Abrogation de la loi Debré

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  • : Le blog de la Fédération de la Sarthe de la Libre Pensée. Nos actions, nos articles, nos positions Pour toute question, n'hésitez pas à nous écrire. librepensee72@hotmail.fr Bonne visite !!

Agenda













Samedi 21 janvier de 10h a 12h30

Ag reprise des cartes

Groupe Louis Crétois

Libre pensée, 4 rue d’Arcole, 72000 Le Mans

 

 

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Principes

Déclaration de principe : La Libre Pensée se réclame de la raison et de la science. Elle n’est pas un parti; elle est indépendante de tous les partis. Elle n’est pas une Eglise; elle n’apporte aucun dogme. Elle vise à développer chez tous les hommes, l’esprit de libre examen et de tolérance.

Elle regarde les religions comme les pires obstacles à l’émancipation de la pensée ; elle les juge erronées dans leurs principes et néfastes dans leur action. Elle leur reproche de diviser les hommes et de les détourner de leurs buts terrestres en développant dans leur esprit la superstition et la peur de l’au-delà, de dégénérer en cléricalisme, fanatisme, impérialisme et mercantilisme, d’aider les puissances de réaction à maintenir les masses dans l’ignorance et la servitude. Dans leur prétendue adaptation aux idées de liberté, de progrès, de science, de justice sociale et de paix, la Libre Pensée dénonce une nouvelle tentative, aussi perfide qu’habile, pour rétablir leur domination sur les esprits.

Estimant que l’émancipation de l’homme doit être poursuivie dans tous les domaines, la Libre Pensée réaffirme sa volonté de combattre également aux côtés de tous les hommes et associations qui s’inspirent des mêmes principes ; toutes les idées, forces ou institutions qui tendent à amoindrir, asservir ou pervertir les individus ; sa volonté de défendre la paix, les libertés, les Droits de l’Homme, la Laïcité de l’Ecole et de l’Etat.

Estimant que toute croyance est justiciable de la libre critique, elle entend n’imposer ni se laisser imposer aucune limite dans l’utilisation du libre examen comme méthode de la pensée libre.  

A ses adhérents, fraternellement unis dans l’action commune, elle propose la méthode la plus efficace de perfectionnement individuel et de rénovation collective.

Elle adjure tous les hommes de progrès, oublieux de leurs vaines querelles, de se grouper dans son sein pour travailler à l’avènement d’une morale rationnelle de bonheur, de dignité humaine et de justice sociale.

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Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 21:22

LIBRE PENSÉE                                                    Le 25 mai 2012

Fédération de la Sarthe

Maison des Associations

Place d'Arcole

72000 Le Mans 

 

Objet : examens d’Etat dans des lycées privés 

 

 

Monsieur le Directeur d'Académie

 

Depuis quelques années, un nombre croissant d’établissements privés confessionnels catholiques deviennent centres d’examens. Les élèves-candidats appartiennent à des familles qui ne sont pas obligatoirement de confession catholique ou  sont sans confession. Leur liberté de conscience n’est pas respectée.

Les convocations adressées aux enseignants du public – qui ont le statut de fonctionnaires d’Etat – pour assurer les épreuves du baccalauréat ou participer à des jurys d’examen dans les locaux des établissements catholiques privés sont contraires à la liberté de conscience, à la laïcité et au préambule du statut de la Fonction publique.

L’État a – selon la loi – le monopole de la collation des grades. Aussi un diplôme national, un diplôme d’Etat, doit voir ses épreuves se dérouler dans les seuls établissements publics laïques qui respectent la liberté de conscience de chacun.

 L’école privée confessionnelle est une école particulariste à projet propre fondé sur la reconnaissance de textes religieux, elle n’est pas un service public de l’État !

C’est pourquoi, nous vous demandons de ne pas désigner d’établissements privés catholiques, ou autres établissements confessionnels, comme centres d’examens.

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur d'Académie, l’expression de nos sentiments républicains.

 

 

Pour la Fédération  de la Libre Pensée

Le Président: Gérard Désiles

 

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Par Libre Pensée 72 - Publié dans : laïcité
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Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 21:18

lp cercle 2Libre Pensée de la Sarthe                   Le Mans, le 23 mai 2012

Maison des associations

Place d’Arcole

72000 Le Mans

Librepensee72@hotmail.fr

 

 

 

Madame, Monsieur,

 

Fidèle à sa tradition, la Fédération sarthoise de la Libre Pensée ne donne pas de consigne de vote aux différentes échéances électorales. Cependant nous avons décidé de nous adresser à tous les candidats aux élections législatives dans notre département.

 Nous souhaitons connaître votre point de vue sur les sujets suivants:

 

1) Êtes-vous favorable à une proposition de loi visant à étendre la laïcité institutionnelle de l’Ecole publique et de l’Etat sur tout le territoire de la République, c’est-à-dire, en particulier, à la suppression du statut clérical concordataire d’exception en Alsace-Moselle ?

