Publié le 7 Septembre 2017

Communiqué de l'Association internationale de la Libre Pensée

Gauri Lankesh, une célèbre journaliste indienne a été assassinée  par balles ce mardi 6 septembre 2017, par  un commando  qui s'est présenté à son domicile de Bangalore, capitale du  Karnataka .

Mrs Gauri Lankesh, âgée de 55 ans, était une figure de la lutte  du rationalisme contre le système des castes  et  l'extrémisme hindouiste  qui le nourrit.

 Le Club de la Presse de l'Inde indique clairement que "cette journaliste intrépide et indépendante à été tuée pour la faire taire"

 D'après le quotidien britannique le Guardian, elle avait  récemment déclaré  que la haine féroce directement dirigée contre elle,  lui faisait craindre pour la liberté d'expression en Inde.

 Elle ajoutait, d'après le même journal, qu'elle entendait continuer le combat  d'Ambedkar en matière de réformes  sociales. B.R. Ambedkar, premier Ministre de la Justice de l'Inde indépendante fut un des principaux rédacteurs  de l'actuelle  Constitution indienne, il combattit  l'extrémisme hindouiste  et musulman, mais est surtout connu pour sa lutte contre les discriminations à l'égard des Dalits (intouchables).

 Avant même cet assassinat, le Comité  pour la défense des Journalistes chiffrait à 27 le nombre  d'assassinats impunis de journalistes indiens depuis 1992.

 Le parti  du Premier Ministre Modi (BJP), mis en cause au Parlement, a réagi en disant  qu'il  condamnait cet attentat, qu'il diligentait les recherches, mais a  aussi assuré  qu'il appartenait à l’État du Karnataka (dont la capitale est Bangalore)  d'assurer la loi et l'ordre.

 C'est le deuxième assassinat de journaliste  rationaliste  en deux ans au Karnataka et les assassins du  précédent M. Kalburgi, n'ont jamais été retrouvés.

 L'Association Internationale de la Libre Pensée salue la mémoire  de cette femme courageuse et exige  du gouvernement  indien que les coupables soient  retrouvés et  jugés.

 Elle  assure  les humanistes, rationalistes et libres penseurs  de l'Inde de sa pleine solidarité.

Le 6 septembre 2017

ASSASSINAT DE LA JOURNALISTE GAURI LANKESH à BANGALORE (Inde)

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Publié le 6 Septembre 2017

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Publié le 6 Septembre 2017

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Publié le 25 Juin 2017

 

Au début du XXe siècle, l’Afrique sort de plus de 1000 ans de traites négrières : la traité orientale (VIIe siècle – 1920), la traite transatlantique (XVe siècle – fin du XIXe siècle), la traite intra-africaine (XIe siècle – XIXe siècle). D’après les recherches d’Olivier Pétré-Grenouilleau, dans son ouvrage de synthèse « Les Traites négrières. Essai d'histoire globale », l’historien estime à 42 millions le total de victimes pour les trois traites négrières. C’est donc après 1000 ans de capture de sa population que l’Afrique entre dans le XXème siècle et qu’elle va à nouveau servir de réservoir humain pour les puissances occidentales qui préparent l’affrontement de la première guerre mondiale.

L’ORIGINE DES TIRAILLEURS SENEGALAIS

Pour défendre et protéger les territoires colonisés, les Britanniques et les Français enrôlent des Africains dans leurs unités. En 1819, le ministre de la Marine met en place le recrutement de « compagnies d’hommes de couleur ». Il offre une prime initiale à quiconque s‘enrôlera dans ces formations rattachées aux unités françaises du Sénégal. En pratique, les maîtres encaissent l’argent et les nouveaux soldats effectuent un service militaire de douze à quatorze ans. Ce système appelé rachat est maintenu tout au long du XIXe siècle.

L’émancipation des esclaves qui suit la révolution de 1848 freine le recrutement de soldats africains. En vertu du « Décret relatif à l’abolition de l’esclavage », la pratique du rachat est frappée d’interdiction totale. En réalité, le système de rachat disparait vers 1882, lorsque les Français arrêtent de passer par le marché aux esclaves.

De nouvelles méthodes de recrutement sont mises en place et notamment le choix délibéré de la carrière militaire donnant naissance aux premiers mercenaires libres. Louis Faidherbe, alors gouverneur du Sénégal, crée en 1857 les « Tirailleurs sénégalais ». Il adopte une série de mesures pour inciter les Africains à s’enrôler : le traitement normal est majoré, des primes sont accordées aux nouvelles recrues. Au début de 1858, 4 compagnies complètes sont mises sur pied.

LA FORCE NOIRE DE MANGIN

Au début du XXe siècle, la préparation de la guerre est dans toutes les têtes. En 1910, Le Général Mangin, fort d’une expérience militaire en Afrique (Mission Congo-Nil, conquête du Maroc), rassemble ses articles et ses discours dans un ouvrage intitulé La Force Noire.  Il y développe son projet : faire de l’Afrique noire le réservoir de la puissance française.

Mangin développe deux thèmes principaux. La force militaire reposant pour lui d’avantage sur la supériorité numérique que sur la technologie, Mangin compte sur les populations coloniales françaises pour faire contrepoids à la vigoureuse croissance démographique allemande. Pour lui, l’Afrique noire constitue une réserve quasi inépuisable d’hommes. Selon ses estimations, à elle seule la région de l’Afrique Occidentale Française (AOF) peut aisément fournir au minimum 10 000 volontaires par an.

De plus, pour lui, les Africains sont des « soldats nés », les hommes noirs ont une vocation naturelle au métier d’armes. Mangin évoque des arguments d’ordre culturel et racial. Les Noirs seraient dotés d’un système nerveux beaucoup moins développé que celui du blanc faisant de l’homme noir un grand guerrier sans peur.

La réalité est évidemment tout autre. Outre les fondements plus que discutables des notions racistes concernant les traits guerriers et neurologiques propres aux hommes noirs, les hypothèses démographiques de Mangin se révèlent fausses. En fait à l’exception de quelques régions, l’AOF n’est guère populeuse.

Jusqu’au conflit de 1914-1918 les tirailleurs sénégalais constituent essentiellement une formation mercenaire. La première guerre mondiale accélère le processus. Le recrutement en temps de guerre s’effectue par le biais de méthodes coercitives rappelant l’époque de la traite des esclaves.

EFFECTIF MILITAIRE AFRICAIN ENTRE 1820 ET 1914

1820-1857

1862-1895

1900-1914

1998

20 799

83 085

Source : Maurice Abadie, La défense des colonies (Paris, Lavauzelle, 1937) cité dans Myron J. Echenberg, Les tirailleurs sénégalais en Afrique occidentale française, 1857-1960, Khartala, 2009

 

L’ENROLEMENT DES TIRAILLEURS SENEGALAIS

L’Appel à l’Afrique commence réellement dans les premières semaines d’août 1914, mais les populations opposent rapidement des résistances. Dès 1915, des révoltes éclatent comme dans le Bélédougou (Mali), dans l’Ouest Volta (Burkina Faso) ou au nord du Dahomey (Bénin). Des insurrections ont lieu jusqu’au printemps 1917. C’est la réquisition qui est utilisée pour constituer l’armée coloniale et qui engendre une résistance des africains. Les administrateurs coloniaux fixent des quotas aux chefs de cantons qui répercutent auprès des chefs de villages.

Le Gouverneur Général de l’Afrique Occidentale Française, Joost Van Vollenhoven alerte l’autorité française dans un rapport au Ministre Maginot le 20 juillet 1917 « Pour tirer de ce pays encore quelques milliers d’hommes, on le mettra à feu et à sang et on le ruinera ». Mais dès janvier 1918, un nouvel appel à l’Afrique est lancé. Blaise Diagne, député du Sénégal, en a la charge. Alors devenu commissaire général aux troupes noires avec rang de sous-secrétaire d’État aux colonies, il organise le recrutement militaire en AOF. Entre février et août 1918, il sillonne l’Afrique de Dakar à Bamako pour convaincre les cadres de la société africaine. Il promet des médailles militaires, une bonne solde, un certificat de bien manger, un habillement neuf et surtout la citoyenneté française une fois la guerre finie. Les primes de recrutement sont fortement augmentées. Sur l’année 1918, il réussit à mobiliser 63 000 soldats en Afrique Occidentale Française (AOF) et 14 000 en Afrique Equatoriale Française (AEF).

En quatre ans, ce sont donc plus de 160 000 hommes qui sont recrutés pour contribuer à l’effort de guerre sur le continent européen.

RécapitulatiF des recrutements de la guerre de 1914-1918 en AOF

Population

Recrutements

Total

% de la population

1914-1915

1916

1917

1918

12 351 485

31 768

53 535

12 182

63 276

161 361

1,3

Source : Marc Michel, Les Africains et la Grande Guerre, l’Appel à l’Afrique (1914-1918), Khartala, 2003.

 

L’UTILISATION DES TIRAILEURS PENDANT LES COMBATS

Au total, dix bataillons de tirailleurs combattent en France en 1914 soit environ 5 300 hommes. A peine débarqués dans les ports français, les hommes sont envoyés au front sans entrainement, sans préparation, sans parler français. Les premiers combats sont ravageurs.  Près d’un homme sur 3, tombe, tué, disparu ou blessé. En février 1915, sans plus d’entrainement, les troupes noires sont envoyées en renfort dans l’opération des Dardanelles. L’armée française qui s’enlise face aux lignes turques demande de plus en plus de soldats noirs. Début octobre 1915, le Corps Expéditionnaire d’Orient comprend 2/3 de troupes de « couleur ». Les pertes sont énormes et le maintien de ses troupes pendant l’hiver constitue une épreuve supplémentaire. Cet épisode oblige le commandement à organiser un « hivernage » des troupes noires.

C’est à partir de 1916, que le commandement emploie de façon beaucoup plus importante les contingents noirs. Cette année-là, les tirailleurs sont engagés sur le front de la Somme et sur celui de Verdun. Au mois de juillet, deux bataillons participent aux tentatives de conquête de positions allemandes d’Assevillers. Les pertes sont effroyables, plus d’un tiers du 71ème BTS est mis hors de combat (morts, disparus, blessés), le 28ème BTS, perd un cinquième de ses effectifs. Ces faits de guerre se multiplient sur le front de la Somme comme sur celui de Verdun.

1917, est une année terrible pour les Noirs sur le font français, c’est l’année du sacrifice des Sénégalais au Chemin des Dames, celle qui vaut à Mangin le qualificatif de « boucher des Noirs ». L’idée est bien de recourir au maximum à l’effort colonial pour économiser les forces de la métropole. Ils participent à la bataille du Chemin des Dames en avril 1917 au cours de laquelle ils perdent plus de 7 000 hommes sur 16 500 engagés, soit le quart de leurs pertes totales au cours de la guerre.

1918 est l’année la plus sombre de la guerre pour les Sénégalais appelés à défendre la « Mère Patrie ». Ils s’illustrent pendant la défense de Reims. Au départ conçu comme une simple diversion, l’offensive devient une bataille importante. Les soldats noirs des Bataillons des Tirailleurs Sénégalais se battent pendant ces journées de juillet 1918, de façon héroïque. Face aux gaz et aux assauts allemands, le bilan est tragique, certains BTS perdent jusqu’à  75 % de leurs hommes.

CONCLUSION

Entre 1914 et 1918, plus de 160 000 tirailleurs sénégalais, essentiellement de l’AOF sont recrutés et déplacés pour se battre pour la « Mère Patrie » et participer de leur sang à l’effort de guerre. C’est peu comparé au 42 millions de déportés des différentes traites négrières mais sur un délai de 4 ans, c’est une « traite » massive.

Les « récompenses » promises sont dérisoires et scandaleuses au vu du prix payé par ces hommes. En 1998 seulement, on prévoit de donner la légion d’honneur, au dernier tirailleur sénégalais encore vivant : Abdoulaye N'DIAYE. Engagé dès le début de la guerre, Abdoulaye participe aux combats en Belgique, à l'expédition des Dardanelles en 1915, aux combats de la Somme en 1916. Il termine la guerre à Verdun en 1918. Il ne touche ses premières pensions qu’en 1949 ; une pension d’ancien combattant et une pension d’invalidité. A cette époque son petit-fils, lui aussi tirailleur, se bat pour la France en Indochine.  

En 1998, le montant mensuel de ces deux pensions qui a été gelé par le gouvernement français à partir de l'indépendance du Sénégal en 1961 est dérisoire : 340,21 francs français (45€). Abdoulaye est mort le 10 novembre 1998, la veille de la cérémonie de remise de sa médaille qu’il obtiendra à titre posthume.

