Publié le 29 Janvier 2013
Une vidéo de Marc Blondel
http://lejt.tv8montblanc.com/Marc-Blondel-denonce-les-menaces-sur-la-Laicite_v5566.html
Le blog de la Fédération de la Sarthe de la Libre Pensée. Nos actions, nos articles, nos positions Pour toute question, n'hésitez pas à nous écrire. librepensee72@hotmail.fr Bonne visite !!
Publié le 29 Janvier 2013
Une vidéo de Marc Blondel
http://lejt.tv8montblanc.com/Marc-Blondel-denonce-les-menaces-sur-la-Laicite_v5566.html
Publié le 19 Janvier 2013
Bonne Année 2013 !!
l'Ag de reprise des cartes du groupe Louis Crétois a lieu samedi 26 janvier de 10h à 12h30.
Pour le lieu contactez nous.
Pour les autres sections, contactez vos responsables.
Fraternellement
Publié le 18 Janvier 2013
La campagne de l’épiscopat catholique en France, contre le projet de mariage pour tous, a clairement montré que l’Eglise catholique a jeté toutes ses forces pour tenter de faire échouer ce projet de loi gouvernemental. De la prière du 15 août 2012 dans les églises à la manifestation du 13 janvier 2013 à Paris, la Curie romaine s’oppose frontalement à l’aspiration égalitaire et démocratique concernant l’union librement consentie et contractée entre êtres humains.
Les Évêques, en utilisant le réseau de l’enseignement catholique privé, ont fait voler en éclat la supercherie de la loi Debré. Celle-ci avait prévu une « liberté de conscience » pour les élèves et les parents qui utiliseraient les services de l’enseignement privé sous contrat. Ce principe de liberté de conscience a été perverti par la loi Debré. Il était cependant la « pilule » nécessaire (la seule que n’ait jamais acceptée véritablement l’Eglise catholique) pour que les fonds publics se déversent massivement pour des écoles catholiques pratiquant le « caractère propre » catholique.
Le « caractère propre » de l’enseignement catholique est le catholicisme, ce qui est conforme aux missions des œuvres de l’épiscopat. Au risque de déplaire aux partisans de la « laïcisation et de la démocratisation » de l’Eglise, l’enseignement catholique est et demeure un outil majeur dans la volonté cléricale de ré-évangéliser la société et les Institutions. La manifestation du 13 janvier 2013 l’a simplement démontrée.
Les milliards versés sur les fonds publics sont donc une violation flagrante de la Loi de Séparation des Églises et de l’Etat du 9 décembre 1905 qui prohibe le financement public des cultes et des activités religieuses.
On ne peut trier le « bon grain » catholique de l’ivraie cléricale
C’est tout l’enseignement catholique qui s’est engagé, sous une forme ou sous une autre, pour assurer la mobilisation de cette manifestation réactionnaire. L’Épiscopat, tout entier, s’est mobilisé contre le mariage pour tous. Certains Évêques ont battu le pavé parisien, d’autres ont salué, d’autres encore ont prié pour son succès. Tous ont été des militants actifs de la cause catholique et cléricale. Et c’est bien normal, cela est conforme à leurs engagements. Il en est de même pour l’enseignement catholique considéré comme succursale. Le journal La Croix confirme, dans son édition du 14 janvier 2013, que le Vatican « a apporté un soutien discret mais déterminé à la stratégie mise en œuvre par l’épiscopat français face au projet de mariage homosexuel ».
La Fédération nationale de la Libre Pensée ne reproche pas à l’Eglise catholique d’agir pour ses intérêts et pour défendre ses positions. La Libre Pensée reproche, par contre, à l’Etat et aux Collectivités territoriales publiques de financer largement les activités religieuses, en subventionnant l’école de quelques-uns avec l’argent de tous, au mépris des lois laïques.
La Libre Pensée ne suivra pas les « accommodements » de « laïques » égarés qui réclament « une bonne application de la loi Debré » en supprimant les subventions publiques pour les seuls établissements catholiques trop marqués par leur catholicisme.
La défense de la Laïcité impose l’abrogation de la loi Debré !
Il s’agit là de la Démocratie, de la République et de l’application pure et simple des principes qui garantissent la laïcité de l’Ecole publique et de l’Etat.
Mariage pour tous, adoption des enfants, Procréation Médicalement Assistée et Gestation pour autrui pour tous ceux qui le souhaitent ! C’est cela l’Egalité républicaine.
La Libre Pensée rappelle les termes de son communiqué du 21 novembre 2012. Elle est pour que tous ceux qui souhaitent s’unir civilement - quel que soit leur sexe - puissent le faire librement. En matière d’adoption, de Procréation Médicale Assistée : tous les couples doivent être égaux.
Il ne saurait être question de nier une évidence scientifique : un enfant se conçoit à partir d’un élément « mâle » et d’un élément « femelle ».
Mais l’Eglise catholique, et à sa suite, toutes les religions monothéistes, commettent un abus de droit en indiquant que cela induit qu’il doit y avoir obligatoirement un « père » et une « mère » pour former une famille. On ne peut déduire que le fait de nourrir, élever, instruire, éduquer un enfant, et le conduire à son émancipation, impose qu’on le réduise à la conception biologique de sa naissance.
On ne naît pas être humain, on le devient
C’est pourquoi la Libre Pensée se prononce favorablement pour la Gestation pour autrui pour tous les couples, quelle que soit leur composition, qui n’ont pas d’autres moyens pour avoir des enfants, dans les mêmes règles que celles pratiquées pour le don du sang et des organes. : aucune mercantilisation du corps et de ses éléments.
La Libre Pensée rappelle à l’Eglise catholique que la forme des familles n’a cessé d’évoluer au cours des siècles. Ce qui était vrai hier, ne l’est plus aujourd’hui. Il suffit de lire « Le Chevalier, la Femme et le Prêtre » de Georges Duby pour s’apercevoir que la forme, revendiquée aujourd’hui par l’Eglise, du couple et du mariage s’est imposée autour de l’an mille, à la demande des seigneurs féodaux, pour fixer le cheptel des serfs.
Avoir les yeux fixés sur le passé, comme le font les religions, c’est interdire aux générations futures de s’émanciper des contraintes passées. C’est la Réaction au sens littéral du terme.
La Libre Pensée appelle tous les démocrates, les laïques et les républicains à se mobiliser, sous les formes qu’ils décideront librement, pour mettre en échec les prétentions cléricales des différentes religions monothéistes.
La Fédération Nationale de la Libre Pensée les assure de son soutien indéfectible.
Paris, le 17 Janvier 2013

Publié le 17 Janvier 2013
Voici un article d'hansi publié dans le bulletin de la libre pensée de la sarthe de juillet 2012. Le prochain bulletin devrait paraitre ces jours ci.
Un policier New yorkais verbalise une cycliste l’accusant de conduire son deux roues en jupe, distrayant ainsi les automobilistes… (http://www.slate.fr/lien/39581/velo-jupe-danger)
Une station balnéaire italienne interdit la mini jupe pour indécence vestimentaire… (http://lci.tf1.fr/monde/europe/2010-10/la-mini-jupe-interdite-dans-une-station-balneaire-italienne-6112238.html)
Des femmes mises en sous vêtements par des policiers lors de manifestations en Egyptes…(http://nadia-aissaoui.blogspot.fr/2012/06/quand-le-corps-feminin-fait-la.html)
Il semblerait que notre société patriarcale ait la volonté de reprendre le contrôle des femmes et ce par le biais du contrôle de leur corps. Que l’on lise la Bible, que l’on écoute les arguments des partisans du voile ou de la burka, quand on lit les encycliques sur les femmes, quand on entend les préjugés diffusés dans la société, y compris quand on lit la presse ou quand on regarde la télé… Partout, nous subissons, et surtout les femmes, des injonctions sur le corps… (A cela il faut rajouter toutes les restrictions à la maternité consciente, à la contraception.. etc…)
Le corps est trop gros, trop vieux, trop maigre… créant ainsi des complexes et des sentiments d’infériorité…
Pire, le corps est rendu coupable. Qui n’a jamais entendu cette expression désignant une femme légèrement vêtue comme étant « un appel au viol » ? Avec cette expression, on fait passer la culpabilité de l’agresseur, du pervers vers la victime… Et ce n’est pas qu’une expression, c’est l’opinion largement diffusée par les religions, de nombreux médias et reprises par de nombreux individus. Le corps, et surtout celui de la femme serait source de tentations, cause d’agressions, cause de troubles.
Cette logique perverse conduit à une logique dangereuse ; tout ce qui peut susciter le désir de l’homme doit être caché. De la bonne sœur à la burka, du décolleté interdit dans les Eglises aux voiles chrétiens, juifs ou musulmans, c’est la même logique.
Qui sont les pervers ? Les femmes topless sur la plage, les femmes qui portent une jupe ou ceux qui projettent systématiquement leurs fantasmes sur le corps de l'autre. Le vrai problème ne vient il pas des fantasmes des bien-pensants qui veulent cacher les corps ?
Les lois morales et religieuses qui régentent les corps, ne protégeraient elles pas en fait l'incapacité pour les moralistes de contrôler leurs propres pulsions sexuelles ? N’auraient elles pas également comme but d’écraser les femmes, de restreindre leurs libertés et de leur interdire l’égalité en droit avec les hommes ?
La féministe et sociologue algérienne, Nadia Aissaoui, a récemment écrit sur son blog un article intitulé « quand le corps féminin fait la révolution ». Elle relate plusieurs initiative de femmes du monde et du monde entier qui ont utilisé l’image de leur corps pour dénoncer les inégalités sexuelles, les agressions dont on été victimes des femmes lors des révolutions arabes, ou pour affirmer leur droit de disposer de leur corps et de leur conscience dans des régimes théocratique et non démocratiques.
Nadia Aissaoui explique : « Dans des sociétés conservatrices, le contrôle de la liberté des femmes est toujours passé par celui de leur corps. Ce dernier, couvert, caché, vierge, fécondable et entravé fait l’objet de toutes les interdictions et toutes les obsessions. Il symbolise à la fois l’honneur de la famille mais aussi une source de tentation et de discorde (fitna).
C’est précisément pour questionner et défier cette obsession que des femmes de plusieurs pays arabes ont décidé de bousculer l’ordre établi en mettant la question du corps au cœur du débat. Elles veulent signifier à la société patriarcale que la révolution a bien lieu et qu’elle ne se fera pas sans elles.
Tout a commencé en Egypte avec l’éclatement du scandale des tests de virginité pratiqués par les militaires sur les manifestantes arrêtées. Cette pratique inconnue jusque-là, et tue par de nombreuses femmes qui craignaient la vindicte familiale et sociale, a été dénoncée par Samira Ibrahim comme une volonté délibérée de l’armée d’humilier les manifestantes. Elle a porté plainte contre les militaires et a gagné son procès.
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Un autre acte d’humiliation a eu lieu cette fois sous l’œil des caméras du monde entier et concerne une manifestante voilée, battue et trainée par les forces de l’ordre et dont les vêtements ont été arrachés dévoilant son soutient gorge bleu. |
Cet évènement a scandalisé l’opinion et
provoqué des réactions politiques, culturelles et artistiques. La violence qu’il a exprimée révèle un acharnement contre la femme dans son rôle citoyen et politique. La
dénuder est ainsi un acte qui vise en plus de l’humilier, à lui notifier une opposition à sa liberté, à son mouvement dans l’espace. Le fait qu’elle soit voilée donne une dimension encore plus
symbolique à cette agression puisque désormais aucune femme n’est épargnée par le harcèlement.
Le passage à l’acte de dénonciation de Samira Ibrahim et la violence que les femmes ont subie ont impulsé en Egypte et ailleurs dans le monde arabe une dynamique d’utilisation du corps comme un lieu de revendication de la liberté, de la dignité et de la souveraineté. Depuis, la question du harcèlement sexuel fait couler beaucoup d’encre et les campagnes de mobilisation contre ce fléau ne cessent de grossir.
Une manifestation de femmes arborant un soutien-gorge bleu comme bannière a eu lieu à Beyrouth.
Cette autre égyptienne, Alia Al-Mahdi, a défrayé la chronique en publiant dans son blog unephotographie d’elle posant nue. Cette transgression impensable a soulevé une vague d’indignation et de colère dans la blogosphère y compris dans les milieux les plus progressistes, qui s’étaient mobilisés pour Samira Ibrahim et contre la violence. Leur malaise était d’autant plus important que le message porté par cette photo les exhortait à repenser la révolution en tant que quête de liberté absolue, inconditionnelle. Certains ont considéré que cette publication était excessive et relevait davantage de l’exhibitionnisme et de la provocation que de l’acte subversif.
Toujours est-il qu’Alia Al-Mahdi a marqué les esprits et a suscité une vague de sympathie dans le monde entier. Ainsi, pour marquer leur soutien à Alia, un groupe de féministes iraniennes a conçu et médiatisé un calendrier à partir de photographies de femmes nues. Elles entendaient par-là envoyer un double message de solidarité envers les femmes en général et celles de leur pays en particulier

D’autres initiatives individuelles ont également eu lieu et ont contribué au renforcement de ce mouvement d’affirmation du corps féminin. Deux actrices tunisienne et iranienne ont posé pour des magazines en dévoilant certaines parties de leur corps. Cette posture, loin d’être anecdotique, est clairement devenue une forme de revendication d’une liberté trop longtemps étouffée.
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[…] Le corps en tant que territoire de combat, de conquête ou de libération devient un redoutable enjeu dans les révolutions. Des femmes se réapproprient cet espace confisqué pour faire barrage à la violence et à ses auteurs. Mêmes si ces femmes constituent une petite minorité dans le monde arabe, la portée de leurs actions indique que quelque chose d’irréversible et d’impossible à contenir s’est produit.
