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Le blog de la Fédération de la Sarthe de la Libre Pensée.
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Suppression de postes, LMD, autonomie des universités, masterisation de la formation des
enseignants, casse des statuts, reconnaissances des diplômes religieux, suppression des RASED…
Quelles sont les mesures qui détruisent et privatisent l’enseignement de l’école maternelle à
l’enseignement supérieur ? Quelles sont leurs origines, leurs logiques, leur finalité ?
Colloque
« En Défense de l’enseignement »
Le Samedi 28 mars 2009 à 14h30
Amphi 3 de l'UFR Sciences et Techniques, Université du Maine
Avenue Olivier Messiaen, 72085 Le Mans
·« Les attaques contre l’enseignement supérieur et la recherche ; l’exemple de l’Université du Maine »
par Dominique Benard,
enseignant-chercheur, faculté des sciences de l’université du Maine
·« L’enseignement de l'histoire à l'école primaire. Progrès de l'esprit critique ou nouvel obscurantisme? » ParRemy Janneau, ancien Professeur d’Histoire de
l’IUFM de Basse-Normandie et co-auteur de l’ouvrageL’enseignement de l’histoire géographie de l’école
élémentaire au lycée, vecteur de propagande ou fondement de l’esprit critique ?
·« Les contres réformes de l’enseignement ; quelles origines ? Quelles conséquences ? » ParAlain Jouannet, enseignant du second degré et membre de
la direction nationale de la Libre Pensée
Diplômes catholiques reconnus par la France :
L'Union européenne antilaïque est en marche !
Le 18 décembre 2008, la France et le Saint-Siège (nom diplomatique et hypocrite du Vatican) ont signé au Quai
d'Orsay un accord sur la reconnaissance des diplômes de « l'enseignement supérieur » catholique.
Voici ce qu'en dit le journal La Croix : « Cette signature, jeudi, sous les ors du grand salon du Quai
d'Orsay, est historique. Elle revient sur une situation d'infériorité de l'enseignement supérieur catholique vieille de plus d'un siècle. Car si, en 1875, la IIIe République a proclamé la liberté
de l'enseignement supérieur, elle avait très vite, des 1880, à l'initiative de Paul Bert et Jules Ferry, réservé l'attribution des titres universitaires aux seules universités publiques. En 1984,
le Conseil d'Etat a estimé que ce principe du monopole d'Etat de la collation des grades universitaires s'imposait même au législateur...
Le processus de Bologne (Union européenne) par lequel 29 Etats européens - dont la France et le Saint-Siège -
se sont engagés à établir d'ici à 2010 un espace européen de l'enseignement supérieur, est venu brouiller les cartes. En reconnaissant les diplômes étrangers, la France reconnaissait, de fait,
les diplômes délivrés par des institutions catholiques de ses partenaires européens. La République devait aussi reconnaître les diplômes canoniques reconnus chez ses partenaires ».
Il apparaît donc clairement, qu'une fois de plus, l'Union européenne est une machine de guerre contre la
République laïque. Elle mérite bien le surnom, donné par la Libre Pensée dès 1954, « d'Europe vaticane » .
Une duperie gouvernementale sans nom
Le vendredi 25 janvier 2008, une délégation de la Fédération nationale de la Libre Pensée, conduite par Marc
Blondel (Président) avait été reçue par Monsieur Faugère, directeur de Cabinet du Premier ministre, assisté d'une collaboratrice.
La délégation remettait alors une note à Matignon. Celle-ci indiquait : « Dans son discours au palais du
Latran, Le Président de la République Nicolas Sarkozy a évoqué le rôle de l'Église catholique dans l'enseignement supérieur : « Aujourd'hui encore, la République maintient les congrégations sous
une forme de tutelle, refuse de reconnaître un caractère cultuel à l'action caritative ou aux moyens de communication des Églises, répugne à reconnaître la valeur des diplômes délivrés dans les
établissements d'enseignement supérieur catholique alors que la Convention de Bologne le prévoit, n'accorde aucune valeur aux diplômes de théologie... »
Nicolas Sarkozy fait explicitement référence au processus de Bologne, instauré par l'Union européenne et
inspirateur des deux réformes les plus récentes de l'Université française : le LMD (Licence-Master-Doctorat) et la LRU (Loi relative aux libertés et responsabilités des Universités). Le processus
de Bologne est effectivement contraire à l'esprit laïque et républicain de l'institution universitaire française, ignorant purement et simplement toute distinction entre les formes d'enseignement
supérieur, publiques ou privées, confessionnelles ou non.
