de cette nature.

En quelque sorte, il s’agit d’appliquer au domaine de la santé en général et de l’IVG en particulier les principes applicables à l’École : un enseignant qui refuserait de présenter des parties du programme qu’il est chargé d’appliquer pour des raisons d’ordre spirituel ne pourrait exercer dans un établissement scolaire public.

La Libre Pensée entend ouvrir ce débat publiquement.

***

Dans ces conditions, la Fédération Nationale de la Libre Pensée :


1°- Dénonce la déclaration commune du 22 octobre 2020 adoptée par trente-deux États en tant qu’elle met en cause la liberté de conscience et le droit des femmes de disposer librement de leur corps qui en découle ;
2°- Apporte son soutien inconditionnel aux femmes et au peuple polonais dans leur combat pour le droit à l’avortement, interdit par l’Église et le régime national-catholique autoritaire de M. Jaroslaw Kaczynski ;
3°- Exige en France la création des centres d’IVG et la constitution des équipes médicales nécessaires au plein exercice du droit à l’avortement libre et gratuit.
4°- Apporte son soutien plein et entier au Planning familial dans son action quotidienne

Paris le 13 novembre 2020

 

 

                                                                                                         

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #communiqués nationaux, #liberté de conscience et de corps, #Egalité

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Publié le 3 Octobre 2019

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #annonces et infos lp 72, #Egalité

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Publié le 1 Mai 2019

Le 25 mai prochain, la Libre Pensée de la Sarthe, via la groupe Louis Crétois, participe et appelle à participer à la Culture Pride. nous y tiendrons un stand.

25 mai ; culture pride au Mans

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Publié le 4 Février 2019

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Publié le 25 Novembre 2018

Je suis un homme.

Selon certains, il parait que c’est de plus en plus difficile  d’être un homme.

Cette situation serait due  aux  récentes vagues de féminismes. Il y aurait selon les mêmes « une crise de la masculinité, une difficulté à être un homme ».

Ces hommes ne sauraient plus quelle place ils occupent dans la société, ni quel rôle tenir… Les hommes ne comprendraient plus les femmes et les femmes ne comprendraient plus les hommes…

Des hommes affirment même qu’avec le féminisme il n’est plus possible de  séduire une femme ou même de faire de l’humour avec elle.

 

C’est ce genre de discours qu’on entend de personnages aussi détestables que Zemmour et autres machos d’arrière-garde.

Plutôt que de chercher à comprendre et à discuter, ces hommes relayés aussi par des femmes tout aussi réactionnaires défendent bec et ongle, leur vieux système.

 

Ce sont a proprement parler des conservateurs, des réactionnaires… Ils ont les mêmes réflexes que ceux qui vous expliquaient en 1936 que les entreprises feraient faillite avec les premiers congés payés !

 

Ces hommes, pour être homme, ont besoin de femmes soumises qui leur soient inférieures… Il leur faut dominer les femmes pour être des hommes.

            Ils font l’éloge de la virilité et de la force naturelle des hommes mais des lors que les femmes revendiquent l’égalité, ils se sentent menacés, ils pleurnichent…

Ils  mènent une croisade médiatique ou ils se présentent comme des martyrs, de pauvres êtres «en désarroi», plongés dans la «confusion»…

            Est-ce donc cela leur force de males virils ? Pitoyable ! Quelle belle preuve qu’ils ne sont pas le sexe fort, et que par conséquent il n’y a pas de sexe faible.

 

Éric Zemmour affirment, par exemple, que l’époque est marquée par «la supériorité évidente des “valeurs” féminines, la douceur sur la force, le dialogue sur l’autorité, la paix sur la guerre, l’écoute sur l’ordre, la tolérance sur la violence (1)», comme si les notions de dialogue, de tolérance ou de douceur étaient le propre des femmes. «Les hommes font tout ce qu’ils peuvent pour [...] devenir une femme comme les autres», soupirait Zemmour.

 

Je suis un homme et je ne peux accepter que ce réactionnaire nous fasse passer, nous les hommes, pour des brutes épaisses !

Eric, à titre personnel, je suis un homme, je n’ai pas de problème identitaire, et je privilégie la douceur sur la force, la paix à la guerre, l’écoute sur l’ordre…

Ce qui n’était pas forcément le cas de Thatcher par ailleurs !

 

Pour ces gens nos positionnements idéologiques seraient déterminés par notre entre jambe ! ? Si être un homme c’est avoir les idées de Zemmour, je préfère me faire opérer !

 

Leur conception des rapports entre les hommes et les femmes ne sont ni des liens humanistes, ni de l’amour, c’est de la domination…

Aujourd’hui, ils se plaignent comme se sont plaints les exploiteurs d’esclaves à St Domingue quand les esclaves ont pris les armes nourris par les idéaux de la Révolution françaises.

Ils se plaignent comme ces nostalgiques de la colonisation face aux droits des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Si leur force d’homme ne tient qu’à la  soumission des femmes, c’est qu’ils sont bien faibles.

Si pour séduire, il leur faut dominer et contraindre, c’est que ce sont vraiment de piètres séducteurs sans atouts ni esprit.

Si pour eux l’humour passe par l’humiliation, la moquerie et les remarques déplacés, c’est qu’ils sont tristes et dénoués de toute forme d’empathie.

« Personne n’est plus arrogant envers les femmes, plus agressifs ou méprisant, qu’un homme inquiet pour sa virilité ».

Simone de Beauvoir

 

Quand nous proposons d’abolir les rapports de force dominants-dominés, ils prennent peur qu’on veuille les inverser. Ne conçoivent-ils les rapports humains qu’exclusivement comme des rapports de force ? Bien triste vision de l’humanité.

 

« On pourrait trouver leurs lamentations risibles, voire pathétiques. Le problème, insiste la sociologue Francis Dupui-Déri, c’est qu’elles «permettent de contester l’idéal féministe d’égalité entre les sexes et d’accuser les féministes et les femmes –mères, institutrices, épouses– d’être responsables de tous les problèmes des hommes. Ce faisant, ces discours fournissent aux hommes violents et à leurs complices des arguments pour justifier leur violence.»

 

Le chercheur cite par exemple une étude, menée en 2016 aux États-Unis, sur une douzaine de sites web du Mouvement des hommes : «On y prétend que le féminisme prive les hommes de la sexualité à laquelle ils devraient avoir droit.

Selon cette tendance, c’est le manque de disponibilité sexuelle des femmes qui entrainerait les suicides des hommes et les violences masculines contre les femmes, y compris les meurtres.» Prétextant qu’ils sont en crise par la faute des «salopes» qui se refusent à eux, beaucoup de ces internautes énervés lâchent des propos haineux, à la limite de l’incitation à la violence.

 

Dans son livre Angry White Men, le sociologue Michael Kimmel «rappelle une série de meurtres de masse de femmes perpétrés par des hommes qui justifiaient leur crime en expliquant avoir été rejetés par les femmes. Par exemple, en 2009, un homme de 48 ans a assassiné cinq jeunes femmes dans un gymnase de Pennsylvanie, avant de se suicider. Dans son journal intime retrouvé par les policiers, il détaillait ses mésaventures avec les femmes, soulignant ne pas avoir eu de relations sexuelles depuis une vingtaine d’années.» Comme le remarque Kimmel, «il sentait que ces femmes lui étaient dues. Il sentait que c’était son droit, en tant qu’homme, d’avoir accès aux femmes».

Ce courant archaïque est loin d’être défait et il s’organise… des dizaines de pages internet de ce type pullulent

 

Ce mouvement réactionnaire se nourrit aussi des crises économiques, des dogmes religieux et du besoin de notre système de diviser l’humanité pour l’exploiter.

 

Comme le disait Simone De Beauvoir « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise économique, politique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. »

 

C’est déjà ce qu’il se passe.

 

Ici en Sarthe, le droit des femmes à disposer de leur corps est menacé, j’en veux pour preuve l’exemple de l’hôpital du bailleul où les ivg ont été rendus impossibles, plongeants les femmes 40 ans en arrière.

 

C’est une violence de plus faite aux femmes. C’est la rencontre entre des politiques de restriction des services publiques et les positionnements cléricaux de certains médecins mettant en avant leur clause de conscience pour imposer leur dogmes religieux à toutes et tous.

 

Quelques semaines plus tard, Le pape vous expliquait que le recours à une IVG, c’était l’équivalent d’un recours à un tueur à gage. Dans le même moment, au Brésil, Bolsonaro faisait sa campagne en partie sur des arguments sexistes et violents.