 

2) Êtes-vous favorable à l’Abrogation de l’article L. 511-2 du Code de l’éducation, issu de la loi d’orientation du 10 juillet 1989, en tant qu’il reconnaît "un droit d’expression" aux élèves. Ce qui est la source des tous les problèmes de présence de signes religieux au sein des établissements publics scolaires.

 

3) Êtes-vous pour l’abrogation de la loi Debré et de toutes les lois antilaïques qui contribuent à verser des milliards d’euros à l’enseignement privé essentiellement catholique ? Êtes-vous pour le principe « Fonds publics à l’Ecole publique, fonds privés à l’enseignement privé » ?

 

4) Êtes-vous pour faire ajouter un 9° à l’article L. 2223-19 du Code Général des Collectivités Territoriales obligeant les communes à mettre une salle à la disposition des familles qui organisent des obsèques civiles dans le cadre du service extérieur des pompes funèbres?

 

5) Êtes-vous favorable à une modification profonde des lois sur la bioéthique (1994, 2004, 2011) pour que l’être humain soit véritablement propriétaire de son corps et qu’il n’y ait aucune limite à la recherche scientifique ?

 

6) Êtes-vous favorable à une proposition de loi sur le droit de mourir dans la dignité, notamment par une modification profonde de la loi Léonetti ?

 

7) Êtes-vous pour une proclamation solennelle de l’Assemblée nationale et du Sénat de réhabilitation publique et collective des 600 Fusillés pour l’exemple de la Première Guerre mondiale ?

 

       Vous remerciant par avance de l'attention que vous porterez à nos préoccupations, veuillez agréer Madame, Monsieur le candidat, l'expression de nos sentiments républicains.

               

Pour la Fédération LP de la Sarthe,

                                                                                   Le Président: Gérard Désiles

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Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 17:32

Unification de l’École publique et de l’enseignement privé : le lobby catholique à l’offensive


Le journal Ouest-France  a organisé une vaste campagne à la veille des élections présidentielles contre le Conservatoire de l’École publique à Rennes. 

 

Dans le plus pur style de la reconquête cléricale, les plumitifs de ces journaux ont accusé le Conservatoire de l’École publique de discrimination. Ils ont monté en épingle les propos d’une institutrice de l’école privée St-Joseph qui n’en était pas à son coup d’essai.

 

Quels sont les faits ?

 

Cette institutrice de l’école St-Joseph dénonce le fait que la visite du Conservatoire ait été refusée à son école catholique. Le Conservatoire n’est pas  un musée, ce n’est pas une institution ou un service public de l’État, du Conseil général ou régional. C’est une association loi de 1901 créée par l’Union départementale des délégués départementaux de l’Éducation nationale d’Ille-et-Vilaine (DDEN 35).

 

Les DDEN ont leur origine sous la Convention. C’est une association de bénévoles, même si les DDEN sont nommés par les Inspecteurs d’Académie. Leur but est d’ouvrer pour l’École publique, l’École de la République, la laïcité.

 

Cette association a des statuts qui fixent ses principes et ses buts, son mode d’organisation. Dans ces conditions, c’est elle qui décide de son programme d’activité comme toutes les associations régies par la loi de 1901 qui existent dans notre pays.  Il est donc normal que cette association définisse librement le public auquel elle s’adresse.

 

L’enseignement privé confessionnel à 97% catholique est une école à sujet propre, particulariste. Son projet pédagogique est basé sur la reconnaissance de textes religieux comme l’Évangile. L’enseignement privé n’est donc pas un service public de l’État.

 

C’est la loi Debré de 1959 (après la législation pétainiste) qui finance les écoles privées confessionnelles qu’on appelle "sous contrat".

 

Pourquoi une telle campagne à la veille des élections présidentielles menée par un journal qui tire à 700.000 exemplaires et dont les orientations politico-religieuses sont connues ?

 

Cette campagne haineuse accuse le Conservatoire de l’École publique de sectarisme, de discrimination. Ce n’est pas nouveau ! Les mêmes plumitifs n’ont-ils pas accusé les militants laïques d’être intolérants, voire des fanatiques intégristes ?

 

Dans leur vaste entreprise de reconquête,

les cléricaux veulent toujours plus

 

Il est vrai que les capitulations, les soumissions, et l’ensemble des lois antilaïques (23 depuis la loi Debré) adoptées par les gouvernements successifs de la V° République, ne peuvent que les encourager.

 

Pour la Libre Pensée, la décision du Conservatoire de l’École publique de Rennes de refuser la visite à une institution catholique est tout à fait légitime.

 

La Libre Pensée apporte son soutien à cette association créée par les DDEN 35.

 

Pour la Libre Pensée, la seule École de la République, c’est l’École laïque qui accueille tous les enfants sans distinction.

 

C’est pourquoi – fidèle au principe républicain "fonds publics  à l’École publique, fonds privés à l’école privée" – la Fédération nationale de la Libre Pensée agit pour l’abrogation de la loi Debré, qui reconnaît une mission de service public à l’enseignement confessionnel et permet le financement chaque année de plus de 7 milliards d’euros pour l’enseignement privé confessionnel au détriment de l’École publique qui manque cruellement de moyens.

