Le blog de la Fédération de la Sarthe de la Libre Pensée.
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En janvier, à l’occasion de l’affaire Mila, du nom de cette jeune lycéenne insultée sur les réseaux sociaux pour sa critique acerbe de l’islam, la ministre Belloubet a eu l’occasion d’exprimer toute son ignorance vis-à-vis de la laïcité de l’État. En effet, alors que la jeune fille était menacée par plusieurs croyants sur Youtube, la ministre de la Justice déclarait : « l'insulte à la religion, c'est évidemment une atteinte à la liberté de conscience, c'est grave »
Ignorance ou volonté d’en finir avec la laïcité ?
En disant cela, la ministre exprime une orientation anti-laïque, elle évoque un délit de blasphème qui n’existe pas en France, pays laïque.
En l’occurrence, les propos de la jeune fille sont, certes, vulgaires, mais en aucun cas elle n’appelle à la haine, au meurtre ni n’empêche quiconque de vivre sa croyance en toute liberté. Quelques croyants choqués mais plus intelligents que ceux qui menaçaient Mila sur Internet ont porté plainte mais la Justice les a déboutés. Ironie du sort, comme dans de nombreux cas de satires ou de caricatures c’est la campagne de protestation des choqués qui a assuré la promotion de la dite satire.
Retenons tout de même de cette polémique, les propos de la ministre de la Justice qui sont tout simplement sidérants ! Ministre de la Justice ! Que dire ?
Ce gouvernement antisocial entraine chaque jour un peu plus le pays sur une pente dangereuse et autoritaire. Dans le prolongement des gouvernements précédents, mais avec encore plus de férocité, il s’attaque aux services publics, aux acquis sociaux et démocratiques entrainant chaque jour un peu plus notre pays de la République vers une démocrature.
L’année dernière, l’unité des laïques a permis un recul de Macron sur sa volonté de modifier la Loi de 1905. Pour autant, peut-on crier victoire ? Qui peut croire un instant que Macron et ses sbires n’ont plus en tête leur volonté de reconnaître les cultes, de les trier et de les subventionner selon qu’ils soient « compatibles » ou pas avec leur conception de la République ? Qui peut croire qu’ils ont renoncé aussi facilement ?
Pour comprendre, il suffit de voir l’acharnement du gouvernement et les violences policières subies depuis 1 an et demi par les gilets jaunes, les jeunes, les pompiers, les personnels hospitaliers, les profs, les salariés en grève. Nous avons affaire à des entêtés, des bourrins, des barbares !
Conscient de tout cela, la Fédération Nationale de la Libre Pensée s’adresse au mouvement laïque dans son appel « il faut rassembler le mouvement laïque et les laïques ». Ce texte rappelle le serment de Vincennes et la campagne de 1960 contre la loi Debré, dont la Libre Pensée revendique toujours l’abrogation. « Cette campagne laïque fut menée par la Ligue de l’Enseignement, la FCPE, les DDEN, le SNI et la FEN regroupés dans le CNAL et soutenue par la Libre Pensée, l’Union rationaliste, la LDH, la CGT, la CGT-FO, l’UNEF, le Grand Orient de France, le Droit Humain, la Fédération nationale des Combattants républicains et les partis PSA, UGS, Parti socialiste SFIO, Parti Radical et Radical-Socialiste et le PCF ».
Ainsi, dans son appel, la Libre Pensée propose à l’ensemble du mouvement laïque, une manifestation nationale ou un rassemblement national Pour défendre la Loi de 1905 !D’ores et déjà, il nous appartient de discuter avec les laïques, où qu’il soient. Que chaque libre penseur se fasse le relais de cette nécessaire discussion. Cette orientation doit nourrir nos reflexions, nos discussions et servir de fil conducteur dans nos initiatives pour l’année à venir.
Nous publions ci-dessous une contribution personnelle de Jean-Sébastien Pierre, Président de la Fédération Nationale de la Libre Pensée, sur la question de l’écologie.
Écologie : Entre céder à l’air du temps et paraître négationniste, une voie étroite.
Les problèmes environnementaux sont réels, et affectent la vie quotidienne de populations entières, voire éventuellement de la population mondiale. Parmi les problèmes avérés, on peut citer la déforestation sauvage des forêts primaires équatoriales, l’épuisement des stocks exploitables de poissons marins, la présence de “soupes” de déchets plastiques se concentrant en certain points des océans, l’abus de produits chimiques sur les cultures au niveau mondial, la disparition d’un nombre notable d’espèces vivantes d’autant plus remarquées et identifiées qu’elles sont plus grosses en taille et d’intérêt patrimonial. Ainsi le grand Panda et la baleine bleue font la une de multiples émissions de télévision et de vidéos présentes sur le web, tandis que la faune des vers de terre, des insectes, vers, et acariens du sol n’est même pas connue dans tous les détails dans l’ensemble du monde. Ce sont, c’est très clair, des dégâts dus au mode de production capitaliste dans lequel l’environnement est a priori “res nullius” (la chose de personne). Le Capital ne peut donc éviter de dégrader l’environnement, sans une forte contrainte extérieure qui ne peut provenir que de la loi, avec les forces de coercition adéquates.
Encore faut-il que les maux soient clairement identifiés, or la propagande écologiste, au sens de l’écologie politique, est devenue une source gigantesque de désinformation et de mensonge. Les dégâts environnementaux sont présentés et amplifiés jusqu’à la démesure catastrophiste dans un but désormais bien clair : il ne s’agit pas de mettre le capitalisme en accusation, mais d’attribuer les maux environnementaux à l’activité humaine en soi, au mode de vie des populations qui devraient se restreindre et accepter de limiter leur consommation. Une nouveauté qui émerge de manière inquiétante est que des scientifiques compétents et patentés se prêtent à cette désinformation dans le cadre notamment des agences onusiennes que sont le GIEC et l’IPBES.
C’est ainsi que le GIEC vient d’oser dénoncer une consommation de viande excessive comme cause première des émissions de méthane et de CO2. On imagine la menace que cette déclaration délirante fait peser sur les populations des pays en voie de développement. L’IPBES, quant à lui, nous annonce froidement qu’un million d’espèces sont menacées d’extinction « par l’activité humaine ». Un examen même rapide du problème montre que ce chiffre effarant ne repose que sur du vent.
De nombreuses espèces sont en danger d’extinction, ce qui n’est pas un problème simple, encore qu’il soit soluble, mais lancer des chiffres farfelus et catastrophistes ne sert à rien, sinon à contribuer à l’affolement des populations et à les convaincre de la nécessité d’une « sobriété heureuse » chère à Pierre Rabhi et au pape François. C’est la forme devenue officielle de la décroissance.
Entre déprédations réelles et désinformation, la Libre Pensée ne peut ni se taire ni sombrer dans « l’air du temps ». La voie est cependant étroite. Un certain nombre de libres penseurs, par ailleurs authentiquement laïques, antimilitaristes, antidogmatiques et anticapitalistes sont influencés par la propagande catastrophiste qui se déverse en cataracte à chaque instant sur toutes les chaines d’information, ou, tout simplement, soucieux de la préservation de la nature et d’un environnement riche et agréable pour l’humanité, s’inquiètent d’une dégradation sensible du monde qui nous entoure. Beaucoup y voient un combat anticapitaliste, ce qui serait légitime si cette « lutte » n’était pas animée aujourd’hui par l’impérialisme lui-même, comme dans la monstrueuse construction Greta Thunberg assortie de la « grève des enfants ».
Soyons clairs : ni la manière ni la nécessité ou pas de combattre les dégâts environnementaux ne peuvent être une ligne de clivage au sein de la Libre Pensée. Pour autant, on ne peut interdire aux instances de la Fédération Nationale de produire une analyse rationnelle de phénomènes aussi inquiétants que l’opération Greta Thunberg, où sur les positions de petites ligues activistes et profondément réactionnaires comme « extinction-rébellion ». Il y a dans les mouvements écologistes, même si (et surtout si) ils peuvent séduire un certain nombre de jeunes, une composante totalitaire, pour ne pas dire fascisante, qui est palpable dès lors que l’on rentre un peu dans leur problématique.
Extinction-Rébellion : « La biodiversité doit être reconnue et respectée pour sa valeur intrinsèque et pas uniquement pour les “services” qu’elle nous rend. Nous nous battons pour que nos sociétés reconnaissent avec humilité leur place au sein de la biosphère et engagent une démarche de restauration écologique à la mesure des dégâts causés. Ces demandes nécessitent une mobilisation civile et solidaire d’une ampleur et d’une visée comparables à celles déployées en temps de guerre. » On sait ce qu’il advient, « en temps de guerre » des libertés démocratiques et des aspirations des peuples.
Un coup d’œil à leur « matériel pour rebelles » donne une idée de la tonalité de leur « non-violence ». Non-violence, jusqu’à quand ? On a déjà connu les « faucheurs volontaires » qui se comportaient en bandes de nervis pour attaquer les agriculteurs et les laboratoires de recherches, cette mode a pour l’instant passé, mais d’autres peuvent revenir. On voit déjà des agriculteurs se faire insulter comme « empoisonneurs » à la suite des cinq sujets « édifiants » traités par Elise Lucet et qui, outre qu’ils diffusent des sommets de contre-vérités sont de véritables appels à l’ « agriculture bashing ».
Nous ne sommes pas une instance scientifique. Ce n’est pas à nous de dire le vrai, et nous ne le pouvons pas. Ce que nous pouvons faire c’est défendre la liberté d’expression des chercheurs, en soutenant la règle commune : est scientifique ce qui est publié dans une revue sérieuse à comité de lecture international.
Ce n’est pas à une instance d’expertise de trier dans la littérature ce qui est scientifique ou pas. Une expertise doit éclairer des décisions, faire la synthèse des documents existants et en déduire des propositions. Ses rapports, si volumineux et documentés soient-ils ne sont pas des œuvres scientifiques. C’est de la « littérature grise » au sens de la science contemporaine. Elle ne peut avoir pour prétention de « faire taire » toute voix divergente. Le GIEC et l’IPBES, contrairement aux agences d’expertise plus classiques ont la prétention de dire le vrai y compris dans leurs projections sur le futur, dont l’histoire nous apprends qu’elles sont toujours hasardeuses. Voir les prédictions démographiques délirantes du Club de Rome dans les années 70, complètement démenties par le décours des événements.