 

Ces forces souvent alimenter par des courants religieux imposent la domination d’un sexe par un autre, impose à chacun d’entre nous une place dans la société qui serai déterminée par notre sexe ! Chaque discours qui justifie la supériorité d’un sexe sur l’autre, chaque discours qui prend la défense des agresseurs, chaque discours qui va à l’encontre de l’égalité en droit nourrit ces violences !

 

Tout cela concerne autant les hommes que les femmes.

Quand une femme est agressée, violée, harcelée, discriminée… Il s’agit de ma mère, ma compagne, ma sœur, mon amie, ma semblable…

 

Quand on porte atteinte aux droits des femmes, on porte atteinte aux autres droits… Quand on use du sexisme en général on use d’autres formes de discriminations… Quand on prétexte du sexe pour assigner à quelqu’un un rôle dans la société on rentre en opposition avec la liberté de tous, quel que soit son sexe, sa couleur, ses opinions et croyances, à choisir sa vie, sa place dans la société.

 

Quand une société décrète qu’elle a des droits sur le corps des femmes, elle en a aussi sur le corps des hommes. C’est un schéma classique vu en 1914 par exemple ; les hommes donnent leur corps à l’armée pour défendre la patrie quand les femmes doivent mettre leur ventre au service du pays pour faire plus de chair à canon !

 

 

En vérité, le combat féministe, est tout sauf un combat des hommes contre les femmes. C’est un combat des humanistes, des progressistes contre les réactionnaires.

C’est le combat de ceux qui se battent pour l’émancipation du genre humain contre ceux qui veulent des sociétés autoritaires où chaque personne doit être rangée dans une case selon des caractéristiques qui lui sont propres. Toute forme d’Etat autoritaire, tyrannique a justifié et promu le sexisme.

Les violences faites aux femmes, que ce soient des violences conjugales, en passant par le harcèlement, le viol, et tous les discours qui justifient le sexisme  sont des violences faites à l’humanité.

 

De même que toutes les oppressions (économiques, politiques ou religieuses) s’appuient les unes sur les autres ;  les humains soucieux de leur liberté doivent lutter pour tout ce qui contribue à émanciper l’humanité.

 

Je vous invite à discuter avec les associations présentes aujourd’hui, elles sont diverses et variées, rejoignez les et organisez-vous !

 

Pour conclure, j’ai choisi une citation de Bakounine : « Je ne suis libre que lorsque tous les êtres humains qui m’entourent, hommes et femmes, sont également libres. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 – ce discours contient plusieurs extraits de cet article :

http://sexes.blogs.liberation.fr/2018/11/07/la-crise-de-la-masculinite-nexiste-pas/?fbclid=IwAR2ai5FK5dTfRwzGiD6LnVowt3PG9zI5Pq3RGJ4ya5HPkXwhG5x6Q1DHP_Q

Discours de Hansi Brémond au rassemblement nous toutes au Mans le 24 novembre 2018

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Egalité, #liberté, #liberté de conscience et de corps

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Publié le 21 Novembre 2018

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Cinéma, #Egalité, #annonces et infos lp 72, #lutte des classes

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Publié le 21 Novembre 2018

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Publié le 13 Novembre 2018

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Egalité, #annonces et infos lp 72, #anti militarisme

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Publié le 19 Octobre 2018

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #annonces et infos lp 72, #Christianisme, #Egalité

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Publié le 2 Octobre 2017

Un ami et  lecteur du blog qui nous lit de loin puisqu'il est québécois, nous a envoyé un article et une infographie sur les inégalités sexuelles au Québec.

Nous publions son texte en le remerciant de nous suivre régulièrement.

"

 

Il faut dire qu’il est laborieux de bousculer l’opinion publique : d’une manière générale il est admis, consciemment ou inconsciemment, que les femmes sont « garantes » du domaine domestique à la maison ou à l’appartement.

L’Institut de la Statistique du Québec (ISQ) le prouve (1) d’ailleurs puisqu’il a pu prendre en main cette question grâce à différentes études.  Résultat ? Comme vous vous en doutez : même si les hommes « s’améliorent », de vrais écarts subsistent.  Les hommes ont beaucoup à faire car ils devraient consacrer 9 heures de plus par semaine pour que le parfait équilibre soit rétabli.

Précisément quels sont ces écarts ?

Bien souvent les études se multiplient, mais il est difficile d’en faire une synthèse claire car il y a peu de personnes C’est la raison pour laquelle LeChiffonVert (3) a eu la bonne idée d’en faire une infographie. Malgré son côté ludique l’infographie reste bel et bien un outil particulièrement intéressant dans la détection de ces inégalités.

Les statistiques en France

L’infographie reprend les statistiques relevées au Canada, mais l’INSEE a déjà produit des études similaires (2)

Au Canada, quand près de 13% des hommes avouent ne jamais faire le ménage, ce chiffre tombe à seulement 7% du côté des femmes. Pour autant, la France n’est pas mieux lotie : 12% des hommes ne font jamais le ménage, contre seulement 1% du côté des femmes… C’est à minima la preuve que nos modes de vie (en comparaison avec le Canada) sont similaires.

Le temps domestique et parental hebdomadaire est de 17h chez les hommes (contre 18h au Canada), et de 32h chez les femmes (contre 27h au Canada). Là encore les similarités sont grandes entre le Canada et la France (d’où la pertinence de l’infographie malgré le fait que ses chiffres soient exclusivement basés sur les études de l’ISQ).

En d’autres termes, en France,  environ 2/3 des tâches domestiques sont effectués par les femmes selon la dernière étude de l’INSEE.

Oui mais pourquoi… ?

Difficile de l’expliquer… Il y a bien les commentaires de Siobhan Freegard, la fondatrice de NetMums (le plus grand réseau social pour les parents) qui a déclaré : « Chaque fois que nous demandons aux femmes de la situation la plus stressante dans leur vie, les tâches ménagères sont au sommet ». C’est déjà un premier point : les tâches ménagères ne sont pas forcément un choix.

Une nouvelle piste dans la réponse à ce « pourquoi » a été fournie en 1974 par la féministe et sociologue britannique Anne Oakley. Elle s’est beaucoup intéressée aux phénomènes du « travail invisible » (dans son livre The Sociology of Housework). Les tâches ménagères sont typiquement le genre de tâches « qui ne se voient pas ». Laver ses carreaux avant d’inviter ses convives à diner, malheureusement cela ne se voit pas du premier coup d’œil ! Il s’agit là d’une perception particulière, dû au fait que les tâches ménagères ont longtemps été faites dans le silence (par les femmes) : beaucoup n’ont jamais été habitué à y prêter attention (et encore aujourd’hui, malheureusement).

Enfin, l’explication peut aussi résider dans ce qui s’appellerait « l’égalité subjective ». Et une étude de 2011 (4)  explique assez clairement ce phénomène : les femmes sont généralement très indulgentes avec les hommes car quand on leur demande ce qu’elles estiment être une « juste-part » dans la répartition des tâches ménagères, elles jugent d’elle-même qu’en faire trois fois plus n’est « pas anormal ». Là encore, tout est question de perception et d’historique : cette indulgence n’est pas innée, elle s’est formée au fil des années sur la (fausse) croyance que la femme avait forcément un devoir d’en faire plus par rapport à l’homme en ce qui concerne le travail des tâches ménagères.

Sources et références

(1) http://www.scf.gouv.qc.ca/fileadmin/publications/FaitsSaillants_octobre2010.pdf
(2) https://www.insee.fr/fr/statistiques/1372773?sommaire=1372781, page 214
(3) Source de l’infographie : https://lechiffonvert.ca
(4) Baxter et Smart, 2011 ; Huerta et al., 2011

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 5 Juin 2017

Aujourd’hui, tout le monde se réclame du féminisme y compris les forces les plus réactionnaires. Pour l’Eglise, dans l’encyclique mulieris dignitate, il s’agit de coller aux revendications féministes sans remettre en cause l’essentiel ; les hommes et les femmes sont déterminés par leur sexe et se réalisent dans des rôles différents. La femme étant prédestinée au don de soi.  Chez les musulmans, là aussi, un discours inégalitaire est présenté comme féministe : les interdits et les obligations imposées aux femmes seraient des moyens de les protéger.

Quand on se penche sur les textes des religions du livre, les choses sont encore plus explicites ; les femmes sont des tentatrices, des êtres inférieurs, moins sensibles aux choses religieuses, moins intelligentes et surtout elles sont assignées à résidence pour s’occuper de l’intérieur pendant que les hommes s’approprient l’extérieur et la société entière. Il s’agit pour l’essentiel de contrôler leur corps, leur conscience et par la même, de garantir la propriété et la descendance. Un véritable contrôle social s’exerce alors sur les femmes, comme propriété des hommes. L’adultère est par exemple plus facilement pardonné pour ces messieurs quand les femmes seront rejetées, recluses, parfois punies par la mort.

