Publié le 7 Juillet 2012
Publié le 7 Juillet 2012
Ce texte est a d'abord été publié dans notrre revue nationale ; la Raison
par Yannis Youlountas *
* écrivain Franco-Grec, adhérent de la LP81
membre du comité de rédaction de Siné-Mensuel
et auteur de Paroles de murs athéniens (Editions Libertaires, 2012)
Dimitris Christoulas aimait les brochettes d’abats et le petit vin rouge qui se boit frais en Attique. Il avait milité toute sa vie pour une humanité plus juste et plus éclairée. Homme de Gauche, né dans les années 30, Dimitri avait grandi dans le bruit des bottes : celles du Général Metaxas poussant dehors celles de Mussolini, puis celles du collaborateur Tsolakoglou dans les sinistres bals nazis, ou encore, malgré la Libération, celles des troupes royalistes suivies de près par celles des émissaires britanniques et américains qui, déjà, ne respectaient pas les vœux de souveraineté du peuple grec. Vingt ans plus tard, c’était au tour des bottes de Gust Avrakotos, l’agent de liaison de la CIA, dans l’ombre de celles du Colonel Papadopoulos, pour une nouvelle opération stratégique visant à empêcher la gauche radicale d’arriver au pouvoir.
Dimitris avait ensuite fêté la fin de cette époque douloureuse qu’il espérait révolue avec ses fils et sa fille, lors d’un concert inoubliable de Mikis Théodorakis à Athènes, en 1975, qui l’avait ému aux larmes. Il avait repris tranquillement sa profession de pharmacien de quartier, mais continuait sans relâche à militer pour de nouveaux droits sociaux, sans jamais abandonner l’éducation populaire, la recherche d’alternatives et le débat public sur des questions lui tenant particulièrement à cœur. Parmi celles-ci, la lutte contre le racisme prenait une dimension particulière, notamment en raison de sa participation à la protection sanitaire et sociale des réfugiés venus le plus souvent d’Albanie, dans les années 90.
Son dernier combat, dans les années 2000, alors qu’il venait de prendre sa retraite bien méritée, était l’avènement en Grèce d’une véritable laïcité à la française. Dimitris était un grand amoureux de la France rebelle et de ses réalisations politiques, même incomplètes ou inachevées : Révolution, Commune, Séparation des Eglises et de l’Etat, Front populaire, programme du CNR, etc. Durant cette dernière période, il s’était rapproché des rares et persévérantes associations de promotion de la laïcité – diabolisées outrageusement par l’Eglise orthodoxe – ainsi que des anarchistes d’Exarcheia, en première ligne sur ce sujet et bien connus pour leurs positions athées radicales. Il désirait que les grands moments de l’existence, de la naissance à la mort, puissent se passer du pouvoir religieux et même de son moindre témoignage. Particulièrement émouvantes, ces années de débats et de luttes en Grèce rappelaient celles qu’avait connues la France, un siècle auparavant. Quelques Franco-Grecs contribuaient à leur niveau à ce passage de relais symbolique, parfois de façon assez singulière. Moi-même, j’avais par exemple obtenu le soutien de ces mêmes associations audacieuses ainsi que du journal satirique grec « To pontiki » (« La souris », équivalent grec de Siné-Mensuel) pour poursuivre le pope et l’Eglise d’Ano Ilioupoli (sud-est d’Athènes) qui s’était permis de baptiser sans mon consentement mes enfants nés d’une maman grecque avec laquelle j’étais divorcé. Leurs grands-parents, comme souvent là-bas, avaient été manipulés par l’Eglise orthodoxe toute-puissante, qui croyait encore pouvoir faire n’importe quoi des petites têtes brunes. C’était un fait sans précédent et paraît-il blasphématoire, que de poursuivre ainsi l’institution et ses représentants. J’avais finalement obtenu publiquement des excuses du pope et de la paroisse et, surtout, le non-changement du prénom de ma fille à l’état-civil (sans quoi elle se serait brutalement appelée avec un nouveau prénom à l’âge de six ans sous prétexte que le sien n’était pas jugé orthodoxe). Nous avions grassement fêté cette première avec tout ceux qui m’avaient aidé, parmi lesquels des camarades de Dimitris. Ces têtes brûlées perdues dans un pays très clérical étaient des amoureux de la liberté, gauchistes, anars, écolos et laïcards, qui n’avaient pas froid aux yeux et ne craignaient pas la marginalité par rapport à l’opinion dominante ! C’était durant le printemps 2000, et quel printemps ! Au même moment, à quelques centaines de mètres de là, Dimitris manifestait, paraît-il, devant la mairie d’Athènes, pour qu’un crématorium puisse voir le jour. Douze ans plus tard, ce crématorium n’existe toujours pas mais, parmi d’autres conquêtes, la mention de la religion a enfin été supprimée des pièces d’identités helléniques, au terme d’innombrables pressions tous azimuts, notamment venues de France.
La Grèce de Dimitris était le pays où le taux de suicide était le plus bas sur le continent, avec une qualité de vie qui faisait la réputation des Grecs. Ce taux vient brutalement de doubler entre 2010 et 2012. Les retraites et les salaires ont été diminués en quelques semaines de plus de 40% et parfois jusqu’à 65%. La misère frappe désormais toutes les familles. La prostitution s’étend aux étudiantes et, de plus en plus, aux femmes mariées. Des cas d’évanouissement d’enfants dus à la faim sont régulièrement signalés dans plusieurs écoles du pays, alors que les cantines ferment les unes après les autres. Les hôpitaux sont obligés de refuser un quart des entrées, fautes de moyens. Suite à la diminution de moitié de sa retraite et à la hausse de ses charges, Dimitris ne voulait pas être bientôt réduit à mendier ou à fouiller les poubelles pour survivre. Il ne voulait pas non plus être une charge pour ses enfants et se savait atteint d’un cancer. Ce mercredi 4 avril, au matin, Dimitris Christoulas s’est rendu une dernière fois devant le parlement où il avait l’habitude d’aller manifester et, vers 8h45, s’est tiré une balle dans la tête. Dans ses poches et chez lui également, il a laissé un message* expliquant qu’avec quelques années en moins, il aurait peut-être tourné l’arme vers l’un de ces gouvernants scélérats qui contribuent au pillage de la Grèce et à la torture de son peuple. Sa certitude est que ces tyrans et leurs amis banquiers finiront un jour comme Mussolini, lynchés par la foule exaspérée.
Dimitris ne voulait pas d’office religieux et désirait être incinéré. Sa dépouille a donc dû être expatriée en Bulgarie pour être prise en charge par un crématorium, chose encore impossible en Grèce. Depuis le souvenir de cette balle qui a retenti dans Athènes, la colère gronde à nouveau, plus que jamais. Les murs d’Athènes en témoignent, mêlant souffrance, révolte et utopie.
Y.Y.
* La police grecque n’a pas voulu dévoiler le contenu de sa lettre (dont l’existence a été signalée à la famille par les premiers secours), mais sa fille Emmy, profondément choquée et aidée par le voisin et ami de son père (Adonis Skarmoutsos) a rapidement retrouvé le double chez lui.
Publié le 13 Juin 2012
Nous avons reçu une réponse des candidats Lutte Ouvrière de la Sarthe. Voici leur réponse :
Le 7 juin 2012
Madame, Monsieur,
En tant que communiste, je suis athée et je considère que la religion est une affaire privée.
Pour moi, la laïcité de l'Etat actuel n'est qu'un vague compromis avec l'église catholique élaboré en 1905.
Cette loi est tellement un texte de compromis qu'il faut rappeler qu'après 1918, l'Etat n'a jamais eu le courage de l'appliquer à l'Alsace Lorraine, ce qui serait quand même un minimum plus d’un siècle plus tard ! Depuis, aucun gouvernement de gauche n’a eu le courage politique de mettre fin à ce particularisme d’un autre âge.
Je trouve particulièrement choquant que l'Etat entretienne financièrement les différentes églises sur l'argent de la collectivité, qu'il s'agisse des salaires des ministres du culte en Alsace-Lorraine ou, plus généralement, de subventions accordées aux écoles confessionnelles. Le gouvernement Sarkozy a supprimé des dizaines de milliers de postes d’enseignants, mais aucun poste de curé, rabbin ou pasteur n’a été mis en cause. Ils sont toujours payés par les impôts de tous, y compris des athées.
Une véritable laïcité imposerait d'arrêter toute forme de subvention à l'enseignement religieux. L'argent public doit aller aux services publics !
Par ailleurs, ce n’est pas tant le droit d’expression des élèves qui est, comme vous le dites « à la source de tous les problèmes de présence de signes religieux à l’école » mais bien plutôt la place réservée aux religions dans la société actuelle. Depuis 1905, les reculs sur la question de la laïcité n'ont pas cessé, en particulier pour l'enseignement. Et aujourd'hui la politique qui vise à collaborer plus avec les représentants des religions juives et musulmanes en France peut certes paraître comme un progrès vers plus d'égalité, mais cela représente en fait un nouveau recul de la laïcité.
La laïcité pour moi, c'est le rejet total de la religion dans la sphère privée et la mise en place d'un véritable principe d'égalité de traitement (de non traitement devrait-on dire) de toutes les religions, ce qui permettrait enfin de pouvoir dire qu'on vit dans une société qui ne privilégie pas une religion face aux autres. Cela signifierait débarrasser l'organisation de la société des scories du catholicisme pour ce qui est de la France par exemple (dans les cantines scolaires on continue à servir exclusivement du poisson le vendredi, dans les écoles publiques les fêtes religieuses catholiques sont encore des jours fériés, etc.).
Cela reviendrait à débarrasser aussi les débats scientifiques du poids du lobby catholique, alors que les incroyants ne sont ni représentés, ni consultés dans les débats de société ou d'éthique. En revanche, la loi permet encore à des médecins d'évoquer la fameuse clause de conscience pour refuser de pratiquer des IVG, c'est-à-dire de se placer au-dessus des lois et refuser leur liberté aux femmes.
Plus les religions reprennent de poids moral et politique et plus les divisions entre les communautés s'accentuent. Le principe de l'égalité, du respect de tous passe véritablement par le rejet des dominations religieuses et des divisions qu'elles induisent.
Quant aux lois sur la bioéthique, le maintien de la quasi-totalité des interdits montre que les gouvernements restent sensibles aux pressions de ce que la société compte de plus réactionnaire, à commencer par l'Église catholique. À l'heure où la science permet des progrès considérables, il est inadmissible que des législations soient rédigées sous l'influence de forces rétrogrades d'un autre âge.
Pour répondre à votre question sur la question d’une loi sur le droit de mourir dans la dignité, bien sûr, je suis pour le droit de mourir dans la dignité et la loi Léonetti, en légalisant l’euthanasie passive, a marqué un certain progrès et levé une partie de l’hypocrisie qui régnait en la matière.
Mais cette loi est loin de régler toutes les situations et je pense que c’est en grande partie parce que les moyens manquent pour l’hôpital, notamment que les personnels hospitaliers ne sont pas assez nombreux, débordés et souvent dans l’impossibilité de prendre le temps de soulager ne serait-ce que la douleur morale des mourants.
D’une manière générale ou plutôt abstraite je suis aussi pour qu’il soit permis à chacun de pouvoir s’appuyer sur « une aide active à mourir lorsqu’il juge que sa propre vie n’est plus que de la
survie douloureuse. »
Mais nous ne vivons pas dans une société abstraite et l’organisation sociale actuelle -que je combats et dont je souhaite une transformation profonde- est trop dominée par l’argent, par la loi de la jungle, par l’égoïsme et le chacun pour soi, pour que je puisse penser qu’une loi légalisant l’euthanasie active et le suicide assisté pourrait résoudre le problème d’une manière totalement humaine et libérée de toute considération d’intérêt particulier.
« Mourir dans la dignité » présuppose qu’on ait les moyens de cette dignité. Et quand on voit aujourd’hui la dégradation des hôpitaux publics, les services fermés, le manque de personnels et de moyens de toutes sortes, la dignité ne peut y être assurée pour tous. La dignité est bien plus accessible à ceux qui ont les moyens financiers d’accéder à un environnement et des soins de qualité.
