Est ce bien catholique de fêter noël ?partie 1

Publié le 10 Décembre 2008

 

 

Est ce bien catholique de fêter noël ?

 

            Cette question peut faire sourire mais en fait derrière cette formulation un peu humoristique et provocante, il y a un réel enjeu pour les libres penseurs que nous sommes, mais aussi pour tout ceux qui veulent fêter librement noël sans être considérés comme des chrétiens qui s’ignorent !!!

 

            L’opinion la plus répandue veut que noël soit une fête catholique. Cette opinion est comme d’habitude véhiculée par les médias qui chaque année nous présentent toujours l’aspect religieux des choses : reportage sur noël à Bethléem, reportage dans une messe de noël, histoire du christ, discours de tel curé sur le vrai sens de noël…

 

            Comme chacun le sait, en tout cas, sur TF1, France 2 et les grandes chaînes télévisuels, la France serait un pays catholique… c’est une évidence pour ces bien-pensants !

Est-il nécessaire de rappeler à ces bigots télévisuels qu’un sondage  (pourtant commandé par le magazine le Monde des religions) nous indiquait en janvier 2007 que 51 % des français seulement se disaient catholique et que la moitié de ces catholiques ne croyaient pas en Dieu ?  Là, encore on voit que tout est une question de manipulation médiatique.

 

Revenons à noël ! Eloignons nous des médias et de leur complicité envers les puissances réactionnaires et intéressons nous à noël tel qu’il est fêté par la majorité des français et des occidentaux !

Qu’est ce qui se passe en général ?

On festoie le soir du 24 décembre avec la famille, on s’offre des cadeaux, on mange gras, on boit, on écoute de la musique, on déconne, on regarde des émissions de variété à la télé, on se retrouve, on rigole, on fait croire à nos enfants qu’un « père noël » va venir dans la nuit déposer des cadeaux au pied d’un sapin qu’on à décoré… etc. Tout le monde connaît, je pense ne pas avoir besoin de détailler encore plus les choses !

Et bien maintenant voyons si ces pratiques sont bien catholiques !

Le père noël est-il un suppôt de Dieu ? La dinde a-t-elle un lien spirituel avec le saint esprit ? l’huître est elle une représentation métaphorique de Dieu ?

Procédons, élément par élément :

 

 

Le sapin :

            Ne cherchez pas de référence au sapin dans la Bible, vous n’en trouverez pas ! Celui-ci ne vient ni de la Judée ou de Rome mais plutôt des pays Nordiques. Ces peuples célébraient la fête de Yule où on vénérait un arbre sacré. « Il fut ensuite christianisé. Ainsi Saint Colomban accomplit une conversion collective en Gaule en illuminant de croix un arbre sacré pendant la nuit de Noël. »

            Guy Deleury écrit : "Le sapin givré et décoré de bougies nous oriente vers une origine Scandinave, sinon germanique. Comme l'a fort bien décrit G. Dumézil, les fêtes du solstice d'hiver étaient l'occasion d'immenses beuveries nocturnes chez tous les peuples nordiques. Le soleil qui renaissait alimentait l'espoir de la fin des glaciations hivernales, et l'on illuminait le sapin cosmique, symbole de la vie toujours renaissante . Le personnage central de cette mythologie était le dieu Odhinn, représenté comme un vieillard bienveillant à la barbe abondante, vêtu d'une houppelande rouge. Dieu du feu domestique, il luttait tout l'hiver contre les démons de la glace et de la neige. On le vénérait devant les âtres où flambaient des bûches de sapin. Les Scandinaves l'appelaient Ullr ou Yule. C'était un dieu de paix et de chaleur qui visitait son royaume de ski, ou sur un char traîné par des rennes ou des cygnes. Dans sa hotte ou son traîneau, il transportait les dons qu'il destinait à ceux qui le priaient ».

A la description faite par Guy Deleury, on voit que des éléments du père noël viennent directement de Yule.