Cependant, nous savons, et c’est un acquis de l’activité presque bi-séculaire de la Libre Pensée, faire la part des choses entre l’information scientifique, toujours respectable, et la propagande, qu’elle vienne d’ONG « désintéressées » comme Greenpeace ou le WWF ou d’officines internationales telles que le GIEC et l’IPBES, ou des médias aux ordres ou du gouvernement. Nous faisons notre la parole de Fontenelle (« la dent d’or »), « assurons nous du fait avant d’en rechercher la cause ». Or, nous sommes en plein dans cette problématique qui touche même les chercheurs. On passe du constat de la disparition ou de la régression grave d’un certain nombre d’espèces, au mythe catastrophiste de la VIème extinction. D’un constat intéressant les régions agricoles du globe : la masse des insectes s’est réduite de plus de 50% (70% en Allemagne) à la généralisation stupide : sur toute la terre : les insectes sont en voie de disparition.
En conclusion, la pression de l’écologisme est devenue telle qu’il peut être néfaste de foncer dedans flamberge au vent à coup de déclarations péremptoires. Nous avons tout intérêt, par contre, à susciter les questions et à inciter les camarades à les étudier. Les dossiers de Sciences et Pseudosciences sont en général excellents et d’un niveau scientifique indubitable, même si on peut aussi s’interroger sur certains d’entre eux (climat, par exemple). Par ailleurs, on peut légitimement interpeller les statistiques répandues par les médias : en admettant (ce que pour ma part, je refuse) de considérer le gaz carbonique comme un « polluant », car c’est avant toutes choses un engrais pour la végétation, voyons, noir sur blanc, quels sont les plus gros « pollueurs ». Les voitures individuelles, les tankers et porte-conteneurs ou l’armée ? Les jets civils seraient condamnés et condamnables, mais pas les rafales et autres avions militaires ? Le bilan des bateaux commerciaux est effrayant, moins en termes de CO2 que de dérivés soufrés.
Bien sûr, la dégradation de notre environnement est un aspect du caractère destructeur du capitalisme. Encore faut-il l’identifier avec exactitude et faire la part précisément de ce qui relève de la nécessaire production et ce qui relève de la gabegie capitaliste. C’est extrêmement difficile, mais ne pas le faire, conduit directement à condamner, non pas le régime du profit, mais l’Humanité elle-même. C’est la substance même de l’écologisme politique, et nous devons y résister, même si les formes de la résistance peuvent être souples.
Mme de Montchalin, ministre d’Emmanuel Macron et Edouard Philippe, a affiché au nom du gouvernement, un soutien à peine voilé aux putschistes. Les principaux médias ont évidemment illustré cette position honteuse.
Cette image de la sénatrice autoproclamée Présidente de Bolivie, brandissant une énorme Bible qu’elle réinstalle dans le palais présidentiel, résume bien ce qui se trame.
En février 2009, l’Ambassade de Bolivie à Paris avait pris contact avec la Fédération Nationale de la Libre Pensée pour discuter du communiqué que nous avions publié pour saluer la nouvelle Constitution de Bolivie qui instaurait la Séparation de l’Église et de l’État : la communication avait été chaleureuse et nous avions bien sûr souhaité que la présidence d’Evo Morales soit l’occasion de renforcer nos liens en Amérique Latine.
Nous savions aussi, les uns et les autres, que cette Séparation des Eglises et de l’État avait un contenu social, vis à vis des Amérindiens, mais aussi et surtout vis à vis de l’appropriation par le peuple de Bolivie des richesses de son sous-sol.
Nous rappelions dans ce communiqué : « Cela n’a pas été sans mal ni sans violences tant les forces réactionnaires ont mis tout leur poids dans la balance. A tel point que l’Assemblée Constituante dût abandonner Sucre la capitale constitutionnelle pour la ville minière d’Oruro où elle put travailler en sécurité sous la protection des jeunes, des paysans et des mineurs.
Avec émotion, parce que cette nouvelle Constitution comporte un certain nombre de dispositions que la Libre Pensée ne peut qu’approuver :
-interdiction d’installation de bases militaires étrangères,
-reconnaissance de plusieurs types de propriété y compris la propriété communautaire, dans le même temps qu’il y aura limitation de la grande propriété appelée « latifundia »,
-interdiction de l’aliénation des ressources naturelles au profit de puissances, entreprises ou personnes étrangères, acte considéré désormais comme un crime.
Avec émotion parce cette nouvelle Constitution sépare les Eglises de l’Etat. La Bolivie sera donc le premier Etat d’Amérique du Sud à adopter constitutionnellement la Laïcité, puisque le Mexique fait partie de l’Amérique du Nord. La Bolivie ouvre le chemin à tous les peuples d’Amérique latine.
Il faut peser à son juste poids ce que cette décision représente de conviction et de détermination.
Il faut se convaincre du poids de cette mesure dans un continent dominé depuis 1492 par l’Eglise catholique.
Il faut considérer la valeur exemplaire de ce vote populaire, car ce n’est pas une Assemblée qui a pris une décision, mais un peuple tout entier qui en s’exprimant démocratiquement a, selon la vieille formule, décidé : « l’Eglise chez elle et l’Etat chez lui ». »
Quelle qu’ait été la suite, ce qui a été exprimé par cette Constitution reste totalement d’actualité et cela désigne, dix ans après, ceux qui sont les auteurs de ce coup d’Etat, dont nous espérons que la mobilisation viendra à bout.
Nous assurons le peuple bolivien de la solidarité des libres penseurs de France
la Fédération Sarthoise de la Libre Pensée tient un stand. Nous vous y attendons. Notez par ailleurs, une intervention d'Hansi Brémond, à 12h30, samedi 12 octobre, à l'espace associatif sur le thème de la laicité.
Samedi 21 septembre 2019, une cinquantaine de participants assistait à la plantation d'un arbre de la liberté à Chateau du Loir. Après le discours du président des libres penseurs de Château du Loir, et d'une élue qui représentait la mairie, voici le discours lu par le président de la fédération sarthoise de la libre pensée.
Discours d'Hansi Brémond (largement adapté d'une proposition de David Gozlan)
Camarades, Citoyennes, citoyens,
Je tiens à vous remercier d’être venu ce matin à cette cérémonie
de plantation d’un arbre de la liberté.
Je remercie, au nom de la fédération sarthoise de la Libre Pensée, les camarades de la section de Château du loir pour leur travail d’organisation et je tiens à remercier madame la maire de Château du Loir et son conseil municipal sans qui ne serions pas là ce matin, remercions enfin les services techniques de la commune qui nous ont préparé le site.
C’est un honneur pour nous tous d’être ici, à Château du loir, une commune qui est intiment liée à l’histoire de la libre Pensée de la Sarthe. Ici est née en 1882, une de nos premières sections et ici a œuvré notre illustre ancien camarade le docteur Lemonnier. Le monument en son honneur en porte encore le témoignage.
Comme vous le savez, depuis le 19e siècle, notre fédération organise des plantations de l’arbre de la liberté autour du 20-21septembre.
Pour les libres penseurs il s’agit de célébrer plusieurs événements :
-Premièrement, Il y a le 21 septembre 1792. Au lendemain de la bataille de Valmy, les révolutionnaires abolissent la royauté et proclament la 1ere République.
Ils posent ainsi les bases de l’idéal républicain résumé par le triptyque Liberté Égalité et Fraternité. Idéal qui devra s’imposer difficilement tout au long du 19e siècle face aux forces réactionnaires, bonapartistes, royalistes et cléricales. Cet idéal d’une république sociale et universelle permettant l’émancipation du genre humain reste l’objectif pour lequel les libres penseurs se battent.
- le 20 septembre, nous célébrons aussi la journée internationale de la Libre Pensée. Cette date fut choisie en référence au 20 septembre 1870, jour où les troupes de Garibaldi ouvrirent une brèche dans la porte Pia à Rome. Les troupes garibaldiennes, dans le symbole comme dans la pratique mirent à bas le pouvoir des Etats pontificaux.
C’est l’incarnation de la Séparation des Etats, régis par les Humains, et des Eglises, instruments d’oppression de l’Humanité. C’est la conscience politique qui s’élève et qui met à terre la chape de plomb des dogmes.
D’Hypatie à Galilée, de Giordano Bruno à Michel Servet, De Dolet au Chevalier de La Barre, Les martyrs de la Libre Pensée jonchèrent les chroniques des Eglises. Avec cette brèche, c’est une Lumière de liberté qui jaillit.
En cette journée internationale de la Libre Pensée, des milliers de Libres penseurs débattent, se réunissent, manifestent pour la liberté de conscience en Amérique latine, comme en Europe, en Amérique du Nord, comme en Asie. Comme Giuseppe Garibaldi, ils sont par leur action porteurs de ces combats contre le dogmatisme, la pensée unique, les religions dites révélées et contre toute forme d’oppression.
L’Histoire est faite de brèches, de cassures, de ruptures où les plus humbles, les plus pauvres, les plus modestes, les plus conscients prennent en main leur destin. Nous avons connu des épisodes similaires en France ces derniers temps ; il y a eu le mouvement dit des gilets jaunes, des grèves massives également dans la jeunesse, chez les enseignants et chez les personnels des hôpitaux…
Nul ne peut dire aujourd’hui comment cette aspiration populaire se poursuivra, car elle n’est pas finie, et les bavards gardiens de l’Ordre sont peu prompts à en déclarer la fin, tellement sont-ils secoués par la vague de fond qui parcourt le pays. L’annonce de la contre-réforme des retraites pourrait bien raviver la colère légitime du peuple.
Défenseurs de la liberté de conscience, partisans de la Séparation des Eglises et de l’Etat, les Libres penseurs ont été de ceux qui ont manifesté, ont soutenu et soutiennent le droit de manifester. Ils ont dénoncé les arrestations, les matraquages, les exactions contre les manifestants, contre les responsables syndicaux, politiques ou associatifs.
Dans cette logique, le Congrès national de la Libre Pensée, réunit le mois dernier, s’est prononcé pour l’abrogation des lois liberticides, notamment celle sur l’Etat d’urgence et celle contre le droit de manifester.
Le Congrès national de la Libre Pensée s’adresse solennellement à toutes celles et à tous ceux pour qui la liberté n’est pas un vain mot, aux associations, aux syndicats, aux partis : Il faut défendre la liberté de conscience, la liberté d’expression, la liberté d’organisation, la liberté de manifestation !
