Publié le 22 Août 2015

freedom

Felt like the weight of the world was on my shoulders
..should I break or retreat and then return
Facing the fear that the truth, I discover
No telling how, all these will work out
But I’ve come to far to go back now.

I am looking for freedom, looking for freedom
And to find it cost me everything I have
Well I am looking for freedom, looking for freedom
And to find it, may take everything I have

I know all too well it don’t come easy
the chains of the world they seem to movin tight
I try to walk around if I’m stumbling so come..
tryin to get up but the doubt is so strong
there’s gotta be a winning in my bones

I’m looking for freedom, looking for freedom
and to find it, cost me everything I have
Well I’m looking for freedom, I’m looking for freedom
And to find it, may take everything I have

Oh not giving up there’s always been hard, so hard
but if I do the thanks lase the way I won’t get far.

Mhm, life hasn’t been very kind to me lately, (well)
but I suppose it’s a push from moving on (oh yeah)
in time the sun’s gonna shine on me nicely (on me yeah )
sudden tells me ’cause things are coming
and I ain’t gonna not believe

I’m looking for freedom, looking for freedom
and to find it, cost me everything I have
Well I’m looking for freedom, I’m looking for freedom
And to find it, may take everything I have.


Taken from http://lyricstranslate.com/fr/freedom-libert%C3%A9.html-0#ixzz3jZPmTFJ3

 

Liberté

J'ai senti comme si tout le poids du monde reposait sur mes épaules...devrais-je m'interrompre ou reculer et ensuite revenir?
En faisant face à la peur de découvrir la vérité.
Je ne sais comment, tout ça va marcher.
Mais je suis venu de trop loin pour faire marche arrière maintenant.

Je suis à la recherche de liberté, de liberté.
Et pour en trouver, ça m'a coûtait tout ce que j'avais.
Oui, je suis à la recherche de liberté, de liberté.
Et pour en trouver, ça pourrait me prendre tout ce que j'ai.

Je ne sais que trop bien que tout ne vient pas facilement.
Les chaines du monde semblent se déplacer solidement.
J'essaye de marcher mais si je trébuche, viens...
J'essaye de me lever mais le doute est trop fort.
Il doit y avoir un gagnant dans mes os.

Je suis à la recherche de liberté, de liberté.
Et pour en trouver, ça m'a coûtait tout ce que j'avais.
Oui, je suis à la recherche de liberté, de liberté.
Et pour en trouver, ça pourrait me prendre tout ce que j'ai.

Oh ne pas abandonner, ça a toujours été dur, si dur;
mais si je demande grâce, je n'irais pas loin.

Mhm, la vie n'a pas vraiment été tendre avec moi dernièrement, ( eh bien).
Mais je suppose que c'est un coup dur pour me booster à aller de l'avant ( oh ouais ).
Maintenant, le soleil va briller sur moi agréablement ( sur moi ouais );
Soudainement; en me disant que des choses vont se produire et je vais y croire.

Je suis à la recherche de liberté, de liberté.
Et pour en trouver, ça m'a coûtait tout ce que j'avais.
Oui, je suis à la recherche de liberté, de liberté.
Et pour en trouver, ça pourrait me prendre tout ce que j'ai.

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 12 Août 2015

Extrait de notre bulletin départemental de décembre 2014-janvier 2015

 

 

Comme tout le monde le sait, la Libre Pensée s’oppose à toute atteinte à la séparation des Eglises et de l’Etat. Ainsi nous avons fait annuler des subventions à des processions catholiques ou à des constructions de Mosquées, et récemment nous avons demandé le retrait des crèches de la nativité au conseil général de Vendée ou à la mairie apparentée FN de Béziers.

Quel ne fut pas notre crime aux yeux des militants catholiques, FN, civitas qui déversèrent un flot d’insultes sur nos pages internet dont facebook. Un de leurs arguments qui revenait le plus, était de prétexter nos « racines « judéo-chrétienne » pour légitimer la présence d’un petit jésus dans des bâtiments d’administrations publiques.

 

Parlons justement de nos racines chrétiennes» ?

A propos du terme « judéo », il est toujours cynique d’entendre ces militants nationalistes parler de racine judéo-chrétienne quand on sait que le christianisme s’est largement construit en écrasant le judaïsme.

Est-il nécessaire de rappeler que lors de la Reconquista les juifs subirent de la part des chrétiens, le même sort que les musulmans ? Que Saint Louis, le très chrétien, imposa aux juifs de porter un signe distinctif ? Est-il enfin nécessaire de rapporter, ici, les positions de la revue La Croix lors de l’affaire Dreyfus ou dans les années 30 et 40 ? Ou encore les déclarations du milicien Paul Touvier lors de son procès ; « l’Eglise suivait le Maréchal, je suivais l’Eglise. Mon devoir était tout tracé » ?

Et puis dans « racines chrétiennes », de quel christianisme parlent-on ? Depuis 1054, les catholiques et les orthodoxes se combattent. Les croisés ont même pillé Constantinople en 1204 ! Parle-t-on aussi des hérésies vaudoises ou cathares, de ces dizaines de milliers de chrétiens tués car non catholiques ? Parle-t-on du schisme entre protestants et catholiques qui provoqua de nombreux massacres comme la saint Barthélémy et des guerres de religions jusqu’à très récemment ? Parle-t-on des courants chrétiens effacés de l’histoire et éliminés dans les premiers siècles car ils voyaient en Jésus un être éthéré (les gnostiques ou les marcionites par exemple) ?

 

Et que faire des autres « racines » de l’Europe et de la France ?

Si on pouvait interviewer les peuples christianisés de force comme les saxons, que penseraient-ils de cette notion de « racine chrétienne » ? Et que dire de ces druides, chamanes et autres sorcières condamnés, ostracisés ou brûlés car païens ? De ces sites de mégalithes et de menhirs détruits par les chrétiens ?

Quelle serait la vie d’un français « de souche » aujourd’hui, s’il n’y avait de racines que chrétiennes ? Pourrait-il écrire sans l’invention de l’écriture par les sumériens, les égyptiens, les phéniciens et les grecs, d’affreux polythéistes au teint basané !? Que boirait-il si la bière ou le vin n’avaient pas été inventés par des sociétés antiques païennes ? Ce français de souche sait-il qu’homo sapiens est arrivé en Europe il y a 44 000 ans soit 42500 environ avant le baptême de Clovis ? Sait-il que ses ancêtres les gaulois vénéraient des divinités multiples, qu’ils ont construit des villes et des villages bien avant l’arrivée du christianisme (Lyon, Nantes, Paris…) ? Que ce sont les grecs qui ont créé Marseille ? Des gaulois et des romains qui ont défriché de nombreuses terres agricoles ?

Ce français utilise tous les jours des mots et manipule des concepts d’origine gauloise : caillou, cloche, mousse, blé, bouc, bruyère, érable, ruche, chêne…

Tous les jours, il utilise et emprunte des mots d’origine germanique dont la plupart ont été apportés lors des invasions barbares par d’horribles païens : accordéon, beffroi, bivouac, hussard, quenelle, bleu, bande, éperon, fief, jardin, maçon, randonner…

Que dire des emprunts faits aux arabes : abricot, alambic, café, lilas, volcan, algèbre, almanach, aubergine, bougie, camelot, caramel, douane, hasard, jupe, jarre, magasin, nénuphar, sirop, sorbet, tabouret, zénith…

Ne parlons pas des mots et concepts venus des langues anglo-saxonnes et en particulier des américains…

Même quand il mange ses plats préférés, il emprunte partout : les pâtes viennent de Chine via

l’Italie, les tomates, la dinde, le chocolat, les patates ou les cacahouètes viennent des anciens peuples d’Amérique, le yaourt de Bulgarie…

Son pyjama vient d’Inde, son anorak vient des eskimos, son pantalon d’Italie… Ses loisirs aussi viennent du monde entier, songeons par exemple à l’influence des afro-américains sans qui nous n’aurions pas le blues, le rock, le jazz ou le rap… Pensons aussi aux japonais qui nous ont apporté le judo, le yoga ou les mangas…ou aux apports des africains dans l’art du 20ème siècle…

Mais que reste-t-il à notre français de souche aux racines chrétiennes ?

Jeanne d’Arc ? Sainte, certes mais brulée sur ordre d’un évêque !

Le drapeau, la marseillaise, les départements, les communes, la devise républicaine, l’instruction ? Que des acquis de la Révolution française, elle-même condamnée par l’Eglise qui durant un siècle et plus choisira le camp de la monarchie plutôt que la République…

La science et la technologie ? On est en droit de se demander où en seraient les nouvelles technologies, les progrès médicaux et scientifiques, si la science n’avait pu s’extraire du carcan imposé par la religion ; l’héliocentrisme interdit, la dissection interdite, la théorie de l’évolution condamnée… et combien de traités scientifiques mis à l’index, planqués dans les archives du Vatican ? Combien de Giordano Bruno, de Copernic ou de Galilée ? J’espère qu’en accord avec ces « racines chrétienne» notre « français de souche n’utilise pas de moyens contraceptifs, d’IVG, ou de Fécondation In Vitro !

J’espère aussi qu’il ne croit pas en ces légendes, pratiques occultes et autres croyances qui ont survécu à la christianisation de l’Europe : Fée, fontaine miraculeuse, fantômes, esprits, dames blanches, horoscopes, korrigans, arbres magiques, magnétiseurs, magie blanche ou magie noire…

Si on retire le côté « racine chrétienne » il ne resterait pas grand-chose, pire si on retirait tous les apports hors chrétienté ! Où en serait la navigation sans les grecs ou les vikings ? L’astronomie et les maths sans les indiens et les arabes ? Même nos feux d’artifices du 14 juillet n’existeraient pas sans les chinois…

Mais que reste-t-il de cette « France de souche et de racines chrétiennes » ? Les grands hommes, les héros de la nation, les scientifiques ?!

Marie Curie, Haroun Tazief, Léon Gambetta, Georges Charpak… Le groupe Manouchian premiers résistant pendant l’occupation, les tirailleurs sénégalais, les soldats des colonies… la compagnie de républicains espagnols la Nueve première à entrer dans paris en aout 44…

 

Nos chanteurs ? Notre culture ? Nos personnalités préférées ? Toutes « française de souche » !

Gad Elmaleh, Charles Aznavour, Jamel, Zinédine Zidane, Johny Hallyday, Omar Sy, Yannick Noah, Jean Jacques Goldman, Dalida, Dave, Guillaume Appolinaire, Chopin, Alain Prost, Louis de Funes, Youri Djorkaef, Dany Boon, Kad Merad, Bergson, Camus, Zola, Isabelle Adjani, Josiane Balasko, Jean-Paul Belmondo , Alain Bashung, Serge Gainsbourg, Yves Montand, Georges Moustaki, Henri Salvador, Coluche…

 

Et Nos fêtes ?

C’est un véritable cauchemar pour nos pauvres « français de souche ».. A quoi se raccrocher ? A la crèche ! Noël voilà un truc typiquement chrétien et français ! A part peut être la date, le sapin, la bûche, les cadeaux, le père noël, les lumières, les étrennes, les rennes, la plupart des chants de noël…

 

Bien sur mon article est loin d’être exhaustif, tant la notion de « français de souche et de racines chrétiennes » est ridicule. En paraphrasant quelque peu notre ami et camarade Jean marc Schiappa, je dirais que nous n’avons pas de racines ; nous avons des origines. Ce sont les arbres qui ont des racines, ils sont figés sur place. Nous, nous savons d’où nous venons et nous sommes pour la liberté des individus à choisir où ils veulent aller.

 

Hansi Brémond

 

Les racines chrétiennes de la France, parlons-en !

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 12 Août 2015

Déclaration conjointe des « Amis d'Hypathie » (membres de l'AILP)

et du Bureau Européen de Coordination de la Libre Pensée

 

 

La richesse de l’Église chrétienne orthodoxe grecque appartient au peuple grec et non à ses créanciers. A l'instar des révolutionnaires français de 1789 qui avaient nationalisé les biens du clergé, le peuple grec est en droit de considérer que la richesse du clergé a été constituée par le travail des Grecs et lui appartient.

 

Le Parlement grec a approuvé le 22 juillet la deuxième partie du Plan imposé par la troïka, plan qui impose les privatisations, la destruction des services publics, des systèmes de santé et de retraite et du droit du travail, l'accélération des saisies et des expulsions et la diminution du pouvoir d'achat, dans le but supposé de «rembourser une dette » qui en réalité a déjà été remboursée plusieurs fois par le jeu des intérêts versés.

 

L'absence de contribution de l’Eglise grecque a déjà été évoquée. On évoque à ce sujet les œuvres sociales et les soupes populaires auxquelles le clergé contribuerait. C'est, dans le meilleur des cas, une aimable plaisanterie quand on sait que la fortune de l’Église grecque et des monastères, aussi ramifiée que multiforme, dépasse vraisemblablement le montant de la prétendue dette.

 

Une chose est facilement vérifiable les sociétés et institutions de l’Église orthodoxe posséderaient des obligations d’État rémunérées à 6 % représentant à elles seules 40 % du montant dû par le Trésor public grec et dont la Troïka exige le paiement. Et pendant ce temps les prêtres continuent à être payés sur le budget de l’État.