 

Paris, le 22 mai

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Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 17:38

Une intitiative de nos camarades de l'association des amis de la commune :

 

la commune et les étrangers 23 mai 2012 le mans

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Samedi 5 mai 2012 6 05 /05 /Mai /2012 12:44

La messe prévue jeudi dernier à la chapelle (désaffectée) de l’Oratoire n’a pas eu lieu. Cette cérémonie religieuse dans l'enceinte d'un lycée public était inadmissible.

Le comité de vigilance laique de la Sarthe en avait demandé l'annulation, et avait mobilisé nombre de personnes attachées au respect de la laïcité, dont certaines font partie de l’association des Anciens élèves du Lycée Montesquieu.

Il est bien clair que le Comité de Vigilance Laïque, les 20 mouvements et organisations qui la composent (dont la Libre Pensée), les citoyens soutenant son action de vigilance et ceux qui se sont joints à cette réaction cette semaine ne sont absolument pas opposés à des hommages pouvant être faits à des victimes du nazisme comme cela aurait pu être interprété.

 

Bien sûr que des commémorations ont lieu, y compris dans l’enceinte de ce grand lycée public, afin de rendre hommage aux victimes, mais ce sont des cérémonies civiles, et elles y ont leur place. Les cérémonies religieuses doivent être célébrées dans les lieux prévus à cet effet. Il s'agit de respecter la laicité de l'enseignement public.


La vigilance des laiques avait déjà permis un recul certain sur la question de l'exposition biblique, cette fois-ci, elle a permis l'annulation de cette nouvelle atteinte à la laicité de l'Ecole et de l'Etat. Il s'agit maintenant de dénoncer la convention entre la mairie du Mans et l'éveché.

 

Celle-ci permet en effet à l'évêché la libre organisation de 6 manifestations par an sans restriction en ce lieu désaffecté !

Le fait qu’une manifestation religieuse puisse être organisée dans l’enceinte du lycée public sous couvert de cette convention est une atteinte au principe de laïcité. Le comité sera prochainement reçu par monsieur le maire.

 

No,grazie2

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Mercredi 2 mai 2012 3 02 /05 /Mai /2012 17:36

Une  exposition sur la Bible s’est tenue dans un lycée public du Mans du 3 mars au 23 mars 2012 à la chapelle de l’oratoire ; bâtiment désaffecté mais situé dans l’enceinte du lycée public Montesquieu.

 

Cette exposition organisée par une coordination d’associations religieuses (1) a visiblement reçu l’aval de l’Inspection Académique de la Sarthe, du Rectorat de Nantes ainsi que le soutien de la mairie du Mans, propriétaire de la chapelle désaffectée. Une convention liant la mairie et l’évêché permet en effet à l’Eglise catholique de tenir six manifestations par an dans cette chapelle.

 

Ses concepteurs mettent en avant la reconnaissance par l’UNESCO de la Bible comme patrimoine de l’Humanité ainsi que le soutien du ministère de la culture.

 

La Libre Pensée de la Sarthe a rédigé un communiqué de presse le 27 décembre 2011 pour caractériser cette entreprise comme cultuelle et non culturelle et  demander le retrait de cette exposition religieuse d’un site relevant de l’enseignement public et laïque. Le communiqué rappelait que l’Ecole Publique « doit être un lieu d’enseignement des savoirs et des connaissances et non pas un lieu de prosélytisme, de diffusion des opinions et des croyances ». Le  3 janvier 2012, le syndicat SNES-FSU 72 reprenait  l’intégralité du communiqué de la Libre Pensée de la Sarthe sur son site internet.  Dans les jours suivants, les syndicats de l’enseignement FO, Sud, CGT s’associaient à cette démarche ainsi que toutes les associations laïques du département (à l’exception de la LDH)

 

La réaction des laïques a connu un succès certain puisque l’exposition n’a été ouverte, contrairement à ce qui était prévu,  qu’en dehors des heures d’enseignement. Il reste qu'elle a bien eu lieu dans l’enceinte d’un établissement scolaire public. Les associations laïques comptent donc  dénoncer maintenant la convention passée  entre la mairie du Mans et l’évêché.

Ce combat pour faire respecter la laïcité de l’enseignement public est d'autant plus justifié que nous venons d’apprendre qu’une messe est également organisée ce 3 mai à 18h30 au lycée Montesquieu. Nos associations continueront de se battre ; nous sommes reçus dans deux semaines à la mairie du Mans.

 

En attendant d’autres informations, je vous invite à lire cette analyse de Rémy Janneau qui aide à comprendre les origines profondes de cette exposition en lycée public ainsi que son lien avec les attaques contre les programmes scolaires.