Dans ce moment crucial de leur histoire, ces femmes ont conscience de ce qui se joue en termes de mutations et d’opportunités de revendiquer leurs droits y compris, celui fondamental d’être libres de disposer de leur corps et leurs mouvements. Elles demeurent parmi les remparts importants contre la montée du conservatisme social et de l’intégrisme religieux. En brandissant le slogan « mon corps m’appartient, il n’est l’honneur de personne », la dimension politique du corps dénudé a pris le pas sur sa dimension érotique.
Les femmes ont remis à l’ordre du jour, la conviction féministe universelle que plus que jamais, le « personnel est politique ». »

Publié le 10 Décembre 2012
Publié le 10 Décembre 2012
La loi de Séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905 a mis fin au Concordat du 26 messidor an IX conclu entre Joseph Bonaparte, représentant le Premier Consul, et le cardinal Consalvi, envoyé du pape. Contrairement au régime concordataire, elle garantit à chaque individu la liberté absolue de conscience, c'est-à-dire le droit de pratiquer la religion de son choix ou de n’en adopter aucune, et interdit, à cette fin, à l’État de reconnaître, de salarier ou de subventionner les cultes. Par des artifices juridiques jésuitiques, le Concordat a été maintenu dans les départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle, en 1918 puis en 1945, laissant ainsi peser une menace permanente sur la loi de Séparation.
Le maire et la majorité du groupe socialiste du Conseil municipal d’Argenteuil ont visiblement oublié que la loi de 1905 est un pilier essentiel de la République qui couronne l’ensemble des libertés individuelles et marque la fin du processus d’émancipation politique engagé par la Révolution française, sans lequel l’émancipation sociale serait inenvisageable, comme le disait Jaurès. Le 3 décembre 2012, prenant prétexte des tirs à blanc inadmissibles dirigés contre la synagogue de cette ville, le Conseil municipal d’Argenteuil a adopté une délibération par laquelle la Commune a créé un « Conseil des Cultes » réunissant les institutions religieuses, les représentants de la collectivité territoriale et ceux de l’État en vue d’instaurer « un dialogue permettant […] de réfléchir à l’amélioration du vivre ensemble entre les différentes confessions religieuses, les non-croyants et les institutions publiques », a institué une « Journée des spiritualités », consistant à ouvrir les lieux de prière aux curieux et a prévu d’aménager les abords de différents édifices du culte, ainsi que de consentir des baux emphytéotiques à des associations cultuelles. Ces mesures constituent manifestement une reconnaissance officielle des cultes et n’excluent pas, le cas échéant, un financement indirect de certains d’entre eux.
Dans les pas de Sarkozy, avec la bénédiction de l’Europe vaticane
Le maire, et la majorité du groupe socialiste du Conseil municipal d’Argenteuil, placent ainsi leurs pas dans ceux de M. Nicolas Sarkozy instituant le Conseil Français du Culte Musulman en 2004 ou ceux de M. Claude Guéant, son successeur place Beauvau, créant des conférences départementales de la liberté religieuse par circulaire du 21 avril 2011. En bons petits soldats, ils appliquent également, à leur niveau, l’article 17-C du traité de Lisbonne qui prévoit d’instaurer un « dialogue ouvert, transparent et régulier » avec les religions, incompatible avec la Séparation des Églises et de l’État. Ils anticipent enfin l’Acte III de la décentralisation qui devrait autoriser l’adaptation locale de la loi nationale, en violation du principe d’unité et d’indivisibilité de la République. Ils accélèrent ainsi un processus de dénaturation de la loi du 9 décembre 1905.
On ne voit pas très bien en quoi leur méthode est de nature à prévenir les actes odieux semblables à celui perpétré contre la synagogue d’Argenteuil, en octobre dernier. On comprend, en revanche très bien, le profit que les cultes pourront retirer de cette délibération pour investir la sphère publique à Argenteuil.
Résistance laïque !
La Fédération nationale de la Libre Pensée appelle l’ensemble des laïques du Val d’Oise à réagir contre cette violation de la laïcité et à entreprendre toutes les actions nécessaires pour en finir avec cette mise en place du communautarisme religieux sur un territoire de la République.
Avec la Libre Pensée, exigez :
Retrait de la délibération du Conseil municipal d’Argenteuil du 3 décembre 2012 !
Paris, le 10 décembre 2012
Publié le 10 Décembre 2012
A l’initiative de la Fédération nationale de la Libre Pensée, s’est tenu un meeting laïque régional, le 7 décembre 2012, à la Bourse du Travail de Paris. Placé sous la Présidence de Marc Blondel, la salle de spectacle était pleine de 250 participants. C’était l’affluence des grands jours.
Un public composé de libres penseurs, de militants laïques de Laïcité-Liberté, du Mouvement Europe et Laïcité, du Comité-Laïcité-République, de membres du Grand Orient de France, des syndicalistes de toutes tendances, CGT-FO, CGT, FSU, UNSA et aussi des militants du PRG, du PG, du POI, du PS, du PCF et anarchistes, se côtoyaient fraternellement pour la même cause.
Gabriel Gaudy, Secrétaire général de l’Union Régionale d’Île-de-France des syndicats Force Ouvrière prenait la parole le premier : « C’est avec une immense joie que j’ai le plaisir, en tant que syndicaliste et libre penseur, de vous accueillir dans cette salle rénovée de la Bourse du Travail. Cette salle a connu de grands moments dans l’histoire syndicale de la Capitale. Des assemblées générales de syndiqués, de grévistes, de combattants de ce que nous appelons la lutte de classe et qu’Anatole France, un grand libre penseur, appelait « la mêlée sociale »…
Ce bâtiment fut construit en 1919, il était le siège de l’Union des Coopératives, il a abrité aussi la Coopérative de la Verrerie d’Albi où Jean Jaurès s’est tant investi dans sa défense. Puis, il devint l’annexe de la Bourse du Travail de la rue du Château d’eau….
Vous êtes réunis aujourd’hui ici, venus de tous les départements d’Île-de-France, à l’appel de la Libre Pensée, pour défendre l’absolue liberté de conscience incarnée par la grande loi de Séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905. Cette loi précisait législativement que « La République ne reconnaît, ne salarie ne subventionne aucun culte ».
Contre ce principe républicain laïque, la Vème République a décidé de faire voter la loi Debré du 31 décembre 1959. Depuis, des milliards et des milliards, chaque année, sont volés à l’École de la République laïque pour le plus grand profit de l’enseignement privé catholique.
Cette violation de l’Histoire démocratique, laïque et sociale de notre pays, il faut la dénoncer sans trêve, ni répit ; toujours avec plus de force et de vigueur. Il ne faut jamais oublier l’histoire des combats de nos aînés pour le triomphe des principes d’Égalité, d’Instruction, de Liberté et d’Émancipation. »
Puis Quentin Dauphiné, pour la revue Émancipation, rappelait l’histoire militante de cette revue pédagogique qui a tant contribué à l’éveil des consciences dans le monde enseignant. Les militants d’Émancipation, poursuivant légitimement le travail ancien de l’École Émancipée, n’ont jamais cessé de combattre les lois antilaïques et d’exiger leur abrogation.
Etait lu alors un message de Pascal-Eric Lalmy, Secrétaire national chargé de la laïcité du Parti Radical de Gauche, où il rappelait les combats communs séculaires de la Libre Pensée et du Parti Radical pour l’instauration, puis la défense de la laïcité de l’Ecole et de l’Etat. Il dénonçait le fait incroyable que la Municipalité socialiste d’Argenteuil venait, le 3 décembre 2012, de créer un « Conseil des Cultes » et la mise en place d’une « Journée des spiritualités ». Le Concordat à l’heure de la décentralisation, en quelque sorte.
Alain Barbier, de la Fédération de l’Enseignement, de la Recherche et de la Culture-CGT, dénonçait l’étouffement programmé de l’Enseignement public, le détournement des fonds publics pour l’enseignement privé catholique. Il en appelait à la mobilisation la plus large pour la défense de l’Ecole publique et dénonçait ceux qui ne parlent de la laïcité que contre l’Islam, mais oublient tout le reste des atteintes à la laïcité.
Un message de Claude Jenet, Secrétaire national du Parti Ouvrier Indépendant était porté à la connaissance du meeting. Après avoir rappelé le contenu du Serment de Vincennes du 19 juin 1960, il déclarait : « En adressant son fraternel salut et son total soutien aux participants à ce rassemblement, permettez au POI de rappeler les termes du « MANIFESTE » adopté lors de son congrès de fondation en juin 2008 : « Le POI se prononce pour la République une, indivisible et laïque, pour la défense de la laïcité, institutionnelle opposée à toute forme de communautarisme, dans le cadre de la stricte séparation des Églises et de l’État, conformément à la grande loi républicaine du 9 Décembre 1905.En matière scolaire, il agit notamment pour l’application permanente du principe du mouvement ouvrier et démocratique : Fonds publics à l’École publique, fonds privés à l’école privée ».
Philippe Guglielmi, Président d’honneur de Laïcité-Liberté commençait son intervention pour rappeler les liens d’amitiés profonds qui le liaient à la Libre Pensée. En tant qu’Elu local dans la Seine-saint-Denis, il analysait tous les problèmes qui se posaient à lui dans son action quotidienne. Combien de fois avait-il été saisi pour placer des élèves au sein de l’École publique, quand ils avaient été rejetés par l’enseignement privé, car ils faisaient baisser le taux de « réussite » et que cela nuisait à la publicité des écoles cléricales ? Il dénonçait cette duperie honteuse.
Un message d’Alexis Corbière, Secrétaire national du Parti de Gauche et Elu parisien était lu « Au Conseil de Paris, avec les autres élus du Front de Gauche, et notamment ma camarade du PG Danielle Simmonet, nous intervenons régulièrement pour dénoncer et refuser tous les contournements de la loi de 1905. A ce titre, chaque année, nous n’acceptons pas que nous subventionnions à Paris avec des fonds publics des associations confessionnelles pour qu’elles gèrent des crèches, c’est le cas pour 16 crèches dites « Loubavitch » ou d’autres catholiques, vers lesquelles se tournent des familles en raison des défauts du service public municipal…
Nous refusons qu’une confusion, volontairement entretenue, entre le culturel et le cultuel ouvre la porte à une remise en cause à la laïcité tel que cela se prépare avec le futur Institut des cultures de l’Islam. Nous refusons enfin que dans le prochain budget qui va être débattu lundi prochain la dotation accordée aux collèges publics baisse de 1 million d’euros alors que celle qui va être attribuée aux collèges privés va augmenter de 500 000 euros, prétendument au nom du fait qu’il faudrait respecter la loi. Ceci constitue à nos yeux un argument supplémentaire pour refuser de voter ce budget. »
Fabienne Bellin du SNES-FSU, empêchée au dernier moment d’intervenir, nous a transmis ce message : « Pour résumer la position du Snes sur le sujet, notre mandat est toujours « fonds publics à l’Ecole publique, fonds privés à l’école privée » et donc cela entre évidemment en contradiction avec la loi Debré. Les cadeaux au privé et les atteintes multiples à l’École publique, comme en manière plus large, les atteintes à la laïcité justifient pleinement qu’on s’expriment le plus fort et collectivement possible pour les dénoncer et obtenir des reculs : parce qu’au-delà de la loi Debré, on peut citer :
- Les financements illégaux aux investissements d’établissements privés par les collectivités. Le SNES a déposé des recours par le passé, en a gagné, en a perdu.
- Les régions Bretagne et Pays-de-Loire, où nombres de communes n’ont pas d’écoles publiques, la loi Carle.
Les suppressions d’emplois moins rudes dans le privé que dans le public depuis des années.
- Le statut scolaire d’Alsace Moselle dont on demande l’abrogation. »
Après avoir présenté les excuses de Raoul Mercier, Maire adjoint PS dans la Seine-saint-Denis, David Gozlan – Secrétaire général de la Libre Pensée – prenait la parole : « La Fédération Nationale de la Libre Pensée a pris ses responsabilités. Fidèle au serment de Vincennes, elle a manifesté en toutes circonstances et tous lieux son irréductible opposition à cette loi contraire à l'évolution historique de la Nation. La Fédération Nationale de la Libre Pensée s'est engagée dans la lutte sans trêve et sans défaillance jusqu'à son abrogation. La Fédération Nationale de la Libre Pensée a cherché et cherchera à obtenir que l'effort scolaire de la République soit uniquement réservé à l'École de la Nation, espoir de notre jeunesse.
La concurrence entre le privé et le public, instaurée par la loi Debré, étouffe l'École républicaine. Ce processus de dizaines d'années de désengagement de l'État, comprenons de détournements de fonds publics vers le privé, a désagrégé le contrat social. Les sables mouvants de l'autonomie des établissements enlisent les capacités d'accueil, la sécurité des établissements et la délivrance des savoirs et connaissances. Signe inquiétant des temps, certains concours voient plus de postes offerts que de candidats. De l'autre côté, les placards dans nos villes, nos métros, nos trains regorgent d'instituts et de boites privés avec un taux de réussite de 99%.
Républicains, militants syndicalistes ou politiques, laïques, la loi Debré peut être abrogée. Elle doit l’être. La campagne pour l'abrogation de la loi Debré n'appartient pas à la Libre Pensée. C'est une campagne publique qu'il faut mener, et ceux qui la mènent en sont les seuls dépositaires. Nous sommes au début d'un mouvement de résistance que nous voulons profond et ancré dans ce pays. Nous voulons la fin des versements publics aux institutions privées et aux structures religieuses. »
Marc Blondel, Président de la Libre Pensée intervenait alors pour rappeler les positions de toujours de la Fédération nationale de la Libre Pensée. Il en appelait à la lutte incessante pour l’abrogation de loi Debré. Il dénonçait la mise en œuvre possible de futurs concordats locaux par l’Acte III de la décentralisation.