 

La confiscation par la loi de l'enrichissement indu lié à ces obligations permettrait de sauver des milliers de vies, des milliers d'emplois et d'équilibrer le régime de retraite ; elle permettrait, qui plus est, une contribution non négligeable à la relance de l'économie.

 

Le Bureau européen de coordination de la Libre pensée se prononce, avec les libres penseurs grecs pour :

 

- la vérité sur la richesse et les revenus de l’Église grecque et des monastères : commission nationale d'enquête !

- la confiscation par la loi de l'enrichissement indu des Eglises et son affectation aux besoins du peuple et des services publics.

- la prise en charge par l’Église grecque elle-même des salaires du clergé, ainsi que de sa couverture sociale et de son système de retraites, les frais d'entretien des églises et le paiement des impôts.

 

 

Athènes, le 4 août 2015

la  vérité sur la richesse et les revenus de l’Église grecque

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 3 Août 2015

La fédération de la Sarthe sera représentée par trois jeunes camarades.

 

Le congrès national de la Libre Pensée se tiendra du 19 au 22 août 2015 à Creil dans l’Oise.

Il sera un moment important dans la préparation active de la grande manifestation laïque du 5 décembre 2015 au départ de la place de la République, en défense de la loi du 9 décembre 2015, dont ce sera le 110e anniversaire de la promulgation.

La Fédération nationale de la Libre Pensée met au centre de sa manifestation la revendication de l’abrogation de la loi Debré du 31 décembre 1959, en vertu de laquelle 10 milliards d’euros sont détournés des fonds publics au profit de l’enseignement catholique.

La Libre Pensée entend rester fidèle au Serment de Vincennes du 13 juin 1960, soutenu par plus de 10 millions de pétitionnaires qui ont exigé : « Fonds publics à l’Ecole publique, fonds privés à l’école privée ».

Ont d’ores et déjà annoncé leur présence au congrès national et y prendront la parole :

  • Daniel Boitier, membre du Comité central de la Ligue des Droits de l’Homme
  • Pierre Tournemire, vice-Président de la Ligue de l’Enseignement
  • Jacqueline Jencquel pour l’Association pour le Droit de mourir dans la Dignité
  • Un membre du Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France
  • Andrée Thomas pour le Bureau confédéral de la CGT-Force Ouvrière
  • Alain Barbier, Secrétaire général de la FERC-SUP de la CGT
  • Pascal-Eric Lalmy, Secrétaire national à la laïcité du Parti Radical de Gauche
  • Jacques Girod pour le Bureau national du Parti Ouvrier Indépendant

Ont adressé des messages de soutien et de salut :

  • Pierre Galand, Président de la Fédération Humaniste européenne (FHE)
  • Maurice Montet, Secrétaire de l’Union Pacifiste de France
  • Le Secrétariat de la Fédération des Conseils de Parents d’Elèves (FCPE)
  • La Fédération nationale des Délégués départementaux de l’Education nationale (DDEN)

Et de nombreuses associations de Libre Pensée des cinq continents qui préparent le Ve Congrès de l’Association internationale de la Libre Pensée à Montevideo (Uruguay).

* * *

Plusieurs ouvrages seront publiés et disponible au Congrès de la Libre Pensée :

  • Pour la laïcité en Europe (étude prospective de la laïcité de 50 pays)
  • Les Actes du Colloque du 21 mars 2015 « Laïcité et libertés publiques »
  • Révolutionnaires et Libres Penseurs sous l’Equerre et le Compas

* * *

Les associations qui n’ont pas encore répondu à l’invitation de la Libre Pensée pour intervenir à son Congrès national, sont invitées à le faire savoir rapidement.

Merci de leur compréhension.

Paris, le 23 juillet 2015

Ils seront présents au congrès de la Fédération nationale de la Libre Pensée

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 10 Juillet 2015

Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 7 Juin 2015

Le Congrès départemental de la Libre Pensée réuni le 6 juin 2015 considère que l’affichage par l’évêché d’une publicité sur les murs de la cathédrale du Mans (bâtiment dont l’Etat est propriétaire) constitue une atteinte à la neutralité d’un bâtiment public, telle qu’elle est définie par la loi de 1905.

Le congrès demande aux pouvoirs publics d’intervenir pour que cette publicité disparaisse de l’espace public dans les plus brefs délais.

Photographie tirée du maine Libre

Photographie tirée du maine Libre

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 7 Juin 2015

Motion n°1 du congrès de la fédération sarthoise de la Libre pensée – 6 juin 2015

adoptée à l'unanimité

 

Réunis le 6 juin 2015 en congrès, les adhérents de la Libre pensée de la Sarthe ont fait le point sur leur campagne pour l’abrogation de la loi Debré.

 

Ils se félicitent de l’écho important rencontré par la pétition nationale exigeant l’abrogation de la loi Debré de 1959 de financement de l’enseignement privé par l’état.

 

Alors que l’article 2 de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, loi dont nous célébrons cette année le 110ème anniversaire affirme que l’Etat « ne reconnait, ne subventionne ni ne salarie aucun culte », La Loi Debré constitue la matrice de tout l’arsenal de lois anti-laïques qui l’ont suivie. Elle contraint, au mépris de la loi de 1905, au subventionnement des cultes via le financement public des écoles privées confessionnelles.

Chaque année, ce sont 10 milliards d’euros de fonds publics qui sont détournés au profit de l’Église catholique et de ses œuvres !

  • Pour la région des pays de la Loire, et pour la seule année 2014 « la région a versé 114 233 213 € aux établissements privés et 1 996 209 € » aux associations liées à l’enseignement privé soit un total de 116 229 971 euros ! Chaque année les mêmes délibérations sont reprises. Depuis le début de l’année 2015, on compte déjà 95 545 839 € versés à l’enseignement privé.
  • Le budget de la ville du Mans pour l’année 2015 nous apprend que la commune donne 404 000€ aux écoles maternelles privées ainsi que 630 000€ aux écoles élémentaires privées !
  • Dans le relevé de décision de la commission permanente du conseil général datée du 23 février 2015 on peut lire en point 13 « Soutenir l'enseignement Privé ; Il est proposé à la Commission permanente de répartir : - le forfait d'externat collèges privés part personnel entretien à hauteur de 1 886 801 €, […] - Accord de la Commission Permanente. »

Ce subventionnement permis par la loi Debré, prolongé et aggravé par les lois Rocard, Astier, Guermeur les accords Lang-Cloupet, doit cesser ! Les lois anti-laïques à commencer par la loi Debré doivent être abrogées !

A cela s’ajoute des subventions plus discrètes. Dans le journal Ouest France du 13 février 2015, on apprenait ainsi qu’une députée de la Sarthe attribuait une partie de sa réserve parlementaire à l'APEL de l'école Notre-Dame-Saint-Joseph… Quand une conseillère départementale, pour sa part, attribue en 2015 une partie de sa dotation « sports et culture » à des Organismes de gestion d’écoles privées.

Fidèles au serment de Vincennes adopté, au nom des 10 813 697 signataires de la pétition pour l’abrogation de la loi Debré, lors de la manifestation du 16 juin 1960, la Libre Pensée réaffirme son attachement au principe : Fonds publics à l’école publique ! Fonds privés à l’école privée !

 

La politique visant à développer l’enseignement privé confessionnel sur l’ensemble du territoire via les milliards de fonds publics versés à ses établissements s’est accompagnée dans le même temps de nombre de lois et mesures qui ont mis à mal l’enseignement public laïque.

Aujourd’hui, l’école de la République est à nouveau menacée par un train de nouvelles réformes dans le cadre de la loi Peillon dite « de refondation de l’école ».

Celles-ci ont comme caractéristiques communes de remettre en cause le cadre national des programmes et des diplômes, de promouvoir l’autonomie des établissements, chacun se dotant de son projet pédagogique propre (à l’image des écoles privées) dans le cadre d’un projet éducatif territorial.

 

En maintenant et en renforçant la loi Debré les gouvernements successifs de tout bord, démolissent l’école laïque, gratuite, publique et obligatoire.

Ainsi en est-il de la réforme du collège imposée de force par le gouvernement le soir même de la manifestation du 19 mai des enseignants. Cette réforme réduit les horaires des enseignements disciplinaires, en supprime certains, laisse à chaque établissement le soin de la mise en place d’enseignements ou d’activités différents dans le cadre des EPI représentant prés de 20% du temps scolaire….

 

Ainsi en est-il de la réforme des rythmes scolaires dans le 1er degré qui disloque l’organisation du temps scolaire différente d’une école à une autre, d'une commune à une autre, alourdit la journée scolaire, crée la confusion entre scolaire et péri-scolaire, et remet en cause l’égalité républicaine ; les activités dites péri-éducatives étant fonction des moyens dont disposent les communes et qu'elles veulent bien "investir".

Sur certaines communes le fait est que ce temps est devenu payant et sans contrôle autre que celui de la mairie ; toute association postulante peut se voir donner le droit d'intervenir auprès des élèves sans plus de contrôle. Qu'en va-t-il de l'égalité quand dans une commune on organise un jeu de ballon et que dans l'autre on mette en œuvre des projets artistiques subventionnés avec intervention de plasticiens ?

 

Dans ce contexte, la fédération sarthoise de la Libre Pensée apporte son soutien aux enseignants qui dans leur immense majorité rejettent ces réformes .et en demandent le retrait

 

Elle invite tous les défenseurs de la laïcité de l’école et de l’Etat à participer à la manifestation organisée par la Libre Pensée le samedi 5 décembre 2015, à Paris, pour exiger l’abrogation de la loi Debré.

Défendre l'école publique

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 24 Mai 2015

Bonjour à vous, Mesdames, Messieurs, chers membres de la Ligue des Droits de l’Homme,

Au nom du Maire du Mans, Jean-Claude Boulard, qui m’a demandé de le représenter ici ce matin, je vous souhaite la bienvenue pour ce deuxième jour et je vous remercie d’avoir choisi Le Mans pour votre 88ème Congrès annuel de la Ligue des droits de l’homme.

Nous sommes toujours heureux d’accueillir des congrès dans notre ville, mais je dois avouer qu’en tant qu’adjointe au Maire déléguée à l’égalité et la lutte contre les discriminations, je suis particulièrement heureuse que se tienne au Mans cette année celui de la Ligue des Droits de l’homme.

C’est dans les droits de l’homme que se croisent toutes les luttes contre les discriminations, la Ligue des droits de l’homme est au carrefour, et au coeur des combats pour l’égalité.

La Ligue des Droits de l’homme a une longue histoire sarthoise et mancelle. En témoignent les nombreuses rues de la ville du Mans portant les noms de ligueurs.

Le premier communiqué de presse faisant état d’une LDH au Mans date de l’an 1900, Messieurs Cottereaux et Mercier l’ont partagé avec nous et je les en remercie, ce communiqué mentionne une « lutte contre le cléricalisme, le nationalisme, pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat. » La création de la LDH au Mans a été fortement appuyée alors par Louis Crétois, président de la Libre Pensée – et je salue les camarades libre-penseurs notamment bien sûr ceux du groupe Louis Crétois présents dans la salle.

Je le souligne, car elles ne sont pas si nombreuses, par les temps qui courent, les organisations qui affirment leur combat contre le cléricalisme, les cléricalismes, la doctrine sociale de l’Eglise, et encore 100 ans après pour la défense de la laïcité de l’Etat telle que définie par la loi de 1905 et son article 2 : L’Etat ne reconnaît, ne salarie, ne subventionne aucun culte.
La liberté de conscience, de croire ou de ne pas croire, de pratiquer ou de ne pas pratiquer, sans être inquiété pour cela.

Au Mans, en Sarthe, la Ligue des Droits de l’homme tient un rôle majeur dans le débat public mais aussi dans la défense concrète des individus.
Tant de droits ont été défendus et sont encore défendus par la Ligue des Droits de l’homme. Notre histoire lui doit tant de choses…

Et tant de droits restent à conquérir ! Tant de fois nous avons besoin de faire appel à la Ligue des Droits de l’Homme pour les rappeler et les défendre.

Dans le monde, le droit de ne pas être condamné à mort, et je pense bien sûr à Georges Ibrahim Abdallah, à Mumia Abu Jamal, à Asia Bibi… et à tant d’autres. Le droit d’affirmer en France qu’on ne tue pas au nom de la République française, ce qui passera, nous y croyons, vous nous le direz après votre résolution de l’après-midi, par la réhabilitation des fusillés pour l’exemple !
Guerre à la guerre !
Guerre à la guerre aussi en Palestine, où la paix passera par le droit des peuples à l’autodétermination.

Le droit de ne pas mourir noyé parce que l’on essayait simplement de rejoindre l’Europe. Comme s’il y avait une fraternité sous conditions ! Comme si une nationalité était supérieure à une autre, apte à décréter qui doit vivre ou mourir !
Et j’ajoute à ces droits, à dessein : le droit d’acquérir librement la nationalité française.

Mais aussi, parmi les autres droits à conquérir, restent notamment ceux des personnes transidentitaires, le droit à une fin de vie dans la dignité, et bien évidemment, les droits des femmes qui, s’ils sont acquis sur le plan législatif, n’en demeurent pas moins fragiles.

