Guerre a la guerre, intervention du 7 novembre 2008

Publié le 9 Novembre 2008

Nous publions, ici, un large extrait de l'intervention d'hansi Brémond du vendredi 7 novembre lors de la reunion pour la réhabilitation des fusillés pour l'exemple. dans quelques jours, nous publierons une interview d'Eric Viot qui est également intervenu vendredi 7 novembre au mans.


"Pourquoi réclamer la réhabilitation des fusillés pour l’exemple aujourd’hui en 2008, 90 ans après la fin de la première guerre mondiale ?

La guerre 14-18 est un conflit que nous qualifions d’impérialiste, il s’agissait en fait d’un partage du monde entre les grandes puissances qui s’affrontaient pour la conquête de nouveaux marchés ou de nouvelles richesses. Les motivations sont d’abord d’ordre économique.

De plus, cette guerre marque un changement dans l’histoire des conflits, c’est ce qu’on a appelé la première guerre totale. Totale, car elle implique tous les secteurs de la société.

C’est aussi une guerre d’une immense barbarie comparée aux guerres du 19eme siècle. C’est une guerre extrêmement meurtrière. Pensez un instant à ces soldats condamnés à courir pour prendre la tranchée d’en face, devant ils étaient balayés par les balles des mitrailleuse et quand à ceux qui reculaient ils devaient subir les tirs de canons de leurs propres troupes à l’arrière.

D’aout 1914 à aout 1915, 600 000 jeunes français sont morts. Un million cinq cent mille pour toute la guerre. Tout ca sans parler des mutilés des gazés, des gueules cassées.

Qu’est ce qu’un fusillé pour l’exemple ; notre camarade Pierre Roy spécialiste de la question l’explique ainsi:

« Fusiller pour l’exemple cela avait pour but de dresser face à l’épouvante de l’assaut une épouvante encore plus terrible : celle d’être fusillé par sa propre hiérarchie militaire pour dissuader d’imiter un comportement qui avait valu au soldat coupable de l’avoir adopté d’ être condamné à mort, d’où l’expression "pour l’exemple ". Cela peut se résumer ainsi : obéir et certes risquer sa vie mais avec une chance d’en sortir ou désobéir, mais mourir d’une mort certaine, fusillé pour l’exemple ou tué sur place par un officier de sa propre armée. »

Les historiens estiment le nombre de ces fusillés pour l’exemple à 600 environs pour la France. Ce chiffre est certainement en dessous de la réalité et ne tient pas compte de ce qui est non chiffrés à savoir les exécutions sommaires, les condamnations à mort indirectes par exposition à une mort certaine, par exemple les mains liées de l’autre coté du parapet des tranchées (Pétain à Verdun en 1916).

« Quant aux situations d’accusés livrés à l’arbitraire des conseils de guerre spéciaux (cours martiales), elles ont été nombreuses. Le sous-lieutenant Chapelant en a été victime en octobre 14. Condamné à mort pour capitulation en rase campagne, commandant un poste de mitrailleuses, il est blessé au genou au sortir de la tranchée encerclée par les Allemands ; fait prisonnier, il s’évade, rejoint les positions françaises : il sera fusillé, attaché sur un brancard dressé contre un poteau d’exécution. »

Longtemps l’Histoire a ignoré ces faits, de même qu’elle a ignoré les faits de mutineries ou les fraternisations. C’est seulement depuis les années 80 que des historiens s’intéressent vraiment a ces questions.

En 1917, au chemin des dames, des soldats se mutinent, une cinquantaine sont fusillés pour l’exemple !

 Le député Brizon proteste le 14 juin 1917 à la Chambre contre ce qui se passe au front :

" Messieurs, à l’heure où je parle, on fusille des soldats sur le front ! Des balles françaises assassinent des soldats français » puis il rajoute, en s’adressant au président de l’assemblée, malgré les protestations qui cherchant à le couvrir : « Avez -vous fait fusiller les généraux qui ont fait massacrer inutilement nos soldats au cours de l’offensive d’avril ? »  

En France, toujours au printemps 17, un contingent russe combattant en France refuse de continuer la guerre . Ces soldats russes souhaitent rentrer chez eux,  rejoindre les Soviets, la démocratie ouvrière en marche après la chute du tsarisme.

Il faut savoir que ce contingent russe a été parqué au camp militaire de La Courtine dans la Creuse et qu’il a été canonné par l’armée française encadré par des officiers russes.

D’ailleurs des lettres des soldats français (soit qu’elles aient échappé à la censure toute puissante, soit que des historiens les aient retrouvées au siège de la censure postale) comportent beaucoup d’allusions à la révolution russe de février 17, allusions qu’on peut résumer dans les formules : "Ce qu’ont fait les Russes, il faut qu’on le fasse chez nous !", "A bas la guerre ! "

Un autre député kienthaliens (ils n’étaient que trois français a avoir participé à la conférence socialiste internationale de Kienthal au printemps 1916), Alexandre Blanc, faisait remarqué que si leur voix était isolée dans le parlement français « elle est majoritaire dans les tranchées » !

Et c’est bien là le problème, les soldats veulent terminer la guerre, les dirigeants, dans leur majorité, veulent la continuer. Si au début, grâce au bourrage de crâne, la censure, l’éducation, la propagande, on avait réussi a mettre les peuples en guerre dans une sorte d’union sacrée, rapidement les aspirations pacifistes des peuples s’opposent à l’orientation guerrière des puissants ! On l’a vu en France, en Allemagne, en Russie avec la révolution russe (les bolcheviks ont satisfait les intérêts de leur peuple en cessant la guerre). On l’a vu en 1914, on l’a vu en plus récemment au Vietnam, ou aujourd’hui en Irak.

