Publié le 17 Avril 2017

La « Force Noire » pendant la première guerre mondiale

Dès l’origine de la présence française en Afrique occidentale, des miliciens africains reçoivent pour mission de protéger les établissements commerciaux de la métropole sur les côtes sénégalaises. Le 21 juillet 1857, Louis Faidherbe, gouverneur du Sénégal, obtient de l’empereur Napoléon III, par le décret de Plombières-les-Bains, la création du premier bataillon de tirailleurs « sénégalais ». En 1900, le 1er Régiment de tirailleurs « sénégalais » est formé au Sénégal, à Saint Louis. Bien que le recrutement de tirailleurs ne se soit pas limité au Sénégal, ces unités d'infanterie ont rapidement désigné l'ensemble des soldats africains de couleur noire qui se battent sous le drapeau français et qui se différencient ainsi des unités d'Afrique du Nord, tels les tirailleurs algériens. Lors de la Première Guerre mondiale, ce sont environ 200 000 « Sénégalais » de l'AOF (L’Afrique Occidentale française) qui se battent sous le drapeau français, dont plus de 135 000 en Europe.

 

« La Force Noire »

 

L’idée de faire appel massivement à des 

soldats indigènes afin d’avoir davantage d’hommes pour une guerre prochaine contre l’Allemagne est lancée en 1910 par le colonel Mangin dans un livre intitulé « La Force Noire ». Dans cet ouvrage Mangin dresse le tableau d’une France qui se dépeuple. La conscription s’annonce difficile. Le colonel Mangin préconise de recruter massivement les africains. « Nos forces africaines nous constituent des réserves presque indéfinies ». Le député Adolphe Messimy soutient cette idée en écrivant dans les colonnes du quotidien « Le Matin » du 3 septembre 1910 « L’Afrique nous a coûté des monceaux d’or, des milliers de soldats et des flots de sang ; l’or nous ne songeons pas à le lui réclamer. Mais les hommes et le sang, elle doit nous le rendre avec usure ».

Si le recrutement des hommes noirs n’a pas été massif avant la guerre, en revanche une fois la guerre déclenchée, l’état-major va se servir de ses colonies comme d’un réservoir à soldats. En 1914, ce sont 26 000 « tirailleurs sénégalais » qui sont recrutés, puis 50 000 en 1915-1916. Le point culminant est en 1917 lors du lancement de la mission par le gouverneur général de l'Afrique occidentale française Angoulvant et Blaise Diagne, seul député élu d'origine africaine. Le nombre de tirailleurs a fait plus que décupler pour atteindre un total de 183 000 hommes en 1917. Marc Michel dans son essai, L’Afrique dans l’engrenage de la Grande Guerre  écrit « Au total, l’Afrique fournit à la machine de guerre de la France les trois quarts des soldats mobilisés dans son empire, 170 000 Noirs de l’Afrique-­Occidentale française (AOF) et de l’Afrique-Équatoriale française (AEF), plus de 172 000 Algériens musulmans, près de 100 000 Tunisiens et Marocains, 40 000 Malgaches." Mais cette mobilisation ne va pas se faire sans résistance.

 

Les révoltes contre la levée des troupes

 

Le décret du 7 février 1912 institue le recrutement par voie de réquisition. Les administrateurs coloniaux fixent des quotas aux chefs de cantons qui répercutent auprès des chefs de villages. Mais face à l'effort de guerre et à " l'impôt du sang " des résistances se mettent en place. Des manifestations de mécontentement, des automutilations, des désertions, la présentation d'inaptes aux commissions de recrutement sont parmi les stratégies pour éviter l’enrôlement. Outre cette forme de résistance, trois révoltes importantes éclatent en 1915 et en 1917.

La première a lieu chez les Bambaras du Mali, près de Bamako en avril-mai 1915. Elle dure environ 6 mois, du printemps à novembre 1915.

