histoire

Publié le 30 Octobre 2025

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #histoire, #laïcité

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Publié le 26 Janvier 2024

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Egalité, #Revolution Française, #annonces et infos lp 72, #histoire, #liberté

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Publié le 7 Décembre 2023

Communiqué commun de

la Ligue des Droits de l'Homme,

de la Société des Amis de la Révolution Française et

de la Libre Pensée de la Sarthe.

 

Chaque année des associations appellent à "la marche du souvenir vendéen" la première quinzaine de décembre au Mans pour tenter d’imposer leurs visions univoque de l’histoire. Le sujet qui les rassemble s’est déroulé au Mans les 12 et 13 décembre 1793 pendant la période de la révolution française. À cette époque, les troupes vendéennes appelant à la restauration de la monarchie ont essuyé une défaite face aux troupes défendant la république. Sans nuances, leur vision idéologique de cette bataille, qu’ils qualifient de manière diffamatoire de génocide, draine dans leur sillage la nébuleuse d’extrême droite.

 

Pour ces révisionnistes, l’abolition et la négation des droits de l’Homme constituent leur unique horizon.

 

Les droits de l’homme et du citoyen ont été institué dès 1789 pour s'imposer contre l’arbitraire et la tyrannie. Dès lors, les visées idéologique et politique de cette manifestation ne trompent personne.

 

Pour contrer leurs allégations, nous rappelons que les seuls vrais débats portant sur l’histoire avec pour corollaire la contextualisation, la complexité et la raison se déroulent dans le champ scientifique. Seules les faits historiques et leurs nuances émanant des travaux de recherche peuvent nous servir de référence. Des espaces existent ou sont à créer pour développer ces débats comme par exemple la journée d’étude consacrée à      « 1793 la bataille du Mans dans la guerre civile » à l’initiative de la ville du Mans ce 08 décembre au carré Plantagenêt.

 

Les associations signataires appellent à la plus grande vigilance pour que notre société soit pleinement protectrice de toutes les personnes résidentes dans notre pays en égalité des droits, contre ces révisionnistes, ces obscurantistes, et leurs  idées incarnées par les groupes et partis d’extrême droite qui n’hésitent pas à user d’actes de violence comme en 2019 au Mans.

 

Le Mans, le 07 décembre 2023 

 

Contact :  Tél : 07 85 98 23 48

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Revolution Française, #communiqué LP 72, #histoire, #histoire locale

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Publié le 4 Janvier 2023

Exposé présenté à la réunion de la Libre Pensée du Mans le 12 avril 2022 par notre camarade Bernard et mis à jour à la rentrée de septembre 2022.

 

La guerre en Ukraine

 

« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage » (Jaurès)

« La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens » (Clausewitz)

Comme vous le savez, le 24 février, les troupes de la Fédération de Russie ont envahi l’Ukraine pour une « opération militaire spéciale ». La guerre est de retour au cœur du continent européen, avec son cortège de morts, de blessés, de réfugiés, d’horreurs de toute sorte.

Une guerre dont le contenu est mondial

Cette guerre n’est pas une guerre locale, mais une guerre dont le contenu est mondial. Biden a réuni fin avril sur la base américaine de Ramstein en Allemagne 40 de ses vassaux pour les aligner sur son orientation, livrer des armes à l’Ukraine et organiser les sanctions économiques. Il s’agit d’« affaiblir la Russie » (Lloyd Austin, secrétaire à la Défense de Biden), de contrôler cette zone sur le plan géopolitique et de faire main basse sur les richesses pétrolières, gazières et minières de la Russie, qui, malgré la dislocation de l’URSS, le rétablissement de l’économie de marché et l’intégration de la Russie dans le marché mondial, échappent encore aux multinationales américaines. Cette guerre est donc une guerre pour les marchés comme nombre de guerres de l’époque impérialiste, dans un marché mondial devenu trop étroit. Le mot impérialisme est ici employé dans son sens marxiste, c’est-à-dire la domination du capital financier sur l’ensemble de l’économie, la fusion de la banque et de l’industrie. C’est l’époque des trusts et des cartels, des monopoles et des oligopoles, des multinationales, des grandes banques et des fonds spéculatifs.