Les militants de la Libre Pensée diffusaient largement l’Appel pour l’abrogation de la loi Debré. De très nombreuses signatures furent récoltées. Jamais l’expression « Ce n’est qu’un début, le combat continue » n’avait eu autant de sens. L’union laïque est en marche, rien ne pourra l’arrêter désormais.
Avec la Libre Pensée, Agissons ensemble, tous ensemble, Pour l’abrogation de la loi Debré !
Publié le 1 Décembre 2012
L’Église catholique française semble être à l’heure espagnole. Elle se dresse vent debout contre le gouvernement de François Hollande, comme elle s’était dressée hier contre celui de José Luis Rodríguez Zapatero.
Pour faire oublier sa honteuse collaboration avec le régime de Vichy de Philippe Pétain à une époque où un grand nombre d’Évêques souhaitait « la victoire de l’Allemagne nazie » et après une tentative hasardeuse de blanchissement des pétainistes à travers le MRP à la Libération, l’Église catholique ne s’est plus mise devant la scène pour laisser ses hommes, désormais dans tous les camps, défendre ses intérêts depuis l’avènement de la Ve République.
Depuis peu, l’épiscopat semble avoir opéré un tournant stratégique. Depuis la prière du 15 août 2012 jusqu’à ses déclarations récentes contre le mariage de personnes de même sexe, elle réinvestit l’arène politique, qu’elle avait fait semblant de quitter depuis longtemps. Faut-il le rappeler, l’Église catholique a toujours été une organisation politique, faisant de la politique et développant sa politique, notamment à travers sa Doctrine sociale si « divinement » mise en œuvre par l’Europe vaticane ?
La Libre Pensée s’amuse quelque peu des cris d’orfraie que poussent certains « laïques » en dénonçant le cléricalisme catholique. Au risque de décevoir, la Libre Pensée se félicite que le Vatican jette aux orties son manteau de Noé et exprime ses positions réactionnaires et rétrogrades aux yeux de tous.
La liberté pour tous
La Libre Pensée ne s’associe nullement aux nostalgiques des miradors et des barbelés qui voudraient interdire à l’Église de s’exprimer. Ces gens-là ont une tradition : dès que l’on est en désaccord, ils en appellent à la répression. Hier, ils voulaient la police et l’armée dans les banlieues, aujourd’hui ils veulent l’Église catholique derrière les barreaux.
La Libre Pensée partage le point de vue de Rosa Luxembourg : « La liberté, c’est toujours la liberté de celui qui pense autrement ». Elle n’appellera jamais à la répression contre quiconque. Sa position a été définie par Aristide Briand, libre penseur, au moment du débat sur l’adoption de la loi de Séparation des Églises et de l’État de 1905: « Pour nous, républicains, la Séparation, c’est la disparition de la religion officielle, c’est la République rendue au sentiment de sa dignité et au respect de ses principes fondamentaux. Ils lui commandent de reprendre sa liberté, mais ils n’exigent pas que ce soit par un geste de persécution. Ce que veulent les Libres Penseurs, c’est que vous arrachiez à l’Église, le bouclier officiel derrière lequel elle peut s’abriter contre les efforts de la Pensée Libre ; ce qu’ils ont seulement le droit d’exiger, c’est que l’État les mette face à face avec l’Église pour lutter à armes égales pour pouvoir opposer enfin en combat loyal, la force de la Raison aux brutalités du dogme. Je termine, si vous voulez que la Raison Libre ait un abri, construisez-le lui ; mais n’essayez pas de la faire coucher dans le lit de l’Église. Il n’a pas été fait pour elle ».
Pour la Libre Pensée, l’épiscopat catholique a parfaitement le droit de s’exprimer. Cela s’appelle la Démocratie. Le cléricalisme, ce n’est pas que les Évêques disent ce qu’ils veulent ; c’est que le gouvernement et les Institutions lui obéissent. Le cléricalisme, ce n’est pas que l’Église se prononce contre la contraception ; c’est que les pouvoirs publics étranglent financièrement les centres de Planning familial. Le cléricalisme, ce n’est pas que le Pape fulmine contre le port du préservatif ; c’est que l’ONU refuse de donner les moyens de son utilisation en Afrique. Le cléricalisme, ce n’est pas que les Emirats arabes réclament l’application du Délit de Blasphème, c’est que l’Union européenne veuille le rétablir.
« Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font »
Par un curieux retournement ironique de l’argumentation, des « laïques » déclament à tue tête : « Il faut interdire à l’Église catholique de s’exprimer. Elle ne doit pas faire de politique.» Si l’Église ne doit pas faire de « politique », c’est qu’elle n’est pas humaine puisque la politique, c’est l’organisation de la Cité humaine, mais d’une autre essence : divine peut-être ? Par un singulier clin d’œil de l’Histoire, ces « laïques » en viennent à vouloir faire croire à la nature extra-humaine de l’Église.
Rappelons aussi, pour l’Histoire, que c’est le Concordat de 1801 qui a organisé la police des cultes en interdisant au clergé de s’exprimer en « politique » et non la loi du 9 décembre 1905. Ces « laïques répressifs » sont, en fait, des religieux qui s’ignorent. La vie ne fait jamais de cadeau à des gens qui oublient les principes fondamentaux de la République.
Puisque la Libre Pensée défend le droit de tous de s’exprimer en démocratie, il convient maintenant de dire ce qu’elle pense des positions exprimées par l’Église catholique.
Pour la pleine égalité des droits
La Libre Pensée est pour l’union libre. C'est-à-dire le droit à toute personne de vivre en commun avec qui elle le souhaite. Entre adultes consentants, sans violence, tout est permis. Bien que le mariage ne soit pas la tasse de thé des libres penseurs, la Libre Pensée se prononce pour la liberté de mariage.
Le mariage n’est pas un acte sacré, c’est une convention, un contrat qui crée des droits et des devoirs. Sa forme a pu évoluer à travers l’Histoire, elle continue d’évoluer et évoluera encore demain. Rien n’est figé dans le marbre du dogme religieux. Le mariage, l’union entre des êtres, sont de nature humaine.
En conséquence, la Libre Pensée considère que le mariage civil doit être permis entre toutes personnes qui le désirent, de quel que sexe qu’elles soient.
Qui définit quoi ?
L’identité des êtres humains se définit-elle par le sexe ou par la sexualité ? C’est un fait : il y a des hommes et il y a des femmes. Comme l’exception justifie la règle, il peut y avoir des êtres humains à la frontière fluctuante de ces deux sexes. Mais ce qui fonde l’identité d’une femme ou d’un homme, c’est son sexe, au sens générique du terme.
La sexualité s’inscrit dans un autre registre. Selon les goûts, les pratiques, les préférences, les affinités, elle peut être de telle ou telle nature. La sexualité est l’effet du sexe et non la cause. Elle peut varier selon les moments, la vie, les expériences. Elle peut donc être changeante et, dès lors, elle ne peut être l’identité des êtres humains. Elle en est une conséquence qui peut évoluer.
Cette situation « mouvante » ne peut donc être traduite de manière législative et réglementaire. Le « genre » n’est pas facteur de constitution d’une identité.
La question des enfants
Un couple composé d’un homme et d’une femme peut avoir un enfant. Si cela est impossible pour des raisons, notamment médicales, ces personnes peuvent adopter ou utiliser la Procréation Médicalement Assistée et devrait pouvoir aussi bénéficier de la Gestation pour autrui.
En conséquence de sa position sur l’union libre et de la liberté de mariage, la Libre Pensée estime que la notion d’égalité des droits impose que les gens de même sexe qui forment un couple doivent avoir strictement les mêmes droits en matière parentale. Ils doivent pouvoir adopter, utiliser la Procréation Médicalement Assistée et la Gestation pour autrui.
Sinon, la notion républicaine d’égalité des droits est bafouée. Sinon, nous sommes dans une société arbitraire.
La Fédération nationale de la Libre Pensée s’oppose donc résolument aux positions défendues par toutes les religions monothéistes et particulièrement, dans notre pays, par l’Église catholique. La Libre Pensée demande au gouvernement d’être fidèle au mandat républicain et ne pas céder devant les exigences des dogmes religieux. Il en va de la défense de la démocratie et du respect de la laïcité.
Paris, le 21 Novembre 2012.

Publié le 15 Novembre 2012
Publié le 8 Novembre 2012
Communiqué commun de la Fédération Française de Crémation (FFC), de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) et de la Fédération Nationale de la Libre Pensée (FNLP).
Droit de mourir dans la Dignité, Crémation, funérailles civiles: Pour le respect absolu de la liberté de conscience de chacun et de tous
Après discussion et concertation, la FFC, l'ADMD et la FNLP sont convenus du point suivant :
Tout être humain est en droit de disposer de son corps comme il l'entend, tout au long de son existence, notamment pour sa fin de vie et pour ses obsèques, conformément à ses choix et volontés anticipées.
C'est l'absolue liberté de conscience qui doit être respectée. Le choix du citoyen ne peut être ni changé, ni galvaudé par un tiers, son entourage ou une religion. Comme tout droit, cette liberté de conscience doit trouver sa transcription dans la législation et être applicable à tous.
La FNLP, l’ADMD et la FFC demandent aussi que le Code Général des Collectivités Territoriales (CGCT) soit complété pour permettre l’obtention d’une salle municipale pour les hommages civils rendus aux défunts.
Enfin, les trois associations demandent aux plus hautes autorités de la République de les recevoir afin de tenir compte de cette absolue liberté.
Paris, le 07 novembre 2012



Publié le 4 Novembre 2012
Publié le 18 Octobre 2012
Publié le 12 Octobre 2012
Retrouvez nous ce week end du 13 et 14 octobre 2012 à la 25ème heure du livre au Mans
Publié le 6 Octobre 2012
Associations signataires :
- Fédération nationale de la Libre Pensée française (FNLP)
- Ligue de l’Enseignement
- Ligue des Droits de l’Homme (LDH)
- Union Rationaliste
- National Secular Society (Royaume-Uni)
- Libre Pensée du Luxembourg
- Association Nationale de la Libre Pensée Italienne « Giordano Bruno »
- La Libre Pensée de Grèce "Les amis d'Hypatie"
- Association Belge des Athées
- Conseil National des Associations Familiales Laïques (CNAFAL)
- Mouvement « Europe et Laïcité » (CAEDEL)
- Union des Athées
- Association « Laïcité-Liberté »
- Centre pour la liberté de recherche ONLUS (Italie)
Par ailleurs, a aussi contresigné cette Déclaration : Pascal-Eric Lalmy, secrétaire
national du PRG à la laïcité
Déclaration commune des Associations Laïques, Humanistes, Athées et de Libre Pensée. Non au rétablissement du "délit de blasphème"! Oui à son abrogation, là où il subsiste !
Depuis 1999, l'Organisation de la Conférence Islamique, dont le siège est à Djedda (Arabie saoudite) et qui réunit 57 Etats, réclame la conclusion d'un Traité international définissant et réprimant le « blasphème ». A la suite de l'affaire de la bande-annonce provocatrice d'un film, dont les véritables commanditaires ne sont pas encore connus, mais qui s’inscrit dans le prétendu « Choc des Civilisations » et de manifestations, parfois meurtrières, mais toujours soigneusement coordonnées, l'Organisation de la Conférence Islamique a promu à l'ONU un texte (repoussé in extremis) invitant à réprimer : " Le fait de prendre pour cibles les symboles religieux et les personnes vénérées" Au même moment, en Grèce, pays où le délit de blasphème existe toujours, un jeune citoyen a été incarcéré pour s'être moqué d'un prétendu "saint" du christianisme orthodoxe sur un site Internet. Le 27 septembre, la Douma russe, approuvée par les autorités orthodoxes et musulmanes, a adopté un renforcement de la répression sur le même sujet. En Inde, les autorités catholiques viennent de reprocher, à la censure, de ne pas sévir contre un film de Bollywood "dénigrant le catholicisme". En France, des milieux catholiques réclament, à l’occasion de pièces de théâtre ou d’expositions jugées « blasphématoires », l’interdiction de leur diffusion.
Un peu partout en Europe, le « délit de blasphème » est toujours présent dans les législations, même si la force des opinions publiques attachées à la liberté de conscience, empêchent qu’il soit utilisé. En France même, en Alsace, il a été appliqué, il y a des années, contre des militants d’Act-Up, en vertu du Code pénal allemand qui continue de s’appliquer en Alsace-Moselle. Et, c'est dans cette période, où l'Union Européenne, représentée par sa Haute représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Mme Ashton, décide de signer un communiqué avec l'Organisation de la Conférence Islamique, le secrétaire général de la Ligue des Etats arabes et le Président de la Commission de l'Union africaine, un communiqué qui dit : "Nous croyons en l'importance de respecter tous les prophètes, quelle que soit la religion à laquelle ils appartiennent."
Cette position ne peut que faciliter les atteintes à la liberté d'expression et le renforcement de la répression, elle met en danger, et pas seulement en Europe, toutes les législations séculières ou laïques, organisant ou protégeant la liberté de conscience, de presse et création. Elle constitue un danger pour les libertés et la sécurité physique de tout un chacun, car c'est la porte ouverte à un arbitraire total. Les organisations, soussignées, demandent le retrait de cette déclaration, elles exigent la cessation des poursuites contre toutes les personnes inquiétées au titre du très réactionnaire « délit de blasphème ».
Cette déclaration est signée par la Fédération Nationale de la Libre Pensée, la Ligue de l'enseignement...