La deuxième, éclate en novembre 1915 dans l'ouest de la Haute-Volta, l’actuel Burkina Faso, autour du gros village de Bouna. Les historiens la considèrent comme la plus grande révolte anticoloniale de l’Afrique noire française, qui a soulevé plus de 160 000 habitants dans plus de 500 villages. Pour faire face à une résistance inattendue, en février 1916, une colonne militaire est lancée, et organise une campagne de destruction systématique, avec 750 hommes et deux sections de mitrailleurs. Deux autres colonnes sont envoyées en avril 1916. Les dernières oppositions armées sont détruites en septembre. 110 villages sont détruits. Il aura fallu 9 mois et 2000 hommes pour réduire cette révolte au silence. Cette dernière entraine une baisse du nombre de recrutements.

En 1917, une nouvelle révolte affecte le nord du Dahomey et contraint Clémenceau à confier désormais la mission du recrutement au seul député noir d'Afrique, Blaise Diagne qui devient en 1917 commissaire général aux troupes noires avec rang de sous-secrétaire d'État aux colonies. Entre février et août 1918, il sillonne l'Afrique de Dakar à Bamako et essaye de convaincre ses "compatriotes" encore soumis au Code de l'Indigénat de venir se battre en France, tout en leur promettant des médailles militaires, une bonne solde, un certificat de bien manger, un habillement neuf et surtout la citoyenneté française une fois la guerre finie. " En versant le même sang, vous gagnerez les mêmes droits ", promet-il. Beaucoup de tirailleurs pensent ainsi que leur sacrifice leur vaudra le statut de citoyen français. Les primes de recrutement sont fortement augmentées. Il réussit de la sorte à mobiliser 63 000 soldats en AOF et 14 000 en AEF.

 

L’armée coloniale au combat

 

En août 1914, les premiers contingents de troupes coloniales arrivent en France. L’absence de permissions permettant aux « Indigènes » de revoir leurs proches, suscitent une profonde tristesse. Cette nostalgie liée aux douloureuses expériences de la guerre, provoque des suicides et certaines tentatives de mutilation.

Entre 1914 et 1918, les soldats de la « force noire » participent à toutes les batailles et offensives décisives. Le général Nivelle, qui remplace Joffre en décembre 1916, les envoie massivement à la mort. Une note du 21 janvier 1917, signée de sa main, demande de « ne pas ménager le sang noir pour conserver un peu de blanc ». Au matin du 16 avril 1917, plus de 15 000 tirailleurs sénégalais sont lancés à l’assaut des crêtes du Chemin des Dames. Nivelle a confié la 6e Armée à Mangin, devenu général, qui espère trouver là l’occasion de faire triompher ses idées sur la « Force noire ». Il a placé « ses » Sénégalais aux deux ailes, 20 bataillons, soit environ 15 000 hommes. Paralysés par le froid, ils sont fauchés par les mitrailleuses allemandes. Dans la seule journée du 16 avril, plus de 1 400 de ces tirailleurs meurent dans les combats pour la conquête du Mont des Singes, des fermes de Moisy et d’Heurtebise ou sur les pentes d’Ailles. Lors des deux premiers jours de l’offensive, les 16 et 17 avril, les tirailleurs sénégalais perdent de l’ordre des trois quarts de leurs effectifs. En trois jours, plus de 6 000 tirailleurs sont morts au Chemin des Dames. Ce qui reste de leurs unités doit être relevé le 18 avril. Mangin a gagné ici la sinistre réputation de « broyeur de Noirs » qui amène Nivelle à lui retirer, le 29 avril, le commandement de la 6e Armée.

 

La mutinerie de la Troupe Noire du 61ème BTS, la bataillon Malafosse

Les terribles désillusions de l’Offensive du Chemin des Dames occasionnent de nombreuses manifestations de mécontentements chez les combattants français. Les troupes coloniales sont chargées de surveiller et d’encadrer ces « mutins ». Mais au début du mois d’août, le 61e BTS du chef de bataillon Malafosse est également touché par des manifestations de « ras le bol ». L’unité a été engagée coup sur coup trois fois de suite avec des pertes effroyables le 16 avril au chemin des dames, à nouveau le 5 mai puis encore le 29 juillet à Heurtebize.