La Libre Pensée prendra toute sa place dans ce combat. Il doit être le combat de toutes et de tous.
Les lois et décrets d’interdiction de manifester sont autant d’injures à la démocratie.
Hier comme aujourd’hui, les partisans de la Liberté payent parfois de leur vie.
Évoquons ce célèbre martyr de la Libre Pensée que fut Francisco Ferrer.
Il y a 110 ans de cela, le 13 octobre 1909, Francisco Ferrer i Guardia fut fusillé, exécuté par le pouvoir espagnol. C’était encore la monarchie et le cléricalisme contre la libre pensée. Accusé à tort, sur désignation de l’évêque de Barcelone d’être l’instigateur de la Semaine tragique qui a vu le peuple de Madrid se soulever et être écrasé, Francisco Ferrer est jugé sans pouvoir se défendre, condamné et exécuté tout aussi expéditivement. « Avant que ne claque la fusillade, Francisco Ferrer, d'une voix forte, lance aux soldats du peloton : « Mes enfants, vous n'y pouvez rien, visez bien. Je suis innocent. Vive l'École Moderne. » »
Ferrer était un porte-parole de l’internationalisme et de la Libre Pensée, à laquelle il avait adhéré en 1890. De fait, « En France, comme dans de nombreux pays d’Europe, des dizaines de milliers de manifestants ont déferlé dans les rues pour protester contre l’exécution, à l’issue d’un procès inique, d’un militant de l’éducation populaire, de la lutte contre le cléricalisme, du combat pour la République, pour l’émancipation sociale et pour la paix.
110 ans après son assassinat, ce partisan de la Libre pensée doit être remis à l’honneur, mieux, il doit éclairer par ses écrits, par ses positions, les plus jeunes. C’est d’autant plus d’actualité, que le gouvernement Macron a entrepris une vaste opération d’embrigadement de la jeunesse.
Rappelons que la Semaine tragique à Madrid en 1909 est la réponse des monarchistes à la grève générale déclenchée par les syndicats et parti ouvrier contre la guerre de Mélilla au Maroc. L’ouvrier, le paysan, le pauvre ne pouvant payer la somme l’exemptant d’incorporation, se voyait de facto enrôler dans l’armée monarchiste espagnole.
Aujourd’hui, le SNU et l’armée ne cherchent-ils pas à enrôler une partie de la jeunesse ?
Le Service national universel (SNU) constitue une sorte de réplique des Chantiers de jeunesse créés par le Régime de Vichy et placés, de 1940 à 1944, sous la tutelle conjointe d’un militaire, le général Joseph de La Porte du Theil, et du secrétariat d’État à l’Éducation nationale et à la jeunesse d’alors.
Il vise à bourrer le crâne de tous les mineurs de quinze ans, pour tenter de les contraindre à appuyer les opérations militaires extérieures menées par la France et, plus généralement, à se conduire comme de bons petits soldats.
C’est ainsi que le document officiel pour le SNU indique : » « A 6h30. La journée débute par la levée des couleurs, cérémonie pendant laquelle on lève le drapeau français et chante la Marseillaise ».
Service national Universel d’Emmanuel Macron où chantiers de la jeunesse ? La République en marche ? La marche forcée, la marche au pas !
Le pas cadencé du corporatisme, du militarisme et du cléricalisme qui détruisent les acquis sociaux, les libertés, les services publics.
Ce gouvernement est à l’opposé de l’idéal républicain. Comme d’autres avant lui, il se pare des habits de la République pour mieux la détruire.
Ils osent se prétendre républicains mais ferment des écoles publiques, ferment des hôpitaux, des maternités, des trésoreries, ils privatisent les biens de la nation, ils bradent notre patrimoine, détruisent les services publics en les fermant ou en les confiants à des structures privées.
Un républicain n’accepte pas que les citoyens se voient retirer leurs services publics, leurs écoles.
Il est pour l’égalité.
Un républicain n’accepte pas la pensée unique, la répression des manifestations et la convocation de journalistes qui couvrent les manifestations ou qui enquêtent sur des affaires d’état. Il est pour la Liberté.
Un républicain n’accepte pas la destruction des acquis sociaux, ce qui conduit à creuser encore plus l’écart entre les plus riches et les plus pauvres. De même il n’accepte pas que l’on laisse des humains se noyer plutôt que de les accueillir. Il est pour la Fraternité.
Si cette politique antirépublicaine n’avait pas été menée depuis des années, il n’y aura pas de gronde sociale aujourd’hui.
Comme disait Berthold Brecht dans son poème sur la violence :
On dit d'un fleuve emportant tout qu'il est violent
Mais on ne dit jamais rien de la violence
Des rives qui l'enserrent
On dit que le vent qui courbe les bouleaux est violent.
Mais qu'en est-il de la tempête qui courbe les hommes
qui travaillent dans les rues ?
Notre congrès vient d’adopter un texte qui pose la question ; sommes-nous libres ?
Sommes-nous encore libres de manifester quand la répression s’abat systématiquement sur les manifestants. Sommes-nous libres quand des lycéens sont humiliés, mis à genou lors d’une manifestation, sommes-nous libres quand des journalistes sont convoqués par la DGSI quand ils enquêtent sur des ventes d’armes au Yémen ? Sommes-nous libres quand des enseignants sont empêchés de critiquer une reforme dans l’éducation nationale ou quand des policiers viennent chercher des personnels soignants chez eux pour les réquisitionner et briser une grève ?
Citoyennes, citoyens, camarades, amis,
La libre Pensée vous invite à venir discuter de tout cela. Nous vous invitons à discuter des propositions du président Macron qui dit vouloir « réparer le lien entre l’Etat et l’Eglise »
.
La Libre Pensée vous invite à venir débattre des manquements à la Laïcité que constituent les détournements de fonds publics vers les écoles privées.
Cette journée n’est pas une journée de simple commémoration.
Le combat de la Libre Pensée est celui de la Séparation des Eglises et de l’Etat et les propos du président ont de quoi inquiéter les laïques.
C’est pourquoi la Libre Pensée ouvre la discussion avec l’ensemble des laïques. Pour défendre la loi de 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat, ne baissons pas la garde. Renforçons la mobilisation laïque dans l’unité la plus large !
Le Congrès national de la Libre Pensée, réuni du 26 au 30 août 2019 à Alizay dans l’Eure, a décidé de s’adresser au mouvement laïque, aux syndicats, aux associations philosophiques, aux militants de la laïcité, à toutes celles et à tous ceux qui se réclament de la défense et de la pérennité de la loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Eglises et de l‘Etat : Ne faut-il pas préparer dès maintenant une marche nationale à Paris ? Ne touchez pas à la loi de 1905 !
La Loi de 1905 et les lois laïques permettent à l’enseignement d’être libérés des dogmes.
Faire des élèves des citoyens éclairés, et non des consommateurs, des clients, des suiveurs ou des petits soldats. L’enseignement demeure un élément fondamental dans l’émancipation du genre humain. C’est sur ce thème que nous préparons le 8ème congrès mondial de l’Association international de la Libre Pensée, à Madrid, les 19 et 20 septembre 2020.
En ces 110 ans de l’assassinat de Francisco Ferrer, rappelons ce que ce libre penseur, libertaire, Franc-maçon, à propos de son enseignement disait : « L'objet de notre enseignement est que le cerveau de l'individu doit être l'instrument de sa volonté. Nous voulons que les vérités de la science brillent de leur propre éclat et illumine chaque intelligence, de sorte que, mises en pratique, elles puissent donner le bonheur à l'Humanité, sans exclusion pour personne par privilège odieux. »
Vive la journée internationale de la Libre Pensée !
Vive la République laïque, sociale et universelle !
Appel solennel du Congrès national de la Libre Pensée d’Alizay (Eure)
Sommes-nous libres ?
La liberté de conscience, la simple expression d’une opinion, est menacée.
Elle est menacée sur tous les plans, sur tous les terrains.
Elle est malmenée, brutalisée.
Pas de bruits de bottes et pourtant …
Tout le monde a vu ou a vécu la violence de la répression des manifestations : les Gilets jaunes mutilés, les tabassages réguliers, les « nassages », l’utilisation d’armes considérées comme armes de guerre, les lycéens à genoux les mains sur la tête, les jugements expéditifs, les emprisonnements, les contrôles préventifs… Si de telles images avaient concerné le Vénézuela, la Russie, la Turquie, que n’aurions-nous pas entendu ?
Mais, en cas de plainte suite à des violences policières, alors qu’Emmanuel Macron avait refusé le 7 mars l’expression « violences policières », ces plaintes sont systématiquement classées sans suite. La justice étant déclarée indépendante. Il n’y a donc aucune violence policière. Devant le tollé, « critiqué pour la timidité présumée de son parquet à poursuivre les auteurs de violences policières, le procureur [de Paris] assure que personne ne bénéficiera d’une quelconque impunité. Et annonce pour la première fois les suites données aux enquêtes visant les forces de l’ordre. » (Le Parisien du 30 mai 2019).
Car la France est une démocratie ! Parait-il …
D’ailleurs, M. Castaner rend hommage à la police d’avant la Libération, dont le sens républicain ne s’était guère manifesté et décore les chefs cogneurs.
Sur réquisition du Préfet, à Lons-le-Saulnier, le 29 mai 2019, pour briser la grève des personnels des urgences, « Les forces de l'ordre ont sonné chez des médecins et soignants en pleine nuit, vers 1h du matin, pour leur ordonner d'être aux urgences, en poste, à 7h. Un soignant raconte qu'une infirmière, seule avec ses enfants, a passé sa nuit à s'organiser pour les faire garder. Contacté par France Bleu Besançon, le Dr Eric Loupiac, médecin urgentiste à Lons dénonce la méthode : « Ce sont des méthodes dignes du régime de Vichy, qui rappellent une autre époque ».
Tout le monde a été révolté par la mort du jeune Steve suite à une agression policière lors d’une manifestation festive et par la mort de Zineb Redouane lors d’une manifestation à Marseille en décembre 2018.
Tout le monde a été écœuré par le comportement gouvernemental et celui de l’IGPN, IGPN chargée en théorie de veiller au respect de la « déontologie policière »…
Pas de Ministre de l’Information et de la Propagande
et pourtant …
Lors d’une interview sur CNEWS, le 6 mai 2019, une journaliste, Elisabeth Levy, a été traitée de « dingue » et ses propos qualifiés de « criminels » pour avoir affirmé que le scepticisme en science est une bonne chose. Elle est incrédule ; est-ce un crime ? Dans la foulée, une campagne a exigé du CSA qu’il censure toute critique des thèses « officielles » à propos du climat.
