Publié le 21 Novembre 2018
Publié le 13 Novembre 2018
Publié le 11 Novembre 2018
Publié le 11 Novembre 2018
Nous avons appris par des amis, militants des droits de l’homme marocains vivants dans notre département, la situation dramatique dans laquelle sont placées les populations du Rif au Maroc.
Depuis l’assassinat de Mohcine Fikri, un marchand de poisson broyé par un camion-benne à ordures, la population dans le Rif mène une résistance pacifique contre ce qu’ils appellent la Hogra (le mépris de l’Etat), l’exclusion sociale et pour la liberté, la dignité et la justice sociale.
Seulement le régime marocain ne répond à ces manifestations que par la répression, l’intimidation et les arrestations massives de militants du mouvement social confirmant ainsi la nature répressive et despotique de cette monarchie.
La Libre Pensée rappelle son attachement à la liberté de conscience et de ce fait à la liberté d’expression. Elle condamne avec fermeté la répression et l’arrestation de militants dont le seul crime est de se battre pour leurs droits. Nous nous associons aux démocrates et à nos amis de la Ligue des Droits de l’Homme pour demander la libération des prisonniers d’opinion du Hirak du Rif et de tous les prisonniers politiques au Maroc.
La Libre Pensée apporte son soutien à celles et ceux qui se battent partout dans le monde pour obtenir plus de démocratie et de justice sociale.
Publié le 28 Octobre 2018
Publié le 19 Octobre 2018
Publié le 19 Septembre 2018
Publié le 1 Septembre 2018
Dans sa lettre de rentrée aux personnels de l'éducation nationale, le ministre Blanquer évoque la défense de laïcité et la création d'un conseil des sages pour assurer la promotion et la défense de la laïcité dans l'Ecole publique.
voici deux liens qui montrent clairement le caractère anti-laique de ce conseil des sages :
Lisez également le manifeste de la Libre Pensée adopté lors de son congrès national d'aout 2018, il rappelle bien l'engagement anti-laique du gouvernement actuel et du président.
POur finir, voici un extrait de la Résolution laïque adoptée lors du dernier congres de la Libre Pensée
"Le ministre de l’Education Nationale Blanquer s’est positionné en faveur de l’enseignement du fait religieux à l’Ecole publique.
Le gouvernement Macron a inscrit dans son programme électoral : « Développer la connaissance des différentes religions à l’école en prévoyant un enseignement spécifique sur le fait religieux ».
Ainsi, le gouvernement, et le ministre Blanquer, ministre de l’Education nationale, qui a fait sa scolarité au collège Stanislas, établissement privé catholique, ont pour projet d’introduire « l’enseignement du fait religieux à l’Ecole », vieille lune réapparaissant régulièrement depuis le rapport Debray de 2002.
Jean-Michel Blanquer, lors d’une rencontre avec les religieux le 21 décembre 2017, a clairement révélé ses intentions : « Nous avons commencé à mettre en place ce sur quoi nous sommes engagés en termes d’enseignement, de formation des enseignants, indispensable pour le bon exercice de la laïcité […] pour expliquer l’histoire de notre pays, mais aussi le fait religieux dans sa plénitude. », les « esprits sont mûrs » pour cette nouvelle étape, a-t-il ajouté. Pour lui, la France doit devenir « ce lieu où nous ne cachons rien des religions et du fait religieux, où le pluralisme des religions est pleinement reconnu et peut s’épanouir et où nous savons dans le même temps traiter de cette grande fracture du monde ». Car pour lui, on s’en doute : « On ne doit pas considérer que l'école laïque signifie école athée » (Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro). Suite à cette rencontre, Macron indiquera : « les douze hommes de religion ont demandé si les cultes seraient associés à la construction [des] programmes [de l’enseignement] et ont compris que la porte ne serait pas fermée. »
La Libre Pensée ne voit dans cette tentative qu’une basse et sournoise opération visant à faire entrer le prosélytisme confessionnel à l’Ecole. En effet, l’étude des religions est déjà pratiquée à l’Ecole publique, au travers de certains enseignements disciplinaires."
Publié le 26 Août 2018
Lors de la séance d’ouverture de son Congrès national à Saint-Herblain, la Fédération nationale de la Libre Pensée a reçu de nombreux messages d’associations, de syndicats et de partis tant au niveau national qu’international. Elle les en remercie vivement et fraternellement. Vous retrouverez cette liste d’associations ainsi que le discours de l’AILP au Congrès de la Libre Pensée française.
· Ouverture du congrès par Jean-Sébastien Pierre, président de la Fédération national de la Libre Pensée
· Discours de bienvenue du président de la fédération départementale de Loire-Atlantique, Jean-Paul Charaux
· Discours de bienvenue du maire de Saint Herblain, Bertrand Affilé
· Discours d’accueil de Stephen Bonnesoeur, directeur de Jules-Rieffel
· Message d’Antonio Vergara, porte-Parole de l’AILP (Chili)
· Intervention de Roger Lepeix pour l'Association française pour l'information scientifique (AFIS)
· Message de Malik Salemkour, président de la Ligue des droits de l’Homme
· Message de Keith Porteous Wood, Porte-parole de l’AILP (Angleterre)
· Message d’Eric Favey, président de la Ligue de l’enseignement et de Jean-Paul Delahaye, vice-président délégué de la Ligue de l’enseignement en charge de la laïcité.
· Message d’Edgar G.Jarrin Vallejo, Porte-Parole de l’IALP (Equateur)
· Message de Gérard Huss, secrétaire général pour l’Union rationaliste
· Intervention de Madeleine Denis pour l’Association pour le droit à mourir dans la Dignité (ADMD)
· Message d’Europa laica (Espagne)
· Message de Lucie Jobin, Présidente du Mouvement laïque québécois (Canada)
· Message de Georges Saad de l’Association libanaise de philosophie du droit (Liban)
· Message de Jean-Marie Bonnemayre, président du Conseil national des associations familiales laïques (CNAFAL)
· Message de Maria Mantello de l’Association nationale de Libre Pensée – Giordano Bruno (Italie)
· Message de Maurice Montet pour l’Union pacifiste (UPF)
· Message de René Hartmann de l’IBKA (Allemagne)
· Message de Jean-Claude Salomon pour l’ARAC 44 (association républicaine des anciens combattants)
· Message de Miriam Tudor et Costy Ozon de la SOLAR (Roumanie)
· Intervention d’Annick Martin pour le mouvement de la Paix
· Message de Mikhaïl Konachev de l’Association « Union soviétique » et de l’Union de saint-Pétesbourg des savants.
· Message des Amis de la Commune
· Message de Stratos Kalaitzis Président des Amis d’Hypatie (Grèce)
· Message vidéo de Pascal Pavageau, Secrétaire général de Force Ouvrière.
· Message de Claude Braun de la revue Québec Humaniste (Canada)
· Message de Rémy-Charles Sirvent, secrétaire national du SE-Unsa « laïcité, école et société », secrétaire national du CNAL.
· Message de Tony Upton, Président de la Charles Bradlaught Society (Angleterre)
· Message de Marie Buisson, secrétaire général de la FERC CGT et d’Alain Barbier, secrétaire général de l’UFR de la FERC CGT
· Message d’Esa Ylikoski pour l’Union des libres penseurs de Finlande
· Message de Benoît Schneckenburger pour le Parti de Gauche et la France insoumise
· Message du Cercle de la Libre Pensée de Bruxelles (Belgique)
· Intervention de Jacques Girod du Parti ouvrier Indépendant
· Discours de Christian Eyschen pour l’AILP au Congrès de la Libre Pensée française.