Cette mutinerie est caractérisée par le refus collectif de monter en ligne. Le 13 août à Maizy, une compagnie demande à être renvoyée au dépôt divisionnaire au moment où elle doit partir pour les tranchées. Alors que la venue du général Puyperoux semble débloquer la situation, une autre compagnie refuse de se rassembler. Le lendemain, 2 à 300 hommes restent en armes aux abords du camp en refusant de rallier le commandant. Les soldats réclament du repos et comparent leur situation à celle des autres bataillons moins exposés. Le mot d’ordre des mutins est clair « bataillon Malafosse n’a pas bon, jamais repos, toujours faire la guerre, toujours tuer Noirs ». Les meneurs sont arrêtés au milieu de leurs camarades mais ces derniers ne bougent toujours pas. Deux jours de repos leur sont accordés, ce qui finit par ramener l’ordre. Deux tirailleurs sont arrêtés, traduits en conseil de guerre le 23 août et condamnés à mort (Bala Taraoré de Guinée et Abdoulaye Yattara du Niger). La peine est commuée par le président de la République. Par ailleurs, le soldat Bikama Keita est fusillé le 13 septembre pour voies de fait contre un sergent le 29 avril précédent.

 

Le bilan

Les tirailleurs sénégalais ont été sur tous les fronts, mais en ont payé le prix fort. À la fin de la guerre, le pourcentage de soldats africains morts au combat s’élève à plus de 22 %.

La guerre de 1914-1918 marque un tournant dans la représentation de l'Afrique noire et de ses habitants. La propagande officielle vante tout au long du conflit la valeur des soldats noirs, leur "sauvagerie" se retournant contre celui qui symbolise alors la barbarie, le "Boche" (l'Allemand). L'Africain devient ce fidèle combattant, toujours souriant, souvent gauche : le mythe du " grand enfant " est en train de naître, immortalisé par la figure du personnage du tirailleur « Y'a bon » qui prend la place à partir de 1915, de la Martiniquaise qui figurait sur les premières boîtes de cacao de la marque Banania avant la Première Guerre mondiale. À la fin des années 30, le tirailleur est identifié dans l'imagerie populaire au célèbre personnage sur lequel Léopold Sédar Senghor, exprimant la révolte des Africains devant l'utilisation caricaturale de l'image du tirailleur, et du Noir en général, écrit ces deux vers : " Vous n'êtes pas des pauvres aux poches vides sans honneur / Mais je déchirerai les rires banania sur tous les murs de France. "

Mathilde Roux

 

Des mutineries de tirailleurs sénégalais en 1917

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #anti militarisme

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Publié le 26 Mars 2017

voici le discours prononcé par Hansi Brémond, pour la FNLP, au rassemblement pacifiste de Sartilly organisé par la LP de la Manche.

 

Amis, Citoyens, Camarades,

 

Je vous apporte ici le salut fraternel de la Fédération nationale de la Libre Pensée,  de son président Jean-Sébastien Pierre et de la Fédération nationale laïque des monuments pacifistes.

 

Je remercie les camarades de la LP50, les amis présents, notamment ceux de la Ligue des droits de l’Homme.

 

La Fédération nationale de la Libre Pensée se réclame depuis toujours de l’antimilitarisme internationaliste et pacifiste. Elle condamne toutes les guerres impérialistes et les « opérations extérieures » qui ne sont que relents de conquêtes colonialistes.

Le Congrès national de la Libre Pensée, réuni à Bourg-lès–Valence du 23 au 26 août 2016, a condamné les bombardements et les destructions menés partout dans le monde. La guerre est sur tous les continents et massacre des centaines de milliers d’hommes, de femmes, d’enfants et de vieillards.

 

Depuis maintenant trente ans, la Libre Pensée a repris le combat des Fusillés pour l’exemple de la première guerre mondiale.

Ces hommes, paysans et ouvriers français, envoyés au front pour se battre contre d’autres ouvriers et paysans allemands.

Ces hommes qui dans l’enfer des combats, dans l’horreur des tranchées ont refusé ce pas de plus vers l’ignominie, ont refusé la guerre, où ceux qui ont été pris au hasard par l’autorité militaire, ces hommes dont les généraux fusilleurs ont voulu faire des exemples, ont été assassinés par des balles françaises, exécutés par leur compagnon d’infortune.