Nous ne parlons pas du contenu du débat ; nous parlons de la criminalisation du débat : « Tu n’es pas d’accord avec moi, donc tu es un(e) criminel(le) ». Les chercheurs peuvent-ils chercher sans contrôle ? Y a-t-il une science officielle comme en URSS sous Staline avec Lyssenko ? Va-t-on révoquer un scientifique pour ses opinions, comme on le fit avec Joliot-Curie en 1950 ?
La liberté individuelle est remplacée
par la responsabilité collective
Emmanuel Macron, en Corse, le 4 avril 2019, affirmait « ceux qui veulent aujourd'hui défendre l'identité corse, doivent aussi faire ce travail mémoriel et savoir dire les choses. Autant la page a été tournée sur Aléria, autant je n'ai pas entendu les mêmes regrets sur l'assassinat du préfet Érignac» ; il met en avant la notion de responsabilité collective et stigmatise toute une population. Qui peut croire qu’il ne s’agit que de la Corse ? C’est donc le chef de l’Etat qui met en avant la notion de responsabilité collective. Comme on le sait, celle-ci a existé dans l’Histoire, dramatiquement ! Associer cet assassinat et « l’identité corse » stigmatise toute une population. Qui pourrait l’accepter ?
La Libre Pensée n’accepte pas cette stigmatisation. Cette stigmatisation prépare la violence politique. La Libre Pensée se prononce clairement contre les condamnations à double peine. Tous les prisonniers concernés, quel que soit leur statut, doivent être rapatriés en Corse. Les familles n’ont pas à subir les frais considérables que leur occasionnent les déplacements sur le Continent.
On stigmatise la population supposée « musulmane », comme est stigmatisée la population qui a le vocabulaire d’un « boxeur gitan ». Encore un exemple : alors que la laïcité, c’est la liberté de conscience pleine et entière pour tous et pour toutes, certains utilisent le terme en détournant le sens pour viser ceux et celles qui seraient « en trop ». Quand certains disent « laïcité », l’écho hurle « xénophobie » et exclut l’étranger, le « migrant », l’immigré, le descendant d’immigrés, celui qui ne pense pas comme il faut. Tous coupables.
Les journalistes sont-ils mieux lotis ? Le Monde du 30 mai 2019 écrit « Affaire Benalla : notre journaliste Ariane Chemin et Louis Dreyfus, directeur de la publication, ont été interrogés par la DGSI » Sur la question de la vente d’armes françaises au Yemen, un autre journaliste Michel Despratx a été également interrogé par la DGSI. Le journal conclut : « À ce jour, huit journalistes ont été auditionnés en quelques semaines par les renseignements français, provoquant l’inquiétude de la profession. »
Une actrice, Corinne Masiero, donne son point de vue de citoyenne et refuse d’aller à l’Elysée, elle est publiquement rabrouée et des menaces de sanction à peine voilées sur sa carrière sont proférées. Blacklist pas morte. A l’initiative de libres penseurs et d ‘artistes, une pétition est lancée, elle recueille un grand nombre de signatures. Elle indique : « La fonction sociale des artistes, acteurs, comédiens, auteurs, réalisateurs est la liberté de comportement pleine et entière et d’avoir le pouvoir de dire Oui et le droit de dire Non. Par cet appel, nous voulons soutenir la liberté de Corinne Masiero de dire ce qu’elle pense, de défendre la liberté de conscience et de tous, et de manifester notre refus des interdits professionnels pour cause de « blasphème » vis-à-vis de l’Elysée et des cercles décideurs, politiques, financiers et économiques. »
Pas de police politique et pourtant …
Les lanceurs d’alerte sont réduits au silence. Les manifestants hospitalisés sont fichés. Un médecin est sommé de devenir un auxiliaire de police. Faut-il réécrire le Serment d’Hippocrate ?
De plus en plus, des enseignant(e)s qui parlent publiquement de la politique gouvernementale dans l’enseignement sont convoqué(e)s et sanctionné(e)s (parce qu’un(e) enseignant(e), convoqué(e) par la haute hiérarchie, aura obligatoirement une conséquence sur sa carrière et sa fonction, ce qui constitue une sanction).
L'argument est important : le gouvernement invoque le devoir de réserve des fonctionnaires, dont la portée varie d'ailleurs en fonction de la place occupée par les intéressés dans la hiérarchie administrative, mais oublie de souligner que cette obligation, fixée essentiellement par la jurisprudence, est subordonnée au principe fondamental de libertés d'opinion des agents publics posé par l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires.
Ce devoir de réserve s’applique surtout aux fonctionnaires d’autorité comme les préfets et autres dignitaires en uniforme. Mais quand ceux-ci participent à des cérémonies religieuses, comme pour la « sainte-Geneviève, patron des gendarmes », le gouvernement n’a rien à y redire. En utilisant cet argument, le gouvernement avoue le rôle qu’il veut confier aux enseignant(e)s et rendre obligatoire le port de l’uniforme moral. En 1961, au moment du Manifeste des 121 contre la guerre coloniale en Algérie, PierreVidal-Naquet avait été suspendu et Laurent Schwartz révoqué. Qui va être suspendu ? Qui va être révoqué ?
Clarisse Taron, au nom du Syndicat de la Magistrature, résume le texte de loi voté contre le droit à manifester, loi visant essentiellement les salarié-e-s et leurs organisations : « Certaines mesures sont prises sans l'intervention d'un juge, et certaines restrictions sont prises à l'encontre de personnes en raison de supposées pensées qu'elles auraient, ce qui me paraît dangereux ». Cette loi cible ceux dont le visage sera « partiellement masqué ». Des lunettes teintées ? Un chapeau ? Un pansement sur la joue en sortant de chez le dentiste ? Une perruque trop longue ?
La liberté est entière et pour tous, ou elle n’est pas
La liste est obligatoirement incomplète ? mais elle suffit déjà. Chaque menace en elle-même ou chaque fait en lui-même peut sembler grave ou secondaire, mais, assemblés, ils ressemblent à des liens multiples et entrecroisés avec lesquels on attrape les animaux sauvages pour les dompter. Répétons-le, la liste est incomplète et chacun la complètera à son gré.
La question est : sommes-nous libres ?
Si vous ne marchez pas dans le rang, si vous ne courbez pas l’échine, vous êtes « complotiste », « communautariste », « climato-sceptique », « populiste », « poujadiste », « révisionniste », « chemises brunes », « munichois » et, bien évidemment, même si cela n’a aucun rapport avec le sujet, surtout si cela n’a aucun rapport avec le sujet, « antisémite ».
L’essentiel n’est pas d’argumenter mais de stigmatiser, de condamner et, pour être sûr que le condamné ne puisse parler, de le réduire au silence, de le noyer sous un déluge d’accusations. Pour faire croire à une « opinion publique », le gouvernement utilise par milliers et milliers les faux comptes sur les réseaux sociaux. Et, « en même temps », il condamne les pratiques qu’il met en œuvre. En un mot, une camisole de force est passée sur la pensée, c’est-à-dire sur le droit de réfléchir par soi-même, de ne pas être d’accord, de le dire, de le faire savoir, de dialoguer, d’écouter, d’argumenter.
Dans cette logique, le Congrès national de la Libre Pensée se prononce pour l’abrogation des lois liberticides, notamment celle sur l’Etat d’urgence et celle contre le droit de manifester qui alimentent ce climat général.
Le Congrès national de la Libre Pensée s’adresse solennellement à toutes celles et à tous ceux pour qui la liberté n’est pas un vain mot, aux associations, aux syndicats, aux partis :
Il faut défendre la liberté de conscience, la liberté d’expression, la liberté d’organisation,
la liberté de manifestation !
La Libre Pensée prendra toute sa place dans ce combat. Il doit être le combat de toutes et de tous.
Appel solennel du Congrès national de la Libre Pensée d’Alizay (Eure)
Sommes-nous libres ?
La liberté de conscience, la simple expression d’une opinion, est menacée.
Elle est menacée sur tous les plans, sur tous les terrains.
Elle est malmenée, brutalisée.
Pas de bruits de bottes et pourtant …
Tout le monde a vu ou a vécu la violence de la répression des manifestations : les Gilets jaunes mutilés, les tabassages réguliers, les « nassages », l’utilisation d’armes considérées comme armes de guerre, les lycéens à genoux les mains sur la tête, les jugements expéditifs, les emprisonnements, les contrôles préventifs… Si de telles images avaient concerné le Vénézuela, la Russie, la Turquie, que n’aurions-nous pas entendu ?
Mais, en cas de plainte suite à des violences policières, alors qu’Emmanuel Macron avait refusé le 7 mars l’expression « violences policières », ces plaintes sont systématiquement classées sans suite. La justice étant déclarée indépendante. Il n’y a donc aucune violence policière. Devant le tollé, « critiqué pour la timidité présumée de son parquet à poursuivre les auteurs de violences policières, le procureur [de Paris] assure que personne ne bénéficiera d’une quelconque impunité. Et annonce pour la première fois les suites données aux enquêtes visant les forces de l’ordre. » (Le Parisien du 30 mai 2019).
Car la France est une démocratie ! Parait-il …
D’ailleurs, M. Castaner rend hommage à la police d’avant la Libération, dont le sens républicain ne s’était guère manifesté et décore les chefs cogneurs.
Sur réquisition du Préfet, à Lons-le-Saulnier, le 29 mai 2019, pour briser la grève des personnels des urgences, « Les forces de l'ordre ont sonné chez des médecins et soignants en pleine nuit, vers 1h du matin, pour leur ordonner d'être aux urgences, en poste, à 7h. Un soignant raconte qu'une infirmière, seule avec ses enfants, a passé sa nuit à s'organiser pour les faire garder. Contacté par France Bleu Besançon, le Dr Eric Loupiac, médecin urgentiste à Lons dénonce la méthode : « Ce sont des méthodes dignes du régime de Vichy, qui rappellent une autre époque ».
Tout le monde a été révolté par la mort du jeune Steve suite à une agression policière lors d’une manifestation festive et par la mort de Zineb Redouane lors d’une manifestation à Marseille en décembre 2018.