Cet appel à la reconnaissance des diplômes supérieurs privés catholiques (ou d'autres religions) est
contraire à la loi de séparation des Églises et de l'État (1905), mais également des plus anciens fondements de l'Université Française : son institution (1808) posant en principe le monopole de
la collation des grades universitaires par l'État, restauré et réaffirmé par la loi de 1880 corrigeant la loi de 1875. » Ajoutons aussi que, manifestement, cet « acte diplomatique » s'inscrit
dans la mise en œuvre grandissante de l'autonomie des universités. Faisant écho à ce discours de Rome du Président de la République, la Libre Pensée s'est ainsi inquiétée d'une possible remise en
cause de la loi du 18 mars 1880 décrétant le monopole de la collation des grades par l'État, pour permettre aux établissements religieux d'en faire de même. Le Cabinet nous a alors répondu qu'il
fallait comprendre cette déclaration dans le sens d'une prise en compte des diplômes de théologie délivrés par d'autres universités européennes. Le Cabinet du Premier Ministre nous a cependant
indiqué que la loi de 1880 ne sera pas modifiée.
La Libre Pensée était reçue ensuite, quelques semaines après, au Ministère de l'Education nationale, par deux
collaborateurs de monsieur Xavier Darcos. A la même question posée, ils apportaient la même réponse qu'à Matignon, néanmoins la note précitée fut déposée. La Libre Pensée comprend enfin pourquoi
monsieur Darcos, contrairement à tous ses engagements répétés, refuse toujours de nous recevoir.
Après les diplômes catholiques, la reconnaissance du créationnisme ?
Le monopole de la collation des grades a mis la France relativement à l'abri des errements que l'on connaît
aux États-Unis à propos du créationnisme. Dans ce pays, les facultés religieuses délivrent des diplômes sanctifiant « la création du monde en six jours ». Ces diplômes sont reconnus comme ceux
délivrés par les Universités publiques. En France, cela est encore impossible.
Est-ce cela que le Président de la République veut détruire ? On peut légitimement le penser en lisant le
discours présidentiel du Latran en direction de l'Eglise catholique : « Partout où vous agirez, dans les banlieues, dans les institutions, auprès des jeunes, dans le dialogue interreligieux, dans
les universités, je vous soutiendrai. La France a besoin de votre générosité, de votre courage, de votre espérance. » Mais la messe n'est pas encore dite. Même la Croix le reconnaît : « Reste à
savoir quand cet accord sera applicable. Jeudi, le Quai d'Orsay n'était pas en mesure de préciser si une ratification par voie parlementaire était requise. Il faudrait alors compter avec les
réactions laïques : aux lendemains du discours du Latran, quand le Président de la République avait évoqué cette idée de reconnaître les diplômes des universités catholiques, nombreux avaient été
ceux qui dénoncèrent « la fin du service public laïque ».
La Libre Pensée demande à tous les parlementaires (députés et sénateurs) d'interpeller le gouvernement sur
cette question et de refuser de ratifier cet acte antilaïque.
Fédération nationale de l’Enseignement, de la Culture et de la Formation professionnelle de la CGT-Force
Ouvrière
·Fédération nationale de la
Libre Pensée
-COMMUNIQUE DE PRESSE–
Il faut sauver l’École de la République !
La situation en cette rentrée scolaire 2008 a conduit la Fédération Nationale de la Libre Pensée
(FNLP) et la Fédération Nationale de l’Enseignement, de la Culture et de la Formation Professionnelle FORCE OUVRIERE (FNEC FP-FO) à une expression commune pour la défense de l’École
laïque.
Confirmant ainsi une pratique consistant depuis de longues années à affecter des fonds publics vers
l’enseignement privé, le gouvernement actuel n’hésite pas à écorner les principes républicains ; ce qui constitue une remise en cause répétée de la loi de 1905 sur la séparation des Églises
et de l’État et notamment de l’article 2 qui stipule que la République ne subventionne ni ne salarie aucun culte.
Complémentairement, le Ministre de l’Éducation initie des réformes qui si elles étaient conduites à leur
terme, mettraient en cause l’existence même de l’École républicaine et de ses structures de fonctionnement.
Il s’agit d’un enjeu fondamental qui soulève la question de l’égalité, de la démocratie et de la République
et concerne donc l’ensemble des citoyens quelles que soient leurs origines et opinions politiques ou religieuses.
La réduction du nombre de postes d’enseignants et des personnels de toutes catégories de l’Éducation
nationale, au nom de la révision générale des politiques publiques, aboutira à détruire les missions de l’École publique.
C’est le devoir d’instruction et d’éducation qui est ainsi contesté par la réorganisation des écoles
maternelles et primaires, par la réforme des programmes et la réforme annoncée des lycées étendant aux lycées la privatisation et la liquidation des diplômes nationaux ; cette réforme des
lycées est conduite par analogie à la réforme des universités, réforme des universités découlant du consensus de Bologne intégrant dans l’enseignement public des autorités
d’Églises.
Le gouvernement envisage de réduire le baccalauréat à un examen de contrôle continu, il veut transformer
les écoles communales en établissements publics d’enseignement primaire (EPEP) pour justifier la fermeture de classes.
C’est le droit à l’instruction des enfants, de tous les enfants, qui est remis en cause, c’est la notion
d’égalité entre citoyens qui est bafouée. Bien entendu, et de manière corollaire, ce sont les fonctionnaires de l’enseignement qui sont visés, y compris leur indépendance donc leur
neutralité.