 

Hansi

 

(1) la bible patrimoine de l’humanité  est une  « initiative du Groupe Œcuménique du Mans ». «  L'association "La Bible, patrimoine  de l'humanité"  a pour membres fondateurs les   communautés chrétiennes sarthoises : Adventiste, Assemblée de Dieu, Baptiste, Catholique,Centre Evangélique Protestant Orthodoxe, Réformée. S'y est associée la communauté israélite sarthoise. » 

 

 


Cette exposition n’est pas le fruit d’un dérapage. Elle s’explique par la place nouvelle de la Bible dans les programmes et dans les manuels. Ce qui restait, jusqu’à une date récente, un texte sacré auquel il pouvait, éventuellement, être fait référence dans le cadre d’un contexte – celui des civilisations de l’orient ancien - a été promu source essentielle de la connaissance non des croyances des Hébreux, mais leur Histoire. Au titre-question  Quelle est l’histoire des Hébreux ?, par exemple, répond dans un manuel de 6ème (1), un dossier documentaire composé d’extraits de l’Ancien Testament, illustrés par des fresques ou des bas-reliefs. Les auteurs concèdent prudemment – ou habilement - que « l’existence d’Abraham, de Moïse et de David n’est pas vérifiée par l’histoire », que « certains récits sont légendaires » mais le texte d’accompagnement est au présent de narration et, surtout, les mythes  se mêlent à des faits historiques qui semblent les valider. La même méthode se retrouve dans tous les manuels : la création du monde, le combat de David et de Goliath, l’arche de Noé, le passage de la Mer Rouge, le jugement de Salomon ou encore l’extermination par les troupes de Nabuchodonosor puis l’exil à Babylone, sont associés aux conquêtes assyriennes ou au pillage du temple de Jérusalem par les troupes de Titus.

Paradoxe : cette approche plus religieuse qu’historique 9782070429394FS.gif s’impose en France alors que depuis un bon quart de siècle, archéologues et historiens, au premier chef, israéliens, montrent de manière convaincante que la Bible n’est qu’une réécriture politique tardive du passé des juifs que l’archéologie contredit totalement. Dans un ouvrage intitulé La bible dévoilée (2), Israël Finkelstein et Neil Silberman, respectivement directeur de l’Institut d’archéologie de l’université de Tel-Aviv et directeur historique au Ename Center for Public Archeology and Heritage Presentation de Belgique, présentent un état de ces recherches qui établissent que la sortie d’Egypte et la conquête de Canaan sont des mythes, que les Hébreux sont issus, non d’une population immigrée ou conquérante mais tout simplement de la population autochtone, que le vaste et puissant royaume de David et de Salomon n’est qu’un « âge d’or » ou, pour reprendre l’expression de Philip Davies de l’université de Sheffield, un « montage idéologique », forgé au VIIème siècle pour légitimer la dynastie dite davidique alors incarnée par Josias et affirmer l’identité du petit royaume de Juda face aux puissants voisins égyptiens et assyriens.

Schlomo Sand, professeur à l’université de Tel-Aviv, montre, dans un ouvrage tout à fait remarquable (3), comment ces mythes ont été politiquement instrumentalisés à différents moments de l’histoire. La mémoire officielle - nécessairement sélective - établie, à partir du XIXème siècle, par les historiens nationalistes puis par les théoriciens du sionisme ne résiste pas, en effet, à une approche scientifique. La diaspora et l’exil semblent bien, comme le « peuple juif » lui-même, avoir été « inventés ». Ni les Babyloniens au VIème siècle, ni les Romains après les révoltes de 70 et de 135 n’ont déporté massivement les populations juives. Tout au plus ont-ils déplacé les élites. Réalité longtemps occultée, pour ne pas dire inavouable : beaucoup de juifs se sont, en revanche, convertis au christianisme puis à l’islam. Schlomo Sand met ainsi en pièces le mythe d’un « peuple juif » descendant quasi génétiquement d’Abraham. Contrairement à une idée reçue, les juifs ont largement pratiqué la conversion, parfois forcée, comme celle des Iduméens et des Ituréens. Le nombre de juifs de toutes origines, vivant, au premier siècle, dans l’Empire romain, en dehors de la Palestine, est ainsi  évalué à 4 millions. Autre réalité historique soigneusement occultée: l’existence, en différentes régions du monde antique, de royaumes juifs (Adiabene au Kurdistan, Hymiar en Arabie, celui de la Kahina en Afrique du nord) et même d’un empire, celui des Khazars. Les juifs originaires d’Europe de l’est descendraient ainsi non de populations originaires des rives du Jourdain mais de ces cavaliers des steppes d’origine turco-mongole, ce qui bouleverse quelque peu la tradition.