Publié le 23 Septembre 2012
LIBRE PENSÉE
Commune de Lombron
Section de Lombron
1792-2012
220e anniversaire de la République
PLANTATION
D'UN ARBRE DELA LIBERTÉ
Samedi 29 Septembre, 11 h
Espace Guitton
Lombron

Publié le 22 Septembre 2012
Publié le 10 Septembre 2012
Le ministre Vincent Peillon vient d’annoncer qu’il avait l’intention de faire dispenser des cours de morale laïque dans les établissements scolaires. Ceci pour apprendre aux élèves à bien se comporter en société.
Il existe une autre solution, bien plus efficace, pour empêcher les actes d’incivilités intolérables dans les établissements publics et dans la société : que les élèves soient suffisamment encadrés par des surveillants et instruits par un nombre suffisant d’enseignants.
Mais pour cela, il faudrait en revenir à une notion républicaine fondamentale : l’École n’est pas un lieu de vie, elle doit transmettre l’instruction. C’est comme cela que l’on peut former de futurs citoyens.
Il faut tourner le dos à la rigueur économique de l’Union européenne
Pour arriver à cette situation satisfaisante pour tous, il y a un impératif incontournable : en finir avec les diktats économiques imposés par les Institutions de l’Union européenne et sa « nouvelle » règle d’or des 0,50% de déficit non dépassables (TSCG) par rapport au PIB.
Au lieu de créer les milliers de postes nécessaires pour cela, le ministre Peillon tente une diversion : la solution serait l’enseignement d’une morale laïque. Comme le dit une certaine publicité : « cela ne coûte pas cher et cela pourrait rapporter gros ».

Il n’y a qu’une morale humaine
Les Églises ont coutume d’expliquer qu’il y aurait une morale transcendante de nature divine, qui fut dictée aux hommes. C’est le Décalogue, les fameux 10 Commandements reçus par Moïse. En l’étudiant, on s’aperçoit que les 3 premiers commandements ne sont pas de l’ordre de la morale, mais sont des dogmes d’obéissance absolue à un dieu. Dieu que l’on doit respecter et ne pas invoquer en vain. Il n’y a rien qui ait à voir avec la morale.
Les 7 autres commandements sont des règles de vie en usage bien avant le Décalogue et qui perdureront bien après. Il ne peut y avoir de société organisée sans respect des siens, du repos, sans bannir le vol, le faux témoignage et le meurtre entre autres. Il n’y a rien dans ces préceptes qui ait une dimension religieuse. Il s’agit du temps de l’Homme.
Comme il n’y a pas de morale « religieuse », il ne peut y avoir, en contrepoint, de morale « laïque ». Il existe dans toutes les civilisations une morale humaine qui varie avec le temps, mais qui repose toujours sur des exigences de vie en commun.
La laïcité, ce sont des institutions, pas une philosophie et encore moins une morale
Certains de droite comme de gauche, entendent, pour des raisons fort éloignées de la laïcité, la mettre à toutes les sauces. Il y aurait ainsi, une spiritualité « laïque », un esprit « laïque », une morale « laïque ». Souvent, les mêmes, entendent supprimer la frontière entre la sphère publique et la sphère privée pour mieux appliquer la « laïcité » partout et régenter, en tout temps et en tous lieux, la conscience et les comportements des citoyens.
Ils appliquent, en fait, à la laïcité, la définition théologique du Saint-Esprit : « le noyau est partout, la circonférence nulle part et l’Esprit souffle là où il veut ». Pour la Fédération nationale de la Libre Pensée, la laïcité ne s’applique qu’aux institutions politiques. C’est un mode d’organisation des institutions, de l’administration, des services publics.
En exigeant que l’État s’arrête où commence la conscience (Francis de Pressensé), la neutralité dans le domaine philosophique de la sphère publique garantit la liberté de conscience pour tous les citoyens. L’État n’a pas à avoir de point de vue en matière métaphysique, le citoyen peut en avoir un, quel qu’il soit. État théocratique ou État athée, ce sont les deux faces de la même médaille d’intolérance.
L’État n’a pas à diriger les consciences, sinon il s’agit purement et simplement d’embrigadement, à l’heure où en particulier, les jeunes subissent la violence des effets de la crise du système capitaliste. Ne serait-ce pas un des buts recherchés : leur faire accepter envers et contre tout les conditions qui leur sont faites ?
Victor Hugo, dans son célèbre discours contre la loi Falloux en 1850, avait dit : « Vous voulez mettre un curé, partout où il n’y a pas un gendarme ». Vincent Peillon voudrait-il mettre un « moralisateur de service », partout où il n’y a pas un policier ou un gendarme, car la baisse tendancielle du taux de curés et la RGPP se font cruellement ressentir ?
Il apparaît clairement que derrière cette proposition d’enseigner la morale dite« laïque », il y a bien d’autres intérêts en jeu et des pensées bien inavouables. La Fédération nationale de la Libre Pensée ne lâchera pas la proie pour l’ombre.
La solution contre les incivilités dans les établissements scolaires publics existe : rendre les moyens nécessaires à l’Enseignement public et « obtenir que l’effort scolaire de la République soit uniquement réservé à l’École de la Nation, espoir de notre jeunesse » - Serment de Vincennes du 19 juin 1960.
Pour cela :
Il faut abroger la loi Debré qui prive l’Enseignement public de 180 000 postes au profit de l’enseignement catholique !
Cela coûte 9 milliards d’euros détournés sur les fonds publics !
Avec la Libre Pensée :
Agissez pour l’abrogation de la loi Debré, Mère de toutes les lois antilaïques c’est la seule défense de la laïcité qui vaille !
Paris, le 9 septembre 2012

Publié le 10 Septembre 2012
L’AILP S’OPPOSE À LA CIRCONCISION MASCULINE SANS CONSENTEMENT ET SANS MOTIF MÉDICAL
Suite à la décision d’une cour allemande, en Cologne, contre la circoncision de mineurs pour des motifs religieux, le gouvernement allemand a annoncé un projet de loi qui irait dans le sens contraire en protégeant la circoncision rituelle. Nous soutenons, après avoir pris conseil juridique, que cette pratique est contraire aux instruments internationaux suivants :
L’Association Internationale de Libre Pensée s’oppose à ce projet de loi et condamne toute mutilation du corps humain faite sans consentement et sans motif médical.
Quoique la circoncision masculine constitue une forme de mutilation corporelle beaucoup moins sérieuse que l’excision (clitoridectomie) pratiquée sur les jeunes filles, elle demeure inacceptable si elle est faite sans le consentement de l’individu et sans motif médical valable, car elle constitue alors une atteinte à l’intégrité physique. De plus, lorsque la circoncision est pratiquée sur de petits garçons pour des motifs religieux, il s’agit d’un marquage indélébile d’appartenance religieuse, fait sans l’accord de l’individu ainsi marqué, et constitue donc une atteinte à la liberté de conscience. Le fait que cette pratique soit une tradition de longue date dans certaines communautés religieuses ne la justifie nullement.
Il ne faut pas non plus se laisser berner par de fausses accusations d’antisémitisme. Le gouvernement allemand, s’il rejetait son projet le loi, ferait une pas important contre un privilège religieux injustifiable que tous les pays devraient interdire.
Publié le 8 Septembre 2012
Nous avons invitons tout nos adhérents et nos sympathisants à se joindre à cette initiative de la Société des Amis de la Révolution Française.
Publié le 2 Septembre 2012
Un des documents adoptés au dernier congrès nationale de la Libre Pensée
1. Liberté complète de la recherche fondamentale
« La Libre Pensée se réclame de la raison et de la science ». Cette phrase extraite de notre déclaration de principes n’a rien d’anodin. La recherche scientifique comporte plusieurs volets :
· La recherche scientifique fondamentale qui explore un domaine dans le seul but de développer les connaissances,
· La recherche finalisée qui développe des connaissances dans l’objectif d’aboutir ensuite à une procédure et à une technologie,
· La recherche appliquée, souvent technologique, qui, utilisant les connaissances acquises, permet de poser les bases de la réalisation dans la production d’une technique, d’une procédure.
Ces trois types de recherche sont à distinguer de la production industrielle elle-même qui ne relève pas du champ de l’activité scientifique.
Par ses méthodes, la science a un caractère universel, elle n’est ni du nord ni du sud, ni du monde occidental et ne relève pas d’un modèle culturel, bien que soumise comme toutes les activités humaines au type de développement économique et juridique de la société.
Nous sommes inconditionnellement pour le développement de la recherche scientifique, et contre toutes les entraves que d’aucuns veulent lui opposer. La compréhension des lois de la nature est un levier puissant pour l’émancipation humaine. Liberté totale, donc, de l’investigation scientifique.
Nous sommes inconditionnellement :
- Contre les cléricaux de toute nature, à commencer par l’Église Catholique et son chef de file Josep Ratzinger, dit XVI, Benoît, qui condamnent la recherche sur l’embryon humain au nom d’une transcendance divine totalement inventée, qui s’exprimerait lors de la fécondation. Partisans de l’ignorance qui prétendent arrêter le cours de la pensée et de la science quant à l’évolution des espèces, en feignant d’admettre le darwinisme à condition qu’il respecte la « frontière de l’âme », déniant aux chercheurs la capacité d’expliquer la pensée par le seul fonctionnement du cerveau. Valets d’une église qui prétend s’approprier la destinée humaine de la conception à la mort et intrigue contre toute avancée médicale et sociale permettant de libérer hommes et femmes de leur soumission à la fatalité biologique.
- Contre les obscurantistes de toute nature qui brandissent l’éthique, lorsque cela les arrange, comme un moyen de faire barrage à l’investigation scientifique. Contre les philosophes postmodernes qui professent gravement que la science n’est que langage ou convention sociale, mode de connaissance parmi d’autres au même titre que la religion, le chamanisme, l’astrologie ou que sait-on encore. Ceux-là nient purement et simplement le réel, et le matérialisme méthodologique qui fonde la démarche scientifique. Ils ne cessent d’affaiblir la recherche et de tenter de la contrôler.
- Contre les « lanceurs d’alerte » relevant des lobbies écologistes, prêts à brandir le « principe de précaution » devant tout risque, même imaginaire, posé par une technologie nouvelle, et prêts pour cela à condamner la recherche d’amont qui les sous-tend. En dix ans, les commandos de faucheurs volontaires, animés par José Bové et d’autres activistes du même ordre, ont réussi, en attaquant les laboratoires publics à quasiment arrêter la recherche biotechnologique en France et en Allemagne, laissant paradoxalement les mains libres, au niveau mondial, aux multinationales du type Monsanto qu’ils prétendaient combattre. Il ne suffit pas d’exhorter les scientifiques à « sortir de leur tour d’ivoire » où ils seraient enfermés, pour défendre leurs programmes de recherche devant les « assemblées citoyennes » de la « démocratie participative ». Selon le mot de l’ONG ATTAC, il faudrait que la « science entre en démocratie ». L’objet de la science est le vrai, et le vrai ne se vote pas.
- Contre les pouvoirs publics de la majorité des pays développés qui ne cessent de multiplier les contre-réformes visant à « piloter » la recherche scientifique dans le sens d’une prétendue « demande sociétale » qui ne recouvre en fait que les intérêts économiques privés. Dans le monde entier, la chasse est faite aux secteurs jugés non rentables et aux investigations dénuées de promesses de retour sur investissement, car menées par des chercheurs ne se préoccupant pas des applications possibles de leurs éventuelles découvertes et ce en dépit du fait que la recherche fondamentale a toujours richement pavé le chemin de la connaissance, et entraîné de nouveaux et féconds développements scientifiques. Cette politique entraîne la quasi-extinction de certaines disciplines, tant au niveau de la recherche elle-même que de la transmission des connaissances. En France c’est la politique d’« excellence » développée par Sarkozy, avec ses pôles de compétitivité destinés à étouffer tout le reste du territoire et des disciplines.
- Contre l’Union européenne et le processus de Bologne, qui inspirent très directement toutes les mesures précédemment citées. Un processus avec lequel la rupture est indispensable.
Face à ce chœur composite visant à contraindre par tous moyens la liberté des chercheurs, rappelons cette citation d’André Lorulot :
« Mais elle [l’Église – ndr] sait également que la lumière scientifique dissipe sans pitié les nuages ténébreux du
mysticisme religieux. Les prêtres savent que la science tuera la foi, ruinera les dogmes et les révélations, libérera la clientèle des prêtres… Et c’est pourquoi ils s’empressent à critiquer la
science ! »
En conclusion, afin de garder la plus grande liberté de recherche scientifique au sens large, il est nécessaire que les chercheurs… 1) disposent du statut dérogatoire de la fonction publique d’État qui les met à l’abri des pressions de la société tout en étant évalués a posteriori par leurs pairs dans des institutions scientifiques nationales sur des critères scientifiques ; 2) disposent de crédits de fonctionnement et d’équipement à un niveau suffisant leur permettant de mener leurs travaux.
2. Encadrement par la loi commune : pas de loi d’exception pour la recherche.
Mais, nous dira-t-on, les expériences scientifiques peuvent être dangereuses, nocives pour les sujets d’étude humains, cruelles vis-à-vis des animaux, etc.