Pas plus que nous le sommes devant la maladie nous ne sommes égaux devant les conditions de la fin de vie. Et je doute fort qu’une loi puisse être mise en pratique si nous ne changeons pas fondamentalement cette société. Et c’est le sens de mon combat.
Enfin, nous avons régulièrement écrit dans notre presse sur les « fusillés pour l’exemple » de la guerre 14-18 pour rappeler que dès 1914, l'état-major décide, avec l'aval des hommes du gouvernement, de répondre à l'effroi du combattant par une terreur plus grande encore, instaurant des cours martiales qui condamnent à mort des dizaines d'hommes.
Fin 1915 et pendant toute l'année 1916, la machine militaire poursuit son travail de répression contre les désertions qui se multiplient. En 1917, des dizaines de milliers de soldats refusent de monter au front, notamment près du Chemin des Dames, certains aux cris d'« À bas la guerre » ou « Vive la révolution ».
A la fin de la guerre, 2 400 soldats français furent condamnés à mort dont plus de 600 passés par les armes « pour l'exemple » sur ordre d'officiers français.
Des généraux comme Joffre, Nivelle ou Pétain et leurs sous-fifres ont accompli leur tâche de fusilleurs au service de la guerre impérialiste, avec la complicité des dirigeants politiques de l’ « Union Sacrée », cela, nous le dénonçons.
Mais nous ne pourrions pas demander à ceux-là même qui aujourd’hui, depuis l’Assemblée ou le Sénat votent les crédits de guerre en Libye, en Afghanistan, ou en Côte d’Ivoire de « réhabiliter » ces soldats fusillés par L’Etat bourgeois. Ces « fusillés pour l’exemple » font partie à jamais de l’histoire des combattants contre l’ordre impérialiste.
Avec mes salutations communistes et athées,
Au nom des cinq candidats Lutte Ouvrière de la Sarthe
(Thierry NOUCHY, Yves CHEERE, Thomas HUBERT, Karine FOUQUET, Sylvie MAILLET)
Thierry NOUCHY
Publié le 28 Mai 2012
LIBRE PENSÉE Le 25 mai 2012
Fédération de la Sarthe
Maison des Associations
Place d'Arcole
72000 Le Mans
Objet : examens d’Etat dans des lycées privés
Monsieur le Directeur d'Académie
Depuis quelques années, un nombre croissant d’établissements privés confessionnels catholiques deviennent centres d’examens. Les élèves-candidats appartiennent à des familles qui ne sont pas obligatoirement de confession catholique ou sont sans confession. Leur liberté de conscience n’est pas respectée.
Les convocations adressées aux enseignants du public – qui ont le statut de fonctionnaires d’Etat – pour assurer les épreuves du baccalauréat ou participer à des jurys d’examen dans les locaux des établissements catholiques privés sont contraires à la liberté de conscience, à la laïcité et au préambule du statut de la Fonction publique.
L’État a – selon la loi – le monopole de la collation des grades. Aussi un diplôme national, un diplôme d’Etat, doit voir ses épreuves se dérouler dans les seuls établissements publics laïques qui respectent la liberté de conscience de chacun.
L’école privée confessionnelle est une école particulariste à projet propre fondé sur la reconnaissance de textes religieux, elle n’est pas un service public de l’État !
C’est pourquoi, nous vous demandons de ne pas désigner d’établissements privés catholiques, ou autres établissements confessionnels, comme centres d’examens.
Veuillez agréer, Monsieur le Directeur d'Académie, l’expression de nos sentiments républicains.
Pour la Fédération de la Libre Pensée
Le Président: Gérard Désiles

Publié le 28 Mai 2012
Libre Pensée de la Sarthe Le Mans, le 23 mai 2012
Maison des associations
Place d’Arcole
72000 Le Mans
Librepensee72@hotmail.fr
Madame, Monsieur,
Fidèle à sa tradition, la Fédération sarthoise de la Libre Pensée ne donne pas de consigne de vote aux différentes échéances électorales. Cependant nous avons décidé de nous adresser à tous les candidats aux élections législatives dans notre département.
Nous souhaitons connaître votre point de vue sur les sujets suivants:
1) Êtes-vous favorable à une proposition de loi visant à étendre la laïcité institutionnelle de l’Ecole publique et de l’Etat sur tout le territoire de la République, c’est-à-dire, en particulier, à la suppression du statut clérical concordataire d’exception en Alsace-Moselle ?
2) Êtes-vous favorable à l’Abrogation de l’article L. 511-2 du Code de l’éducation, issu de la loi d’orientation du 10 juillet 1989, en tant qu’il reconnaît "un droit d’expression" aux élèves. Ce qui est la source des tous les problèmes de présence de signes religieux au sein des établissements publics scolaires.
3) Êtes-vous pour l’abrogation de la loi Debré et de toutes les lois antilaïques qui contribuent à verser des milliards d’euros à l’enseignement privé essentiellement catholique ? Êtes-vous pour le principe « Fonds publics à l’Ecole publique, fonds privés à l’enseignement privé » ?
4) Êtes-vous pour faire ajouter un 9° à l’article L. 2223-19 du Code Général des Collectivités Territoriales obligeant les communes à mettre une salle à la disposition des familles qui organisent des obsèques civiles dans le cadre du service extérieur des pompes funèbres?
5) Êtes-vous favorable à une modification profonde des lois sur la bioéthique (1994, 2004, 2011) pour que l’être humain soit véritablement propriétaire de son corps et qu’il n’y ait aucune limite à la recherche scientifique ?
6) Êtes-vous favorable à une proposition de loi sur le droit de mourir dans la dignité, notamment par une modification profonde de la loi Léonetti ?
7) Êtes-vous pour une proclamation solennelle de l’Assemblée nationale et du Sénat de réhabilitation publique et collective des 600 Fusillés pour l’exemple de la Première Guerre mondiale ?
Vous remerciant par avance de l'attention que vous porterez à nos préoccupations, veuillez agréer Madame, Monsieur le candidat, l'expression de nos sentiments républicains.
Pour la Fédération LP de la Sarthe,
Le Président: Gérard Désiles
Publié le 22 Mai 2012
Unification de l’École publique et de l’enseignement privé : le lobby catholique à l’offensive
Le journal Ouest-France a organisé une vaste campagne à la veille des élections présidentielles contre le Conservatoire de l’École publique à Rennes.
Dans le plus pur style de la reconquête cléricale, les plumitifs de ces journaux ont accusé le Conservatoire de l’École publique de discrimination. Ils ont monté en épingle les propos d’une institutrice de l’école privée St-Joseph qui n’en était pas à son coup d’essai.
Quels sont les faits ?
Cette institutrice de l’école St-Joseph dénonce le fait que la visite du Conservatoire ait été refusée à son école catholique. Le Conservatoire n’est pas un musée, ce n’est pas une institution ou un service public de l’État, du Conseil général ou régional. C’est une association loi de 1901 créée par l’Union départementale des délégués départementaux de l’Éducation nationale d’Ille-et-Vilaine (DDEN 35).
Les DDEN ont leur origine sous la Convention. C’est une association de bénévoles, même si les DDEN sont nommés par les Inspecteurs d’Académie. Leur but est d’ouvrer pour l’École publique, l’École de la République, la laïcité.
Cette association a des statuts qui fixent ses principes et ses buts, son mode d’organisation. Dans ces conditions, c’est elle qui décide de son programme d’activité comme toutes les associations régies par la loi de 1901 qui existent dans notre pays. Il est donc normal que cette association définisse librement le public auquel elle s’adresse.
L’enseignement privé confessionnel à 97% catholique est une école à sujet propre, particulariste. Son projet pédagogique est basé sur la reconnaissance de textes religieux comme l’Évangile. L’enseignement privé n’est donc pas un service public de l’État.
C’est la loi Debré de 1959 (après la législation pétainiste) qui finance les écoles privées confessionnelles qu’on appelle "sous contrat".
Pourquoi une telle campagne à la veille des élections présidentielles menée par un journal qui tire à 700.000 exemplaires et dont les orientations politico-religieuses sont connues ?
Cette campagne haineuse accuse le Conservatoire de l’École publique de sectarisme, de discrimination. Ce n’est pas nouveau ! Les mêmes plumitifs n’ont-ils pas accusé les militants laïques d’être intolérants, voire des fanatiques intégristes ?
Dans leur vaste entreprise de reconquête,
les cléricaux veulent toujours plus
Il est vrai que les capitulations, les soumissions, et l’ensemble des lois antilaïques (23 depuis la loi Debré) adoptées par les gouvernements successifs de la V° République, ne peuvent que les encourager.
Pour la Libre Pensée, la décision du Conservatoire de l’École publique de Rennes de refuser la visite à une institution catholique est tout à fait légitime.
La Libre Pensée apporte son soutien à cette association créée par les DDEN 35.
Pour la Libre Pensée, la seule École de la République, c’est l’École laïque qui accueille tous les enfants sans distinction.
C’est pourquoi – fidèle au principe républicain "fonds publics à l’École publique, fonds privés à l’école privée" – la Fédération nationale de la Libre Pensée agit pour l’abrogation de la loi Debré, qui reconnaît une mission de service public à l’enseignement confessionnel et permet le financement chaque année de plus de 7 milliards d’euros pour l’enseignement privé confessionnel au détriment de l’École publique qui manque cruellement de moyens.
Paris, le 22 mai
Publié le 17 Mai 2012
Une intitiative de nos camarades de l'association des amis de la commune :
Publié le 5 Mai 2012
La messe prévue jeudi dernier à la chapelle (désaffectée) de l’Oratoire n’a pas eu lieu. Cette cérémonie religieuse dans l'enceinte d'un lycée public était inadmissible.
Le comité de vigilance laique de la Sarthe en avait demandé l'annulation, et avait mobilisé nombre de personnes attachées au respect de la laïcité, dont certaines
font partie de l’association des Anciens élèves du Lycée Montesquieu.
Il est bien clair que le Comité de Vigilance Laïque, les 20 mouvements et organisations qui la composent (dont la Libre Pensée), les citoyens soutenant son action de vigilance et ceux qui se sont
joints à cette réaction cette semaine ne sont absolument pas opposés à des hommages pouvant être faits à des victimes du nazisme comme cela aurait pu être interprété.
Bien sûr que des commémorations ont lieu, y compris dans l’enceinte de ce grand lycée public, afin de rendre hommage aux victimes,
mais ce sont des cérémonies civiles, et elles y ont leur place. Les cérémonies religieuses doivent être célébrées dans les lieux prévus à cet effet. Il s'agit de respecter la laicité de
l'enseignement public.
La vigilance des laiques avait déjà permis un recul certain sur la question de l'exposition biblique, cette fois-ci, elle a permis l'annulation de cette nouvelle atteinte à la laicité de l'Ecole
et de l'Etat. Il s'agit maintenant de dénoncer la convention entre la mairie du Mans et l'éveché.
Celle-ci permet en effet à l'évêché la libre organisation de 6 manifestations par an sans restriction en ce lieu désaffecté !
Le fait qu’une manifestation religieuse puisse être organisée dans l’enceinte du lycée public sous couvert de cette convention est une atteinte au principe de laïcité. Le comité sera
prochainement reçu par monsieur le maire.

Publié le 2 Mai 2012
Une exposition sur la Bible s’est tenue dans un lycée public du Mans du 3 mars au 23 mars 2012 à la chapelle de l’oratoire ; bâtiment désaffecté mais situé dans l’enceinte du lycée public Montesquieu.
Cette exposition organisée par une coordination d’associations religieuses (1) a visiblement reçu l’aval de l’Inspection Académique de la Sarthe, du Rectorat de Nantes ainsi que le soutien de la mairie du Mans, propriétaire de la chapelle désaffectée. Une convention liant la mairie et l’évêché permet en effet à l’Eglise catholique de tenir six manifestations par an dans cette chapelle.
Ses concepteurs mettent en avant la reconnaissance par l’UNESCO de la Bible comme patrimoine de l’Humanité ainsi que le soutien du ministère de la culture.