34333942.jpg Ceci étant, les débats restent ouverts sur de nombreuses questions, en particulier sur la puissance réelle voire sur l’existence du royaume de David. Il appartient aux scientifiques – et à eux seuls -  d’y apporter des réponses. Le problème est ailleurs : au moment où des universitaires israéliens établissent que, jusqu’aux années 60 au moins, la recherche archéologique a été orientée pour faire coller les sources au récit biblique, les programmes imposent, aujourd’hui, en France, cette fiction comme une culture religieuse mal différenciée de l’étude historique. La structure des programmes révèle qu’on est, en fait, bien loin de l’Histoire. En 6ème, les religions monothéistes sont traitées dans des chapitres particuliers, distincts de la période historique correspondante. Cette déconnection est révélatrice d’une volonté de substituer l’étude du « fait religieux » à l’enseignement de l’Histoire. Le problème est bien là. Le ministère avait d’ailleurs envisagé, dans un premier temps de faire étudier l’islam en 6ème alors qu’il est abordé, d’un point de vue historique, en 5ème. Il a renoncé devant la protestation des enseignants mais, sous couvert d’approche culturelle, le judaïsme et le christianisme antiques restent traités  d’un strict point de vue religieux.

Ce changement radical dans l’approche de la place des religions dans l’Histoire est le fruit d’une stratégie. Il est l’expression, pour reprendre un titre récent, de la « revanche du parti noir » (4), celle d’un parti clérical qui n’a jamais désarmé. Un événement passé quasi inaperçu à l’époque marque le début de cette contre-offensive: en 1972, s’est réuni, à l’Université catholique de Louvain, un symposium convoqué par la Sacra Congegatio pro Institutione Catholica, congrégation sise au Vatican, sous les auspices du Conseil de la Coopération Culturelle du Conseil de l’Europe, avec le concours, pour ce qui est de la France, du directeur de l’Ecole Nationale des Chartes et d’un Inspecteur Général chargé du groupe de travail francophone. Près de 1000 manuels d’histoire utilisés en Europe occidentale y furent passés au crible. En introduction, le cardinal Garone avait donné le ton: « La tâche du professeur d’histoire conscient de ses responsabilités, est de reconnaître l’importance du phénomène religieux dans l’histoire de l’humanité… ». Il mettait ensuite les points sur les : « Il est probablement impossible d’écrire l’histoire, sans un certain nombre de convictions religieuses. » De l’enseigner aussi, il est permis de le supposer. La conclusion du symposium avait le mérite de la clarté: « Nous souhaitons de tout cœur pouvoir, par nos communs efforts, contribuer non seulement à améliorer la qualité des manuels d’histoire mais aussi à modeler dans le bon sens la personnalité des jeunes qui sont en définitive les agents de ce monde meilleur dont nous espérons être les témoins à l’heure choisie par Dieu. » (5).

Inutile de chercher ailleurs la source des dérives auxquelles nous assistons aujourd’hui. Que l’Eglise catholique éprouve, plus qu’il y a 40 ans, le besoin de faire alliance avec une coordination d’associations religieuses d’obédiences diverses ne change rien au fond de la question. La pluralité confessionnelle n’est nullement une garantie de neutralité idéologique moins encore d’objectivité scientifique. Œcuménique ou non, le prosélytisme reste incompatible avec la laïcité de l’enseignement.

 

Rémy Janneau

 

 

(1)   Manuel d’Histoire-Géographie de 6ème Nathan  2009.

(2)   Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman – La bible dévoilée – Les nouvelles révélations de l’archéologie – Bayard – 2002.

(3)   Shlomo Sand – Comment le peuple juif fut inventé – Arthème Fayard – 2008.

(4)   Michel Eliard, Michel godicheau et Pierre Roy – La revanche du parti noir – La lente mise à mort de l’école publique – Editions Abeille et Castor – 2011.

(5)   Sur le symposium de Louvain, voir O. Dauphin, R. Janneau, N. Perron (dir) : L’histoire-géographie de l’école élémentaire au lycée. Vecteur de propagande ou support de l’esprit critique ? L’Harmattan – 2009 – pp 73à 76.

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Mercredi 2 mai 2012 3 02 /05 /Mai /2012 15:43

ATTEINTE à la LAÏCITE !


C'est avec stupeur que nous avons appris que jeudi 3 mai 2012, Mgr Le Saux, évêque du Mans, célébrera une messe dans la chapelle de l'Oratoire, chapelle désaffectée située dans l'enceinte du lycée Montesquieu.

Cette cérémonie religieuse dans l'enceinte d'un lycée public est inadmissible. Nous en demandons l'annulation immédiate, nous nous étonnons de la position de la Mairie du Mans en cette affaire et appelons tous ceux qui sont attachés au strict respect de la laïcité à manifester jeudi 3 mai à 18h devant la chapelle de l'Oratoire leur opposition à cette attaque contre le principe intangible de la neutralité religieuse des établissements scolaires.


Après la récente exposition sur la Bible dénoncée par certaines de nos organisations au nom de la laïcité, cette nouvelle initiative montre l'importance et l'urgence de garantir les conditions d'utilisation de l'Oratoire du Lycée.


Le Comité de Vigilance Laïque

18 rue Béranger, 72000 Le Mans

 

No,grazie2

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Samedi 31 mars 2012 6 31 /03 /Mars /2012 19:26

Contre le principe de Séparation des Églises et de l’État, codifié par la loi du 9 décembre 1905, une masse financière considérable de fonds publics est déversée, chaque année, pour l’Église catholique et ses œuvres, principalement l’enseignement privé catholique.

