Loi CARLE : une loi contre l’école laïque et les communes.

Publié le 26 Octobre 2009

Depuis longtemps, l’école catholique fait sa publicité en proposant des écoles protégées contre les turbulences sociales, mais financées par les fonds publics. Année après année les lois anti-laïques mettent en danger l’Ecole laïque. De l’extérieur par les largesses financières accordées, de l’intérieur en proposant les « projets éducatifs » de l’école privée comme modèles. L’adoption par l’Assemblée Nationale, le 28 septembre 2009, de la proposition  de  Jean-Claude Carle, sénateur de Haute-Savoie (UMP) est présentée comme un compromis. Il est vrai que la résistance des maires et des laïques avait souvent réussi, en pratique, à mettre en échec la loi du 13 août 2004 en son article 89.

 

MAIS DE QUOI S’AGIT-IL ?

 

Le réseau des écoles catholiques obéit à une sociologie très particulière : communes riches, îlots préservés, régions « à forte densité spirituelle » (JPII). La loi de 2004 voulait forcer les communes à financer la fuite des enfants vers ces écoles où « coulent le lait et le miel », organisant la ségrégation scolaire ; les medias faisant le reste par la diabolisation de l’Ecole publique. Les maires attachés à l’Ecole de la République et déjà écrasés de transferts de charges ne l’ont pas entendu ainsi. Un tollé s’en est suivi, jusqu’au sein de la majorité présidentielle. La Fédération Nationale de la Libre Pensée est fière d’avoir nourri cette mobilisation, notamment en dressant les inventaires laïques de 2006 et en publiant en 2007 le « Livre Noir des atteintes à la laïcité ».

 

Les aménagements apportés aux principes posés en 2004 par la loi Carle ne gênent guère le lobby de l’école catholique qui dit avoir obtenu l’essentiel : les salaires et la formation des enseignants du privé sont déjà financés  par les impôts et c’est maintenant un pas vers le chèque éducation, payé sur le budget communal. Les sacro-saintes familles iront, en procession, payer l’OGEC (Organisme de Gestion de l’Ecole Catholique) avec des fonds publics. Les quatre critères retenus (1. Quand la commune de résidence n’a pas d’école 2. Absence de garderie ou de cantine 3. Fratries 4. Soins) feront, n’en doutons pas, l’objet de formations chez les directeurs d’écoles privées !

 

Le principe est acquis : les familles décident, les communes paient pour leur permettre d’inscrire leurs enfants dans des communes voisines ou plus éloignées. La loi Carle ne peut que précipiter la disparition de l’Ecole publique dans les communes rurales.

 

Une commune dont l’école publique a fermé risque de ne plus jamais pouvoir la rouvrir MAIS DEVRA QUAND MÊME PAYER L’ECOLE PRIVEE !

 

Une commune qui n’arrive plus à assurer un service de cantine risque de voir son école publique fermer MAIS DEVRA QUAND MÊME PAYER L’ECOLE PRIVEE !

 

Une commune qui n’assure pas la garde des enfants en sus du temps scolaire pourra voir son école publique fermer MAIS DEVRA QUAND MÊME PAYER L’ECOLE PRIVEE !

 

Une commune de banlieue va voir se multiplier les certificats médicaux et ses classes se fermer MAIS DEVRA QUAND MÊME PAYER L’ECOLE PRIVEE  DE LA VILLE VOISINE !

 

La Libre Pensée assure de son soutien les maires et les militants laïques qui résistent à l’application de cette nouvelle forfaiture anti-laïque. Elle continue d’exiger :

Une école publique et laïque dans chaque commune !

Abrogation de l’article 89 de la loi du 13 août 2004 !

Abrogation de la Loi Carle !

 

A école privée fonds privés !

Fonds publics à la seule Ecole publique.

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #laïcité

Repost 0
Commenter cet article