Le 9 décembre et tous les jours : défendre la laïcité

Publié le 27 Décembre 2011

La Libre Pensée mène chaque jour une action continue pour la défense de la séparation des Églises et de l’État. Sur tous les terrains : militant, juridique, institutionnel et associatif, la Libre Pensée agit et ne fait pas du 9 décembre une journée particulière qu’il faudrait “ sacraliser ”.

Nous avons trop d’exemples où des Élus disent la “ messe ” laïque ce jour-là, et tous les jours bafouent la laïcité allègrement, s’achetant une bonne conscience, pour pas cher ; en faisant une cérémonie ce jour-là, qui plante un arbre, inaugure une place ou encore pose une plaque. Et les autres jours, les fonds publics sont attribués généreusement aux religions et à leurs œuvres.

Gardant sa totale liberté de comportement, la Fédération nationale de la Libre Pensée s’est associée en maints endroits à des initiatives laïques et en a même organisé elle-même. Ainsi à Paris, elle a organisé une réunion publique à la salle Jean Jaurès de la Bourse du Travail qui était remplie le vendredi 9 novembre.

 

Paris vaut-il une messe ?

Si la Mairie de Paris avait décidé de nommer le matin même une “ Place de la Laïcité ” dans une discrétion telle qu’une semaine plus tard, il était impossible d’avoir le moindre compte-rendu, la Fédération de Paris de la Libre-Pensée préférait les faits aux mots et rendait publique l’état des sommes versées par la Mairie de Paris à tous les cultes. Une centaine de laïques était rassemblée pour entendre les faits.

Un libre-penseur du XVIIIe arrondissement relatait l’échange de courriers entre le groupe de libres-penseurs de l’arrondissement et M. Vaillant, Maire de l’arrondissement, ancien Ministre de l’Intérieur. Une libre-penseuse du XXe arrondissement faisait état de la procédure judiciaire engagée pour le respect de la Loi de 1905 à propos de la sonnerie des cloches de l’église Saint-Jean de Bosco ; la Mairie de Paris se faisant l’avocat – au sens explicite du terme – de la paroisse.

Évelyne Salamero, Présidente de la Fédération, dans un exposé rigoureux et argumenté, établissait la réalité des faits : plus de 18 millions d’euros versés aux cultes, sous des formes diverses et variées, parfois curieuses. Notamment, la Mairie “ laïque ” s’appuie sur l’ensemble des dispositions des lois dénoncées comme antilaïques, telle la loi Debré. Paris, ville laïque, verse plus aux cultes que la ville de Metz, ville concordataire où la Séparation des Églises et de l’État n’existe pas.

En conclusion de cette importante réunion, Francis Aboulker, secrétaire de la Fédération, faisait adopter par la salle une motion appuyant la demande réitérée de la Fédération de Paris de la Libre Pensée adressée à M Delanoë, Maire de Paris, pour être reçue par lui, en personne. A la sortie de la salle, de nombreux participants laissaient leurs coordonnées pour pouvoir être informés par la Fédération.

 

En Creuse, un public attentif et engagé

À l’initiative du Grand Orient de France, de la Fédération de la Creuse de la Libre Pensée, de la Ligue des Droits de l’Homme et du “ Cercle Condorcet ” s’est tenue le 9 décembre à Guéret une conférence-débat pour marquer le 106éme anniversaire de la loi de 1905. Deux intervenants figuraient au programme de cette soirée, Gérard Contremoulin pour le GODF et Philippe Besson pour la Libre Pensée. Cette soirée fut un véritable succès, l’amphithéâtre de la BMI (bibliothèque multimédia intercommunale) de Guéret était plein ce qui représente plus de cent personnes.

Gérard Contremoulin est intervenu sur le thème de “ La Laïcité fondement de la République ”, Philippe Besson a ensuite traité de “ La séparation des Églises et de l’État, une aspiration universelle ”.

La qualité des exposés et des débats a été à la hauteur de l’événement sachant qu’il ne s’agissait pas uniquement de commémorer, mais plutôt de rassembler les forces laïques, de se comprendre pour permettre la résistance aux cléricalismes à l’œuvre dans le pays.

Philippe Besson, prenant appui sur l’histoire notamment des États-Unis, de l’Irlande, du Portugal a montré la dimension universelle de la laïcité qui ne doit pas être réduite à une spécificité française et scolaire. Ce qui est en jeu, c’est la liberté de conscience pour tous les hommes et toutes les femmes, c’est la démocratie.

Les débats furent respectueux et riches chacun mesurant l’importance de cette soirée. Pour certains celle-ci s’est terminée tard dans la nuit autour d’une bonne table guérétoise. À n’en pas douter cette conférence comptera pour la poursuite du combat laïque dans le département.

 

De Granville à Cocherel en passant par Châtellerault et Bourg-en-Bresse

A l’initiative des DDEN, de l’Amicale laïque, de la Ligue des Droits de l’Homme, de la Ligue de l’Enseignement et de la Libre Pensée, plusieurs dizaines de laïques se sont rassemblés devant la mairie de Granville dans la Manche pour rappeler les principes de la laïcité, contenus dans la loi du 9 décembre 1905.

 

Dans l’Eure, sur la tombre d’Aristide Briant

Réunis à Cocherel dans l’Eure autour de la stèle recouvrant la tombe d’Aristide Briand, qui fut le rapporteur de la loi de 1905 à l’Assemblée nationale, la Ligue des Droits de l’Homme, la Ligue de l’Enseignement, les DDEN, la Libre Pensée et le Grand Orient de France ont réuni plusieurs dizaines de personnes. Ils sont rappelés les multiples violations de la loi de séparation des Églises et de l’État.