Ceci n’a rien à voir. Activité sociale, la science ne peut se soustraire à la loi commune, ce qui ne constitue en aucun cas une entrave à la liberté d’investigation. Conformément à la tradition juridique issue de la philosophie des Lumières et de la Révolution française, « la liberté des uns s’arrête là où celle des autres commence. » Prenons l’exemple des neurosciences, actuellement dans le collimateur du pape Ratzinger. La liberté de la recherche consiste en ce que la recherche sur le fonctionnement du cerveau, animal et humain, soit licite, dans le but de comprendre cette formidable énigme qu’est la pensée consciente. La réglementation de la recherche veut que les sujets humains soient préservés de toute souffrance, respectés dans leur intégrité d’individus, capables de témoigner lucidement de leur consentement éclairé, etc. Concernant les animaux, leur appareillage doit s’effectuer sans souffrance, avec l’anesthésie nécessaire, en évitant autant que faire se peut traumatismes et stress, sauf en cas d’absolue nécessité (lorsque le stress est lui-même sujet d’étude). Ces réglementations indispensables, mises en place progressivement, sont œuvre de civilisation et ne visent pas à interdire des sujets de recherche par principe.
Au premier chef, nous sommes, comme les personnels de la recherche et les syndicalistes, partisans du respect de l’hygiène et de la sécurité dans les laboratoires, de l’application pleine et entière du droit du travail.
La question est de savoir comment cette réglementation doit être élaborée, sur la base de la raison, et non sur celle de préjugés communautaires ou religieux, sur la base de propositions élaborées et discutées par les élus du peuple et non d’oukase de lobbys ; l’esprit républicain, laïque et démocratique demande que la recherche scientifique soit soumise à la loi commune.
Le débat « bioéthique » (terme impropre) tend à se généraliser à tous les aspects des sciences de la vie et peut-être à l’ensemble de la recherche. Certains ont proposé de faire prononcer un « serment éthique » prétendument inspiré du serment d’Hippocrate aux jeunes chercheurs lors de leur soutenance de doctorat.
Les médecins, qui ont charge de guérir, ce qui n’est nullement l’objet premier de la recherche scientifique, sont légitimement attachés aux principes contenus dans le serment d’Hippocrate. En Grèce, cependant, la brutalité du « mémorandum » imposé par la « troïka » les oblige à y renoncer dans les conditions les plus cruelles : les cancéreux doivent désormais payer eux-mêmes leur chimiothérapie, ce qui peut représenter de 50 000 à 100 000 euros. Tandis que l’on glose sur la supposée nécessité de rendre les scientifiques sensibles aux problèmes éthiques, la barbarie la plus odieuse s’installe.
En fait la pression « éthique » sur les chercheurs a pour seul objectif de les culpabiliser dès leur début de carrière, de rendre la recherche fondamentale responsable des mésusages de la science, et d’instaurer un contrôle moral sur la Science. Nous réaffirmons que la science est amorale, elle ne peut être immorale, car la morale est hors de son champ.
Les bonnes âmes cléricales n’ont de cesse de détourner à l’envi la maxime de François Rabelais : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Ainsi s’exprime la méfiance intéressée contre la connaissance. Cela dure depuis la Bible (genèse) « tu ne mangeras point du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal ». Souvenons-nous de la parole terrible de Joseph de Maistre : « L’ignorance est supérieure à la science, car elle vient de Dieu, tandis que la science vient des hommes ». Il ne faisait que prolonger la tradition obscurantiste de Bernard de Clairvaux, persécuteur d’Abélard, qui est celle de toute l’Église encore aujourd’hui.
C’est pourquoi déjà lors de son congrès de Foix la Libre Pensée s’était prononcée pour la dissolution des comités d’éthique.
4. Liberté complète de la recherche technologique, contrôle responsable des mises en œuvre des procédés et productions associés.
Poser des interdits a priori sur la recherche technologique relève également d’une forme d’obscurantisme. Cependant, le développement des applications pose des problèmes particuliers : il s’exerce dans le cadre capitaliste de la propriété privée des moyens de production, et constitue, par le biais des contrats, un moyen d’asservissement et de privatisation de la recherche. C’est à l’État démocratique d’assurer et de garantir l’indépendance de jugement des chercheurs pour lutter à la fois contre les interdits relevant de l’obscurantisme et des dogmes, mais aussi contre l’exploitation capitaliste des moyens de production et la privatisation de la recherche fondamentale ou appliquée.
Force est de constater qu’il y a loin de cet idéal à la réalité. Au contraire, les chercheurs et enseignants-chercheurs fonctionnaires sont poussés à passer des contrats avec le privé pour faire face au désengagement financier de l’État. Le nombre de contrats et les brevets tendent à devenir une valeur positive d’évaluation, à l’instar des publications. Or, la conception de Recherche et Développement de la plupart des firmes privées est aux antipodes de celle des chercheurs : les valeurs du secret et de la dissimulation priment sur celles de la publicité (publications et diffusion) des procédés. Les Universités et les directions des grands organismes doivent plus aider les chercheurs à garantir leur liberté de publication lors de la négociation des contrats de développement avec le privé. Pour cela, la privatisation de la recherche signifierait son agonie au plan international. La connaissance scientifique ne peut progresser que sur la base de la publicité pleine et entière des publications, qui seule garantit le caractère objectif de la science par la vérification des pairs.
Pour autant, faut-il condamner par principe les technologies nouvelles telles que le génie génétique (OGM) ou les nanotechnologies ? Beaucoup le pensent sur la base du fait que ces technologies nouvelles sont moyens de profits et de mise en captivité des marchés par les firmes multinationales, et que la quête du profit prime sur la sécurité des individus. À ce titre, ils en déduisent qu’il faudrait interdire toute innovation.
Si les recherches sur la dangerosité éventuelle des technologies nouvelles doivent être menées concomitamment en toute indépendance des firmes susceptibles de les produire, nous pensons que c’est avant la mise à la disposition du public que la sécurité de la population doit être assurée par des tests aussi complets que possible, avec évaluation périodique des effets observés. Là encore, on constate, que ce soit dans le domaine des médicaments, de l’agriculture, de la chimie, que la tendance générale est à la fermeture à l’affaiblissement ou à la privatisation de tous les organismes publics chargés de la veille sanitaire, de la sécurité alimentaire, de la surveillance du territoire. Notons que cette dégradation profonde n’est relevée par aucune organisation dite « écologique », ces lobbies s’obstinant au contraire à dénoncer les structures qui existent au lieu d’exiger leur renforcement ou simplement leur établissement. Ainsi, le Service national de la Protection des végétaux, dont les avertissements agricoles permettaient de limiter quelque peu l’usage des produits phytosanitaires, a-t-il été dessaisi de cette tâche par le gouvernement Sarkozy, parce que « non régalienne ». Pulvérisés et atomisés, les avertissements agricoles sont désormais supposés être repris par tous et n’importe qui : instituts techniques, coopératives, et pourquoi pas les firmes productrices elles-mêmes. Une étude complète serait à faire sur ce démantèlement – imposé largement par l’Union européenne au nom de la réduction des déficits – de tout le tissu de surveillance publique du territoire.
5. La recherche de moyens de destruction ne relève pas des finalités essentielles de la recherche scientifique.
Antimilitariste, la Libre Pensée ne peut que s’opposer au développement d’une recherche technologique d’outils de destruction sous la férule des marchands d’armes et de leurs clients : les forces armées des grands pays impérialistes. Nous affirmons avec force : l’atome militaire, la mise au point d’armes bactériologiques, de mines antipersonnel, de drones hypersophistiqués destinés à mater les rébellions sans risques humains pour les armées dominantes, des armes « no kill » capables, sans faire dans l’immédiat de victimes humaines, de réduire des villes entières à la famine et à la misère par destruction de tout leur réseau électrique. Tout cela ne découle pas mécaniquement de la recherche scientifique qui est fondamentalement motivée par l’accroissement désintéressé du savoir. Tout cela découle bien plutôt de l’application de ce savoir pour des fins contraires à l’amélioration des conditions de vie de l’humanité, la recherche se trouvant alors subordonnée à des fins de destruction. Subordonner le savoir à de tels intérêts qui lui sont extérieurs participe de la barbarie. Remarquons d'ailleurs que cette barbarie-là est benoîtement ignorée de nos bons pères éthiciens de l'Église comme du secteur « laïc » (nous employons à dessein cette orthographe, désignant bien ceux qui, sans être clercs, ne sont pas forcément indépendants de la pensée cléricale). Sacrifier un embryon congelé au stade huit cellules pour une opération de recherche, quelle horreur ! Laissez les vivre ! Quel immense problème éthique ! Mais que dans tel ou tel service de Recherche et Développement militaire on améliore les bombes à fragmentation, c'est un souci mineur ! Comme le disait un philosophe catholique, « La biologie pose des problèmes éthiques parce qu'elle touche à l'être, la physique n'en pose pas ». On comprend pourquoi, le 9 août 1945, le pieux journal « La Croix » titrait en pleine page : « Une bombe atomique ravage la ville japonaise d'Hiroshima : une découverte scientifique sans précédent ». Brûlés, irradiés, aveuglés, unijambistes, réjouissez-vous, vous êtes atteints dans votre chair, mais non dans votre être. Entre le sabre et le goupillon, il est de grandes convergences éthiques...
La libre pensée s’élève contre l’éligibilité des recherches militaires dans les appels d’offres publics. Rien n’interdit actuellement, en France par exemple, de construire un projet de recherche, européen ou de l’ANR (Agence Nationale pour la Recherche), comportant un ou plusieurs volets militaires. Ainsi recherche civile et militaire peuvent-elles être discrètement confondues. À tout le moins, dans un cadre démocratique et républicain, s’il s’avérait que les armements de la nation dussent faire l’objet d’un maintien au niveau technologique adéquat dans un strict point de vue de défense nationale (point de vue qui, historiquement n’a jamais été respecté), cela devrait se faire de manière contrôlable par le peuple souverain et sur la base de financements particuliers et identifiables. Guerre à la guerre, ce sont toujours les mêmes qui paient les guerres de leur chair et de leur sang, ces mots d’ordre de la tradition antimilitariste populaire ont leur répercussion et leur conséquence sur le terrain de la recherche.
6. Importance de l’enseignement des sciences et de l’esprit scientifique
On assiste petit à petit à une désaffection des jeunes vis-à-vis des études et carrières scientifiques. La réduction et la perversion des programmes du secondaire, notamment en SVT, par ceux-là même qui devraient les défendre (inspecteurs généraux, ministère) sont pour beaucoup dans cette désaffection. Les programmes de science ont peu à peu été envahis par un contenu idéologique, moral et politique étranger aux matières enseignées. Le « développement durable », désormais omniprésent dans les instructions et programmes officiels dès l’école primaire n’est en aucun cas une science. C’est un mot d’ordre politique, discutable, contestable, comme tout slogan de cet ordre. Les injonctions vertueuses à « sauver la planète » visent à culpabiliser l’ensemble des citoyens par l’intermédiaire de la jeunesse. L’enseignement du fait religieux à l’école publique contribue à répandre une attitude antiscientifique.
La « théorie du genre », intéressante
au niveau de la recherche
universitaire et de la réflexion philosophique, n’a certainement pas acquis la stature scientifique permettant de l’inclure dans les programmes de sciences de la vie et de la terre.
Parallèlement, les instructions officielles ont permis un tel affaiblissement des niveaux en mathématique, physique et chimie (notamment en supprimant l’essentiel de l’apprentissage de la
démonstration) que l’abord de la première année universitaire scientifique est devenu redoutable pour nombre de bacheliers. Au risque de passer une fois de plus pour démodés, nous réaffirmons que
les études secondaires ont pour objectif de faire acquérir au plus grand nombre les connaissances scientifiques de base permettant ensuite de résister à la propagande médiatique. C’est à
l’Université de cultiver et de développer l’esprit de recherche et les débats attenants. Le salmigondis idéologique institué par les instructions ministérielles elles-mêmes est seulement de
nature à obscurcir la voie de la science et à instaurer la confusion. La Libre Pensée appelle de ses vœux un retour à un enseignement clairement délimité des disciplines fondamentales, condition
d’ailleurs d’une pluridisciplinarité éclairée dans des pratiques de recherche ultérieures.
Adopté à l'Unanimité
Publié le 1 Septembre 2012
Le Congrès national de la FNLP condamne le procès tenu contre les Pussy Riots (« anarcho-féministes » punks), musiciennes russes, accusées de « hooliganisme » et de « haine religieuse ». Elles ont été condamnées à deux ans de camp. Le Congrès demande leur libération immédiate.
Le Congrès rappelle que, en suite d'une conférence tenue à Paris, le 20 avril 2012, avec la camarade Julia Gousseva du centre Praxis de Moscou, dans les locaux de la Libre Pensée, nous avons exigé, avec l’AILP, la libération des Pussy Riots. La FNLP s’est adressée par lettre à l’ambassade de Russie le 15 mai 2012. Nous n’avons attendu personne pour agir.
Le Congrès juge scandaleuse la déclaration du ministère français des Affaires étrangères reprenant celle de Catherine Ashton, Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de Sécurité, estimant que « la sentence est disproportionnée ». De la sorte est justifié le principe même d’une sentence.
Pour la Libre Pensée, les libertés ne se divisent pas.
La FNLP défend la liberté de conscience, la liberté d’expression, la liberté d’association, notamment syndicale, et rappelle que le syndicaliste russe Valentin Ouroussov a été, pour sa part, condamné à cinq ans de camp.
Les Pussy Riots et Valentin Ouroussov doivent être libérés immédiatement !

Publié le 29 Août 2012
Voici un document adopté par notre dernier congrès national
CONGRÈS NATIONAL LIBRE PENSÉE Sainte-Tulle
(Document n° 1)
Motion laïque
ABROGATION DE LA LOI DEBRÉ
FONDS PUBLICS À L’ÉCOLE PUBLIQUE, FONDS PRIVES À L’ÉCOLE PRIVÉE : UNE CAMPAGNE NATIONALE DE LA LIBRE PENSÉE
I. Aux origines de la loi Debré. Quelques points de repère.
L’Église catholique n’a jamais accepté et n’acceptera jamais la séparation des Églises et de l’État pas plus que la séparation des Églises et de l’École.