La Ligue des droits de l’Homme, c’est la ligue des droits de l’Homme, avec une majuscule, des droits humains, des hommes comme des femmes. Le premier Président de la Ligue des droits de l’homme était un sénateur. Cette semaine nous étions avec une délégation du Mans au Sénat, sur invitation de notre Sénateur Maire Jean-Claude Boulard, nous avons assisté à un colloque organisé pour les 70 ans du droit de vote des femmes.
A cette occasion, la première femme sénatrice de France a rappelé ce que demandaient les suffragistes (et non les suffragettes, qui était un terme condescendant et paternaliste) : « Aux hommes tous leurs droits rien de plus, aux femmes tous leurs droits rien de moins. »

Historiquement, Le Mans est une ville qui a été construite par d’anciens esclaves, d’anciens cerfs, récemment libérés. Les valeurs défendues par la Ligue des droits de l’homme font partie de l’identité du Mans, la LDH a contribué à construire cette identité depuis plus d’un siècle.

Mais bien sûr, ici non plus, tout n’est pas acquis.
J’ai hésité jusqu’à la dernière seconde, pour savoir si j’allais vous en parler ou pas…
En parler ça peut être leur faire de la pub, paraît-il.
Mais le taire, c’est un silence complice.

Alors oui, nous accueillons à bras ouverts le congrès de la Ligue des droits de l’homme au Mans, car nous, élus républicains – républicains, au sens étymologique du terme, pas au sens sarkozyste du terme- nous élus républicains, avons besoin de la LDH.

Quand en plein conseil municipal, un élu de la République compare homosexualité et zoophilie,
Quand dans ce même conseil municipal on ose parler « d’élimination massive d’enfants » pour évoquer le droit à l’IVG.
Quand les partis politiques ont tant de mal à mobiliser et à être audibles, la LDH est une boussole indiquant la direction de la Trilogie Républicaine, pour nous marteler pourquoi et pour quoi nous nous engageons.

Et quelle plus belle réponse aux discours de haine que l’organisation ici, au Mans, de votre Congrès ; et la présence ici au Mans de Monsieur Lassana Bathily ?

La France est le pays des droits de l’homme, et Le Mans est une ville de droits de l’homme, Mesdames, Messieurs, vous êtes ici chez vous.

Bonne continuation pour votre congrès.
Salut et fraternité.

Discours de Marlène Schiappa au congrès national de la LDH

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Publié le 3 Mai 2015

Nouvelle victoire de la Libre Pensée :
Le Tribunal administratif de Rennes ordonne le déplacement du monument Jean-Paul II et sa croix qui sont sur une place publique de Ploërmel

La Fédération de la Libre Pensée du Morbihan a engagé une action pour la défense de la loi de 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat, qui en son article 28 interdit, à partir de la promulgation de la loi, l’érection de tout emblème religieux dans des emplacements publics.

En effet, le maire de Ploërmel a fait ériger une monumentale statue du pape Jean-Paul II sur une place publique, surmontée d’une croix de 10 m de haut, en violation flagrante de l’article 28 de cette loi. Comme pour la question des crèches chrétiennes, la Libre Pensée a saisi les juridictions administratives pour faire cesser cette violation de la loi.

Le Tribunal a donné raison à la Libre Pensée

Depuis, tout ce que compte la réaction la plus noire et cléricale en Bretagne vitupère contre la Libre Pensée. Ainsi, sur le site Breizatao, on peut lire ceci : « Statue du Pape à Ploërmel : le demi-juif polonais Pierrick Le Guennec et la Libre Pensée (trotskyste) veulent la faire disparaître. »

Sous une photo de notre camarade, cerclé de rouge comme pour désigner une cible pour un tir au fusil, on lit : « Le demi-juif polonais Pierrick Le Guennec, cadre de la Libre Pensée, une organisation trotskyste liée au Grand Orient de France »

Cela pourrait prêter à rire, car ce genre de délire relève plus de la médecine que de la politique. Mais comment ne pas se rappeler que ces gens-là ont indiqué « qu’un vent de liberté a soufflé sur la Bretagne entre 1940 et 1944 », période où la Bretagne, comme le pays tout entier était occupée par les troupes de l’Allemagne nazie. Ce « vent de liberté » a conduit un grand nombre de Breiz Atao à revêtir l’uniforme noir de la Milice de Darnand, pour les uns et l’uniforme vert de gris des Feldgrau pour les autres.

 

Totalitaire et antisémite un jour, totalitaire et antisémite toujours !

Tous ceux qui ont pris position contre les actes, attentats et déclarations antisémites du début de l’année sauront faire de même dans l’affaire de ces menaces de Breizatao et apporteront l’expression de leur solidarité à la Libre Pensée et à son représentant ici clairement désignés.

La Libre Pensée entend, plus que jamais, tout entreprendre pour la défense inconditionnelle de la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat de 1905. C’est pourquoi, elle organise une manifestation nationale laïque, à laquelle elle invite à participer tous les laïques partisans de la défense de la loi de 1905 qui, en instituant la Séparation des Eglises et de l’Etat, garantit notamment la liberté de conscience et d’expression de tous les citoyens.

Le samedi 5 décembre à 15 H

Place de la République à Paris

Pour l’abrogation de la loi Debré !

Pour la défense de la loi de 1905 !

Paris le 3 mai 2015

 

 

Statue du Pape à Ploërmel : Le demi-juif polonais Pierrick Le Guennec et la “Libre Pensée” (trotskiste) veulent la faire disparaître

Le demi-juif polonais Pierrick Le Guennec, cadre de la “Libre Pensée”,

organisation trotskyste liée au Grand Orient de France (breizatao.com)

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #laïcité

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Publié le 29 Avril 2015

Le 28 avril 2015, le conseil municipal de la Chapelle-Gaugain a renommé la place de la Poste en place des « sœurs franciscaines, servantes de Marie ». A cette occasion, une cérémonie, une visite de l’Eglise et un vin d’honneur étaient organisés sous l’égide de la municipalité et en présence des évêques de Blois et du Mans.

Une nouvelle fois, la laïcité est bafouée par des élus qui apposent un nom religieux sur une place publique avec la complicité des autorités religieuses. Les libres penseurs et les laïques s’interrogent également sur la confusion entre une cérémonie religieuse et une manifestation municipale officielle.

 

Libre Pensée de la Sarthe

Le Mans, le 28 avril 2015

 

 

 

ci dessous  ; article extrait de l'Echo de la vallée du Loir

Respect de la Laïcité à la Chapelle Gaugain !

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #laïcité

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Publié le 12 Avril 2015

Je vous invite à découvrir une personnalité qui a marqué la vie politique de Sablé durant la première moitié du 20ème siècle. 

Élise, son arrière grand-mère, était une esclave née dans l’île de la Guadeloupe. Elle devient libre au moment de la naissance de son fils Gustave né de père inconnu. Cette toute nouvelle liberté lui a donné un  patronyme : celui d’Élizé.  

Suite à l’abolition de l’esclavage, en deux générations, la famille Élizé est devenue une famille noire aisée. Augustin Élizé est inspecteur des impôts au Lamentin en Martinique.  Son fils Raphaël y naît le 4 février 1891, il a 7 frères et sœurs.

 

1902 : l’explosion de la Montagne Pelée

Fin avril-début Mai 1902 : le volcan est menaçant : les enfants Élizé son déjà à l’abri à Fort de France avant qu’Augustin Élizé ne les rejoigne in-extrémis par le dernier bateau qui quitte Saint-Pierre.

Sur les 40 000 habitants, 30 000 ne peuvent s’enfuir  et périssent à l’exception d’un seul, retrouvé au fond de la prison…

Les Élizé sont sains et saufs, mais ils ont tout perdu.

La famille se réfugie en France

Ils quittent la Martinique pour Paris où le gouvernement a décidé d’ouvrir les lycées de la capitale aux martiniquais réfugiés.

Les conditions de vie sont difficiles pour la famille mais Raphaël peut poursuivre ses études: il obtient son baccalauréat. Alors que ses parents repartent en Martinique en 1910, il est admis au concours à l’école vétérinaire de Lyon où les études sont gratuites.

Juillet 1914 : Il obtient son diplôme de médecin vétérinaire.

Août 1914 : Il est rattrapé par la guerre. Il devient vétérinaire au front. Son dévouement et son courage sont reconnus « n’hésitant jamais à se porter au cours des batailles sur les points les plus exposés, donnant des soins aux animaux de trains de combat au milieu des bombardements et des nappes de gaz délétères ». (général Marty)

Il est décoré de la croix de guerre  puis démobilisé en août 1919.

Octobre 1919 : arrivée à Sablé accompagné de Caroline, d’origine martiniquaise, épousée en mars.

Il a dû choisir un point de chute pour exercer son métier : ce sera Sablé.

Pourquoi ? c’est une région d’élevage où il n’y pas de vétérinaire, seulement des « hongreurs » qui castrent les chevaux, vétérinaires à l’occasion, mais sans titre officiel.

Rapidement, ses qualités professionnelles et humaines sont reconnues…malgré la couleur de sa peau !  

 

« Une école égale pour tous, faire que tous les élèves indistinctement puissent être admis au prix d’un modeste effort à recueillir les fruits du savoir, permettre aux jeunes de devenir des êtres réfléchis, des hommes, fiers de leur Culture, de leur Histoire, capables de se servir des outils de la Connaissance ».  Raphaël Élizé

 

Raphaël s’intéresse aussi à la vie locale et occupe des postes dans plusieurs organismes où son sérieux et son souci du bien public sont incontestables.

En 1923, le statut de vétérinaire ayant été modifié (il faut être titulaire d’un doctorat), il l’obtient en présentant un thèse remarquée intitulée «  les effets physiologiques et pathologiques des toxines du lait des animaux tuberculeux ».

 

1924 : il adhère à la SFIO

En relation avec la situation politique et sociale des années 20, il adhère à la section SFIO de Sablé en 1924. Reconnaissant envers la République qui permet à tous ses enfants, fussent-ils Antillais, d’accéder à toutes les fonctions au seul mérite de leur vertu et de leurs capacités, Raphaël Élizé défend les valeurs issues de la Révolution française : Liberté, Egalité, Laïcité, Amitié entre les peuples.

1925 : il est élu conseiller municipal sur la liste socialiste du maire sortant qui n’obtient que 7 sièges sur 23.

1929 : il est élu maire, ce qui fait de lui le « premier maire de couleur de la France métropolitaine » ;

1935 :  il est réélu.

 

Ses réalisations sociales

Attaché à l’amélioration des conditions de vie et de travail de la population laborieuse, ses mandats sont marqués par des réalisations sociales qualifiées quelquefois de « modernistes » !!

1930-1931 : il a pour projet la construction d’une maternité car « de toutes les communes importantes de la Sarthe,, Sablé est seule à ne posséder ni Goutte de Lait*, ni consultation de nourrissons , ni maternité ; le corps médical de Sablé a signalé à

plusieurs reprises que beaucoup d’accouchements se font dans des conditions d’hygiène  les plus défavorables ».  Il souhaite la création d’une école primaire supérieure au sein du Collège afin d’accueillir les meilleurs élèves issus du primaire.

Il modernise l’hospice, apporte son soutien à des manifestations sportives ou culturelles.

Il fait adopter par son conseil un vœu en soutien à la jeune République espagnole : « Nous sommes nous-mêmes issus d’une révolution  et nous jouissons à ce titre d’un régime de liberté que nous souhaitons voir s’étendre aux peuples qui nous entourent… ».

- 1933 : alors que le chômage persiste (suite à la crise de 1929), il obtient l’ouverture d’un fonds de secours (60% Etat, 40% Commune)….

- 1934, sa proposition d’ouvrir une colonie de vacances dans le parc de la ville dont le but est «de soustraire aux risques de la rue, durant la période de vacances, les enfants dont les parents sont retenus au-dehors par leurs occupations journalières »  est repoussée d’une voix .

- Il organise un arbre de noël pour les familles démunies avec distribution de deux paniers : l’un contenant des victuailles et des vêtements, l’autre des jouets.

- 1936, afin d’accueillir les syndicats qui se sont développés, il ouvre une Maison du peuple : une coopérative ouvrière est créée, ainsi qu’un « collège du travail »  qui propose des cours de formation.

Des cours gratuits d’espéranto sont donnés au cours complémentaire. Raphaël Élizé souhaite que l’espéranto soit enseigné et introduit progressivement dans les programmes scolaires.

Un comité d’accueil pour les réfugiés espagnols est créé.

Il propose la construction d’une piscine (ce sera la première homologuée de l’ouest de la France) qui sera finalement construite et inaugurée en 1938…avec des tarifs modestes.

 

1937 : Aménagement d’un stade (avec vestiaires, lavabos, douches et tribunes) utilisé par les équipes de l’association sportive sabolienne.

  Cette année là, une terrible épreuve frappe le couple Élizé : Janine, leur fille unique de 17 ans, succombe  des suites d’une appendicite diagnostiquée trop tard.

 

Février 1938 : ouverture de la maternité « Goutte de lait » (3000 paniers distribués dans l’année).