Fort heureusement, l’idée de l’égalité des sexes progresse depuis au moins le siècle des lumières, pour autant, même en occident ceux qui s’en réclament cachent parfois un vieux fond d’inégalitarisme.

Comment ne pas faire un bond quand on entend des politiques comme Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen se poser en féministe ?

 

Progrès ou stigmatisation d’une partie de la population.

Il s’agit en fait pour ces nouveaux « féministes » de prétexter ce combat pour mieux alimenter leur fonds de commerce à savoir la lutte de l’occident chrétien contre la prétendue invasion arabo musulmane. Les femmes musulmanes deviennent un enjeu. Et ces nouveaux « laïques », « féministes » se réclament du progrès pour mieux stigmatiser une partie de la population. Dans le même temps, les mêmes, ferment des centres d’accueil pour femmes en détresse, coupent des subventions aux associations d’aide aux femmes, prônent la limitation voire l’interdiction du droit à l’IVG et réduisent le combat pour l’égalité à une question de tenue religieuse.

Les différents débats des années passées ont révélé ce qui se cachait derrière ces discours ; Babyloup, la burka, le burkini… A chaque fois, l’obsession du voile l’emporte sur tout… Mieux vaut licencier une salarié d’une crèche privée qui porte le voile plutôt que de se battre pour que des crèches publiques ouvrent massivement. Des femmes sortent dans la rue en burka… mieux vaut les interdire et les renvoyer chez elles. Des femmes se baignent à la plage en burkini, même chose.

A chaque fois, on nous affirme que la laïcité est menacée. A quel moment la séparation des religions et de l’Etat a été remise en cause ? Parle-t-on d’élus ou de fonctionnaires dans l’exercice de leur fonction ?

Pourquoi ces mêmes « féministes » ne se sont jamais offusquées de la présence de bonnes sœurs en tenue dans différents lieux de la société (plage, hôpitaux parfois…) ? Pourquoi ces laïques focalisent seulement sur les tenues des femmes musulmanes et pas des hommes ?

Pourquoi, cet été, de l’extrême droite à la gauche (Valls par exemple) tout le monde s’est offusqué par quelques burkinis mais personne n’a réagi quand une haute fonctionnaire de l’état accompagnant François Hollande en délégation auprès du pape a dû porter la mantille[1] ?

Il en est du féminisme comme de la laïcité, beaucoup s’en réclament sans chercher à réellement faire progresser les choses ? Que ces femmes portent ces tenues d’elles-mêmes ou que ce soit imposé par un homme, une famille ou un groupe religieux, c’est déjà un élément de défaite pour les obscurantistes si celles-ci se baignent en public, travaillent, gagnent leur salaire, se mettent au contact de la société.

Il ne suffit pas de faire des grands discours « progressistes », l’émancipation des individus passent d’abord et avant tout par l’instruction et l’émancipation sociale. Gagner son salaire, pouvoir s’émanciper économiquement, pouvoir quitter son foyer, divorcer, reprendre ses études, bénéficier d’une protection sociale, de lois qui donnent à chaque individu le droit de disposer de son corps et de sa conscience, voilà autant d’éléments qui permettent aux individus homme ou femme de s’émanciper. Pour contredire Valls, Marianne n’est pas libre parce qu’elle peut sortir un sein, elle est libre car elle a conquis des lois et des droits… et par ailleurs Marianne n’a pas encore obtenue l’égalité notamment l’égalité salariale. Pire les différentes contre-réformes sur les retraites, la précarisation des contrats de travail ou la loi travail vont amplifier les inégalités hommes femmes en fragilisant d’autant plus ces dernières.

 

Le féminisme bourgeois.

Ainsi selon Valls et les polémiqueurs du burkini, être en bikini serait un symbole de la liberté des femmes en occident ? Ah ? Le fait que les occidentaux hommes ou femme cachent une partie de leur nudité, n’est-ce pas la preuve que nos sociétés ne se sont pas encore complètement dégagées des discours religieux sur le corps ? La liberté consisterait plutôt à ce que chaque individu homme ou femme ne se fasse pas imposer sa façon d’être ou de se vêtir. Hormis les écoles publiques, les mairies, et ce qui relève de la laïcité on ne peut interdire de tenue religieuse ou imposer une tenue de baignade officielle sur les plages… Dans les piscines municipales, c’est pour des raisons d’hygiène que les règlements imposent la réduction de la surface en tissu.

Ces pseudos progressistes ont une logique étonnante et pleine de contradictions. Prenons l’exemple d’Elisabeth Badinter, féministe reconnue et adulée par certains, soutien de Valls dans la dernière période. Celui-ci se réclamant par ailleurs d’elle et de caroline Fourrest lors du deuxième débat des primaires de la gauche.

Suite à l’affaire babyloup, Badinter réclame que le voile soit interdit dans les lieux d’accueil de la petite enfance sans faire de distinction entre les services publics et privés. N’est-ce pas une remise en cause du principe de laïcité ou du moins une confusion des genres ? Faut-il, du coup, interdire les signes religieux dans toutes les écoles privées ? Ou alors ne faudrait-il pas demander l’ouverture de plus de crèches publiques et l’arrêt des subventions de la République aux établissements privés ? Au même moment, en mars 2013, cette philosophe et femme d’affaire mettait sur le même plan terrorisme et voile en affirmant "D’un côté, on commémore les victimes de Mohamed Merah et on veut combattre l’islamisme radical et de l’autre on laisse faire l’entrisme de ces islamistes dans des crèches de quartier. Il faut absolument réagir très vite[2]."

En 2003 déjà, elle déclarait « depuis longtemps, dans la société française de souche, que ce soit le judaïsme ou le catholicisme, on ne peut pas dire qu’il y ait une oppression des femmes[3] » niant ainsi l’immensité des problèmes de sexisme qui touchent les femmes y compris en occident : salaires, violences, préjugés… Son féminisme est-il progressiste s’il participe de ce genre de confusion hallucinante ?

Pire au nom d’un certain communautarisme féminin elle en arrive à une prise de position des plus déconcertantes. En février 2017, Badinter, interrogée sur France inter au sujet de la possible victoire de Marine Le Pen aux présidentielles, rappelle son engagement contre le FN, sa démystification du féminisme version Marine Le Pen mais déclare tout de même « C'est peut-être une victoire du féminisme, c'est pas une victoire de la démocratie.[4] »

Comment dissocier féminisme et démocratie ? Marine Le Pen anti-IVG, anti-contraception, représentante de la réaction pourrait tout de même faire avancer la cause « féministe » si elle est élue, pour la simple et bonne raison que c’est une femme ?

Il y aurait une communauté des femmes qui aurait tout de même quelque chose à gagner si Marine le Pen accédait au pouvoir, sachant que sa conception politique s’oppose en tout point à l’égalité des droits entre les hommes et les femmes ?

 

Le féminisme tant qu’il n’entrave pas les affaires…

En avril 2016, Badinter soutenait Laurence Rossignol dans sa campagne de boycott des marques qui vendaient des foulards en France. Voici un extrait d’une interview du Monde[5] « Interrogée sur ces marques qui, comme H&M et Dolce & Gabbana, lancent des articles de mode islamique, la ministre des familles, de l’enfance et des droits des femmes, Laurence Rossignol a fait un parallèle entre les femmes voilées et les esclaves noirs américains. Une comparaison fautive ? [Bandinter répond] :

La ministre a eu un mot malheureux en parlant de «  nègres  », mais elle a parfaitement raison sur le fond. Je pense même que les femmes doivent appeler au boycott de ces enseignes. »

Badinter prend là une position logique vis-à-vis d’elle-même, seulement cette logique s’arrête là où commencent ces intérêts personnels.

Quand des femmes engagées politiquement, des écologistes pour la plupart, prendront la parole pour dénoncer les agressions qu’elles ont subies de la part de Denis Baupin, Badinter concèdera que celles-ci sont « dignes et impressionnantes » mais s’empressera de rajouter au sujet de la polémique contre Baupin qu’elle « ne supporte pas les chasses à courre, les effets de meute ». La légitime dénonciation du machisme voire des agressions sexuelles en politique se réduirait à une chasse à courre contre ce pauvre Baupin ? Celle-ci d’affirmer plus loin que la mentalité des hommes a changé (et elle revient à sa grande passion) mais « n'a malheureusement pas eu lieu dans la communauté musulmane[6] ». On défend ses alliés politiques et on s’en prend toujours aux mêmes.

Libres penseurs nous pensons, nous aussi que les religions monothéistes dont l’islam sont réactionnaires et sexistes. Badinter est virulente contre l’islam mais oublie les autres grandes religions. Pour autant, quand il s’agit d’argent, même son combat contre l’islam, devient fluctuant.