« Yule était clairement une fete du feu ; c’etait aussi une fête de l’abondance, des morts et des enfants. L’illumination de l’arbre signifie partout renouveau de la nature, promesse des fruits à venir. Sa décoration au moyen de cadeaux et d’objets variés possède du reste la même valeur. »

 

L’échange des cadeaux :

            On a déjà vu que Yule «transportait les dons qu'il destinait à ceux qui le priaient ». Mais ce n’est pas tout. Dans l’antiquité romaines, on fêtaient les Saturnales (du 17 au 24 décembre). Un jour , le Dies juvenalis, était consacré aux enfants. On se retrouvait entre amis, proches et on s’offrait des cadeaux (bougies, poupées d’osier…)

 

Le Père Noël :

            Plusieurs ancêtres lui sont connus et l’ont inspiré : Saint Nicolas (fêté le 6 décembre), Sinter Klaas en Hollande, Santa Claus dans les pays anglo-saxons, on a aussi déjà cité Yule ou Ullr, citons également Hennequin de la Suisse qui distribue aussi des cadeaux aux enfants sages et punissaient les méchants, « Frau Holle (en Allemagne), Tante Arié (en Franche Comté et en Suisse), Bertha (en Bavière), Béfana (en Italie)... Les diverses versions de ces personnages reprennent les attributs des dieux bienfaiteurs des mythologies païennes : Gargan en pays celtiques (repris par Rabelais pour son Gargantua), Odin en pays germaniques, la déesse Strenia à Rome (d'où le mot étrennes). On pourrait développer la démonstration : les huit rennes sont démarqués du cheval à huit pattes d'Odin »

Une chose est sure, c’est aux Etats Unis que le père noël moderne est né. En 1821 et 1823, deux contes de Clement Clarke Moore représentent un personnage tiré par huit rennes, assisté de lutins qui livrent des cadeaux par les cheminés.

« Quarante ans plus tard, le dessinateur thomas Nast popularise un santa Claus ventru et jovial, avec son costume de fourure, son ceinturon de cuir et sa barbe blanche. On imagine à cette époque ses ateliers situés dans les glaces du pole Nord (il déménagera plus tard en Finlande). La touche finale sera donnée en 1931 par … Coca-Cola ! 

 Cette année là, la firme américaine demande au dessinateur Haddon Sundblom d’illustrer  une publicité montrant le bonhomme, Noël buvant du Coca pour se garantir du froid hivernal, et reprendre des forces. »

Même si on trouvait différentes représentations du père noël, celui-ci était majoritairement représenté en vert ; Avec la pub de Coca (rouge et blanc), c’est le costume rouge et blanc qui va finalement s’imposer.

Ainsi le Père Noël s’imposera rapidement pour la nuit de noël contre Jésus, ce qui ne manqua pas de faire réagir l’Eglise, notons, par exemple que « le 24 décembre 1951, l’effigie du Père Noël fut brûlée sur le parvis de la cathédrale de Dijon par les autorités ecclésiastiques, ce qui fit la une de France-Soir. »

 

 

La date du 25 décembre :

            Dans la version « officielle »  le 25 décembre correspondrait à la date de l’anniversaire de Jésus ! Seulement les catholiques eux-mêmes reconnaissent de rien savoir là dessus.

Dans Fêtes et Saisons n°500, le guide de l’année liturgique de Décembre 1995, est écrit : "On ignore totalement le jour, l'heure et même l'année de naissance de Jésus. On a choisi le 25 décembre à minuit tout simplement pour supplanter la fête païenne appelée Adventus solis invicti (la venue du soleil invaincu) qui marquait le solstice d'hiver, fête célébrée à Rome dans la nuit du 24 au 25 décembre".

Selon d’autres auteurs « la controverse dure plus d'un siècle. Les uns retiennent le 18 avril, d'autres le 25 mars, un autre encore le 6 janvier jusqu'à ce que, en 354, le pape fixe d'autorité le 25 décembre, qui correspond au solstice d'hiver. Ce solstice est célébré depuis les temps les plus lointains par les fêtes païennes de Yule, du feu, de la lumière, ou de la Freya nordique, déesse de l'abondance et de la fécondité"

Dans la Bible, on ne trouve rien au sujet de cette date dans l'Ancien Testament. Il existe une fête célébrée dans le judaïsme à cette époque de l'année : Hanoukka. Elle ne doit rien au solstice. Elle célèbre la reprise du Temple de Jérusalem sur les Grecs et sa "purification" en 164 avant JC.