Il y a eu l’adhésion massive à l’Otan, bras armé de l’impérialisme, des pays de l’Europe orientale qui ont appartenu naguère au Pacte de Varsovie, encerclant la Russie. La Finlande et la Suède s’apprêtent à rejoindre l’Otan. L’Ukraine elle-même a manifesté sa volonté de rejoindre l’Otan et l’UE.  Elle est tombée dans l’orbite de l’impérialisme américain qui lui accorde une aide massive et a réorganisé son armée. La logistique et le renseignement de l’armée ukrainienne sont dirigés par les Américains, ce qui explique la perte de plusieurs généraux par l’armée russe.

La guerre a franchi un nouveau seuil avec les livraisons d’armes massives à l’Ukraine, des armes lourdes (chars, artillerie lourde, avions en pièces détachées). Les pays qui livrent des armes à l’Ukraine deviennent de fait des cobelligérants.

En Russie, malgré la répression, il y eu de nombreuses protestations contre la guerre, sous de multiples formes, montrant que les peuples sont contre la guerre.

En ce sens, avec la manière qui est la sienne, Poutine défend son pré carré qui est le pouvoir des oligarques et de son propre pouvoir d’Etat.

C’est la révolution d’Octobre qui a permis l’émancipation de la nation ukrainienne

Les peuples russe et ukrainien sont des peuples frères par l’histoire et la géographie.

C’est autour de Kiev, la capitale de l’Ukraine, que se constitua au Xe siècle, le premier Etat de la région, sous la forme d’une confédération de principautés, la Rous, appelée encore la Ruthénie. Comme beaucoup d’autres pays de la région, l’Ukraine fut occupée par les Mongols, les Polonais, puis partagée entre les empires autrichien et russe.

C’est parce qu’elle a exproprié le capital et la grande propriété foncière et décrété le droit à l’autodétermination des peuples, y compris le droit à la séparation, que fut mis fin à cette « prison des peuples » qu’était l’empire tsariste et que se constitua dans le cadre de l’URSS la République soviétique d’Ukraine qui exerça une attraction puissante sur la partie de l’Ukraine occidentale encore asservie à la Pologne.

La cristallisation au tournant des années trente d’une couche bureaucratique de privilégiés représentée par Staline (le thermidor soviétique), qui défendit ses privilèges par une répression féroce, entraîna une politique réactionnaire sur la question des nationalités.  L’Ukraine soviétique fut au centre de cette politique de répression (où s’illustra Nikita Khrouchtchev, qui devait succéder à Staline en 1954). La politique de collectivisation forcée de l’agriculture provoqua une famine et la mort de plusieurs millions de personnes en 1932-1933.

Les motifs invoqués par Poutine

Poutine, un ennemi de l’Union soviétique et de la révolution d’Octobre

Pour justifier l’invasion de l’Ukraine, Poutine a invoqué des arguments à géométrie variable. Il a déclaré qu’il voulait « dénazifier » l’Ukraine, que la Russie et l’Ukraine formaient un seul peuple, que c’était la révolution d’Octobre, Lénine et le Parti bolchevique qui avaient créé artificiellement l’Ukraine :  « L’Ukraine contemporaine a été entièrement et complètement créée par la Russie, par la Russie communiste bolchevique. Ce processus a commencé presque immédiatement après la révolution de 1917, et Lénine et ses camarades ont agi de façon peu délicate avec la Russie : ils ont pris à celle-ci, lui ont arraché une partie de ses territoires historiques. » Il parle là comme un nationaliste grand-russe, niant le droit à l’autodétermination des peuples.

Quelle est la nature de l’Etat russe ?

Qui est Poutine ? Quelle est sa base sociale ?

On ne peut comprendre ce qui se passe en ce moment si on ne revient pas sur la dislocation de l’URRS en 1991. En 1991, Eltsine est le président qui a succédé à Gorbatchev, dernier président de l’URSS. C’est un ancien membre du bureau politique de PC de l’URSS.

Avec son Premier ministre, Gaidar, et le concours des experts de l’administration américaine, du FMI et de la Banque mondiale, il va mettre en œuvre ce qui a été appelé la « thérapie de choc » : privatisations-pillages, fermetures d’entreprises, licenciements massifs, libération des prix.

De jeunes loups aux dents longues, issus des komsomols (jeunesses communistes), vont s’emparer des grands conglomérats industriels de l’URRSS pour une poignée de roubles et constituer la couche sociale des oligarques (parmi les oligarques les plus connus en Europe, citons Roman Abramovich, le propriétaire du club londonien de football  de Chelsea, qu’il a été contraint de vendre en raison des sanctions).