La loi Debré, votée le 31 décembre 1959, a donné à l’enseignement privé confessionnel le statut de « service public d’enseignement ». Par ce dispositif, au mépris des principes républicains, l’État finance le principal concurrent de l’Enseignement public. C’est une concurrence « déloyale et faussée » par les pouvoirs publics eux-mêmes.

La loi Debré est la mère de toutes les lois antilaïques. Son abrogation marquerait un coup d’arrêt important et un retour vers le respect de la laïcité institutionnelle. La Fédération nationale de la Libre Pensée n’estime pas que le combat laïque aujourd’hui serait d’accepter la loi Debré au nom du « réalisme » et « de ne pas payer plus que ce que prévoit cette loi ». Si nous sommes pour l’abrogation de toutes les lois antilaïques (des lois Marie-Barangé à la loi Carle), il convient d’abroger la loi du 31 décembre 1959, car tout l’arsenal antilaïque en découle (une vingtaine de lois et décrets antilaïques ont été adoptés par les gouvernements successifs de 1960 à 2012).

Se réclamer du combat laïque sans le faire, serait vouloir un couteau sans lame qui n’aurait pas de poignée.


7,1 milliards d’euros pour l’enseignement privé

Désormais insérée dans le Code de l’Éducation, la loi du 31 décembre 1959 modifiée assure l’essentiel du financement des quelque 8 200 établissements privés d’enseignement sous contrat, presque tous confessionnels, qui accueillent un peu plus de deux millions d’élèves, soit 17 % du total des effectifs scolarisés. L’État prend en charge le salaire des 140 000 professeurs exerçant dans ces écoles, collèges et lycées privés et leur alloue un forfait d’externat, décliné en une vingtaine de taux, destiné à prendre en charge les rémunérations des autres catégories de personnels, à l’exception des techniciens et ouvriers de service (TOS) dont les salaires sont couverts par un forfait mis à la charge des départements et des régions depuis le 1er janvier 2007, en application de la loi de décentralisation du 13 août 2004.

En augmentation de 3,38 % par rapport à 2011, le programme 139 de la loi de finances initiale pour 2012 fixe à 7,1 milliards d’euros les engagements prévisionnels de l’Etat, dont 658 millions au titre du forfait d’externat qui s’élevait à plus de 800 millions d’euros en 2005. Cette diminution correspond à un report de charges sur les départements et les régions au titre du forfait TOS qui peut donc être estimé à 150 millions d’euros au minimum. Et c’est au même moment que 14 367 postes sont supprimés dans l’Enseignement public et seulement 1 433 postes supprimés dans le privé au lieu des 1 633 initialement prévus, 200 postes étant rétablis à la rentrée 2011 pour les écoles catholiques financés par la suppression de 4 millions d’euros de crédits pédagogiques de l’Enseignement public.


Les communes saignées à blanc

Aux termes de l’article 442-5 du code de l’Éducation issu de la loi du 31 décembre 1959, les collectivités territoriales prennent à leur charge « Les dépenses de fonctionnement des classes sous contrat […] dans les mêmes conditions que celles des classes correspondantes de l’enseignement public. ». Il s’agit des communes et des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) pour les classes élémentaires et, le cas échéant maternelles, des départements pour les collèges et des régions pour les lycées. Les rapporteurs spéciaux du budget 2012 au Sénat notent à ce propos : « Fonder sur le nombre d’élèves la revalorisation du forfait, qui est une dépense relativement dynamique, peut créer un biais en faveur de l’inscription d’un nombre croissant d’élèves dans l’enseignement privé au détriment de l’enseignement public. »

Les communes et les EPCI acquittent à ce titre un forfait moyen de l’ordre de 550 euros par élève et par an. Toutefois, celui-ci peut varier de 400 à 1 500 euros pour des raisons inexpliquées, sinon une interprétation généreuse de la loi par certains Élus. De surcroît, conformément à la loi du 28 octobre 2009, les communes de résidence d’enfants scolarisés dans des établissements privés situés en dehors de leurs limites versent en faveur de ces derniers le forfait couvrant ces dépenses lorsque l’une au moins des quatre conditions suivantes est réunie : capacité d’accueil de la commune de résidence insuffisante, raisons médicales, en cas d’« obligations professionnelles » des parents, ou encore lorsqu’un frère ou une sœur de l’enfant est déjà scolarisé hors de la commune. Au total, les sommes allouées par les communes à l’enseignement catholique du premier degré peuvent- être estimées à 500 millions d’euros.


