lettres aux élus d'Allonnes à propos de l'espace associatif interculturel

Publié le 16 Janvier 2010

LIBRE  PENSEE                                                                                                Le 14 janvier 2010

Fédération de la Sarthe

Maison des Associations

Place d'Arcole

72000 Le Mans

 

 

 

 

objet: espace associatif interculturel d'Allonnes

 

 

 

 

Monsieur le Maire,

Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux,

 

 

 

La Fédération départementale de la Libre Pensée tient à vous faire part de son inquiétude à propos de l'utilisation de l'espace associatif interculturel d'Allonnes.

 

En effet, dans un article paru dans le journal Ouest-France du 24 août 2009, on lit ceci : "Dans ce nouveau centre culturel, il sera possible de prier".

 

Si tel était le cas, ce serait en violation de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat car "La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte" (article 2).

 

 Cet espace associatif interculturel est financé sur des fonds publics (Etat, Région, Commune d'Allonnes), son utilisation ne peut être réservée qu'à des pratiques culturelles. Les pratiques relevant d'un culte telles que la prière ou l'enseignement religieux n'y ont pas leur place.

 

C'est la raison pour laquelle nous vous faisons part de notre inquiétude et de notre volonté de voir la loi respectée.

 

Par ailleurs, nous vous informons du contenu de quelques délibérations  en la matière:

Le tribunal administratif de Nantes a annulé, le 31 mars 2006, la délibération du 21 octobre 2003 par laquelle la communauté urbaine du Mans  affectait une enveloppe de 380 000 € à l'aménagement d'une installation destinée à l'abattage des moutons, exclusivement pour la fête de l'Aïd-el-Kébir. Considérant que la CUM avait engagé une dépense liée à l'exercice d'un culte, en méconnaissance de la loi du 9 décembre 1905.

 

En Haute -Vienne, le tribunal administratif de Limoges vient de déclarer contraire au principe de laïcité et à l'article 2 de la loi de 1905 les délibérations du Conseil Général et Régional qui finançaient les ostensions, c'est à dire les expositions des reliques de saints limousins sur des fonds publics. Les 9 657 € versés illégalement devront être remboursés.

                                …/…

Le tribunal administratif de Rennes vient d'annuler la décision du Conseil Général qui avait voté une subvention de 4 500 € pour financer le socle de la statue de Jean-Paul II érigée à Ploërmel. Ceci, en application de l'article 28 de la loi de 1905 car depuis le 9 décembre 1905: "il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit".

 

Le tribunal administratif de Lille avait exigé, suite à un recours, le retrait du crucifix dans une salle municipale servant de cantine scolaire pour l'école publique de Wandignies-Hamage dans le Nord. Le Maire a refusé d'obtempérer et a fait appel de la décision. La Cour d'Appel de Douai vient de rejeter la requête de la municipalité et confirmé le premier jugement, en référence explicite à la loi de 1905.

 

 

Nous souhaiterions donc connaître la position du Conseil municipal en ce qui concerne cette affirmation citée ci-dessus " Dans ce nouveau centre culturel, il sera possible de prier".

 

 

 

Veuillez agréer, Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux l'expression  de nos sentiments républicains et laïques.

 

 

Pour la Fédération départementale de la Libre Pensée

                                                     Le Président : Gérard Désiles

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #laïcité

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