La Libre Pensée de la Sarthe a rédigé un communiqué de presse le 27 décembre 2011 pour caractériser cette entreprise comme cultuelle et non culturelle et demander le retrait de cette exposition religieuse d’un site relevant de l’enseignement public et laïque. Le communiqué rappelait que l’Ecole Publique « doit être un lieu d’enseignement des savoirs et des connaissances et non pas un lieu de prosélytisme, de diffusion des opinions et des croyances ». Le 3 janvier 2012, le syndicat SNES-FSU 72 reprenait l’intégralité du communiqué de la Libre Pensée de la Sarthe sur son site internet. Dans les jours suivants, les syndicats de l’enseignement FO, Sud, CGT s’associaient à cette démarche ainsi que toutes les associations laïques du département (à l’exception de la LDH)
La réaction des laïques a connu un succès certain puisque l’exposition n’a été ouverte, contrairement à ce qui était prévu, qu’en dehors des heures d’enseignement. Il reste qu'elle a bien eu lieu dans l’enceinte d’un établissement scolaire public. Les associations laïques comptent donc dénoncer maintenant la convention passée entre la mairie du Mans et l’évêché.
Ce combat pour faire respecter la laïcité de l’enseignement public est d'autant plus justifié que nous venons d’apprendre qu’une messe est également organisée ce 3 mai à 18h30 au lycée Montesquieu. Nos associations continueront de se battre ; nous sommes reçus dans deux semaines à la mairie du Mans.
En attendant d’autres informations, je vous invite à lire cette analyse de Rémy Janneau qui aide à comprendre les origines profondes de cette exposition en lycée public ainsi que son lien avec les attaques contre les programmes scolaires.
Hansi
(1) la bible patrimoine de l’humanité est une « initiative du Groupe Œcuménique du Mans ». « L'association "La Bible, patrimoine de l'humanité" a pour membres fondateurs les communautés chrétiennes sarthoises : Adventiste, Assemblée de Dieu, Baptiste, Catholique,Centre Evangélique Protestant, Orthodoxe, Réformée. S'y est associée la communauté israélite sarthoise. »
Cette exposition n’est pas le fruit d’un dérapage. Elle s’explique par la place nouvelle de la Bible dans les programmes et dans les manuels. Ce qui restait, jusqu’à une date récente, un texte sacré auquel il pouvait, éventuellement, être fait référence dans le cadre d’un contexte – celui des civilisations de l’orient ancien - a été promu source essentielle de la connaissance non des croyances des Hébreux, mais leur Histoire. Au titre-question Quelle est l’histoire des Hébreux ?, par exemple, répond dans un manuel de 6ème (1), un dossier documentaire composé d’extraits de l’Ancien Testament, illustrés par des fresques ou des bas-reliefs. Les auteurs concèdent prudemment – ou habilement - que « l’existence d’Abraham, de Moïse et de David n’est pas vérifiée par l’histoire », que « certains récits sont légendaires » mais le texte d’accompagnement est au présent de narration et, surtout, les mythes se mêlent à des faits historiques qui semblent les valider. La même méthode se retrouve dans tous les manuels : la création du monde, le combat de David et de Goliath, l’arche de Noé, le passage de la Mer Rouge, le jugement de Salomon ou encore l’extermination par les troupes de Nabuchodonosor puis l’exil à Babylone, sont associés aux conquêtes assyriennes ou au pillage du temple de Jérusalem par les troupes de Titus.
Paradoxe : cette approche plus religieuse qu’historique
s’impose en France alors que depuis un bon quart de siècle,
archéologues et historiens, au premier chef, israéliens, montrent de manière convaincante que la Bible n’est qu’une réécriture politique tardive du passé des juifs que l’archéologie contredit
totalement. Dans un ouvrage intitulé La bible dévoilée (2), Israël Finkelstein et Neil Silberman, respectivement directeur de l’Institut d’archéologie de l’université de
Tel-Aviv et directeur historique au Ename Center for Public Archeology and Heritage Presentation de Belgique, présentent un état de ces recherches qui établissent que la sortie d’Egypte et la
conquête de Canaan sont des mythes, que les Hébreux sont issus, non d’une population immigrée ou conquérante mais tout simplement de la population autochtone, que le vaste et puissant royaume de
David et de Salomon n’est qu’un « âge d’or » ou, pour reprendre l’expression de Philip Davies de l’université de Sheffield, un « montage idéologique », forgé
au VIIème siècle pour légitimer la dynastie dite davidique alors incarnée par Josias et affirmer l’identité du petit royaume de Juda face aux puissants voisins égyptiens et
assyriens.
Schlomo Sand, professeur à l’université de Tel-Aviv, montre, dans un ouvrage tout à fait remarquable (3), comment ces mythes ont été politiquement instrumentalisés à différents moments de l’histoire. La mémoire officielle - nécessairement sélective - établie, à partir du XIXème siècle, par les historiens nationalistes puis par les théoriciens du sionisme ne résiste pas, en effet, à une approche scientifique. La diaspora et l’exil semblent bien, comme le « peuple juif » lui-même, avoir été « inventés ». Ni les Babyloniens au VIème siècle, ni les Romains après les révoltes de 70 et de 135 n’ont déporté massivement les populations juives. Tout au plus ont-ils déplacé les élites. Réalité longtemps occultée, pour ne pas dire inavouable : beaucoup de juifs se sont, en revanche, convertis au christianisme puis à l’islam. Schlomo Sand met ainsi en pièces le mythe d’un « peuple juif » descendant quasi génétiquement d’Abraham. Contrairement à une idée reçue, les juifs ont largement pratiqué la conversion, parfois forcée, comme celle des Iduméens et des Ituréens. Le nombre de juifs de toutes origines, vivant, au premier siècle, dans l’Empire romain, en dehors de la Palestine, est ainsi évalué à 4 millions. Autre réalité historique soigneusement occultée: l’existence, en différentes régions du monde antique, de royaumes juifs (Adiabene au Kurdistan, Hymiar en Arabie, celui de la Kahina en Afrique du nord) et même d’un empire, celui des Khazars. Les juifs originaires d’Europe de l’est descendraient ainsi non de populations originaires des rives du Jourdain mais de ces cavaliers des steppes d’origine turco-mongole, ce qui bouleverse quelque peu la tradition.
Ceci étant, les
débats restent ouverts sur de nombreuses questions, en particulier sur la puissance réelle voire sur l’existence du royaume de David. Il appartient aux scientifiques – et à eux seuls - d’y
apporter des réponses. Le problème est ailleurs : au moment où des universitaires israéliens établissent que, jusqu’aux années 60 au moins, la recherche archéologique a été orientée pour
faire coller les sources au récit biblique, les programmes imposent, aujourd’hui, en France, cette fiction comme une culture religieuse mal différenciée de l’étude historique. La
structure des programmes révèle qu’on est, en fait, bien loin de l’Histoire. En 6ème, les religions monothéistes sont traitées dans des chapitres particuliers, distincts de la période
historique correspondante. Cette déconnection est révélatrice d’une volonté de substituer l’étude du « fait religieux » à l’enseignement de l’Histoire. Le problème est bien là.
Le ministère avait d’ailleurs envisagé, dans un premier temps de faire étudier l’islam en 6ème alors qu’il est abordé, d’un point de vue historique, en 5ème. Il a renoncé
devant la protestation des enseignants mais, sous couvert d’approche culturelle, le judaïsme et le christianisme antiques restent traités d’un strict point de vue religieux.
Ce changement radical dans l’approche de la place des religions dans l’Histoire est le fruit d’une stratégie. Il est l’expression, pour reprendre un titre récent, de la « revanche du parti noir » (4), celle d’un parti clérical qui n’a jamais désarmé. Un événement passé quasi inaperçu à l’époque marque le début de cette contre-offensive: en 1972, s’est réuni, à l’Université catholique de Louvain, un symposium convoqué par la Sacra Congegatio pro Institutione Catholica, congrégation sise au Vatican, sous les auspices du Conseil de la Coopération Culturelle du Conseil de l’Europe, avec le concours, pour ce qui est de la France, du directeur de l’Ecole Nationale des Chartes et d’un Inspecteur Général chargé du groupe de travail francophone. Près de 1000 manuels d’histoire utilisés en Europe occidentale y furent passés au crible. En introduction, le cardinal Garone avait donné le ton: « La tâche du professeur d’histoire conscient de ses responsabilités, est de reconnaître l’importance du phénomène religieux dans l’histoire de l’humanité… ». Il mettait ensuite les points sur les i : « Il est probablement impossible d’écrire l’histoire, sans un certain nombre de convictions religieuses. » De l’enseigner aussi, il est permis de le supposer. La conclusion du symposium avait le mérite de la clarté: « Nous souhaitons de tout cœur pouvoir, par nos communs efforts, contribuer non seulement à améliorer la qualité des manuels d’histoire mais aussi à modeler dans le bon sens la personnalité des jeunes qui sont en définitive les agents de ce monde meilleur dont nous espérons être les témoins à l’heure choisie par Dieu. » (5).
Inutile de chercher ailleurs la source des dérives auxquelles nous assistons aujourd’hui. Que l’Eglise catholique éprouve, plus qu’il y a 40 ans, le besoin de faire alliance avec une coordination d’associations religieuses d’obédiences diverses ne change rien au fond de la question. La pluralité confessionnelle n’est nullement une garantie de neutralité idéologique moins encore d’objectivité scientifique. Œcuménique ou non, le prosélytisme reste incompatible avec la laïcité de l’enseignement.
Rémy Janneau
(1) Manuel d’Histoire-Géographie de 6ème Nathan 2009.
(2) Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman – La bible dévoilée – Les nouvelles révélations de l’archéologie – Bayard – 2002.
(3) Shlomo Sand – Comment le peuple juif fut inventé – Arthème Fayard – 2008.
(4) Michel Eliard, Michel godicheau et Pierre Roy – La revanche du parti noir – La lente mise à mort de l’école publique – Editions Abeille et Castor – 2011.
(5) Sur le symposium de Louvain, voir O. Dauphin, R. Janneau, N. Perron (dir) : L’histoire-géographie de l’école élémentaire au lycée. Vecteur de propagande ou support de l’esprit critique ? L’Harmattan – 2009 – pp 73à 76.
Publié le 2 Mai 2012
ATTEINTE à la LAÏCITE !
C'est avec stupeur que nous avons appris que jeudi 3 mai 2012, Mgr Le Saux, évêque du Mans, célébrera une messe dans la chapelle de l'Oratoire, chapelle désaffectée située dans l'enceinte du
lycée Montesquieu.
Cette cérémonie religieuse dans l'enceinte d'un lycée public est inadmissible. Nous en demandons l'annulation immédiate, nous nous étonnons de la position de la Mairie du Mans en cette affaire et appelons tous ceux qui sont attachés au strict respect de la laïcité à manifester jeudi 3 mai à 18h devant la chapelle de l'Oratoire leur opposition à cette attaque contre le principe intangible de la neutralité religieuse des établissements scolaires.
Après la récente exposition sur la Bible dénoncée par certaines de nos organisations au nom de la laïcité, cette nouvelle initiative montre l'importance et l'urgence
de garantir les conditions d'utilisation de l'Oratoire du Lycée.
Le Comité de Vigilance Laïque
18 rue Béranger, 72000 Le Mans
Publié le 31 Mars 2012
Contre le principe de Séparation des Églises et de l’État, codifié par la loi du 9 décembre 1905, une masse financière considérable de fonds publics est déversée, chaque année, pour l’Église catholique et ses œuvres, principalement l’enseignement privé catholique.
La loi Debré, votée le 31 décembre 1959, a donné à l’enseignement privé confessionnel le statut de « service public d’enseignement ». Par ce dispositif, au mépris des principes républicains, l’État finance le principal concurrent de l’Enseignement public. C’est une concurrence « déloyale et faussée » par les pouvoirs publics eux-mêmes.