Publié le 15 Août 2018
Nous avons appris cet été dans la presse que depuis le mois de janvier 2018, les Sarthoises ne peuvent plus accéder à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) à l’hôpital du Bailleul, né en 2007 de la fusion des hôpitaux de La Flèche et Sablé-sur-Sarthe. Selon les éléments dont nous disposons, sur cinq gynécologues-obstétriciens exerçant au sein de cet hôpital public, trois font valoir leur clause de conscience et refusent de pratiquer des IVG. Parmi les deux autres, l'un est parti à la retraite sans être remplacé pour le moment. Le seul médecin restant pour pratiquer cet acte ne pouvant pas le faire seul, l'hôpital a choisi de suspendre ce service et de réorienter les patientes concernées vers les hôpitaux du Mans et d'Angers.
Cette situation remet totalement en cause le droit des femmes à disposer de leur corps et constitue une véritable régression. Preuve que ce droit à l’IVG, acquis en 1973 et porté notamment par Simone Veil, est plus que jamais menacé, pris en tenaille entre les restrictions budgétaires qui pèsent sur l'hôpital public et les offensives réactionnaires des religions. Certes légale, la clause de conscience invoquée par les médecins pose question, d'autant plus lorsqu'ils exercent dans un hôpital public. Un décret du 3 mai 2002 indique d'ailleurs que les établissements publics disposant de lits de gynécologie-obstétrique n'ont pas le droit de refuser de pratiquer l'IVG.
Derrière ces agissements se cachent bien souvent des militants anti-avortement appuyés par des institutions religieuses, plus particulièrement l'Eglise catholique, dont le pape ne cesse de lutter contre le droit des individus à disposer de leur corps. Les forces conservatrices et réactionnaires qu'il soutient viennent ainsi d’obtenir le maintien de l’interdiction de l’IVG en Argentine. En France, ce cléricalisme liberticide couplé aux politiques d’austérité des gouvernements successifs conduit à des situations telle que celle observée en ce moment à l’hôpital du Bailleul, où la condition des femmes connaît, de fait, un bond de 40 ans en arrière.
Malgré les effets d’annonce, et les vœux pieux sur les droits des femmes, le gouvernement autorise ainsi une véritable régression sur un acquis fondamental. La ministre de la santé, Agnès Buzyn, a annoncé que l’activité pourrait reprendre en septembre grâce au renfort d’un médecin de Saumur et à l’augmentation du temps de travail d’un autre.
Insuffisant pour la Libre Pensée, qui exige que tout soit mis en œuvre pour que ce service public de santé fonctionne à nouveau dès maintenant.
Le Mans, le 14 aout 2018
Publié le 14 Août 2018
Voici un communiqué de nos amis de la Libre pensée du Maine et Loire.
Trélazé :
De l'orgue de l’église Saint-Pierre au centre culturel de la mosquée,
continuité d'une politique qui sape la séparation des Eglises et de l’État.
Le Courrier de l'Ouest du 10 août nous apprend que la magnifique charpente que l'on aperçoit depuis la voie rapide est celle de la mosquée de Trélazé. Il nous dit aussi que la municipalité a voté une subvention de 300 000€ pour le « Centre culturel » dont la mosquée n'est qu'une partie.
Encouragé par les petits arrangements permis par le Conseil d’État à propos de l'application de la loi du 9 décembre 1905, M.Goua et sa municipalité ont donc recommencé à une autre échelle !
On se souvient que c'était également sous un prétexte culturel que près de 100 000 € avaient été consacrés à l'installation d'un orgue romantique du XIXe dans l’église paroissiale, place Francisco-Ferrer. Il devait y avoir concerts d'orgue et école d’orgue et, en contrepartie de son éventuelle utilisation liturgique, la paroisse devait verser une somme forfaitaire déterminée par convention à la ville. On n'entend plus parler ni de concerts, ni de l’école d'orgue ( le site spécialisé « Orgue en France » ne connaît pas Trélazé, ni l’école de musique intercommunale) , ni de cette redevance (nous vérifierons avec le compte administratif).
Nous ne sommes guère surpris. Nous ne le serons pas demain pour les activités autour de la mosquée. En juin le maire se vantait dans une réunion publique qu'il était en retard car il était à la rupture du jeûne du Ramadan...
Cette opération s'inscrit dans la politique de MM. Macron et Valls dont M. Goua est un affidé : rétablir le lien avec les religions par un financement public et une reconnaissance des cultes. Mais cela a toujours une contrepartie. Le 12 avril 1905, Aristide Briand, rapporteur de la loi, déclarait à la Chambre des Députés :
« Messieurs, je crois que M. Delafosse s'abuse sur la portée réelle de sa proposition. Si, conformément à son amendement, vous mainteniez le budget des cultes, ainsi que, par une conséquence logique, le droit pour les départements et les communes de subventionner les cultes, vous vous trouveriez appelés fatalement à prendre, au moyen de dispositions ultérieures, certaines précautions contre le mauvais usage que l’Église pourrait faire de ces subventions ; vous seriez vite entraînés dans les voies d'un Concordat nouveau. »
Un Concordat c'est de l'argent pour les cultes, une reconnaissance du droit des religions à influencer la vie publique, mais c'est aussi un contrôle politique des croyances et des croyants par les pouvoirs publics.
C'est avec cela que la déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen du 26 août 1789 puis la loi du 9 décembre 1905 ont rompu.C’est à ces textes que les citoyens doivent leur liberté de conscience.
Séparation des Eglises et de l’État
Liberté absolue de conscience
Défendons la loi de 1905.
Le président : Michel Godicheau
Contacts : librepensee49@laposte.net Tel 0631724320
Publié le 11 Avril 2018
Mardi 10 avril 2018, à l’occasion de la représentation de la pièce “Sur le concept du visage du fils de Dieu“, au théâtre des Quinconces au Mans, des membres de l’Action française et du Front National ont manifesté leur hostilité contre cette œuvre qu’ils jugent blasphématoire. On apprend, par ailleurs, dans la presse que des actes de vandalisme ont été commis contre le théâtre dans la nuit du 9 au 10 avril.
Ces militants ont porté une banderole « stop à la christianophobie » et scandé des slogans tel que « ni laïque, ni maçonnique, la France est catholique ». Cherchant certainement à intimider les spectateurs se rendant au théâtre.
Dans ce contexte, comment comprendre l'interdiction faite par la Préfecture aux producteurs du spectacle d'employer des acteurs mineurs, conduisant de fait à amputer le spectacle d'une scène entière ?
Doit-on y voir une tentative de censure déguisée, alors que la pièce est jouée en intégralité sans aucun problème dans l'immense majorité des villes où elle est proposée ?
La Fédération de la Sarthe de la Libre Pensée dénonce et condamne les actions de ces militants. Le délit de blasphème a été aboli en France en 1791 et la République garantit la liberté de conscience à tous ses citoyens grâce à la loi de 1905 de Séparation des Églises et de l’Etat.
La liberté d’expression ne peut souffrir aucune limitation. La limitation à la liberté d’expression s’appelle la censure.
La Libre Pensée appelle tous les laïques authentiques à se regrouper et à s’organiser pour faire barrage aux tentatives de tous les cultes de réinvestir la sphère publique et ce, avec la complicité de nombreux élus, quelle que soit leur appartenance politique. Sur ce point la rencontre entre l’Eglise catholique et le président de la République a de quoi inquiéter les laïques.
Quand des élus versent des subventions importantes à des cultes sous prétexte qu’ils s’occupent de services publics (crèches ou enseignement privé religieux par exemple), il ne faut pas s’étonner que les mêmes cultes estiment avoir leur mot à dire dans tous les aspects de la vie publique, création artistique comprise.