Mathilde Roux

Le déplacement des africains sur le front européen, deuxième transfert de masse après la traite négrière.

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 18 Juin 2017

A peine élu, le huitième Président de la Cinquième République a revêtu à la hâte les habits de César, si plaisants à ses yeux, mais si lourds à porter. Elevé chez les jésuites et nourri de la Doctrine sociale de l’Eglise par son mentor, Henri Hermand, ancien éditorialiste de la revue La Quinzaine du groupe La Vie catholique, il considère que le catholicisme lui a permis d’acquérir « une discipline de l’esprit ». Cette affirmation explique sa présence passée au comité de rédaction de la revue Esprit comme son amour passionné de l’ordre. Il se repaît de sa qualité de chef des armées.

Il s’est également montré peu attaché à la liberté de la presse, comme l’a montré récemment  la déclaration de 11 sociétés de journalistes. Enfin, lors du deuxième Conseil de défense, qui s’est tenu le 24 mai dernier, il a annoncé son intention de prolonger à nouveau, jusqu’en novembre 2017, l’état d’urgence. Institué par la loi d’exception du 3 avril 1955, durant la guerre d’indépendance de l’Algérie, celui-ci a pour objet de limiter les libertés publiques et individuelles, en l’absence de contrôle du juge judiciaire, « soit en cas de péril imminent résultant d’atteintes graves à l’ordre public, soit en cas d’évènements présentant, par leur nature et leur gravité, le caractère de calamité publique ». Parce que ces conditions ne sont plus réunies depuis longtemps, le Président de la République envisage de faire voter une nouvelle loi antiterroriste qui pérenniserait celle de 1955 en toutes ses dispositions.

Les projets du Président de la République risquent d’être contrariés. Dans une décision du 9 juin 2017 (CC, 9 juin 2017, n° 2017-635 QPC), saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité par le Conseil d’Etat, qui avait d’ailleurs publiquement indiqué que l’état d’urgence ne pouvait être indéfiniment reconduit, le Conseil constitutionnel vient de déclarer contraires à la Constitution du 4 octobre 1958 les dispositions du 3° de l’article 5 de la loi du 3 avril 1955 donnant au Préfet le pouvoir d’« interdire le séjour dans tout ou partie du département à toute personne cherchant à entraver, de quelque manière que ce soit, l’action des pouvoirs publics ». Conformément aux moyens des requérants, une association et une personne ayant fait l’objet d’une assignation à résidence, il a estimé que le législateur, s’il est fondé à prévoir un état d’urgence, doit néanmoins « assurer la conciliation entre, d’une part, la prévention des atteintes à l’ordre public et, d’autre part, le respect des droits et libertés reconnus à tous ceux qui résident sur le territoire de la République » notamment « la liberté d’aller et venir, composante de la liberté personnelle protégée par les articles 2 et 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 » ainsi que « le droit de mener une vie familiale normale qui résulte du dixième alinéa du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 » repris par celle de 1958.

Or, en l’espèce, l’entrave à « l’action des pouvoirs publics », une notion excessivement large, ne saurait être assimilée à une « atteinte à l’ordre public », seule de nature à justifier, selon le Conseil constitutionnel, des mesures particulières. Celui-ci a donc déclaré contraires à la Constitution de 1958, les dispositions du 3° de l’article 5 de la loi du 3 avril 1955 et fixé au 15 juillet 2017 le terme du court délai imparti aux pouvoirs exécutif et législatif pour procéder à leur abrogation. Dans ces conditions, parmi les quelque quatre cents assignations à résidence prononcées depuis le 15 novembre 2015, celles l’ayant été pour ce motif devraient être levées.

Toutefois, les quatre mille perquisitions administratives, y compris de nuit, les 426 gardes à vue et les 430 interdictions de sorties du territoire recensées depuis le 15 novembre 2015 demeurent autant d’atteintes irrévocables aux libertés individuelles constituées par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789. La loi sur l’état d’urgence a également servi à empêcher la manifestation de rue de la Libre Pensée prévue le 5 décembre 2015 pour célébrer la loi concernant la Séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905 ou à tenter d’interdire un puissant défilé syndical contre la loi El Khomri au printemps 2016. La Libre Pensée a pu néanmoins imposer la réunion publique du gymnase Japy, qui fut un immense succès.

La Fédération nationale de la Libre Pensée exige, pour garantir notamment la totale liberté de conscience :

La levée immédiate de l’état d’urgence !
L'abrogation sans délai, des lois d'exception !

 

Paris, le 14 juin2017

Etat d’urgence : Le Conseil constitutionnel introduit un caillou dans le soulier d’Emmanuel Macron

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Publié le 11 Juin 2017

Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 11 Juin 2017

La déclaration de la Grande Mosquée de Paris sur l’Islam en France :

Une pierre dans le jardin des nostalgiques du colonialisme et du racisme !

 

Une fois n’est pas coutume, il convient de saluer la prise de position de Dalil Boubakeur, recteur de la  Grande Mosquée de Paris, qui a rendu publiques deux déclarations sur l’Islam en France et sur la place des femmes dans l’Islam.

 

Tout d’abord, la Mosquée de Paris rompt les amarres avec l’offensive des gouvernements précédents, quelles que soient leurs couleurs politiques de droite comme de gauche : elle se revendique de l’Islam EN France et non de l’Islam DE France.  S’appuyant sur toute la tradition du mouvement national algérien, elle réclame la stricte application de la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905.

 

L’Islam DE France, c’est le concordat agrémenté du statut colonial de l’Indigénat. La religion n’a pas à être tricolore et gouvernementale. L’Islam EN France, c’est l’application de la laïcité qui sépare le religieux du civil.

 

La Mosquée de Paris « condamne la tendance actuelle à vouloir désigner des autorités de tutelle, n'étant pas de confession musulmane, aux fins d'encadrer avec paternalisme l'expression du fait religieux musulman dans la société française : ceci, au mépris de la liberté religieuse et de la séparation des Eglises et de l'État. » On ne saurait mieux dire.

 

  • 14. La France n'est pas une terre d’Islam : elle est une terre où coexistent plusieurs religions dont l'Islam, ainsi que des habitants qui sont athées ou agnostiques. Dans ce contexte, tout musulman doit évidemment respecter les valeurs et les lois de la République française. Par exemple, puisque le blasphème et la caricature religieuse sont autorisés par la loi française, l'on peut s'en déclarer blessé ou offensé, mais il ne faut ni exiger leur interdiction ni réagir par la violence. Plus largement, bien évidemment, nul musulman n'a le droit d'exiger que la France modifie ses valeurs et ses lois pour convenir à sa propre foi, tout comme nul chrétien, nul juif, nul athée, nul agnostique, n'en a le droit.

 

  1. . Au sens de la loi de 1905, la laïcité est un principe de neutralité de l'État, de l'administration, des services publics, et des fonctionnaires, en ce qui concerne les religions et la spiritualité. En d'autres termes, la République française ne finance aucun culte, n'accepte aucune demande formulée au nom d'un culte, ne favorise aucun culte, ne pratique pas d'ingérence dans la vie d'un culte, et se contente de donner aux communautés religieuses les mêmes droits et les mêmes devoirs qu'à toute association d'habitants du pays, qu'elle soit cultuelle ou pas.  (A ceci près que la République ne reconnaît que les citoyens et non les communautés - Note de la Libre Pensée). Sa définition ainsi rappelée, l'existence du fait religieux musulman dans la société française est compatible avec la laïcité.

 

16. La laïcité n'est pas un principe d'intolérance envers la manifestation du fait religieux dans l'espace public. Celles et ceux qui veulent la redéfinir ainsi se fourvoient et méconnaissent gravement la loi de 1905. » Là aussi, c’est parfaitement juste en regard d’une conception de liberté de la laïcité.

 

A propos du créationnisme,  de la femme et du planning familial

 

Cette déclaration aborde aussi d’autres problèmes : « 10. Allah a créé l'Humanité. Il n'y a nulle contradiction entre la création de l'Humanité selon le saint Coran, qui révèle métaphoriquement qu'Adam a été façonné à partir de la terre, et les théories scientifiques actuelles les plus avancées, selon lesquelles l'Humanité a été façonnée au fil de l'évolution successive d'espèces terrestres.

 

11. Allah a créé l'humanité en la voulant fraternelle. Tout musulman doit donc militer en toutes circonstances pour la paix et contre la guerre, pour la fraternité et contre le racisme, pour les paroles de concorde et contre les paroles de haine. » On aurait « souhaité » une telle déclaration contre le créationnisme de la part du Vatican. Et c’est totalement contraire à la déclaration de Benoit XVI à Ratisbonne sur les rapports entre religions.

 

La question de la place de la femme et de la contraception est aussi abordée : «3. Il est rappelé que dans l'Islam, toute femme adulte est souveraine sur l'héritage qu'elle reçoit, sur les revenus de son travail, et sur les revenus de son épargne. Nul ne peut décider à sa place de ce qu'elle en fait, pas même le cas échéant son époux.

 

7. Il est rappelé que rien dans l'Islam n'interdit l'utilisation de contraceptifs. De même, rien dans l'Islam n'interdit l'interruption volontaire de grossesse ; en particulier lorsque la vie de la femme enceinte est en danger. Il est toutefois préférable d'éviter d'en arriver à l'interruption de grossesse. C'est ce que permet d'ailleurs l'utilisation de contraceptifs. » On est décidément bien loin d’Humanae vitae de Paul VI et de la prière israélite sur le remerciement de n’être point une femme.

 

Qui est intrinsèquement pervers

et contraire à la laïcité et à la démocratie ?

 

Les temps vont être très durs pour tous les xénophobes, de droite comme de gauche, qui ratiocinent à qui mieux mieux sur l’incompatibilité entre l’Islam et la modernité, contrairement aux autres religions monothéistes. Ce qui permet aux différents impérialismes de bombarder les peuples et les pays réputés à dominante musulmane.

 

La pierre lancée par la Grande Mosquée de Paris va ramener le catholicisme à l’époque du Moyen-âge. Il faut dire qu’il ne l’a jamais vraiment quitté. Les partisans des valeurs de l’Occident chrétien vont prendre un sacré coup de vieux. C’est ce qui explique sans doute le relatif silence médiatique sur ces déclarations de la Grande Mosquée de Paris.  Cela ne va pas dans le sens de la pensée unique distillée tous les jours par les thuriféraires de l’Occident chrétien.

 

Qui s’en plaindrait pour la laïcité

et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ?

 

Paris, le 8 juin 2017

Une pierre dans le jardin des nostalgiques  du colonialisme et du racisme !

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #isl, #laïcité

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Publié le 5 Juin 2017

Aujourd’hui, tout le monde se réclame du féminisme y compris les forces les plus réactionnaires. Pour l’Eglise, dans l’encyclique mulieris dignitate, il s’agit de coller aux revendications féministes sans remettre en cause l’essentiel ; les hommes et les femmes sont déterminés par leur sexe et se réalisent dans des rôles différents. La femme étant prédestinée au don de soi.  Chez les musulmans, là aussi, un discours inégalitaire est présenté comme féministe : les interdits et les obligations imposées aux femmes seraient des moyens de les protéger.

Quand on se penche sur les textes des religions du livre, les choses sont encore plus explicites ; les femmes sont des tentatrices, des êtres inférieurs, moins sensibles aux choses religieuses, moins intelligentes et surtout elles sont assignées à résidence pour s’occuper de l’intérieur pendant que les hommes s’approprient l’extérieur et la société entière. Il s’agit pour l’essentiel de contrôler leur corps, leur conscience et par la même, de garantir la propriété et la descendance. Un véritable contrôle social s’exerce alors sur les femmes, comme propriété des hommes. L’adultère est par exemple plus facilement pardonné pour ces messieurs quand les femmes seront rejetées, recluses, parfois punies par la mort.

Fort heureusement, l’idée de l’égalité des sexes progresse depuis au moins le siècle des lumières, pour autant, même en occident ceux qui s’en réclament cachent parfois un vieux fond d’inégalitarisme.

Comment ne pas faire un bond quand on entend des politiques comme Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen se poser en féministe ?

 

Progrès ou stigmatisation d’une partie de la population.

Il s’agit en fait pour ces nouveaux « féministes » de prétexter ce combat pour mieux alimenter leur fonds de commerce à savoir la lutte de l’occident chrétien contre la prétendue invasion arabo musulmane. Les femmes musulmanes deviennent un enjeu. Et ces nouveaux « laïques », « féministes » se réclament du progrès pour mieux stigmatiser une partie de la population. Dans le même temps, les mêmes, ferment des centres d’accueil pour femmes en détresse, coupent des subventions aux associations d’aide aux femmes, prônent la limitation voire l’interdiction du droit à l’IVG et réduisent le combat pour l’égalité à une question de tenue religieuse.