La loi Debré est la mère de toutes les lois antilaïques. Son abrogation marquerait un coup d’arrêt important et un retour vers le respect de la laïcité institutionnelle. La Fédération nationale de la Libre Pensée n’estime pas que le combat laïque aujourd’hui serait d’accepter la loi Debré au nom du « réalisme » et « de ne pas payer plus que ce que prévoit cette loi ». Si nous sommes pour l’abrogation de toutes les lois antilaïques (des lois Marie-Barangé à la loi Carle), il convient d’abroger la loi du 31 décembre 1959, car tout l’arsenal antilaïque en découle (une vingtaine de lois et décrets antilaïques ont été adoptés par les gouvernements successifs de 1960 à 2012).
Se réclamer du combat laïque sans le faire, serait vouloir un couteau sans lame qui n’aurait pas de poignée.
7,1 milliards d’euros pour l’enseignement privé
Désormais insérée dans le Code de l’Éducation, la loi du 31 décembre 1959 modifiée assure l’essentiel du financement des quelque 8 200 établissements privés d’enseignement sous contrat, presque tous confessionnels, qui accueillent un peu plus de deux millions d’élèves, soit 17 % du total des effectifs scolarisés. L’État prend en charge le salaire des 140 000 professeurs exerçant dans ces écoles, collèges et lycées privés et leur alloue un forfait d’externat, décliné en une vingtaine de taux, destiné à prendre en charge les rémunérations des autres catégories de personnels, à l’exception des techniciens et ouvriers de service (TOS) dont les salaires sont couverts par un forfait mis à la charge des départements et des régions depuis le 1er janvier 2007, en application de la loi de décentralisation du 13 août 2004.
En augmentation de 3,38 % par rapport à 2011, le programme 139 de la loi de finances initiale pour 2012 fixe à 7,1 milliards d’euros les engagements prévisionnels de l’Etat, dont 658 millions au titre du forfait d’externat qui s’élevait à plus de 800 millions d’euros en 2005. Cette diminution correspond à un report de charges sur les départements et les régions au titre du forfait TOS qui peut donc être estimé à 150 millions d’euros au minimum. Et c’est au même moment que 14 367 postes sont supprimés dans l’Enseignement public et seulement 1 433 postes supprimés dans le privé au lieu des 1 633 initialement prévus, 200 postes étant rétablis à la rentrée 2011 pour les écoles catholiques financés par la suppression de 4 millions d’euros de crédits pédagogiques de l’Enseignement public.
Les communes saignées à blanc
Aux termes de l’article 442-5 du code de l’Éducation issu de la loi du 31 décembre 1959, les collectivités territoriales prennent à leur charge « Les dépenses de fonctionnement des classes sous contrat […] dans les mêmes conditions que celles des classes correspondantes de l’enseignement public. ». Il s’agit des communes et des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) pour les classes élémentaires et, le cas échéant maternelles, des départements pour les collèges et des régions pour les lycées. Les rapporteurs spéciaux du budget 2012 au Sénat notent à ce propos : « Fonder sur le nombre d’élèves la revalorisation du forfait, qui est une dépense relativement dynamique, peut créer un biais en faveur de l’inscription d’un nombre croissant d’élèves dans l’enseignement privé au détriment de l’enseignement public. »
Les communes et les EPCI acquittent à ce titre un forfait moyen de l’ordre de 550 euros par élève et par an. Toutefois, celui-ci peut varier de 400 à 1 500 euros pour des raisons inexpliquées, sinon une interprétation généreuse de la loi par certains Élus. De surcroît, conformément à la loi du 28 octobre 2009, les communes de résidence d’enfants scolarisés dans des établissements privés situés en dehors de leurs limites versent en faveur de ces derniers le forfait couvrant ces dépenses lorsque l’une au moins des quatre conditions suivantes est réunie : capacité d’accueil de la commune de résidence insuffisante, raisons médicales, en cas d’« obligations professionnelles » des parents, ou encore lorsqu’un frère ou une sœur de l’enfant est déjà scolarisé hors de la commune. Au total, les sommes allouées par les communes à l’enseignement catholique du premier degré peuvent- être estimées à 500 millions d’euros.
Les départements et les régions ponctionnés de 550 millions d’euros pour l’enseignement privé
Les départements et les régions acquittent deux forfaits, celui dû en application de l’article L. 442-5 du code de l’éducation et la part TOS du forfait d’externat. Comme le forfait communal, le premier connaît de fortes variations d’une collectivité à une autre, en fonction du poids de l’Église catholique. Il va de 160 euros pour les collèges privés du département de l’Ariège, terre libre penseuse, à 483 euros pour ceux du Cantal, territoire clérical, et de 240 euros pour les lycées catholiques de Haute-Normandie à 644 euros pour ceux de Bourgogne. La charge totale est de l’ordre de 350 millions d’euros. Quant à lui, le forfait TOS représente une dépense nouvelle de 150 à 200 millions pour les départements et les régions. Là encore, les écarts sont importants : 310 euros dans le département de la Corrèze au lieu de 210 dans celui des Pyrénées-Atlantiques et 556 euros dans la région de Franche-Comté à 195 dans celle de Midi-Pyrénées. Dans un rapport d’information de novembre 2010 consacré aux transferts de frais de personnel de l’État vers les collectivités territoriales, deux sénateurs notent que « les Élus ont constaté une augmentation du coût de ce forfait qui varie de 40 à 60%, à effectifs constants et sans relation apparente avec l’évolution de la masse salariale des TOS de l’enseignement public. »
Enfin, sur le fondement des dispositions du code de l’Éducation tirées des lois Falloux de 1850, Astier de 1919 et Debré de 1959, l’État et les collectivités territoriales peuvent verser des subventions d’investissement aux établissements privés d’enseignement des premier et second degrés. Dans l’enseignement général, le montant de l’aide est limité à 10 % des frais de fonctionnement. Dans l’enseignement technologique, la loi ne fixe aucune borne.
339 millions d’euros de fonds publics pour l’enseignement agricole privé
Depuis 2002, avec une accélération en 2007, le ministère de l’Agriculture a délibérément favorisé le développement de l’enseignement agricole privé en y autorisant préférentiellement des ouvertures de classes. L’enseignement agricole du second degré représente plus de la moitié de l’offre de formation initiale dans ce secteur professionnel. Il accueille environ 110 000 élèves, dont 50 000 suivent un enseignement en alternance. Cette forte proportion est la conséquence de l’action catholique en milieu rural. Elle procède également des dispositions de la loi du 31 décembre 1984 qui accorde à l’enseignement agricole privé des avantages équivalents à ceux prévus par celle du 31 décembre 1959 en faveur de l’enseignement général et technique catholique. L’État supporte les rémunérations des personnels enseignants des établissements d’enseignement agricoles privés ainsi qu’un forfait pour dépenses de fonctionnement qui comporte trois taux : celui versé pour chaque élève externe, celui acquitté pour chaque demi-pensionnaire et celui payé pour chaque interne.
Si la prise en charge des traitements des professeurs reste stable, soit un peu moins de 214 millions d’euros en 2011 et 2012, en revanche les forfaits ont connu une très forte augmentation. Ceux de 2012, qui atteignent respectivement 1 619 (externes), 1655 (demi-pensionnaires) et 2 800 euros (internes), sont supérieurs de 20 % environ à ceux de 2008. C’est la conséquence d’un protocole conclu en 2009 entre l’Etat et les représentants de l’enseignement agricole privé. La dépense globale pour l’État ressort à 125 millions d’euros au lieu de 100 millions cinq ans plus tôt.
La taxe d’apprentissage, ou comment le capital finance la religion
La taxe d’apprentissage à laquelle sont assujetties les entreprises représente 0,5 % des salaires bruts versés l’année précédant sa collecte. Si elle revient théoriquement à l’État, elle est néanmoins recouvrée par les organismes consulaires (chambres des métiers, chambres de commerce et d’industrie). Ces derniers sont habilités à reverser une partie du produit de cette taxe aux établissements de formation professionnelle de leur choix ou désignés par les entreprises redevables.
Ce dispositif de recouvrement introduit une distorsion dans l’affectation des sommes qui favorise l’enseignement privé catholique. Selon les dernières informations recueillies, le montant par élève du produit de la taxe d’apprentissage atteint 332 euros par an dans l’enseignement privé au lieu de 179 euros dans l’enseignement public. La religion et le capital font bon ménage.
Pour en finir avec le détournement des fonds publics au profit de l’Église catholique et de l’enseignement privé confessionnel : Il faut abroger la loi Debré !
La Fédération nationale de la Libre Pensée reste fidèle, envers et contre tout, au Serment de Vincennes : le 19 juin 1960, il y a 50 ans, les représentants de plus de 10 millions de citoyens pétitionnaires (droit de pétition établi par la Révolution française) ont prononcé le serment suivant : « Nous sommes 10 813 697 faisant le serment solennel : De manifester en toutes circonstances et en tous lieux leur irréductible opposition à cette loi contraire à l’évolution historique de la Nation ; - De lutter sans trêve et sans défaillance jusqu’à son abrogation ; - Et d’obtenir que l’effort scolaire de la République soit uniquement réservé à l’Ecole de la Nation, espoir de notre jeunesse ».
La Fédération nationale de la Libre Pensée appelle tous les militants laïques à contresigner massivement cette déclaration, à la soutenir et à financer la campagne nationale pour l’abrogation de la loi Debré.
La FNLP appelle ses Fédérations départementales à organiser partout dans les communes, départements et régions des conférences publiques, des réunions, des meetings, des manifestations pour rassembler la force laïque pour reconquérir la laïcité de l’École publique et de l’État.
Ensemble pour défendre la laïcité !
Fonds publics à l’Ecole publique,
Fonds privés à l’école privée !
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* Chèque à l’ordre de « La Libre Pensée » - à retourner à « Libre Pensée – Fonds « Laïcité » – 10/12 rue des Fossés-saint-Jacques – 75005 Paris »
Publié le 12 Mars 2012
Voici un petit article du Maine Libre sur la reunion de samedi dernier, qui a réunit plus de 80 personnes à la maison des associations. Cliquez dessus pour l'agrandir.
Ci dessous ; un communiqué de presse de la Fédération nationale de la Libre Pensée.
Droit à la mort douce : il devient urgent de légiférer !
Après le drame de la famille Humbert, après la tragédie qu’a vécue Madame Sébire, après la mise en examen à Pau du docteur Bonnemaison et les poursuites disciplinaires engagées contre lui, une nouvelle affaire met une fois de plus en évidence la nécessité de doter le pays d’une loi créant un droit à mourir dans la dignité.
Dans le département de la Loire, un homme de 84 ans est poursuivi pour homicide volontaire parce qu’il a mis fin aux souffrances intolérables de son épouse, avec laquelle il vivait depuis cinquante-cinq ans et qui était gravement malade depuis des années sans espoir apparent de guérison. Sans d’ailleurs savoir si son geste allait la délivrer, il lui a administré une forte dose de médicaments qui l’a emportée. Il a pris ce risque parce que la situation de cette femme était devenue insupportable. Son geste a été compris par les citoyens dont plusieurs dizaines de milliers lui ont déjà apporté un soutien public.
Les tenants de l’ordre prétendument moral, qui sont les porte-voix des religions, et tout particulièrement de l’Eglise catholique, se retranchent derrière la loi Léonetti de 2005 et les soins palliatifs, qui ne s’opposent d’ailleurs pas au droit à la mort douce, pour refuser ce progrès que le Parlement français s’honorerait pourtant d’inscrire dans la loi. Non seulement la possibilité offerte aux médecins par ce texte d’interrompre les soins conduit à des situations de grande souffrance que tout humaniste ne peut que réprouver mais le nombre de lits de soins palliatifs est dérisoire au regard des besoins : moins de 2000 en 2011 selon le premier rapport de l’Observatoire de la fin de vie publié récemment.