1939 : de nouveau rattrapé par la guerre : il est mobilisé comme capitaine vétérinaire dans l’Aisne.

1940 : son régiment se replie en zone libre : il n’a qu’une idée en tête : retourner à Sablé pour reprendre son activité professionnelle, ce qu’il obtient finalement en août.

 

Il est déchu de sa fonction de maire par les nazis

1940-1943 : il se consacre alors à sa profession de vétérinaire. Il bénéficie d’une autorisation de circuler en voiture et « à bicyclette à moteur » jour et nuit à Sablé et dans la campagne environnante.

 

Raphaël Élizé et la résistance…

Il est difficile de définir quelle place et quel rôle il a pu jouer : par définition la clandestinité et la discrétion sont de rigueur dans ce cas. Quelques témoignages de ses proches rapportent des faits qui laissent supposer qu’il a pu apporter des informations à la résistance locale (Il possédait un Ausweiss et parlait couramment l’allemand). Il était au courant de l’interprétation de certains messages personnels diffusés par la BBC. Pendant sa déportation et après sa disparition, son rôle de résistant a été officiellement reconnu.

« Il est incompréhensible pour le ressentiment allemand et pour le sens du droit allemand, qu’un homme de couleur puisse revêtir la charge d’un maire. De même, il est insupportable à l’administration militaire et à l’armée allemande de reconnaître comme maire en territoire occupé un homme de couleur, ni de discuter avec lui. Il n’existe donc aucune raison pour le préfet de réintégrer cet ancien maire dans ces fonctions. »

(lettre adressée au préfet le 9 août 1940 par la Feldkommandantur 755 du Mans).

 

De Gaulle, chef du gouvernement provisoire de la République Française, de passage à Sablé en juillet 1944, rendit hommage au résistant. En juin 1945, Ferdinand Lemaire, président du Comité de Libération apprendra officiellement aux saboliens sa disparition  en précisant qu’il avait adhéré au premier mouvement de résistance local organisé par Michel Lemore.

 

- Septembre 1943 : déportation. 10 jours après le démantèlement du réseau Max-Buckmaster, il est arrêté, emprisonné à Angers puis transféré près de Compiègne avant d’être acheminé à Buchenwald. Il travaille dans une usine d’armement, matricule 40 490.

9 février 1945 : mort tragique. L’usine et le camp sont bombardés par les alliés : grièvement blessé, Raphaël Élizé meurt le soir même. Son corps ne sera jamais retrouvé.

Octobre 1945 : le conseil municipal de Sablé donne le nom de Raphaël Élizé à la place de la mairie.

Mars 1946 : décès de Caroline Élizé à 55 ans.

 

Raphaël Élizé, homme de grande culture

Pour terminer et compléter cette biographie, il faut ajouter que Raphaël Élizé était  passionné par la littérature, la poésie, la musique et les arts en général. Pratiquant lui-même la peinture, la photographie. La maison que le couple Élizé occupait au 16 de la rue Aristide Briand  à Sablé accueillait  chaleureusement la famille, les amis, les artistes.

 

Gérard Désiles

 

 

Sources : Raphaël Élizé (1891-1945) Premier maire de couleur de la France métropolitaine par l’association locale Passé Simple aux éditions du Petit Pavé .

 

A signaler :

-En 2011, la ville du Mans a inauguré une place à son nom dans le quartier de l’université ;

-l’impression d’un timbre à l’effigie de Raphaël Élizé en 2013 ;

- la sortie d’un  film remarquable « Le métis de la République » de Philippe Baron diffusé sur France3 et Martinique 1ere (mars 2014).

 

* La Goutte de lait  : A la  fin du 19ème siècle, la mortalité infantile  importante est due à l’entérite, la tuberculose, l’alcoolisme maternel, les conditions d’hygiène et de nutrition  déplorables. En 1894, à Fécamp, le docteur Léon Dufour crée la première « Œuvre de la Goutte de Lait » destinée à lutter « contre le mauvais lait » (souvent contaminé), facteur de cette mortalité. Son principe : tout d’abord encourager l’allaitement maternel ; dans le cas d’allaitement mixte, l’œuvre fournit le lait qui a subi des contrôles, a été pasteurisé et « humanisé » pour le rendre plus digeste  : les mères de famille reçoivent leur panier de 8 à 10 biberons stérilisés tous les jours en échange des biberons vides  et de la tétine de la veille ; d’autre part des consultations de nourrissons sont organisées.

 

 

Un destin hors du commun :  Raphaël Élizé (1891-1945)
Un destin hors du commun :  Raphaël Élizé (1891-1945)

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #histoire locale

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Publié le 28 Février 2015

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Revolution Française

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Publié le 16 Février 2015

Pour alimenter la réflexion de tous, nous vous proposons un article de notre camarade et ami ; Jean Marc Schiappa.

Article à paraitre dans le prochain Bulletin de la Libre Pensée de paris
"" Charlie or not Charlie, that is not the question.

Apprendre en direct l’assassinat de dessinateurs est un choc que des millions de gens ont partagé. Devoir admettre, par exemple, que Cabu « le grand Duduche » de nos années de lycée, est mort assassiné est cruel. Des jours de folie et de consternation. Une émotion légitime.
Nous ne savons pas les tenants et les aboutissants de ces crimes, de tous ces crimes de ces quelques jours. Et ce n’est pas la confirmation a posteriori de la revendication de l’assassinat par un groupe à l’étranger qui nous fera changer d’avis. Dans ces hypothèses, tout est possible, même le plus ignoble.
Ce sur quoi nous voulons insister est sur ce qui s’est passé après, The day after comme disent les Américains, en sachant que je n’épuiserai pas le sujet.
On dit que la liberté d’expression ne se partage pas, que le droit à la caricature est indispensable, etc, etc. Toutes choses auxquelles nous souscrivons mais alors pourquoi quand un journal marocain publie une caricature de Hollande en nazi, les officiels français s’insurgent-ils ? N’y a-t-il pas deux poids et deux mesures ?
Dans les rassemblements, on trouvait, incontestablement, une écrasante majorité de gens indignés et émus (car une manœuvre politique d’ampleur n’est possible que sur la base d’un sentiment de masse qu’il faut utiliser et dévoyer). Mais il n’y avait pas que cela, loin s’en faut. Dans cette grande marche républicaine et œcuménique, majestueuse et pacifique, sur laquelle soufflait l’Esprit (saint ?) du 11 janvier, qui tenait à la fois de la descente des Champs-Elysées par de Gaulle en 1944, de la ruée sur les grands magasins à l’ouverture des soldes et du carnaval de Dunkerque, on a vu des drôles de choses. Des policiers applaudis un peu comme on applaudissait les paras sur le Forum à Alger en mai 58. On a vu dans ce rassemblement du peuple français (en général, c’est la terminologie qu’utilise la petite-bourgeoisie quand elle se retrouve), des drapeaux israéliens. S’il y avait eu des drapeaux palestiniens ou algériens, on aurait crié au communautarisme. N’y a-t-il pas deux poids et deux mesures ?
On a vu, au premier rang, outre le pathétique Sarkozy, tout ce que l’Univers compte de corrompus, de tortionnaires, de censeurs, ceux qui bombardent le Mali avec ceux qui censurent en Turquie, les néo-nazis ukrainiens et les dictateurs africains. Le ministre américain de la Justice (ne pas dire le ministre de « la justice américaine », cela n’existe pas) n’est venu que le matin, il devait certainement établir les nouvelles statistiques d’enfants noirs tués par ses services. Ce même monde de dirigeants, manifestant sous la banderole invisible « au rendez-vous des assassins », s’est retrouvé aux obsèques du Roi d’Arabie saoudite, le grand démocrate qui fait fouetter en public les blogueurs (au nom de la liberté d’expression sans doute) et qui finance les réseaux terroristes (cela est devenu un secret de polichinelle). A propos de terroristes et de Daech, il y a un tout petit problème (ou quelques-uns, ne chicanons pas) : après avoir été créé par les services américains au moment où la chute du « dictateur sanglant » El-Assad (faut-il republier les discours de Fabius et de BHL, dans son rôle habituel de chien de cirque bien dressé et bien pomponné ?) était indispensable et après que l’impérialisme changea de stratégie, la créature échappa à son créateur. Du Golem à Frankestein, la chanson est connue. Et Daech sème la terreur, la mort et la destruction (détruisant des pièces historiques et archéologiques rares, dans la lignée de ce que fit l’armée américaine en Irak) mais Daech vend du pétrole. Enormément de pétrole. Que Daech vende du pétrole est dans sa logique (il faut financer une guerre), le problème est de savoir qui achète du pétrole à Daech ?
En France, pays des droits de l’homme, la police interroge des enfants de moins de dix ans ; l’administration suspend des enseignants, au mépris de tout règlement. Ce sont les enfants et les enseignants qui sont la matrice du terrorisme, c’est bien connu. Mais, les terroristes, les vrais, on apprend après (toujours « après ») qu’ils étaient connus et surveillés. Merah, les frères Kouafi, Coulibaly (de Paris), Coulibaly (de Nice). Tous connus et surveillés mais tous passant à travers les mailles du filet. Comme dans toute tragédie shakespearienne, le grotesque n’est pas loin : un type attaque avec un couteau trois militaires armés et ce sont deux employés du tramway, si j’en crois la presse, qui le maitrisent. Nous sommes protégés, vous dis-je. Ou peut-être faut-il habituer la population à la présence de soldats en armes, en tenue camouflée (dans les rues de Paris, c’est d’un utile !) ?
On somme tout musulman (à quoi le reconnait-on ? je suggère qu’ils portent un signe distinctif comme, je ne sais pas, disons, un losange vert) de désavouer les attentats. Tous coupables. Si ce n’est toi, c’est donc ton frère. Tous les musulmans sont identiques, interchangeables (on a du mal à les reconnaitre, peut-être ?), chiite, sunnite, pratiquant ou non le ramadan, du Maroc ou de Barbès, Bourguiba le musulman, Nasser le musulman, et tant d’autres qui ont fait avancer la laïcité et le droit des femmes dans leurs pays, Ben Laden, l’épicier en bas de chez vous, tout çà, c’est la même chose, kif-kif. On a l’impression qu’ils viendraient tous d’un même pays imaginaire : la Musulmanie, comme le dit très justement une interview dans Le Courrier de l’Atlas.
Mais quand une milice chrétienne a enlevé une française en Afrique (elle fut libérée et tant mieux !), a-t-on demandé aux chrétiens de désavouer ? A chaque plasticage en Corse, dois-je créer une page facebook « not in my name » ou, plus précisément, « micà cù me » ? On cherche le bon musulman, le musulman modéré, comme on cherchait hier « le bon nègre » , en un mot, le « harki ». Ah, s’il y avait eu plus de harkis, on aurait gardé l’Algérie et on n’en serait pas là !
Cette folie collective est créée et entretenue par l’Etat et ses sommets, aux relents xénophobes revendiqués (le 24 septembre 2013, M. Valls a déclaré : « Les Roms sont des populations aux modes de vie différents des nôtres »). Il n’y a pas un jour sur n’importe quelle chaine de télévision sans une émission, un reportage, un entretien sur la question « islam et terrorisme », « j’ai échappé au djihad », « Charlie, un mois après » etc.
Rachida Dati n’est pas une amie politique, loin s’en faut, ; je combats ses idées, sa politique, le blingbling people etc mais, son témoignage est précieux : elle a indiqué (et elle est doublement bien placée pour le dire) que c’est dans l’élite (les gens qui s’appellent ainsi) que le racisme est le plus grand. Le racisme est toujours un racisme de la classe possédante utilisant la petit-bourgeoisie effrayée. Il s’agit des déclassés en Allemagne d’après 1918, des bobos en France, ceux qui sont leurs propres patrons, ceux qui sont dans la création, la com’, la pub’, qui ouvrent un restau light-bio-cuisine du monde en faillite dans trois mois, qui sont terrorisés parce que la crise économique va les frapper durement et qui tournent leur haine avec un réflexe de petits blancs). La lutte de classes, décidemment, n’a pas disparu.
Certains essayent de réfléchir, de garder leur lucidité, surtout, ne pas hurler avec les loups. Qu’ils en soient remerciés. Ils n’ont pas remplacé leur cerveau par le doigt de la télécommande ni leur réflexion par une minute de silence (ah ! tiens, voila une belle invention, aussi : au moment où il faut parler, expliquer, argumenter, surtout dans les lycées et collèges, on demande de se taire. Réfléchissons à ce paradoxe : la défense de la liberté d’expression s’est manifestée par une minute de silence !).
Parfois, cela prend la forme d’un dessin. Un journal que je n’apprécie pas, Le Monde, publie un dessin dans son édition du 10 février : le 1er personnage dit « j'ai troussé un petit texte pour défendre la laïcité » et il tend un papier au 2e personnage en ajoutant « de la nostalgie ! du sentiment ! de l'engagement ». Le 2e personnage lit et dit « Bon...çà sent tellement le catéchisme bobo condescendant que même à moi, athée convaincu, çà me donnerait envie de faire le djihad » .
D’autres ont expliqué (désolé, je ne trouve plus la référence exacte) que choisir le slogan « je suis Charlie » était une erreur de taille parce que, de fait, cela demandait à chacun des musulmans vivant en France, de choisir entre un journal qui les offense (ce qu’ils ont le droit de penser) et … un journal qui les offense (ce slogan exclue également les autres victimes, au passage). Résultat, la grrrrrande marche du 11 était étrangement homogène ; une fois de plus, l’analogie avec les manifestations pro-Algérie française auxquelles les musulmans étaient conviés, à grand renfort de camions de parachutistes, vient à l’esprit.
Nous, libre-penseurs, entretenons avec Jean Baubérot un dialogue, respectueux et constructif ; respectueux parce que nous ne sommes pas toujours d’accord mais que l’anathème n’est pas de mise, constructif parce que Baubérot sait de quoi il parle. Son interview dans l’Express du 6 février explique que l’action de politiques depuis des années « donnerait un Etat non plus laïque mais partiellement athée. Or, dans la loi de 1905, l'obligation de neutralité est faite à l'Etat et à ses représentants, pas aux citoyens. ». Il prend l’exemple du « foulard » (en théorie, c’est un petit morceau de tissu, c’est devenu quelque chose d’aussi dangereux que la guerre thermonucléaire, à en croire certains) : « Il s'agissait d'une interdiction limitée aux élèves mineurs des écoles publiques. En dehors, le port du foulard restait légitime. Or, pour obtenir cette interdiction, on a procédé à une dénonciation globale du foulard, traduit comme étant toujours un outil de soumission de la femme... » et il ajoute « La laïcité est utilisée à géométrie variable, et de façon plus sévère et injuste envers l'islam. En 2010, le FN a d'ailleurs fait de la laïcité l'une des pièces maîtresses de son argumentaire identitaire ». A méditer…
Pour les libre-penseurs, toutes les religions se valent et doivent être combattues ; pour un libre-penseur authentique, il est indigne de mettre sur le même plan Mme Bettancourt, Mme Chirac, M. Arnault de LVMH, M Bolloré et la femme de ménage des gares SNCF ou le livreur de supermarchés (peu importe leurs religions respectives ou leurs opinions philosophiques). En fait, on tape toujours sur la partie la plus exploitée et la plus opprimée du prolétariat en France, celle qui n’a pas accès aux plateaux télévisés où on papote doctement, celle qui n’a pas de compte en Suisse, celle qui ne parle pas correctement français et qui se bat pour que les enfants aillent à l’école, celle dont les enfants, justement, servent de traducteurs dans les réunions parents-professeurs, celle dont les enfants savent déjà que leur avenir est fait de marasme et de chômage. On essaierait de diviser la classe ouvrière qu’on ne s’y prendrait pas mieux.
Un libre-penseur sait, par l’Histoire, par la pratique, par la vie de tous les jours, que la laïcité est un combat démocratique, non d’exclusion mais d’égalité.