Les différents débats des années passées ont révélé ce qui se cachait derrière ces discours ; Babyloup, la burka, le burkini… A chaque fois, l’obsession du voile l’emporte sur tout… Mieux vaut licencier une salarié d’une crèche privée qui porte le voile plutôt que de se battre pour que des crèches publiques ouvrent massivement. Des femmes sortent dans la rue en burka… mieux vaut les interdire et les renvoyer chez elles. Des femmes se baignent à la plage en burkini, même chose.

A chaque fois, on nous affirme que la laïcité est menacée. A quel moment la séparation des religions et de l’Etat a été remise en cause ? Parle-t-on d’élus ou de fonctionnaires dans l’exercice de leur fonction ?

Pourquoi ces mêmes « féministes » ne se sont jamais offusquées de la présence de bonnes sœurs en tenue dans différents lieux de la société (plage, hôpitaux parfois…) ? Pourquoi ces laïques focalisent seulement sur les tenues des femmes musulmanes et pas des hommes ?

Pourquoi, cet été, de l’extrême droite à la gauche (Valls par exemple) tout le monde s’est offusqué par quelques burkinis mais personne n’a réagi quand une haute fonctionnaire de l’état accompagnant François Hollande en délégation auprès du pape a dû porter la mantille[1] ?

Il en est du féminisme comme de la laïcité, beaucoup s’en réclament sans chercher à réellement faire progresser les choses ? Que ces femmes portent ces tenues d’elles-mêmes ou que ce soit imposé par un homme, une famille ou un groupe religieux, c’est déjà un élément de défaite pour les obscurantistes si celles-ci se baignent en public, travaillent, gagnent leur salaire, se mettent au contact de la société.

Il ne suffit pas de faire des grands discours « progressistes », l’émancipation des individus passent d’abord et avant tout par l’instruction et l’émancipation sociale. Gagner son salaire, pouvoir s’émanciper économiquement, pouvoir quitter son foyer, divorcer, reprendre ses études, bénéficier d’une protection sociale, de lois qui donnent à chaque individu le droit de disposer de son corps et de sa conscience, voilà autant d’éléments qui permettent aux individus homme ou femme de s’émanciper. Pour contredire Valls, Marianne n’est pas libre parce qu’elle peut sortir un sein, elle est libre car elle a conquis des lois et des droits… et par ailleurs Marianne n’a pas encore obtenue l’égalité notamment l’égalité salariale. Pire les différentes contre-réformes sur les retraites, la précarisation des contrats de travail ou la loi travail vont amplifier les inégalités hommes femmes en fragilisant d’autant plus ces dernières.

 

Le féminisme bourgeois.

Ainsi selon Valls et les polémiqueurs du burkini, être en bikini serait un symbole de la liberté des femmes en occident ? Ah ? Le fait que les occidentaux hommes ou femme cachent une partie de leur nudité, n’est-ce pas la preuve que nos sociétés ne se sont pas encore complètement dégagées des discours religieux sur le corps ? La liberté consisterait plutôt à ce que chaque individu homme ou femme ne se fasse pas imposer sa façon d’être ou de se vêtir. Hormis les écoles publiques, les mairies, et ce qui relève de la laïcité on ne peut interdire de tenue religieuse ou imposer une tenue de baignade officielle sur les plages… Dans les piscines municipales, c’est pour des raisons d’hygiène que les règlements imposent la réduction de la surface en tissu.

Ces pseudos progressistes ont une logique étonnante et pleine de contradictions. Prenons l’exemple d’Elisabeth Badinter, féministe reconnue et adulée par certains, soutien de Valls dans la dernière période. Celui-ci se réclamant par ailleurs d’elle et de caroline Fourrest lors du deuxième débat des primaires de la gauche.

Suite à l’affaire babyloup, Badinter réclame que le voile soit interdit dans les lieux d’accueil de la petite enfance sans faire de distinction entre les services publics et privés. N’est-ce pas une remise en cause du principe de laïcité ou du moins une confusion des genres ? Faut-il, du coup, interdire les signes religieux dans toutes les écoles privées ? Ou alors ne faudrait-il pas demander l’ouverture de plus de crèches publiques et l’arrêt des subventions de la République aux établissements privés ? Au même moment, en mars 2013, cette philosophe et femme d’affaire mettait sur le même plan terrorisme et voile en affirmant "D’un côté, on commémore les victimes de Mohamed Merah et on veut combattre l’islamisme radical et de l’autre on laisse faire l’entrisme de ces islamistes dans des crèches de quartier. Il faut absolument réagir très vite[2]."

En 2003 déjà, elle déclarait « depuis longtemps, dans la société française de souche, que ce soit le judaïsme ou le catholicisme, on ne peut pas dire qu’il y ait une oppression des femmes[3] » niant ainsi l’immensité des problèmes de sexisme qui touchent les femmes y compris en occident : salaires, violences, préjugés… Son féminisme est-il progressiste s’il participe de ce genre de confusion hallucinante ?

Pire au nom d’un certain communautarisme féminin elle en arrive à une prise de position des plus déconcertantes. En février 2017, Badinter, interrogée sur France inter au sujet de la possible victoire de Marine Le Pen aux présidentielles, rappelle son engagement contre le FN, sa démystification du féminisme version Marine Le Pen mais déclare tout de même « C'est peut-être une victoire du féminisme, c'est pas une victoire de la démocratie.[4] »

Comment dissocier féminisme et démocratie ? Marine Le Pen anti-IVG, anti-contraception, représentante de la réaction pourrait tout de même faire avancer la cause « féministe » si elle est élue, pour la simple et bonne raison que c’est une femme ?

Il y aurait une communauté des femmes qui aurait tout de même quelque chose à gagner si Marine le Pen accédait au pouvoir, sachant que sa conception politique s’oppose en tout point à l’égalité des droits entre les hommes et les femmes ?

 

Le féminisme tant qu’il n’entrave pas les affaires…

En avril 2016, Badinter soutenait Laurence Rossignol dans sa campagne de boycott des marques qui vendaient des foulards en France. Voici un extrait d’une interview du Monde[5] « Interrogée sur ces marques qui, comme H&M et Dolce & Gabbana, lancent des articles de mode islamique, la ministre des familles, de l’enfance et des droits des femmes, Laurence Rossignol a fait un parallèle entre les femmes voilées et les esclaves noirs américains. Une comparaison fautive ? [Bandinter répond] :

La ministre a eu un mot malheureux en parlant de «  nègres  », mais elle a parfaitement raison sur le fond. Je pense même que les femmes doivent appeler au boycott de ces enseignes. »

Badinter prend là une position logique vis-à-vis d’elle-même, seulement cette logique s’arrête là où commencent ces intérêts personnels.

Quand des femmes engagées politiquement, des écologistes pour la plupart, prendront la parole pour dénoncer les agressions qu’elles ont subies de la part de Denis Baupin, Badinter concèdera que celles-ci sont « dignes et impressionnantes » mais s’empressera de rajouter au sujet de la polémique contre Baupin qu’elle « ne supporte pas les chasses à courre, les effets de meute ». La légitime dénonciation du machisme voire des agressions sexuelles en politique se réduirait à une chasse à courre contre ce pauvre Baupin ? Celle-ci d’affirmer plus loin que la mentalité des hommes a changé (et elle revient à sa grande passion) mais « n'a malheureusement pas eu lieu dans la communauté musulmane[6] ». On défend ses alliés politiques et on s’en prend toujours aux mêmes.

Libres penseurs nous pensons, nous aussi que les religions monothéistes dont l’islam sont réactionnaires et sexistes. Badinter est virulente contre l’islam mais oublie les autres grandes religions. Pour autant, quand il s’agit d’argent, même son combat contre l’islam, devient fluctuant.

Voici de larges extraits d’un article de LCI[7] qui soulève les contradictions de Badinter lors de la campagne de boycott précédemment citée : « si cet entretien, dans la lignée de la pensée développée par la philosophe, n’a rien de surprenant en soi, il l’est davantage lorsqu’on le confronte à la récente mission confiée à Publicis, entreprise fondée par son père, le célèbre publicitaire Marcel Bleustein-Blanchet. Une agence de communication dont Elisabeth Badinter est aujourd’hui première actionnaire et présidente du conseil de surveillance. L’une de ses filiales, Mediavision, embauche par ailleurs ses deux fils, Simon et Benjamin Badinter. Cette nouvelle mission, c’est le magazine Challenges qui la révèle au début du mois d’avril. Une information plutôt passée inaperçue, selon laquelle Publicis serait désormais en charge d’assurer une partie de la communication… de l’Arabie Saoudite. Ce lien, pour le moins inattendu, avec un pays qui n’a accordé le droit de vote aux femmes qu’en 2011, a de quoi interroger.

[…] nous finissons par être mis en contact avec Roman Abreu. Directeur chez Publicis des affaires publiques, de la communication financière et de la gestion de crise, il est l’interlocuteur privilégié de l’ambassadeur saoudien en France, Dr Khalid Al-Ankari. "Mon rôle est de gérer les relations presse de l’Arabie Saoudite en France, d’assurer sa communication sur les réseaux sociaux et de mettre en contact ses représentants avec diverses personnalités publiques", nous détaille-t-il. "[…] Et l’intellectuelle en question, qu’en pense-t-elle ? Son amie éditrice Micheline Amar, chargée de répondre à sa place aux sollicitations des journalistes, précise d’emblée "qu’elle n’accepte aucune demande d’interview", "pas même celle de Delahousse". L’interview donnée au Monde ? "Elle était prévue il y a longtemps", nous rétorque-t-on. Et au sujet de cette nouvelle mission qui incombe à Publicis, nous recevons une réponse aussi énigmatique que laconique : "Elle ne mélange pas les genres. "

Et pourtant. Ce n’est guère la première fois que les positions de la philosophe et ses obligations de femme d’affaire entrent en conflit. Plusieurs spots publicitaires produits par Publicis, par le passé ont pu avoir une teneur jugée profondément sexiste. Citons, pêle-mêle, cet homme qui, souhaitant changer de vie, troque sa copine contre une fille en bikini mais garde sa Clio. Ou encore ce petit garçon malade qui attend "le bon geste d’une maman" grâce à la pommade Vaporub. Mise face à ses contradictions par le site d’information Rue89 en 2010, Elisabeth Badinter ne s’était, une nouvelle fois, fendue d’aucun commentaire. Quarante-septième fortune française, héritière du numéro deux mondial de la publicité, elle préfère se retirer en campagne "pour écrire sur les philosophes des Lumières", selon son attachée de presse. »

Notons enfin à propos de Badinter, la chef d’entreprise, que Publicis fut une des rares entreprises où les syndicats appelèrent à la grève à l’occasion de l’appel du 7 novembre à 16h34[8]. « L’initiative de la newsletter féministe Les Glorieuses, qui visait à dénoncer les inégalités salariales entre hommes et femmes, avait fait écho auprès des salarié(e)s de Publicis. Car au sein de ce grand groupe de communication, dont le conseil de surveillance est présidé par la philosophe et féministe notoire Elisabeth Badinter, l’égalité professionnelle semble encore demeurer, comme souvent ailleurs, un vœu pieux. C’est en tout cas le constat des représentants du personnel. A la mi-octobre, ils ont rédigé une lettre ouverte à l’intention d'Elisabeth Badinter. "Allaitement, laïcité, parité, etc. La cause des femmes semble vous préoccuper à chaque instant, mais quand oserez-vous enfin balayer devant votre porte ?" demandent-ils ainsi à la présidente du conseil de surveillance. (…) "Comment se fait-il que les femmes de Publicis soient toujours moins bien payées que les hommes ? Pourquoi leur turn-over est-il beaucoup plus élevé que celui des hommes, et pourquoi quittent-elles Publicis passé 40 ans car elles subissent toujours le plafond de verre ?".

 

Le féminisme, c’est-à-dire la lutte pour l’égalité totale des droits entre hommes et femmes, suppose de nombreux combats : démonter les préjugés sexistes,  combattre les crimes et les atteintes faites aux femmes mais aussi et surtout cela suppose des batailles concrètes, loin des grands discours et des belles théories des féministes bourgeoises.

 

Plusieurs questions se posent alors aux progressistes et aux libres penseurs : Tous ceux et toutes celles qui se revendiquent du féministe sont-elles ou sont-ils réellement égalitaristes et progressistes ?