La fédération de la Sarthe de la Libre Pensée rappelle que la République française est laïque. Comme le dit l’article 2 de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905, « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.»
Pour ce qui est de l’action française et de ses amis, est-il nécessaire de rappeler l’engagement de nombre d’entre eux, derrière Charles Maurras, dès 1940 au côté du Maréchal Pétain et de son régime de collaboration avec l’Allemagne nazie?
Comme le disait le milicien, Paul Touvier, lors de son procès « l'Eglise suivait le Maréchal, je suivais l'Eglise. Mon devoir était tout tracé »
Fort heureusement, d’autres français catholiques, protestants, juifs, musulmans, libres penseurs ou francs-maçons, vivant dans la métropole ou venant des colonies, avec l’aide d’alliés du monde entier, nous ont libéré du nazisme et de ses collaborateurs.
Pour finir la Libre Pensée rappelle que la France n’est ni catholique, ni juive, ni protestante, ni musulmane, ni franc-maçonne, ni libres penseuse, ni athée, elle est laïque, diverse et c’est une République qui s’est donnée pour devise « Liberté, Egalité, Fraternité » !
Le Mans, le 11 avril 2018
Fédération de la Sarthe de la Libre Pensée.
Publié le 8 Avril 2018
Publié le 7 Mars 2018
Les Associations soussignées : Fédération nationale de la Libre Pensée (FNLP), Conseil national des Associations Familiales (CNAFAL), Laïcité-Liberté, Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), Grande Loge Mixte de France (GLMF), Ligue du Droit International des Femmes (L.D.I.F) ,

Entendent donner leur point de vue dans le débat qui va s’ouvrir préalablement à la révision de la loi de bioéthique à propos de la revendication du droit de mourir dans la dignité.
La loi de Séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905 garantit la liberté de conscience à tous les citoyens et constitue la clé de voûte de l’ensemble des libertés individuelles conquises durant le dernier quart du dix-neuvième siècle pour achever le processus d’émancipation politique engagé pendant la Révolution française qui a notamment dépénalisé le suicide. Elle assure à chacun la faculté de croire ou de ne pas croire dans un cadre juridique où l’Etat est étranger à toute influence cléricale. Dans ces conditions, dans tous les domaines de la vie civile, la loi devrait permettre à chacun d’exercer pleinement cette liberté de conscience, notamment dans celui le plus intime de la disposition de son corps, en levant les interdits qui en limitent la portée réelle.
Or, l’interruption volontaire de grossesse n’a été légalisée qu’au terme d’une mobilisation sans précédent ; la procréation médicalement assistée est enserrée dans les strictes conditions du seul traitement de l’infertilité de couples hétérosexuels et reste encore inaccessible aux personnes engagées dans des formes familiales nouvelles ; la recherche sur l’embryon, désormais autorisée, est soumise à tant d’exigences que son plein essor paraît encore devant nous.
Dans le pays où le suicide a été dépénalisé, dans la République où l’Etat est séparé des cultes depuis cent-douze ans, dans la nation dont certains des représentants ont parfois su faire preuve, en vain, de courage - nous pensons naturellement aux membres, toutes formations politiques confondues, de la commission des affaires sociales du Sénat en 2011 qui ont adopté une proposition de loi tendant à apporter une aide à mourir aux malades atteints d’une maladie incurable en phase terminale -, le législateur français est également resté sourd jusqu’à présent à la demande de la quasi-totalité des citoyens de disposer d’un droit à l’aide médicale à mourir. La loi du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie et instituant une « sédation profonde et continue provoquant une altération de la conscience maintenue jusqu’au décès, associée à une analgésie et à l’arrêt de l’ensemble des traitements de maintien en vie » ne répond pas à cette exigence : elle ignore la liberté de conscience de l’individu en ce qu’elle lui laisse simplement le droit de demander l’interruption des soins.
La revendication d’une simple dépénalisation de l’acte d’euthanasie ne saurait davantage répondre à l’exigence démocratique de laisser à chacun le choix de sa fin de vie. A titre de comparaison, l’histoire de la répression de l’interruption volontaire de grossesse est éclairante. L’article 317 du Code pénal de 1810 condamnait à la réclusion ceux qui pratiquaient l’avortement et aux travaux forcés les praticiens y ayant concouru. Néanmoins, de 1897 à 1908, plus de 100 000 avortements sont pratiqués chaque année à Paris et les jurés populaires acquittent largement les prévenus: le taux de relaxe est alors de 72%. Pour le faire baisser, la Chambre « bleu horizon » adopte la loi du 27 mars 1923, qui complète celle de juillet 1920 réprimant toute incitation à l’avortement et à la contraception, correctionnalise l’avortement. C’est l’objet de la loi du 27 mars 1923. Elle complète celle de juillet 1920 qui réprime toute incitation à l’avortement et à la contraception. Entre 1925 et 1934, le taux de relaxe tombe à 19%. Les magistrats professionnels se sont montrés moins cléments que les jurés populaires. La loi du 15 février 1942 (sous le Régime de Vichy) fait de l’avortement un crime contre la sureté de l’Etat passible de la peine capitale. Il faut attendre la loi Simone Veil du 17 janvier 1975 pour donner aux femmes la liberté de disposer de son corps : aux termes de l’article L. 2212-1 du Code de la santé publique « La femme enceinte qui ne veut pas poursuivre une grossesse peut demander à un médecin ou à une sage-femme l'interruption de sa grossesse »
La simple dépénalisation de l’acte d’euthanasie ne peut offrir les garanties nécessaires à la liberté de conscience. Il convient donc d’ouvrir en faveur des individus un véritable droit à mourir dans la dignité, ce qui est le principe, ET de mettre en œuvre une aide active à mourir qui en serait l’outil.
C’est pourquoi les associations soussignées revendiquent qu’à l’occasion de la révision de la loi dite de « bioéthique », ce droit soit reconnu par le législateur. Celui-ci pourrait s’inspirer des législations étrangères comme celles du Benelux qui permettent au médecin de pratiquer une aide médicale active à mourir à la demande volontaire, réfléchie et réitérée des personnes majeures ou émancipées en fin de vie en proie à des souffrances psychiques et/ou physiques qu’elles considèrent comme étant insupportables.
Les associations soussignées demandent au législateur d’établir une loi permettant de mourir dans la dignité, permettant une fin de vie apaisée.
Les associations qui souhaitent rejoindre cette Déclaration commune peuvent le faire en envoyant leur signatures à : CEFourmetot@orange.fr
Publié le 25 Février 2018

Des "inconnus" l'ont frappé dans la rue, l'ont pourchassé jusqu'à son domicile où ils ont poursuivi l'agression. Il est victime de multiples contusions.
L'Association des Libres Penseurs de Tunisie (ALP) agit pour la défense de la laïcité et a été reconnue officiellement en octobre 2017 après de nombreuses tracasseries administratives.
La Fédération nationale de la Libre Pensée (FNLP) adresse à l'ALP et à son Président l'expression de son entière solidarité et les soutient dans toutes leurs démarches, plaintes et interventions auprès des autorités pour que la vérité soit faite sur cette affaire et que les agresseurs rendent des comptes à la Justice.
La Libre Pensée française s’adresse ce jour à l’Ambassade de Tunisie à Paris en ce sens pour que la sécurité des libres penseurs tunisiens soit assurée. Elle appelle toutes les associations de Libre Pensée à travers le monde à en faire autant.