Voici ce qu’en dit en 2013 l’écrivaine biélorusse Svetlana Alexievitch (prix Nobel de littérature en 2015) : « Nous avons été tellement naïfs à la fin des années 1980 sous Gorbatchev : pendant que nous discutions à perte de vue sur la meilleure façon d’instituer un socialisme à visage humain, les bandits et les dirigeants des jeunesses communistes se sont emparés du pays, se sont partagés les hydrocarbures et ont imposé une société de rapaces à laquelle personne n’était préparé. »

Le résultat fut un effondrement économique et social du pays et un appauvrissement terrible de la population.

Poutine, une fois élu président, s’attacha à réorganiser l’Etat en se faisant l’arbitre et le Bonaparte au-dessus des clans oligarchiques. Pour ce faire, il s’appuya sur la bureaucratie d’Etat issue de l’Union soviétique, et en particulier les corps de répression : services spéciaux, armée, police, ceux qu’on appelle les siloviki, les hommes des services.

Les médias occidentaux présentent souvent Poutine comme un nostalgique de l’URSS : « La disparition de l’URSS est la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle », a-t-il dit, oubliant de dire qu’il avait ajouté que l’URSS ne reviendrait jamais.

Non, Poutine n’est pas l’héritier de l’URSS. Il est l’héritier de ceux qui ont détruit l’URSS. Il est le défenseur des oligarques qui ont pillé le pays et de la bureaucratie corrompue attachée à la survie de l’Etat russe pour les avantages qu’elle en tire.

C’est cette situation qui fait qu’en dépit de la volonté proclamée de poursuivre les privatisations, l’Etat russe contrôle encore, directement ou indirectement, 70 % de l’économie russe, en particulier les conglomérats pétroliers, gaziers, miniers, qui sont la base de son pouvoir.

C’est pour défendre cet Etat menacé par l’encerclement organisé par l’impérialisme que Poutine et son armée ont envahi l’Ukraine, candidate à l’adhésion à l’OTAN et l’UE.

L’armée russe a subi de lourdes pertes en hommes et en matériel qui en disent long sur l’Etat russe et son fonctionnement, sa lourdeur bureaucratique, l’impéritie du commandement et une logistique défaillante.  

Et l’Ukraine ? 

L’Ukraine est devenue indépendante en 1991. Comme en Russie, les oligarques ont fait main basse sur les richesses du pays et ont contrôlé l’Etat. En 2018, les principaux oligarques que sont Rinat Akmetov (l’homme le plus riche d’Ukraine, propriétaire de la grande aciérie Azovtsal, à Marioupol) et Viktor Kolomoisky (propriétaire d’une chaîne de médias qu’il mise au service de Zelensky pendant sa campagne) ont soutenu la candidature de Zelensky. Pro-russes, puis pro-américains, ils n’ont pas trouvé leur Poutine.

Comme la Russie, l’Ukraine est un pays corrompu. A la faveur de ladite « révolution orange » de 2004 et du et du « soulèvement » de la place Maidan en 2014, propulsés par les Américains, ces derniers ont pris la main sur le pays. Le régime de Zelensky est un régime réactionnaire, privatiseur, qui organise la répression contre le mouvement ouvrier.

Poutine parle de « dénazification ». Qu’en est-il ? Les deux principales organisations nationalistes sont Svoboda et Pravy Sektor (le Secteur droit). Svoboda a un élu au Parlement. Elles ont joué un rôle de supplétifs en 2014 sur la place Maïdan. Les nationalistes ukrainiens se réclament toujours de l’Organisation nationaliste ukrainienne de Stepan Bandera, dont l’organisation armée combattit aux côtés des armées nazies.

Quelle issue ?

Comme on le voit, l’impérialisme, c’est la guerre et le militarisme, le développement de l’industrie de guerre au bénéfice des grands groupes de l’armement.

C’est la tentative de mobiliser la population pour créer une union sacrée derrière les gouvernements pour qu’ils puissent faire passer leurs plans, cela au nom de la défense de l’Ukraine. Nous ne mangeons pas  de ce pain-là

Les pays de l’Union européenne se sont rangés derrière Biden pour adopter des sanctions contre la Russie. Ces sanctions vont surtout frapper la population russe déjà appauvrie par la politique de Poutine, comme elles vont frapper les populations des pays européens, ainsi qu’on le voit déjà.

Nous sommes des pacifistes et des internationalistes. Nous pensons que seuls les peuples peuvent arrêter la guerre. Nous nous situons dans la tradition des conférences internationalistes de Zimmerwald et de Kienthal en 1915 et 1916.

C’est pourquoi nous disons :

– Arrêt des opérations militaires !

– Retrait des troupes russes !