Finalement la guerre est dans l’intérêt des puissants pas dans celui des peuples. Qui profite de la guerre en Irak ? le soldat américain qui risque sa vie? le civil iraquien qui vit dans des conditions atroces ou bien l’administration Bush inféodé aux entreprises d’armements et aux entreprises du pétrole ?

La réhabilitation des fusillés pour l’exemple, ce n’est pas seulement une question d’Histoire !

Aujourd’hui encore les gouvernements envoient des jeunes mourir dans des pays étrangers pour, soit disant, défendre la liberté et la démocratie. Aujourd’hui comme en 1914, on ment aux peuples. Ces guerres sont provoquées pour défendre les intérêts de grandes entreprises américaines et européennes.

 

 Comment comprendre la situation en Afghanistan sans savoir qu’un pipeline traverse ce pays, et qu’il représente un intérêt économique important pour les grandes entreprises énergétiques occidentales ?

 

En Irak, les motivations sont les mêmes, Il fallait prendre le contrôle de vastes ressources de pétrole quitte à plonger le pays dans la barbarie en envoyant des jeunes soldats américains tuer et se faire tuer.

 

Si on regarde l’Histoire, on se rend compte que les guerres bien souvent pour des motifs divers et variés ont surtout une origine commune. Elle s’appelle l’économie de marché. Comment comprendre la seconde guerre mondiale sans comprendre la crise économique de 1929 ? C’est le chômage de masse et l’impossibilité pour les classes dominantes de maintenir la paix sociale qui ont amener Hitler au pouvoir !

 


Comment est ce qu’on nous vend une guerre ?


 

Plusieurs moyens :

L’éducation militariste et revancharde dans les écoles (exemple de la France d’avant guerre)

On fait intervenir de grandes valeurs comme la défense de la démocratie (l’Allemagne est un régime autoritaire pour le français de 1914), même chose en Irak ou au Vietnam.

On prétexte une agression : exemple de l’attaque du World Trade Center par un groupe terroriste pour justifier une intervention contre un pays puis un autre (Irak et Afghanistan).

L’aide des médias et de la censure. Je vous rassure tout de suite n’ayez aucune illusion sur l’indépendance des médias. Il suffit de voir le traitement de la guerre du golfe ou même plus récemment la façon dont il traitaient le referendum sur le traité constitutionnel européen ; Dans le cas d’une guerre, il suffit de préparer l’opinion publique à détester tel ou tel peuple.

La religion ; Vous avez remarquer comment Dieu est toujours des deux coté du front ? A ce propos la France est un pays laïque mais il y a toujours des aumôniers dans l’armée. Quand on ne ait pas pourquoi on se bat, c’est bon de croire qu’on le fait pour l’axe du bien, pour Dieu.

 

Pourquoi dire tout ca aujourd’hui ?

Nous sommes en guerre. Les opérations extérieures de la France coûtent 800 millions d’euros pour l’année 2008 et devraient coûter 1 milliard d’euros pour l’année 2009. Aux Etats-Unis, chaque année, le gouvernement dépense 800 milliards de dollars pour l ‘économie de guerre (Irak, Afghanistan…) alors que 50 millions d’américains n’ont pas de sécurité sociale.

Argent qui, bien sûr, ne va pas aux hôpitaux, aux écoles, aux handicapés, aux vieux…

Vous avez remarquer comme il n’y a jamais d’argent pour la SECU, les hôpitaux, les services publics et come il y en a beaucoup pour les conflits ou pour sauver le système financier, celui la même qui nous plonge dans une situation désastreuse ? !

            On ferme des classes, des écoles, des hôpitaux, et on dépense de l’argent pour que des jeunes aillent se faire tuer en Afghanistan. C’est l’avenir pour la jeunesse de ce pays ?

Alors que les emplois disparaissent à cause d’un système économique à l’agonie, les autorités envoient l’armée recruter des jeunes dans les forums d’orientation et même parfois directement dans les lycées !

 

Ce que je vous dis là, ce n’est pas un combat d’arrière garde…

            Vous suivez les infos ? Le système capitaliste est en train de s’effondrer malgré les milliards dépensés par les gouvernements et les banques centrales. Ces sommes astronomiques seront, au final, payées par les citoyens. C’est l’agonie d’un système qui détruit les emplois et jettent les peuples dans la misère. Des économistes comparent cette crise à celle de 1929.

Les plus anciens le savent, la crise de 29 a provoqué la naissance du nazisme, de plusieurs régimes autoritaires et finalement la seconde guerre mondiale!

On le sait, pour relancer le système, les dirigeants sont toujours prêts à provoquer des conflits armés.

Plus que jamais, il faut s’organiser. Pour notre part nous participerons ni a l’union nationale pour la guerre ou pour la défense de ce système économique qui nous entraîne vers le fond.

Les richesses produites doivent être utilisées par les peuples et pas contre eux.

C’est pourquoi nous irons à Gentioux mardi 11 novembre, c’est pourquoi nous continuerons de nous mobiliser.

Nous mobiliser c’est par exemple, expliquer ce qu’est réellement la guerre. Il n’y a pas de guerre propre. Il faut chercher dans les coulisses de l’Histoire, dans les coulisses de l’actualité pour se rendre compte de ce qu’est la guerre






Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #anti militarisme

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