La Libre Pensée s’adresse à l’ensemble des associations démocratiques et laïques de ce pays pour qu’elles agissent en solidarité avec les Libres Penseurs tunisiens et qu’elles condamnent cette agression.
Paris, le 24 février 2018.
Publié le 3 Février 2018
Publié le 22 Janvier 2018
Une croix, ça ne fait de mal à personne… En êtes-vous si sûr ?
Comme tous les ans, la période des fêtes voit une médiatisation de nos recours et de nos victoires en ce qui concerne la présence de crèches dans des lieux de la République. Cette année, l’affaire de la statue de Ploërmel, où là aussi la LP est victorieuse, s’est ajoutée à cette médiatisation.
Bien entendu les partisans des crèches et certains médias ont cherché à caricaturer nos positions. Ici, nous étions contre noël et les fêtes de fin d’année, là on nous accusait de détruire l’occident au profit de l’invasion arabo-musulmane quand d’autres affirmaient que nous nous en prenions à un patrimoine culturel qui ne faisait de mal à personne…

Il nous faut inlassablement répéter la vérité…
Noël n’est pas une fête chrétienne, le père noël largement païen a depuis bien longtemps battu Jésus dont on ignore la date de naissance (voire s’il est né), même si l’Eglise catholique a fait brûler son effigie en 1951 sur le parvis de la cathédrale de Dijon devant un parterre d’enfants… Cette fête et ses traditions, véritable compilation de traditions païennes qui remontent de l’antiquité à aujourd’hui, n’appartient à personne et peut être célébrée par tous.
Pour ce qui est du patrimoine, c’est la loi de 1905 qui permet l’entretien du patrimoine religieux en France quand l’Eglise est obligée de vendre ses bâtiments dans d’autres pays… Pour ce qui est des crèches ou des monuments comme à Ploërmel, il n’y a rien de traditionnel dans ces provocations cléricales récentes ! Ce sont clairement des violations de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat !
Derrière ces actes politiques s’exprime de plus en plus clairement la volonté d’instaurer une nouvelle laïcité qui n’en serait plus une. Il s’agirait de faire de la laïcité un marqueur identitaire d’une prétendue civilisation judéo-chrétienne en conflit contre un monde prétendument arabo-musulman. Cette conception, ce n’est pas la séparation des Églises et de l’État, c’est la guerre des religions, le choc des civilisations chers aux identitaires. Cette pseudo laïcité, ce n’est pas la liberté de pensée, c’est l’affirmation d’une identité nationalo-religieuse en conflit avec ceux qui ne pensent pas ou ne croient pas comme il faut…
Selon cette conception de la laïcité, il faudrait interdire les symboles musulmans dans la rue (ce qui relève de la liberté d’expression sur la voie publique que cela nous plaise ou non) mais en même temps, on devrait accepter des signes religieux (chrétiens) dans les mairies, la participation d’élus à des offices religieux, le financement et l’organisation des cultes par l’Etat et l’érection de croix géantes sur les places publiques.
Il s’agit en fait de tuer 1905 et la laïcité telle que nous l’avons toujours défendue au profit d’une laïcité de façade qui serait une reconquête cléricale de notre société !
Quand à ceux qui prétendent que Jésus et les croix ne font de mal à personne, est il nécessaire de leur rappeler l’Histoire, les guerres de religions ou les positionnements idéologiques des chrétiens y compris à l’époque contemporaine ?
C’est bien au nom de leur croix, de leur Bible et de leur Jésus que les chrétiens agissent… Si le sapin ou le père noël ne sont synonymes d’aucun massacre et d’aucune oppression, on ne peut pas en dire autant des symboles chrétiens !
Personne n’a jamais justifié l’antisémitisme au nom de Noël, personne n’a jamais conquis des territoires ou converti de force des populations avec une guirlande à la main, et personne n’a jamais promu la collaboration de classe, le sexisme ou l’homophobie au nom du père noël !
En défendant la laïcité, séparation des Églises et de l’État, tout en caractérisant les religions pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire des forces liberticides et obscurantistes, la Libre Pensée marche sur ses deux jambes.
Hansi Brémond
Publié le 29 Octobre 2017
Publié le 13 Octobre 2017
En 2003, Hansi Brémond écrivait l'article suivant pour la Libre Pensée de la Sarthe. Au vu des débats qui ont lieu cette semaine, il nous parait intéressant de publier cet article sur notre blog. La Libre Pensée expliquait déjà le caractère clérical du drapeau de l'Union Européenne. A l'occasion d'une émission sur ce sujet en 2003, le dessinateur Stepk avait offert à la Libre Pensée 72 une caricature réalisée pendant l'émission. (voir illustration à la fin de l'article)
Une Europe vaticane
Les libres penseurs sont pacifistes et pour le rapprochement des peuples : l’union européenne pourrait nous sembler être une bonne entreprise. Pourtant l’Europe qui se construit est loin d’être laïque et s’avère même être profondément cléricale. Depuis ses origines jusqu’à aujourd’hui, les grandes religions, et plus particulièrement le catholicisme, sont très présentes dans la construction de l’Union européenne menaçant directement les déistes, les athées et les libres penseurs européens.
Le Vatican a besoin de l’Europe.
Des moines de l’abbaye de Solesmes en 1981 ont édité un recueil de textes intitulé « l’Europe unie dans l’enseignement des papes ». Dans ce document on peut lire que Pie XII attribuait les guerres et les malheurs de l’Europe à « l’abandon de l’enseignement du Christ ». Selon lui, « le remède essentiel est donc le retour aux valeurs chrétiennes qui ont fait durant des siècles l’unité et la prospérité de notre continent ».
Le 2 juin 1948, Pie XII se félicite alors de la tournure cléricale que prend l’Europe dès le Congrès de La Haye en mai 1948 ; « nous avons eu grand plaisir à lire, en tête de la résolution de la commission culturelle à la suite du congrès de La Haye en mai dernier, la mention du ‘commun héritage de civilisation chrétienne’. Pourtant ce n’est pas encore assez tant qu’on n’ira pas jusqu’à la reconnaissance expresse des droits de Dieu et de sa loi, tout au moins du droit naturel, fond solide sur lequel sont ancrés les droits de l’homme. Isolés de la religion, comment ces droits et toutes les libertés pourront-ils assurer l’unité, l’ordre et la paix ? » Dès lors l’Eglise catholique va appuyer de toutes ses forces la construction européenne en l’influençant au maximum. Elle sait très bien que l’Europe intéresse surtout les gouvernants et les industriels, elle leur propose donc de leur offrir ses 2000 ans d’expérience et son influence sur les populations pour garantir l’unité et la docilité des européens. En échange, elle attend de ces puissants qu’ils lui permettent de reprendre une place prépondérante dans la société civile.
Dans le même moment, l’Eglise catholique tente de s’attribuer la place de représentante de toutes les religions chrétiennes (anglicans, orthodoxes, protestants) en développant la notion de « civilisation chrétienne » comme si celle-ci représentait une seule et même religion. Elle profite alors de son organisation centralisée et répartie sur toute l’Europe pour imposer son hégémonie au niveau européen.