– Aucune annexion !

– Droit du peuple ukrainien à décider lui-même !

– Ni Poutine, ni Biden, ni l’Otan !

– Guerre à la guerre et fraternité entre les peuples !

La guerre en Ukraine

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #anti militarisme, #histoire

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Publié le 8 Avril 2020

Ce texte de Gérard Désiles a été diffusé dans les deux bulletins 2019 de la Libre Pensée de la sarthe

 

 

 L’OR ROUGE ; Historique de la transfusion sanguine (1ère partie)

 

Un livre « L’or rouge et la transfusion sanguine, Normandie 44 » de Philippe Bauduin (éditions Cheminements) paru en 2007, et un documentaire télé de Philippe Baron (2014) : « L’or rouge, la bataille du sang » m’ont fait découvrir un sujet passionnant mais  méconnu.

 

Quelques dates significatives  dans les découvertes successives…

 1492 : le pape Innocent VIII est victime d’une attaque et sombre dans le coma. On lui aurait ingurgité ou on  lui aurait transfusé le sang de trois jeunes garçons d’une dizaine d’années. Bilan : 4 décès.

 1616 : Un médecin anglais William Harvey découvre que « le sang sert à transporter quelque chose, mais on ne sait pas quoi».

 1628 : Il décrit la circulation du sang par les artères et retour par les veines.

 1665 : Un autre anglais, Christopher Wren développe les outils nécessaires afin d’injecter du liquide dans la circulation sanguine (il s’agit du sang d’un animal, le mouton ou le veau).

 1667 : Jean Baptiste Denis médecin de Louis XIV injecte du sang d’agneau à  un malade que les saignées successives avaient affaibli ; il en ressort guéri. Cette même année 4 autres patients sont transfusés : 2 survivent, un décède pour une cause étrangère, le 4ème est d’abord sauvé par une  première transfusion de sang de veau. Mais Denis constatera alors un accident hémolytique lié à la destruction des globules rouges transfusés ; une nouvelle transfusion fut fatale. En 1668, Denis fut attaqué en justice par la femme du défunt : il sera disculpé (la femme étant condamnée pour empoisonnement à l’arsenic !)

 1674 : Le néerlandais Van Leeuwenhoeck fait part de sa découverte au microscope : « j’ai observé le sang de ma main et j’ai trouvé qu’il consiste en globules rouges nageant dans un liquide clair ».

 En 1676  la transfusion sanguine animal-homme est interdite en France suite aux nombreux accidents.

 1788 : on sait maintenant  que ce «  quelque chose que le sang transporte » est l’oxygène, indispensable à la vie.

 1818 : James Blunded, obstétricien anglais, souvent  confronté aux hémorragies préconise d’abandonner le sang animal et réalise des transfusions de sang humain ; problème rencontré : la coagulation du sang du donneur.

1828 : autre problème : de nombreuse maladies et épidémies se propagent par le sang humain ; la transfusion du sang animal refait son apparition.

 

1900 : L’autrichien Karl Landsteiner découvre les différents groupes sanguins A,B,O. (le groupe AB sera découvert en 1901). Il constate que le sang agglutine ou non avec les globules rouges des autres patients.

 1914 : Le Belge Albert Hustin utilise le citrate de soude pour ses propriétés anticoagulantes. Sur les champs de bataille de cette époque, cela permet de dissocier le donneur du receveur. Alors que la transfusion se faisait directement de bras à bras, cela permet de conserver le sang pendant 4 jours. Un progrès appréciable.

1928 : Le français Arnault Tzanck fonde le premier centre de transfusion sanguine à l’hôpital Saint Antoine. (262 transfusions en 1929, dix ans plus tard  3738 , 35 000 en 1948).

 1936 : le canadien Norman Bethune expérimente  la collecte mobile de sang au cours de la guerre d’Espagne à l’arrière d’un camion.

 194O : Karl Landsteiner et l’américain Edwin Cohn  découvrent le système rhésus, (indépendant du système ABO), selon la présence ou non d’antigène D à la surface des globules rouges. Cette même année, Edwin Cohn met au point une technique de fractionnement du plasma en ses différentes protéines.

 1943 : L’australien Loutit et le britannique  Mollison mettent au point la solution ACD (Acide citrique, Citrate, Dextrose) qui permet de conserver le sang pendant 21 jours.

 1944 : c’est ce moment du débarquement américain en Normandie qui est évoqué dans le livre : dans les soutes et frigos, des milliers de litres de sang et de plasma collectées à New-York et Londres…..