Jean-Marc Schiappa "

Charlie or not Charlie, that is not the question

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #lutte des classes

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Publié le 14 Février 2015

Le 13 février 2015

Libre Pensée

Fédération de la Sarthe

Maison des Associations

Rue d’Arcole

72000 Le Mans

 

 

 

Madame la Préfète

 

 

La presse et les médias ont relaté votre participation à l’ inauguration de la mosquée de Sablé le 5 février 2015.

La Fédération départementale de la Libre Pensée considère que votre présence ainsi que celle du sous-préfet et du Maire de Sablé constitue une atteinte au régime de séparation des Eglises et de l’Etat établi par la loi du 9 décembre 1905.

En effet, le principe fondamental de cette loi est la garantie, pour chaque citoyen, de l’exercice de la liberté absolue de conscience dont découle le libre exercice des cultes. A cette fin, la loi interdit à l’Etat de reconnaître, de salarier ou de subventionner les cultes. La religion est ainsi devenue une affaire strictement privée. Les citoyens ont donc le droit de croire ou de ne pas croire, mais la République, le gouvernement, la région, le département comme la commune ne peuvent reconnaître des communautés religieuses ni promouvoir des religions sous quelque forme que ce soit.

L’inauguration d’un lieu de culte (en l’occurrence ici d’une mosquée) relève de ceux qui se reconnaissent dans ce culte : les représentants de la République (Préfet et élus) n’ont pas à y participer .

Le Préfet a pour rôle de faire respecter les lois, il est le garant de l’Etat et des valeurs de la République dont la laïcité ; la neutralité s’impose donc à sa fonction.

« Je veux l’Etat chez lui et l’Eglise chez elle » avait déclaré Victor Hugo dans son discours contre la loi Falloux en 1850. Aujourd’hui cette exigence est plus que jamais d’actualité.

Après les meurtres odieux de janvier et la tentative d’utiliser la journée d’émotion nationale du 11 janvier pour la dévoyer, la Libre Pensée s’inquiète de l’institutionnalisation des religions comme représentants des citoyens.

Reconnaître le communautarisme, addition d’intérêts religieux particuliers, est la négation de la concorde civile entre citoyens libres et égaux en droits.

La République n’est ni chrétienne, ni juive, ni musulmane ou libre penseuse, elle est laïque.

Les représentants de l’Etat et les élus de la République doivent respecter la législation en vigueur.

Veuillez agréer, Madame la Préfète, l’expression de nos salutations républicaines et laïques.

 

Pour la fédération Libre Pensée 72

Le Président : Hansi Brémond

Le Vice-Président : Gérard Désiles

image Maine Libre

image Maine Libre

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #laïcité

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Publié le 12 Février 2015

Une victoire de plus de la Libre Pensée en faveur de la loi de 1905 !

 

Communiqué de La Fédération de Haute-Savoie de la Libre Pensée

 

* * *

Vierge de PUBLIER : une victoire de la laïcité !

Le Tribunal Administratif condamne la Commune et son Maire

 

Les juges ont dit le droit. Ils ont donné raison à la Libre Pensée. C'est une victoire de la laïcité. C'est une victoire de la liberté de conscience des citoyens. En effet, la République n'est pas catholique, pas plus qu'elle n'est  protestante, ni juive, ni musulmane, ni bouddhiste, ni multi-confessionnelle, ni même athée. Elle est tout simplement laïque. Comme le disait fort bien le libre penseur Victor Hugo «  l’État chez lui, l’Église chez elle »

 

La Libre Pensée est à l'origine avec Ferdinand Buisson, Aristide Briand et Jean Jaurès, du vote de la Loi de Séparation des Églises et de l’État de 1905. Celle-ci abroge le Concordat bonapartiste et garantit la liberté de conscience des citoyens.

 

Article 1 La République assure la liberté de conscience …

Article 2 La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte...

 

Le Tribunal Administratif de Grenoble, au nom du Peuple français,

  • « considérant qu'aux termes de l'article 28 de la Loi du 9 décembre 1905 : « « Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions »

 

  • « Considérant que la statue de la Vierge portant l'inscription « Notre Dame du Léman veille sur tes enfants » constitue un emblème religieux ; qu'il est constant que le terrain sur lequel elle a été édifiée est un parc public ; que dès lors… la commune ne pouvait légalement autoriser l'installation de cette statue sur le domaine public communal »
  • « décide d'annuler les décisions en date du 7 novembre 2011 par lesquelles le Maire de PUBLIER  a refusé de déplacer la statue de Notre Dame du Léman en dehors du domaine public communal »

 

Mr Gaston Lacroix confond sa charge de Maire de la Commune et la mission pastorale d'homme d'Eglise.  Il bafoue la liberté de conscience des citoyens. N’a-t-il pas déclaré dans le Dauphiné Libéré du 14/08/11 « Cette Vierge est un repère dans une société qui n’en a plus ». Depuis quand un Maire de la République utilise-t-il sa fonction pour indiquer aux citoyens les repères qu’ils doivent avoir ? Est-il de la compétence d'une Commune d'indiquer qu'un dieu ou une déesse existe et d'en faire la promotion avec l'argent du contribuable ?

 

En 2011, Mr Lacroix a été contraint par l'action des libres penseurs, des laïques et du Sous-Préfet de Thonon représentant l’État de rembourser à la commune les 34 846,50 € qu’il avait pris indûment sur les deniers publics, sans consultation préalable du Conseil municipal. L’Église catholique a alors racheté la statue.

 

Aujourd'hui, après cette décision de justice, Mr Gaston Lacroix, s'il est républicain et respectueux des lois comme devrait l'être un Maire, doit  procéder à l'enlèvement de cette statue.

 

S'il ne le fait pas, la Libre Pensée s'adressera au Préfet de la Haute-Savoie et mènera campagne. Elle en appellera à la mobilisation de tous les citoyens et des organisations se réclamant de la laïcité.

 

 

Annemasse, le 4 février 2015

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Publié le 9 Février 2015

Extrait du bulletin de la Libre pensée de la Sarthe (janvier 2014)

 

 

Août 1914 : vous parlez allemand, ou vous êtes anarchiste, ou syndicaliste, ou antimilitariste, ou encore marchand ambulant, ou travailleur étranger depuis plusieurs années dans les entreprises françaises ; vous êtes Belge ou Alsacien-Lorrain évacué des « zones sensibles » ou tout simplement étranger en déplacement ou vacances : vous êtes suspect donc « indésirable » et susceptible d’être interné arbitrairement dans l’un des 70 camps qui couvrent le pays à l’image de celui de Précigné près de Sablé sur Sarthe.

C’est ainsi que 2116 hommes, femmes ou enfants, de 40 nationalités différentes ont été internés dans le petit séminaire, bâtiment religieux vacant depuis la loi de séparation de 1905. Colonie appelé officiellement camp de concentration durant la période 1914-1919.

 

Des faits que l’association locale « Passé Simple » a ressorti des oubliettes de l’histoire. Marie-Jeanne Buisneau a consulté, et ce, pendant 4 ans ! les milliers de documents ( fiches d’identité et les courriers afférents à la vie du centre) entreposés sur plus de 5 mètres de rayonnages aux archives départementales de la Sarthe.

Un ouvrage remarquable a été élaboré par les adhérents de l’association. Il a pour titre « La Colonie de Précigné », et a été publié par les éditions du Petit pavé en 2009.

 

Ce livre décrit avec de nombreux détails la vie et les conditions d’hébergement difficiles d’un population bigarrée dans des bâtiments vétustes, avec son lot de misère et de souffrances . En janvier 1915 la colonie de Précigné compte 413 hommes, 198 femmes, 53 enfants. Un « ouvroir » (atelier pour femmes) est installé où elles confectionnent des vêtements. Les hommes sont occupés à différents travaux d’aménagement et d’entretien . Ils fabriquent aussi des matelas et des galoches ou font de l’étamage dans des ateliers ouverts tous les jours sauf le dimanche. Certains vont travailler à l’extérieur dans des fermes qui ont besoin de main d’œuvre à bon marché ou encore dans des exploitations forestières et entreprises des environs ; évidemment les tentatives d’évasion sont nombreuses (114 au total pour 46 évadés repris).

Une salle a été aménagée en école où 2 instituteurs prisonniers assurent la classe (30 élèves fin 2015). Chaque dimanche matin une messe est célébrée dans la chapelle de l’ex-séminaire par le curé du village.

S’alimenter correctement, souffrir le moins possible du froid, de la promiscuité( 800 prisonniers fin 1915), se maintenir en bonne santé sont les préoccupations quotidiennes des internés.

Pendant ces quatre années, 7 naissances et 71 décès ont été enregistrés.

Après la fin de la guerre (armistice du 11 novembre 1918)et jusqu’à la signature du traité de Versailles le 28 juin 1919, le camp va se vider progressivement (il reste encore 166 détenus d’origine étrangère). A partir de cette date (levée de l’état de siège sur tout le territoire), les autorités n’ont plus le droit de retenir arbitrairement des individus sans jugement et sans garanties républicaines.

 

Gérard Désiles

 

Victor Kibaltchiche (dit Victor Serge) parmi les Indésirables.

Un des épisodes de la vie tourmentée  de l’écrivain anarchiste(1890-1947) se déroule à la Colonie de Précigné où il a été interné du 18 avril 1918 au 2 janvier 1919.

Il y retrouve un quarantaine de révolutionnaires qualifiés de bolchéviks. Victor serge n’aura de cesse d’adresser des courriers aux autorités pour dénoncer le manque  de nourriture ou les conditions déplorables de vie au camp.

Il y fait référence dans son livre « Mémoires d’un révolutionnaire »

 

1914-1919 : un camp d’internement pour « Indésirables » à Précigné (Sarthe)

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Publié le 9 Février 2015

Extrait du bulletin de la Libre pensée de la Sarthe - janvier 2014

 

Militant du mouvement ouvrier et démocratique sarthois fin 19è début du 20è siècle, méconnu aujourd’hui, Léon Deschamps a pourtant marqué de son empreinte la vie sociale et politique locale.

Né le 6 juillet 1849 à Campeaux (Calvados) où son père est instituteur. Bachelier ès lettres, il enseigne dans différents établissements de la région avant d’être nommé en 1885 professeur d’histoire et géographie au Lycée de garçons du Mans jusqu’à sa retraite en 1910.