Tout le monde a été écœuré par le comportement gouvernemental et celui de l’IGPN, IGPN chargée en théorie de veiller au respect de la « déontologie policière »…
Pas de Ministre de l’Information et de la Propagande
et pourtant …
Lors d’une interview sur CNEWS, le 6 mai 2019, une journaliste, Elisabeth Levy, a été traitée de « dingue » et ses propos qualifiés de « criminels » pour avoir affirmé que le scepticisme en science est une bonne chose. Elle est incrédule ; est-ce un crime ? Dans la foulée, une campagne a exigé du CSA qu’il censure toute critique des thèses « officielles » à propos du climat.
Nous ne parlons pas du contenu du débat ; nous parlons de la criminalisation du débat : « Tu n’es pas d’accord avec moi, donc tu es un(e) criminel(le) ». Les chercheurs peuvent-ils chercher sans contrôle ? Y a-t-il une science officielle comme en URSS sous Staline avec Lyssenko ? Va-t-on révoquer un scientifique pour ses opinions, comme on le fit avec Joliot-Curie en 1950 ?
La liberté individuelle est remplacée
par la responsabilité collective
Emmanuel Macron, en Corse, le 4 avril 2019, affirmait « ceux qui veulent aujourd'hui défendre l'identité corse, doivent aussi faire ce travail mémoriel et savoir dire les choses. Autant la page a été tournée sur Aléria, autant je n'ai pas entendu les mêmes regrets sur l'assassinat du préfet Érignac» ; il met en avant la notion de responsabilité collective et stigmatise toute une population. Qui peut croire qu’il ne s’agit que de la Corse ? C’est donc le chef de l’Etat qui met en avant la notion de responsabilité collective. Comme on le sait, celle-ci a existé dans l’Histoire, dramatiquement ! Associer cet assassinat et « l’identité corse » stigmatise toute une population. Qui pourrait l’accepter ?
La Libre Pensée n’accepte pas cette stigmatisation. Cette stigmatisation prépare la violence politique. La Libre Pensée se prononce clairement contre les condamnations à double peine. Tous les prisonniers concernés, quel que soit leur statut, doivent être rapatriés en Corse. Les familles n’ont pas à subir les frais considérables que leur occasionnent les déplacements sur le Continent.
On stigmatise la population supposée « musulmane », comme est stigmatisée la population qui a le vocabulaire d’un « boxeur gitan ». Encore un exemple : alors que la laïcité, c’est la liberté de conscience pleine et entière pour tous et pour toutes, certains utilisent le terme en détournant le sens pour viser ceux et celles qui seraient « en trop ». Quand certains disent « laïcité », l’écho hurle « xénophobie » et exclut l’étranger, le « migrant », l’immigré, le descendant d’immigrés, celui qui ne pense pas comme il faut. Tous coupables.
Les journalistes sont-ils mieux lotis ? Le Monde du 30 mai 2019 écrit « Affaire Benalla : notre journaliste Ariane Chemin et Louis Dreyfus, directeur de la publication, ont été interrogés par la DGSI » Sur la question de la vente d’armes françaises au Yemen, un autre journaliste Michel Despratx a été également interrogé par la DGSI. Le journal conclut : « À ce jour, huit journalistes ont été auditionnés en quelques semaines par les renseignements français, provoquant l’inquiétude de la profession. »
Une actrice, Corinne Masiero, donne son point de vue de citoyenne et refuse d’aller à l’Elysée, elle est publiquement rabrouée et des menaces de sanction à peine voilées sur sa carrière sont proférées. Blacklist pas morte. A l’initiative de libres penseurs et d ‘artistes, une pétition est lancée, elle recueille un grand nombre de signatures. Elle indique : « La fonction sociale des artistes, acteurs, comédiens, auteurs, réalisateurs est la liberté de comportement pleine et entière et d’avoir le pouvoir de dire Oui et le droit de dire Non. Par cet appel, nous voulons soutenir la liberté de Corinne Masiero de dire ce qu’elle pense, de défendre la liberté de conscience et de tous, et de manifester notre refus des interdits professionnels pour cause de « blasphème » vis-à-vis de l’Elysée et des cercles décideurs, politiques, financiers et économiques. »
Pas de police politique et pourtant …
Les lanceurs d’alerte sont réduits au silence. Les manifestants hospitalisés sont fichés. Un médecin est sommé de devenir un auxiliaire de police. Faut-il réécrire le Serment d’Hippocrate ?
De plus en plus, des enseignant(e)s qui parlent publiquement de la politique gouvernementale dans l’enseignement sont convoqué(e)s et sanctionné(e)s (parce qu’un(e) enseignant(e), convoqué(e) par la haute hiérarchie, aura obligatoirement une conséquence sur sa carrière et sa fonction, ce qui constitue une sanction).
L'argument est important : le gouvernement invoque le devoir de réserve des fonctionnaires, dont la portée varie d'ailleurs en fonction de la place occupée par les intéressés dans la hiérarchie administrative, mais oublie de souligner que cette obligation, fixée essentiellement par la jurisprudence, est subordonnée au principe fondamental de libertés d'opinion des agents publics posé par l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires.
Ce devoir de réserve s’applique surtout aux fonctionnaires d’autorité comme les préfets et autres dignitaires en uniforme. Mais quand ceux-ci participent à des cérémonies religieuses, comme pour la « sainte-Geneviève, patron des gendarmes », le gouvernement n’a rien à y redire. En utilisant cet argument, le gouvernement avoue le rôle qu’il veut confier aux enseignant(e)s et rendre obligatoire le port de l’uniforme moral. En 1961, au moment du Manifeste des 121 contre la guerre coloniale en Algérie, PierreVidal-Naquet avait été suspendu et Laurent Schwartz révoqué. Qui va être suspendu ? Qui va être révoqué ?
Clarisse Taron, au nom du Syndicat de la Magistrature, résume le texte de loi voté contre le droit à manifester, loi visant essentiellement les salarié-e-s et leurs organisations : « Certaines mesures sont prises sans l'intervention d'un juge, et certaines restrictions sont prises à l'encontre de personnes en raison de supposées pensées qu'elles auraient, ce qui me paraît dangereux ». Cette loi cible ceux dont le visage sera « partiellement masqué ». Des lunettes teintées ? Un chapeau ? Un pansement sur la joue en sortant de chez le dentiste ? Une perruque trop longue ?
La liberté est entière et pour tous, ou elle n’est pas
La liste est obligatoirement incomplète ? mais elle suffit déjà. Chaque menace en elle-même ou chaque fait en lui-même peut sembler grave ou secondaire, mais, assemblés, ils ressemblent à des liens multiples et entrecroisés avec lesquels on attrape les animaux sauvages pour les dompter. Répétons-le, la liste est incomplète et chacun la complètera à son gré.
La question est : sommes-nous libres ?
Si vous ne marchez pas dans le rang, si vous ne courbez pas l’échine, vous êtes « complotiste », « communautariste », « climato-sceptique », « populiste », « poujadiste », « révisionniste », « chemises brunes », « munichois » et, bien évidemment, même si cela n’a aucun rapport avec le sujet, surtout si cela n’a aucun rapport avec le sujet, « antisémite ».
L’essentiel n’est pas d’argumenter mais de stigmatiser, de condamner et, pour être sûr que le condamné ne puisse parler, de le réduire au silence, de le noyer sous un déluge d’accusations. Pour faire croire à une « opinion publique », le gouvernement utilise par milliers et milliers les faux comptes sur les réseaux sociaux. Et, « en même temps », il condamne les pratiques qu’il met en œuvre. En un mot, une camisole de force est passée sur la pensée, c’est-à-dire sur le droit de réfléchir par soi-même, de ne pas être d’accord, de le dire, de le faire savoir, de dialoguer, d’écouter, d’argumenter.
Dans cette logique, le Congrès national de la Libre Pensée se prononce pour l’abrogation des lois liberticides, notamment celle sur l’Etat d’urgence et celle contre le droit de manifester qui alimentent ce climat général.
Le Congrès national de la Libre Pensée s’adresse solennellement à toutes celles et à tous ceux pour qui la liberté n’est pas un vain mot, aux associations, aux syndicats, aux partis :
Il faut défendre la liberté de conscience, la liberté d’expression, la liberté d’organisation,
la liberté de manifestation !
La Libre Pensée prendra toute sa place dans ce combat. Il doit être le combat de toutes et de tous.
Le 25 mai prochain, la Libre Pensée de la Sarthe, via la groupe Louis Crétois, participe et appelle à participer à la Culture Pride. nous y tiendrons un stand.
Le samedi 13 avril à 15 H 00 Au Mans
Place de la république
Grand rassemblement Pour dire :
Stop aux atteintes au droit de manifester
Après l’adoption d’une loi qui donne aux préfets le pouvoir de choisir les personnes qui peuvent manifester, sans décision préalable d’un juge, le gouvernement poursuit dans cette voie dangereuse en voulant sanctionner les participants aux manifestations qu’il aura décidé d’interdire.
Par touches successives – et en marginalisant tous les contre pouvoirs –, l’exécutif s’arroge des moyens exorbitants de répression et de contrôle qui déstabilisent la nature même de notre régime démocratique.
Nous demandons l’abandon de ces mesures qui portent atteinte au droit de manifester librement.
sont déjà signataires : la LDH du Mans, la Libre Pensée 72, le RESF72, la FSU72,
Cette initiative locale s'inscrit dans le cadre d'un accord national définit par le texte suivant :
Le 8 décembre 2018, près d'une cinquantaine de libres penseurs étaient rassemblés devant la préfecture, voici le discours prononcé par le président de la fédération sarthoise des libres penseurs : Hansi Brémond
Défendre la laïcité, c’est défendre la République !
La loi du 9 décembre 1905 a institué la séparation des Eglises et de l’Etat, en interdisant la reconnaissance juridique des religions et leur financement public.
Cette loi a distingué très nettement la sphère publique en charge de l’intérêt général (Institutions, Gouvernement, Administration, Services publics, fonctionnaires) où la neutralité est de règle, et la sphère privée qui se compose de tout le reste, allant de la rue à la vie intime, où chacune et chacun est libre d’exprimer les opinions de son choix, de porter les insignes, emblèmes et les vêtements qu’elle ou il désire.
Cette loi, élaborée en 1904 au Congrès international de la Libre Pensée à Rome, face au Vatican, a été ensuite portée par l’ensemble du mouvement laïque, syndical, politique, Elus républicains, démocrates et Francs-maçons artisans de l’absolue liberté de conscience.
