Oui à la rénovation des collèges sarthois, mais pas dans le cadre de partenariat public-privé !

Publié le 22 Août 2014

Voici un courier signé de plusieurs associations laiques et envoyé aux conseillers généraux de la Sarthe.

 

Mesdames et Messieurs les conseillers généraux,

 

En octobre dernier le Conseil général adoptait « le Plan collège performant » qui actait la rénovation, plus que nécessaire, de 20 collèges sarthois entre 2015 et 2030. Depuis nous avons appris que le montage financier envisagé pour la première tranche de travaux comprenait un partenariat public-privé. Celui-ci concernerait 4 des 9 établissements de la première tranche. Il s'agit des collèges Henri Lefeuvre d'Arnage, Jean Cocteau de Coulaines, Marcel Pagnol de Noyen et du collège du Maroc au Mans.

Ayant à l'esprit une longue liste de dérapages déjà constatés dans des opérations similaires, nous tenons à vous faire part de notre profonde inquiétude. On peut ainsi citer le cas de l'hôpital d'Evry dont les malfaçons et la hausse des coûts ont des conséquences désastreuses sur les finances publiques et sur le service public en lui-même. Il existe aussi le précédent catastrophique du « Pentagone français » prévu pour accueillir le ministère de la défense, dont le coût initial était de 745 millions d'euros et est désormais estimé à 3,5 milliards.

Même lorsqu'il n'y a pas de dérapages, il est établi aujourd'hui de façon très largement partagée, que les PPP reviennent beaucoup plus cher au contribuable que toute autre forme de financement direct par la collectivité territoriale, et se traduisent par une dégradation de la mission de service public au sens large.

Par ailleurs le PPP soulève d'autres problèmes. Si l'autorité qui passe commande est publique, le propriétaire des locaux pendant vingt ans, est une entreprise privée. Celle-ci organise donc comme elle l'entend la maintenance et l'entretien des locaux. Elle peut donc décider de privatiser ces activités et pourquoi pas celles de restauration et d’hébergement. On peut aussi se demander si dans les années qui précéderont la cession des locaux à la collectivité territoriale, le propriétaire privé apportera toute l'attention voulue à l'entretien des dits locaux. Le CG risquerait donc de se retrouver propriétaire d'établissements fortement délabrés pour lesquels il faudrait d'urgence prévoir un nouveau plan de rénovation.

Nous soussigné-es, enseignant-es, parents d'élèves, ou simples citoyen-nes partageons les craintes exprimées par certains élus du CG et estimons que, dans l'intérêt du service public et celui du contribuable, il est préférable de renoncer à ce projet pour envisager un financement plus classique.

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #laïcité

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