Le combat féministe est-il un combat des femmes contre les hommes ou un combat des progressistes (hommes et femmes) contre les réactionnaires (hommes ou femmes) ?

A ces féministes qui se préoccupent du sort des femmes du moyen orient ? Avez-vous manifesté contre les interventions militaires occidentales qui ont aggravé leur situation ?

Autre question, peut-on être féministe et soutenir des gouvernements qui ferment des lits d’hôpitaux, des maternités, baissent les subventions aux associations d’aide aux femmes ? Peut-on défendre l’égalité des sexes au Moyen Orient sans se battre contre les théocraties soutenues par l’occident, sans se battre contre les guerres imposées aux peuples ?

Peut-on être féministe sans s’inscrire dans la lutte des classes et réclamer avec les syndicats, l’égalité salariale, le respect des contrats de travail, des conventions collectives, l’abrogation de la loi El Khomry ? On sait que les femmes sont plus touchées que les hommes par la précarisation des contrats de travail… Le capitalisme s’appuie sur le sexisme et le renforce. L’Egalité peut-elle exister dans un monde qui refuse à l’immense majorité d’avoir un vrai travail, un vrai salaire, un logement décent ou l’accès à une véritable instruction ?

Le féminisme peut-il ne combattre qu’une seule religion en oubliant toutes les autres ?

L’égalité des sexes et l’émancipation du genre humain ne peut pas se laisser abuser par des sauveurs suprêmes, des guides, qui lancent des mots d’ordre creux, et des grandes analyses coupées de la lutte concrète.

 

Hansi Brémond

 

 

 

 

 

[1] http://www.huffingtonpost.fr/2016/08/20/conseillere-elysee-hollande-voile-pape_n_11635698.html?ncid=fcbklnkfrhpmg00000001

[2] http://www.elle.fr/Societe/Interviews/Elisabeth-Badinter-Il-faut-d-urgence-une-loi-sur-le-voile-pour-la-petite-enfance-2408590

[3] Élisabeth Badinter, La victimisation est aujourd’hui un outil politique et idéologique, Propos recueillis par Véronique Helft-Malz et Paule-Henriette Lévy, L’Arche no 549-550, Novembre-Décembre 2003.

[4] http://www.lci.fr/societe/pour-elisabeth-badinter-l-election-de-marine-le-pen-serait-peut-etre-une-victoire-du-feminisme-pas-de-la-democratie-2025031.html

[5] http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/04/02/elisabeth-badinter-une-partie-de-la-gauche-a-baisse-la-garde-devant-le-communautarisme_4894360_3232.html

[6] http://www.lanouvellerepublique.fr/France-Monde/Actualite/24-Heures/n/Contenus/Articles/2016/06/11/Elisabeth-Badinter-On-a-laisse-les-predicateurs-s-emparer-de-quartiers-2746700

[7] http://www.lci.fr/societe/lutter-contre-le-voile-et-etre-chargee-de-la-com-de-larabie-saoudite-le-troublant-melange-des-genres-delisabeth-badinter-1507607.html

[8] http://www.lci.fr/societe/des-syndicats-denoncent-les-inegalites-de-salaires-hommes-femmes-dans-l-entreprise-de-la-feministe-elisabeth-badinter-2013172.html

Féminisme ou féminismes ? ou le féminisme bourgeois et à géométrie variable d'Elisabeth Badinter et d'autres...

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Publié le 24 Mai 2017

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Publié le 17 Avril 2017

La « Force Noire » pendant la première guerre mondiale

Dès l’origine de la présence française en Afrique occidentale, des miliciens africains reçoivent pour mission de protéger les établissements commerciaux de la métropole sur les côtes sénégalaises. Le 21 juillet 1857, Louis Faidherbe, gouverneur du Sénégal, obtient de l’empereur Napoléon III, par le décret de Plombières-les-Bains, la création du premier bataillon de tirailleurs « sénégalais ». En 1900, le 1er Régiment de tirailleurs « sénégalais » est formé au Sénégal, à Saint Louis. Bien que le recrutement de tirailleurs ne se soit pas limité au Sénégal, ces unités d'infanterie ont rapidement désigné l'ensemble des soldats africains de couleur noire qui se battent sous le drapeau français et qui se différencient ainsi des unités d'Afrique du Nord, tels les tirailleurs algériens. Lors de la Première Guerre mondiale, ce sont environ 200 000 « Sénégalais » de l'AOF (L’Afrique Occidentale française) qui se battent sous le drapeau français, dont plus de 135 000 en Europe.

 

« La Force Noire »

 

L’idée de faire appel massivement à des 

soldats indigènes afin d’avoir davantage d’hommes pour une guerre prochaine contre l’Allemagne est lancée en 1910 par le colonel Mangin dans un livre intitulé « La Force Noire ». Dans cet ouvrage Mangin dresse le tableau d’une France qui se dépeuple. La conscription s’annonce difficile. Le colonel Mangin préconise de recruter massivement les africains. « Nos forces africaines nous constituent des réserves presque indéfinies ». Le député Adolphe Messimy soutient cette idée en écrivant dans les colonnes du quotidien « Le Matin » du 3 septembre 1910 « L’Afrique nous a coûté des monceaux d’or, des milliers de soldats et des flots de sang ; l’or nous ne songeons pas à le lui réclamer. Mais les hommes et le sang, elle doit nous le rendre avec usure ».

Si le recrutement des hommes noirs n’a pas été massif avant la guerre, en revanche une fois la guerre déclenchée, l’état-major va se servir de ses colonies comme d’un réservoir à soldats. En 1914, ce sont 26 000 « tirailleurs sénégalais » qui sont recrutés, puis 50 000 en 1915-1916. Le point culminant est en 1917 lors du lancement de la mission par le gouverneur général de l'Afrique occidentale française Angoulvant et Blaise Diagne, seul député élu d'origine africaine. Le nombre de tirailleurs a fait plus que décupler pour atteindre un total de 183 000 hommes en 1917. Marc Michel dans son essai, L’Afrique dans l’engrenage de la Grande Guerre  écrit « Au total, l’Afrique fournit à la machine de guerre de la France les trois quarts des soldats mobilisés dans son empire, 170 000 Noirs de l’Afrique-­Occidentale française (AOF) et de l’Afrique-Équatoriale française (AEF), plus de 172 000 Algériens musulmans, près de 100 000 Tunisiens et Marocains, 40 000 Malgaches." Mais cette mobilisation ne va pas se faire sans résistance.

 

Les révoltes contre la levée des troupes

 

Le décret du 7 février 1912 institue le recrutement par voie de réquisition. Les administrateurs coloniaux fixent des quotas aux chefs de cantons qui répercutent auprès des chefs de villages. Mais face à l'effort de guerre et à " l'impôt du sang " des résistances se mettent en place. Des manifestations de mécontentement, des automutilations, des désertions, la présentation d'inaptes aux commissions de recrutement sont parmi les stratégies pour éviter l’enrôlement. Outre cette forme de résistance, trois révoltes importantes éclatent en 1915 et en 1917.

La première a lieu chez les Bambaras du Mali, près de Bamako en avril-mai 1915. Elle dure environ 6 mois, du printemps à novembre 1915.

La deuxième, éclate en novembre 1915 dans l'ouest de la Haute-Volta, l’actuel Burkina Faso, autour du gros village de Bouna. Les historiens la considèrent comme la plus grande révolte anticoloniale de l’Afrique noire française, qui a soulevé plus de 160 000 habitants dans plus de 500 villages. Pour faire face à une résistance inattendue, en février 1916, une colonne militaire est lancée, et organise une campagne de destruction systématique, avec 750 hommes et deux sections de mitrailleurs. Deux autres colonnes sont envoyées en avril 1916. Les dernières oppositions armées sont détruites en septembre. 110 villages sont détruits. Il aura fallu 9 mois et 2000 hommes pour réduire cette révolte au silence. Cette dernière entraine une baisse du nombre de recrutements.

En 1917, une nouvelle révolte affecte le nord du Dahomey et contraint Clémenceau à confier désormais la mission du recrutement au seul député noir d'Afrique, Blaise Diagne qui devient en 1917 commissaire général aux troupes noires avec rang de sous-secrétaire d'État aux colonies. Entre février et août 1918, il sillonne l'Afrique de Dakar à Bamako et essaye de convaincre ses "compatriotes" encore soumis au Code de l'Indigénat de venir se battre en France, tout en leur promettant des médailles militaires, une bonne solde, un certificat de bien manger, un habillement neuf et surtout la citoyenneté française une fois la guerre finie. " En versant le même sang, vous gagnerez les mêmes droits ", promet-il. Beaucoup de tirailleurs pensent ainsi que leur sacrifice leur vaudra le statut de citoyen français. Les primes de recrutement sont fortement augmentées. Il réussit de la sorte à mobiliser 63 000 soldats en AOF et 14 000 en AEF.

 

L’armée coloniale au combat

 

En août 1914, les premiers contingents de troupes coloniales arrivent en France. L’absence de permissions permettant aux « Indigènes » de revoir leurs proches, suscitent une profonde tristesse. Cette nostalgie liée aux douloureuses expériences de la guerre, provoque des suicides et certaines tentatives de mutilation.

Entre 1914 et 1918, les soldats de la « force noire » participent à toutes les batailles et offensives décisives. Le général Nivelle, qui remplace Joffre en décembre 1916, les envoie massivement à la mort. Une note du 21 janvier 1917, signée de sa main, demande de « ne pas ménager le sang noir pour conserver un peu de blanc ». Au matin du 16 avril 1917, plus de 15 000 tirailleurs sénégalais sont lancés à l’assaut des crêtes du Chemin des Dames. Nivelle a confié la 6e Armée à Mangin, devenu général, qui espère trouver là l’occasion de faire triompher ses idées sur la « Force noire ». Il a placé « ses » Sénégalais aux deux ailes, 20 bataillons, soit environ 15 000 hommes. Paralysés par le froid, ils sont fauchés par les mitrailleuses allemandes. Dans la seule journée du 16 avril, plus de 1 400 de ces tirailleurs meurent dans les combats pour la conquête du Mont des Singes, des fermes de Moisy et d’Heurtebise ou sur les pentes d’Ailles. Lors des deux premiers jours de l’offensive, les 16 et 17 avril, les tirailleurs sénégalais perdent de l’ordre des trois quarts de leurs effectifs. En trois jours, plus de 6 000 tirailleurs sont morts au Chemin des Dames. Ce qui reste de leurs unités doit être relevé le 18 avril. Mangin a gagné ici la sinistre réputation de « broyeur de Noirs » qui amène Nivelle à lui retirer, le 29 avril, le commandement de la 6e Armée.

 

La mutinerie de la Troupe Noire du 61ème BTS, la bataillon Malafosse

Les terribles désillusions de l’Offensive du Chemin des Dames occasionnent de nombreuses manifestations de mécontentements chez les combattants français. Les troupes coloniales sont chargées de surveiller et d’encadrer ces « mutins ». Mais au début du mois d’août, le 61e BTS du chef de bataillon Malafosse est également touché par des manifestations de « ras le bol ». L’unité a été engagée coup sur coup trois fois de suite avec des pertes effroyables le 16 avril au chemin des dames, à nouveau le 5 mai puis encore le 29 juillet à Heurtebize.

Cette mutinerie est caractérisée par le refus collectif de monter en ligne. Le 13 août à Maizy, une compagnie demande à être renvoyée au dépôt divisionnaire au moment où elle doit partir pour les tranchées. Alors que la venue du général Puyperoux semble débloquer la situation, une autre compagnie refuse de se rassembler. Le lendemain, 2 à 300 hommes restent en armes aux abords du camp en refusant de rallier le commandant. Les soldats réclament du repos et comparent leur situation à celle des autres bataillons moins exposés. Le mot d’ordre des mutins est clair « bataillon Malafosse n’a pas bon, jamais repos, toujours faire la guerre, toujours tuer Noirs ». Les meneurs sont arrêtés au milieu de leurs camarades mais ces derniers ne bougent toujours pas. Deux jours de repos leur sont accordés, ce qui finit par ramener l’ordre. Deux tirailleurs sont arrêtés, traduits en conseil de guerre le 23 août et condamnés à mort (Bala Taraoré de Guinée et Abdoulaye Yattara du Niger). La peine est commuée par le président de la République. Par ailleurs, le soldat Bikama Keita est fusillé le 13 septembre pour voies de fait contre un sergent le 29 avril précédent.

 

Le bilan

Les tirailleurs sénégalais ont été sur tous les fronts, mais en ont payé le prix fort. À la fin de la guerre, le pourcentage de soldats africains morts au combat s’élève à plus de 22 %.