Pour leur part, les principales minorités religieuses (Vieux catholiques, Protestants, Israélites) ont vu la possibilité de vivre leur foi en toute quiétude et n’ont pas ménagé leurs efforts pour faire triompher cette loi de la liberté de conscience.
Quand cette loi fut votée, les nationalistes et indépendantistes en Afrique du Nord n’eurent de cesse d’exiger son application afin de garantir le libre exercice du culte sans tutelle gouvernementale et coloniale. Ce qui leur fut refusé jusqu’au moment de l’indépendance de l’Algérie en 1962. L’Article 43 de la loi de 1905 ne fut donc jamais mis en œuvre en Algérie.
La laïcité garantit la liberté de croire ou de ne pas croire.
La loi de 1905 a permis globalement d’assurer une paix civile pendant plus de 100 ans durant lesquels les personnes ne se massacrèrent plus pour des raisons religieuses. Hormis, la période du Régime de Vichy où les coups les plus graves furent portés au principe de Séparation. Notons que le gouvernement provisoire et les gouvernements successifs n’abrogèrent pas toutes les dispositions pétainistes.
La loi de 1905 est le produit de notre Histoire, de la philosophie des Lumières et de l’idéal républicain. Avec la laïcité, la République n’est ni chrétienne, ni juive, ni musulmane, ni athée, elle est neutre !
Pourtant certains jouent avec le feu en détournant la laïcité, en la dévoyant ou même pire en voulant la réformer.
Des menaces pèsent sur le principe de laïcité.
Certaines forces politiques veulent charger la laïcité d’un contenu identitaire. L’extrême-droite notamment veut s’approprier le mot pour mieux distiller son venin xénophobe. Hier les juifs, les arabes, aujourd’hui les musulmans. Ces nationalistes invoquent la laïcité pour stigmatiser une partie du peuple mais n’hésitent pas à se faire les relais des discours liberticides du Vatican quand il s’agit du d’attaquer les droits de femmes ou des homosexuels.
Certains, parfois les mêmes, veulent organiser un « islam de France », pour trier entre les « bons » musulmans et les « mauvais » et pour mieux contrôler les pratiquants. Cette orientation a déjà renforcé les courants les plus extrémistes non retenus par l’Etat dans la mise en place du conseil du culte musulman sous Sarkozy. Qui plus est, il s’agit d’organiser une religion, de la financer et finalement d’établir un véritable concordat en contradiction avec la loi de 1905. Agir ainsi, c’est ouvrir une brèche dans laquelle chaque culte peut s’engouffrer. C’est détruire la laïcité de la République française. Le gouvernement Macron souhaite modifier la loi dans ce sens, il menace directement la laïcité de la République.
L’Article 2 de la loi de 1905 déclare comme un principe institutionnel : « la République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte ». Or, par la loi du 31 décembre 1959, dite loi Debré, l’Etat finance l’enseignement privé catholique, au mépris du principe : « Fonds publics à l’Ecole publique, fonds privés à l’école privée ».
Chaque année, à notre connaissance, ce sont largement plus de 12 milliards de fonds publics qui sont détournés pour financer l’enseignement catholique, au détriment de l’Enseignement public, en application de la seule loi Debré (aggravée par les lois Guichard- Pompidou, Guermeur, Rocard, Chevènement, accords Lang-Cloupet, loi Carle...) ; s'y ajoutent la part des 4 milliards d’€ de taxe d’apprentissage des entreprises et de la formation continue qui va à l’enseignement privé ainsi que les déductions fiscales de 66% sur les dons aux fondations (fondation pour l'école et fondation Saint-Matthieu notamment).
L’état finance ainsi une école qui a, dans plusieurs cas, emmenée des élèves dans les manifestations contre le mariage pour tous… une école qui, dans certains établissements, refusent de faire les cours sur la prévention et la sexualité, une école qui n’est pas neutre et qui diffuse un message religieux et réactionnaire.
L’enseignement privé catholique ne complète pas l’Enseignement public, il le concurrence outrageusement avec les fonds publics détournés de leur mission d’origine. Il faut revenir aux fondamentaux etpermettre le droit à l’Instruction pour tous au sein de l’Ecole publique, laïque et républicaine.
le président Macron par ses actes et ses discours inquiètent les laïques. Le 20 juin 2017, le Président de la République participait es-qualité au diner de rupture du jeûne du Ramadan avec le Conseil Français du Culte Musulman. En 2018 c’était au tour de Gérard CollombetEdouard Philippe. Le 22 septembre 2017, Le président en appelait aux protestants pour « éclairer » les débats de bioéthique à venir, dont il dit ne pas souhaiter qu’ils divisent la société. ». Le 9 mars 2018, Emmanuel Macron honorait de sa présence le diner du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France. Le 9 avril 2018, il prononçait son discours à l’invitation de la Conférence des Évêques catholiques de France, au Collège des Bernardins, où il s’est prononcé pour réparer des liens prétendument « abimés » entre l’Église catholique et l’État. En juin 2018, Emmanuel Macron est allé à Rome pour recevoir le titre de proto-chanoine d’honneur de Saint-Jean-de-Latran, marquant ainsi la déférente subordination de l’État français au Vatican. Comme tous ceux qui ont reçu l’étole, il a plié le genou devant le pape.
Pour couronner le tout, on apprenait le 5 novembre dernier, la volonté de Macron de modifier la loi de 1905 pour que l’état reconnaisse les cultes, trie entre ceux jugés bons ou mauvais et pour accorder de nouveaux avantages fiscaux aux cultes reconnus par l’Etat. Il s’agirait selon eux de lutter contre l’islamisme en autorisant certaines mosquées et pas d’autres. Qui peut un instant croire que le terrorisme va disparaitre parce que l’état français organise le culte musulman ?
Déjà à l’époque de Sarkozy, les mosquées les plus radicalisées n’ont pas été retenues par le gouvernement pour faire partie du conseil du culte musulman… cette non-labélisation par sarko, ne les a pas affaibli, bien au contraire, elle les a aidé à attirer les plus radicalisés ou radicalisables vers elles… ces politiques ne luttent pas contre l’islamisme, elles le renforcent… tout comme les opex et les tribunes incessantes et permanentes sur la dangerosité supposée supérieure de l’islam par rapport aux autres cultes.
Dans ce nouveau projet, dont on devrait en savoir plus en janvier…Emmanuel Macron, comme tous les président bonaparte, prend pour modèle le petit corse et son projet ressemble fort au fameux Statut des Juifs de 1808, décrété par Napoléon.
En rupture complète avec les structures historiques du judaïsme, il imposait de l’extérieur une organisation particulière :
Un décret était alors pris « sur la répression des abus imputés aux Juifs
Ce décret soumettait les Juifs à une législation d’exception qui portait atteinte à l’égalité civique.
Connu sous le nom de « Décret infâme », ce texte comporte essentiellement quatre points :
- Toutes les dettes contractées vis-à-vis des juifs sont susceptibles d’ajournement, de réduction, voire dans certains cas, sont simplement annulées.
- Pour avoir le droit de commercer, les juifs doivent obtenir des patentes spéciales du Conseil municipal de leur localité.
- Les Juifs ne peuvent pas s’établir librement s’ils n’y résidaient pas avant 1808 dans les départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin.
- Les Juifs sont astreints au service militaire, sans avoir le droit (comme les non-juifs) de payer pour un remplaçant.
En 2018, Gérald Darmanin (Ministre des comptes publics) revendiquait un « concordat pour l’Islam » : « Il invoque « l’autorité de Napoléon » qui a réussi à intégrer les juifs à la nation.
(Source : Source : 7x7.press).
Ces mesures, qui servent de modèle revendiqué aujourd’hui par les tenants de l’organisation du Culte musulman, furent un tel scandale que le Décret fut abrogé par Louis XVIII sous la Restauration. Un comble ! (Source : Histoire populaire de la France par Michelle Zancarini-Fournel)
Quand on voit le modèle revendiqué, on peut craindre les plus graves conséquences pour la démocratie, la République, l’Egalité et la Laïcité, si on applique ces principes à l’organisation du culte musulman.
La loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat organise juridiquement une distinction nette entre, d’une part ce qui relève de la sphère publique qui est astreinte au principe de neutralité ; et, d’autre part la sphère privée qui est tout le reste. Dans la sphère privée, il ne peut y avoir de neutralité, puisque c’est le lieu, par excellence, où les opinions peuvent et doivent s’exprimer.
Nous sommes dans une situation où l’on « laïcise » de plus en plus la sphère privée en multipliant les atteintes à la liberté d’expression et de comportement, et, où, dans le même temps, on privatise de plus en plus les services publics, la sphère publique.
On arrive donc à une situation où la Séparation entre la sphère publique et la sphère privée est profondément remise en cause et tend à disparaitre. D’un côté, on supprime des libertés démocratiques, de l’autre, on applique de manière croissante les lois du marché.
En voulant supprimer cette frontière, on veut faire de toute la société un corps unique, régi par les mêmes principes. La distinction entre le temporel et le spirituel n’a plus lieu d’être. La société devient totale, donc totalitaire.
Il n’y a plus de séparation, donc de protection des individus entre ce qui relève de l‘intérêt général et des intérêts particuliers. Il n’y a plus qu’un seul corps social, c’est l’institutionnalisation du Corporatisme, dont le fascisme et le nazisme ne furent que des variantes.
Si tout est mélangé et devient la même chose, alors le religieux est partout, il n’y a plus de Séparation des Eglises et de l’Etat. Le « lien est donc réparé » selon les vœux d’Emmanuel Macron.
Ce qu’ils annoncent, c’est la fin de la laïcité.
Ne touchez pas à la loi de 1905 !!!
Nous, militants de la cause laïque, appelons à la plus grande vigilance contre toute tentative de détourner la laïcité de ses objectifs.
Nous en appelons au respect plein et entier de ses principes fondateurs. La laïcité organise l’espace public et donne sens à la citoyenneté républicaine qui garantit la démocratie. Ce n’est ni une police de la pensée, ni une option philosophique parmi d’autres valeurs particulières.
Nous appelons les militants laïques à s’organiser, à se rassembler autour des fondements de la laïcité républicaine, telle que définie par la loi de 1905. Nous demandons l’application de cette loi, sans modification, et l’abrogation des lois anti-laïques mises en place depuis 1905 comme la loi Debré de 1959. .