 

Son itinéraire politique :

1888 : il est élu conseiller municipal sur la liste conduite par le radical Anselme Rubillard. Il se fait remarquer par son franc-parler, son souci de l’intérêt général, ses prises de positions anticléricales. (réélu en 1892 et 1896).

En 1895, il participe (avec Louis Crétois) à la création du Groupe Central Socialiste. Partisans d’une alliance avec les radicaux, ils fondent en 1897 « le Groupe Républicain Socialiste » « dans le but de provoquer ou de préparer l’application du programme républicain radical et des parties réalisables du programme socialiste » sur les positions suivantes : révision de la constitution ; dénonciation du concordat ; impôt progressif sur le revenu ; autonomie communale et départementale ; liberté d’association, liberté personnelle ; instruction laïque et gratuite à tous les niveaux . (archives départementales : dossier du groupe central socialiste1895-1897).

Aux législatives de 1902, il est candidat au Mans sous l’étiquette « républicain socialiste ». Il se prononce pour une justice sociale et prône par la voie légale et par évolution l’achèvement de la Révolution de 1789 ainsi que la réalisation complète des Droits de l’Homme et du Citoyen.

 

Toutes ces années sont marquées par d’intenses débats politiques dans les rangs des divers groupes socialistes. En 1905, Deschamps refuse d’adhérer à la SFIO car il refuse toute discipline de parti. Il reste socialiste indépendant et milite dorénavant dans le Comité républicain des trois cantons du Mans dont il devient le Président en 1908. Leur journal, organe des partis de gauche, s’intitule Le démocrate. Il siège à nouveau au conseil municipal de 1908 à 1912.

 

Un citoyen engagé sur tous les fronts !

Léon Deschamps historien : lors des commémorations du centenaire de la Révolution française il tient une conférence à La Flèche sur le thème des Etats Généraux ; il défend courageusement sa proposition de nommer la nouvelle artère ouverte en centre-ville Boulevard René Levasseur , Conventionnel sarthois qui fit voter en 1794 l’abolition de l’esclavage dans les colonies ; il fait des recherches sur la vie économique de cette période et publie un article en 1900 sur les femmes soldats pendant la révolution.

Léon Deschamps Géographe : auteur d’articles dans la Revue de Géographie et dans l’Alliance française illustrée.

Léon Deschamps (engagé volontaire dans les mobiles de la Sarthe) participa à la campagne de la 2ème armée de la Loire en 1870-71. Républicain et patriote, il défend une politique d’expansion coloniale, commerciale, culturelle, linguistique afin que la France garde son rang de grande puissance, d’où sa collaboration et ses travaux sur l’histoire de la colonisation à la société l’Alliance Française.

 

En 1899, il soutient deux thèses à la Sorbonne : une (en latin) sur Isaac de Razilly, colonisateur au temps de Richelieu et une seconde sur l’Assemblée constituante et les colonies.

On le retrouve membre de nombreuses associations : Libre Pensée du Mans (1886) ; Société démocratique de lecture (1886) ; Cercle manceau de la Ligue de l’Enseignement (1893) ; société de retraites les Prévoyants de l’Avenir (1900) ; Université populaire du Mans (1900) dont il est un des conférenciers ; section du Mans de la Ligue des Droits de l’Homme(1900) dont il est le Président pendant une vingtaine d’années.

 

Sur le plan professionnel, ses idées et prises de positions lui valent des campagnes de presse hostiles de la part de ses adversaires. Mais Léon Deschamps fait front. Il prône l’indépendance des professeurs face à leur hiérarchie pour défendre leurs intérêts professionnels ainsi que la neutralité de l’enseignement, un statut des fonctionnaires qui les protègerait du favoritisme administratif et des ingérences cléricales ( membres du Sillon, d’associations de parents). C’est ainsi qu’il accepte en 1904 de présider aux destinées d’un journal « La Solidarité », organe corporatif, didactique, critique.

Il décède au Mans le 8 juillet 1927 à l’âge de 78 ans. Ses obsèques civiles ont lieu au cimetière Ouest en présence de nombreux citoyens.

 

Son combat pour la laïcisation des noms de rues :

On lui doit la proposition de dénomination du Boulevard René Levasseur en 1888, du Boulevard Emile Zola en 1908 et celle de la rue Saint-Ouen en rue Francisco Ferrer qu’il proposa dès 1909 puis en 1911…en vain.

Comme il le disait lui-même aux cléricaux : « Je crois, moi historien, qu’il est plus intéressant d’honorer des noms modernes que des noms moyenâgeux. Ferrer est une victime de l’inquisition moderne espagnole et mérite d’être honoré ».

 

Il faudra attendre 1925 pour que sa proposition soit reprise et adoptée. La rue Ferrer existera jusqu’en 1940, supprimée sous la pression du régime de Vichy, transformée alors en rue Montesquieu, mais jamais rétablie depuis. (voir l’article consacré à F.Ferrer dans notre bulletin n°84).

 

Suite aux démarches engagées en 2009 par notre fédération départementale (centenaire de l’exécution de F.Ferrer), la ville du Mans a décidé en 2011, de redonner son nom à une rue du nouveau quartier de Pied-Sec en cours d’aménagement. Nous ne manquerons pas de prendre une initiative publique pour célébrer cet événement le moment venu.

 

Gérard Désiles

 

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Publié le 9 Février 2015

Article paru dans le bulletin de la LP 72 de juillet 2014

 

En introduction à son exposé sur « Quelles menaces sur la science et la recherche » le 5 avril dernier au Mans, Jean Sébastien Pierre a fait référence à Pierre Belon, l’un des plus grands scientifiques du XVI ème siècle, le père de l’anatomie comparée et des classifications botaniques.

J’ai voulu en savoir plus ; je vous livre le résultat de mes recherches.

D’origine modeste, Pierre Belon est né en 1517 au hameau de la Soultière à Oizé, aujourd’hui commune de Cérans-Foulletourte où sa maison natale existe toujours.

Tout d’abord jardinier, il s’intéresse à la nature et aux plantes : il sera apothicaire.

Il s’occupe en 1538 du jardin botanique au manoir épiscopal de Touvoie à Savigné l’évêque, résidence de René du Bellay, évêque du Mans.

De 1540 à 1542, il suit des cours de botanique à Wittenberg (Saxe). A son retour, il devient l’apothicaire et le protégé du cardinal François de Tournon, ministre des affaires étrangères de François 1er .

En 1546, il fait partie d’une mission diplomatique en Turquie et poursuit son périple jusqu’en 1649, effectuant un des premiers voyages naturalistes de l’histoire dans les pays du Levant : il fait des observations sur l’histoire naturelle et sur les mœurs des habitants qu’il publiera par la suite.

En 1550, il commence ses études de médecine qui dureront 10 ans, car il continue de voyager en Europe pour observer la nature et rédige en même temps des ouvrages de zoologie et de botanique :

1551 : « Des arbres et des conifères » et « L’Histoire naturelle des estranges poissons marins avec la vraie peincture et description du Dauphin et de plusieurs autres de son espèce observée par Pierre Belon du Mans ».

1553 : « Voyage au Levant, les observations de Pierre Belon du Mans, de plusieurs singularités et choses mémorables trouvées en Grèce, Turquie, Judée, Egypte, Arabie et autres pays estranges » .

1555 : « La Nature et la diversité des poissons avec leurs portraicts représentés au plus près du naturel ». (A cette époque, le terme poisson regroupe tous les animaux marins). Il établit une classification basée sur ses observations anatomiques. (110 espèces sont répertoriées).

La même année, dans son « Histoire de la nature des oiseaux » (361pages !), il y décrit tous les oiseaux qu’il connaît et les regroupe suivant leur comportement et leur anatomie.

On lui doit les premiers rapprochements entre le squelette d’un oiseau et celui de l’ homme, le cerveau d’un dauphin et celui de l’homme.

1557 : « Pourtraicts d’oyseaux » comporte 174 gravures faites à partir de ses dessins.

1558 : « Les remontrances sur le default du labour et culture des plantes et la cognoissance d’icelles» : il préconise l’acclimatation des végétaux exotiques.

En véritable naturaliste, il s’attache aux usages thérapeutiques et alimentaires de la flore qu’il observe. Il a tenté, souvent dans des conditions rocambolesques (les risques et périls sont nombreux), de ramener des graines des pays d’orient.

Saviez-vous qu’il avait introduit le platane et le lilas en France ?

On lui doit aussi l’arrivée de nombreuses autres plantes et arbres : le laurier-palme, l’arbre de Judée, le pistachier, le jujubier, le chêne vert, la tulipe d’orient, la myrte, le cèdre, le genévrier d’orient et quelques herbes euphorisantes.

Il est mort mystérieusement assassiné en avril 1584 alors qu’il rejoignait son logement au château de Madrid dans le bois de Boulogne où il vivait du commerce des baumes, drogues et onguents.

On a donné son nom à une rue et une école primaire au Mans ainsi qu’ au collège de Cérans-Foulletourte.

 

Deux statues de Pierre Belon ont été érigées en Sarthe à la fin du 19ème : une au Mans, place de la Préfecture (1887) et une à Cérans-Foulletourte (1891). Elles ont été fondues en 1942 par les Allemands. Seule celle de Cérans a été refaite en 1992.

Gérard Désiles

 

Pierre Belon (1517-1584)  célèbre naturaliste sarthois

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Publié le 21 Janvier 2015

Dès le jour même du barbare et odieux attentat contre les journalistes de Charlie-Hebdo, l’Association internationale de la Libre Pensée publiait le communiqué suivant :

« L’Association Internationale de la Libre Pensée (AILP), dont la Fédération nationale de la Libre Pensée française est membre, se déclare horrifiée de l’attentat meurtrier commis au siège de Charlie-Hebdo, journal satirique français.

C’est un acte barbare qui ne peut que révulser tout démocrate, partisan de la liberté de conscience et de la liberté d’expression.

L’AILP assure les journalistes et le personnel de Charlie-Hebdo de toute sa solidarité. Elle en informe toutes les associations de la Libre Pensée sur les différents continents »

Bien entendu, l’AILP rendait ainsi hommage à toutes les victimes des meurtres qui ont été perpétrés ensuite et qui ont fait 17 victimes.

Dans les heures et les jours qui ont suivi, l’appel à la solidarité de l’Association internationale de la Libre Pensée a été largement entendu par les associations de Libre Pensée dans le monde.

Nous sont parvenus des messages et des prises de position des pays suivants : Irlande, Pologne, Italie, Portugal, USA, Angleterre, Irlande du Nord, Canada, Uruguay, France, Allemagne, Australie, Norvège, Autriche, Turquie, Liban, Argentine, Espagne, Belgique, Québec, Ecosse.

Fidèles à leur tradition historique, les libres penseurs du monde entier, en toute indépendance, ont marqué leur solidarité aux victimes de la barbarie.

Paris, le 12 janvier 2015

Une véritable solidarité internationale de la Libre Pensée
Une véritable solidarité internationale de la Libre Pensée
Une véritable solidarité internationale de la Libre Pensée
Une véritable solidarité internationale de la Libre Pensée

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Publié le 21 Janvier 2015

Est-ce l’Epiphanie qui fait son effet et les rois mages chargés de cadeaux et d’épices qui ont convaincu les représentants des cultes reconnus et aussi ceux de l’Islam de réclamer, le 6 janvier 2015, l’abrogation du délit de blasphème en Alsace-Moselle parce qu’il serait « obsolète » ?

Rassurez-vous, il n’est pas demandé de l’abroger dans la plupart des pays de l’Union européenne où ce délit moyenâgeux s’applique encore comme, par exemple, en Allemagne, Autriche, Italie, Espagne et dans certains pays du Nord.

Il n’est pas question non plus d’abroger le statut clérical d’exception d’Alsace-Moselle où les ministres des cultes reconnus sont des fonctionnaires payés sur les fonds publics pour un budget annuel de 59 millions d’euros, pensions comprises.

Pas question non plus de soutenir le Conseil général de la Guyane qui a décidé de ne plus rétribuer les 26 prêtres et l’Evêque sur les fonds publics pour un montant annuel de 800 000€.

La Fédération nationale de la Libre Pensée est pour l’abrogation du délit de blasphème partout où il sévit et pour que la Loi de 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat s’applique sur tout le territoire de la République.

Mais de quoi s’agit-il au juste dans cette affaire ?

Il ne faut pas être grand clerc pour voir la manœuvre qui se dessine derrière cette demande d’abrogation. Sans doute la crainte de voir l’Observatoire de la laïcité demander la fin de cette anomalie antirépublicaine et antilaïque et aussi celle de l’action renforcée de la Libre Pensée pour la défense de la loi de 1905, ne sont pas étrangères à cette curieuse proposition émanant des religions.

Il s’agit de supprimer d’un côté le délit de blasphème pour mieux garder de l’autre l’essentiel :

- Le concordat bonapartiste de 1801 et les Actes organiques

- L’intégralité de la loi Falloux de 1850

- Les lois allemandes du temps de l’annexion qui sont favorables aux cultes.