La guerre de 1914-1918 marque un tournant dans la représentation de l'Afrique noire et de ses habitants. La propagande officielle vante tout au long du conflit la valeur des soldats noirs, leur "sauvagerie" se retournant contre celui qui symbolise alors la barbarie, le "Boche" (l'Allemand). L'Africain devient ce fidèle combattant, toujours souriant, souvent gauche : le mythe du " grand enfant " est en train de naître, immortalisé par la figure du personnage du tirailleur « Y'a bon » qui prend la place à partir de 1915, de la Martiniquaise qui figurait sur les premières boîtes de cacao de la marque Banania avant la Première Guerre mondiale. À la fin des années 30, le tirailleur est identifié dans l'imagerie populaire au célèbre personnage sur lequel Léopold Sédar Senghor, exprimant la révolte des Africains devant l'utilisation caricaturale de l'image du tirailleur, et du Noir en général, écrit ces deux vers : " Vous n'êtes pas des pauvres aux poches vides sans honneur / Mais je déchirerai les rires banania sur tous les murs de France. "

Mathilde Roux

 

Des mutineries de tirailleurs sénégalais en 1917

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #anti militarisme

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Publié le 26 Mars 2017

voici le discours prononcé par Hansi Brémond, pour la FNLP, au rassemblement pacifiste de Sartilly organisé par la LP de la Manche.

 

Amis, Citoyens, Camarades,

 

Je vous apporte ici le salut fraternel de la Fédération nationale de la Libre Pensée,  de son président Jean-Sébastien Pierre et de la Fédération nationale laïque des monuments pacifistes.

 

Je remercie les camarades de la LP50, les amis présents, notamment ceux de la Ligue des droits de l’Homme.

 

La Fédération nationale de la Libre Pensée se réclame depuis toujours de l’antimilitarisme internationaliste et pacifiste. Elle condamne toutes les guerres impérialistes et les « opérations extérieures » qui ne sont que relents de conquêtes colonialistes.

Le Congrès national de la Libre Pensée, réuni à Bourg-lès–Valence du 23 au 26 août 2016, a condamné les bombardements et les destructions menés partout dans le monde. La guerre est sur tous les continents et massacre des centaines de milliers d’hommes, de femmes, d’enfants et de vieillards.

 

Depuis maintenant trente ans, la Libre Pensée a repris le combat des Fusillés pour l’exemple de la première guerre mondiale.

Ces hommes, paysans et ouvriers français, envoyés au front pour se battre contre d’autres ouvriers et paysans allemands.

Ces hommes qui dans l’enfer des combats, dans l’horreur des tranchées ont refusé ce pas de plus vers l’ignominie, ont refusé la guerre, où ceux qui ont été pris au hasard par l’autorité militaire, ces hommes dont les généraux fusilleurs ont voulu faire des exemples, ont été assassinés par des balles françaises, exécutés par leur compagnon d’infortune.

 

Ce fut par exemple le cas, des caporaux Maupas, Lechat, Lefoulon, Girard fusillés pour l’exemple en mars 1915 car leur compagnie n’est pas sortie des tranchées.

Ils ont finalement été réhabilités notamment grâce à l’action de notre camarade ; Blanche Maupas aidée par Eulalie Lechat… Pour autant 639 fusillés pour l’exemple morts par la France ne le sont toujours pas.

 

ET aujourd’hui, les généraux et les plus hautes autorités de la République se refusent à réhabiliter ces fusillés pour l’exemple, 100 ans après.

Ils s’y refusent alors que des milliers de citoyens le réclament chaque 11 novembre, ils s’y refusent alors que 34 conseils généraux, 3 conseils régionaux et plus de 2000 communes ont pris position pour la réhabilitation collective des fusillés pour l’exemple.

 

Le président du Conseil général de Corrèze devenu président de la République a oublié ses promesses, préférant se glisser dans la peau d’un petit Napoléon accompagné de ses généraux qui décident dans les bureaux dorés de l’Elysée de la vie ou de la mort de milliers d’individus.

 

Tout semble plus simple quand on envoie des drones tueurs. On bombarde des pays au nom de la prétendue lutte contre le terrorisme…

 

Mais qui a créé le monstre qui attaque en France ? Qui l’a armé ? Qui le finance ? Hier comme aujourd’hui, nul ne peut porter la guerre sur un territoire voisin, nul ne peut décider des frontières à la place d’un autre peuple sans qu’il y ait des conséquences dramatiques.

 

Le traité de Versailles et l’humiliation imposée au peuple allemand a été l’un des terreaux du nazisme, les deux guerres du Golfe et la libanisation de la Syrie n’ont pu qu’engendrer un agrégat de milices exhumant le fantasme d’un califat qui n’a jamais existé.

 

"On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels" disait Anatole France. Aujourd’hui comme hier, la guerre est une affaire de gros sous.

 

 

Pendant que les peuples souffrent, les industriels d’enrichissent…

 

Le journal La tribune l’annonçait en février dernier ; Le marché mondial de l'armement est au plus haut depuis la Guerre froide[1]

Ce marché juteux atteint les 370,7 Milliards de dollars...la France arrive 4ème des exportateurs d’armes dans le monde et l’entreprise Dassault a augmenté ses bénéfices de 67.5% en 2016 !!![2]

Là aussi le parallèle avec les années précédant les guerres mondiales est saisissant.

 

Comme le relèvent nos amis du Mouvement de la Paix, les généraux ont obtenu du pouvoir politique actuel que le budget des armées passe de 31,6 milliards aujourd’hui à  41 milliards d’euros en 2020 et qu’à la demande de l’OTAN,  le budget de la dissuasion nucléaire double aussi, passant à 6 milliards à l’horizon 2030.

 

Camarades, le monde sent la poudre ;

 

Les budgets de la défense dans le monde ont fortement augmenté en 2016, atteignant 1 570 milliards de dollars[3]

 

TRump veut augmenter de 54 milliards de dollar le budget de la défense des USA d’ici a 2018.[4]

La chine va augmenter son budget militaire de 7% en 2017.[5]

La Russie a pour sa part augmenté son budget militaire de 215 % depuis 2000[6]

 

Je pense à chaque fois à cette question lue sur le net : « combien cela couterait de nourri le monde ? Moins cher que de le bombarder ! »

 

Et selon, les bien-pensants qui menacent l’humanité entière pour satisfaire leurs profits, il faudrait ne voir de menaces que dans la radicalisation de quelques milliers de barbares islamistes ?

 

N’y a-t-il de radicalisation que celle de ces barbares prêts à tuer au nom de l’islam ?

A écouter certains « chantres » de la civilisation occidentale, je pense a Zemmour ou BHL, prôner des interventions militaires dans tous les coins du monde, n’est-on pas en droit de se demander si ce n’est pas le monde entier qui se radicalise ?

 

Les récentes élections en Autriche, aux USA, l’évolution de la situation en Russie ou en Turquie, les politiques menées contre les droits des femmes en Espagne ou en Pologne, les discours sécuritaires et de plus en plus xénophobes de certains candidats aux présidentielles en France, l’Etat d’urgence, l’assignation à résidence de militants écolos lors de la cop 21; la tentative d’interdire des manifestations en France… Tout cela ne constitue-t-il pas une forme de radicalisation généralisée ?

 

Plus le système capitaliste est incapable de satisfaire les besoins de l’humanité, plus il entraine les peuples dans des régressions, plus les élites ont besoin de modèles autoritaires et du secours des religions pour contrer les aspirations des peuples…

Il ne s’agit pas d’une simple lutte d’idées déconnectées de la réalité mais bien des conséquences concrètes de l’économie pourrissante.

 

Les peuples ne veulent pas être sacrifiés sur l’autel du capital, les dominants ont de plus en plus de mal à contrôler les choses… Il leur faut durcir leur discours, museler la démocratie, contenir et diviser les peuples. Dans cette tâche, ils peuvent compter sur les religions, facteurs de haine, de divisions et de résignation.

 

Que faire ?

Comme Jaurès en 1914, nous pensons qu’il y a une issue :

 

Il déclarait  le25 juillet 1914 : « Quoi qu’il en soit, citoyens, et je dis ces choses avec une sorte de désespoir, il n’y a plus, au moment où nous sommes menacés de meurtre et de sauvagerie, qu’une chance pour le maintien de la paix et le salut de la civilisation, c’est que le prolétariat rassemble toutes ses forces qui compte un grand nombre de frères, Français, Anglais, Allemands, Italiens, Russes, et que nous demandions à ces milliers d’hommes de s’unir pour que le battement unanime de leurs cœurs écarte l’horrible cauchemar. »

En cette année 2017, nous devons également suivre les exemples des mutins ou des révolutionnaires russes de 1917 !!

 

Amis, Citoyens, Camarades,

 

Le combat pour la réhabilitation collective des fusillés pour l’exemple, notre combat pour le refus de la guerre, pour la liberté de conscience du citoyen n’est pas un combat d’arrière garde…

 

La suède vient de rétablir le service militaire, la Lituanie a rétabli le service militaire, et dans le programme de certains candidats en France ; il y a le rétablissement du service militaire !

 

Notre combat pour la réhabilitation des fusillés est un combat de  justice mais c’est aussi un appel à l’ensemble des jeunes à qui l’on refuse un avenir serein…

 

Ne vous soumettez pas !

 

 Cette revendication s’appuie sur la liberté humaine et contre l’oppression qui faisait dire à Emmanuel Kant, il y  a bien longtemps : « Mais j’entends présentement crier de tous côtés : Ne raisonnez pas !

L’officier dit : Ne raisonnez pas, exécuter ! , le financier dit : Ne raisonnez pas, payez, le prêtre dit : Ne raisonnez pas, croyez ! »

 

Parce que la mémoire se dilue, qu’il est important de rappeler sans cesse que la grande boucherie de 14-18 a aussi connu ses fusillés pour l’exemple, ces jeunes désignés par le doigt hasardeux et assassin des généraux.

 

Nous appelons à l’érection d’un monument réhabilitant les 636 Fusillés pour l’exemple. Nous dresserons ce monument de pierre, pour que le temps et la mémoire ne puissent l’effacer des prochaines générations, sur la ligne de front. Là où ils ont souffert, là où ils sont morts.

 

Nous le dresserons pour rappeler ces cinq ans de barbarie où « "la France se préparait à produire de 10 à 12 000 obus par jour ; à la fin, son industrie devait en produire 200 000 par jour. »

 

Encore aujourd’hui, comme la balafre infligée à la mémoire des familles des descendants de fusillés, on retrouve les traces de ces engins de morts comme l’éternel rappel de la folie des militaires. C’est bien contre les guerres, ceux qui la déclenchent, la préparent et la mettent en œuvre que nous dresserons ce monument. Nous le dresserons parce que nous sommes aussi la République.

 

Nous appelons ici chaque citoyenne, chaque citoyen, à faire un don pour ériger ce monument, il n’y a que les citoyens conscients qui inscriront ce message de paix qu’est la réhabilitation dans la pierre.

 

En juin prochain à Angers, se tiendra un rassemblement régional similaire au notre qui sera une étape de plus vers la réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple.

Au Mans, nous organiserons un évènement autour des mutineries de 1917 en octobre prochain…

 

Plus largement, les laïques et les démocrates doivent se rassembler !

C’est le sens de l’appel des laïques !

 

Comme Maupas, Lechat, Lefoulon, Girard, nous refusons d’obéir !!!

 

Que chaque libre penseur diffuse et discute de nos positions, que chacun d’entre nous aide les laïques, les démocrates et les progressistes à se rassembler dans toutes les luttes pour ne pas céder le moindre centimètre carré aux réactionnaires de tout poil.

 

 

Maudite soit la guerre, a bas toutes les guerres,

Réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple

 

 

 

[1] http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/le-marche-mondial-de-l-armement-au-plus-haut-depuis-la-guerre-froide-642341.html

[2] http://www.boursier.com/actualites/economie/les-etats-unis-dominent-toujours-le-marche-de-l-armement-mais-33843.html

[3] http://www.lepoint.fr/monde/budget-militaire-la-france-depensera-plus-que-la-russie-en-2017--12-12-2016-2089696_24.php

[4] http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/02/28/budget-militaire-les-faits-derriere-la-hausse-historique-de-donald-trump_5087086_3222.html

[5] http://www.france24.com/fr/20170304-chine-hausse-budget-militaire-2017-trump-menace

[6] http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/782687/evolution-depenses-militaires-monde-carte

discours au rassemblement pacifiste de Sartilly - 12 mars 2017

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #anti militarisme

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Publié le 25 Mars 2017

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Publié dans #annonces et infos lp 72, #Droit à la mort douce

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Publié le 4 Mars 2017

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Egalité, #liberté de conscience et de corps

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Publié le 3 Mars 2017

Chers amis,

Je ne suis pas historienne, l’exposé qui va suivre sera simplement la vision d’une citoyenne qui s’est intéressée à la question des droits de l’homme à l’occasion de la dernière fête du 14 juillet à Courdemanche, avec l’aide d’ailleurs de personnes présentes dans cette salle aujourd‘hui.