Elle n’accepte pas d’être reléguée dans la sphère privée. Elle a toujours considéré que l’interdiction d’enseigner faite aux congrégations, qui avaient un quasi-monopole de l’instruction, avait été une défaite historique pour elle.
Pour l’Église catholique, l’école confessionnelle est un véritable cheval de Troie pour reprendre pied dans la société et la réévangéliser.
C’est 19 ans après la Séparation de 1905, c’est-à-dire dès 1924, que l’Église obtient un résultat sérieux : en effet, la République renoue avec le Vatican et renonce à l’abrogation du Concordat. Et l’unification est à nouveau revendiquée.
Sous le régime de Vichy, on avance de nouveau vers l’unification (ex. la caisse des écoles est commune aux écoles publiques et privées. Les écoles privées obtiennent des subventions de l’État. Des bourses nationales sont données à égalité de droits aux enfants des 2 écoles).
Les lois Marie-Barangé tendent à la mise sur le même plan de l’instruction dans l’école publique et privée par le biais des bourses et subventions.
II. 31 décembre 1959 vote de la loi Debré : un tournant !
C’est un an après son coup d’État que le général de Gaulle engage un processus de destruction de la laïcité.
En 1959, Michel Debré (principal rédacteur de la Constitution de 1958) déclarait à la Chambre : « Nous ne sommes plus à la fin du XIXe siècle où l’État luttait contre la religion pour être l’État, quand les représentants, et non des moindres, s’exclamaient : le cléricalisme, voilà l’ennemi ! Ils vivaient une époque où il était nécessaire de libérer l’État national d’un certain nombre de sujétions. De nos jours, l’État national s’est libéré. Ou, plutôt, s’il doit encore, comme toujours et sans cesse d’ailleurs, chercher à se libérer, c’est d’abord à l’égard de bien d’autres adversaires… »
À la fin de la IVe République, l’Église s’inquiétait. De nombreux établissements catholiques étaient menacés de fermeture. Ses effectifs étaient en baisse.
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1er degré |
2ème degré |
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1944 |
19 % du total des élèves scolarisés |
42 % |
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1959 |
16 % |
25 % |
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1967 |
14 % |
22 % |
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Il lui fallait de l’aide. Dès l’arrivée au pouvoir du général de Gaulle, les négociations avec le Vatican ont lieu.
C’est dans ce contexte politique que la loi Debré est votée le 31 décembre 1959.
C’est un tournant politique et juridique majeur : elle reconnaît à l’enseignement privé confessionnel une mission de service public.
Les écoles privées – par le biais d’un contrat d’association – sont largement subventionnées par les fonds publics.
Avec la loi Debré, un pas décisif vient d’être accompli par l’Église catholique : ses écoles sont mises sur le même plan que l’école publique.
Avec la loi Debré et les suivantes, les établissements privés « concourent » au service public et leurs personnels, quoique sous l’autorité de chefs d’établissements nommés par les évêques, sont payés par l’État. L’État rémunère les enseignants des établissements privés sous contrat et paie les charges sociales et fiscales assises sur les salaires incombant aux employeurs.
III. Avec la loi Debré, une masse financière considérable de fonds publics est versée à l’École confessionnelle catholique.
L’État finance l’enseignement privé principalement confessionnel, concurrent de l’enseignement public républicain, laïque, gratuit, ouvert à tous sans aucune distinction.
L’État finance l’essentiel du fonctionnement des 8200 établissements privés confessionnels sous contrat qui accueillent 17 % des effectifs scolarisés soit 2 millions d’élèves.
L’État prend en charge le salaire des 140.000 professeurs exerçant dans ces écoles, collèges et lycées privés.
En 2012, l’État versera 7,1 milliards auxquels s’ajoutent 339 millions d’euros pour la rétribution des professeurs de l’enseignement agricole privé (en vertu de la loi du 31 décembre 1984).
Les communes versent 500 millions à l’enseignement catholique du 1er degré.
Les départements et régions versent 550 millions pour l’enseignement privé. Ils déboursent également 200 millions pour le forfait TOS (personnels de service des collèges et lycées transférés aux régions et départements en application des lois de décentralisation).
Au total : au mépris des principes républicains, ce sont 9 milliards d’euros publics détournés chaque année au profit de l’Église catholique.
7,1 milliards versés par l’État, ce sont 180 000 postes d’instituteurs (salaires + charges).
C’est au même moment qu’on nous parle d’économies, de mutualisation et que l’on supprime des centaines d’écoles rurales et de collèges publics.
C’est au même moment que 14 367 postes dans l’enseignement public – 1433 postes dans l’enseignement privé au lieu des 1633 postes prévus en 2011 – sont supprimés à la rentrée 2011-12.
Les écoles de moins de 4 classes, c’est-à-dire 26 000 sur 57 000, sont menacées de suppressions comme les collèges de moins de 250 élèves.
Certes, le gouvernement Hollande-Peillon rétablit 1000 postes, mais il entérine la fermeture de 11 650 postes dans le public préparée par le gouvernement Sarkozy !
À l’occasion de l’élaboration de la nouvelle loi d’orientation sur l’école, l’Enseignement confessionnel s’appuie sur cette situation pour réclamer un renforcement de son influence.
IV. La loi Debré est la mère de toutes les lois antilaïques !
Les dispositions du Code de l’Éducation s’appuient sur les lois Falloux de 1850, Astier de 1919 et Debré de 1959.
Depuis 1919, plus de 66 lois, circulaires et textes ont permis de contourner la Loi de Séparation.
Depuis l’avènement de la Ve République, ce sont 17 lois, règlements, circulaires qui – sous les gouvernements de droite comme de gauche (De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy) – ont été adoptés et remettent en cause, toujours un peu plus, la Loi de 1905, parmi lesquels : la loi Guermeur (1977), la loi Rocard (1984), la loi Chevènement (1985), la loi Jospin (1989), les accords Lang-Cloupet (1992 et 1993), ces derniers réaffirmant « la reconnaissance de la contribution de l’enseignement privé au système éducatif », loi Censi (2005), loi Carle (2009).
Tous ces textes sont la conséquence logique de la loi Debré de 1959.
V. La Fédération Nationale de la Libre Pensée n’a pas renoncé au principe républicain : fonds publics à l’École publique, fonds privés à l’école privée ! La Libre Pensée, fidèle au serment de Vincennes, poursuit le combat pour l’abrogation de la loi Debré et de toutes les lois antilaïques.
Pour la Libre Pensée, contrat d’association ou pas, l’école privée, confessionnelle, catholique pour l’essentiel, n’est pas un service public de l’État.
Les institutions privées à « caractère propre », particulariste, religieux ou autre n’ont pas à être financées par l’État.
La manifestation du 19 juin 1960 de 350.000 laïques à Vincennes, porteuse de 10 813 697 signatures, a été un moment historique de la mobilisation laïque.
Ces manifestants ont adopté le serment de Vincennes qui dit : « Nous faisons serment de lutter sans trêve et sans défaillance jusqu’à son abrogation [loi Debré] ».
Pour la Libre Pensée, ce serment est toujours d’actualité.
La Libre Pensée a lancé un appel pour l’abrogation de la loi Debré. La collecte des signatures a commencé.
Le Congrès national appelle les Fédérations à faire massivement signer cette déclaration, à organiser dans les localités des conférences, des meetings, des manifestations pour le respect du principe républicain.
Certaines organisations ont, elles aussi, pris position pour le principe « Fonds publics à l’École publique ».
La Libre Pensée s’adresse à toutes les associations se réclamant de la laïcité et leur dit : au moment où l’enseignement public laïque est saigné à blanc par la suppression de 63 000 postes en 5 ans et où l’Église demande à bénéficier toujours plus des fonds publics pour ses écoles, n’est-il pas temps d’exiger tous ensemble
FONDS PUBLICS EXCLUSIVEMENT À L’ÉCOLE PUBLIQUE ; ABROGATION DE LA LOI DEBRÉ ET DE TOUTES LES LOIS ANTILAÏQUES !
Tous ensemble, il faut sauver l’École de la République, l’École publique laïque et gratuite !

Publié le 26 Août 2012
Le congrès de la Fédération nationale a largement été couvert par la presse, voici le communiqué de l'AFP repris par plusieurs médias notamment sur le net :
" La Libre Pensée demande à Hollande d'abroger la loi Debré de 1959
MARSEILLE, 23 août 2012 (AFP) - La Fédération de la Libre Pensée a demandé jeudi, dans une lettre ouverte au Président de la République, l'abrogation de la loi Debré du 31 décembre 1959 sur l'enseignement privé et le rétablissement du "principe républicain fonds publics à l'école publique, fonds privés à l'école privée".
Dans ce document, adopté à l'issue de son congrès annuel à Sainte-Tulle (Alpes de Haute-Provence) et adressé à l'AFP, la Libre Pensée interpelle M. Hollande en tant que "garant de la laïcité de l'Etat et de l'Ecole", pour qu'il "inverse le cours de la politique anti-laïque menée depuis des décennies" et restaure "dans sa plénitude la loi du 9 décembre 1905" de séparation de l'Eglise et de l'Etat.
Estimant que la loi Debré constitue "une tumeur maligne dans le corps de la laïcité de l'Ecole" et de l'Etat, l'association qui a reconduit à sa présidence l'ancien secrétaire général de Force Ouvrière, Marc Blondel, demande son abrogation ainsi que celle de "toutes les dispositions législatives et réglementaires anti-laïques" qui en découlent.
"Si la liberté d'ouvrir des établissements privés d'enseignement doit être garantie, néanmoins la Nation a pour unique devoir d'assurer les conditions de la formation de citoyens libres et éclairés dans la République. A cette fin, il faut donc rétablir les responsabilités de l'Etat en matière scolaire sur la base des principes constitutifs de la République (...) et donc rétablir dans sa plénitude le monopole de la définition des programmes et des diplômes", assure le document.
"En conséquence, tous les financements publics doivent être réservés aux établissements publics d'enseignement, les seuls qui garantissent aux jeunes consciences d'apprendre à l'abri de tous les dogmes", ajoute-t-il, soulignant qu'il "en coûte huit milliards d'euros à l'Etat et environ un milliard et demi aux collectivités territoriales".
La Libre Pensée, créée en 1848, se dit également opposée au projet du chef de l'Etat d'inclure dans la Constitution les dispositions des articles 1 et 2 de la loi du 9 décembre 1905, sans que des "mesures concrètes" ne viennent effacer "les dispositions législatives ou règlementaires contraires à la loi de séparation" et dissuader "les auteurs de ses violations actuelles multiples".
Enfin voici le texte complet adressé au président :
LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Monsieur le Président de la République,
Vous êtes garant de la laïcité de l’Etat et de l’Ecole. Il vous appartient donc de restaurer dans sa plénitude la loi du 9 décembre 1905 en abrogeant toutes les dispositions législatives et réglementaires anti-laïques, et de rétablir le principe républicain, résumé dans la formule « fonds publics à l’Ecole publique, fonds privés à l’école privée ». Ce principe est battu en brèche par la loi du 31 décembre 1959 sur l’enseignement privé.
La Libre Pensée s’adresse à vous, en votre qualité de gardien des institutions de la République, pour inverser le cours de la politique antilaïque menée depuis des décennies.
La loi du 9 décembre 1905, adoptée au terme d’un débat parlementaire d’une tenue et d’une richesse exceptionnelles, couronne un ensemble indissociable et inestimable de libertés acquises au cours du processus d’émancipation politique inauguré par la Révolution française et poursuivi par la Troisième République : instauration de « l’Instruction publique », obligation scolaire, monopole de la collation des grades, création de l’Ecole publique laïque, liberté de réunion, liberté d’opinion et de presse, liberté de constituer des syndicats indépendants, libertés municipales, droit au divorce, laïcisation des funérailles, liberté d’association, enfin liberté de conscience.
Hugo s’écriant en janvier 1850 ? « L’Etat chez lui, l’Eglise chez elle » est enfin entendu.
Le texte de 1905 a subi bien des outrages, directement ou indirectement. D’abord, l’œuvre législative de Briand, Buisson et Jaurès n’a pas été étendue aux départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle lorsque ces territoires sont redevenus français, en 1918, puis en 1945. La liberté de conscience n’est pas garantie aux citoyens de ces départements puisque des cultes y sont reconnus par l’Etat. Celui-ci supporte à ce titre une charge de 58 millions d’euros. L’unité et l’indivisibilité de la République s’en trouvent atteintes.
De plus, le régime de Vichy a dénaturé certaines dispositions de la loi en rendant à nouveau possibles les dons et legs testamentaires ou entre vifs en faveur des congrégations, ainsi que l’attribution d’aides publiques destinées au financement des réparations des édifices cultuels privés construits après le 1er janvier 1906. Enfin, des dispositions plus récentes, initialement prévues pour aider les collectivités territoriales à conduire avec l’aide de tiers des missions de service public ou d’intérêt général, ont été détournées de leur objet d’origine et servent de support à la violation de l’article 2 de la loi du 9 décembre 1905. Ainsi, les baux emphytéotiques administratifs sont abondamment employés par les communes pour consentir la jouissance du terrain d’assiette de nouveaux édifices cultuels, moyennant des loyers dérisoires ou symboliques valant octroi de subventions indirectes aux cultes.
Au terme de plusieurs instances, les libres penseurs ont obtenu l’annulation par le juge administratif des délibérations autorisant les maires à consentir de tels baux aux associations cultuelles. Pour enrayer cette jurisprudence, l’ordonnance Villepin a étendu le bénéfice des baux emphytéotiques à des associations cultuelles. Néanmoins, le problème du montant du loyer demeure : l’article 2 de la loi de 1905 interdit de subventionner les cultes.