En vertu du statut clérical d’exception d’Alsace-Moselle, l’enseignement des religions est obligatoire (sauf dispense à demander) dans l’Ecole publique qui n’est pas laïque. La loi Falloux de 1850 s’applique intégralement. Celle loi qui faisait dire au grand Libre Penseur Victor Hugo : « C’est l’œuvre du parti clérical qui a mis un jésuite partout où il n’y avait pas un gendarme. »

Il n’y a quasiment pas d’écoles privées catholiques en Alsace-Moselle, car c’est l’Ecole publique qui fait office d’école religieuse. Demander l’abrogation du délit de blasphème ne coûte pas grand-chose quand la jurisprudence l’a rendu quasiment inexistant, même si ce délit a une très grande force symbolique que l’on ne peut nier.

Certains utilisent l’émotion légitime qui s’est exprimée contre les massacres de 17 victimes de la barbarie la plus sauvage pour tenter de remettre les religions en selle au nom de « la tolérance et du respect ». Et ceci au moment même où le pape vient, dans deux déclarations, de condamner le blasphème et l’offense aux religions et d’en justifier la répression.

N’est-ce pas le sens de l’union sacrée des religions avec le gouvernement qui s’est manifestée dans le cortège de tête de la manifestation du 11 janvier 2015 à Paris ?

Au nom de « la connaissance de l’autre » et du « vivre ensemble », on identifie la cohabitation des citoyens dans leur diversité et dans leur commun attachement à la République, avec la mise en valeur des communautés, notamment religieuses. Dans cette affirmation le citoyen « d’origine musulmane » est attaché à vie à sa religion d’origine, ses « racines » diront certains. Il est musulman et il doit le rester. Et cela s’applique à toutes les « communautés « réelles ou supposées, communautés que l’on cherche à institutionnaliser dans ce pays.

On ne peut s’extraire de ce contexte pour comprendre réellement les choses dans cette affaire de délit de blasphème

En effet, la présence de chefs religieux et de responsables politiques dans le cortège de tête constitue une opération politique étrangère à l’objectif initial de la manifestation. Cette opération vise à substituer à terme le dialogue interreligieux, le communautarisme à la laïcité, à la Séparation des Eglises et de l’Etat !

Il s’agit visiblement de préserver le concordat et de l’étendre à l’Islam. Sinon, comment comprendre que l’Islam a été associé à cette demande, alors que cette religion n’est pas reconnue en Alsace-Moselle ?

Des voix s’élèvent, ici ou là, pour présenter le Statut clérical d’exception d’Alsace-Moselle, non comme une exception, une anomalie, mais comme un modèle à exporter dans toute la France. D’ailleurs, l’Acte III de la décentralisation au nom du « droit à l’expérimentation » permettra cela.

C’est le modèle de l’Union européenne et de son Traité constitutionnel qui, par son Article 17-C, reconnaît les religions comme des partenaires officiels et institutionnels des institutions européennes et qui en fait ainsi des co-législateurs.

Il y a fort à parier que cette manœuvre politico-religieuse n’est en rien une sortie du concordat, mais, bien au contraire, le moyen de le maintenir.

 

La Fédération nationale de la Libre Pensée ne participera pas à cette opération d’enfumage

Elle exige l’abrogation totale du Statut clérical d’exception d’Alsace-Moselle !

 

Paris, le 19 janvier 2015

Les religions demandent l’abrogation du délit de blasphème en Alsace-Moselle : Bizarre, bizarre ? … Vous avez dit bizarre ?….

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Publié le 4 Janvier 2015

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Publié le 13 Décembre 2014

Nous publions un article de 2009 en soutien à nos camarades de Vendée !

 

La lecture de la presse cléricale en Vendée est édifiante. Quand le pouvoir faiblit dans l’application de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, l’Eglise s’engouffre dans ces failles et avance dans sa stratégie de conquête globale de la société.

Ainsi sous la IIIème République, le second gouvernement Blum puis le gouvernement Daladier en 1938, et donc toujours sous la Chambre issue des élections du Front Populaire, plusieurs cérémonies organisées en Vendée réintroduisent officiellement le crucifix dans les mairies, en totale violation de la loi de Séparation de 1905. En février 1938 par exemple, à Saint-Florent-des-Bois, le maire fait solennellement « entrer le Christ à la Mairie ». Revanche sur le Front Populaire ? La représentation politique en Vendée est foncièrement conservatrice. A part Achille Daroux, radical-socialiste élu de justesse en 1936, 5 des 6 députés y compris le comte Pierre de Chabot, conseiller général du canton des Herbiers qui succède au comte Jean de Suzannet dans la partielle de mars 1938, de même que les 3 sénateurs dont Léopold Robert (Jean Yole) illustrent cette vieille garde conservatrice. La droite est également majoritaire dans 20 cantons. Une fois la guerre déclenchée, les tentatives continuent (bien que l’on n’ait pas systématiquement recensé les cas de 1939 au début 1940).

C’est sous l’Occupation (toute la Vendée est située en zone occupée à partir de l’armistice du 22 juin 1940) et le Régime de Vichy (à partir du 10 juillet 1940), dans une connivence maréchaliste et pétainiste que les cérémonies s’accélèrent, avec la bénédiction de l’Eglise, Mgr. Garnier jusqu’en janvier 1940, le vicaire capitulaire du diocèse de Luçon Mgr. Massé jusqu’en 1941, Mgr. Cazaux ensuite. Le 27 août 1940, A. de la Bassetière, maire de La Mothe-Achard et conseiller d’arrondissement, entouré de son conseil municipal, organise une « grandiose cérémonie » pour « consacrer la commune au cœur de Jésus ». A Saint-Hilaire-de-Mortagne, fin janvier 1941, le maire de Livonnière, entouré de son conseil municipal, place le Christ « à la place d’honneur dans la salle de la mairie ». Certains maires ont déjà préféré démissionner plutôt que se soumettre au Régime. Jean Etoubleau, instituteur honoraire, maire de Beauvoir-sur-mer en août 1940 par exemple d’après La Voix de la Vendée. D’autres ont été démis de leurs fonctions tandis que toutes les instances démocratiques sont suspendues. La République parlementaire, ses institutions, sa constitution ont disparu au profit d’un « Etat Français », régime autoritaire, hiérarchique et personnel, réactionnaire, clérical et corporatiste. La loi du 12 octobre 1940 suspend les conseils généraux. Une nouvelle loi municipale le 17 novembre 1940 modifie les conditions de désignation des maires. Plus d’élections, plus d’assemblées parlementaires…Sénateurs et députés disparaissent. A la place, le Régime de Vichy prône des institutions à sa botte tandis que la constitution promise et rédigée n’est jamais promulguée. Une chambre consultative dite « Conseil national » (qui siège de mai 1941 à avril 1942) sans véritable pouvoir, est instaurée (loi du 24 janvier 1941) ; les membres sont nommés par le Maréchal Pétain. L’ancien sénateur Léopold Robert, maire de Vendrennes y est désigné. A la place des conseils généraux, « définitivement » supprimés en août 1942, le gouvernement crée des commissions administratives, composée de notables. De janvier 1941 à mars 1943, Jean de Tingy du Pouët, ancien député, ancien conseiller général et président du conseil général, maire de Saint-Michel-Mont-Mercure, préside cette commission en Vendée, puis le conseil départemental qui y succède en mars 1943. En 1941, il y a déjà des municipalités mises sur la touche en Vendée. D’après Gérard Nocquet, dans 9 communes de moins de 2000 habitants, le préfet procède à la révocation de deux maires, d’un adjoint et de neuf conseillers municipaux. Ce sont les préfets alors dotés de pouvoirs élargis qui, par arrêté, prononcent ces changements. Par exemple, en mars 1941, le préfet Gaston Jammet arrivé en octobre 1940 (le précédent étant démis), nomme à Fontenay-le-Comte (Roger Guillemet, maire), Luçon (Gaston Gibau, maire), au Boupère, à Pouzauges (Charles Mignen, maire), à Saint-Michel-en-L’Herm, à La Roche-sur-Yon (Léon Tapon, maire) ou à Saint-Jean-de-Monts, tout ou partie des conseils municipaux. Au Poiré-sur-Vie, le nouveau maire J. Dugast, installé en avril 1941, organise immédiatement une cérémonie bien orchestrée. La croix bénie portée à la Mairie en procession illustre bien l’allégeance cléricale. Même chose à Chavagnes-en Paillers où, « le soir de Pâques, à l’issue des Vêpres, le crucifix a été solennellement intronisé en notre nouvelle mairie ». Le nouveau maire, le vicomte Gilbert de Guerry de Beauregard ( fils ), et son conseil, installent eux aussi le christ « à la place d’honneur, dans la salle des délibérations et des mariages ». Confusion soigneusement entretenue entre la paroisse et la commune…Il est vrai que la plupart des édiles et donc des élites vendéennes se retrouvent pleinement dans les valeurs de l’Ordre Nouveau, de la Révolution Nationale. Pour certains nostalgiques de l’Ancien Régime, le pouvoir réintroduit un projet de découpage administratif en provinces, les satisfaisant pleinement. Tout autant que la remise en cause de la laïcité scolaire avec la réforme de l’enseignement, la révision des manuels scolaires, la suppression des Ecoles Normales d’instituteurs saluée comme « la mort de l’esprit primaire », la liberté d’enseignement rendue aux congréganistes, la réintroduction de l’enseignement religieux à l’école primaire et les subventions largement accordées aux écoles dites « libres ». De nombreux conseils municipaux avaient d’ailleurs anticipé en finançant très largement ces écoles.

A partir de 1942, surtout d’avril 1942 avec le retour de Laval aux affaires, « rester en sa mairie ou être nommé dans un conseil départemental revient à s’associer explicitement au Régime, en soutenant symboliquement sa ligne, en l’aidant à accomplir ses basses œuvres » (Olivier Wieviorka, Les orphelins de la République, Seuil 2001), en ce qui concerne la chasse aux juifs ou les requis du STO (service du travail obligatoire) par exemple. En 1942, à Sainte-Flaive-des-Loups, Mgr. Cazaux préside la cérémonie d’ installation du crucifix : « On a voulu enlever le Christ à la France. Mais la France peut-elle être la France sans le Christ ? A la Mairie dorénavant, nos regards rencontreront les deux symboles qui doivent nous entraîner : le Christ et le Maréchal, Dieu et la Patrie ». Et ce ne sont là que quelques exemples, la liste est loin d’être exhaustive…

Il y eut aussi des cérémonies d’intronisation « du Christ à l’usine » dans le cadre de la collaboration des classes prônée à l’époque, avant même la proclamation de la Charte du Travail (loi d’octobre 1941) et les syndicats uniques (août 1942). Le Régime a dissous les associations, les confédérations syndicales dès 1940 . Le 1er décembre 1940, patrons et ouvriers participent à La Verrie, à la bénédiction des nouveaux bâtiments de l’usine de chaussures Vigneron frères. Le directeur ne manque pas d’exalter « la grande famille de l’usine » . Le crucifix placé dans les ateliers, les ouvriers pourront lui consacrer leur travail. Mais il est vrai qu’il s’agit là d’un cas différent du « Christ à la Mairie » puisque ce sont des bâtiments privés alors que la Mairie est le symbole de la citoyenneté républicaine.

A la Libération, la plupart de ces intrusions de crucifix dans les mairies ne semble pas avoir été remises en cause. Des conseils municipaux et des maires ont subi l’épuration (suspensions, inéligibilité…), peu somme toute d’après les travaux de Yves Hello et de Gérard Nocquet. Sur 306 communes, 214 municipalités furent maintenues, 26 furent suspendues, 66 firent l’objet d’une suspension à l’encontre d’un ou de plusieurs membres. Quant aux maires, 66 sont suspendus. Par exemple, le maire de Chavagnes-en-Paillers cité subit l’inéligibilité (jury d’honneur du 23 juin 1945) ; l’ancien sénateur Raymond de Fontaines, maire de Bourneau, est suspendu de ses fonctions de maire le 17 octobre 1944. Le maire de Saint-Michel-Mont-Mercure, Jean de Tinguy du Pouët n’est pas relevé de son inéligibilité, pas plus que Jean Yole, maire de Vendrennes de 1933 à 1945. La presse à la Libération : La Vendée Libre par exemple se fait l’écho de ces mesures, bien modérées.

La confusion entre paroisse et commune demeure, parfois entretenue par les maires jusqu’à la fin du XXème …dans une trentaine de communes (pendant longtemps à Saint-Vincent-sur-Graon, Sainte-Flaive-des-Loups ou à Saint-Florent-des-Bois par exemple…) ! D’aucuns maintiennent ces pratiques, s’abritant derrière le prétexte du respect des mentalités locales, d’autres croient détourner le problème en plaçant « personnellement » le crucifix dans leur bureau… La Libre Pensée en Vendée a participé en 1999 avec le CVLM (Comité vendéen pour une laïcité militante) et « Une Vendée pour tous les Vendéens » à une campagne pour demander aux maires en délicatesse avec la loi de Séparation de retirer les crucifix de l’espace public, position également défendue par la Ligue des Droits de l’Homme. Car dénoncer ne suffit pas, il faut faire respecter la loi de Séparation de même qu’il faut supprimer tous les héritages malsains de cette législation vichyste, la loi du 25 décembre 1942 par exemple, qui a modifié l’article 19 de la loi de Séparation permettant de subventionner certains « lieux du culte public ».