Voici de larges extraits d’un article de LCI[7] qui soulève les contradictions de Badinter lors de la campagne de boycott précédemment citée : « si cet entretien, dans la lignée de la pensée développée par la philosophe, n’a rien de surprenant en soi, il l’est davantage lorsqu’on le confronte à la récente mission confiée à Publicis, entreprise fondée par son père, le célèbre publicitaire Marcel Bleustein-Blanchet. Une agence de communication dont Elisabeth Badinter est aujourd’hui première actionnaire et présidente du conseil de surveillance. L’une de ses filiales, Mediavision, embauche par ailleurs ses deux fils, Simon et Benjamin Badinter. Cette nouvelle mission, c’est le magazine Challenges qui la révèle au début du mois d’avril. Une information plutôt passée inaperçue, selon laquelle Publicis serait désormais en charge d’assurer une partie de la communication… de l’Arabie Saoudite. Ce lien, pour le moins inattendu, avec un pays qui n’a accordé le droit de vote aux femmes qu’en 2011, a de quoi interroger.

[…] nous finissons par être mis en contact avec Roman Abreu. Directeur chez Publicis des affaires publiques, de la communication financière et de la gestion de crise, il est l’interlocuteur privilégié de l’ambassadeur saoudien en France, Dr Khalid Al-Ankari. "Mon rôle est de gérer les relations presse de l’Arabie Saoudite en France, d’assurer sa communication sur les réseaux sociaux et de mettre en contact ses représentants avec diverses personnalités publiques", nous détaille-t-il. "[…] Et l’intellectuelle en question, qu’en pense-t-elle ? Son amie éditrice Micheline Amar, chargée de répondre à sa place aux sollicitations des journalistes, précise d’emblée "qu’elle n’accepte aucune demande d’interview", "pas même celle de Delahousse". L’interview donnée au Monde ? "Elle était prévue il y a longtemps", nous rétorque-t-on. Et au sujet de cette nouvelle mission qui incombe à Publicis, nous recevons une réponse aussi énigmatique que laconique : "Elle ne mélange pas les genres. "

Et pourtant. Ce n’est guère la première fois que les positions de la philosophe et ses obligations de femme d’affaire entrent en conflit. Plusieurs spots publicitaires produits par Publicis, par le passé ont pu avoir une teneur jugée profondément sexiste. Citons, pêle-mêle, cet homme qui, souhaitant changer de vie, troque sa copine contre une fille en bikini mais garde sa Clio. Ou encore ce petit garçon malade qui attend "le bon geste d’une maman" grâce à la pommade Vaporub. Mise face à ses contradictions par le site d’information Rue89 en 2010, Elisabeth Badinter ne s’était, une nouvelle fois, fendue d’aucun commentaire. Quarante-septième fortune française, héritière du numéro deux mondial de la publicité, elle préfère se retirer en campagne "pour écrire sur les philosophes des Lumières", selon son attachée de presse. »

Notons enfin à propos de Badinter, la chef d’entreprise, que Publicis fut une des rares entreprises où les syndicats appelèrent à la grève à l’occasion de l’appel du 7 novembre à 16h34[8]. « L’initiative de la newsletter féministe Les Glorieuses, qui visait à dénoncer les inégalités salariales entre hommes et femmes, avait fait écho auprès des salarié(e)s de Publicis. Car au sein de ce grand groupe de communication, dont le conseil de surveillance est présidé par la philosophe et féministe notoire Elisabeth Badinter, l’égalité professionnelle semble encore demeurer, comme souvent ailleurs, un vœu pieux. C’est en tout cas le constat des représentants du personnel. A la mi-octobre, ils ont rédigé une lettre ouverte à l’intention d'Elisabeth Badinter. "Allaitement, laïcité, parité, etc. La cause des femmes semble vous préoccuper à chaque instant, mais quand oserez-vous enfin balayer devant votre porte ?" demandent-ils ainsi à la présidente du conseil de surveillance. (…) "Comment se fait-il que les femmes de Publicis soient toujours moins bien payées que les hommes ? Pourquoi leur turn-over est-il beaucoup plus élevé que celui des hommes, et pourquoi quittent-elles Publicis passé 40 ans car elles subissent toujours le plafond de verre ?".

 

Le féminisme, c’est-à-dire la lutte pour l’égalité totale des droits entre hommes et femmes, suppose de nombreux combats : démonter les préjugés sexistes,  combattre les crimes et les atteintes faites aux femmes mais aussi et surtout cela suppose des batailles concrètes, loin des grands discours et des belles théories des féministes bourgeoises.

 

Plusieurs questions se posent alors aux progressistes et aux libres penseurs : Tous ceux et toutes celles qui se revendiquent du féministe sont-elles ou sont-ils réellement égalitaristes et progressistes ?

Le combat féministe est-il un combat des femmes contre les hommes ou un combat des progressistes (hommes et femmes) contre les réactionnaires (hommes ou femmes) ?

A ces féministes qui se préoccupent du sort des femmes du moyen orient ? Avez-vous manifesté contre les interventions militaires occidentales qui ont aggravé leur situation ?

Autre question, peut-on être féministe et soutenir des gouvernements qui ferment des lits d’hôpitaux, des maternités, baissent les subventions aux associations d’aide aux femmes ? Peut-on défendre l’égalité des sexes au Moyen Orient sans se battre contre les théocraties soutenues par l’occident, sans se battre contre les guerres imposées aux peuples ?

Peut-on être féministe sans s’inscrire dans la lutte des classes et réclamer avec les syndicats, l’égalité salariale, le respect des contrats de travail, des conventions collectives, l’abrogation de la loi El Khomry ? On sait que les femmes sont plus touchées que les hommes par la précarisation des contrats de travail… Le capitalisme s’appuie sur le sexisme et le renforce. L’Egalité peut-elle exister dans un monde qui refuse à l’immense majorité d’avoir un vrai travail, un vrai salaire, un logement décent ou l’accès à une véritable instruction ?

Le féminisme peut-il ne combattre qu’une seule religion en oubliant toutes les autres ?

L’égalité des sexes et l’émancipation du genre humain ne peut pas se laisser abuser par des sauveurs suprêmes, des guides, qui lancent des mots d’ordre creux, et des grandes analyses coupées de la lutte concrète.

 

Hansi Brémond

 

 

 

 

 

[1] http://www.huffingtonpost.fr/2016/08/20/conseillere-elysee-hollande-voile-pape_n_11635698.html?ncid=fcbklnkfrhpmg00000001

[2] http://www.elle.fr/Societe/Interviews/Elisabeth-Badinter-Il-faut-d-urgence-une-loi-sur-le-voile-pour-la-petite-enfance-2408590

[3] Élisabeth Badinter, La victimisation est aujourd’hui un outil politique et idéologique, Propos recueillis par Véronique Helft-Malz et Paule-Henriette Lévy, L’Arche no 549-550, Novembre-Décembre 2003.

[4] http://www.lci.fr/societe/pour-elisabeth-badinter-l-election-de-marine-le-pen-serait-peut-etre-une-victoire-du-feminisme-pas-de-la-democratie-2025031.html

[5] http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/04/02/elisabeth-badinter-une-partie-de-la-gauche-a-baisse-la-garde-devant-le-communautarisme_4894360_3232.html

[6] http://www.lanouvellerepublique.fr/France-Monde/Actualite/24-Heures/n/Contenus/Articles/2016/06/11/Elisabeth-Badinter-On-a-laisse-les-predicateurs-s-emparer-de-quartiers-2746700

[7] http://www.lci.fr/societe/lutter-contre-le-voile-et-etre-chargee-de-la-com-de-larabie-saoudite-le-troublant-melange-des-genres-delisabeth-badinter-1507607.html

[8] http://www.lci.fr/societe/des-syndicats-denoncent-les-inegalites-de-salaires-hommes-femmes-dans-l-entreprise-de-la-feministe-elisabeth-badinter-2013172.html

Féminisme ou féminismes ? ou le féminisme bourgeois et à géométrie variable d'Elisabeth Badinter et d'autres...

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Egalité

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Publié le 4 Mars 2017

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Egalité, #liberté de conscience et de corps

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Publié le 18 Mai 2016

Tract des jeunes de la Libre Pensée diffusé samedi dernier place de la Rep au Mans.

La jupe est -elle dangereuse ?