 

Ce fut par exemple le cas, des caporaux Maupas, Lechat, Lefoulon, Girard fusillés pour l’exemple en mars 1915 car leur compagnie n’est pas sortie des tranchées.

Ils ont finalement été réhabilités notamment grâce à l’action de notre camarade ; Blanche Maupas aidée par Eulalie Lechat… Pour autant 639 fusillés pour l’exemple morts par la France ne le sont toujours pas.

 

ET aujourd’hui, les généraux et les plus hautes autorités de la République se refusent à réhabiliter ces fusillés pour l’exemple, 100 ans après.

Ils s’y refusent alors que des milliers de citoyens le réclament chaque 11 novembre, ils s’y refusent alors que 34 conseils généraux, 3 conseils régionaux et plus de 2000 communes ont pris position pour la réhabilitation collective des fusillés pour l’exemple.

 

Le président du Conseil général de Corrèze devenu président de la République a oublié ses promesses, préférant se glisser dans la peau d’un petit Napoléon accompagné de ses généraux qui décident dans les bureaux dorés de l’Elysée de la vie ou de la mort de milliers d’individus.

 

Tout semble plus simple quand on envoie des drones tueurs. On bombarde des pays au nom de la prétendue lutte contre le terrorisme…

 

Mais qui a créé le monstre qui attaque en France ? Qui l’a armé ? Qui le finance ? Hier comme aujourd’hui, nul ne peut porter la guerre sur un territoire voisin, nul ne peut décider des frontières à la place d’un autre peuple sans qu’il y ait des conséquences dramatiques.

 

Le traité de Versailles et l’humiliation imposée au peuple allemand a été l’un des terreaux du nazisme, les deux guerres du Golfe et la libanisation de la Syrie n’ont pu qu’engendrer un agrégat de milices exhumant le fantasme d’un califat qui n’a jamais existé.

 

"On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels" disait Anatole France. Aujourd’hui comme hier, la guerre est une affaire de gros sous.

 

 

Pendant que les peuples souffrent, les industriels d’enrichissent…

 

Le journal La tribune l’annonçait en février dernier ; Le marché mondial de l'armement est au plus haut depuis la Guerre froide[1]

Ce marché juteux atteint les 370,7 Milliards de dollars...la France arrive 4ème des exportateurs d’armes dans le monde et l’entreprise Dassault a augmenté ses bénéfices de 67.5% en 2016 !!![2]

Là aussi le parallèle avec les années précédant les guerres mondiales est saisissant.

 

Comme le relèvent nos amis du Mouvement de la Paix, les généraux ont obtenu du pouvoir politique actuel que le budget des armées passe de 31,6 milliards aujourd’hui à  41 milliards d’euros en 2020 et qu’à la demande de l’OTAN,  le budget de la dissuasion nucléaire double aussi, passant à 6 milliards à l’horizon 2030.

 

Camarades, le monde sent la poudre ;

 

Les budgets de la défense dans le monde ont fortement augmenté en 2016, atteignant 1 570 milliards de dollars[3]

 

TRump veut augmenter de 54 milliards de dollar le budget de la défense des USA d’ici a 2018.[4]

La chine va augmenter son budget militaire de 7% en 2017.[5]

La Russie a pour sa part augmenté son budget militaire de 215 % depuis 2000[6]

 

Je pense à chaque fois à cette question lue sur le net : « combien cela couterait de nourri le monde ? Moins cher que de le bombarder ! »

 

Et selon, les bien-pensants qui menacent l’humanité entière pour satisfaire leurs profits, il faudrait ne voir de menaces que dans la radicalisation de quelques milliers de barbares islamistes ?

 

N’y a-t-il de radicalisation que celle de ces barbares prêts à tuer au nom de l’islam ?

A écouter certains « chantres » de la civilisation occidentale, je pense a Zemmour ou BHL, prôner des interventions militaires dans tous les coins du monde, n’est-on pas en droit de se demander si ce n’est pas le monde entier qui se radicalise ?