En janvier 2011, la majorité de la commission des affaires sociales du Sénat avait adopté une proposition de loi aux termes de laquelle « toute personne capable majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable, lui infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée ou qu’elle juge insupportable, peut demander à bénéficier (...) d’une assistance médicalisée permettant, par un acte délibéré, une mort rapide et sans douleur ». Pour garantir et encadrer ce nouveau droit, les commissaires avaient prévu le dispositif suivant : saisine de deux praticiens ne connaissant pas le malade par son médecin traitant ; délai maximum de huit jours donné aux cliniciens pour statuer sur la demande du patient ; possibilité pour ce dernier de renoncer à celle-ci ; mise en place d’un système de « directives anticipées », révocables à tout moment mais renouvelables tous les trois ans ; institution d’un registre national de ces directives anticipées.
Après une intervention du Vatican, le Premier ministre a publié un article dans le journal Le Monde pour forcer la majorité siégeant alors au Sénat à repousser le texte de la commission des affaires sociales. Il a obtenu gain de cause, le 25 janvier 2011, et laissé ainsi, dans la plus grande douleur et la plus immense solitude, le vieil homme du département de la Loire affronter la souffrance de son épouse.
La France a trop tardé à se doter d’une législation conforme à l’aspiration d’une grande majorité de citoyens. Après l’Etat américain de l’Oregon, la Belgique, la Suisse, le Luxembourg, les Pays-Bas, dans un contexte marqué par l’allongement de la durée de vie, elle doit reconnaître à chacun le droit à la mort douce pour libérer les patients, les médecins, les personnels soignants et les familles d’avoir à enfreindre la loi pour accomplir un geste d’élémentaire et grande humanité. Le texte adopté par la commission des affaires sociales du Sénat, qui a su dépasser les clivages partisans, paraît à cet égard répondre à l’intérêt général. Comme l’écrit Epicure dans La Lettre à Ménécée « […] la droite connaissance que la mort n’est rien par rapport à nous rend joyeuse la condition mortelle de la vie […] ».
Paris, le 28 février 2012
Publié le 1 Mars 2012
Publié le 29 Février 2012
Publié le 12 Février 2012
Cet article est un extrait du dernier bulletin départemental de la LIbre Pensée. Adressez vous à nous si vous souhaitez recevoir acheter le bulletin ou vous abonner.
Hypatie d’Alexandrie, Saint Cyrille et le monothéisme.
Dans un numéro récent de la revue Sciences Humaines, un auteur affirmait que le monothéisme était père de l’intolérance religieuse, dans le sens où, contrairement au polythéisme, il n’acceptait qu’une seule vérité. Point de syncrétisme, point de panthéon, point d’acculturation culturelle et religieuse, dès lors que l’on considère qu’il n’y a qu’un dieu et qu’une seule vérité. C’est ce qui fut d’ailleurs reproché aux juifs puis aux chrétiens par les romains.
C’est cette remarque sur le monothéisme, qui a le plus occupé mon esprit en visionnant le film Agora du réalisateur Alejandro Amenabar. J’avais déjà entendu parler de ce film par des camarades libres penseurs et je connaissais vaguement la vie de la philosophe et astronome grecquo-égyptienne, Hypatie. J’ai découvert cette femme dans une chronologie historique où sa mort était prise comme symbole pour montrer la fin de la pensée Gréco-romaine antique et l’avènement de l’obscurantisme chrétien.

Fille du dernier directeur de la bibliothèque d’Alexandrie (Théon), Hypatie est une scientifique, agnostique, laïque avant l’heure, qui enseigne notamment la pensée de Platon, les mathématiques et l’astronomie. Ses travaux ont été détruits mais on suppose qu’elle travaillait sur une forme d’héliocentrisme.
L'historien chrétien Socrate le Scolastique disait d’elle, dans son Histoire ecclésiastique (vers 440) :
« Il y avait à Alexandrie une femme du nom d’Hypatie ; c’était la fille du philosophe Théon ; elle était parvenue à un tel degré de culture qu’elle surpassait sur ce point les philosophes, qu’elle prit la succession de l’école platonicienne à la suite de Plotin, et qu’elle dispensait toutes les connaissances philosophiques à qui voulait ; c’est pourquoi ceux qui, partout, voulaient faire de la philosophie, accouraient auprès d’elle. La fière franchise qu’elle avait en outre du fait de son éducation faisait qu’elle affrontait en face à face avec sang-froid même les gouvernants. Et elle n’avait pas la moindre honte à se trouver au milieu des hommes ; car du fait de sa maîtrise supérieure, c’étaient plutôt eux qui étaient saisis de honte et de crainte face à elle. »
Ne pas être chrétienne, enseigner le rationalisme, la philosophie, être femme, indépendante et avoir une influence sur une partie du peuple et sur le préfet romain Oreste ; voilà plusieurs raison qui vont conduire Hypatie à sa perte. Celle-ci intervient en 415, dans un empire romain désormais devenu chrétien (en 391, l’édit de Théodose ordonnait notamment la destruction de tous les temples païens).
Hypatie est ainsi lapidée par
une milice chrétienne ; les paraballanis, groupe de quelques centaines de bras armés aux ordres du puissant patriarche
d’Alexandrie : Cyrille.
Bien que le film me conforte dans ma vision du christianisme comme obstacle à la liberté, il me fallait toutefois vérifier un peu l’exactitude de cette histoire. C’est tellement facile de faire un film manichéens où des bons se font maltraiter et tuer par des méchants. Sur internet, j’ai notamment trouvé le site d’un historien spécialisé dans l’histoire des religions. Sébastien Fath, c’est son nom, est chercheur au CNRS.
Voilà ce qu’il dit du film : « Recherches faites (de seconde main! Je ne suis pas helléniste), il s'avère que la trame du film est historiquement solide. Ce péplum comporte finalement assez peu d'extrapolations, même si on édulcore la fin, et qu'on romance un peu autour de l'apport d'Hypatie à l'astronomie (à ce sujet, on n'est sûr de rien, les écrits d'Hypatie ayant hélas disparu). Le fanatisme chrétien de l'époque, encouragé par la politisation post-constantinienne du religieux (l'Eglise devenant un soutien du pouvoir) correspond fort bien à ce que les sources antiques nous révèlent. »
Plus loin, il se pose la question de la responsabilité de Cyrille. Il cite alors deux auteurs spécialistes de la question ; Maria Dzielska et Pierre Chuvin.
« D'après Maria Dzielska, dont l'ouvrage est désormais considéré comme la référence principale en ce qui concerne Hypatie elle-même, Hypatie n'était pas une activiste païenne. Son cercle d'étudiants comprenait des païens et des chrétiens: elle ne faisait pas de discrimination. Cyrille, de son côté, apparaît d'après les sources comme un évêque violent, intolérant, qui chasse brutalement les Novatiens, puis les Juifs. Face à Hypatie, en revanche, il est embarrassé. La réputation d'Hypatie étant excellente, son prestige non moins grand, que faire pour écarter cette gêneuse? L'existence des paraballani, que l'on voit dans le film comme une milice chrétienne inquiétante, est bel et bien confirmée par Maria Dzielska, d'après sa lecture des sources primaires: il s'agissait de 500 à 800 fiers à bras chrétiens, milice charitable.... mais aussi chargée de la protection de Cyrille. Ce sont bien ces hommes qui s'en sont pris au gouverneur, Oreste, accusé de tiédeur (là encore, le film est fidèle aux sources). C'est alors que serait intervenue Hypatie, contestant le pouvoir jugé démesuré de l'évêque, et plaidant pour le respect de l'autorité civile. La thèse de l'auteure est la suivante: réalisant l'obstacle représenté par Hypatie, Cyrille aurait créé un climat de plus en plus hostile à la philosophe, laissant les mains libres aux surenchères et, finalement, au lynchage de la malheureuse. D'après Dzielska, Cyrille n'auraitpas commandité l'assassinat (dans des circonstances particulièrement odieuses). Il aurait simplement créé le climat débouchant sur l'irréparable.
Sur nombre de points, Pierre Chuvin, dans sa large (et émouvante) synthèse sur la destruction des derniers païens par la machine de guerre post-constantinienne (ou théodosienne: christianisme, religion d'Etat), rejoint Maria Dzielska. En revanche, il diffère en partie dans le rôle dévolu à Cyrille, et ses arguments méritent qu'on s'y attarde. D'après lui, les mains de Cyrille ont trempé dans l'assassinat. Pas directement bien-sûr (Cyrille n'a pas poignardé lui-même la malheureuse). En revanche, il souligne en particulier un point négligé par Maria Dzielska, à savoir que le lynchage de la philosophe-mathématicienne par des miliciens chrétiens fanatiques a eu lieu.... dans la propre église patriarcale de l'évêque Cyrille! Difficile, dans ces conditions, d'imaginer que Cyrille n'ait pas cautionné, directement ou indirectement, l'élimination d'un soutien fort d'Oreste, gouverneur détesté de Cyrille. Du reste, Socrate le scolastique, en 440, ne soulignait-il pas déjà que le lynchage a porté atteinte à l'image de Cyrille et à l'église d'Alexandrie"? Sébastien Fath note cependant que le massacre d’Hypatie n’a pas fait l’unanimité chez les chrétiens. Ainsi l’évêque « Synésios de Cyrène, ancien étudiant d'Hypatie (un autre personnage du film parfaitement attesté historiquement) fait même preuve, dans sa correspondance, d'une admiration sans borne pour cette femme exceptionnelle ».
Et là, vous vous demandez, et Cyrille qu’est il devenu ? La réponse est très simple Saint Cyrille, sanctifié, glorifié est toujours considéré comme un bon père de l’Eglise aujourd’hui encore. « C'est bien cet homme, caution du lynchage d'Hypatie, dénonciateur impitoyable des 'hérétiques' et expulseur des juifs d'Alexandrie, que le pape Léon XIII a désigné comme "docteur de l'Eglise" en 1882 (notamment pour sa théologie mariale). C'est bien cet homme, théologien et normalisateur musclé d'une politique d'éradication de la différence, que le pape Benoît XVI a qualifié, le 3 octobre 2007, lors d'une audience générale, de "témoin inlassable et ferme de Jésus-Christ"... »
Du 5ème siècle à aujourd’hui, il y a une certaine continuité au sein de l’Eglise. Ses prétendus changements, ces pseudos adaptions à la modernité et à la démocratie ne sont que le produit de l’action des démocrates. Comment se comporterait l’Eglise catholique et ses adeptes, si les lumières, la libre Pensée et le mouvement ouvrier et démocrate n’était pas passés par la ?
Hansi
Sources : http://blogdesebastienfath.hautetfort.com/archive/2010/01/28/le-lynchage-d-hypathie-le-temps-de-rouvrir-le-dossier.html#more

Publié le 27 Janvier 2012
Voici les courriers envoyés au Maire, au recteur, ainsi qu'a la region pays de la Loire.
M. Jean-Claude BOULARD
Maire du Mans
Hôtel de Ville - Place St Pierre
72 000 LE MANS
Le Mans le 17 janvier 2012
Objet : exposition sur la Bible dans l'enceinte du lycée Montesquieu
Monsieur le Maire,
Nos mouvements et associations de la Sarthe, chacun dans leur champ d’action attachés au respect des principes de
laïcité:
les CEMEA 72, les DDEN 72, la FCPE 72, les FRANCAS, les A. D. P. Orient du Mans G.O.D.F., la LIBRE PENSÉE, la Ligue de l’Enseignement –FAL 72, l'Association
Laïque du Pays Fertois, la FSU, le SNUDI-FO / SNFOLC, le SDEN-CGT 72, SUD-Éducation 72,
se sont réunis, estimant qu'une atteinte est portée à la laïcité au niveau local.
Nous nous permettons donc de vous écrire aujourd'hui à propos de l'exposition sur la bible qui doit se tenir dans l'enceinte
du lycée Montesquieu, plus précisément dans la Chapelle de l'oratoire. Nous tenons à signaler au préalable que la connaissance objective des religions, de leurs rôles et influences dans
l'Histoire, l'Architecture, l'Art, constituent effectivement pour les signataires de cette lettre des objets d'études à part entière, dans le cadre scolaire. Pour autant, les outils pédagogiques
utilisés doivent avoir été conçus par et pour l'Éducation Nationale. Or, il s'avère que ce n'est pas le cas.