Je vais aborder la question des droits de l’Homme sur le plan historique. Je parlerai des droits de la femme et de l’enfant et terminerai par la vision internationale des droits de l’Homme.

 

La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen

votée le 26 août 1789 par la toute jeune assemblée nationale (17 juin les députés  du tiers considérant qu’ils représentent 96% de la nation se déclarent eux-mêmes AN ; devient le 9 juillet AN constituante ; le 3 septembre 91, met en place une monarchie constitutionnelle) est le texte fondamental de la Révolution française.

 

Nous nous intéresserons en premier lieu à l’historique

I On peut fixer les origines de la déclaration des droit de l’homme et du citoyen d’un point de vue philosophique et juridique

1 Voyons les PRINCIPAUX ASPECTS PHILOSOPHIQUES

Ils s’inscrivent dans une  très longue évolution dont on peut marquer la naissance dés *l’Antiquité : au 5ème siècle avant notre ère les philosophes grecs proclament que tous les hommes sont égaux de nature (bien évidemment les esclaves en sont exclus). Platon et son disciple Aristote parlent du principe d’une NATURE UNIVERSELLE de l’homme ; les fondements de la vie humaine en communauté sont la Liberté, l’Egalité et la Justice (déjà !)

Puis remarquons une étape fondamentale

*Au XIIIème siècle en Angleterre la Grande Charte des Libertés, dite Magna Carta de 1215, confirmée en 1297 remet en cause l’arbitraire royal en instituant trois idées essentielles que sont

-le gouvernement par la loi,  limitant les pouvoirs féodaux,

-la séparation des pouvoirs et

-la garantie des libertés.

Enfin

*Au XVIIIème siècle, se développent l’humanisme et la liberté de penser. Les philosophes du siècle des Lumières, à la recherche de  ce qu'est l'Homme, puisent dans les racines de la philosophie antique, du courant scientifique prôné au XVIème siècle par Copernic, puis au XVIIème siècle par Galilée ; de même, ils se réfèrent à la théorie de la gravitation universelle énoncée par Newton dans ses Principia (fin XVIIème siècle), sans oublier les sciences politiques nées des écrits de Montaigne et de la Magna Carta. Ils cherchent à comprendre ce qui pourrait justifier les différences que l'on observe entre les riches et les pauvres, les puissants et les misérables.

 

C’est ainsi que

*Le Siècle des lumières qu’il est d’usage de dater de 1715 à 1789, amène un profond changement des mentalités. La connaissance, l’esprit critique et la réflexion politique se développent. La tolérance aux croyances des autres devient une valeur positive.

La tête de file en est Voltaire. Il se bat contre le fanatisme religieux, et lutte dans ses écrits pour la tolérance et la liberté de penser. Il est pour ses écrits emprisonné 11 mois à la Bastille et doit plus tard s’exiler en Angleterre, puis en Suisse.   

Diderot  et d’Alembert rédigent l’Encyclopédie, ou dictionnaire raisonné des arts et des métiers en 28 volumes, écrite sur 24 ans qui a pour but de mettre le savoir à la portée de tous. Cible de la censure en France, elle est achevée dans la clandestinité.

Rousseau avec son Contrat Social ou Principe du droit politique apporte sa vision nouvelle de la philosophie politique. Il affirme le principe de souveraineté du peuple appuyé sur des notions de liberté, d’égalité, et de volonté générale.

A cette époque, les conditions de vie sont très dures pour la majorité de la population. La lecture toutefois commence à se démocratiser : de plus en plus de personnes de classes "moyennes" peuvent lire les travaux des encyclopédistes, les articles de journaux se développent : les idées des Lumières se répandent !

 

2. Voyons maintenant comment ces idées se sont retrouvées traduites dans des Constitutions qui précèdent la Déclaration des droits de l’Homme et l’ont inspirée.

- En premier lieu tout d’abord citons la  République Corse de Pascal Paoli de 1755, la première république démocratique moderne d’Europe, qui institue la séparation des pouvoirs législatif et exécutif et le suffrage universel ; la convention accordait déjà le droit de vote aux femmes célibataires ou veuves

- Vint ensuite la République américaine. Inspirée par la constitution de Pascal Paoli, la convention est adoptée en premier lieu par la Virginie en 1776 puis ratifiée entre 1787 et 1790 par les 13 Etats de la fédération de l’époque, sous la présidence de Georges Washington.

 

 

II Revenons maintenant en France avec à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen proprement dite

Comme nous l’avons vu plus haut, alors qu'en Angleterre le pouvoir absolu du roi est limité depuis la Grande Charte de 1215, en France la royauté reste absolue : n'importe qui peut être emprisonné arbitrairement. Il n'y a pas de liberté de conscience, l'Eglise règle les croyances et la morale.

La revendication d'une place nouvelle dans la société pour chaque individu est inscrite le 26 août 1789 dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, votée je le rappelle, par les représentants du peuple français constitués en Assemblée nationale

 

1 SA FORME

La déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 comporte un préambule et dix-sept articles écrits dans une langue claire et concise, mais disposés sans grande logique

Les auteurs ont voulu faire une déclaration de principe de portée UNIVERSELLE, comme nous allons le voir tout de suite

 

2 SON CONTENU

  •  

LE PREAMBULE

Son préambule pose le principe des droits « naturels, inaliénables et sacrés de l’Homme, par conséquent imprescriptibles applicables en tous temps et en tous lieux ».

 

LES 17 ARTICLES

Rassurez vous je ne vais pas vous lire les 17 articles, mais seulement souligner qu’elle définit  4 droits imprescriptibles de l’homme tels qu’identifiés par la philosophie des lumières au XVIII° siècle

 

1) La  LIBERTE (art1 et 2) sous diverses formes :

LIBERTES INDIVIDUELLES : (art 7 à 9) notamment face au droit pénal : présomption d’innocence, obligation d'une motivation légale.

DE PENSEE ((art 10 et 11)

DE LA PRESSE (art 11)

DE CROYANCE (art 10)

La LIBERTE étant définie comme le droit de faire tout ce qui ne nuit point à autrui (art 4 et 5)

2) la PROPRIETE, inviolable et sacrée (art.17)

3) la SURETE

4) et enfin  la « RESISTANCE A L’OPPRESSION » des députés contre la monarchie

 

 

2) L'EGALITE ne fait pas partie des droits imprescriptibles, mais l'article premier affirme que les hommes « naissent et demeurent libres et égaux en droits . Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. Ce principe se retrouvera constamment repris dans la législation révolutionnaire et républicaine, puis dans les déclarations de droits internationales, en s’étoffant, comme on va le voir.

3) LA FRATERNITE ne fait pas partie de la déclaration des droits de l’homme, mais apparaît le 14 juillet 1790 lors de la Fête de la Fédération sur le champ de Mars

 

 

QU’APPORTE LA DECLARATION DE 1789 ?

C’est une déclaration de principe de portée universelle contre l’absolutisme de l’ancien régime et la toute puissance du clergé

Née de la révolution bourgeoise de concert avec le peuple et la paysannerie, elle insiste surtout sur la destruction des privilèges et de ses abus.

La déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 comporte cependant  bien des lacunes : elle ne mentionne pas la liberté d'association ou d'enseignement, le droit au travail ou à l'instruction ; elle ne se soucie pas non plus des inégalités économiques et de l'oppression qui peut en résulter.

 

 Mais surtout, les femmes et les enfants, sans statut juridique, en sont exclus

 

LES DROIT DE LA FEMME, parlons-en.

En 1791 une femme Olympe de Gouges rédige en miroir de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen la déclaration des droits de la Femme et de la Citoyenne (art.1 : « la femme naît libre et demeure égale à l’homme en droit »), partant du principe que « La femme a le droit de monter sur l’échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la Tribune »

En effet sous l’ancien régime, la femme est une incapable majeure, elle doit obéissance à son père puis à son mari, elle est ignorée dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. La Convention refuse ce projet qui n’a donc pas eu de valeur légale, mais a une importance historique comme première déclaration universelle des droits humains.

Il y aura une petite avancée en 1792 lorsque la loi permet le divorce par consentement mutuel, avancée vite abolie en 1808 dans le code civil (Napoléon) qui institutionnalise l’infériorité de la femme qui « doit obéissance à son mari », celui-ci doit « protection à la femme ». On revient sur ce point à la condition de la femme sous l’ancien régime….

Il faudra attendre le Front populaire pour que l’incapacité civile de la femme mariée soit supprimée en 1938 : elle peut avoir une carte d’identité et un passeport, ouvrir un compte en banque, s’inscrire en faculté, par exp, sans l’autorisation de l’époux . Au mari : la fixation de résidence, la possibilité de s’opposer à l’exercice d’une profession et l’exercice de l’autorité paternelle. C’est seulement en 1944  que les femmes obtiennent les droits de vote et d’éligibilité qui deviennent alors à proprement parlé « universels ». C’est seulement en 1965 qu’une femme mariée peut exercer une profession sans l’accord de son mari et en 1975 que le législateur réintègre le  divorce par consentement mutuel.

 

Les Droits de l’Enfant

 

Les philosophes des Lumières abordent, les premiers, la question des droits de l’enfant, surtout du point de vue de l’éducation. Jean-Jacques Rousseau, dans son livre Emile ou De l’Education présente la pédagogie comme devant être attentive aux besoins de l’enfant.

 

- Il faudra attendre le milieu du XIX° siècle pour que le travail des enfants soit encadré  et progressivement interdit, en France et en Angleterre.

 

C’est ainsi qu’en 1841,  une première loi sur le travail des enfants est votée en France : les moins de 8 ans ne peuvent pas travailler dans une manufacture, et pour les plus de 8 ans, la journée est fixée à 8 heures de travail maximum, le travail de nuit étant interdit aux moins de 13 ans.

 

En 1889 , en France et en Angleterre, sont promulguées des lois sur la protection des enfants maltraités.

 

Au niveau international, les droits de l’enfant sont reconnus par la Société des Nations en 1924, et une étape opérationnelle est franchie après la seconde guerre mondiale, avec la création de l’UNICEF (Fonds des Nations unies de secours d’urgence à l’enfance), et la prise en compte des droits des enfants dans plusieurs  déclarations de l’ONU à partir de 1948. 

 

La  Convention internationale relatives aux droits de l'enfant (CIDE), énonce 4 grands principes :

-la non-discrimination (art.2),

-l’intérêt supérieur de l’enfant (art.3),

-son droit de vivre, de survivre et de se développer (art.6), et

-le respect des opinions de l’enfant (art.12).

 

La Convention CIDE est entrée en vigueur le 7 septembre 1990 : sur les 197 États signataires de la Convention, 196 ont ratifié la Convention. Les Etats-Unis  n’ont pas ratifié la Convention, cela serait dû au fait que certains États américains souhaitent pouvoir emprisonner des mineurs. La Cour suprême américaine acceptait que des États américains condamnent à mort des enfants jusqu’en 2005

La Somalie, le Soudan du Sud et la Palestine sont les derniers signataires en date.

 

Deux protocoles importants viennent prolonger la CIDE :

- à l’initiative de l’UNICEF, le congrès international de Stockholm d’aout 1996 déclare s’opposer à la vente d’enfants (GPA ?)à leur prostitution, et à leur implication dans la pornographie.

- la convention de Genève à l’initiative du Bureau international du travail (BIT) concernant l’interdiction des pires formes de travail de l’enfant du Bureau International du Travail de juin 1999  est entrée en vigueur en 2000

 

Et de nos jours qu’en est-il des droits de l’homme et du citoyen ?

 

 

- SUR LE PLAN NATIONAL

Regardons comment les Droits de l’Homme sont repris dans les deux Constitutions françaises d’après guerre

*Le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 (IV °République) reprend celui de la déclaration de 1789.

 Issu d’un contexte politique marqué par le programme de la Résistance, compromis entre le parti communiste français et la démocratie chrétienne, ce large préambule a quasiment la valeur d’une nouvelle Déclaration des droits de l’homme. Les principes politiques, économiques et sociaux y sont largement développés et seront consacrés par le Conseil constitutionnel.

 

La décision du 15 janvier 1975 du Conseil Constitutionnel consacre notamment le droit à la santé, l’égalité entre hommes et femmes, le droit d’asile, la liberté syndicale, le droit à l’emploi, le droit de grève.