Vous avez annoncé votre intention d’inclure, dans la Constitution du 4 octobre 1958, les dispositions des articles 1 et 2 de la loi du 9 décembre 1905, tout en précisant que le Concordat de 1801 serait également constitutionnellement sanctuarisé dans les trois départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle.
La Libre Pensée est opposée à ce projet.
Conformément à la décision n° 77-87 DC du Conseil constitutionnel du 23 novembre 1977, la liberté absolue de conscience énoncée à l’article 1er de la loi du 9 décembre 1905, telle qu’elle est proclamée par l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789, est l’un des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République et fait donc déjà partie du bloc de constitutionnalité. Enfin, l’inscription dans la Constitution de l’interdiction de reconnaître et de subventionner les cultes n’effacera pas, sauf question prioritaire de constitutionnalité victorieuse, les dispositions législatives ou règlementaires contraires à la loi de Séparation ni ne dissuadera les auteurs de ses violations actuelles multiples.
Seules des mesures concrètes permettront de restaurer la loi du 9 décembre 1905 :
- abrogation du Concordat de 1801 et des décrets Mandel de 1939, extension de la loi de Séparation à tous les départements et territoires de la République ;
- déclaration obligatoire et taxation des dons manuels aux cultes ;
- abrogation de l’article 795 du code général des impôts qui exonère les associations cultuelles et diocésaines ainsi que les congrégations des droits d’enregistrement sur les libéralités testamentaires ou entre vifs ;
- suppression de l’abattement fiscal de 66 % sur les aides consenties aux cultes au titre du mécénat ;
- abrogation de la circulaire La Martinière de 1966 exonérant les productions artisanales des congrégations d’impôt sur les sociétés ;
- abrogation du dernier alinéa de l’article 19 de la loi du 9 décembre 1905 permettant le financement public illimité des réparations réalisées sur des édifices cultuels privés construits après le 1er janvier 1906 ;
- introduction d’une disposition nouvelle dans l’article L. 1311-2 du code général des collectivités locales obligeant à conclure au prix fixé par France Domaine les baux emphytéotiques administratifs consentis aux associations cultuelles ;
- interdiction de la présence ès qualités de représentants de l’Etat ou d’Elus de la République dans des cérémonies religieuses ; et en particulier lors des manifestations officielles de la République française placées sous les auspices des autorités religieuses, telles que la célébration en la cathédrale de Reims du cinquantième anniversaire de la réconciliation franco-allemande, en juillet dernier
- instructions données aux armées, et notamment aux escadrons de gendarmerie, pour faire respecter la loi et donc interdire leur participation aux cérémonies religieuses chaque année les jours de célébration de certains saints ou saintes (par exemple la sainte Geneviève) ;
Monsieur le Président,
De même que le Concordat est une épine douloureuse plantée dans la chair de la République, la loi du 31 décembre 1959, aujourd’hui codifiée aux articles L. 442-1 et suivants du code de l’Education, constitue une tumeur maligne dans le corps de la laïcité de l’Ecole, l’œuvre de Paul Bert, de Jules Ferry, de Ferdinand Buisson et de René Goblet. Si la liberté d’ouvrir des établissements privés d’enseignement doit être garantie, néanmoins la nation a pour unique devoir d’assurer les conditions de la formation de citoyens libres et éclairés dans la République.
A cette fin, il faut donc rétablir les responsabilités de l’Etat en matière scolaire sur la base des principes constitutifs de la République : garantir à tous les niveaux « l’instruction publique », et donc rétablir dans sa plénitude le monopole de la définition des programmes et des diplômes ; en conséquence, tous les financements publics doivent être réservés aux établissements publics d’enseignement, les seuls qui garantissent aux jeunes consciences d’apprendre à l’abri de tous les dogmes et qui se fixent l’objectif de leur transmettre les connaissances les mieux établies selon la méthode du libre examen.
Le bonheur de la jeunesse, dont vous soulignez à juste titre l’importance pour l’avenir du pays, en dépend.
La situation qui prévaut depuis 1960 a permis à l’Eglise romaine, la grande bénéficiaire de la loi du 31 décembre 1959, de gérer plus de 8 000 établissements d’enseignement des premier et second degrés qui accueillent 17 % des élèves. Exemptés des contraintes de la carte scolaire, ces établissements conservent un caractère propre grâce auquel ils perpétuent, sous des formes d’ailleurs souvent très subtiles, une morale découlant des dogmes. Il en coûte huit milliards d’euros à l’Etat et environ un milliard et demi aux collectivités territoriales. A cet égard, au grand dam de nombreux Elus locaux de toutes tendances et de toutes convictions religieuses, la loi du 28 octobre 2009 tendant à garantir la parité de financement entre les écoles élémentaires publiques et privées sous contrat d'association lorsqu'elles accueillent des élèves scolarisés hors de leur commune de résidence a aggravé la situation.
La loi du 31 décembre 1959 dite « loi Debré » constitue une brèche béante dans la laïcité de l’Ecole et, par ricochet, de l’Etat dans son ensemble. C’est pourquoi la Fédération nationale de la Libre Pensée s’adresse à vous pour qu’elle soit abrogée ainsi que tous les textes qui l’ont modifiée depuis l’origine jusqu’à la loi du 28 octobre 2009.
Soyez assuré, Monsieur le Président de la République, de nos sentiments laïques et républicains.
Adoptée à l’unanimité par le Congrès national de la Libre Pensée, le 22 août 2012
Publié le 19 Août 2012
J’ai rédigé ce texte en mai 2012. Ce dernier, une fois discuté et légèrement amendé par la Commission administrative de la Fédération Nationale de la Libre Pensée a servi d’exposé auprès de l’IHEU. C’est notre amie et camarade Michèle Singer qui l’a présenté récemment au colloque de Montréal de l’IHEU (internationale humaniste et éthique).
Hansi
"Je ne suis vraiment libre que lorsque tous les êtres humains qui m'entourent, hommes et femmes, sont également libres." Michel Bakounine
Nous vivons dans un monde en crise ; dans les pays les plus riches, les acquis sociaux progressistes et les acquis de civilisation sont en recul. Dans le même temps les inégalités sociales sont de plus en plus criantes entre les pauvres et les riches, que ce soit au niveau international mais également au sein même des nations.
Dans ce contexte de crise économique, politique et sociale, la situation des plus faibles s’aggravent. A ce titre les femmes, subissent de plein fouet, les régressions, les reculs de liberté, l’exploitation et la pauvreté.
Au niveau mondial, les femmes représentent 70% des 1.2 milliard d’êtres humains qui vivent avec moins de 1$ par jour. En France, bien que représentant 47% des salariés, celles-ci touchent des salaires jusqu’à 27% inférieur à ceux des hommes et des retraites inférieures de 42%. Elles sont les plus exposées aux temps partiels, aux contrats précaires et à la pauvreté. Elles se voient souvent refusées l’accès à des postes de direction ou à des lieux de prise de décision.
A cette situation économique catastrophique s’ajoutent les mauvais traitements et les agressions sexuelles ; on estime qu’une femme sur trois, dans le monde, a déjà a été violée, battue ou victime de mauvais traitements au moins une fois dans sa vie.
Les femmes se voient, très souvent, interdire les libertés fondamentales ; elles ne disposent bien souvent ni de leur corps, ni de leur conscience. Notons à ce sujet, y compris dans les pays où des acquis démocratiques et progressistes ont permis aux femmes de s’émanciper, que des menaces pèsent. Ainsi en France, la gynécologie médicale tend à disparaitre, la contraception est de plus en plus menacée et les centres IVG ferment les uns après les autres. Loin d’être atteint l’objectif de l’égalité entre les hommes et les femmes semblent reculer au même titre que les acquis sociaux et démocratiques.
Les hommes et les femmes seraient ils inégaux ?
Les hommes et les femmes présentent des différences physiques évidentes. Mais ont-ils des capacités intellectuelles vraiment différentes ? Des stéréotypes diffusés un peu partout affirment que les hommes et les femmes ont des comportements intrinsèquement différents, dans des livres grand public comme les hommes viennent de mars et les femmes viennent de Vénus, il est propagé toute une série de stéréotypes attribuant des comportements, des capacités et finalement des rôles à un sexe ou à l’autre ; « les femmes ne sauraient pas lire une carte, les garçons seraient plus doués en maths… ». Pourtant, les travaux des neurosciences ont infirmé toutes ces allégations. Lise Eliot, maitre de conférences en neurosciences à l’université Rosalind-Franklin de médecine et de science de Chicago, auteur du livre Cerveau rose, cerveau bleu, les neurones ont-ils un sexe insiste surtout sur la grande plasticité du cerveau et sur la haute réactivité du cortex à l’environnement, confirmant ainsi que les différences apparaissant parfois dans les comportements ou les capacités scolaires sont dues essentiellement à l’éducation et à l’environnement dans lequel nous évoluons. Des lors, d’un point de vue scientifique et rationnel, rien ne peut justifier les inégalités de droits et de devoirs entre les hommes et les femmes. Les comportements sont essentiellement déterminés par l’environnement et l’éducation et non par le physique et la biologie. Ce qui faisait dire à Simone de Beauvoir « On ne nait pas femme, on le devient ».
Selon les religions, le sexe détermine la place dans la société
Malgré les recherches scientifiques, des théories archaïques et réactionnaires soutiennent, tout de même, que les femmes sont inférieures aux hommes et/ou que leur identité et leur rôle dans la société sont déterminés par leur sexe. Ces différences sexuelles, justifieraient des différences de droits et de devoirs. Pour ces « penseurs » les comportements et les rôles des hommes et des femmes seraient déterminées par la nature et par la divine volonté d’un créateur.
Ainsi, les caractéristiques physiques
d’un individu
détermineraient des rôles différents dans la société. Les individus seraient alors prédestinés à occuper tel rôle social, professionnel ou politique selon que leur sexe soit masculin ou
féminin.
Ce modèle inégalitaire de domination d’un sexe par l’autre est un modèle largement diffusés par les religions monothéistes. Le coran ou la Bible (ancien et nouveau testament) donnent autorité de dieu sur l’homme et de l’homme sur la femme. La Bible contient des dizaines de prescriptions et d’interdits concernant les femmes. Il est notamment écrit dans la Lettre de Paul aux Ephésiens (5, 22,23) « Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur; car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l'Église ». Cette orientation sexiste persiste jusque dans des prises de positions récentes des différentes religions du livre. Jean-Paul II, dans l’encyclique mulieris dignitate, affirmait en 1988 « même la juste opposition de la femme face à ce qu'expriment les paroles bibliques «lui dominera sur toi» (Gn 3, 16) ne peut sous aucun prétexte conduire à «masculiniser» les femmes. La femme ne peut _ au nom de sa libération de la «domination» de l'homme _ tendre à s'approprier les caractéristiques masculines, au détriment de sa propre «originalité» féminine. Il existe une crainte fondée qu'en agissant ainsi la femme ne «s'épanouira» pas mais pourrait au contraire déformer et perdre ce qui constitue sa richesse essentielle. (…)La femme _ comme l'homme aussi, du reste _ doit donc envisager son épanouissement personnel, sa dignité et sa vocation, en fonction de ces ressources, selon la richesse de la féminité qu'elle a reçue le jour de la création et dont elle hérite comme une expression de l'«image et ressemblance de Dieu» qui lui est particulière. »
Il résumait alors, la « prédestination » de la femme par sa vocation sponsale; à être soit épouse du christ soit l’épouse d’un homme (avec maternité). Cette vocation se résumant selon l’Eglise catholique par le « don de soi ».
En 1995, dans une autre encyclique, evangelium vitae, l’Eglise condamnait également la contraception, le droit à l’IVG, ou l’homosexualité. Les homosexuels étant en quelque sorte des individus qui réfutent la prédestination sexuelle et sexiste développée par les religions.
Malgré des prétendus adaptations à la société moderne, il apparait que les religions du texte continuent de combattre le droit pour chaque individu de disposer de son corps et de sa conscience. Cette position liberticide inclue notamment des interdits liés au sexe, à la sexualité mais aussi l’obligation pour l’individu d’adopter un comportement et un rôle conforme à une supposée détermination physique.
Chaque grande religion édicte ainsi des prescriptions dans le but de contrôler les corps et les consciences des individus particulièrement des femmes. Interdits vestimentaires, alimentaires, sexuels et ségrégation entre les sexes… les grandes religions juives, musulmanes et chrétiennes souhaitent régenter la vie publique et même la vie privée de tous. Ces religions, toute patriarcale, insiste particulièrement sur le statut des femmes.
Interdiction de la maternité consciente, du droit à l’IVG, interdictions vestimentaires, les religions représentent un obstacle majeur au droit de disposer de son corps et de sa conscience. Ainsi des comportements et des tenues autorisées pour les hommes seraient indignes des femmes.
Ce modèle patriarcal diffusé par les religions dans toutes les sphères de la société se retrouve sous diverses formes dans les médias, dans la mode, dans le monde professionnel. Le statut, le comportement et le corps de la femme semble ainsi appartenir à toute la société ; une femme ne devrait pas séduire autant qu’un homme, elle ne devrait pas montrer son corps librement, elle ne devrait pas être trop entreprenante, elle ne devrait pas prendre trop de responsabilité sans quoi elle ne serait plus féminine… Son corps ne pourrait être dévoilé que s’il rentre dans les canons de beauté (véritables diktats imposés aux femmes) et ce dans un but mercantile, elle doit être souriante, jolie, discrète…
Même sans parler des situations extrêmes vécues dans certaines communautés religieuses, on constate, partout, que les femmes se voient assigner des modèles et des rôles à suivre. Dans la Bible, les femmes sont ou prostituées ou mères. Les femmes sont souvent présentées comme des tentatrices, comme Eve responsable du péché originel. Cette conception se retrouve dans nos sociétés encore aujourd’hui. Dans certaines communautés chrétiennes, juives ou musulmanes, on prétend protéger les femmes en leur demandant de se cacher. La culpabilité des éventuelles agressions sexuelles est ainsi rejetée sur les victimes. Ces codes vestimentaires sont le fait de doctrines dictées par des hommes incapables de gérer leur sexualité dans un système de pensée religieuse obsédée par le sexe. Les tenues des religieuses, les voiles, les interdictions vestimentaires mais aussi les diktats de beauté imposés aux femmes sont les conséquences d’idéologies religieuses prônant le contrôle des corps et des consciences des hommes et surtout des femmes mais prônant aussi l’infériorité de celles-ci.