  • A New York, une cycliste a été arrêtée et verbalisée car sa jupe « dérangeait » les automobilistes et aurait pu provoquer des accident1.
  • En Italie, un curé a accusé les femmes de provoquer leurs agresseurs. Il demandait aux femmes : « Rallonger les jupes pour ne pas provoquer les criminels […] les femmes, qui provoquent par leur habillement succinct, qui s'éloignent de la vie vertueuse et de la famille, provoquent les instincts et doivent se livrer à un sain examen de conscience, en se demandant   : peut-être le cherchons-nous ?"
  • Dans certains pays musulmans, au nom de la religion, les femmes doivent se voiler, cacher leur corps pour ne pas tenter les hommes.

 

Ici ou là, des jeunes filles se font siffler parce qu'elles portent un jupe, on les insulte , on les accuse d’être des salopes, de chercher à se faire agresser…

 

La jupe serait un appel au viol ? Faux !

  • 85 % des viols sont commis dans un contexte où la victime connaît son agresseur, par exemple au sein de la famille (père, beau-père, oncle,…), de l’école ou du travail 2.
  • Il n’y a pas plus d’agressions sexuelles en été qu’en hiver, donc la légèreté des tenues n’est pas en cause3.
  • Les premières violences sexuelles ont lieu pour « 51 % avant 11 ans et 21 % avant six ans »4…  y’a-t-il encore des fous pour affirmer que c’est la victime et sa tenue qui est en cause ?
  • En Inde, une femme est violée toutes les deux heures et pourtant le port de la jupe, n’est pas vraiment la tendance dans ce pays5

 

N’est il pas temps d’enfin reconnaitre que les agressions sexuelles sont seulement le fait des agresseurs ? N’est il pas temps de laisser les femmes tranquilles et de se poser les vraies questions ?

Le port de la jupe n’est ni un appel au viol, ni un crime…Ne devrait on pas laisser les individus s’habiller comme ils l’entendent ? 

 

Le criminel est celui qui commet le crime

S’il y a des agressions sexuels c’est qu’il y a des agresseurs et les victimes ne sont en rien coupables.

Plutôt que de culpabiliser les femmes, on devrait plutôt se demander pourquoi quelques hommes commettent des agressions. Dans le cas des agressions sur des enfants, va-t-on reprocher aux victimes de l’avoir « bien cherché » ?

Egalité Hommes-Femmes;

Quand un homme change souvent de copines, on le considère comme un don juan. Quand une femme fait la même chose, ce serait une salope ! Pourquoi ?

Quand un homme  boit, fume, a de nombreux rapports sexuels, on pense que c’est un bon vivant, si c’est une femme , on dira d’elle qu’elle ne se respecte pas… pourquoi ?

N’est il pas temps de laisser les individus disposer de leur corps comme ils l’entendent sans les juger !?

 

  • Chaque individu devrait avoir le droit de disposer de son corps.

 

  • Chaque individu devrait pouvoir mener sa vie comme il l’entend !

 

  • Chaque individu devrait pouvoir s’habiller comme il veut, vivre sa sexualité comme il le souhaite (avec  des personnes consentantes).

 

  • Chaque individu devrait pouvoir se promener dans le rue sans se prendre des remarques sur sa tenue, son physique ou son allure !

 

Si vous êtes gêné par la tenue de quelqu’un, posez vous des questions sur votre capacité à accepter les autres et à être tolérant.

 

Si la vue d’une jupe vous perturbe au point de devenir agressif ou intolérant, posez vous des questions sur votre capacité à gérer vos pulsions.

 

 

1—http://www.slate.fr/lien/39581/velo-jupe-danger

2—http://www.planningfamilial31.fr/actualites/communique-de-presse-du-planning-familial-31-00300

3—http://www.lesnouvellesnews.fr/coupables-d-etre-violees/

4—http://www.ouest-france.fr/societe/societe-laccablante-enquete-sur-les-violences-sexuelles-3219078

5—http://www.arte.tv/fr/en-inde-une-femme-est-violee-toutes-les-deux-heures/7167530,CmC=7167582.html

 

 

Puis je porter une jupe sans me faire traiter de salope ?

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Egalité

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Publié le 19 Août 2012

J’ai rédigé ce texte en mai 2012. Ce dernier, une fois discuté et légèrement amendé par la Commission administrative de la Fédération Nationale de la Libre Pensée a servi d’exposé auprès de l’IHEU. C’est notre amie et camarade Michèle Singer qui l’a présenté récemment au colloque de Montréal de l’IHEU (internationale humaniste et éthique).

 

Hansi

 

"Je ne suis vraiment libre que lorsque tous les êtres humains qui m'entourent, hommes et femmes, sont également libres." Michel Bakounine

 

Nous vivons dans un monde en crise ; dans les pays les plus riches, les acquis sociaux  progressistes et les acquis de civilisation sont en recul. Dans le même temps les inégalités sociales sont de plus en plus criantes entre les pauvres et les riches, que ce soit  au niveau international mais également au sein même des nations.

Dans ce contexte de crise économique, politique et sociale, la situation des plus faibles s’aggravent.  A ce titre les femmes, subissent de plein fouet, les régressions, les reculs de liberté, l’exploitation et la pauvreté.

Au niveau mondial, les femmes représentent 70% des 1.2 milliard d’êtres humains qui vivent avec moins de 1$ par jour. En France, bien que représentant 47% des salariés, celles-ci touchent des salaires jusqu’à 27% inférieur à ceux des hommes et des retraites inférieures de 42%. Elles sont les plus exposées aux temps partiels, aux contrats précaires et à la pauvreté. Elles se voient souvent refusées l’accès à des postes de direction ou à des lieux de prise de décision.

A cette situation économique catastrophique s’ajoutent les mauvais traitements et les agressions sexuelles ; on estime qu’une femme sur trois, dans le monde, a déjà a été violée, battue ou victime de mauvais traitements au moins une fois dans sa vie.

Les femmes se voient, très souvent, interdire les libertés fondamentales ; elles ne disposent bien souvent ni de leur corps, ni de leur conscience. Notons à  ce sujet, y compris dans les pays  où des acquis démocratiques et progressistes ont permis aux femmes de s’émanciper,  que des menaces pèsent. Ainsi en France, la gynécologie médicale tend à disparaitre, la contraception est de plus en plus menacée et les centres IVG ferment les uns après les autres. Loin d’être atteint l’objectif de l’égalité entre les hommes et les femmes semblent reculer au même titre que les acquis sociaux et démocratiques.

 

Les hommes et les femmes seraient ils inégaux ?

Les hommes et les femmes présentent des différences physiques évidentes. Mais ont-ils des capacités intellectuelles vraiment différentes ? Des stéréotypes diffusés un peu partout affirment que les hommes et les femmes ont des comportements intrinsèquement différents, dans des livres grand public comme les hommes viennent de mars et les femmes viennent de Vénus, il est propagé toute une série de stéréotypes attribuant des comportements, des capacités et finalement des rôles à un sexe ou à l’autre ; « les femmes ne sauraient pas lire une carte, les garçons seraient plus doués en maths… ».  Pourtant, les travaux des neurosciences ont infirmé toutes ces allégations. Lise Eliot, maitre de conférences en neurosciences à l’université Rosalind-Franklin de médecine et de science de Chicago, auteur du livre Cerveau rose, cerveau bleu, les neurones ont-ils un sexe  insiste surtout sur la grande plasticité du cerveau et sur la haute réactivité du cortex à l’environnement, confirmant ainsi que les différences apparaissant parfois dans les comportements ou les capacités scolaires sont dues essentiellement à l’éducation et à l’environnement dans lequel nous évoluons. Des lors, d’un point de vue scientifique et rationnel, rien ne peut justifier les inégalités de droits et de devoirs entre les hommes et les femmes. Les comportements sont essentiellement déterminés par l’environnement et l’éducation et non par le physique et la biologie. Ce qui faisait dire à Simone de Beauvoir « On ne nait pas femme, on le devient ».

 

Selon les religions, le sexe détermine la place dans la société

Malgré les recherches scientifiques, des théories archaïques et réactionnaires soutiennent, tout de même, que les femmes sont inférieures aux hommes et/ou que leur identité et leur rôle dans la société sont déterminés par leur sexe. Ces différences sexuelles, justifieraient des différences de droits et de devoirs. Pour ces « penseurs » les comportements et les rôles des hommes et des femmes seraient déterminées par la nature et par la divine volonté d’un créateur.

Ainsi, les caractéristiques physiques558417_458556944162854_1700530731_n.jpg d’un individu détermineraient des rôles différents dans la société. Les individus seraient alors prédestinés à occuper tel rôle social, professionnel ou politique selon que leur sexe soit masculin ou féminin.