 

 

                                                                                                                                         *Le préambule de la Constitution du 4 octobre 1958 (V° République) renvoie à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et au préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 : « le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l’homme et au principe de souveraineté nationale, tels qu’ils sont définis par la Déclaration de 1789, confirmée et complétée par le préambule de la Constitution de 1946 »

 

La décision du 16 juillet 1971 du Conseil Constitutionnel, relative à la liberté d’association, donne une valeur constitutionnelle au préambule de la Constitution de 1946 et à la Déclaration des droits de l’homme de 1789 en consacrant des textes qui n’étaient que déclaratoires

 

 

 

  • Sur le plan international

  •  

les Droits de l'Homme sont-ils une vision "occidentale" du monde ? Sont-ils valables pour tous les peuples, pour tous les êtres humains ?

 

Pour les peuples opprimés aux XIX° et XX° siècles (juifs d’Europe de l’est, Arméniens…), la France représente le pays des libertés et beaucoup ont trouvé refuge en France pour fuir les pogroms et les destructions de masses

Au XX° s des institutions sont venues réglementer les droits de l’homme à l’échelle internationale

Créée à la suite à la première guerre mondiale la Société des nations (SDN) qui se voulait le rempart à tout nouveau conflit, a été hélas impuissante à l’éviter

A nouveau aprés la deuxième guerre mondiale et la création de l’ ONU (Organisation des Nations Unies) en 1945, la communauté internationale jure de ne plus jamais laisser se produire des atrocités comme celles commises pendant ce conflit.

 

Le 10 décembre 1948, les 58 Etats membres qui constituaient alors l’Assemblée générale ont adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme à Paris.

Elle proclame dans son article 1 : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »

 

La portée juridique de cette Déclaration est faible. Il s’agit d’une résolution de l’Assemblée générale de Nations unies. Elle n’a donc pas la valeur juridique d’un traité international, c’est-à-dire qu’elle n’a pas de dimension contraignante.

 

En revanche, la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, signée à Rome le 4 novembre 1950 et entrée en vigueur le 3 septembre 1953 rend contraignants certains droits comme par exemple:

  • Interdiction de la torture et des traitements inhumains

  • Interdiction de l’esclavage et du travail forcé

  • Droit à la liberté et à la sûreté,

  • Droit à un procès équitable

  • Droit au respect de la vie privée et familiale

  • Liberté de pensée, d’expression, de conscience et de religion, de réunion et d’association

 

 

  • Plus près de nous, la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne du 18 décembre 2000 énonce : « Est interdite, toute discrimination fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, les origines ethniques ou sociales, les caractéristiques génétiques, la langue, la religion ou les convictions, les opinions politiques ou toute autre opinion, l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance, un handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle. »

 

Cependant les droits de l’Homme sont souvent bafoués aujourd’hui dans le monde, comme la torture et la peine de mort

La torture

La torture est proscrite par le droit international depuis la fin de la seconde guerre mondiale..

La Convention  de l’ONU contre la torture de 1984 exige de tout Etat qu’il prenne « des mesures pour empêcher que des actes de torture soient commis dans tout territoire sous sa juridiction », indiquant « qu’aucune circonstance exceptionnelle, quelle qu’elle soit ne justifie la torture », écartant toute évocation d’ordre supérieur (même pour sauver des vies, argument fallacieux utilisé lors de la guerre d’Algérie).

Toutefois, la torture est encore pratiquée de par le monde, que ce soit en secret ou sous couvert de législations entretenant le flou sur la question. Il existe une Coalition des ONG internationales contre la torture (CINAT) qui regroupe Amnesty International, l’Association pour la prévention de la torture (APT), la Commission internationale de juristes (CIJ), …

En 2014, Amnesty International s’alarme de la « normalisation » des actes de torture dans 141 pays : notamment le Mexique, les Philippines, le Maroc, le Nigéria et l’Ouzbékistan. Elle dénonce la pratique « en plein essor » de ces sévices, « normalisés » par la guerre contre le terrorisme et « glorifiés » par des sériés télévisées.

 

 

La peine de mort

Aujourd’hui, plus des deux tiers des pays du monde ont aboli la peine de mort en droit ou en pratique : 103 Etats ont aboli la peine de mort pour tous les crimes, et certains ne l’appliquent plus bien qu’ils ne l’aient pas abolie, soit 141 Etats au total. En revanche, la peine de mort est toujours appliquée dans 58 Etats et territoires. Parmi ces derniers, on peut citer les Etats-Unis, le Japon, la Chine, la Biélorussie, Cuba, la Thaïlande, …

Dans certains pays comme le Pakistan , la Chine,  la Corée du Nord, l’Iran et l’Arabie saoudite, les gouvernements continuent de se servir de la peine de mort pour éliminer la dissidence politique.

D’autres signaux alarmants : en 2016, le populiste Président des Philippines Duterte se compare à Hitler et se dit heureux de massacrer les drogués. En Turquie, le président Erdogan menace de rétablir la peine de mort. Les Etats Unis ont encore recours dans certains Etats à la peine de mort, et sous Georges Busch fils ont légitimé la torture sous prétexte de légitime défense après le 11 septembre.

 

En conclusion. La déclaration des droits de l’Homme a résulté d’une longue évolution de nos sociétés, depuis l’antique modèle Grec, jusqu’aux philosophes des lumières, en passant par la Charte d’Angleterre. Elle s’est étendue tardivement aux femmes et aux enfants. Elle a acquis progressivement une reconnaissance internationale.  Ses acquis sont cependant encore fragiles, ils exigent que l’on reste mobilisés  pour les défendre.

les droits de l'Homme par Dominique V, le 21 janvier 2017 à Courdemanche

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Publié le 18 Février 2017

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Publié le 12 Février 2017

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Publié dans #annonces et infos lp 72

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Publié le 22 Janvier 2017

Le nouveau bulletin de la Libre Pensée de la Sarthe vient de sortir, voici l'édito.

Vous avez dit radicalisation ?

 

C’est un des termes revenu au devant de la scène depuis quelques années. Pour le Larousse il s’agit de l’action de se radicaliser, c’est-à-dire de rendre « un groupe, son action plus intransigeant, plus dur ». Pas un jour sans que les médias ne parlent de la dramatique radicalisation de jeunes d’ici ou d’ailleurs. Ceux-ci se radicalisent, bien souvent, sur les réseaux sociaux, en adoptant la vision du monde et les modes d’action de groupes islamistes, fanatiques et terroristes tels que Daesh.

Avec les attentats qui ont touchés la France, l’Allemagne ou encore l’Irak, ces radicalisés musulmans usent de la violence la plus abjecte pour répandre la terreur et imposer leurs croyances. Nous ne sommes pas dupes, nous combattons les dogmes de toutes les religions y compris de l’islam, pour autant, nous comprenons bien que ces fous de dieu ne représentent pas l’immense majorité des croyants et des musulmans.

Aussi, notre devoir est de combattre les atteintes aux libertés d’où qu’elles viennent, de quelque camps que ce soit mais aussi de comprendre la situation le plus clairement possible. Alors quand certains récupèrent cette radicalisation islamiste pour pointer du doigt tous les individus supposés ou réellement musulmans, nous ne nous laissons pas tromper. Cette grossière manœuvre, tout comme les attentats, vise à diviser les peuples en communautés « religieuses », « ethniques » et/ou « culturelles » et nous prépare une guerre des « civilisations » ; ce concept si cher à Huntington ou Zemmour.

Ceux qui usent et abusent de cette stigmatisation, qui s’érigent en défenseurs de l’occident chrétien face à l’envahisseur « arabo-musulman », ne sont ils pas eux aussi des radicalisés ?

N’y a-t-il de radicalisation que celle de ces jeunes prêts à tuer au nom de l’islam ? Certes la radicalisation de Zemmour et autres réactionnaires à la sauce « identité nationale » est moins spectaculaire et ne provoque pas encore de morts… encore que…

A voir ces radicalisés s’exprimer, à écouter ces « chantres » de la civilisation occidentale prôner des interventions militaires dans tous les coins du monde, n’est-on pas en droit de se demander si ce n’est pas le monde entier qui se radicalise ?

Les récentes élections en Autriche, aux USA, l’évolution de la situation en Russie ou en Turquie, les politiques menées contre les droits des femmes en Espagne ou en Pologne, les discours sécuritaires et de plus en plus xénophobes des candidats aux présidentielles en France, l’Etat d’urgence, l’assignation à résidence de militants écolos lors de la cop 21; la tentative d’interdire des manifestations en France… Tout cela ne constitue-t-il pas une forme de radicalisation généralisée ?

Plus le système capitaliste est incapable de satisfaire les besoins de l’humanité, plus il entraine les peuples dans des régressions, plus les élites ont besoin de modèles autoritaires et du secours des religions pour contrer les aspirations des peuples…

L’aggravation de la crise économique en 2008, a accéléré ce processus tant et si bien que dans de nombreux pays l’alternative électorale se résume à « peste ou choléra ». Il ne s’agit pas d’une simple lutte d’idées déconnectées de la réalité mais bien des conséquences concrètes de l’économie pourrissante. Les peuples ne veulent plus être sacrifiés sur l’autel du capital, les dominants ont de plus en plus de mal à contrôler les choses… Il leur faut durcir leur discours, museler la démocratie, contenir et diviser les peuples. Dans cette tache, ils peuvent compter sur les religions, facteurs de haine, de divisions et de résignation.

Pour notre part, nous avons choisi notre camp; nous sommes radicalement du côté des libertés individuelles et collectives. Nous sommes radicalement du côté des opprimés, du coté des défenseurs des droits de l’Homme, du côté du progrès social, de l’égalité des sexes, et de la défense et de la promotion, partout dans le monde, de la séparation entre les Etats et les religions.

La situation se contracte partout, les laïques et les démocrates doivent se rassembler ! C’est le sens de l’appel des laïques ! C’est aussi ce qui explique que nos effectifs progressent encore cette année. Que 2017 soit une année d’intense promotion de nos idées, que chaque libre penseur diffuse et discute de nos positions, que chacun d’entre nous aide les laïques, les démocrates et les progressistes à se rassembler dans toutes les luttes pour ne pas céder le moindre centimètre carré aux réactionnaires de tout poil.

Hansi Brémond

 

Vous avez dit radicalisation ?

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Publié le 11 Janvier 2017

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Publié le 26 Décembre 2016

A l’occasion du 9 décembre 2016, jour anniversaire de la promulgation de la loi de 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat

C’est peu de dire que la laïcité va mal : malmenée, manipulée, vilipendée, on n’ose plus s’affirmer laïque par peur des amalgames et des contresens. Principe de paix, elle serait devenue sujet de discorde. Principe d’unité par-delà les différences, on lui assigne des fins identitaires.

L’extrême-droite, de tradition pourtant anti-laïque depuis toujours, veut s’approprier le mot pour mieux distiller son venin xénophobe. Hier les juifs, les arabes, aujourd’hui les musulmans. On ne peut se réclamer de la laïcité quand on soutient les prières de rue quand il s’agit de l’église Sainte Rita mais qu’on les condamne quand elles se font aux abords des mosquées. On n’est pas laïque, quand on se fait le porte-parole des discours les plus réactionnaires du Vatican en appelant à la suppression du Planning familial.

Non, l’Islam ne serait pas par nature plus hermétique aujourd’hui à la laïcité que ne l’était le culte catholique en 1905. La laïcité n’a pas à s’adapter à une religion, de même qu’aucun croyant ne peut réclamer de droits particuliers. La République est séparée des religions, elle n’a pas à organiser les cultes.

Nous, militants laïques, par-delà parfois des divergences d’analyse, en appelons à la constitution d’un front commun autour des fondements de la laïcité républicaine, telle que définie par la loi de 1905. Être laïque, c’est reconnaître que l’État assure en même temps la liberté de conscience - croyant et non croyant - et le libre exercice des cultes. Être laïque, c’est affirmer que l’État ne doit reconnaître, salarier ou subventionner aucun culte. Par conséquent la République ne tranche pas parmi les cultes plus ou moins respectables : elle demeure indifférente dans la seule limite du respect de l’ordre public et des lois communes.

Ses Elus et représentants doivent conserver cette neutralité dans leurs fonctions. La République ne juge personne selon ses croyances ou appartenances présumées. Elle accorde à l’Ecole publique la noble mission d’instruire les enfants : c’est par conséquent à elle que l’État doit accorder les fonds nécessaires aux défis que porte l’Ecole aujourd’hui.