Les départements et les régions ponctionnés de 550 millions d’euros pour l’enseignement privé

Les départements et les régions acquittent deux forfaits, celui dû en application de l’article L. 442-5 du code de l’éducation et la part TOS du forfait d’externat. Comme le forfait communal, le premier connaît de fortes variations d’une collectivité à une autre, en fonction du poids de l’Église catholique. Il va de 160 euros pour les collèges privés du département de l’Ariège, terre libre penseuse, à 483 euros pour ceux du Cantal, territoire clérical, et de 240 euros pour les lycées catholiques de Haute-Normandie à 644 euros pour ceux de Bourgogne. La charge totale est de l’ordre de 350 millions d’euros. Quant à lui, le forfait TOS représente une dépense nouvelle de 150 à 200 millions pour les départements et les régions. Là encore, les écarts sont importants : 310 euros dans le département de la Corrèze au lieu de 210 dans celui des Pyrénées-Atlantiques et 556 euros dans la région de Franche-Comté à 195 dans celle de Midi-Pyrénées. Dans un rapport d’information de novembre 2010 consacré aux transferts de frais de personnel de l’État vers les collectivités territoriales, deux sénateurs notent que « les Élus ont constaté une augmentation du coût de ce forfait qui varie de 40 à 60%, à effectifs constants et sans relation apparente avec l’évolution de la masse salariale des TOS de l’enseignement public. »

Enfin, sur le fondement des dispositions du code de l’Éducation tirées des lois Falloux de 1850, Astier de 1919 et Debré de 1959, l’État et les collectivités territoriales peuvent verser des subventions d’investissement aux établissements privés d’enseignement des premier et second degrés. Dans l’enseignement général, le montant de l’aide est limité à 10 % des frais de fonctionnement. Dans l’enseignement technologique, la loi ne fixe aucune borne.


339 millions d’euros de fonds publics pour l’enseignement agricole privé

Depuis 2002, avec une accélération en 2007, le ministère de l’Agriculture a délibérément favorisé le développement de l’enseignement agricole privé en y autorisant préférentiellement des ouvertures de classes. L’enseignement agricole du second degré représente plus de la moitié de l’offre de formation initiale dans ce secteur professionnel. Il accueille environ 110 000 élèves, dont 50 000 suivent un enseignement en alternance. Cette forte proportion est la conséquence de l’action catholique en milieu rural. Elle procède également des dispositions de la loi du 31 décembre 1984 qui accorde à l’enseignement agricole privé des avantages équivalents à ceux prévus par celle du 31 décembre 1959 en faveur de l’enseignement général et technique catholique. L’État supporte les rémunérations des personnels enseignants des établissements d’enseignement agricoles privés ainsi qu’un forfait pour dépenses de fonctionnement qui comporte trois taux : celui versé pour chaque élève externe, celui acquitté pour chaque demi-pensionnaire et celui payé pour chaque interne.

Si la prise en charge des traitements des professeurs reste stable, soit un peu moins de 214 millions d’euros en 2011 et 2012, en revanche les forfaits ont connu une très forte augmentation. Ceux de 2012, qui atteignent respectivement 1 619 (externes), 1655 (demi-pensionnaires) et 2 800 euros (internes), sont supérieurs de 20 % environ à ceux de 2008. C’est la conséquence d’un protocole conclu en 2009 entre l’Etat et les représentants de l’enseignement agricole privé. La dépense globale pour l’État ressort à 125 millions d’euros au lieu de 100 millions cinq ans plus tôt.


La taxe d’apprentissage, ou comment le capital finance la religion

La taxe d’apprentissage à laquelle sont assujetties les entreprises représente 0,5 % des salaires bruts versés l’année précédant sa collecte. Si elle revient théoriquement à l’État, elle est néanmoins recouvrée par les organismes consulaires (chambres des métiers, chambres de commerce et d’industrie). Ces derniers sont habilités à reverser une partie du produit de cette taxe aux établissements de formation professionnelle de leur choix ou désignés par les entreprises redevables.

Ce dispositif de recouvrement introduit une distorsion dans l’affectation des sommes qui favorise l’enseignement privé catholique. Selon les dernières informations recueillies, le montant par élève du produit de la taxe d’apprentissage atteint 332 euros par an dans l’enseignement privé au lieu de 179 euros dans l’enseignement public. La religion et le capital font bon ménage.


Pour en finir avec le détournement des fonds publics au profit de l’Église catholique et de l’enseignement privé confessionnel : Il faut abroger la loi Debré !


La Fédération nationale de la Libre Pensée reste fidèle, envers et contre tout, au Serment de Vincennes : le 19 juin 1960, il y a 50 ans, les représentants de plus de 10 millions de citoyens pétitionnaires (droit de pétition établi par la Révolution française) ont prononcé le serment suivant : « Nous sommes 10 813 697 faisant le serment solennel : De manifester en toutes circonstances et en tous lieux leur irréductible opposition à cette loi contraire à l’évolution historique de la Nation ;  - De lutter sans trêve et sans défaillance jusqu’à son abrogation ;  - Et d’obtenir que l’effort scolaire de la République soit uniquement réservé à l’Ecole de la Nation, espoir de notre jeunesse ».


La Fédération nationale de la Libre Pensée appelle tous les militants laïques à contresigner massivement cette déclaration, à la soutenir et à financer la campagne nationale pour l’abrogation de la loi Debré.