Dans le documentaire télé, Herbert Stern, personnage fictif qui concentre les expériences de trois vrais  médecins allemands, contraints, parce que juifs d’émigrer aux Etats-Unis raconte :

Né en 1901, il fait ses études de médecine à Berlin. Diplômé en hématologie, en 1931. Mais l’époque est dangereuse : « A Berlin, tout ce qui touche au sang, ce n’est plus une science, c’est de la politique » dit-il. L’idéologie nazie fait croire que le sang est un élément capable de prouver la supériorité de la race aryenne « Un même sang pour un reich uni » lit-on sur les bâtiments ». « Dans nos veines coule le meilleur sang et nous le savons » clame Hitler.

En 1934, suite au vote des lois de Nuremberg, Stern rejoint les Etats-Unis : il découvre que les noirs et blancs ne vivent pas dans les mêmes quartiers. En 1936, il travaille dans un centre médical du Bronx et rencontre Norman Bethune. Il s’engagera dans l’armée américaine par reconnaissance envers sa terre d’accueil.

1951 : Molisson effectue la première transfusion avec du sang congelé puis décongelé.

1952 : Walter et Murphy remplacent les flacons de verre par la poche à sang en matière plastique.

 

C’est aussi l’année du vote au parlement français de la loi sur la transfusion sanguine qui stipule : « le sang et ses dérivés ne sont pas des médicaments, ne constituent pas un bien du commerce, comme issus du corps humain ». Le « don du sang » est un prélèvement sur un donneur volontaire non rémunéré. En 2000, est créé l’IFS (Institut Français du Sang)  opérateur unique de la transfusion sanguine sous tutelle du ministère de la santé.   

Bien que liquide, le sang est un tissu très organisé. Il est composé d’un fluide salé, le, plasma, dans lequel circulent trois types de cellules : les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes. Pour 1 globule blanc, il y a environ 50 plaquettes et 1000 globules rouges. Aujourd’hui, il n’est pas encore possible de fabriquer du sang artificiel. En cas de perte de sang, il n’y a pas d’alternative à la transfusion.

Durée de vie des produits sanguins: globules rouges : 42 jours ; plaquettes: 5 jours ; Le plasma qui se congèle peut se conserver 1 an.

Pour en savoir plus : je vous renvoie au document télé « sang pour sang » de l’émission «  c’est pas sorcier » présentée par Jamy sur France 3. (You tube)

L’OR ROUGE, le marché du sang (2ème partie) - Le marché du plasma, « l’or du XXI siècle » ? 

 

Rappel : suite à un don du sang (sang total), lorsqu’on a retiré les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes, il reste un liquide clair, le plasma, qui contient plus de 300 protéines différentes, d’un intérêt thérapeutique majeur, source de nombreux  médicaments au rendement juteux.

En appliquant le procédé d’ « aphérèse », on ne prélève que le plasma, les globules rouges ou les plaquettes et on restitue les autres composants dans le corps du donneur.

Si le don du sang total (ou de plasma) est gratuit en France, il est « rémunéré » ou encore « dédommagé »  en  Chine, aux Etats-Unis, en Allemagne, en Autriche, en  Suède, aux Pays Baltes.

Le terme « don du sang ou de plasma » est alors inapproprié puisque « rémunéré », antinomique à « don », le sang ou le plasma devenant une marchandise, soumise aux lois du marché. « « Un cours international du plasma s’est créé sur le marché mondial. Il fluctue en fonction de l’offre et de la demande. Le plasma est devenu un produit marchand qui dépasse les frontières ». (G. Tobelem, chef de service des maladies du sang à l’AP-HP de Paris, 2013).

A l’échelle internationale, ce marché gigantesque du plasma (évalué à 12 milliards de dollars) est contrôlé par 4 multinationales : l’australienne CSI, l’américaine Baxter, l’espagnole Grifols, la suisse Octapharma.

Le modèle français en danger !

Ce pourrait être le titre d’une mauvaise fable : « Le collecteur et les fractionneurs ». Il était une fois l’EFS, Etablissement Français du Sang, qui, avec ses 147 sites de prélèvement et ses 40 000 collectes mobiles, avait le monopole de la collecte du sang (et du plasma),  le revendant aux hôpitaux et cliniques. Anonymat, sécurité sanitaire et éthique garantis.