 

Les récentes élections en Autriche, aux USA, l’évolution de la situation en Russie ou en Turquie, les politiques menées contre les droits des femmes en Espagne ou en Pologne, les discours sécuritaires et de plus en plus xénophobes de certains candidats aux présidentielles en France, l’Etat d’urgence, l’assignation à résidence de militants écolos lors de la cop 21; la tentative d’interdire des manifestations en France… Tout cela ne constitue-t-il pas une forme de radicalisation généralisée ?

 

Plus le système capitaliste est incapable de satisfaire les besoins de l’humanité, plus il entraine les peuples dans des régressions, plus les élites ont besoin de modèles autoritaires et du secours des religions pour contrer les aspirations des peuples…

Il ne s’agit pas d’une simple lutte d’idées déconnectées de la réalité mais bien des conséquences concrètes de l’économie pourrissante.

 

Les peuples ne veulent pas être sacrifiés sur l’autel du capital, les dominants ont de plus en plus de mal à contrôler les choses… Il leur faut durcir leur discours, museler la démocratie, contenir et diviser les peuples. Dans cette tâche, ils peuvent compter sur les religions, facteurs de haine, de divisions et de résignation.

 

Que faire ?

Comme Jaurès en 1914, nous pensons qu’il y a une issue :

 

Il déclarait  le25 juillet 1914 : « Quoi qu’il en soit, citoyens, et je dis ces choses avec une sorte de désespoir, il n’y a plus, au moment où nous sommes menacés de meurtre et de sauvagerie, qu’une chance pour le maintien de la paix et le salut de la civilisation, c’est que le prolétariat rassemble toutes ses forces qui compte un grand nombre de frères, Français, Anglais, Allemands, Italiens, Russes, et que nous demandions à ces milliers d’hommes de s’unir pour que le battement unanime de leurs cœurs écarte l’horrible cauchemar. »

En cette année 2017, nous devons également suivre les exemples des mutins ou des révolutionnaires russes de 1917 !!

 

Amis, Citoyens, Camarades,

 

Le combat pour la réhabilitation collective des fusillés pour l’exemple, notre combat pour le refus de la guerre, pour la liberté de conscience du citoyen n’est pas un combat d’arrière garde…

 

La suède vient de rétablir le service militaire, la Lituanie a rétabli le service militaire, et dans le programme de certains candidats en France ; il y a le rétablissement du service militaire !

 

Notre combat pour la réhabilitation des fusillés est un combat de  justice mais c’est aussi un appel à l’ensemble des jeunes à qui l’on refuse un avenir serein…

 

Ne vous soumettez pas !

 

 Cette revendication s’appuie sur la liberté humaine et contre l’oppression qui faisait dire à Emmanuel Kant, il y  a bien longtemps : « Mais j’entends présentement crier de tous côtés : Ne raisonnez pas !

L’officier dit : Ne raisonnez pas, exécuter ! , le financier dit : Ne raisonnez pas, payez, le prêtre dit : Ne raisonnez pas, croyez ! »

 

Parce que la mémoire se dilue, qu’il est important de rappeler sans cesse que la grande boucherie de 14-18 a aussi connu ses fusillés pour l’exemple, ces jeunes désignés par le doigt hasardeux et assassin des généraux.

 

Nous appelons à l’érection d’un monument réhabilitant les 636 Fusillés pour l’exemple. Nous dresserons ce monument de pierre, pour que le temps et la mémoire ne puissent l’effacer des prochaines générations, sur la ligne de front. Là où ils ont souffert, là où ils sont morts.

 

Nous le dresserons pour rappeler ces cinq ans de barbarie où « "la France se préparait à produire de 10 à 12 000 obus par jour ; à la fin, son industrie devait en produire 200 000 par jour. »

 

Encore aujourd’hui, comme la balafre infligée à la mémoire des familles des descendants de fusillés, on retrouve les traces de ces engins de morts comme l’éternel rappel de la folie des militaires. C’est bien contre les guerres, ceux qui la déclenchent, la préparent et la mettent en œuvre que nous dresserons ce monument. Nous le dresserons parce que nous sommes aussi la République.