Cette exposition est l'oeuvre de l'ABF, Association Biblique de France, qui s'est fixée comme objectif de "promouvoir" et de "développer
l'influence" (selon ses propres termes) de la Bible partout dans le monde. En Sarthe, le relais chargé de la mise en oeuvre de cette exposition est une association qui regroupe les communautés
chrétiennes et israëlite. On peut notamment lire sur le site du diocèse que si cette exposition s'adresse à tous, elle "rejoindra toute personne qui s’attache à lire l’Écriture en vue
d’être éclairée sur les questions que tout homme rencontre dans sa vie, notamment celle de Dieu. [...] Pour les catholiques, l’exposition "la Bible Patrimoine de l’humanité " s’inscrit bien
dans la démarche « Quo Vadis » initiée par Mgr Y. Le Saux. Les personnes très nombreuses qui lisent l’évangile de Luc y trouveront de quoi parfaire leur connaissance de l’Écriture."
Vous conviendrez avec nous que le principe de neutralité, bien qu'il soit affiché par les organisateurs, dès lors qu'il ne fait pas partie de
leurs intentions premières, peut alors être mis en doute... C'est d'ailleurs pourquoi nous nous adressons au recteur, afin de l'interroger sur la caution que l'Education Nationale apporte à
un tel projet.
Parallèlement, nous avons souhaité vous écrire, puisque de votre côté, vous mettez à disposition un lieu municipal pour cette exposition, dans
l'enceinte d'un établissement scolaire public. Ce lieu est d'ailleurs hautement symbolique puisqu'il s'agit d'une chapelle désaffectée. Nous avons appris que, suite aux interventions des
enseignants du lycée Montesquieu, les horaires de visite ont été resserrés en dehors du temps scolaire, hormis pour les élèves accompagnés de leur professeur. Cette modification de
l'organisation tend à prouver que les services académiques et vous-même partagez les réticences et inquiétudes suscitées. Pour autant, si nous vous écrivons aujourd'hui, c'est pour vous demander
solennellement de trouver un autre lieu, totalement extérieur et indépendant du service public d'éducation afin d'éviter tout amalgame dans l'esprit des élèves et des citoyen-nes en
général.
Les lois sur la laïcité définissent clairement le rôle et la place de chacun dans l'espace public, qu'il s'agisse des enseignants, des religieux
ou des politiques. Le mélange des genres introduit une confusion dommageable à leurs principes.
Comptant sur votre compréhension, nous vous prions de croire, Monsieur le Maire en notre profond attachement aux valeurs et au respect de la
laïcité.
Les mouvements et associations laïques de la
Sarthe
les CEMEA 72, les DDEN 72, la FCPE 72, les FRANCAS, les A. D. P. Orient du Mans G.O.D.F., la LIBRE PENSÉE, la Ligue de l’Enseignement –FAL 72, l'Association
Laïque du Pays Fertois, la FSU, le SNUDI-FO / SNFOLC, le SDEN-CGT 72, SUD-Éducation 72
Mouvements et associations laïques - 18 rue Béranger, 72000 Le Mans. Tel : 02 43 39 27 24 – Fax : 02 43 39 27 26
M. Jacques AUXIETTE
Président du Conseil Régional
1, rue de la Loire
44 966 NANTES CEDEX 9
Le Mans le 17 janvier 2012
Objet : exposition sur la Bible dans l'enceinte du lycée Montesquieu
Monsieur le Président,
Nos mouvements et associations de la Sarthe, chacun dans leur champ d’action attachés au respect des principes de
laïcité:
les CEMEA 72, les DDEN 72, la FCPE 72, les FRANCAS, les A. D. P. Orient du Mans G.O.D.F., la LIBRE PENSÉE, la Ligue de l’Enseignement –FAL 72, l'Association
Laïque du Pays Fertois, la FSU, le SNUDI-FO / SNFOLC, le SDEN-CGT 72, SUD-Éducation 72,
se sont réunis, estimant qu'une atteinte est portée à la laïcité au niveau local.
Nous nous permettons donc de vous écrire aujourd'hui à propos de l'exposition sur la bible, qui doit se tenir dans l'enceinte
du lycée Montesquieu, plus précisément dans la Chapelle de l'oratoire. Nous tenons à signaler au préalable que la connaissance objective des religions, de leurs rôles et influences
dans l'Histoire, l'Architecture, l'Art, constituent effectivement pour les signataires de cette lettre, des objets d'études à part entière, dans le cadre scolaire. Pour autant les outils
pédagogiques utilisés doivent avoir été conçus, par et pour l'Éducation Nationale. Or, il s'avère que ce n'est pas le cas.
Cette exposition est l'oeuvre de l'ABF, Association Biblique de France qui s'est fixée comme objectif de "promouvoir" et de "développer
l'influence" (selon ses propres termes) de la Bible partout dans le monde. En Sarthe, le relais chargé de la mise en oeuvre de cette exposition, est une association qui regroupe les communautés
chrétiennes et israëlite. On peut notamment lire sur le site du diocèse que si cette exposition s'adresse à tous, elle "rejoindra toute personne qui s’attache à lire l’Écriture en vue
d’être éclairée sur les questions que tout homme rencontre dans sa vie, notamment celle de Dieu. [...] Pour les catholiques, l’exposition "la Bible Patrimoine de l’humanité " s’inscrit bien
dans la démarche « Quo Vadis » initiée par Mgr Y. Le Saux. Les personnes très nombreuses qui lisent l’évangile de Luc y trouveront de quoi parfaire leur connaissance de l’Écriture."
Vous conviendrez avec nous que le principe de neutralité, bien qu'il soit affiché par les organisateurs, dès lors qu'il ne fait pas partie de
leurs intentions premières, peut alors être mis en doute...
C'est d'ailleurs pourquoi, nous nous adressons au recteur, afin de l'interroger sur la caution que l'Education Nationale apporte à un tel projet.
Nous avons également écrit au Maire du Mans, puisqu'il met à disposition un lieu municipal pour cette exposition, dans l'enceinte d'un établissement scolaire public. Ce lieu est d'ailleurs
hautement symbolique puisqu'il s'agit d'une chapelle désaffectée. Nous avons appris que, suite aux interventions des enseignants du lycée Montesquieu, les horaires de visite ont été resserrés, en
dehors du temps scolaire, hormis pour les élèves accompagnés de leur professeur. Cette modification de l'organisation tend à prouver que les services académiques et la municipalité
partagent les réticences et inquiétudes suscitées. Pour autant, cela ne nous semble pas suffisant et c'est pourquoi, nous avons solennellement demandé au Maire de trouver un autre lieu,
totalement extérieur et indépendant du service public d'éducation afin d'éviter tout amalgame dans l'esprit des élèves et des citoyen-nes en général.
Les lois sur la laïcité définissent clairement le rôle et la place de chacun dans l'espace public, qu'il s'agisse des enseignants, des religieux
ou des politiques. Le mélange des genres introduit une confusion dommageable à leurs principes.
Puisque la gestion des lycées publics relève de votre compétence, nous avons souhaité également vous informer, en espérant que vous saurez
appuyer notre demande auprès du Maire du Mans.
Comptant sur votre intervention, nous vous prions de croire, Monsieur le Maire en notre profond attachement aux valeurs et au respect de la
laïcité.
Les mouvements et associations laïques de la Sarthe
les CEMEA 72, les DDEN 72, la FCPE 72, les FRANCAS, les A. D. P. Orient du Mans G.O.D.F., la LIBRE PENSÉE, la Ligue de l’Enseignement –FAL 72, l'Association
Laïque du Pays Fertois, la FSU, le SNUDI-FO / SNFOLC, le SDEN-CGT 72, SUD-Éducation 72
Mouvements et associations laïques - 18 rue Béranger, 72000 Le Mans. Tel : 02 43 39 27 24 – Fax : 02 43 39 27 26
A l’attention de
M. le Recteur
M. l’Inspecteur d’Académie
Le Mans le 17 janvier 2012
Objet : exposition sur la Bible dans l'enceinte du lycée Montesquieu
Monsieur le Recteur,
Monsieur l'Inspecteur d'Académie,
Nos mouvements et associations de la Sarthe, chacun dans leur champ d’action attachés au respect des principes de
laïcité:
les CEMEA 72, les DDEN 72, la FCPE 72, les FRANCAS, les A. D. P. Orient du Mans G.O.D.F., la LIBRE PENSÉE, la Ligue de l’Enseignement –FAL 72, l'Association
Laïque du Pays Fertois, la FSU, le SNUDI-FO / SNFOLC, le SDEN-CGT 72, SUD-Éducation 72,
se sont réunis, estimant qu'une atteinte est portée à la laïcité au niveau local.
Nous nous permettons donc de vous écrire aujourd'hui à propos de l'exposition sur la bible, qui doit se tenir dans l'enceinte
du lycée Montesquieu, plus précisément dans la Chapelle de l'oratoire. Nous tenons à signaler au préalable que la connaissance objective des religions, de leurs rôles et influences dans
l'Histoire, l'Architecture, l'Art, constituent effectivement pour les signataires de cette lettre, des objets d'études à part entière, dans le cadre scolaire. Pour autant les outils pédagogiques
utilisés doivent avoir été conçus, par et pour l'Éducation Nationale. Or, il s'avère que ce n'est pas le cas.
Cette exposition est l'oeuvre de l'ABF, Association Biblique de France qui s'est fixée comme objectif de "promouvoir" et de "développer
l'influence" (selon ses propres termes) de la Bible partout dans le monde. En Sarthe, le relais chargé de la mise en oeuvre de cette exposition, est une association qui regroupe les communautés
chrétiennes et israëlite. On peut notamment lire sur le site du diocèse que si cette exposition s'adresse à tous, elle "rejoindra toute personne qui s’attache à lire l’Écriture en vue
d’être éclairée sur les questions que tout homme rencontre dans sa vie, notamment celle de Dieu. [...] Pour les catholiques, l’exposition "la Bible Patrimoine de l’humanité " s’inscrit bien
dans la démarche « Quo Vadis » initiée par Mgr Y. Le Saux. Les personnes très nombreuses qui lisent l’évangile de Luc y trouveront de quoi parfaire leur connaissance de l’Écriture."
Vous conviendrez avec nous, que le principe de neutralité, bien qu'il soit affiché par les organisateurs, dès lors qu'il ne fait pas partie de
leurs intentions premières, peut alors être mis en doute... Nous craignons notamment que dans une démarche prosélyte, certaines dimensions historiques et philosophiques soient passées sous
silence. Le fait que vous apportiez votre caution à tel projet qui ne réunit pas toutes les garanties nécessaires pour en faire un outil pédagogique à part entière nous interpelle.
Nous tenons à vous informer que nous avons également écrit au Maire du Mans, puisqu'il met à disposition un lieu municipal pour cette exposition,
dans l'enceinte d'un établissement scolaire public. Ce lieu est d'ailleurs hautement symbolique puisqu'il s'agit d'une chapelle désaffectée.
Nous avons appris que, suite aux interventions des enseignants du lycée Montesquieu, les horaires de visite ont été resserrés, en dehors du temps
scolaire, hormis pour les élèves accompagnés de leur professeur. Cette modification de l'organisation tend à prouver que la municipalité et vous-mêmes, partagez les réticences et
inquiétudes suscitées. Pour autant, cela ne nous semble pas suffisant et c'est pourquoi nous avons solennellement demandé au Maire de trouver un autre lieu, totalement extérieur et indépendant du
service public d'éducation afin d'éviter tout amalgame dans l'esprit des élèves et des citoyen-nes en général.
Les lois sur la laïcité définissent clairement le rôle et la place de chacun dans l'espace public, qu'il s'agisse des enseignants, des religieux
ou des politiques. Le mélange des genres introduit une confusion dommageable à leurs principes.
Profondément attachés à ces valeurs, nous attendons d'une part que vous nous expliquiez pourquoi vous avez apporté la caution de l'Education
nationale à une telle entreprise, et nous vous demandons expressement de relayer notre demande auprès du Maire du Mans afin que l'exposition ne se tienne pas dans la chapelle de l'oratoire,
enclave dans l'enceinte d'un établissement scolaire public, d'autre part.