A Châtellerault dans la Vienne, ils sont 80 devant le monument à la gloire de la Révolution française avec la LDH, la Libre Pensée, les Amis de la Commune de Paris, la Ligue de l’Enseignement, les DDEN, le Droit Humain et le Grand Orient de France. Toutes les associations sont unies pour dire : “ Le combat pour la laïcité n’est pas fini ”.

A Bourg-en-Bresse dans l’Ain, dans le cadre de la semaine de la laïcité, la Libre Pensée organisait une conférence publique, dans la salle de la Fédération des Œuvres Laïques, sur “ L’Église contre la Libre Pensée ”, animée par Christian Eyschen – Secrétaire général de la Libre Pensée. Devant un parterre d’une cinquantaine de participants, le début fut riche et animé.

 

A Aurillac : du jamais vu

Près de 200 personnes venues de tout le département ont répondu à l’invitation du Grand Orient de France et de la Libre pensée à la conférence publique célébrant l’anniversaire du vote de la loi du 9 décembre 1905 dite de "Séparation des Églises et de l’État ". Gérard Contremoulin, ancien Conseiller de l’Ordre du GODF a traité de "La laïcité pilier de la démocratie". Pour lui, la laïcité ne se réduit pas à la bataille historique pour libérer l’Ecole de l’emprise confessionnelle, essentiellement catholique, de la fin du XIX° siècle.

Elle correspond à un modèle d’organisation de la société dans lequel la liberté de conscience, l’Égalité des droits et l’exercice de la citoyenneté sont des valeurs fondamentales. La transmission du Savoir est le premier devoir d’un État laïque. Permettre à tous d’accéder à la Connaissance, déconnecter le Savoir de toute vérité révélée, reconnaître la suprématie de la Raison, développer les apprentissages fondamentaux, c’est se donner les moyens de l’émancipation des femmes et des hommes. Ce projet-là est un projet humaniste. Et le chemin pour l’atteindre est un combat de libération, de maturation sociale : le combat pour la Laïcité qui s’est traduit par un ensemble législatif inédit !

 

À Aurillac, la tribune

Christian Eyschen, Secrétaire général de la Fédération nationale de la Libre Pensée a traité de "la Séparation des Églises et de l’État, une aspiration universelle". Il a rappelé que La Libre Pensée est mère de la laïcité en France, elle est la plus ancienne association laïque de ce pays, et en est la conscience active. On lui doit, avec d’autres, l’élaboration et le vote des lois de 1901 sur la liberté d’association définissant la sphère privée et de 1905 séparant les Eglises et l’Etat définissant la sphère publique.

La Séparation des Églises et de l’État est fille des Lumières et des Révolutions américaine et française. C’est un cheminement universel qui va bien au-delà de la France et de l’Europe : Mexique, Portugal, URSS, République Espagnole, Turquie, Népal, Bolivie. La laïcité est nationale dans sa forme, internationale dans son contenu.

Son principe de liberté de conscience est largement répandu dans le monde. La liberté absolue de conscience est aujourd’hui menacée par tous les grands de ce monde en crise qui veulent que les peuples s’affrontent et se déchirent pour des intérêts qui ne sont pas les leurs. Leur instrument : les religions ; leur moyen : développer les communautarismes.

Mais il n’est au pouvoir de personne de faire tourner la roue de l’Histoire à l’envers. Cette soirée s’est terminée par un échange avec la salle puis autour d’un copieux buffet offert par les organisateurs.

 

Et enfin à Montélimar

Prés de 150 personnes se sont réunies dans la Drôme pour entendre 3 orateurs. Thierry Cornillet, Elu local, chaud partisan de l’Union européenne et de la Charte des Droits fondamentaux ; il a plaidé pour les bienfaits de l’Article 17C du traité européen dans lequel il ne voyait aucun problème.

Puis, Marc Blondel, Président de la Libre Pensée lui a répondu sur cette Charte européenne. Il, a repris sur le communautarisme à partir des jugements du conseil d’État et la circulaire Guéant en expliquant le communautarisme. Il est revenu également sur l’avis du Haut Conseil à l’Intégration en expliquant son but : opposer les travailleurs entre eux.

Il y a eu des questions importantes en particulier une sur le devenir de l’École à laquelle Marc Blondel a répondu en répondant que, bien sûr, il y avait toutes les revendications qui devaient être satisfaites ; mais qu’au point où en était l’École, il faudrait un jour reconsidérer l’ensemble pour que l’Ecole de la République puisse répondre à son rôle premier : par l’instruction faire des citoyens capables de penser librement. A la suite d’une autre question, Il a bien insisté (en référence à la Belgique), que la Laïcité n’est pas une cinquième religion, mais une "méthode" pour nous permettre de vivre ensemble.

Roger Cordier, représentant le Grand Orient de France a rappelé les positions traditionnelles sur la laïcité de son obédience maçonnique. Ce fut un bon débat, avec des points de vue différents. Mais c’est toujours de la confrontation des idées que naît la lumière.

Toutes ces initiatives montrent largement que la Fédération nationale de la Libre Pensée est une association active qui milite sur tous les terrains pour défendre l’absolue liberté de conscience. La Libre Pensée a pu mesurer, lors de ces différentes réunions publiques, l’accroissement du rayonnement de ses idées dans l’opinion publique laïque.

 

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #laïcité

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