Le Vatican, par nostalgie pour le Saint Empire Romain et l’empire de Charlemagne, attribut le prétendu chaos européen à la réforme protestante, aux révolutions du 18ème siècle et du 19ème siècle et à la philosophie des lumières. L’Union Européenne, cette organisation supranationale non démocratique puisque ne prenant que très peu en compte les aspirations des peuples, plait au Vatican qui pourra ainsi reconquérir son influence et son pouvoir politique. Ainsi, le 18 octobre 1975, Paul VI déclarait ; « L’Europe ! Il y a bien des façons de la considérer. A-t-on jamais pu parler de son unité ? Elle semble avoir été jusqu’à hier un champ de batailles continuelles. Et pourtant les tentatives d’unification politique y ont connu leur temps de gloire, si l’on songe à l’Empire romain, puis aux empires carolingien et germanique qui ont pris le relais. […]. Oui, quelque chose de commun animait ce grand ensemble : c’était la foi. Ne peut-on pas dire que c’est la foi, la foi chrétienne, la foi catholique, qui a fait l’Europe, au point d’en être comme l’âme ? La Réforme, c’est un fait d’histoire, a contribué à une dispersion. L’avènement de la science, de la technique, celui de la richesse productive ont donné lustre et puissance à l’Europe, ils ne lui ont pas redonné une âme. L’époque des révolutions a vu s’accentuer le morcellement, l’indépendance. Les nations se sont affermies dans leur diversité, en s’opposant bien souvent. »
Bien sur l’Europe sera un magnifique prétexte pour détruire la laïcité de la France ; l’Eglise catholique s’est empressée de signer des concordats avec tous les pays d’Europe de l’Est, elle prend part aux débats européens et enfin elle sait que la France fait figure d’exception avec sa loi de séparation des Eglises et de l’Etat. Le 18 octobre 1998, le cardinal pierre Eyt, archevêque de Bordeaux écrivait dans la documentation catholique ; « la plupart des pays d’Europe connaissent une mise en œuvre sociale des institutions religieuses et de leur fonctionnement qui n’obéit, d’aucune façon, à ce que nous concevons en France sous le vocable d’une laïcité entendue comme attitude et comme pratique de refus et de restriction. »
Ainsi la laïcité française serait fermée, ce serait une laïcité de « refus et de restriction », la conclusion vient assez logiquement il faut garder le principe de laïcité en le rendant plus « ouvert », plus cool, plus détendu ; en bref on fait du principe de laïcité une coquille vide ! Le cardinal Pierre Eyt conclue ; « La laïcité est aux prises avec des transformations de notre société qui de toute façon requièrent que nous passions d’une laïcité de refus à une laïcité de respect. […] Cette mutation ne manquera pas cependant de toucher la conception générale de la laïcité. Certains des traits français de cette notion et de cette pratique seront conservés, mais, de fait, pour l’essentiel nous nous rapprocherons de ce qui se passe dans d’autres pays d’Europe. » Que ce prélat se rassure, à l’heure où j’écris, on réduit la laïcité à l’interdiction du foulard islamique dans les écoles publiques alors qu’en même temps on arrose de millions d’euros les Eglises et les écoles privées !
Comme on l’a vu précédemment l’Eglise catholique place beaucoup d’espoir dans la construction de l’Europe pour reconquérir son pouvoir d’autrefois, mais l’Europe a-t-elle vraiment besoin du Vatican et des religions en général ? En bref, à quoi sert une religion pour un Etat ?
Plus haut j’ai avancé l’idée qu’une religion permettait une meilleure unité du peuple, mais qu’en pensent les gouvernants ? Napoléon qui était pourtant athée mais aussi un puissant impérialiste a très vite compris que les religions alliées aux gouvernements les renforçaient. Voilà ce qu’il disait : « Comment avoir de l’ordre dans un Etat sans religion ? La société ne peut exister sans l’inégalité des fortunes – et l’inégalité des fortunes ne peut exister sans la religion. Quand un homme meurt de faim à côté d’un autre qui regorge, il lui est impossible d’accéder à cette différence s’il n’y a pas une autorité qui lui dise : Dieu le veut ainsi, il faut qu’il y ait des pauvres et des riches dans le monde, mais ensuite et pendant l’éternité, le partage se fera autrement. C’est en me faisant catholique que j’ai fini la guerre de Vendée, en me faisant musulman que je me suis établi en Egypte, en me faisant ultramontain que j’ai gagné les esprits en Italie. Si je gouvernais un peuple de juifs, je rétablirais le temple de Salomon. »
En effet la religion crée une meilleure unité du peuple mais ce n’est pas une unité voulue par le peuple, non, c’est une unité imposée ; C’est dans la résignation face à l’ordre divin que les religions imposent la cohésion sociale. La religion apparaît donc comme un outil précieux pour un Etat qui a besoin d’ordre social. L’Etat donne des subventions aux Eglises, laisse de la place au pouvoir à des prélats ou à de bons croyants, fait voter des lois favorables à la morale religieuse et en échange, les Eglises s’occuperont des actions sociales où l’on distribuera aux pauvres des bibles pour leur apprendre la résignation plutôt que de leur construire de nouveaux logements ou de leur donner du travail. Une fois dans une Eglise, on sait bien que les pauvres vont se résigner plutôt que de voler, se rebeller ou s’organiser politiquement pour réclamer de meilleures conditions sociales…
… A vous de vérifier mes propos en observant bien comment sont organisés les Etats-Unis ou comment on cherche à développer l’islam dans les banlieues en France pour que les jeunes se taisent !
Le drapeau européen et les euros :
Lorsque j’étais au collège, je me souviens avoir demandé à mon prof d’histoire pourquoi le drapeau européen avait 12 étoiles. Il m’avait alors répondu que chaque étoile représentait chaque Etat de l’union européenne. Dans cette logique nous aurions dû rajouter une étoile dès qu’un nouveau pays rentrait dans l’union ! ? !
Puis un jour, en lisant un article de Bernard Mirgain dans la Raison, je me suis alors rendu compte de la vérité au sujet du drapeau. Si l’on observe attentivement de nombreuses représentations de la Vierge Marie, on constate que derrière elle, se trouve souvent un fond bleu avec 12 étoiles. Alors, là, vous allez vous dire : « ça y est, il nous fait de la parano le p’tit libre penseur ! Il voit des cathos partout ! »
Bon, je vais donc essayer de vous convaincre. Pour ce faire, plongeons-nous dans l’histoire du drapeau européen.

Le drapeau étoilé est adopté par le conseil de l’Europe, le 8 décembre 1955 (anniversaire de l’immaculée conception !?). Ce drapeau a été choisi parmi 101 projets, pourtant il avait déjà la préférence de certain ; M. Lévy qui était directeur au service de presse du Conseil de l’Europe, était chargé de faire aboutir ce projet du dessinateur alsacien Arsène Heitz.
L’abbé Pierre Caillon qui était l’aumônier de l’hôpital de Cluny relate dans un mémoire, écrit en 1995, comment le drapeau européen fut adopté. On y trouve notamment des déclarations d’Arsène Heitz, le dessinateur du drapeau. Celui-ci déclara : « C’est à moi qu’on a demandé de dessiner le drapeau de l’Europe. J’ai eu subitement l’idée d’y mettre les douze étoiles de la médaille miraculeuse de la rue du Bac, sur fond bleu, couleur de la Sainte Vierge. ». L’abbé Pierre Caillon précise de M. Lévy et d’Arsène Heitz que « tous deux étaient de bons catholiques » puis il ajoute : « Evidemment, il fallait éviter d’évoquer la signification religieuse des douze étoiles et du fond bleu, en vertu de la sacro-sainte laïcité ». Arsène Heitz présenta alors son projet de la manière suivante : un drapeau « sur fond bleu du ciel d’Occident, ses étoiles d’or figurant les peuples d’Europe et formant un cercle en signe d’union ». L’Abbé Pierre Caillon précise enfin : « M. Lévy était secrètement d’accord pour faire aboutir discrètement le projet de M.Heitz en sauvant les apparences, afin de respecter la neutralité la plus absolue. Et malgré plus de cent projets qui furent en concurrence, c’est le Drapeau de la Sainte Vierge qui triompha au dernier moment ; et ce triomphe se produisit fortuitement le 8 décembre, sans que personne ait pu chercher cette divine coïncidence. Le drapeau de l’Europe est bien le drapeau de Notre-Dame, Reine de la paix ». Sachez, enfin, pour la petite anecdote que Robert Schuman et Konrad Adenauer sont allé prier ensemble à la cathédrale de Strasbourg, devant la statue de la Vierge immaculée, couronnée de douze étoiles, avant de soutenir le projet d’Arsène Heitz devant le Conseil de l’Europe.