Dans cette attente, nous vous prions de croire, Monsieur le Recteur, Monsieur l'Inspecteur d'Académie, en notre profond attachement aux valeurs
et au respect de la laïcité.
Les mouvements et associations laïques de la Sarthe
les CEMEA 72, les DDEN 72, la FCPE 72, les FRANCAS, les A. D. P. Orient du Mans G.O.D.F., la LIBRE PENSÉE, la Ligue de l’Enseignement –FAL 72, l'Association
Laïque du Pays Fertois, la FSU, le SNUDI-FO / SNFOLC, le SDEN-CGT 72, SUD-Éducation 72
Mouvements et associations laïques - 18 rue Béranger, 72000 Le Mans. Tel : 02 43 39 27 24 – Fax : 02 43 39 27 26
Publié le 14 Janvier 2012
Suite à la réunion du jeudi 12 janvier, convoquée par le SNES-FSU suite à un accord avec notre association, quasiment tous les syndicats et toutes les organisations laïques de la Sarthe devraient apposer leur signature sur un texte caractérisant cette expo dans un lycée public comme une atteinte a la laïcité.
Ce communiqué commun, demandera le déplacement de cette expo en dehors d'un site relevant de l'enseignement public et laïque. Des courriers vont être envoyés à l'Inspection Académique, au rectorat, aux Inspecteur Pédagogiques Régionaux, à la mairie... etc !!! tout cela est bien engagé.
Le maine libre de lundi dernier a consacré un article à la polémique que nous avons soulevée, on y apprend qu'un premier recul a été opéré, puisque l'expo ne peut plus ouvrir sur les horaires scolaires. Nous continuons la bataille jusqu'à ce que l'expo se tienne en dehors d'un site relevant de l'enseignement laique.
Un reportage de France 3 consacré à nos partenaires du SNES
Un extrait du journal maine libre
l'adresse du groupe facebook
Publié le 5 Janvier 2012
Pas d'exposition religieuse dans un lycée public... la suite en date du 6 janvier 2012
Le SNES FSU de la Sarthe a repris l'intégralité de notre communiqué de presse sur son site. Cliquez ici. Que les membres de ce syndicat soient ici remercier.
Nos organisations se sont rencontrées et ont décidé de convoquer une reunion des organisations laiques et des syndicats de l'enseignement jeudi 12 janvier à 16h.
Notre objectif est d'obtenir un rassemblement unitaire contre la tenue de l'expo religieuse dans le cadre de l'enseignement public et laique.
Notons que le syndicat FO des collèges et des lycées (snfolc 72) vient à son tour, de se prononcer contre cette expo dans un lycée public. Nous nous félicitons de cette nouvelle et nous remercions aussi les membres du SnFOLc.
Le communiqué du snfolc 72 :
"Le SNFOLC demande la déprogrammation de l’exposition religieuse au lycée Montesquieu
Une exposition sur la Bible est programmée dans l’ancien bâtiment désaffecté de la chapelle de l’oratoire appartenant au lycée
Montesquieu.
Ce n’est pas le principe d‘une exposition sur un texte patrimoine de l’humanité qui pose un problème mais bien sur l’éthique de ses organisateurs qui est
incompatible avec les valeurs laïques et républicaines que nous défendons.
Les éléments entourant l’exposition, sa nature même fait qu’il s’agit, non pas d’un événement culturel mais plutôt une opération cultuelle et c’est pour cette raison qu’elle n’a rien à faire dans un établissement d’enseignement public.
Le SNFOLC demande donc tout simplement sa déprogrammation.
Le Secrétaire départemental
JF Arribard"
Nous remercions nos camarades du Snes-FSu et du SnFoLc.
Multiplions les prises de position contre cette offensive anti-laique, mobilisons les laiques !

Publié le 27 Décembre 2011
COMMUNIQUE
Pas d’exposition religieuse dans les lycées publics !
Une exposition sur la bible est organisée au lycée Montesquieu du Mans du 3 mars au 23 mars 2012 à la chapelle de l’oratoire ; bâtiment désaffecté appartenant au lycée.
La Libre Pensée proteste contre cette atteinte à la laïcité de l’enseignement public. Cette exposition qui se veut culturelle est en réalité une exposition cultuelle dans l’enceinte d’un établissement public.
Que des faits historiques liés aux religions soient enseignés en Histoire, que des pensées religieuses ou métaphysiques soient étudiées en philosophie ou que les mythologies et les croyances soient évoquées en art ou en littérature, tout ceci relève du patrimoine de l’humanité et est inscrit dans les programmes nationaux de l’enseignement. Les enseignants ont toujours su transmettre ces connaissances en toute objectivité et toute impartialité.
Cette exposition est organisée par une coordination d’associations religieuses. Comme on peut lire sur son site internet, l’association la bible patrimoine de l’humanité est une « initiative du Groupe Œcuménique du Mans ». « L'association "La Bible, patrimoine de l'humanité" a pour membres fondateurs les communautés chrétiennes sarthoises : Adventiste, Assemblée de Dieu, Baptiste, Catholique, Centre Evangélique Protestant, Orthodoxe, Réformée. S'y est associée la communauté israélite sarthoise. »
Quant à l’Alliance Biblique Française qui produit l’exposition, elle se définit elle-même comme une association interconfessionnelle. Notons enfin que l’exposition demande des soutiens financiers dont les chèques sont à envoyer au centre diocésain de l’étoile (26 rue A Maignan, au Mans). Dès lors, comment peut-on affirmer que cette exposition est neutre et objective ?
Sur le site de l’exposition (expobible.org), on peut aussi lire que plusieurs initiatives entourent l’expo dont par exemple la semaine chrétienne du cinéma du 29 février au 2 mars, notons également des liens vers trois sites ouvertement chrétiens (Question suivante, Groupes Bibliques Universitaires de France, Bible-service.net du service biblique catholique Evangile et Vie). Il s’agit en fait d’une exposition sur la bible organisée par des associations religieuses dont le point de vue est partisan, partial et orienté.
La bible est un texte religieux, qui contient de nombreux points de vue philosophiques voire politiques qui font l’objet de vives polémiques encore aujourd’hui. Ce livre prône par exemple la soumission des femmes ou l’interdiction de l’homosexualité.
Cette exposition est une opération cultuelle et en tant que telle, elle ne devrait pas se tenir dans un lycée public et laïque. L’Ecole Publique doit être un lieu d’enseignement des savoirs et des connaissances et non pas un lieu de prosélytisme, de diffusion des opinions et des croyances. Nous demandons que cette exposition se tienne sur un site privé et non sur un site de l’enseignement public. C’est le sens de la lettre envoyée par la Libre Pensée au Proviseur du lycée ainsi qu’à l’Inspecteur d’académie.
La Libre pensée invite les laïques, leurs organisations, ainsi que les syndicats de l’enseignement à prendre position contre cette atteinte au principe de laïcité de l’enseignement public.
Libre Pensée de la Sarthe
Le 27 décembre 2011
Publié le 27 Décembre 2011
La Libre Pensée mène chaque jour une action continue pour la défense de la séparation des Églises et de l’État. Sur tous les terrains : militant, juridique, institutionnel et associatif, la Libre Pensée agit et ne fait pas du 9 décembre une journée particulière qu’il faudrait “ sacraliser ”.
Nous avons trop d’exemples où des Élus disent la “ messe ” laïque ce jour-là, et tous les jours bafouent la laïcité allègrement, s’achetant une bonne conscience, pour pas cher ; en faisant une cérémonie ce jour-là, qui plante un arbre, inaugure une place ou encore pose une plaque. Et les autres jours, les fonds publics sont attribués généreusement aux religions et à leurs œuvres.
Gardant sa totale liberté de comportement, la Fédération nationale de la Libre Pensée s’est associée en maints endroits à des initiatives laïques et en a même organisé elle-même. Ainsi à Paris, elle a organisé une réunion publique à la salle Jean Jaurès de la Bourse du Travail qui était remplie le vendredi 9 novembre.
Paris vaut-il une messe ?
Si la Mairie de Paris avait décidé de nommer le matin même une “ Place de la Laïcité ” dans une discrétion telle qu’une semaine plus tard, il était impossible d’avoir le moindre compte-rendu, la Fédération de Paris de la Libre-Pensée préférait les faits aux mots et rendait publique l’état des sommes versées par la Mairie de Paris à tous les cultes. Une centaine de laïques était rassemblée pour entendre les faits.
Un libre-penseur du XVIIIe arrondissement relatait l’échange de courriers entre le groupe de libres-penseurs de l’arrondissement et M. Vaillant, Maire de l’arrondissement, ancien Ministre de l’Intérieur. Une libre-penseuse du XXe arrondissement faisait état de la procédure judiciaire engagée pour le respect de la Loi de 1905 à propos de la sonnerie des cloches de l’église Saint-Jean de Bosco ; la Mairie de Paris se faisant l’avocat – au sens explicite du terme – de la paroisse.
Évelyne Salamero, Présidente de la Fédération, dans un exposé rigoureux et argumenté, établissait la réalité des faits : plus de 18 millions d’euros versés aux cultes, sous des formes diverses et variées, parfois curieuses. Notamment, la Mairie “ laïque ” s’appuie sur l’ensemble des dispositions des lois dénoncées comme antilaïques, telle la loi Debré. Paris, ville laïque, verse plus aux cultes que la ville de Metz, ville concordataire où la Séparation des Églises et de l’État n’existe pas.
En conclusion de cette importante réunion, Francis Aboulker, secrétaire de la Fédération, faisait adopter par la salle une motion appuyant la demande réitérée de la Fédération de Paris de la Libre Pensée adressée à M Delanoë, Maire de Paris, pour être reçue par lui, en personne. A la sortie de la salle, de nombreux participants laissaient leurs coordonnées pour pouvoir être informés par la Fédération.
En Creuse, un public attentif et engagé
À l’initiative du Grand Orient de France, de la Fédération de la Creuse de la Libre Pensée, de la Ligue des Droits de l’Homme et du “ Cercle Condorcet ” s’est tenue le 9 décembre à Guéret une conférence-débat pour marquer le 106éme anniversaire de la loi de 1905. Deux intervenants figuraient au programme de cette soirée, Gérard Contremoulin pour le GODF et Philippe Besson pour la Libre Pensée. Cette soirée fut un véritable succès, l’amphithéâtre de la BMI (bibliothèque multimédia intercommunale) de Guéret était plein ce qui représente plus de cent personnes.
Gérard Contremoulin est intervenu sur le thème de “ La Laïcité fondement de la République ”, Philippe Besson a ensuite traité de “ La séparation des Églises et de l’État, une aspiration universelle ”.
La qualité des exposés et des débats a été à la hauteur de l’événement sachant qu’il ne s’agissait pas uniquement de commémorer, mais plutôt de rassembler les forces laïques, de se comprendre pour permettre la résistance aux cléricalismes à l’œuvre dans le pays.
Philippe Besson, prenant appui sur l’histoire notamment des États-Unis, de l’Irlande, du Portugal a montré la dimension universelle de la laïcité qui ne doit pas être réduite à une spécificité française et scolaire. Ce qui est en jeu, c’est la liberté de conscience pour tous les hommes et toutes les femmes, c’est la démocratie.
Les débats furent respectueux et riches chacun mesurant l’importance de cette soirée. Pour certains celle-ci s’est terminée tard dans la nuit autour d’une bonne table guérétoise. À n’en pas douter cette conférence comptera pour la poursuite du combat laïque dans le département.
De Granville à Cocherel en passant par Châtellerault et Bourg-en-Bresse
A l’initiative des DDEN, de l’Amicale laïque, de la Ligue des Droits de l’Homme, de la Ligue de l’Enseignement et de la Libre Pensée, plusieurs dizaines de laïques se sont rassemblés devant la mairie de Granville dans la Manche pour rappeler les principes de la laïcité, contenus dans la loi du 9 décembre 1905.