La collection sanguine (ou de plasma) relevant alors exclusivement d’un service public, son fonctionnement est  un et indivisible. Ce modèle de collecte est la garantie pour les donneurs et les receveurs que, d’un bout à l’autre de la chaîne transfusionnelle, les processus répondent aux mêmes normes, aux mêmes conditions, aux mêmes exigences.

C’était sans compter sur le lobbying de l’ogre suisse Octapharma qui lorgnait sur le marché français depuis des années.

Après une intense guérilla juridique, Octapharma a gagné en 2014 la bataille devant la Cour de justice de l’Union européenne et le Conseil d’Etat français a ensuite approuvé ! Grâce au SD, « solvant-détergent », procédé industriel utilisé pour sa conservation, le plasma SD est considéré comme un médicament et peut donc être vendu aux hôpitaux et cliniques en vertu de la concurrence libre et non faussée de l’union européenne.

Moralité : une brèche est ainsi ouverte dans le monopole public de l’EFS. Les hôpitaux et cliniques français sont soumis aux appels d’offres, le plasma SD étant moins onéreux donc vendu moins cher !!

 

Les reporters se sont particulièrement intéressés à Octapharma, ses méthodes, ses zones d’ombre.

Fréquenter  Octapharma, c’est gagner de l’argent facilement. Quant aux conséquences sur la santé des prélèvements trop fréquents, c’est secondaire. Les contrôles sont lacunaires : une borne électronique interroge le donneur, sur son état de santé. Seule une prise de tension est effectuée par des employés.

Les USA représentent 70% du marché mondial, le plasma congelé est envoyé vers l’Europe par cargos entiers ! C’est un réservoir sans limites de matières premières.

Incroyable : Octapharma s’est fendu du communiqué suivant dont voici quelques extraits :

« le plasma est collecté soit auprès de donneurs bénévoles volontaires et non rémunérés – c’est le cas en France - soit auprès de donneurs rémunérés (ou indemnisés) en Allemagne/Autriche/ Tchéquie et autres pays de l’est, et surtout USA.

Il existe des différences importantes en matière de dons par an :

- 24 en France : une fois tous les 15 jours

- 50 en Allemagne

- 120 aux USA

Il est reconnu par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) que le renouvellement des protéines dans l’organisme se fait sur une quinzaine de jours ; le fait de collecter plus fréquemment amoindrit le taux de protéines et les défenses immunitaires du donneur.

…la France a la chance de disposer d’un opérateur public pour collecter le sang et le plasma –l’EFS– et d’un autre opérateur public chargé de fabriquer des médicaments dérivés du plasma- le LFS (Laboratoire Français de Fractionnement et des Biotechnologies).

…Problème éthique : les donneurs rémunérés sont des personnes vulnérables qui ont besoin de ce « salaire » pour vivre. Le sang des pauvres sert à fabriquer  les médicaments des riches où le système de protection sociale, permettant à chacun  d’accéder au même niveau de soin  n’existe pas.

Problèmes sanitaires :

Les donneurs revenant donner deux fois par semaine n’ont pas le temps de reconstituer leurs réserves de protéine ou leurs défenses immunitaires ; ces donneurs pauvres sont appelés à tomber malades.

Pour l’instant, le nombre de malades permet d’assurer l’autosuffisance, qu’en serait-il en cas de retournement de la conjoncture économique ou d’une explosion de la demande aux USA, interdisant la sortie du territoire américain du plasma collecté auprès d’américains ? Rassurons-nous, il y aura toujours des pauvres à exploiter. »

 

 

Difficile à croire, mais le  cynisme du   capitalisme  d’exploitation de l’homme par l’homme s’exprime ici totalement.

 

Gérard Désiles

 

 Pour s’y retrouver dans ce labyrinthe, quelques définitions…

ESF : Etablissement français du sang (banque du sang),

LFB : Laboratoire français du fractionnement et des biotechnologies

MDS : Médicament dérivé du sang

Suivant les besoins, l’EFS peut collecter soit le sang total, soit des plaquettes, soit du plasma ou du sérum.

Sang total : c’est le sang frais.

PSL : produit sanguin labile (Le sang est un produit labile  c'est-à-dire fragile, peu stable, durée de conservation : 42 jours)

Plasma : liquide biologique du sang contenant les cellules sanguines (globules rouges et blancs, plaquettes)

Le sérum est obtenu par centrifugation du sang, ce qui modifie sa composition et son utilisation par rapport au plasma.

Fractionnement : procédé pour séparer les différents composants afin de fabriquer divers médicaments.

Plasma SD (procédé utilisant du solvant-détergent) pour conserver le plasma.