Mais il n’a pas que le drapeau qui soit louche. Sortez un billet de 5, 10, 20 ou 50 euros, observez-le ; à chaque fois un pont est représenté. Pourquoi un tel choix sur chaque billet ? Que peut signifier le pont en terme de symbolique ?
Là encore, on peut soupçonner une entreprise cléricale derrière le choix de ce symbole. Vous êtes vous déjà demander ce que signifiait « souverain pontife » ? Le pontife du latin pontifex est le « constructeur de pont » ! Troublant, non ? C’est pour cela que l’on dit faire le pont en période de jours fériés ; le pontife était un ministre du culte chargé de la gestion du calendrier des fêtes religieuses. Le pont est également un symbole de Rome, le pont qui franchit le Tibre est à son origine. Reprenons ce qu’écrit Claude Maffre, dans la pensée laïque de juin 2003, le journal des libres penseurs du Tarn : « Dans les légendes celtiques (récits arthuriens ou traditions folkloriques) le pont est un site mythologique majeur : Pont de l’épée dans le Chevalier de la charrette, pont de verre dans le conte du Graal. De même il existe des légendes relatives au Pont du Diable (toponyme très fréquent). Le Malin construit des ponts dans l’espoir d’obtenir une âme comme salaire, mais il est berné à la dernière minute par un saint (aqueduc de Ségovie, pont de Martotell). Dans « Le Rhin », Victor Hugo rapporte une légende concernant la cathédrale de Strasbourg : le diable, en fait d’âme, avale un loup. Le diable se superpose à un personnage inspiré d’une divinité païenne, d’un géant aux pouvoirs féeriques. Un autre substitut chrétien de ce géant fée, c’est St Bénezet, dont la vie est connue par une biographie provençale du XIIIème siècle publiée en 1876. Fêté le 14 avril, à une date printanière, il construit le pont d’Avignon. Eminente figure de passeur et de Pontife (constructeur de pont), il permet aux hommes de franchir le fleuve, à la manière du célèbre St Christophe qui porte le Christ jusqu’à l’autre rive ; La figure de Charon, le passeur des âmes, hante ces légendes. Le pont devient la métaphore du passage des âmes dans l’au-delà ». Contrairement au drapeau, je n’ai pas de preuves d’une volonté cléricale dans le choix du symbole du pont, mais les faits sont tout de même troublants ! ? !
L’arsenal catholique à l’assaut de l’Europe.
La partie précédente s’attachait surtout à révéler la présence de références religieuses dans les symboles choisis par l’Union Européenne. Cela dit, les symboles ne constituent pas une menace en soi, non, ce qui est le plus inquiétant c’est la présence grandissante des religions dans les institutions européennes. Chacun sait que le Vatican bataille fermement pour faire adopter le principe d’un « héritage chrétien commun » dans les textes européens, notamment dans la constitution avec l’aide de nombreux gouvernements (Italie, Pologne, Pays-Bas, Portugal et Espagne). Mais quels sont les moyens dont dispose le Vatican pour influer sur les décisions prises à Strasbourg ou Bruxelles ?
La commission des Episcopats de la communauté européenne (COMECE) et la fédération des Universités catholiques d’Europe sont des instruments du Vatican pour peser au maximum sur la construction européenne, elles se sont d’ailleurs très impliquées dans les travaux pour la rédaction de la constitution européenne. Lors de l’élaboration du projet de constitution par la convention de rédaction présidée par Giscard d’Estaing (droite chrétienne), il a été décidé de consulter la « société civile ». Ont ainsi été consulté nombre d’organisations chrétiennes : Le réseau des chrétiens sociaux européens, la Commission des épiscopats de la communauté européenne et la conférence des Eglises d’Europe. Sachant qu’en même temps, le Pape en personne s’est adressé, en moins d’un an, à l’ensemble des gouvernements européens pour faire pression, on a de quoi s’inquiéter sur le contenu de cette constitution. Pensez-vous que les gouvernements italiens, polonais, néerlandais, portugais et espagnols se sont associés, pour demander la reconnaissance du principe « d’héritage chrétien commun » de leur propre chef ?
Vous me direz qu’au moins le gouvernement français ne pas fait partie de cette coalition cléricale. C’est vrai, mais est-il pour autant neutre vis à vis du Vatican ? Non !
Le 26 novembre 1994, Alain Juppé alors ministre des Affaires Etrangères, a tenu le discours suivant à Rome pendant la nomination au cardinalat de Pierre Eyt (archevêque de Bordeaux) : « La vocation de la France, c’est d’abord l’Europe, la grande Europe. Croyez que l’action de la France est, en ce point, orientée dans la direction indiquée par le Saint-Siège ; Le Conseil de l’Europe (réunion des chefs d’Etat), la C.S.E (commission européenne) sont aussi des instituions auxquelles le Saint-Siège a apporté et continue de donner une contribution spécifique que je suis heureux de saluer et qui rejoint les préoccupations constantes de la France ».
En 2000, Juppé n’est plus au gouvernement et la majorité a changé. Depuis 3 ans, la gauche plurielle est aux commandes pourtant les liens entre la France et le Vatican sont toujours très bons. Le 10 juin 2000, Alain Dejammet, le nouvel ambassadeur de France au Vatican, c’est à dire le porte-parole de la France auprès du Pape, déclare : «Nous sommes heureux, en particulier, que le Saint-Siège dispose au Conseil de l’Europe d’un statut qui lui permet d’exprimer son encouragement à la promotion des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans une Europe élargie, une Europe, comme votre Sainteté l’a exprimé, qui a besoin d’un visage spirituel. Conformément au souhait du gouvernement français, l’action de nos diplomaties se nourrit de contacts denses et fréquents. L’intérêt et l’efficacité de nos rapports ne cessent de se renforcer à la mesure de l’accroissement du nombre des réunions à haut niveau. En portent témoignage les successives rencontres officielles, en moins de neuf mois, du Ministre français des Affaires Etrangères avec le Secrétaire pour les relations avec les Etats joint au prestige qui rejaillit sur toute la France, de la renommée et de l’action des cardinaux et des membres français de la Curie, cet exemple d’étroite coopération entre le Saint-Siège et la diplomatie française est pour nous un précieux motif de confiance et d’espoir. » Le gouvernement et les ambassadeurs se comportent vis à vis du Pape comme de simples paroissiens à leur curé, ils se soumettent tel des brebis à leur berger. Rappelons que dans le cadre de notre démocratie dite représentative, ils s’expriment en notre nom !