Nous ne sommes pas seuls ; l’unité des laïques est en train de se mettre en place :
Les associations laïques se sont réunies au siège de la Ligue de l’Enseignement le jeudi 22 novembre 2018. La Fédération nationale de la Libre Pensée était naturellement présente.
Les associations présentes ont élaboré et adopté un communiqué commun contre ce toilettage de la loi de 1905
Ont signé :
Centre d’Entraînement aux Méthodes d’Education Actives (CEMEA) ,
Conseil National des Associations Familiales Laïques
CNAFAL
Fédération des Conseils de Parents d’Elèves - FCPE
Fédération Française de l’Ordre Maçonnique Mixte International « Le Droit Humain »
Fédération Générale des Pupilles de l’Enseignement Public
Fédération nationale de la Libre Pensée
Francas
Fédération Syndicale Unitaire FSU
Ligue de l'Enseignement
Ligue des Droits de l’Homme
Mouvement Français pour le Planning Familial
SE UNSA
SI-EN UNSA Education
SNPDEN
Solidarité Laïque
Syndicat de l’Education Populaire-UNSA
Union des Familles Laïques – UFAL
Union Rationaliste
UNSA Education
Débats Laïques
Libres Mariannes
Par ailleurs des appels alant dans le même sens ont été adoptés par la Ferc CGT et la FNEC FP FO :
Nous allons déposer une motion au préfet qui reprend le texte de ces organisations laïques :
Motion des militants laïques réunis place de la préfecture au mans le 8 12 2018 à 15h
Les militants laïques, démocrates, libres penseurs, présents ce samedi 08 décembre 2018 devant la préfecture de la Sarthe rappellent la nécessité de ne pas toucher à la loi de 1905, ils s’engagent à préparer les conditions de la mobilisation la plus large pour défendre cette loi, si le gouvernement maintenait sa volonté de la modifier.
Ils se reconnaissent dans l’appel « non à la révision de la loi de 1905 » d’ors et déjà signé par plusieurs dizaines d’organisations laïques et de syndicats.
Non à la révision de la loi de 1905!
Des projets de révision de la Loi de 1905 seraient à l’étude. S’il s’agit de mieux encadrer des dérives intégristes mettant en cause les principes et valeurs de la République, le titre V de la loi, intitulé Police des cultes fournit l’arsenal juridique suffisant. S’il s’agit de financer les cultes de quelque manière que ce soit, on entrerait alors dans une procédure concordataire que la loi de 1905 avait précisément pour but d’abolir.
Les Organisations laïques soussignées, réunies le jeudi 22 novembre 2018 à Paris, mettent en garde contre toute modification de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905, quelles qu’en soient les voies. Cette loi est un pilier fondamental de la République. Pour assurer à chaque citoyen la liberté de conscience, elle a instauré un juste équilibre entre la garantie du libre exercice des cultes et la neutralité confessionnelle de l’Etat.
Les organisations signataires rappellent donc solennellement l’intangibilité des principes solidairement posés par la loi :
Article 1 La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public.
Article 2La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.
Elles demandent, par-delà les débats inutiles que suscitent ces projets de révision, que soit déjà et complètement appliquée la loi.
Centre d’Entraînement aux Méthodes d’Education Actives (CEMEA) ,
Conseil National des Associations Familiales Laïques
CNAFAL
Fédération des Conseils de Parents d’Elèves - FCPE
Fédération Française de l’Ordre Maçonnique Mixte International « Le Droit Humain »
Fédération Générale des Pupilles de l’Enseignement Public
La Libre Pensée, association loi 1901, et qui voit remonter ses origines aux années 1847-1848, a notamment pour objet de défendre le principe constitutionnel de laïcité et la séparation des Églises et de l’État, garantie par la loi du 9 décembre 1905.
Plusieurs de nos adhérents et de nos sympathisants se trouvent être des habitants de votre commune, et ceux-ci ont attiré notre attention sur deux points.
Tout d’abord, sachez que la stèle commémorative du génocide arménien les a interpellés. Loin d'eux l'intention de remettre en cause cette reconnaissance du génocide subi par la population arménienne en 1915.
Nous nous permettons d'ailleurs ici de saluer l'initiative de votre commune. Cependant, ce khachkar peut être appréhendé comme un symbole religieux, qui, sur un terrain appartenant à la commune, va à l'encontre de la Loi de 1905 et notamment de son article 28. La bénédiction qu'il a reçue du père Avedis Balékian, de l’église apostolique arménienne d’Issy-les-Moulineaux, lors de la cérémonie, confirme le mélange des genres et le non-respect de la laïcité.
Mais c'est le projet d'aménagement du centre-ville, qui plus est dans le contexte précédemment cité, qui les préoccupe actuellement. En effet, ce projet mentionne très clairement une maison paroissiale ainsi que le presbytère. C'est donc pour répondre à leur inquiétude que nous vous adressons ce courrier. Nous vous demandons par la présente de nous apporter l'assurance qu'aucun centime d'argent public ne sera consacré à ces deux bâtiments. Bien entendu, l'église, classée, n'est pas l'objet de notre courrier.
Dans l'attente de votre réponse, nous vous adressons, Monsieur le maire, nos salutations respectueuses et libres penseuses.
Le 31 juillet 1940, un décret du Régime de Vichy crée les Chantiers de jeunesse : « Article 1 : Les jeunes gens incorporés les 8 et 9 juin 1940 sont relevés à compter du présent décret de leurs obligations militaires d’activité. Article 2 : A partir de la même date, ils sont versés, pour une durée de six mois, dans les groupements de jeunesse constitués sous l’autorité du Ministre de la Jeunesse et de la Famille ». La nouvelle structure est confiée au général de la Porte du Theil, un ancien chef scout.
En lisant cette brochure numérique, vous verrez que les similitudes sont grandes avec le projet du Service national universel d’Emmanuel Macron. Il s’agit toujours d’enrôler la jeunesse, pour lui apprendre à obéir, et à lui faire aimer la couleur et le goût du Kaki. Les guerres d’hier préparent toujours les guerres de demain.
Rappelons aussi, et il n’y a là nul hasard, qu’Emmanuel Mounier fondateur de la revue Esprit, dont Emmanuel Macron fut membre du Comité de rédaction, fut un fervent maréchaliste et soutint l’Ecole d’Uriage qui forma les cadres de la Collaboration avec l’Allemagne nazie. Le Personnalisme avait alors un goût de Croix gammée indiscutable. Mais la « personne humaine », elle était dans les camps et gémissait sous la botte.
La Libre Pensée a dit NON en 1940, elle continuera toujours à dire NON aux projets totalitaires d’aujourd’hui.
Défendre la laïcité, c’est défendre la République !
La loi du 9 décembre 1905 a institué la séparation des Églises et de l’État, en interdisant la reconnaissance juridique des religions et leur financement public. Cette loi a distingué très nettement la sphère publique en charge de l’intérêt général (Institutions, Gouvernement, Administration, Services publics, fonctionnaires) où la neutralité est de règle, et la sphère privée qui se compose de tout le reste, allant de la rue à la vie intime, où chacune et chacun est libre d’exprimer les opinions de son choix, de porter les insignes, emblèmes et les vêtements qu’elle ou il désire.
Cette loi, a été portée par l’ensemble du mouvement laïque, syndical, politique, Élus républicains, démocrates et Francs-maçons, artisans de l’absolue liberté de conscience.
Ce principe fondamental de notre république permet la concorde civile et l’unité du peuple par-delà les différences. La laïcité garantit la liberté de croire ou de ne pas croire.
Avec la laïcité, la République n’est ni chrétienne, ni juive, ni musulmane, ni athée, elle est neutre !
Des menaces pèsent sur le principe de laïcité.
Certaines forces politiques veulent charger la laïcité d’un contenu identitaire. L’extrême-droite notamment veut s’approprier le mot pour mieux distiller son venin xénophobe. Hier les juifs, les arabes, aujourd’hui les musulmans. Ces nationalistes invoquent la laïcité pour stigmatiser une partie du peuple mais n’hésitent pas à se faire les relais des discours liberticides du Vatican quand il s’agit du d’attaquer les droits de femmes ou des homosexuels.
Certains, parfois les mêmes, veulent organiser un « islam de France », pour trier entre les « bons » musulmans et les « mauvais » et pour mieux contrôler les pratiquants. Cette orientation a déjà renforcé les courants les plus extrémistes non retenus par l’Etat dans la mise en place du conseil du culte musulman sous Sarkozy. Qui plus est, il s’agit d’organiser une religion, de la financer et finalement d’établir un véritable concordat en contradiction avec la loi de 1905. Agir ainsi, c’est ouvrir une brèche dans laquelle chaque culte peut s’engouffrer. C’est détruire la laïcité de la République française. Le gouvernement Macron souhaite modifier la loi dans ce sens, il menace directement la laïcité de la République.
l’article 2 de la loi de 1905, déclare comme un principe institutionnel : « la République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte ». Pourtant des collectivités, organisent la promotion de religions en finançant des monuments religieux ou la construction de lieux de culte, L’Etat, lui-même, par la loi dite Debré, de 1959, finance l’enseignement privé catholique au mépris du principe : « Fonds publics à l’Ecole publique, fonds privés à l’école privée ». Chaque année, ce sont au moins 12 milliards de fonds publics qui sont détournés pour financer l’enseignement catholique. L’enseignement privé catholique ne complète pas l’Enseignement public, il le concurrence outrageusement !
le président Macron par ses actes et ses discours inquiètent les laïques. Le 20 juin 2017, le Président de la République participaites-qualité au diner de rupture du jeûne du Ramadan avec le Conseil Français du Culte Musulman. En 2018 c’était au tour de Gérard CollombetEdouard Philippe. Le 22 septembre 2017, Le président en appelait aux protestants pour « éclairer » les débats de bioéthique à venir, dont il dit ne pas souhaiter qu’ils divisent la société. ». Le 9 mars 2018, Emmanuel Macron honorait de sa présence le diner du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France. Le 9 avril 2018, il prononçait son discours à l’invitation de la Conférence des Évêques catholiques de France, au Collège des Bernardins, où il s’est prononcé pour réparer des liens prétendument « abimés » entre l’Église catholique et l’État. En juin 2018, Emmanuel Macron est allé à Rome pour recevoir le titre de proto-chanoine d’honneur de Saint-Jean-de-Latran, marquant ainsi la déférente subordination de l’État français au Vatican. Comme tous ceux qui ont reçu l’étole, il a plié le genou devant le pape. Pour couronner le tout, on apprenait le 5 novembre dernier, la volonté de Macron de modifier la loi de 1905 pour que l’état reconnaisse les cultes, trie entre ceux jugés bons ou mauvais et pour accorder de nouveaux avantages fiscaux aux cultes reconnus par l’Etat.