Collecteur : l’EFS est le collecteur unique de sang en France.

Fractionneur : qui transforme le sang ou le plasma pour fabriquer des médicaments.

  

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Science, #histoire, #anticapitalisme

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Publié le 5 Avril 2020

 Cet article de Philippe Gautier a été publié dans le bulletin de la Libre Pensée de la Sarthe d'aout 2019
 
              Belleville, quartier populaire de Paris, peuplé en forte majorité d’ouvriers et de petits artisans, a toujours figuré comme un haut lieu de l’émancipation de la classe ouvrière.
              Ainsi, c’est au pied de Belleville, rue Ramponneau, le 28 mai 1871, que les Versaillais arracheront dans le sang la dernière barricade de la Commune, mettant fin à 72 jours de démocratie populaire et de progrès social.
Plus tard, en juillet 1892, c’est au 126 du boulevard de Belleville que le docteur Gaston Variot fondera le premier dispensaire gratuit (hors établissements hospitaliers) pour les enfants malades de la ville de Paris. Le dispensaire de Belleville, bientôt rebaptisé « la Goutte de lait », permettra de faire baisser notablement la mortalité enfantine (de 179/1000 en 1965 à 113/1000 en 1910). Il faut rappeler que la mortalité des enfants de moins d’un an est à cette époque de 24,5 % à Belleville alors qu’elle n’est, par exemple, que de 10 % dans le quartier des Champs-Elysées. C’est à la Goutte de lait que seront inaugurées les grandes distributions de lait stérilisé, à prix réduit, destinées à l’allaitement artificiel de centaines d’enfants dont les mères, contraintes de travailler à l’extérieur, ne peuvent assurer l’allaitement naturel.
C’est toujours à Belleville, à quelques pas de la Goutte de lait, que sera construite, en 1908-1910, aux 19 et 21 rue de la rue Boyer, la « Maison du Peuple » de la Bellevilloise. Il s’agit d’un vaste ensemble de locaux érigés sur deux étages, très hauts de plafond, dans l’esprit de la Maison du Peuple de Herta à Bruxelles. On y trouve un grand magasin de vente au public et des bureaux administratifs mais aussi un café, une salle de répétition, des salles de réunions (dont l’une se nomme salle Babeuf) une vaste salle des fêtes (salle Jean Jaurès). En 1927, un second immeuble de même gabarit, portant à son fronton la faucille et le marteau (à cette époque, la direction est communiste) sera construit au 25 de la même rue, venant compléter la Bellevilloise.
L’histoire commence en 1877, lorsqu’une vingtaine d’ouvriers bellevillois créent une société coopérative de consommation et ouvrent un modeste dépôt d’épicerie ouvert deux soirs par semaine. Pendant près d’un quart de siècle, elle proposera à ses adhérents des produits courants (alimentation, charbon, ameublement, habillement) achetés en grosses quantités auprès des producteurs, souvent d’ailleurs des coopératives ouvrières de production, et revendus avec une faible marge, ce qui lui vaut de toucher une large clientèle.
Grâce à sa prospérité commerciale (en 1912, elle comptera 9000 sociétaires pour 5 MF de chiffre d’affaires), elle ajoute bientôt à sa vocation consumériste une mission éducatrice et culturelle qui rayonnera bien au-delà de Belleville et Ménilmontant.
Sera d’abord créé, en 1900, un patronage laïque accueillant les enfants des deux sexes de 8 à 16 ans. On y propose des sorties champêtres, visites d’usines et musées, cours de solfège et musique, causeries éducatives et culturelles (notamment sur l’histoire ouvrière et révolutionnaire : la Révolution française, la Commune de Paris), des séances de cinéma, art naissant à l’époque. En 1920 et jusqu’à 1932, une colonie de vacances, le château d’Automne, près de Meaux, viendra compléter ces activités ; 200 à 300 enfants en bénéficieront chaque année (dont Henri Krasucki). Le séjour des enfants les plus pauvres est pris en charge par la Caisse de solidarité. Les méthodes éducatrices sont novatrices : on s’efforce d’exercer les enfants à une certaines autogestion et à user de leur droit d’expression. Par exemple, lors des visites médicales systématiques dont ils bénéficient, un « grand » est responsable d’un plus jeune.