 

Nous appelons ici chaque citoyenne, chaque citoyen, à faire un don pour ériger ce monument, il n’y a que les citoyens conscients qui inscriront ce message de paix qu’est la réhabilitation dans la pierre.

 

En juin prochain à Angers, se tiendra un rassemblement régional similaire au notre qui sera une étape de plus vers la réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple.

Au Mans, nous organiserons un évènement autour des mutineries de 1917 en octobre prochain…

 

Plus largement, les laïques et les démocrates doivent se rassembler !

C’est le sens de l’appel des laïques !

 

Comme Maupas, Lechat, Lefoulon, Girard, nous refusons d’obéir !!!

 

Que chaque libre penseur diffuse et discute de nos positions, que chacun d’entre nous aide les laïques, les démocrates et les progressistes à se rassembler dans toutes les luttes pour ne pas céder le moindre centimètre carré aux réactionnaires de tout poil.

 

 

Maudite soit la guerre, a bas toutes les guerres,

Réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple

 

 

 

[1] http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/le-marche-mondial-de-l-armement-au-plus-haut-depuis-la-guerre-froide-642341.html

[2] http://www.boursier.com/actualites/economie/les-etats-unis-dominent-toujours-le-marche-de-l-armement-mais-33843.html

[3] http://www.lepoint.fr/monde/budget-militaire-la-france-depensera-plus-que-la-russie-en-2017--12-12-2016-2089696_24.php

[4] http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/02/28/budget-militaire-les-faits-derriere-la-hausse-historique-de-donald-trump_5087086_3222.html

[5] http://www.france24.com/fr/20170304-chine-hausse-budget-militaire-2017-trump-menace

[6] http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/782687/evolution-depenses-militaires-monde-carte

discours au rassemblement pacifiste de Sartilly - 12 mars 2017

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Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 25 Mars 2017

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #annonces et infos lp 72, #Droit à la mort douce

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Publié le 4 Mars 2017

Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Egalité, #liberté de conscience et de corps

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Publié le 3 Mars 2017

Chers amis,

Je ne suis pas historienne, l’exposé qui va suivre sera simplement la vision d’une citoyenne qui s’est intéressée à la question des droits de l’homme à l’occasion de la dernière fête du 14 juillet à Courdemanche, avec l’aide d’ailleurs de personnes présentes dans cette salle aujourd‘hui.

Je vais aborder la question des droits de l’Homme sur le plan historique. Je parlerai des droits de la femme et de l’enfant et terminerai par la vision internationale des droits de l’Homme.

 

La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen

votée le 26 août 1789 par la toute jeune assemblée nationale (17 juin les députés  du tiers considérant qu’ils représentent 96% de la nation se déclarent eux-mêmes AN ; devient le 9 juillet AN constituante ; le 3 septembre 91, met en place une monarchie constitutionnelle) est le texte fondamental de la Révolution française.

 

Nous nous intéresserons en premier lieu à l’historique

I On peut fixer les origines de la déclaration des droit de l’homme et du citoyen d’un point de vue philosophique et juridique

1 Voyons les PRINCIPAUX ASPECTS PHILOSOPHIQUES

Ils s’inscrivent dans une  très longue évolution dont on peut marquer la naissance dés *l’Antiquité : au 5ème siècle avant notre ère les philosophes grecs proclament que tous les hommes sont égaux de nature (bien évidemment les esclaves en sont exclus). Platon et son disciple Aristote parlent du principe d’une NATURE UNIVERSELLE de l’homme ; les fondements de la vie humaine en communauté sont la Liberté, l’Egalité et la Justice (déjà !)

Puis remarquons une étape fondamentale

*Au XIIIème siècle en Angleterre la Grande Charte des Libertés, dite Magna Carta de 1215, confirmée en 1297 remet en cause l’arbitraire royal en instituant trois idées essentielles que sont

-le gouvernement par la loi,  limitant les pouvoirs féodaux,

-la séparation des pouvoirs et

-la garantie des libertés.