Cet état de fait constitue une situation d’infériorisation des femmes confortée par le système économique dans lequel nous vivons. Celui-ci favorise en effet la division du travail, la concurrence et la division des êtres humains entre eux.
Egalité ou discrimination positive ?
Aujourd’hui, tout le monde se déclare préoccupé par la situation des femmes mais l’enfer est pavé de bonnes intentions !
Ici, on les « habille » d’un voile pour les protéger et on leur interdit de travailler pour les mêmes raisons, là, on rédige une encyclique à leur gloire, on les encense mais on justifie l’inégalité et on les cantonne dans le don de soi…
A chaque fois, on justifie l’inégalité des droits et des devoirs par les différences physiques entre les hommes et les femmes… Les libres penseurs et les démocrates réfutent ce modèle et affirment que chaque individu doit pouvoir disposer de son corps et de sa conscience quel que soit son apparence, son sexe, sa sexualité, ses opinions et ses croyances. Aucune différence réelle ou supposée ne doit et ne peut justifier une inégalité des droits et des devoirs.
Admettre la moindre différence des droits, c’est admettre la supériorité d’individus sur d’autres, c’est établir une hiérarchie entre les êtres humains, les diviser et finalement menacer les libertés de tous. Nous affirmons que les êtres humains veulent vivre en paix, libres et égaux. Aussi nous rejetons toute forme de discrimination et toute forme de communautarisme.
Accorder des droits et des devoirs différents selon des appartenances à des prétendus communautés ethniques, religieuses, sexuelles…etc… revient à compartimenter les êtres humains dans des communautés dont ils ne peuvent plus sortir. Les individus disposeraient ainsi de droits et de devoirs déterminés par leurs appartenances à telle ou telle communauté. Ce système empêcherait l’individu de disposer de son corps et de sa conscience à l’égalité avec tous les êtres humains. Tenus de se comporter en accord avec ses « appartenances », sa liberté serait fortement réduite.
Prétextant réduire ou atténuer des inégalités, certains veulent mettre en place des discriminations dites positives. Ainsi, pour réduire les inégalités entre les hommes et les femmes, des Etats comme la France ont mis en place des quotas en politique. Non seulement, la situation des femmes n’a pas progressé en France, non seulement les inégalités persistent mais en plus cette politique de discrimination dite positive (parité) entérine l’inégalité entre les sexes, discrédite les femmes, jette un doute sur leur capacité et sert d’obstacle à lutter contre les vraies racines de l’inégalité.
L’existence de cette loi sur la parité constitue un échec et une hypocrisie. Si les femmes représentent 48% des membres siégeant dans les conseils municipaux, les choses se dégradent plus les responsabilités politiques sont importantes et ne représentent plus que 18.5% des élus à l’assemblée nationale.[i]
Les défenseurs de cette loi affirment vouloir forcer les choses pour démontrer que les femmes peuvent gouverner tout autant que les hommes mais aussi pour changer les mentalités en aidant les hommes et les femmes à percevoir les choses autrement en mettant en avant des femmes politiques. Si les intentions paraissent bonnes, la méthode est des plus douteuses. Cette politique des quotas et des places réservées sous-entend une situation de handicap accentuant par la même occasion le sentiment d’une moindre capacité pour les femmes à accéder aux plus hautes responsabilités.
Ce n'est d'ailleurs pas très valorisant pour une femme de se dire qu'elle doit sa place à son sexe plutôt qu'à son mérite. Les qualités d'une femme tiendraient plutôt à ses qualités physiques qu'à ses compétences ?
Pire, la loi sur la parité a servi d’écran de fumée… En instituant cette loi, on a fait mine de régler le problème de l’inégalité des droits sans aborder les questions les plus cruciales comme les inégalités liées aux salaires et aux pensions de retraites. Dans ce dernier cas, l’écart entre les hommes et les femmes s’est même accentué lors de la dernière contre-réforme des retraites. Les questions du travail des femmes, du temps partiel, des discriminations au travail, des rémunérations ne sont pas abordées alors qu’elles sont pourtant déterminantes.
On ne peut combattre les discriminations en les gravant dans la loi. On ne peut résoudre les inégalités par l’inégalité de droit. Toute politique dite de discrimination positive fait mine de soigner les causes de la maladie alors qu’elle ne traite péniblement qu’un symptôme. Mieux vaut réfléchir sur les origines des inégalités plutôt que d’appliquer des solutions qui aggravent les discriminations et masquent les vraies racines
Le combat des progressistes pour le droit de disposer de son corps et de sa conscience.
La démocratie est un système politique où des élus exercent un mandat au nom de leurs concitoyens. Les représentants élus du peuple dirigent un Etat ou une collectivité, font des choix politiques et économiques qui déterminent la vie de leurs concitoyens. Aussi les électeurs choisissent leurs élus au nom de valeurs qu’ils défendent, selon des choix économiques ou politiques qu’ils jugent préférables et au nom d’une certaine orientation politique.
Au gré des situations politiques, des candidats, des idées défendues, des bilans des élus, les électeurs peuvent changer d’avis, sanctionner des élus, choisirent d’autres candidats, changer d’opinions…etc…
Qu’en serait-il si les assemblées élues devaient être déterminées par des quotas qui représenteraient les « minorités » ? Vote-t-on pour des idées et des orientations politiques ou bien votent-on pour des gens selon leur sexe, leur religion, leurs origines ?
La démocratie implique l’égalité des droits et des devoirs… un candidat à un poste ne peut être reçu que parce qu’il mérite cette place et ce quelque soit son sexe, ses options philosophiques, sa couleur… etc… la démocratie ne peut être une accumulation de communautés.
Les intérêts des femmes seraient-ils mieux défendus, en France, si Madame Christine Boutin, consulteur au conseil pontifical pour la famille, opposée à l’ivg, militante pour l’apport judéo chrétien dans la société, était appelée aux plus hautes responsabilités ? Les hommes seraient ils oppressés s’il la majorité des élus étaient des femmes ?
La démocratie implique que nous élisions des élus au nom de leurs programmes politiques et économiques et non pour leur couleur, leur sexe ou leur orientation sexuelle.
En matière d’égalité des sexes, il ne s’agit pas d’un combat des femmes contre les hommes. Non, il s’agit de la lutte multiséculaire des progressistes hommes ou femmes contre les réactionnaires hommes ou femmes. Il s’agit de combattre partout pour l’égalité face à des conceptions qui imposent les inégalités et l’obscurantisme.
La laïcité et la lutte contre les dogmes religieux
Partout où des inégalités se produisent, les libres penseurs doivent réagir et promouvoir l’égalité de tous. Cela suppose l’opposition à toute doctrine inégalitaire et à tout préjugé discriminatoire. Se battre pour l’égalité des hommes et des femmes, c’est combattre les dogmes et les positions liberticides des religions qui justifient l’oppression des uns par les autres, et qui entravent la liberté de tout individu de disposer de son corps et de sa conscience.
Combattre pour la liberté et l’égalité de tous, c’est se battre partout pour que ces puissances religieuses soient exclues des prises de décisions politiques. Le combat pour l’égalité des droits des hommes et des femmes est intrinsèquement lié au combat pour la séparation des Eglises et des Etats. Il ne peut y avoir d’égalité quand des forces inégalitaires et réactionnaires imposent leur point de vue à l’ensemble de la société.
Combattre les inégalités quelles qu’elles soient, c’est aussi combattre la plus grande de toute.
Alors qu’une immense majorité travaille comme salarié ou du moins tente de trouver un travail contre un salaire, une minorité détient les entreprises, les banques et les finances du monde.
Les inégalités sociales constituent les inégalités les plus criantes, elles sont la source de toutes les inégalités. On le voit dans l’Histoire, quand le niveau de vie d’une population augmente, les religions et les superstitions reculent, les conditions de vie des hommes et des femmes y progressent fortement. Les conditions sociales déterminent les modes de penser.
Les dirigeants de ce monde n’ont aucun intérêt à perdre leurs nombreux avantages et de fait ne souhaitent pas vivre à égalité avec le reste de l’humanité. Pour ne pas être renversés, ils doivent canaliser et soumettre une bonne partie de l’humanité.
Les religions et le communautarisme (souvent liés) trouvent leurs origines dans cette domination d’une minorité de puissants sur une large majorité de dominés.
De la misère sociale et économique, de l’ignorance et de la peur du lendemain naissent des systèmes de penser réactionnaires qui justifient les inégalités sociales, sexuelles et même parfois « raciales ». C’est pour cela que les dominants utilisent les religions pour contrôler les populations.
En 1801, Napoléon signait un concordat avec l’Eglise catholique et déclarait alors : « comment avoir de l’ordre dans un Etat sans religion ? (…) la société ne peut exister dans un Etat sans une religion. La société ne peut exister sans l’inégalité des fortunes, et l’inégalité des fortunes ne peut exister sans la religion. Quand un homme meurt de faim à coté d’un autre qui regorge, il lui est impossible d’accéder à cette différence s’il n’y a pas là une autorité qui lui dise « Dieu le veut ainsi, il faut qu’il y ait des pauvres et des riches dans le monde ; mais ensuite et pendant l’éternité le partage sera fait autrement. », il ajoute : « C’est en me faisant catholique que j’ai fini la guerre de Vendée, en me faisant musulman que je me suis établi en Egypte, en me faisant ultramontain que j’ai gagné les esprits en Italie. Si je gouvernais un peuple de Juifs, je rétablirais le Temple de Salomon ».
Tout comme la lutte contre les religions, la lutte contre toute forme de discriminations doit être comprise et intégrée dans la lutte contre un système ou une minorité prétend diriger une majorité et cela dans des conditions sociales, économiques et politiques inégalitaires.
Un des moyens dont dispose ces puissants consiste en effet à diviser les peuples en communautés. La conscience d’appartenir à une seule classe aux intérêts communs est occultée au profit d’une pseudo-appartenance à une communauté ethnique, religieuse, sexuelle ou autre. Pire, les revendications communautaires, les inégalités entre diverses communautés divisent les peuples et entraine parfois des conflits entre ces communautés.
Des lors, si des individus sont discriminés pour leur sexe, leur religion, leur orientation sexuelle, leurs origines... il convient de combattre pour l’égalité des droits tout en combattant l’origine profonde de toute inégalité ; c'est-à-dire l’inégalité des classes. Il revient ainsi aux démocrates que nous sommes de lutter contre toutes les discriminations, tout en aidant à la compréhension de tous les opprimés que leur émancipation totale n’est possible qu’en abolissant un système économique basé sur l’inégalité et vivant grâce à l’aggravation des discriminations.
La propagande contre les discriminations des femmes, pour l’égalité de tous, apparait nécessaire et légitime mais vaine si elle ne fait pas le lien avec cette lutte économique.
De même, ce combat pour l’émancipation politique et économique impose la compréhension et le soutien à tous ceux et toutes celles qui subissent l’oppression et les discriminations. Nous devons agir sur tous les plans, de façon théorique mais aussi de façon pratique.
En conclusion, il ressort la nécessité pour nous de combattre toute forme de discrimination en mettant en avant les principes d’égalité, de liberté et de laïcité tout en expliquant que l’émancipation totale de l’Humanité est impossible tant que subsiste la plus grande des inégalités ; la domination d’une classe sur une autre. Cette injustice est la mère de toutes les autres et toutes nos luttes émancipatrices doivent être intégrées à la lutte contre l’exploitation économique.
Hansi
Publié le 17 Juillet 2012
La Fédération Nationale de la Libre Pensée constate
que l’anniversaire de la
réconciliation franco-allemande a été célébré sur le parvis et dans l’enceinte de la cathédrale de Reims. Une cérémonie religieuse sous la "haute autorité" de l’évêque du diocèse y a eu lieu en
présence de Madame Angela Merkel, chancelière de la République fédérale Allemande et de Monsieur François Hollande, président de la République française.
La Libre Pensée s’étonne que ce dernier ait accepté que le soin de cette célébration ait été en quelque sorte dévolu à une religion, en l’occurrence celle de l’Eglise catholique romaine, apportant ainsi une caution de poids aux prétentions de celle-ci que soient reconnues les « racines chrétiennes » de l’Europe.
La Fédération Nationale de la Libre Pensée observe que la participation officielle à cette cérémonie religieuse du président de la République est en contradiction évidente avec la loi de Séparation des Églises et de l’Etat, et qu’elle se situe dans la continuité de déclarations et de postures de l’ancien chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy.
Tout ne se passe-t-il pas comme si le slogan de la campagne électorale du candidat François Hollande à la présidence de la République : « Le changement c’est maintenant » avait été remplacé par le mot d’ordre : « la continuité, c’est toujours » ?
Force est en effet à la Libre Pensée de constater que la formule d’hier se découvre comme une formule démentie par cette commémoration placée sous le signe de l’Eglise romaine.
Cette cérémonie constitue une nouvelle atteinte à la laïcité que la Libre Pensée a à déplorer au moment où il était important de marquer une position nette et publique en faveur du grand principe laïque.