Lettre à la préfète à propos de sa participation à l'inauguration de la mosquée de Sablé

Publié le 14 Février 2015

Le 13 février 2015

Libre Pensée

Fédération de la Sarthe

Maison des Associations

Rue d’Arcole

72000 Le Mans

 

 

 

Madame la Préfète

 

 

La presse et les médias ont relaté votre participation à l’ inauguration de la mosquée de Sablé le 5 février 2015.

La Fédération départementale de la Libre Pensée considère que votre présence ainsi que celle du sous-préfet et du Maire de Sablé constitue une atteinte au régime de séparation des Eglises et de l’Etat établi par la loi du 9 décembre 1905.

En effet, le principe fondamental de cette loi est la garantie, pour chaque citoyen, de l’exercice de la liberté absolue de conscience dont découle le libre exercice des cultes. A cette fin, la loi interdit à l’Etat de reconnaître, de salarier ou de subventionner les cultes. La religion est ainsi devenue une affaire strictement privée. Les citoyens ont donc le droit de croire ou de ne pas croire, mais la République, le gouvernement, la région, le département comme la commune ne peuvent reconnaître des communautés religieuses ni promouvoir des religions sous quelque forme que ce soit.

L’inauguration d’un lieu de culte (en l’occurrence ici d’une mosquée) relève de ceux qui se reconnaissent dans ce culte : les représentants de la République (Préfet et élus) n’ont pas à y participer .

Le Préfet a pour rôle de faire respecter les lois, il est le garant de l’Etat et des valeurs de la République dont la laïcité ; la neutralité s’impose donc à sa fonction.

« Je veux l’Etat chez lui et l’Eglise chez elle » avait déclaré Victor Hugo dans son discours contre la loi Falloux en 1850. Aujourd’hui cette exigence est plus que jamais d’actualité.

Après les meurtres odieux de janvier et la tentative d’utiliser la journée d’émotion nationale du 11 janvier pour la dévoyer, la Libre Pensée s’inquiète de l’institutionnalisation des religions comme représentants des citoyens.

Reconnaître le communautarisme, addition d’intérêts religieux particuliers, est la négation de la concorde civile entre citoyens libres et égaux en droits.

La République n’est ni chrétienne, ni juive, ni musulmane ou libre penseuse, elle est laïque.

Les représentants de l’Etat et les élus de la République doivent respecter la législation en vigueur.

Veuillez agréer, Madame la Préfète, l’expression de nos salutations républicaines et laïques.

 

Pour la fédération Libre Pensée 72

Le Président : Hansi Brémond

Le Vice-Président : Gérard Désiles

image Maine Libre

image Maine Libre

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #laïcité

Repost 0
Commenter cet article

dornic 16/02/2015 12:05

Que d'affirmations stupides.
Qu'une préfete, représentante de l'état, soit présente à l'inauguration d'un lieu (soit-il de culte) financé en tout ou partie par l'état est tout à fait normal et n'est absolument pas incompatible avec la la laïcité et la séparation des cultes avec l'état. Avec cet état d'esprit vous devez aussi, par exemple, condamner les représentants de l'état qui se permettent d'assister aux obsèques (religieuses) de personnalités. Il faut savoir mesure et raison gardée.

papy 21/02/2015 11:14

Certes, c'est bien sa place et le rôle d'un élu ou représentant de l'Etat d'inaugurer un bâtiment public à vocation, mission de service public. Mais depuis 1905, l'Etat ne finance plus la construction de lieu de culte. Sa participation(Préfete...) ne peut donc etre qu'à titre privé. Elle a peut etre financer sur ses propres deniers! Inaugurer au nom de la République un lieu de culte, c'est lui conférer un caractère de service public.
Idem pour cérémonies religieuses, cela ne peut se faire qu'à titre privé. La laicité de l'Etat permet aux élus et représentants de la République de pratiquer sa propre religion dans le domaine de la sphère privée mais pas dans sa fonction d'homme public. Chacun chez soi et les ....c'est plus clair pou mesurer et garder raison.Amicalement.

dornic 16/02/2015 12:06

j'avais oublié de vous préciser, je suis athée et profondément laic depuis toujours.