Dans l’Eure, sur la tombre d’Aristide Briant
Réunis à Cocherel dans l’Eure autour de la stèle recouvrant la tombe d’Aristide Briand, qui fut le rapporteur de la loi de 1905 à l’Assemblée nationale, la Ligue des Droits de l’Homme, la Ligue de l’Enseignement, les DDEN, la Libre Pensée et le Grand Orient de France ont réuni plusieurs dizaines de personnes. Ils sont rappelés les multiples violations de la loi de séparation des Églises et de l’État.
A Châtellerault dans la Vienne, ils sont 80 devant le monument à la gloire de la Révolution française avec la LDH, la Libre Pensée, les Amis de la Commune de Paris, la Ligue de l’Enseignement, les DDEN, le Droit Humain et le Grand Orient de France. Toutes les associations sont unies pour dire : “ Le combat pour la laïcité n’est pas fini ”.
A Bourg-en-Bresse dans l’Ain, dans le cadre de la semaine de la laïcité, la Libre Pensée organisait une conférence publique, dans la salle de la Fédération des Œuvres Laïques, sur “ L’Église contre la Libre Pensée ”, animée par Christian Eyschen – Secrétaire général de la Libre Pensée. Devant un parterre d’une cinquantaine de participants, le début fut riche et animé.
A Aurillac : du jamais vu
Près de 200 personnes venues de tout le département ont répondu à l’invitation du Grand Orient de France et de la Libre pensée à la conférence publique célébrant l’anniversaire du vote de la loi du 9 décembre 1905 dite de "Séparation des Églises et de l’État ". Gérard Contremoulin, ancien Conseiller de l’Ordre du GODF a traité de "La laïcité pilier de la démocratie". Pour lui, la laïcité ne se réduit pas à la bataille historique pour libérer l’Ecole de l’emprise confessionnelle, essentiellement catholique, de la fin du XIX° siècle.
Elle correspond à un modèle d’organisation de la société dans lequel la liberté de conscience, l’Égalité des droits et l’exercice de la citoyenneté sont des valeurs fondamentales. La transmission du Savoir est le premier devoir d’un État laïque. Permettre à tous d’accéder à la Connaissance, déconnecter le Savoir de toute vérité révélée, reconnaître la suprématie de la Raison, développer les apprentissages fondamentaux, c’est se donner les moyens de l’émancipation des femmes et des hommes. Ce projet-là est un projet humaniste. Et le chemin pour l’atteindre est un combat de libération, de maturation sociale : le combat pour la Laïcité qui s’est traduit par un ensemble législatif inédit !
À Aurillac, la tribune
Christian Eyschen, Secrétaire général de la Fédération nationale de la Libre Pensée a traité de "la Séparation des Églises et de l’État, une aspiration universelle". Il a rappelé que La Libre Pensée est mère de la laïcité en France, elle est la plus ancienne association laïque de ce pays, et en est la conscience active. On lui doit, avec d’autres, l’élaboration et le vote des lois de 1901 sur la liberté d’association définissant la sphère privée et de 1905 séparant les Eglises et l’Etat définissant la sphère publique.
La Séparation des Églises et de l’État est fille des Lumières et des Révolutions américaine et française. C’est un cheminement universel qui va bien au-delà de la France et de l’Europe : Mexique, Portugal, URSS, République Espagnole, Turquie, Népal, Bolivie. La laïcité est nationale dans sa forme, internationale dans son contenu.
Son principe de liberté de conscience est largement répandu dans le monde. La liberté absolue de conscience est aujourd’hui menacée par tous les grands de ce monde en crise qui veulent que les peuples s’affrontent et se déchirent pour des intérêts qui ne sont pas les leurs. Leur instrument : les religions ; leur moyen : développer les communautarismes.
Mais il n’est au pouvoir de personne de faire tourner la roue de l’Histoire à l’envers. Cette soirée s’est terminée par un échange avec la salle puis autour d’un copieux buffet offert par les organisateurs.
Et enfin à Montélimar
Prés de 150 personnes se sont réunies dans la Drôme pour entendre 3 orateurs. Thierry Cornillet, Elu local, chaud partisan de l’Union européenne et de la Charte des Droits fondamentaux ; il a plaidé pour les bienfaits de l’Article 17C du traité européen dans lequel il ne voyait aucun problème.
Puis, Marc Blondel, Président de la Libre Pensée lui a répondu sur cette Charte européenne. Il, a repris sur le communautarisme à partir des jugements du conseil d’État et la circulaire Guéant en expliquant le communautarisme. Il est revenu également sur l’avis du Haut Conseil à l’Intégration en expliquant son but : opposer les travailleurs entre eux.
Il y a eu des questions importantes en particulier une sur le devenir de l’École à laquelle Marc Blondel a répondu en répondant que, bien sûr, il y avait toutes les revendications qui devaient être satisfaites ; mais qu’au point où en était l’École, il faudrait un jour reconsidérer l’ensemble pour que l’Ecole de la République puisse répondre à son rôle premier : par l’instruction faire des citoyens capables de penser librement. A la suite d’une autre question, Il a bien insisté (en référence à la Belgique), que la Laïcité n’est pas une cinquième religion, mais une "méthode" pour nous permettre de vivre ensemble.
Roger Cordier, représentant le Grand Orient de France a rappelé les positions traditionnelles sur la laïcité de son obédience maçonnique. Ce fut un bon débat, avec des points de vue différents. Mais c’est toujours de la confrontation des idées que naît la lumière.
Toutes ces initiatives montrent largement que la Fédération nationale de la Libre Pensée est une association active qui milite sur tous les terrains pour défendre l’absolue liberté de conscience. La Libre Pensée a pu mesurer, lors de ces différentes réunions publiques, l’accroissement du rayonnement de ses idées dans l’opinion publique laïque.
Publié le 30 Novembre 2011
Soirée des adhérents et sympathisants de la Libre pensée
Publié le 16 Novembre 2011
article du 4/11 remonté dans le blog le 16/11
L'association Internationale de la Libre Pensée
a été proclamée à OSLO le 10 Août 2011
150 délégués de 18 pays et de tous les continents ont débattu des sujets suivants:
- la lutte pour la séparation des religions et des Etats dans le monde,
- la défense de la théorie de l'évolution contre le créationnisme,
- le combat pour que justice soit rendue aux victimes des Eglises, notamment pour des violences sexuelles,
- le développement de l'athéisme dans les sociétés,
avant de proclamer l'Association Internationale de la Libre Pensée.
Ils ont adopté unManifeste pour la liberté de conscience, constitué un Conseil International, désigné 6 porte-parole internationaux.
Des 1ères initiatives ont été décidées dont un colloque au Liban et un congrès continental "Mexique, Amérique centrale, Caraïbes, Amérique Latine" sur le thème "Démocratie, Laïcité et Séparation".
REUNION de Compte-rendu du Congrès constitutif
VENDREDI 18 Novembre, 20h30
Maison des Associations
Le Mans
Avec Gérard PRIOUL, délégué Mayenne-Sarthe à Oslo
Publié le 12 Novembre 2011
Merci à Richard qui nous a envoyé un lien vers la chanson de Craone...
Chanson que nous avons chantée, hier, lors du rassemblement pacifiste d'Allonnes avec M Nafaa pour la marie d'Allonnes, M Horniac de l'ARAC, M Tiratay de la LDH, et biensur avec la Libre Pensée. Eric Viot ne pouvait etre présent mais nous avait laissé un message. Une trentaine de participants étaient là ainsi que le Ouest France et le Maine Libre.
Guerre à la Guerre, réhabilitation des fusillés pour l'exemple de 14-18
Cette chanson anonyme a traversé les différents moments de la guerre 14-18.
D’abord sous le titre « La chanson de Lorette » (octobre 1914), puis « de Champagne » (automne 1915), « de Verdun » en 1916, et enfin « de Craonne » suite aux mutineries et aux terribles combats en 1917.
L’air reprend la musique d’une valse à succès (1911) de Charles Sablon.
Elle a été popularisée par le journaliste communiste Paul Vaillant-Couturier.
Comme d’autres chansons antimilitaristes, elle a été interdite de diffusion jusqu’en 1974 ! (c’est Giscard d’Estaing qui l’a autorisée sur les ondes).
Quand au bout d’huit jours, le r’pos terminé
On va reprendre les tranchées
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile
Mais c’est bien fini, on en a assez
Personne ne veut plus marcher
Et le cœur bien gros, comm’dans un sanglot
On dit adieu aux civ’lots
Même sans tambour, même sans trompette
On s’en va là-haut en baissant la tête
Refrain :
Adieu la vie, adieu l’amour
Adieu toutes les femmes
C’est bien fini, c’est pour toujours
De cette guerre infâme
C’est à Craonne sur le plateau
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C’est nous les sacrifiés
Huit jours de tranchées, huit jours de souffrances
Pourtant on a l’espérance
Que ce soir viendra la r’lève
Que nous attendons sans trêve
Soudain dans la nuit et dans le silence
On voit quelqu’un qui s’avance
C’est un officier de chasseurs à pied
Qui vient pour nous remplacer
Doucement dans l’ombre, sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leur tombe
Refrain
C’est malheureux d’voir, sur les grands boulevards
Tous ces gros qui font la foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous c’est pas la même chose
Au lieu d’se cacher tous ces embusqués
F’raient mieux d’monter aux tranchées
Pour défendr’ leurs biens, car nous n’avons rien
Nous autres les pauv’purotins
Tous les camarades sont enterrés là
Pour défendr’ les biens de ces messieurs là
Refrain
Ceux qu’ont l’pognon, ceux là r’viendront
Car c’est pour eux qu’on crève
Mais c’est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève
Ce s’ra vot’ tour, messieurs les gros
De monter sur l’plateau
Car si vous voulez la guerre
Payer la d’votre peau.
Publié le 7 Novembre 2011
Pour la défense de la liberté d’expression
La liberté d’expression constitue, pour les libres penseurs, la base de la démocratie.
Elle est la partie visible de la liberté de conscience et le droit dont doit bénéficier tout citoyen à manifester son opinion.
Les Libres Penseurs considèrent donc que toute atteinte à celle-ci : interdiction de publier, destruction ou saisine des publications voire obstacle à leur diffusion, est par définition condamnable.
C’est la raison pour laquelle le Président de la Fédération Nationale de la Libre Pensée apporte son soutien à la direction et aux salariés de Charlie Hebdo, nonobstant le côté sélectif dont fait parfois preuve ce journal et qui pourrait prêter à discussion.
La liberté, la liberté pour tous.
Marc Blondel
Président de la Fédération nationale de la Libre Pensée
La liberté d’expression ne peut souffrir aucune limitation. La limitation à la liberté d’expression s’appelle la censure.
La Fédération de Paris de la Libre Pensée dénonce et condamne les actions de l’Institut chrétien CIVITAS visant à empêcher la représentation de la pièce “Sur le concept du visage du fils de Dieu“, du metteur en scène italien Romeo Castelluci, au Théâtre de la Ville à Paris.
Le délit de blasphème a été aboli en France en 1791 et la République garantit la liberté de conscience à tous ses citoyens grâce à la loi de 1905 de Séparation des Églises et de l’Etat.
La liberté d’expression ne peut souffrir aucune limitation. La limitation à la liberté d’expression s’appelle la censure.
La Fédération de Paris de la Libre Pensée constate, sans surprise, la duplicité de la hiérarchie catholique sur les événements au Théâtre de la Ville qui ”condamne les violences perpétrées” mais demande “une liberté respectueuse du sacré”.
La Libre Pensée ne compte pas sur les Églises pour défendre la liberté contre l’obscurantisme et le dogmatisme, ce qui reviendrait à leur demander de s’autodétruire !
La Libre Pensée appelle en revanche tous les laïques authentiques à se regrouper et à s’organiser pour faire barrage aux tentatives de tous les cultes de réinvestir la sphère publique et ce, avec la complicité de la plupart des élus, quelle que soit leur appartenance politique.
Quand des élus versent des subventions importantes à des cultes sous prétexte qu’ils s’occupent de services publics (crèches, par exemple), il ne faut pas s’étonner que les mêmes cultes estiment avoir leur mot à dire dans tous les aspects de la sphère publique, création artistique comprise

Publié le 4 Novembre 2011