L’histoire nous donne quelques enseignements :  On sait qu’en  274, Aurélien a fixé la fête annuelle au solstice d’hiver du Sol-invictus (le soleil invincible). La fête fut célébrée sans discontinuité chaque années suivante, au 25 décembre, bien que le calendrier romain ramena le solstice d’hiver au 21 décembre à partir de 325. La fête traditionnelle de la naissance du Sol-invictus devint le 25 décembre 335 celle de la naissance du Chris.

En 391, l'empereur chrétien Théodose interdit les cultes païens. Le christianisme devient de fait religion d'État et les temples païens sont détruit. L’évêque d'Hippone, Augustin, auteur de La Cité de Dieu se félicite que l'on ait substitué à "La célébration de la naissance du soleil visible au solstice d'hiver celle de l'invisible créateur du soleil' (18).

Dans une lettre du pape Grégoire adressée à Augustin de Cantorbéry, au VIIIe siècle, on peut lire "Après de longues réflexions, j'ai statué sur le cas des Angles : que les temples des idoles ne doivent absolument pas être détruits dans cette nation, mais que l'on détruise uniquement les idoles qui s'y trouvent. Qu'on prenne de l'eau bénite et que l'on asperge ces temples, qu'on y édifie des autels et qu'on y place des reliques ; en effet, si ces temples sont bien construits, il est nécessaire et il suffit d'en changer la destination : les faire passer du culte des idoles à la louange du vrai Dieu. De cette façon, le peuple, constatant que ses temples sont respectés, déposera plus facilement l'erreur de son cœur et, connaissant et adorant le vrai Dieu, se rassemblera plus familièrement aux lieux où il avait coutume de se rendre. Comme la coutume existe d'offrir beaucoup de bœufs en sacrifice aux esprits. Il faut également transformer légèrement le cérémonial de ces offrandes, de manière à fixer ces coutumes rituelles au jour de la dédicace ou de la fête des saints martyrs dont les reliques ont été placées dans l'église ; que les gens continuent à se construire des cabanes de branchages auprès des mêmes temples devenus églises et qu'ils célèbrent la fête par des agapes rituelles. Cette lettre nous montre clairement comment les chrétiens ont calqué leurs fêtes, leurs rites sur des pratiques antérieures.

En fait, rien de très chrétien dans le choix de cette date, de l’aveu même des pères de l’Eglise, la date est plaquée sur des cultes païens antérieurs ! D’où il en résulte que Noël est une fête volée par le christianisme !!!

 

 

Est ce bien catholique de fêter noël ? partie 2



Sondage exclusif CSA / LE MONDE DES RELIGIONS réalisé par téléphone du 18 au 25 octobre 2006. Interrogation de 1021 personnes se déclarant catholiques issues d’un échantillon national représentatif de 2012 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d'après la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage), après stratification par région et catégorie d?agglomération.
(Tous les sondages publiés par CSA sont disponibles sur le site :
http://www.csa-fr.com)

 

L’Idée Libre n°271 – décembre 2005 – Joyeux Noël païen ! Regards sur les origines chrétiennes.

Guy Deleury. Les Fêtes de Dieu. Éd. Philippe Lebaud. 1994

L’Idée Libre n°271 – décembre 2005 – Joyeux Noël païen ! Regards sur les origines chrétiennes

http://www.1901.net/laligue/laicite-laligue/rubriques/mieux_comprendre/themes/scienc_culture/noelpaie.htm

L’Idée Libre n°271 – décembre 2005 – Joyeux Noël païen ! Regards sur les origines chrétiennes

idem

Jean-Louis Beaucamot. Ainsi vivaient nos ancêtres. Éd. Laffont. 1989.

Jean-Marie Pelt. Fleurs, fêtes et saisons. Éd. Fayard

Philippe Walter. Mythologie chrétienne. Éd. Entente.

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Christianisme

Repost 0
Commenter cet article