Ce modèle inégalitaire de domination d’un sexe par l’autre est un modèle largement diffusés par les religions monothéistes. Le coran ou la Bible (ancien et nouveau testament) donnent autorité de dieu sur l’homme et de l’homme sur la femme. La Bible contient des dizaines de prescriptions et d’interdits concernant les femmes.  Il est notamment écrit dans la Lettre de Paul aux Ephésiens (5, 22,23) « Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur; car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l'Église ». Cette orientation sexiste persiste jusque dans des prises de positions récentes des différentes religions du livre. Jean-Paul II, dans l’encyclique mulieris dignitate, affirmait en 1988 « même la juste opposition de la femme face à ce qu'expriment les paroles bibliques «lui dominera sur toi» (Gn 3, 16) ne peut sous aucun prétexte conduire à «masculiniser» les femmes. La femme ne peut _ au nom de sa libération de la «domination» de l'homme _ tendre à s'approprier les caractéristiques masculines, au détriment de sa propre «originalité» féminine. Il existe une crainte fondée qu'en agissant ainsi la femme ne «s'épanouira» pas mais pourrait au contraire déformer et perdre ce qui constitue sa richesse essentielle.  (…)La femme _ comme l'homme aussi, du reste _ doit donc envisager son épanouissement personnel, sa dignité et sa vocation, en fonction de ces ressources, selon la richesse de la féminité qu'elle a reçue le jour de la création et dont elle hérite comme une expression de l'«image et ressemblance de Dieu» qui lui est particulière. » 

Il résumait alors, la « prédestination » de la femme par sa vocation sponsale; à être soit épouse du christ soit l’épouse d’un homme (avec maternité). Cette vocation se résumant selon l’Eglise catholique par le « don de soi ».

En 1995, dans une autre encyclique,  evangelium vitae, l’Eglise condamnait également la contraception, le droit à l’IVG, ou l’homosexualité. Les homosexuels étant en quelque sorte des individus qui réfutent la prédestination sexuelle et sexiste développée par les religions.

Malgré des prétendus adaptations à la société moderne, il apparait que les religions du texte continuent de combattre le droit pour chaque individu de disposer de son corps et de sa conscience. Cette position liberticide inclue notamment des interdits liés au sexe, à la sexualité mais aussi l’obligation pour l’individu d’adopter un comportement et un rôle conforme à une supposée détermination physique.

Chaque grande religion édicte ainsi des prescriptions dans le but de contrôler les corps et les consciences des individus particulièrement des femmes. Interdits vestimentaires, alimentaires, sexuels et ségrégation entre les sexes… les grandes religions juives, musulmanes et chrétiennes souhaitent régenter la vie publique et même la vie privée de tous. Ces religions, toute patriarcale, insiste particulièrement sur le statut des femmes.

Interdiction de la maternité consciente, du droit à l’IVG, interdictions vestimentaires, les religions représentent un obstacle majeur au droit de disposer de son corps et de sa conscience. Ainsi des comportements et des tenues autorisées pour les hommes seraient indignes des femmes.

Ce modèle patriarcal diffusé par les religions dans toutes les sphères de la société se retrouve sous diverses formes dans les médias, dans la mode, dans le monde professionnel. Le statut, le comportement et le corps de la femme semble ainsi appartenir à toute la société ; une femme ne devrait pas séduire autant qu’un homme, elle ne devrait pas montrer son corps librement, elle ne devrait pas être trop entreprenante, elle ne devrait pas prendre trop de responsabilité sans quoi elle ne serait plus féminine… Son corps ne pourrait être dévoilé que s’il rentre dans les canons de beauté (véritables diktats imposés aux femmes) et ce dans un but mercantile, elle doit être souriante, jolie, discrète…

Même sans parler des situations extrêmes vécues dans certaines communautés religieuses, on constate, partout, que les femmes se voient assigner des modèles et des rôles à suivre. Dans la Bible, les femmes sont ou prostituées ou mères. Les femmes sont souvent présentées comme des tentatrices, comme Eve responsable du péché originel. Cette conception se retrouve dans nos sociétés encore aujourd’hui. Dans certaines communautés chrétiennes, juives ou musulmanes, on prétend protéger les femmes en leur demandant de se cacher. La culpabilité des éventuelles agressions sexuelles est ainsi rejetée sur les victimes. Ces codes vestimentaires sont le fait de doctrines dictées par des hommes incapables de gérer leur sexualité dans un système de pensée religieuse obsédée par le sexe. Les tenues des religieuses, les voiles, les interdictions vestimentaires mais aussi les diktats de beauté imposés aux femmes sont les conséquences d’idéologies religieuses prônant le contrôle des corps et des consciences des hommes et surtout des femmes mais prônant aussi l’infériorité de celles-ci. 

Cet état de fait constitue une situation d’infériorisation des femmes confortée par le système économique dans lequel nous vivons. Celui-ci favorise en effet la division du travail, la concurrence et la division des êtres humains entre eux.

 

Egalité ou discrimination positive ?

Aujourd’hui, tout le monde se déclare préoccupé par la situation des femmes mais l’enfer est pavé de bonnes intentions !

Ici, on les « habille » d’un voile pour les protéger et on leur interdit de travailler pour les mêmes raisons, là, on rédige une encyclique à leur gloire, on les encense mais on justifie l’inégalité et on les cantonne dans le don de soi…

A chaque fois, on justifie l’inégalité des droits et des devoirs par les différences physiques entre les hommes et les femmes… Les libres penseurs et les démocrates réfutent ce modèle et affirment que chaque individu doit pouvoir disposer de son corps et de sa conscience quel que soit son apparence, son sexe, sa sexualité, ses opinions et ses croyances. Aucune différence réelle ou supposée ne doit et ne peut justifier une inégalité des droits et des devoirs.  

Admettre la moindre différence des droits, c’est admettre la supériorité d’individus sur d’autres, c’est établir une hiérarchie entre les êtres humains, les diviser et finalement menacer les libertés de tous. Nous affirmons que les êtres humains veulent vivre en paix, libres et égaux. Aussi nous rejetons toute forme de discrimination et toute forme de communautarisme.

Accorder des droits et des devoirs différents selon des appartenances à des prétendus communautés ethniques, religieuses, sexuelles…etc… revient à compartimenter les êtres humains dans des communautés dont ils ne peuvent plus sortir. Les individus disposeraient ainsi de droits et de devoirs déterminés par leurs appartenances à telle ou telle communauté. Ce système empêcherait l’individu de disposer de son corps et de sa conscience à l’égalité avec tous les êtres humains. Tenus de se comporter en accord avec ses « appartenances », sa liberté serait fortement réduite.

Prétextant réduire ou atténuer des inégalités, certains veulent mettre en place des discriminations dites positives. Ainsi, pour réduire les inégalités entre les hommes et les femmes, des Etats comme la France ont mis en place des quotas en politique. Non seulement, la situation des femmes n’a pas progressé en France, non seulement les inégalités persistent mais en plus cette politique de discrimination dite positive (parité) entérine l’inégalité entre les sexes, discrédite les femmes, jette un doute sur leur capacité et sert d’obstacle à lutter contre les vraies racines de l’inégalité.

L’existence de cette loi sur la parité constitue un échec et une hypocrisie. Si les femmes représentent 48% des membres siégeant dans les conseils municipaux, les choses se dégradent plus les responsabilités politiques sont importantes et ne représentent plus que 18.5% des élus à l’assemblée nationale.[i]

Les défenseurs de cette loi affirment vouloir forcer les choses pour démontrer que les femmes peuvent gouverner tout autant que les hommes mais aussi pour changer les mentalités en aidant les hommes et les femmes à percevoir les choses autrement en mettant en avant des femmes politiques. Si les intentions paraissent bonnes, la méthode est des plus douteuses. Cette politique des quotas et des places réservées sous-entend une situation de handicap accentuant par la même occasion le sentiment d’une moindre capacité pour les femmes à accéder aux plus hautes responsabilités.

Ce n'est d'ailleurs pas très valorisant pour une femme de se dire qu'elle doit sa place à son sexe plutôt qu'à son mérite. Les qualités d'une femme tiendraient plutôt à ses qualités physiques qu'à ses compétences ?

Pire, la loi sur la parité a servi d’écran de fumée… En instituant cette loi, on a fait mine de régler le problème de l’inégalité des droits sans aborder les questions les plus cruciales comme les inégalités liées aux salaires et aux pensions de retraites. Dans ce dernier cas, l’écart entre les hommes et les femmes s’est même accentué lors de la dernière contre-réforme des retraites. Les questions du travail des femmes, du temps partiel, des discriminations au travail, des rémunérations ne sont pas abordées alors qu’elles sont pourtant déterminantes.

On ne peut combattre les discriminations en les gravant dans la loi. On ne peut résoudre les inégalités par l’inégalité de droit. Toute politique dite de discrimination positive fait mine de soigner les causes de la maladie alors qu’elle ne traite péniblement qu’un symptôme. Mieux vaut réfléchir sur les origines des inégalités plutôt que d’appliquer des solutions qui aggravent les discriminations et masquent les vraies racines

 

Le combat des progressistes pour le droit de disposer de son corps et de sa conscience.