Ce qu’ils annoncent, c’est la fin de la laïcité.
Ne touchez pas à la loi de 1905 !!!
Nous, militants de la cause laïque, appelons à la plus grande vigilance contre toute tentative de détourner la laïcité de ses objectifs. Nous en appelons au respect plein et entier de ses principes fondateurs. La laïcité organise l’espace public et donne sens à la citoyenneté républicaine qui garantit la démocratie. Ce n’est ni une police de la pensée, ni une option philosophique parmi d’autres valeurs particulières. Nous appelons les militants laïques à s’organiser, à se rassembler autour des fondements de la laïcité républicaine, telle que définie par la loi de 1905. Nous demandons l’application de cette loi, sans modification, et l’abrogation des lois anti-laïques mises en place depuis 1905 comme la loi Debré de 1959. .
Nous vous appelons à vous joindre à nous pour un rassemblement
Selon certains, il parait que c’est de plus en plus difficile d’être un homme.
Cette situation serait due aux récentes vagues de féminismes. Il y aurait selon les mêmes « une crise de la masculinité, une difficulté à être un homme ».
Ces hommes ne sauraient plus quelle place ils occupent dans la société, ni quel rôle tenir… Les hommes ne comprendraient plus les femmes et les femmes ne comprendraient plus les hommes…
Des hommes affirment même qu’avec le féminisme il n’est plus possible de séduire une femme ou même de faire de l’humour avec elle.
C’est ce genre de discours qu’on entend de personnages aussi détestables que Zemmour et autres machos d’arrière-garde.
Plutôt que de chercher à comprendre et à discuter, ces hommes relayés aussi par des femmes tout aussi réactionnaires défendent bec et ongle, leur vieux système.
Ce sont a proprement parler des conservateurs, des réactionnaires… Ils ont les mêmes réflexes que ceux qui vous expliquaient en 1936 que les entreprises feraient faillite avec les premiers congés payés !
Ces hommes, pour être homme, ont besoin de femmes soumises qui leur soient inférieures… Il leur faut dominer les femmes pour être des hommes.
Ils font l’éloge de la virilité et de la force naturelle des hommes mais des lors que les femmes revendiquent l’égalité, ils se sentent menacés, ils pleurnichent…
Ils mènent une croisade médiatique ou ils se présentent comme des martyrs, de pauvres êtres «en désarroi», plongés dans la «confusion»…
Est-ce donc cela leur force de males virils ? Pitoyable ! Quelle belle preuve qu’ils ne sont pas le sexe fort, et que par conséquent il n’y a pas de sexe faible.
Éric Zemmour affirment, par exemple, que l’époque est marquée par «la supériorité évidente des “valeurs” féminines, la douceur sur la force, le dialogue sur l’autorité, la paix sur la guerre, l’écoute sur l’ordre, la tolérance sur la violence (1)», comme si les notions de dialogue, de tolérance ou de douceur étaient le propre des femmes. «Les hommes font tout ce qu’ils peuvent pour [...] devenir une femme comme les autres», soupirait Zemmour.
Je suis un homme et je ne peux accepter que ce réactionnaire nous fasse passer, nous les hommes, pour des brutes épaisses !
Eric, à titre personnel, je suis un homme, je n’ai pas de problème identitaire, et je privilégie la douceur sur la force, la paix à la guerre, l’écoute sur l’ordre…
Ce qui n’était pas forcément le cas de Thatcher par ailleurs !
Pour ces gens nos positionnements idéologiques seraient déterminés par notre entre jambe ! ? Si être un homme c’est avoir les idées de Zemmour, je préfère me faire opérer !
Leur conception des rapports entre les hommes et les femmes ne sont ni des liens humanistes, ni de l’amour, c’est de la domination…
Aujourd’hui, ils se plaignent comme se sont plaints les exploiteurs d’esclaves à St Domingue quand les esclaves ont pris les armes nourris par les idéaux de la Révolution françaises.
Ils se plaignent comme ces nostalgiques de la colonisation face aux droits des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Si leur force d’homme ne tient qu’à la soumission des femmes, c’est qu’ils sont bien faibles.
Si pour séduire, il leur faut dominer et contraindre, c’est que ce sont vraiment de piètres séducteurs sans atouts ni esprit.
Si pour eux l’humour passe par l’humiliation, la moquerie et les remarques déplacés, c’est qu’ils sont tristes et dénoués de toute forme d’empathie.
« Personne n’est plus arrogant envers les femmes, plus agressifs ou méprisant, qu’un homme inquiet pour sa virilité ».
Simone de Beauvoir
Quand nous proposons d’abolir les rapports de force dominants-dominés, ils prennent peur qu’on veuille les inverser. Ne conçoivent-ils les rapports humains qu’exclusivement comme des rapports de force ? Bien triste vision de l’humanité.
« On pourrait trouver leurs lamentations risibles, voire pathétiques. Le problème, insiste la sociologue Francis Dupui-Déri, c’est qu’elles «permettent de contester l’idéal féministe d’égalité entre les sexes et d’accuser les féministes et les femmes –mères, institutrices, épouses– d’être responsables de tous les problèmes des hommes. Ce faisant, ces discours fournissent aux hommes violents et à leurs complices des arguments pour justifier leur violence.»
Le chercheur cite par exemple une étude, menée en 2016 aux États-Unis, sur une douzaine de sites web du Mouvement des hommes : «On y prétend que le féminisme prive les hommes de la sexualité à laquelle ils devraient avoir droit.
Selon cette tendance, c’est le manque de disponibilité sexuelle des femmes qui entrainerait les suicides des hommes et les violences masculines contre les femmes, y compris les meurtres.» Prétextant qu’ils sont en crise par la faute des «salopes» qui se refusent à eux, beaucoup de ces internautes énervés lâchent des propos haineux, à la limite de l’incitation à la violence.
Dans son livre Angry White Men, le sociologue Michael Kimmel «rappelle une série de meurtres de masse de femmes perpétrés par des hommes qui justifiaient leur crime en expliquant avoir été rejetés par les femmes. Par exemple, en 2009, un homme de 48 ans a assassiné cinq jeunes femmes dans un gymnase de Pennsylvanie, avant de se suicider. Dans son journal intime retrouvé par les policiers, il détaillait ses mésaventures avec les femmes, soulignant ne pas avoir eu de relations sexuelles depuis une vingtaine d’années.» Comme le remarque Kimmel, «il sentait que ces femmes lui étaient dues. Il sentait que c’était son droit, en tant qu’homme, d’avoir accès aux femmes».
Ce courant archaïque est loin d’être défait et il s’organise… des dizaines de pages internet de ce type pullulent
Ce mouvement réactionnaire se nourrit aussi des crises économiques, des dogmes religieux et du besoin de notre système de diviser l’humanité pour l’exploiter.
Comme le disait Simone De Beauvoir « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise économique, politique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. »
C’est déjà ce qu’il se passe.
Ici en Sarthe, le droit des femmes à disposer de leur corps est menacé, j’en veux pour preuve l’exemple de l’hôpital du bailleul où les ivg ont été rendus impossibles, plongeants les femmes 40 ans en arrière.
C’est une violence de plus faite aux femmes. C’est la rencontre entre des politiques de restriction des services publiques et les positionnements cléricaux de certains médecins mettant en avant leur clause de conscience pour imposer leur dogmes religieux à toutes et tous.
Quelques semaines plus tard, Le pape vous expliquait que le recours à une IVG, c’était l’équivalent d’un recours à un tueur à gage. Dans le même moment, au Brésil, Bolsonaro faisait sa campagne en partie sur des arguments sexistes et violents.
Ces forces souvent alimenter par des courants religieux imposent la domination d’un sexe par un autre, impose à chacun d’entre nous une place dans la société qui serai déterminée par notre sexe ! Chaque discours qui justifie la supériorité d’un sexe sur l’autre, chaque discours qui prend la défense des agresseurs, chaque discours qui va à l’encontre de l’égalité en droit nourrit ces violences !
Tout cela concerne autant les hommes que les femmes.
Quand une femme est agressée, violée, harcelée, discriminée… Il s’agit de ma mère, ma compagne, ma sœur, mon amie, ma semblable…
Quand on porte atteinte aux droits des femmes, on porte atteinte aux autres droits… Quand on use du sexisme en général on use d’autres formes de discriminations… Quand on prétexte du sexe pour assigner à quelqu’un un rôle dans la société on rentre en opposition avec la liberté de tous, quel que soit son sexe, sa couleur, ses opinions et croyances, à choisir sa vie, sa place dans la société.
Quand une société décrète qu’elle a des droits sur le corps des femmes, elle en a aussi sur le corps des hommes. C’est un schéma classique vu en 1914 par exemple ; les hommes donnent leur corps à l’armée pour défendre la patrie quand les femmes doivent mettre leur ventre au service du pays pour faire plus de chair à canon !
En vérité, le combat féministe, est tout sauf un combat des hommes contre les femmes. C’est un combat des humanistes, des progressistes contre les réactionnaires.
C’est le combat de ceux qui se battent pour l’émancipation du genre humain contre ceux qui veulent des sociétés autoritaires où chaque personne doit être rangée dans une case selon des caractéristiques qui lui sont propres. Toute forme d’Etat autoritaire, tyrannique a justifié et promu le sexisme.
Les violences faites aux femmes, que ce soient des violences conjugales, en passant par le harcèlement, le viol, et tous les discours qui justifient le sexisme sont des violences faites à l’humanité.
De même que toutes les oppressions (économiques, politiques ou religieuses) s’appuient les unes sur les autres ; les humains soucieux de leur liberté doivent lutter pour tout ce qui contribue à émanciper l’humanité.
Je vous invite à discuter avec les associations présentes aujourd’hui, elles sont diverses et variées, rejoignez les et organisez-vous !
Pour conclure, j’ai choisi une citation de Bakounine : « Je ne suis libre que lorsque tous les êtres humains qui m’entourent, hommes et femmes, sont également libres. »
1 – ce discours contient plusieurs extraits de cet article :