Florence Regourd

 

Quand les crucifix rentraient dans les mairies…

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Publié le 26 Novembre 2014

Iranien en avant-première demain soir 27/11 à 20h30 au Cinéma Les Cinéastes en présence du réalisateur.

Iranien athée, le réalisateur Mehran Tamadon a réussi à convaincre quatre mollahs, partisans de la République Islamique d'Iran, de venir habiter et discuter avec lui pendant deux jours. Dans ce huis clos, les débats se mêlent à la vie quotidienne pour faire émerger sans cesse cette question : comment vivre ensemble lorsque l'appréhension du monde des uns et des autres est si opposée ?

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 11 Novembre 2014

Mardi 11 novembre 2014, à Allonnes s'est tenu un rassemblement antimilitariste place de la paix devant le monument pacifiste. Devant près d'une quarantaine de participants, ce rassemblement à l'initiative de la Libre Pensée de la Sarthe, a vu plusieurs intervenants se succéder.

Après une introduction de Gérard Désiles, Mostafa Nafaa a accueilli le rassemblement au nom de la municipalité d'Allonnes, il a rappelé les liens entre guerre, impérialisme et capitalisme, fait le lien entre les conflits d'hier et ceux d'aujourd'hui.

Ensuite, Marlene Schiappa, adjointe au Maire du Mans, est intervenue à son tour pour rappeler la nuisance et l'absurdité des guerres. En quelques citations, elle a dénoncé la première guerre mondiale et la caractère viril et belliciste imposé par et pour la guerre.

Michel Horniac de l'Association Républicaine des Anciens Combattants a rappelé la nécessité de la réhabilitation des fusillés pour l'exemple et a tenu un brillant discours antimilitariste où il a rappelé les mutineries et les fraternisations.

Les prises de paroles se sont terminées par l'intervention d'Hansi Brémond, président de la Fédération sarthoise de la Libre Pensée. Son discours est reproduit plus bas. Les participants se sont quittés après avoir chanté la chanson de Craonne.

 

 

 

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Amis, Citoyens, Camarades,

 

Au nom de la Fédération nationale de la Libre Pensée et de la Fédération, je vous salue et vous remercie d’être présents aujourd’hui. Merci à l’ARAC et à Michel Horniac, merci à la mairie d’Allonnes et particulièrement à Mostapha Nafaa, enfin merci à Marlène Schiappa.

 

Cette année, la Libre Pensée est à l’initiative de plus de 130 rassemblements et initiatives autour du 11 novembre devant les monuments pacifistes.

Nous en découvrons d’ailleurs régulièrement de nouveaux. C’est tout un pan de l’histoire du mouvement ouvrier, pacifiste et internationaliste qui a été occulté par les « va-t-en-guerre » de droite comme de gauche, que la Libre Pensée fait remonter à la surface de la conscience collective des citoyennes et des citoyens de ce pays.

 

Depuis des décennies, la Libre Pensée combat de toute ses forces pour que justice soit rendue aux Fusillés pour l’exemple de la Première Guerre mondiale. Sur ce chemin de liberté, nous avons rencontré beaucoup d’appuis (je pense ainsi à notre ami Eric Viot, qui anime un rassemblement sur un autre département), ce qui en dit bien long sur le pays réel.

Malgré le fait que beaucoup de médias aux ordres veulent taire l’action de la Libre Pensée, force est de constater que ne cessent de passer sur les écrans de télévisons les documentaires et les films sur cette tragédie. Depuis un an, la presse locale ne cesse d’écrire sur les Fusillés, sur ces fils des villes et des campagnes  assassinés PAR des balles françaises.

 

Nous avons réussi notre engagement : personne ne peut évoquer le centenaire de la Grande boucherie impérialiste sans mentionner les Fusillés pour l’exemple. Nous avons gagné la bataille de l’opinion.

 

Et ce,

contre le Président de la République qui s’est renié,

contre le Sénat qui pour une fois dans son histoire aurait pu être utile à quelque chose et qui s’est fourvoyé une nouvelle fois en refusant de rendre leur honneur aux soldats français tombés sous les balles françaises,

contre l’Assemblée nationale, assemblée croupion de la Ve République, qui refuse d’entendre la voix du peuple alors qu’elle est censée le représenter.

 

Le gouvernement français fait la guerre en différentes contrées du monde. Quand on bombarde, quand on tue, quand on occupe un territoire qui n’est pas le sien, comme au bon vieux temps de la coloniale et de l’Empire ; alors bien sûr, on ne peut réhabiliter ceux qui ont su dire non à la barbarie et à la guerre.

Quand le sang coule partout sur tous les continents, alors il faut l’Union sacrée. « L’Etat a une longue histoire, elle est pleine de sang » disait Clémenceau, un connaisseur.

 

L’Union sacrée c’est toujours faite, hier comme aujourd’hui, avec les généraux, avec les fusilleurs, avec les patrons et avec les curés. Ce monde sent toujours la poudre et l’eau bénite.

Quand on fait l’Union sacrée, pas question pour ceux qui nous gouvernent de fâcher leur sainte-mère-l’Eglise. Il faut que les milliards tombent toujours dans son escarcelle au nom de la loi Debré et des lois de Vichy qui n’ont jamais été abrogées.

 

Il faut la bénédiction des prélats, pasteurs, rabbins et imams pour lutter contre « l’axe du mal » au nom de « l’axe du bien » et « pour une guerre juste » si cher à Georges W. Bush, à Barack Obama et au complexe militaro-industriel des Etats-Unis. Comme en 1914-1918, pendant les guerres, les affaires continuent.

 

Les dépenses d’armement dans le monde se montent à 3,5 milliards de dollars par jour, soit 1 464 milliards d’euros par an. Les dépenses militaires ont augmenté de 50% entre 2001 et 2010. Celles des Etats-Unis représentent 43% du total mondial. Et vous vous demandez pourquoi il y a la guerre ? Parce que cela rapporte et beaucoup aux capitalistes. Ces dépenses sont 2,60% du Produit National Brut mondial. Avec moins de 1%, on supprimerait à tout jamais la misère sur la planète.

 

Mais il faut l’Union sacrée avec les patrons pour tout sacrifier à la rechercher du sacro-saint profit capitaliste et financier. Il faut satisfaire aux exigences du CAC-40, des agences de notation, de la Banque mondiale, du FMI et de l’Union européenne. Et pour cela, il faut détruire les acquis sociaux, les emplois dans les usines, les postes dans les administrations. Il faut faire table rase de la Sécurité sociale et des conquêtes sociales.

 

Alors, réhabiliter ceux qui ont dit non à tout cela, « vous n’y pensez quand même pas ». On doit exalter le « sacrifice » pour le bien de la Nation, confondu allégrement avec celui des capitalistes et des gouvernants. Les Grands de ce monde sont toujours prêts à sacrifier la dernière goutte du sang des autres et le dernier acquis social des salariés pour leurs intérêts.  La devise du libéralisme a toujours été : « Pourquoi faire payer les riches, quand les pauvres sont si nombreux ? ».

 

Le 11 novembre auquel nous participons n’est pas celui des galonnés, des mitrés et de ceux qui vantent les mérites de ceux  qui sont morts à leur place, alors qu’eux sont bien vivants et vivent bien de leurs rentes de situation. Leur 11 novembre est celui des défilés militaristes qui glorifient la guerre, alors que le 11 novembre, à l’origine, était celui des anciens combattants qui refusaient la guerre. « Plus jamais cela ! » proclamaient-ils. Et maudite soit la guerre, maudites soient toutes les guerres !

 

La démonstration a été faite : il n’y a rien à attendre de ce gouvernement et des Assemblées aux ordres, pour obtenir que la Justice soit rendue aux Fusillés pour l’exemple. Rien à attendre d’un Ministre aux Anciens combattants, Kader Arif qui confond visiblement son rôle de Ministre et celui de comique troupier. Il a tout dit et son contraire, il a tout promis et tout abjuré

 

C’est pourquoi, à compter de ce jour, commence une nouvelle ère. La Libre Pensée propose que soit érigé sur la ligne de front, un monument en hommage aux 639 Fusillés pour l’exemple. Nous allons donc lancer une grande souscription pour cela. Nous en appelons à tous, car nous sommes aussi la République ! Et la République réhabilitera les Fusillés pour l’exemple avec tous ceux qui se reconnaissent dans ce combat de justice.

 

Je profite de ce passage pour que nous ayons une pensée pour les 7 fusillés pour l’exemple sarthois :

Julien Brillant ; mort par la France

Maurice Joubert ; mort par la France

Paul Leblech ; mort par la France

Emile Lhermenier ; mort par la France

Louis Oger ; mort par la France

Albert Valet ; mort par la France

François Vannier ; mort par la France

 

Contre ce combat pour rendre leur honneur aux soldats fusillés et à leur famille qui ont subi l’opprobre et la honte, les faux arguments l’ont disputé aux fausses promesses. On nous a dit que l’on ne pouvait réhabiliter collectivement les soldats fauchés par les pelotons d’exécution, car il y avait des droits communs parmi eux.

 

Cet argument n’a jamais prévalu pour la Libre Pensée, car, avec Voltaire, elle proclame « qu’il vaut mieux un coupable en liberté qu’un innocent en prison ». Mais même le Ministère des Anciens combattants a fait litière de l’argument des droits communs. Il a, par un communiqué du 24 octobre 2014,  dû reconnaitre la véracité de la position de la Libre Pensée. Selon le ministère, il y aurait eu 639 Fusillés pour l’exemple pour « désobéissance militaire » et 369 fusillés pour « actes de droit commun, trahison, espionnage, motifs inconnus ». Ce qui ferait un total de 1 008 selon Kader Arif, encore un chiffre différent que celui de 918 donné aux sénateurs le 19 juin 2014. Laissons au ministère la responsabilité de sa valse-hésitation sur les chiffres !

 

Mais force est de constater que, désormais, il n’y a plus de possibilité d’embrouiller les choses : le gouvernement établit la très nette distinction entre les Fusillés pour l’exemple et les autres fusillés. Il rend compte ainsi – et c’est là l’essentiel -  de la situation précise formulée par la Libre Pensée.  Dès lors, il n’y a plus aucun obstacle de clarté et de connaissance de la vérité pour la réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple !

 

Pour les combattants de la justice qui œuvrent à la réhabilitation collective, il faut bannir à tout jamais la peine de mort. Il ne saurait y avoir de bonnes ou de mauvaises peines de mort. On ne peut tergiverser. On ne règle par les problèmes de la société en tuant son voisin. Tous ceux qui refusent la réhabilitation collective sont-ils pour « le cas par cas » quand il s’agit de la peine de mort ? La peine de mort, on est pour ou on est contre. C’est une question de principe.

 

Le sens de notre combat pour que justice et honneur soient rendus aux 639 Fusillés pour l’exemple est qu’il faut faire reconnaitre le droit à la désobéissance, le droit de refuser de tuer des êtres humains. C’est ce que font ces 43 officiers, soldats et réservistes israéliens qui refusent depuis cet été de participer aux attaques contre des palestiniens ! La question du droit à la désobéissance est une question d’actualité !

 

 C’est aussi pourquoi, nous ferons les 13 et 14 décembre 2014 à Soissons, dans l’Aisne sur les lieux mêmes des tranchées du front, le procès des généraux fusilleurs et assassins. Nous établirons leur responsabilité dans cette horrible tragédie. Nous les déclarerons coupables de crimes devant la conscience de l’Humanité.

 

Et c’est aussi pourquoi, en décembre 2015, à Saint-Nazaire, nous ferons un colloque en hommage aux combattants de la liberté sur le thème : «Déserteurs, mutins, pacifistes, antimilitaristes de tous les pays et de toutes les guerres, unissez-vous»

 

Amis, citoyens, camarades,

 

Nous voulons aujourd’hui, une nouvelle fois, remercier encore l’Association Républicaine des Anciens Combattants,  l’Union Pacifiste de France, le Mouvement de la Paix et les très nombreuses sections de la Ligue des Droits de l’Homme qui combattent à nos côtés pour que Justice soit rendue.

 

Merci encore aux  syndicats de la CGT et de la CGT-Force Ouvrière qui, au nom et en mémoire de tous les militants et syndiqués de la CGT originelle qui ont subi ces injustices et cette barbarie, exigent la réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple.

 

Merci aux 30 Conseils généraux, aux 3 Conseils régionaux, au millier de Conseils municipaux à travers tout le pays qui exigent, d’une voix de plus en plus forte, cette réhabilitation de justice.

 

Merci à ceux qui continuent de prendre position, indiquant clairement que la République, c’est aussi eux, la République c’est aussi nous !

 

Merci enfin à vous tous, d’horizons divers, connus ou inconnus, qui vous êtes mobilisés depuis tant d’années pour cette noble et juste cause."

 

compte rendu rassemblement antimilitariste à Allonnes 11 nov 2014compte rendu rassemblement antimilitariste à Allonnes 11 nov 2014
compte rendu rassemblement antimilitariste à Allonnes 11 nov 2014
compte rendu rassemblement antimilitariste à Allonnes 11 nov 2014

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 8 Novembre 2014

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