La FNLP appelle ses Fédérations départementales à organiser partout dans les communes, départements et régions des conférences publiques, des réunions, des meetings, des manifestations pour rassembler la force laïque pour reconquérir la laïcité de l’École publique et de l’État.


Ensemble pour défendre la laïcité !

*       Fonds publics à l’Ecole publique,

*       Fonds privés à l’école privée !  

 


Soutenez cette initiative par votre signature

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Soutenez financièrement la Libre Pensée dans cette action

* Chèque à l’ordre de « La Libre Pensée » - à retourner à « Libre Pensée – Fonds « Laïcité » – 10/12 rue des Fossés-saint-Jacques – 75005 Paris » 

Par Libre Pensée 72 - Publié dans : laïcité
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Lundi 12 mars 2012 1 12 /03 /Mars /2012 16:46

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Voici un petit article du Maine Libre sur la reunion de samedi dernier, qui a réunit plus de 80 personnes à la maison des associations. Cliquez dessus pour l'agrandir.

 

Ci dessous ; un communiqué de presse de la Fédération nationale de la Libre Pensée.

 

Droit à la mort douce : il devient urgent de légiférer !

 

Après le drame de la famille Humbert, après la tragédie qu’a vécue Madame Sébire, après la mise en examen à Pau du docteur Bonnemaison et les poursuites disciplinaires engagées contre lui, une nouvelle affaire met une fois de plus en évidence la nécessité de doter le pays d’une loi créant un droit à mourir dans la dignité.

Dans le département de la Loire, un homme de 84 ans est poursuivi pour homicide volontaire parce qu’il a mis fin aux souffrances intolérables de son épouse, avec laquelle il vivait depuis cinquante-cinq ans et qui était gravement malade depuis des années sans espoir apparent de guérison. Sans d’ailleurs savoir si son geste allait la délivrer, il lui a administré une forte dose de médicaments qui l’a emportée. Il a pris ce risque parce que la situation de cette femme était devenue insupportable. Son geste a été compris par les citoyens dont plusieurs dizaines de milliers lui ont déjà apporté un soutien public.

Les tenants de l’ordre prétendument moral, qui sont les porte-voix des religions, et tout particulièrement de l’Eglise catholique, se retranchent derrière la loi Léonetti de 2005 et les soins palliatifs, qui ne s’opposent d’ailleurs pas au droit à la mort douce, pour refuser ce progrès que le Parlement français s’honorerait pourtant d’inscrire dans la loi. Non seulement la possibilité offerte aux médecins par ce texte d’interrompre les soins conduit à des situations de grande souffrance que tout humaniste ne peut que réprouver mais le nombre de lits de soins palliatifs est dérisoire au regard des besoins : moins de 2000 en 2011 selon le premier rapport de l’Observatoire de la fin de vie publié récemment.

En janvier 2011, la majorité de la commission des affaires sociales du Sénat avait adopté une proposition de loi aux termes de laquelle « toute personne capable majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable, lui infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée ou qu’elle juge insupportable, peut demander à bénéficier (...) d’une assistance médicalisée permettant, par un acte délibéré, une mort rapide et sans douleur ». Pour garantir et encadrer ce nouveau droit, les commissaires avaient prévu le dispositif suivant : saisine de deux praticiens ne connaissant pas le malade par son médecin traitant ; délai maximum de huit jours donné aux cliniciens pour statuer sur la demande du patient ; possibilité pour ce dernier de renoncer à celle-ci ; mise en place d’un système de « directives anticipées », révocables à tout moment mais renouvelables tous les trois ans ; institution d’un registre national de ces directives anticipées.

Après une intervention du Vatican, le Premier ministre a publié un article dans le journal Le Monde pour forcer la majorité siégeant alors au Sénat à repousser le texte de la commission des affaires sociales. Il a obtenu gain de cause, le 25 janvier 2011, et laissé ainsi, dans la plus grande douleur et la plus immense solitude, le vieil homme du département de la Loire affronter la souffrance de son épouse.

La France a trop tardé à se doter d’une législation conforme à l’aspiration d’une grande majorité de citoyens. Après l’Etat américain de l’Oregon, la Belgique, la Suisse, le Luxembourg, les Pays-Bas, dans un contexte marqué par l’allongement de la durée de vie, elle doit reconnaître à chacun le droit à la mort douce pour libérer les patients, les médecins, les personnels soignants et les familles d’avoir à enfreindre la loi pour accomplir un geste d’élémentaire et grande humanité. Le texte adopté par la commission des affaires sociales du Sénat, qui a su dépasser les clivages partisans, paraît à cet égard répondre à l’intérêt général. Comme l’écrit Epicure dans La Lettre à Ménécée « […] la droite connaissance que la mort n’est rien par rapport à nous rend joyeuse la condition mortelle de la vie […] ».

Paris, le 28 février 2012

 

Par Libre Pensée 72 - Publié dans : Droit à la mort douce
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Jeudi 1 mars 2012 4 01 /03 /Mars /2012 09:31

ADMD CM LP 10 mars 2012

Par Libre Pensée 72 - Publié dans : annonces et infos lp 72
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