Publié le 1 Février 2025
Camarades, amis, citoyennes et citoyens,
Je vous transmets le salut fraternel de la fédération sarthoise de la Libre Pensée.
Je vous remercie d’être présents aujourd’hui, ici, et je tiens à remercier nos amis ; Elise Leboucher, son équipe, ainsi que nos camarades de la Sarf pour l’organisation régulière de cette initiative si importante. Je remercie aussi nos amis du PCF qui se joignent désormais à nous sur cette initiative.
Nous sommes réunis aujourd'hui pour rendre hommage à René Levasseur et commémorer la première abolition de l’esclavage.
/image%2F0549487%2F20250327%2Fob_9e384c_fb-img-1738699128774.jpg)
Le nom de René Levasseur résonne avec force dans l'histoire de notre pays, et plus particulièrement dans celle de la Révolution française.
Ce député de la Sarthe à la Convention nationale a été un acteur majeur de son époque, Il s’est battu au sens propre comme au sens figuré pour sauver la Révolution et la République.
C’est un exemple pour les progressistes et les républicains que nous sommes.
Commémorer René Levasseur et la première abolition de l’esclavage de 1794 c’est affirmer et réaffirmer les valeurs et les principes qui sont les nôtres à commencer par la Liberté, l’Egalité et la Fraternité.
Ces idéaux nés au cœur du siècle des Lumières, ne doivent pas être des mots creux dénoués de sens comme ils le deviennent trop souvent quand ils sont prononcés aujourd’hui par nombre de nos contemporains et de nos dirigeants, républicains de carton.
Non, ces idéaux constituent une orientation politique et philosophique, des objectifs à atteindre, un phare pour nous guider dans le nouvel obscurantisme dans lequel le capitalisme international cherche à nous entraîner un peu partout dans le monde.
A l’heure où les bourgeoisies basculent les unes après les autres du côté de la réaction la plus crasse, entraînant avec elles, les médias quelles possèdent et les nombreuses girouettes qui n’ont pour simple orientation que de suivre le vent soufflé par les marchés, il est primordiale, voire vitale que les forces progressistes se regroupent, s’organisent, se réapproprient leur histoire et œuvrent ensemble pour organiser une riposte puissante et radicale.
Camarades, amis, citoyennes et citoyens,
Il ne suffit pas d’afficher le triptyque républicain pour être républicain et progressiste, encore faut-il l’appliquer vraiment !
C’est au nom de ces valeurs que René Levasseur et la République ont aboli l’esclavage et accordé la nationalité française aux anciens esclaves dans les colonies françaises à égalité avec les autres citoyens français.
Celles et ceux qui occupent la scène politico-médiatique en tenant des discours d’exclusion, en jetant l’opprobre sur une partie de nos concitoyens en raison de leurs origines, de leurs apparences ou de leurs croyances, ne sont ni des républicains, ni progressistes.
Celles et ceux qui défendent des vertus humanistes et républicaines pour certaines populations, certains pays, mais les refusent à d’autres, usent et abusent de la géométrie variable dans leur principes, ne sont ni des républicains ni des progressistes.
Nous proclamons, au contraire, que chaque vie humaine compte où que ce soit.
Nous affirmons que chaque être humain à égalité, doit disposer des mêmes droits, des mêmes libertés et des mêmes devoirs qu’elles que soient sa couleur, sa région, son sexe, son pays, son orientation sexuelle, ses options religieuses ou philosophiques !
Les guerres, les massacres, les injustices nous répugnent partout sur terre, sur quelque population que ce soit.
La première abolition de l’esclave de 1794, portée par Levasseur, a donné la nationalité française aux noirs dans les colonies.
La Révolution française a réintégré au sein de l’humanité des centaines de milliers d’humains réduits en esclavage après avoir été déportés en Amérique donnant vraiment son caractère universel à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.
L’Assemblée nationale a voté, le 26 août 1792, un décret conférant unilatéralement la citoyenneté française aux « hommes qui, par leurs écrits et par leur courage, ont servi la cause de la liberté et préparé l'affranchissement des peuples »
Et aujourd’hui nos dirigeants se disputent pour savoir combien d’immigrés il faut renvoyer chez eux, ils se croient humanistes en soutenant des bourreaux et en laissant des innocents disparaitre dans la barbarie.
Camarades, amis, citoyennes et citoyens,
Les leçons politiques à tirer de tout cela sont nombreuses !
La première nous vient des esclaves qui ont pris les armes pour se libérer : Aucune liberté ne se quémande, elles se prennent et par la force s’il le faut !
Et il y a d’autres leçons
-Les républicains puisent leurs principes et leurs valeurs dans la Révolution française et dans la philosophie des Lumières. Trop de fascistes, de maurassiens, de bonapartiste se prétendent républicains mais en sont pourtant la négation.
-Celles et ceux qui font appel à des grands principes comme la laïcité, le droit international, la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, les droits de l’Homme, le féminisme ou encore l’écologie, mais seulement selon les circonstances, selon des considérations économiques, ou diplomatiques, avec une certaine géométrie variable, se fichent, en vérité, de ces principes. Ce qui compte pour eux, ce sont bien entendu la défense de leurs intérêts.
-Quand on se proclame humaniste, on se soucie du sort de tous les êtres humains.
-Dernière leçon ; quand on ne sait plus où on va, il faut revenir d’où l’on vient. Aussi n’est-il pas temps de renverser cette république qui n’en est pas une en s’inspirant des idéaux de la première république !?
Comme nous le disions déjà à la première édition de cette commémoration :
« Rien de bon ne peut sortir d’institutions agonisantes et d’un personnel politique enferré chaque jour d’avantage dans les affaires et les scandales financiers.
Leur seul but, c’est de servir la finance, quoi qu’il nous en coute !
Le pays n’a pas besoin d’un réarmement ni militaire, ni civique ni démographique…il a besoin d’une régénération républicaine :
Pour répondre aux revendications du peuple. Il nous faut, comme le disait Lincoln « un gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ».
Il faut redonner la parole au peuple et renouer avec l’œuvre révolutionnaire et démocratique de nos ancêtres : mettre en œuvre une Assemblée Constituante souveraine dont le peuple décidera librement la forme et le contenu.
Il nous faut aussi célébrer la Révolution française, ses acteurs les plus progressistes et se pencher sur son héritage.
Célébrons et étudions par exemple la Constitution de 1793, la constitution la plus démocratique que le pays ait connue.
Elle prévoyait que si c’était l’Assemblée nationale qui faisait la loi, c’étaient les Assemblées de section des Citoyens qui l’approuvaient.
Elle se terminait par une Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen qui proclamait :
• - Article 33
La résistance à l'oppression est la conséquence des autres Droits de l'homme.
• - Article 34
Il y a oppression contre le corps social lorsqu'un seul de ses membres est opprimé. Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé.
• - Article 35
Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »
Merci
/image%2F0549487%2F20250327%2Fob_8072f3_img-20250201-wa0009.jpg)