La démocratie est un système politique où des élus exercent un mandat au nom de leurs concitoyens. Les représentants élus du peuple dirigent un Etat ou une collectivité, font des choix politiques et économiques qui déterminent la vie de leurs concitoyens. Aussi les électeurs choisissent leurs élus au nom de valeurs qu’ils défendent, selon des choix économiques ou politiques qu’ils jugent préférables et au nom d’une certaine orientation politique.

Au gré des situations politiques, des candidats, des idées défendues, des bilans des élus, les électeurs peuvent changer d’avis, sanctionner des élus, choisirent d’autres candidats, changer d’opinions…etc…

Qu’en serait-il si les assemblées élues devaient être déterminées par des quotas qui représenteraient les « minorités » ? Vote-t-on pour des idées et des orientations politiques ou bien votent-on pour des gens selon leur sexe, leur religion, leurs origines ?

La démocratie implique l’égalité des droits et des devoirs… un candidat à un poste ne peut être reçu que parce qu’il mérite cette place et ce quelque soit son sexe, ses options philosophiques, sa couleur… etc… la démocratie ne peut être une accumulation de communautés.

Les intérêts des femmes seraient-ils mieux défendus, en France, si Madame Christine Boutin, consulteur au conseil pontifical pour la famille, opposée à l’ivg, militante pour l’apport judéo chrétien dans la société, était appelée aux plus hautes responsabilités ? Les hommes seraient ils oppressés s’il la majorité des élus étaient des femmes ?

La démocratie implique que nous élisions des élus au nom de leurs programmes politiques et économiques et non pour leur couleur, leur sexe ou leur orientation sexuelle.

En matière d’égalité des sexes, il ne s’agit pas d’un combat des femmes contre les hommes. Non, il s’agit de la lutte multiséculaire des progressistes hommes ou femmes contre les réactionnaires hommes ou femmes. Il s’agit de combattre partout pour l’égalité face à des conceptions qui imposent les inégalités et l’obscurantisme.


La laïcité et la lutte contre les dogmes religieux

Partout où des inégalités se produisent, les libres penseurs doivent réagir et promouvoir l’égalité de tous. Cela suppose l’opposition à toute doctrine inégalitaire et à tout préjugé discriminatoire. Se battre pour l’égalité des hommes et des femmes, c’est combattre les dogmes et les positions liberticides des religions qui justifient l’oppression des uns par les autres, et qui entravent la liberté de tout individu de disposer de son corps et de sa conscience.

Combattre pour la liberté et l’égalité de tous, c’est se battre partout pour que ces puissances religieuses soient exclues des prises de décisions politiques. Le combat pour l’égalité des droits des hommes et des femmes est intrinsèquement lié au combat pour la séparation des Eglises et des Etats. Il ne peut y avoir d’égalité quand des forces inégalitaires et réactionnaires imposent leur point de vue à l’ensemble de la société.

 

Combattre les inégalités quelles qu’elles soient, c’est aussi combattre la plus grande de toute. 

Alors qu’une immense majorité travaille comme salarié ou du moins tente de trouver un travail contre un salaire, une minorité détient les entreprises, les banques et les finances du monde.

Les inégalités sociales constituent les inégalités les plus criantes, elles sont la source de toutes les inégalités. On le voit dans l’Histoire, quand le niveau de vie d’une population augmente, les religions et les superstitions reculent, les conditions de vie des hommes et des femmes y progressent fortement. Les conditions sociales déterminent les modes de penser.

 

Les dirigeants de ce monde n’ont aucun intérêt à perdre leurs nombreux avantages et de fait ne souhaitent pas vivre à égalité avec le reste de l’humanité. Pour ne pas être renversés, ils doivent canaliser et soumettre une bonne partie de l’humanité.

Les religions et le communautarisme (souvent liés) trouvent leurs origines dans cette domination d’une minorité de puissants sur une large majorité de dominés.

 

De la misère sociale et économique, de l’ignorance et de la peur du lendemain naissent des systèmes de penser réactionnaires qui justifient les inégalités sociales, sexuelles et même parfois « raciales ». C’est pour cela que les dominants utilisent les religions pour contrôler les populations.

En 1801, Napoléon signait un concordat avec l’Eglise catholique et déclarait alors : « comment avoir de l’ordre dans un Etat sans religion ? (…) la société ne peut exister dans un Etat sans une religion. La société ne peut exister sans l’inégalité des fortunes, et l’inégalité des fortunes ne peut exister sans la religion. Quand un homme meurt de faim à coté d’un autre qui regorge, il lui est impossible d’accéder à cette différence s’il n’y a pas là une autorité qui lui dise «  Dieu le veut ainsi, il faut qu’il y ait des pauvres et des riches dans le monde ; mais ensuite et pendant l’éternité le partage sera fait autrement. », il ajoute : « C’est en me faisant catholique que j’ai fini la guerre de Vendée, en me faisant musulman que je me suis établi en Egypte, en me faisant ultramontain que j’ai gagné les esprits en Italie. Si je gouvernais un peuple de Juifs, je rétablirais le Temple de Salomon ».

 

Tout comme la lutte contre les religions, la lutte contre toute forme de discriminations doit être comprise et intégrée dans la lutte contre un système ou une minorité prétend diriger une majorité et cela dans des conditions sociales, économiques et politiques inégalitaires.

Un des moyens dont dispose ces puissants consiste en effet à diviser les peuples en communautés. La conscience d’appartenir à une seule classe aux intérêts communs est occultée au profit d’une pseudo-appartenance à une communauté ethnique, religieuse, sexuelle ou autre. Pire, les revendications communautaires, les inégalités entre diverses communautés divisent les peuples et entraine parfois des conflits entre ces communautés.

Des lors, si des individus sont discriminés pour leur sexe, leur religion, leur orientation sexuelle, leurs origines... il convient de combattre pour l’égalité des droits tout en combattant l’origine profonde de toute inégalité ; c'est-à-dire l’inégalité des classes. Il revient ainsi aux démocrates que nous sommes de lutter contre toutes les discriminations, tout en aidant à la compréhension de tous les opprimés que leur émancipation totale n’est possible qu’en abolissant un système économique basé sur l’inégalité et vivant grâce à l’aggravation des discriminations.

La propagande contre les discriminations des femmes, pour l’égalité de tous, apparait nécessaire et légitime mais vaine si elle ne fait pas le lien avec cette lutte économique.

De même, ce combat pour l’émancipation politique et économique impose la compréhension et le soutien à tous ceux et toutes celles qui subissent l’oppression et les discriminations. Nous devons agir sur tous les plans, de façon théorique mais aussi de façon pratique.

En conclusion, il ressort la nécessité pour nous de combattre toute forme de discrimination en mettant en avant les principes d’égalité, de liberté et de laïcité tout en expliquant que l’émancipation totale de l’Humanité est impossible tant que subsiste la plus grande des inégalités ; la domination d’une classe sur une autre. Cette injustice est la mère de toutes les autres et toutes nos luttes émancipatrices doivent être intégrées à la lutte contre l’exploitation économique.

Hansi

 

 



[i][i] Observatoire des inégalités – 11 nov 2011 - http://www.inegalites.fr/spip.php?article59

 

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 12 Février 2012

Cet article est un extrait du dernier bulletin départemental de la LIbre Pensée. Adressez vous à nous si vous souhaitez recevoir acheter le bulletin ou vous abonner.

 

Hypatie d’Alexandrie, Saint Cyrille et le monothéisme.

Dans un numéro récent de la revue Sciences Humaines, un auteur affirmait que le monothéisme était père de l’intolérance religieuse, dans le sens où, contrairement au polythéisme, il n’acceptait qu’une seule vérité.  Point de syncrétisme, point de panthéon, point d’acculturation culturelle et religieuse, dès lors que l’on considère qu’il n’y a qu’un dieu et qu’une seule vérité. C’est ce qui fut d’ailleurs reproché aux juifs puis aux chrétiens par les romains.

C’est cette remarque sur le monothéisme, qui a le plus occupé mon esprit en  visionnant le film Agora du réalisateur Alejandro Amenabar. J’avais déjà entendu parler de ce film par des camarades libres penseurs et je connaissais vaguement la vie de la philosophe et astronome grecquo-égyptienne, Hypatie. J’ai découvert cette femme dans une chronologie historique où sa mort était prise comme symbole pour montrer la fin de la pensée Gréco-romaine antique et l’avènement de l’obscurantisme chrétien.

