Publié le 25 Juin 2020

Communiqué – Libre Pensée de la Sarthe

 

Nous venons d’apprendre par voie de presse, la « réimplantation »  d’une croix dite de Bridolaie sur la commune de Bazouge-Cré sur Loir.

Cette initiative d’une association locale de défense du patrimoine pose plusieurs problèmes aux défenseurs de la laïcité de l’État. D’après l’article du Maine Libre, une statue du christ datant du 19e siècle a été restaurée puis les membres de l’association ont sollicité un artisan local pour fabriquer une nouvelle croix. Celle-ci « a été réimplanté à Cré-sur-Loir le 5 juin 2020 » et sera officiellement inaugurée, et bénie, le samedi 27 juin »

Comment comprendre cette inauguration officielle accompagnée d’une bénédiction dans une République qui a séparé les Églises de l’État depuis 1905 ? L’article précise, par ailleurs, que ce projet a eu le soutien de la municipalité.

Si de l’argent ou des moyens techniques ont été alloués par la municipalité pour ce projet,  il  y a alors une deuxième entorse à la loi de 1905 et notamment  à l’article 2 de la loi de 1905 qui précise que  « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ».

On apprend enfin que « la croix de la Bridolaie sera inaugurée sur la parcelle octroyée par la commune » alors que cette croix se trouvait autrefois sur un site privé. C’est une 3e atteinte à la laïcité de la République, en totale contradiction avec l’article 28 de la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’État qui stipule qu’ « Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. »

On est en droit de s’interroger sur le caractère prétendument culturel de cette opération. Peut-on parler de restauration du patrimoine quand la dite croix est en fait une fabrication nouvelle implantée sur un autre site que son emplacement historique ? Ne devrait-on pas parler d’une opération cultuelle en opposition totale avec la laïcité de l’État et de ses collectivités ?

Le fait que l’association de restauration du patrimoine n’ait que deux partenaires dont l’un d’eux est la fondation Notre Dame jette d'autant plus le trouble sur l’orientation de la dite association. Pour la Libre Pensée, tout cela ressemble plutôt à une opération cléricale de ré-évangélisation.

Ce n’est pas la première fois que l’Église catholique et ses alliés s’octroient le droit de marquer le territoire en érigeant des symboles religieux nouveaux, anciens ou supposément anciens.

Il nous faut aussi rappeler que plus d’un français sur deux n’est pas croyant et qu’une large partie de la population se désintéresse des religions. Le fait que la cagnotte en ligne lancée pour financer l’opération n‘ait récolté que 10 € sur un objectif de 2500 € confirme nos propos.

Pour ce qui est de l’aide de la commune, rappelons que l’argent public doit servir aux biens de tous et non pas satisfaire le prosélytisme religieux d’une minorité.

La Libre Pensée exige le respect de la laïcité de la République garantie par la loi du 9 décembre 1905 !

Nous demandons le déplacement de cette croix sur un terrain privé.

Nous demandons qu’aucun financement public ne soit utilisé dans cette opération religieuse.

 

Le Mans, le 25 juin 2020

photo Ouest France

photo Ouest France

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #communiqué LP 72, #laïcité

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