Subsidiairement, les droits syndicaux sont contestés voire remis en cause, comme ils le furent durant la
Seconde Guerre mondiale.
Aussi, pour la défense de la laïcité comme élément constitutif de la République,
Pour le respect d’une instruction publique, laïque, obligatoire, tendant à l’égalité des citoyens et à leur formation d’hommes et de femmes libres concourants à la liberté de conscience et à la
raison
Pour des programmes scolaires nationauxstructurés par la science, l’histoire et la connaissance,
Contre la privatisation et l’obscurantisme,
La FNEC FP-FO et la Libre Pensée alertent les citoyens sur les dangers des
réformes imposées par le gouvernement et les appellent à s’opposer, notamment dans leurs responsabilités parentales, à leur application.
Convaincues de l’enjeu que constitue l’Enseignement public pour la République, les deux
organisations conviennent de se rencontrer régulièrement.
N'acceptons pas la destruction de l'École publique qui ouvre la voie à l’obscurantisme !
Le gouvernement poursuit son travail de sape méthodique de l'Enseignement public. Après la suppression des cours le
samedi matin à l’école primaire pour organiser la diminution de postes d’enseignants, après la suppression des BEP+ BAC PRO en quatre ans pour les remplacer par un bac professionnel en
trois ans à des fins d'économies de postes, il est question à présent de supprimer l'enseignement obligatoire des sciences au lycée.
Il est envisagé, très sérieusement, dans les hautes sphères du ministère de supprimer les cours de Physique-chimie et
Sciences de la vie et de la Terre en classe de seconde. La réforme du lycée, qui réduit la semaine d’enseignement de 35H à 27H, pour pouvoir réduire massivement les effectifs des enseignants,
prévoit, en outre, le classement des disciplines en enseignements fondamentaux pour 60% du temps (soit 16h par semaine sur un total de 27h), enseignements exploratoires pour 25% du temps
(7h par semaine) et enseignements d'accompagnement pour 15% du temps (4h par semaine). Dans l'état actuel de la réflexion au ministère, les sciences expérimentales ne figurent pas parmi les
enseignements fondamentaux, ce qui est déjà invraisemblable, et sans doute ne feront pas partie des enseignements exploratoires (pour mémoire les élèves de seconde actuelle ont 3h30 de
physique-chimie par semaine et 2h30 de SVT). ! Sur quelle base les élèves feront-ils le choix de la filière scientifique ?
Cette décision, si elle venait à être appliquée, signifierait que les élèves du lycée, ceux qui n'auront pas choisi la
filière scientifique, n'auront suivi à peu près aucun cours de sciences de la nature. Dans une société où la plupart des objets quotidiens et l’avenir économique, social et culturel font appel à
de la science de pointe, quel avenir prépare-t-on à des adolescents que l'on aura rendus scientifiquement analphabètes ? Sur quelle base pourront-ils construire leur opinion s'agissant des
problèmes comme la pollution, le choix des sources d'énergie, l'évolution du milieu naturel ?
A l'heure où les partisans du créationnisme et du dessein intelligent gagnent du terrain, quelles armes intellectuelles
disposeront les citoyens qui n'auront jamais entendu parler de théorie de l'évolution des espèces ? Quand le nombre de porteurs du HIV augmente, quel sera le comportement de jeunes gens qui
n'auront pas entendu parler des MST et des moyens de s'en protéger ? Espère-t-on enrayer l'augmentation du nombre de grossesses non désirées chez les très jeunes femmes en supprimant les cours
sur la reproduction et la contraception ? Enfin, si ce projet était mis en œuvre, que deviendraient la recherche scientifique et l’Université dans les disciplines
scientifiques ?
La suppression de l’enseignement de l’Histoire-Géographie, qui est également envisagée pour les classes de
2ème cycle, compléterait ce projet visant à transformer l’Ecole civilisatrice en son contraire, en interdisant aux jeunes esprits de se structurer et en les vouant donc à
l’ignorance.
La Libre Pensée s'insurge de ce nouvel appauvrissement dramatique des contenus d’enseignement. A l'heure où le pape est
reçu en grande pompe par le président de la République, et où l'on évoque de plus en plus l'enseignement du fait religieux à l'Ecole publique laïque, cette attaque contre l'enseignement d'une
approche rationnelle du monde résonne d'autant plus comme une offensive obscurantiste sans précédent.
Avec insistance, la Fédération nationale de la Libre Pensée sollicite un entretien avec le ministre compétent, monsieur
Xavier Darcos. Malgré un engagement de principe, aucune suite n’a été donnée.
La Libre Pensée appelle toutes les citoyennes et tous les citoyens à se mobiliser pour obtenir le retrait de ce projet
obscurantiste, condition de la défense de l'École publique et de la raison. La Libre Pensée se déclare prête à participer à toute mobilisation pour obtenir le retrait de ce funeste
projet.