Nous, militants de la cause laïque, appelons à la plus grande vigilance contre toute tentative de détourner la laïcité de ses objectifs. En cette date anniversaire de la loi de 1905, nous en appelons au respect plein et entier  de ses principes fondateurs. La laïcité organise l’espace public et donne sens à la citoyenneté républicaine qui garantit la démocratie. Ce n’est ni une police de la pensée, ni une option philosophique parmi d’autres valeurs particulières.

La loi de 1905 est une loi de liberté qui permet toutes les autres libertés. Elle doit donc être préservée.

Premiers signataires : Giuseppe Aviges (vice-Président de l’Union Nationale Lycéenne – UNL), Serge Bacherot (Président de Jeunesse au Plein Air 21), Quentin Baillon (Président de l'association Le poing commun),  Alain Barbier (Secrétaire général de l'UFR de la FERC-CGT), Martine Barthélémy (Directrice de recherche CEVIPOF Sciences Po), Hervé Basire (Secrétaire général de la FERC- CGT), Jean Baubérot (ancien titulaire de la chaire Histoire et sociologie de la laïcité à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes), Eric Bauchelard (Secrétaire départemental de la FSU 34), Thierry Beaudet (Président de la MGEN), Christian Beauvais (Délégué général de la Fédération du Pas-de-Calais et de l’Union Régionale des Hauts-de-France de  la Ligue de l’enseignement), Didier Belier (Président de la Ligue de l’enseignement 29), Nadia Bellaoui (Secrétaire générale de la Ligue de l’enseignement), André Bellon (Association pour une Constituante), Roger Belot (militant Économie Sociale et Solidaire), Foudil Benabadji (Référent aumônier des prisons et des hôpitaux 73), Hassan Benhsain (Président de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne – FIDL), Daniel Bénichou (Président de l’Association Le Chevalier de la Barre), Jean-Paul Benoit (Président de la Fédération des Mutuelles de France – FMF), Roland Berthilier (Président de l’ESPER, L’Economie Sociale Partenaire de l’Ecole de la République), Roland Biache (Délégué général de Solidarité Laïque), Daniel Boitier (Membre du Comité central de la Ligue des Droits de l’Homme), Jean-Marie Bonnemayre (Président du CNAFAL), Edith Boulanger (Commission « Laïcité » du Mouvement de la Paix), Edouard Brézin (Président de l'Union Rationaliste, Ancien Président de l'Académie des Sciences), Marcel Caballero (Président d'honneur de l'Institut de Coopération Sociale Internationale (ICOSI) - vice-Président du Centre international de recherche et d'information sur l'économie publique, sociale et coopérative CIRIEC), Monique Cabotte-Carillon (Présidente du CEDEC : Chrétiens pour une Eglise Dégagée de l'Ecole Confessionnelle), Daniel Callewaert (Président fondateur du Cercle  Laïque Maria et Gustave Dron – Tourcoing), Jacques Calvier (militant laïque), Jean-Luc Cazaillon (Directeur général des CEMEA), Jean-Yves Cerfontaine (Président du Cercle Laïque Jean Macé et ancien Secrétaire national de la FEN), Bernard Chardonnel (Président du Cercle Condorcet de Savoie), Guy Cirla (Président de la Ligue de l’Enseignement de l’Ariège), Jean Combasteil (ancien député), Charles Conte (Chargé de mission laïcité à la Ligue de l’enseignement), Guy Coq  (administrateur  de   Confrontation et Membre de l'OFC), Philippe Corcuff  (Maître de conférences de Sciences po à l'IEP de Lyon), Jean-Jesus Cuenca (Secrétaire CNT 03 - FA), Dominique Dattola (Auteur réalisateur humaniste, citoyen du monde), Bernard Dediban (FSU 31), Claude Dejean (Présidente du Cercle Condorcet de l'Ariège, Vice- présidente de la Ligue de l'Enseignement, Fédération de l'Ariège), Bob Deville (Président d’honneur de la Fédération des Œuvres Laïques 69), Abdoulaye Diarra (membre du Bureau national de l’Union Nationale des Etudiants de France – UNEF), Jean-Pierre Djukic (SNES FSU), Bernard Dreano (Président du CEDETIM), Jean-Michel Ducomte (Président de la Ligue de l’Enseignement), Françoise Dumont (Présidente de la Ligue des Droits de l’Homme), Michel Eliard (Docteur ès-lettres, Professeur émérite des Universités), Philippe Enclos (Secrétaire national SNEP-SUP-FSU), Laurent Escure (Secrétaire général de l’UNSA-Education), Christian Eyschen (vice-Président de la Libre Pensée), Luc Farré (Secrétaire général UNSA fonction publique), Philippe Forget (essayiste), Judith Fouillard (Secrétaire nationale de la FSU), Anne-Marie Franchi (ancienne Vice-présidente de la Ligue de l’Enseignement et  ancienne Secrétaire générale des DDEN), Jean-Claude Frey (Président d'un groupement de mutuelles interprofessionnelles), Mireille Fridman (militante laïque de Toulouse), Yves-Jean Gallas (Président du Comité francilien du Mouvement de la Paix), Gabriel Gaudy (Secrétaire général de l’Union régionale Ile-de-France FO, libre penseur), Maurice Gelbard (Chercheur), Jacques Gelly (Président de l'Union Régionale des Fédérations des Œuvres Laïques Auvergne Rhône-Alpes de la Ligue de l'enseignement), David Gozlan (Secrétaire général de la Libre Pensée), François Grasa (secrétaire général FO cheminots), Anne-Marie Harster (vice-Présidente de Solidarité laïque), Claude Hollé (Secrétaire général de Laïcité d’Accord), Pascal Joly (Secrétaire général de l’Union régionale Ile-de-France de la CGT), Dadou Khel (Président du groupe "diversité/laïcité" de la Ligue de l'enseignement), Annie Lacroix-Riz (Professeur émérite d’histoire contemporaine, université Paris 7), Pascal-Eric Lalmy (Conseiller municipal d'Osny - 95), Hélène Langevin-Joliot (Présidente 2004-2012 de l'Union rationaliste), Lilâ Le Bas (Présidente de l’Union Nationale des Etudiants de France – UNEF), Jo Le Lameur (Président de la Fédération Française de Crémation), Polo Lemonnier (Secrétaire national de la FSU), Jacky Lesueur (syndicaliste), Jean-Claude Mailly (syndicaliste), Gilles Manceron (Membre du Comité central de la Ligue des Droits de l’Homme), Paul Markidès (vice-Président de l’Association Républicaine des Anciens Combattants), Roger Martelli (codirecteur du magazine Regards), Jean-Claude Martin (Recteur d’Académie et Président honoraire d’Université), Philippe Martinez (Secrétaire général de la CGT), Jean-Luc Mélenchon (Eurodéputé), Michel Miaille (Professeur honoraire à l'Université de Montpellier, Président de la Ligue de l'Enseignement de l'Hérault), Roland Monnet (Président du Cercle républicain Quinet Briand 01), Maurice Montet (militant pacifiste), Liliana Moyana (Présidente de la FCPE), Pascal Nakache (Avocat, membre du Comité Central de la Ligue des Droits de l’Homme), Michel Naud (ingénieur, chef d'entreprise, rationaliste scientifique), Gauthier Ngumbu (Président de la Ligue de l’Enseignement de Haute-Garonne), David Noël (Conseiller municipal PCF Hénin-Beaumont), Françoise Olivier-Utard (militante laïque), François Otto (Président de la Ligue des Droits de l’Homme - Sète), Rémy Pech (Professeur émérite et Président honoraire de l'Université de Toulouse - Jean Jaurès), Jean-Claude Pecker (Membre de l’Institut, Professeur au Collège de France), Franck Pecot (Secrétaire général SNEP UNSA), Yan Perotte (syndicaliste), Jean Louis Petriat (Président d’Honneur du Groupe GMF et de la FNAC), Catherine Picard (ancienne Députée), Jean-Sébastien Pierre (Président de la Libre Pensée), Bernard Quelquejeu (membre de l'Observatoire Chrétien de la Laïcité, co-fondateur du Groupe International, Interculturel, Interconvictionnel G3i), Jean-Michel Quillardet (l’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires), Jean-Robert Ragache (Historien et  Ancien Grand Maître du Grand Orient De France), Hubert Raguin (syndicaliste), Jean-Marc Raynaud (responsable des Editions libertaires), Caroline Rebhi  (co-Présidente du Mouvement Français pour le Planning Familial), Liliane Rehby (Secrétaire nationale de l'ARAC), Alain Reuter (vice-Président du Conseil régional de Picardie), Jean Riedinger (Secrétaire  de l'Observatoire Chrétien de la Laïcité), Jean-Claude Robert (Inspecteur d’académie honoraire), Guy Robillart (Président du cercle Jean Macé de Strasbourg), Johannés Robyn (Président de l’Union des Athées - France), Patrice Rolland (Professeur de droit public), Joël Roman (Président de Islam et laïcité), Jean-Luc Romero (Président de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité), Pierre Roy (Président de la Fédération nationale laïque des Associations des Amis des Monuments Pacifistes, Républicains et Anticléricaux), Stéphane Russo (président de Jeunesse au Plein Air – 34), Frank Sammeth (Président de la société d'histoire du radicalisme), Jean-Marc Schiappa (Président de l’Institut de Recherche et d’Etudes de la Libre Pensée), Benoit  Schneckenburger (Philosophe), Xavier Schneider (Secrétaire général de la FCPE 67), Véronique Sehier (co-Présidente du Mouvement Français pour le Planning Familial), Georges Sérignac, André Sirota (Président de l’Association nationale des CEMEA), Patrick Staat (Secrétaire général de l’ARAC), Benjamin Stora (Historien), Michèle Talfer (Bureau de l’Union rationaliste), Dominique Thys (Président de Solidarité laïque), Bernard Toulemonde (Inspecteur général honoraire de l'Education nationale), Pierre Tournemire (vice-Président de la Ligue de l’Enseignement), Michel Tubiana (Président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme), Cédric Turcas (Secrétaire général de l’UL-CGT de St Nazaire), Raphaël Vahé (Président de l’ARAC), Michel Vovelle (Historien), Louis Weber (Syndicaliste), Valentine Zuber (Historienne ou Directrice d’études à l’Ecole pratique des hautes études),

 

 

Pour soutenir cet Appel des Laïques, nous vous appelons à la contresigner massivement :

 

L’Appel des Laïques « Pour le respect de la laïcité » a été proposé à la signature de tous ceux qui se réclamaient de la laïcité.  Bien entendu, il ne pouvait intégrer ce que pensait tout le monde, mais rien de ce qu’il contenait ne pouvait trouver désaccord pour un authentique  partisan de la loi de 1905. Ceux qui aspirent à l’union la plus large des militants de la laïcité l’ont donc contresigné sans problème.

Cet Appel a reçu la signature des responsables des principales associations laïques, syndicales, mutualistes, de l’économie sociale. Il n’y a eu de notre part aucun ostracisme aucune exclusive. Il y a bien longtemps qu’un tel Appel des laïques n’avait pas connu un écho si important.

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Publié le 16 Novembre 2016

maine libre du 14 novembre 2016

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Publié le 14 Novembre 2016

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Publié le 7 Novembre 2016

Voici le dernier communiqué de presse de la Libre Pensée de la Sarthe, envoyé ce jour au Maine Libre, au Ouest France, au courrier de la vallée du Loir, à Sweet FM, France bleue Maine et Radio Alpa.

Communiqué de Presse - Libre Pensée de la Sarthe

Respect de la laïcité à Laigné en Belin.

En mars 2016, une croix de 3 mètres a été érigée sur un rond-point situé au croisement de la RD 338 avec la RD 144, sur  la commune de Laigné en Belin (72220).

La présence de cette croix sur un espace appartenant au département et laissé à la gestion d’une commune constitue une atteinte à la laïcité et une violation de l’article 28 de la loi de 1905.

Cet article précise « « Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. »

La Fédération sarthoise de la Libre Pensée s’associe aux laïques qui demandent le retrait de cette croix du rond-point de Laigné en Belin.

 

La Libre Pensée de la Sarthe

Le 5 novembre 2016

 

Respect de la laïcité à Laigné en Belin - Communiqué de presse

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Publié le 1 Novembre 2016

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Publié le 1 Novembre 2016

A l'initiative de nos camarades des amis de la Commune

Contactez Gérard Désiles pour s'inscrire

Soirée Eugène Pottier

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Publié le 1 Novembre 2016

Nous contacter pour s'inscrire : lplouiscretois@gmail.com   ou   librepensee72@hotmail.fr

 

Soirée Noël Paien 9 decembre 2016

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