On ne peut nier que le christianisme ait marqué l’histoire de l’Europe. Mais faut-il rappeler qu’il y a aussi d’autres « héritages culturels communs ». Est-il nécessaire de rappeler qu’il y avait déjà des peuples en Europe avant le christianisme et que depuis plusieurs milliers d’années ce continent s’enrichit de la culture de centaines de peuples venus du monde entier ? Que fait-on des celtes, des grecques, des romains, des germains, des invasions barbares ? Que fait-on des apports technologiques et culturels de ces peuples ? Que fait-on des apports culturels des immigrés d’Afrique ou d’Asie ? Que fait-on de la renaissance qui ne fut possible que grâce aux arabes qui ont gardé le savoir de l’antiquité pendant que l’Europe tombait dans le moyen âge (merci le christianisme) ? Que fait-on des lumières et des droits de l’homme, de la Révolution, de la République, de l’anarchisme, du marxisme, de tous les courants politiques et philosophiques qui constituent aussi l’Europe mais qui ont subit la répression religieuse ? Que faire du darwinisme, de la psychanalyse, de l’astronomie et de tous les savoirs qui nous entourent aujourd’hui parce que leurs précurseurs se sont rebellés face aux pouvoirs cléricaux ?
Nombreux sont ceux dans les couloirs des institutions européennes qui ont la mémoire courte. Faut-il leur rappeler la christianisation forcée des peuples (en Europe puis dans le monde entier pendant la colonisation), faut-il leur expliquer ce qu’étaient les croisades, l’inquisition, la contre réforme et les guerres de religion ? Faut-il leur dire que l’Eglise catholique qui pourtant tente de récupérer les droits de l’homme, les a d’abord condamnés et qu’aujourd’hui encore le Vatican n’a toujours pas ratifié la charte des droits de l’Homme de 1948 ! Faut-il leur faire un cours d’histoire sur l’Eglise catholique et ses liens avec les dictatures fascistes, nazies, franquistes et les dictatures d’Amérique du Sud ?
Aujourd’hui l’Europe devient une menace pour la liberté de penser et de s’exprimer, l’avenir ne sera pas rose pour les libres penseurs, les athées, les non-croyants. Il apparaît de plus en plus urgent de militer pour la séparation des Eglises et des Etats au niveau de l’Union Européenne. Quant à la culture commune, il serait plus simple de rapprocher les peuples d’Europe et d’ailleurs, en favorisant les échanges : donnez-nous des vraies bourses d’études pour partir étudier dans toute l’Europe, on la créera la culture commune !
Hansi Brémond
Sources :
Manière de voir n°48 (Monde diplomatique)- « l’offensive des religions »-nov-dec 1999
La Raison n°427- Janvier 1998- « les papes et l’Europe » par C. Eyschen
La Raison n°429- Mars 1998- « L’Europe et le Vatican, quel héritage commun ? par C. Eyschen
La Raison n°448- Février 2000- « Histoire du drapeau de l’Europe » par Bernard Mirgain
La pensée Laïque (LP Tarn) n°6- juin 2003- « L’Euro et le pont symbolique » par Claude Maffre
Bulletin LP Sarthe n°65- 1er trimestre 2003- « le Vatican et l’Europe » par André Frey
Bulletin LP Sarthe n°55- 3ème trimestre 2000- « La collusion Vatican gouvernement » par André Frey
Publié le 10 Octobre 2017
Publié le 2 Octobre 2017
Un ami et lecteur du blog qui nous lit de loin puisqu'il est québécois, nous a envoyé un article et une infographie sur les inégalités sexuelles au Québec.
Nous publions son texte en le remerciant de nous suivre régulièrement.
"
Il faut dire qu’il est laborieux de bousculer l’opinion publique : d’une manière générale il est admis, consciemment ou inconsciemment, que les femmes sont « garantes » du domaine domestique à la maison ou à l’appartement.
L’Institut de la Statistique du Québec (ISQ) le prouve (1) d’ailleurs puisqu’il a pu prendre en main cette question grâce à différentes études. Résultat ? Comme vous vous en doutez : même si les hommes « s’améliorent », de vrais écarts subsistent. Les hommes ont beaucoup à faire car ils devraient consacrer 9 heures de plus par semaine pour que le parfait équilibre soit rétabli.
Précisément quels sont ces écarts ?
Bien souvent les études se multiplient, mais il est difficile d’en faire une synthèse claire car il y a peu de personnes C’est la raison pour laquelle LeChiffonVert (3) a eu la bonne idée d’en faire une infographie. Malgré son côté ludique l’infographie reste bel et bien un outil particulièrement intéressant dans la détection de ces inégalités.

Les statistiques en France
L’infographie reprend les statistiques relevées au Canada, mais l’INSEE a déjà produit des études similaires (2)
Au Canada, quand près de 13% des hommes avouent ne jamais faire le ménage, ce chiffre tombe à seulement 7% du côté des femmes. Pour autant, la France n’est pas mieux lotie : 12% des hommes ne font jamais le ménage, contre seulement 1% du côté des femmes… C’est à minima la preuve que nos modes de vie (en comparaison avec le Canada) sont similaires.
Le temps domestique et parental hebdomadaire est de 17h chez les hommes (contre 18h au Canada), et de 32h chez les femmes (contre 27h au Canada). Là encore les similarités sont grandes entre le Canada et la France (d’où la pertinence de l’infographie malgré le fait que ses chiffres soient exclusivement basés sur les études de l’ISQ).
En d’autres termes, en France, environ 2/3 des tâches domestiques sont effectués par les femmes selon la dernière étude de l’INSEE.
Oui mais pourquoi… ?
Difficile de l’expliquer… Il y a bien les commentaires de Siobhan Freegard, la fondatrice de NetMums (le plus grand réseau social pour les parents) qui a déclaré : « Chaque fois que nous demandons aux femmes de la situation la plus stressante dans leur vie, les tâches ménagères sont au sommet ». C’est déjà un premier point : les tâches ménagères ne sont pas forcément un choix.
Une nouvelle piste dans la réponse à ce « pourquoi » a été fournie en 1974 par la féministe et sociologue britannique Anne Oakley. Elle s’est beaucoup intéressée aux phénomènes du « travail invisible » (dans son livre The Sociology of Housework). Les tâches ménagères sont typiquement le genre de tâches « qui ne se voient pas ». Laver ses carreaux avant d’inviter ses convives à diner, malheureusement cela ne se voit pas du premier coup d’œil ! Il s’agit là d’une perception particulière, dû au fait que les tâches ménagères ont longtemps été faites dans le silence (par les femmes) : beaucoup n’ont jamais été habitué à y prêter attention (et encore aujourd’hui, malheureusement).
Enfin, l’explication peut aussi résider dans ce qui s’appellerait « l’égalité subjective ». Et une étude de 2011 (4) explique assez clairement ce phénomène : les femmes sont généralement très indulgentes avec les hommes car quand on leur demande ce qu’elles estiment être une « juste-part » dans la répartition des tâches ménagères, elles jugent d’elle-même qu’en faire trois fois plus n’est « pas anormal ». Là encore, tout est question de perception et d’historique : cette indulgence n’est pas innée, elle s’est formée au fil des années sur la (fausse) croyance que la femme avait forcément un devoir d’en faire plus par rapport à l’homme en ce qui concerne le travail des tâches ménagères.
Sources et références
(1) http://www.scf.gouv.qc.ca/fileadmin/publications/FaitsSaillants_octobre2010.pdf
(2) https://www.insee.fr/fr/statistiques/1372773?sommaire=1372781, page 214
(3) Source de l’infographie : https://lechiffonvert.ca
(4) Baxter et Smart, 2011 ; Huerta et al., 2011
Publié le 29 Septembre 2017
A l’occasion de récents évènements tragiques à Paris, Bruxelles, Londres, Barcelone, Cambrils, Charlottesville, Sorgout, Turku, Bangalore ; le Conseil international de l’Association internationale de la Libre Pensée tient à rappeler ses positions historiques et traditionnelles :
- Toute religion monothéiste et leurs appareils portent en eux-mêmes la violence de la vérité révélée, du dogme, de la guerre sainte, des croisades et du djihad.