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Fille du dernier directeur de la bibliothèque d’Alexandrie (Théon), Hypatie est une scientifique, agnostique, laïque avant l’heure, qui enseigne notamment la pensée de Platon, les mathématiques et l’astronomie. Ses travaux ont été détruits mais on suppose qu’elle travaillait sur une forme d’héliocentrisme.

L'historien chrétien Socrate le Scolastique disait d’elle, dans son Histoire ecclésiastique (vers 440) :

« Il y avait à Alexandrie une femme du nom d’Hypatie ; c’était la fille du philosophe Théon ; elle était parvenue à un tel degré de culture qu’elle surpassait sur ce point les philosophes, qu’elle prit la succession de l’école platonicienne à la suite de Plotin, et qu’elle dispensait toutes les connaissances philosophiques à qui voulait ; c’est pourquoi ceux qui, partout, voulaient faire de la philosophie, accouraient auprès d’elle. La fière franchise qu’elle avait en outre du fait de son éducation faisait qu’elle affrontait en face à face avec sang-froid même les gouvernants. Et elle n’avait pas la moindre honte à se trouver au milieu des hommes ; car du fait de sa maîtrise supérieure, c’étaient plutôt eux qui étaient saisis de honte et de crainte face à elle. »

Ne pas être chrétienne, enseigner le rationalisme, la philosophie, être femme, indépendante et avoir une influence sur une partie du peuple et sur le préfet romain Oreste ; voilà plusieurs raison qui vont conduire Hypatie à sa perte. Celle-ci intervient en 415, dans un empire romain désormais devenu chrétien (en 391, l’édit de Théodose ordonnait notamment la destruction de tous les temples païens).

Hypatie est ainsi lapidée par agora13.jpgune milice chrétienne ; les paraballanis,  groupe de quelques centaines de bras armés aux ordres du puissant patriarche d’Alexandrie : Cyrille.

Bien que le film me conforte dans ma vision du christianisme comme obstacle à la liberté, il me fallait toutefois vérifier un peu l’exactitude de cette histoire. C’est tellement facile de faire un film manichéens où des bons se font maltraiter et tuer par des méchants. Sur internet, j’ai notamment trouvé le site d’un historien spécialisé dans l’histoire des religions. Sébastien Fath, c’est son nom, est chercheur au CNRS.

Voilà ce qu’il dit du film : « Recherches faites (de seconde main! Je ne suis pas helléniste), il s'avère que la trame du film est historiquement solide. Ce péplum comporte finalement assez peu d'extrapolations, même si on édulcore la fin, et qu'on romance un peu autour de l'apport d'Hypatie à l'astronomie (à ce sujet, on n'est sûr de rien, les écrits d'Hypatie ayant hélas disparu). Le fanatisme chrétien de l'époque, encouragé par la politisation post-constantinienne du religieux (l'Eglise devenant un soutien du pouvoir) correspond fort bien à ce que les sources antiques nous révèlent. »

Plus loin, il se pose la question de la responsabilité de Cyrille. Il cite alors deux auteurs spécialistes de la question ; Maria Dzielska et Pierre Chuvin.

« D'après Maria Dzielska, dont l'ouvrage est désormais considéré comme la référence principale en ce qui concerne Hypatie elle-même, Hypatie n'était pas une activiste païenne. Son cercle d'étudiants comprenait des païens et des chrétiens: elle ne faisait pas de discrimination. Cyrille, de son côté, apparaît d'après les sources comme un évêque violent, intolérant, qui chasse brutalement les Novatiens, puis les Juifs. Face à Hypatie, en revanche, il est embarrassé. La réputation d'Hypatie étant excellente, son prestige non moins grand, que faire pour écarter cette gêneuse?  L'existence des paraballani, que l'on voit dans le film comme une milice chrétienne inquiétante, est bel et bien confirmée par Maria Dzielska, d'après sa lecture des sources primaires: il s'agissait de 500 à 800 fiers à bras chrétiens, milice charitable.... mais aussi chargée de la protection de Cyrille. Ce sont bien ces hommes qui s'en sont pris au gouverneur, Oreste, accusé de tiédeur (là encore, le film est fidèle aux sources). C'est alors que serait intervenue Hypatie, contestant le pouvoir jugé démesuré de l'évêque, et plaidant pour le respect de l'autorité civile. La thèse de l'auteure est la suivante: réalisant l'obstacle représenté par Hypatie, Cyrille aurait créé un climat de plus en plus hostile à la philosophe, laissant les mains libres aux surenchères et, finalement, au lynchage de la malheureuse. D'après Dzielska, Cyrille n'auraitpas commandité l'assassinat (dans des circonstances particulièrement odieuses). Il aurait simplement créé le climat débouchant sur l'irréparable.

Sur nombre de points, Pierre Chuvin, dans sa large (et émouvante) synthèse sur la destruction des derniers païens par la machine de guerre post-constantinienne (ou théodosienne: christianisme, religion d'Etat), rejoint Maria Dzielska. En revanche, il diffère en partie dans le rôle dévolu à Cyrille, et ses arguments méritent qu'on s'y attarde. D'après lui, les mains de Cyrille ont trempé dans l'assassinat. Pas directement bien-sûr (Cyrille n'a pas poignardé lui-même la malheureuse). En revanche, il souligne en particulier un point négligé par Maria Dzielska, à savoir que le lynchage de la philosophe-mathématicienne par des miliciens chrétiens fanatiques a eu lieu.... dans la propre église patriarcale de l'évêque Cyrille! Difficile, dans ces conditions, d'imaginer que Cyrille n'ait pas cautionné, directement ou indirectement, l'élimination d'un soutien fort d'Oreste, gouverneur détesté de Cyrille. Du reste, Socrate le scolastique, en 440, ne soulignait-il pas déjà que le lynchage a porté atteinte à l'image de Cyrille et à l'église d'Alexandrie"?  Sébastien Fath note cependant que le massacre d’Hypatie n’a pas fait  l’unanimité chez les chrétiens. Ainsi l’évêque « Synésios de Cyrène, ancien étudiant d'Hypatie (un autre personnage du film parfaitement attesté historiquement) fait même preuve, dans sa correspondance, d'une admiration sans borne pour cette femme exceptionnelle ».

Et là, vous vous demandez, et Cyrille qu’est il devenu ? La réponse est très simple Saint Cyrille, sanctifié, glorifié est toujours considéré comme un bon père de l’Eglise aujourd’hui encore. « C'est bien cet homme, caution du lynchage d'Hypatie, dénonciateur impitoyable des 'hérétiques' et expulseur des juifs d'Alexandrie, que le pape Léon XIII a désigné comme "docteur de l'Eglise" en 1882 (notamment pour sa théologie mariale). C'est bien cet homme, théologien et normalisateur musclé d'une politique d'éradication de la différence, que le pape Benoît XVI a qualifié, le 3 octobre 2007, lors d'une audience générale, de "témoin inlassable et ferme de Jésus-Christ"... »

Du 5ème siècle à aujourd’hui, il y a une certaine continuité au sein de l’Eglise. Ses prétendus changements, ces pseudos adaptions à la modernité et à la démocratie ne sont que le produit de l’action des démocrates. Comment se comporterait l’Eglise catholique et ses adeptes, si les lumières, la libre Pensée et le mouvement ouvrier et démocrate n’était pas passés par la ?

 

Hansi

 

Sources : http://blogdesebastienfath.hautetfort.com/archive/2010/01/28/le-lynchage-d-hypathie-le-temps-de-rouvrir-le-dossier.html#more

 

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 1 Juin 2011

Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 18 Juin 2008

De Boutin à Badinter : Qu’est ce que le Féminisme ?Egalité, Parité, Mixité

 

Le féminisme est-il une valeur sûre, en quoi est-il directement lié à la laïcité, aux reculs sociaux, à la déréglementation et aux conditions générales du travail ?

L’égalité et la mixité sont indissociables et  souvent conditionnés par l’existence des services publiques (crèches, écoles, services sociaux …) du droit au travail, du droit au logement (conditions incompressibles de la liberté de partir de chez ses parents, de chez son mari, de sa cité…)

La parité est-elle une réelle avancée du droit des femmes, ou l’arbre qui cache la forêt des inégalités et de la vrai mixité ?

Autant de questions qui interviennent dans les débats sans fin sur l’image de la femme actuelle souvent coincée entre le voile, l’exhibition sur les abris bus, le sexe symbole type porte manteau des couturiers et super woman entre les gosses et le boulot.

 

Une soirée discussion organisée  La Libre Pensée du Mans

Introduction de Françoise Pageard

La soirée se terminera autour d’un buffet

 

Vendredi 27 juin à 19h00

Salle Verdigné (rue d’Isaac) au Mans

 

 

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