En 1909, la Bellevilloise accueillera en son sein l’université populaire « la Semaille », créée à Belleville en 1900 et en proie à des difficultés financières. La Semaille dispose d’une bibliothèque particulièrement riche et éclectique, avec des auteurs classiques, mais aussi contemporains ; elle propose des ouvrages sur l’affaire Dreyfus ou sur l’histoire de la Révolution (Jaurès, Lissaragay, Ferdinand Buisson notamment), d’autres sur la santé publique, l’économie politique et sociale, les sciences, le mariage et l’amour libre. On trouve aussi les œuvres des penseurs révolutionnaires, Bakounine, Victor Basch, Kopotkine. Avec le passage en 1924 à la direction communiste, la bibliothèque de la Semaille aura vocation à devenir le noyau d’un centre d’études prolétariennes. On y donne des conférences gratuites, des causeries suivies de discussions, appuyées par des séances cinématographiques. La bibliothèque de la Semaille poursuivra son développement d’année en année, et, partie de 1300 volumes en 1909, sera forte de 3500 volumes et environ 1000 brochures.
L’ «Harmonie Bellevilloise », formation de cuivres d’environ 70-80 exécutants, apporte son concours aux fêtes de la Bellevilloise ainsi qu’aux grandes manifestations d’entraide ouvrière ; elle est complétée par la Symphonie Bellevilloise, formation classique d’une soixantaine d’exécutants (cordes, bois, cuivres) et deux chorales, adultes et enfantine.
 Un groupe théâtral, la Muse bellevilloise, prête son concours à toutes les organisations d’avant-garde qui en font la demande.
Dans le mouvement du congrès d’Amiens, qui se préoccupe du domaine de la santé,  la Bellevilloise crée, en 1905, une société de secours mutuels, la Solidarité mutuelle des coopérateurs de la Bellevilloise. Réservée exclusivement aux adhérents de la coopérative, son objet est de dispenser des soins
médicaux gratuits et de délivrer à ses membres « tous les produits pharmaceutiques usités en médecine, de premier choix et aux conditions les moins onéreuses possible ». Une pharmacie est d’abord crée à laquelle sont adjoints dès 1913 un, puis plusieurs dispensaires. Des médecins du quartier, agréés par la coopérative, y donnent des consultations de médecine générale aussi bien que de spécialités (ORL, soins dentaires, électroradiologie, gynécologie, obstétrique, ophtalmologie). Y sont aussi effectuées des vaccinations et prises de sang et des prestations plus sophistiquées : rayons ultraviolet, diathermie, ionisation...
L’institution des assurances sociales, en 1929, fait peser une menace sur toutes les sociétés mutualistes. La Solidarité Mutuelle fait face à cette situation nouvelle en mettant en place une Caisse Primaire d’Assurances Sociales, accessible à tous les travailleurs mutualistes, même s’ils ne sont pas adhérents de la Bellevilloise.  
La solidarité constitue une part importante des œuvres sociales de la Bellevilloise. Une caisse de prêt gratuit aux sociétaires fonctionnera dès 1898. Une caisse de secours ou de solidarité accordant un don en marchandises sans remboursement aux sociétaires nécessiteux suivra, puis une caisse de décès versant une somme de 100 francs aux familles de sociétaires décédés. La solidarité s’exprimera aussi dans le soutien aux grévistes par des distributions gratuites de pain et de lait, d’abord aux membres de la Bellevilloise, mais au-delà, au monde ouvrier en général en leur cédant des denrées à prix coûtant.
D’autres coopératives ouvrières verront le jour à Paris, mais aucune ne présentera un tel éventail d’activités ; non seulement on y mange et on s’y habille, mais on s’y instruit, on y passe ses loisirs ou ses vacances, on s’y soigne quand on est malade, on y danse et on s’y distrait . La Bellevilloise est un acteur essentiel de la sociabilité populaire et le fondement d’une véritable culture bellevilloise, ressentie et vécue par ses adhérents comme un acte de citoyenneté militant.
La Bellevilloise cessera ses activités en 1936, entraînée dans la faillite de la Banque ouvrière et paysanne.
Les bâtiments du 19/21 rue Boyer deviendront, sous l’occupation, le siège du Parti Populaire Français de Marcel Déat, haut lieu de la collaboration ; des juifs y seront même parqués en 1942 lors de la rafle du Vél d’Hiv, puis de nouveau l’année suivante. Epargnée par les promoteurs, la Bellevilloise est aujourd’hui un restaurant-salle de spectacles, haut lieu branché des soirées parisiennes.
 
Philippe GAUTIER
  
La Bellevilloise, (vivre la citoyenneté au quotidien)

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Publié le 1 Novembre 2019

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Publié le 19 Octobre 2019

Rédigé par Libre Pensée 72

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