- Les sanglants actes terroristes commis, des USA à la Russie, de la France à l’Espagne, de la Finlande à la Belgique en passant par l’Angleterre, sont les démonstrations sanglantes du caractère violent et barbare des religions monothéistes.
L’AILP/IAFT condamne tous ces actes odieux et refuse la logique des théories qui programment à terme un affrontement généralisé à l’échelle de la planète entre les différentes cultures et religions, avec des massacres gigantesques à la clé. Ces théories visent à promouvoir l’Occident chrétien comme le « rempart de la civilisation ».
L’AILP/IAFT rappelle que les victimes (morts et blessés) de ces crimes se comptent par milliers et que les assassins sont issus de toutes les religions. Aucune n’a l’exclusivité de la barbarie. Les victimes les plus nombreuses des actes barbares djihadistes sont de loin les musulmans eux-mêmes.
Compte tenu de sa détermination à lutter résolument contre toute forme de dogmatisme et d’obscurantisme religieux, l’AILP reconnaît les faits suivants :
- L’Islam politique est une idéologie et un mouvement politico-religieux international obscurantiste, anti-laïque, liberticide, théocratique, prosélyte et totalitaire. Il est une forme intégriste de l’Islam. À l’échelle planétaire, ce mouvement est au moins aussi dangereux que les plus fanatiques de tout autre intégrisme religieux, y compris les intégrismes chrétiens.
- L’Islam politique a divers moyens de se promouvoir et de se répandre, le plus spectaculaire de ces moyens étant le terrorisme. Toutefois, ce dernier n’est que la pointe de l’iceberg, car l’islamisme dispose de toute une gamme de moyens de propagande, allant jusqu’aux plus banals et quotidiens, comme la normalisation de plusieurs pratiques islamiques dans les espaces publics, débordant ainsi le cadre privé dans lequel la pratique religieuse devrait être cantonnée.
- Il est nécessaire d’interdire le port de ces voiles dans les institutions de l’État et dans les Ecoles publiques.
Ainsi, l’AILP dénonce l’islamisme, comme elle dénonce et combat tous les intégrismes religieux, et déclare sa volonté de lutter assidûment contre ce mouvement liberticide en analysant son idéologie et ses divers moyens de propagande et en proposant des mesures pour y faire face.
L’AILP/IAFT réaffirme que le respect de la liberté de conscience est une revendication démocratique essentielle à mettre en œuvre partout sur tous les continents, notamment par l’avènement plein et entier de la Séparation des Eglises et de l’Etat. La loi doit être la même pour tous au nom du principe d’Egalité des êtres humains.
Association démocratique et laïque, l’AILP/IAFT considère que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est aussi une revendication démocratique essentielle.
La négation de ces deux revendications, notamment, est source de conflits et d ‘affrontements qui ne peuvent déboucher que sur des guerres et des actes barbares où l’Humain est toujours la première et la dernière victime.
Comme l’indiquait le Congrès de Rome de 1904 de la Libre Pensée internationale, les Etats doivent être « démocratiques, laïques, et sociaux ». Telle est la seule voie pacifique pour l’émancipation des peuples.
Paris, le 24 septembre 2017
Publié le 20 Septembre 2017
Vendredi 6 octobre, 20h00: Les mutineries de 1917
Conférence de Nicole Aurigny,
Vice-Présidente nationale de la Libre Pensée,
Maison des Associations, place d’Arcole, le Mans
«
1917 : après trois années d’une guerre meurtrière, le moral des différentes armées européennes engagées dans le conflit est au plus bas. En France , l’offensive Nivelle lancée en avril 1917 au Chemin des Dames a fait 200 000 victimes (morts et blessés) en deux mois . Début juin un refus collectif de désobéissance aux ordres de remonter au front va s’étendre : les soldats se mutinent.
Un exemple : 2000 soldats de la 41ème division insultent le général Bulot, lui arrachent ses étoiles aux cris de « Assassin, Buveur de sang, A mort, vive la Révolution »
68 divisions sur les 110 que compte l’armée française seront touchées. Leur revendication : la fin des hostilités : « Paix ou Révolution ! A bas la guerre ! »
Ils vont se heurter au gouvernement et à l’Etat-Major décidés à poursuivre les opérations et à écraser la rébellion. Les tribunaux militaires prononceront 3427 arrêtés : 50 mutins seront fusillés, 504 condamnés à mort seront graciés, 1381condamnés aux travaux forcés et longues peines de détention, 1492 à des peines plus légères.
A noter que ce mouvement de mutinerie a touché plusieurs armées : celle de Russie, d’Italie , d’Allemagne et d’Angleterre.
En France, la mutinerie des soldats russes du camp de La Courtine (Creuse) a duré trois mois et a été réprimée par une coalition militaire franco-russe en septembre 1917.
Nombre de ces événements de mutineries ont été cachés au grand public jusqu’à ces dernières années. La Libre Pensée a pour sa part toujours œuvré pour que toute la vérité soit faite sur ses épisodes. Nicole Aurigny développera sur ce thème pour lancer le débat.
»

Samedi 7 octobre, 11h30 : faut-il réhabiliter les fusillés pour l’exemple de la première guerre mondiale ?
Débat animé par Nicole Aurigny
Espace débat de la 25ème heure du livre au Mans.

Samedi 11 novembre, 14h00 : Rassemblement contre les guerres et pour la réhabilitation des fusillés pour l’exemple.
Place de la Paix, Allonnes.

Publié le 7 Septembre 2017
Communiqué de l'Association internationale de la Libre Pensée
Gauri Lankesh, une célèbre journaliste indienne a été assassinée par balles ce mardi 6 septembre 2017, par un commando qui s'est présenté à son domicile de Bangalore, capitale du Karnataka .
Mrs Gauri Lankesh, âgée de 55 ans, était une figure de la lutte du rationalisme contre le système des castes et l'extrémisme hindouiste qui le nourrit.
Le Club de la Presse de l'Inde indique clairement que "cette journaliste intrépide et indépendante à été tuée pour la faire taire"
D'après le quotidien britannique le Guardian, elle avait récemment déclaré que la haine féroce directement dirigée contre elle, lui faisait craindre pour la liberté d'expression en Inde.
Elle ajoutait, d'après le même journal, qu'elle entendait continuer le combat d'Ambedkar en matière de réformes sociales. B.R. Ambedkar, premier Ministre de la Justice de l'Inde indépendante fut un des principaux rédacteurs de l'actuelle Constitution indienne, il combattit l'extrémisme hindouiste et musulman, mais est surtout connu pour sa lutte contre les discriminations à l'égard des Dalits (intouchables).
Avant même cet assassinat, le Comité pour la défense des Journalistes chiffrait à 27 le nombre d'assassinats impunis de journalistes indiens depuis 1992.
Le parti du Premier Ministre Modi (BJP), mis en cause au Parlement, a réagi en disant qu'il condamnait cet attentat, qu'il diligentait les recherches, mais a aussi assuré qu'il appartenait à l’État du Karnataka (dont la capitale est Bangalore) d'assurer la loi et l'ordre.
C'est le deuxième assassinat de journaliste rationaliste en deux ans au Karnataka et les assassins du précédent M. Kalburgi, n'ont jamais été retrouvés.
L'Association Internationale de la Libre Pensée salue la mémoire de cette femme courageuse et exige du gouvernement indien que les coupables soient retrouvés et jugés.
Elle assure les humanistes, rationalistes et libres penseurs de l'Inde de sa pleine solidarité.
Le 6 septembre 2017
Publié le 6 Septembre 2017
