Enfin

*Au XVIIIème siècle, se développent l’humanisme et la liberté de penser. Les philosophes du siècle des Lumières, à la recherche de  ce qu'est l'Homme, puisent dans les racines de la philosophie antique, du courant scientifique prôné au XVIème siècle par Copernic, puis au XVIIème siècle par Galilée ; de même, ils se réfèrent à la théorie de la gravitation universelle énoncée par Newton dans ses Principia (fin XVIIème siècle), sans oublier les sciences politiques nées des écrits de Montaigne et de la Magna Carta. Ils cherchent à comprendre ce qui pourrait justifier les différences que l'on observe entre les riches et les pauvres, les puissants et les misérables.

 

C’est ainsi que

*Le Siècle des lumières qu’il est d’usage de dater de 1715 à 1789, amène un profond changement des mentalités. La connaissance, l’esprit critique et la réflexion politique se développent. La tolérance aux croyances des autres devient une valeur positive.

La tête de file en est Voltaire. Il se bat contre le fanatisme religieux, et lutte dans ses écrits pour la tolérance et la liberté de penser. Il est pour ses écrits emprisonné 11 mois à la Bastille et doit plus tard s’exiler en Angleterre, puis en Suisse.   

Diderot  et d’Alembert rédigent l’Encyclopédie, ou dictionnaire raisonné des arts et des métiers en 28 volumes, écrite sur 24 ans qui a pour but de mettre le savoir à la portée de tous. Cible de la censure en France, elle est achevée dans la clandestinité.

Rousseau avec son Contrat Social ou Principe du droit politique apporte sa vision nouvelle de la philosophie politique. Il affirme le principe de souveraineté du peuple appuyé sur des notions de liberté, d’égalité, et de volonté générale.

A cette époque, les conditions de vie sont très dures pour la majorité de la population. La lecture toutefois commence à se démocratiser : de plus en plus de personnes de classes "moyennes" peuvent lire les travaux des encyclopédistes, les articles de journaux se développent : les idées des Lumières se répandent !

 

2. Voyons maintenant comment ces idées se sont retrouvées traduites dans des Constitutions qui précèdent la Déclaration des droits de l’Homme et l’ont inspirée.

- En premier lieu tout d’abord citons la  République Corse de Pascal Paoli de 1755, la première république démocratique moderne d’Europe, qui institue la séparation des pouvoirs législatif et exécutif et le suffrage universel ; la convention accordait déjà le droit de vote aux femmes célibataires ou veuves

- Vint ensuite la République américaine. Inspirée par la constitution de Pascal Paoli, la convention est adoptée en premier lieu par la Virginie en 1776 puis ratifiée entre 1787 et 1790 par les 13 Etats de la fédération de l’époque, sous la présidence de Georges Washington.

 

 

II Revenons maintenant en France avec à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen proprement dite

Comme nous l’avons vu plus haut, alors qu'en Angleterre le pouvoir absolu du roi est limité depuis la Grande Charte de 1215, en France la royauté reste absolue : n'importe qui peut être emprisonné arbitrairement. Il n'y a pas de liberté de conscience, l'Eglise règle les croyances et la morale.

La revendication d'une place nouvelle dans la société pour chaque individu est inscrite le 26 août 1789 dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, votée je le rappelle, par les représentants du peuple français constitués en Assemblée nationale

 

1 SA FORME

La déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 comporte un préambule et dix-sept articles écrits dans une langue claire et concise, mais disposés sans grande logique

Les auteurs ont voulu faire une déclaration de principe de portée UNIVERSELLE, comme nous allons le voir tout de suite

 

2 SON CONTENU

  •  

LE PREAMBULE

Son préambule pose le principe des droits « naturels, inaliénables et sacrés de l’Homme, par conséquent imprescriptibles applicables en tous temps et en tous lieux ».

 

LES 17 ARTICLES

Rassurez vous je ne vais pas vous lire les 17 articles, mais seulement souligner qu’elle définit  4 droits imprescriptibles de l’homme tels qu’identifiés par la philosophie des lumières au XVIII° siècle

 

1) La  LIBERTE (art1 et 2) sous diverses formes :

LIBERTES INDIVIDUELLES : (art 7 à 9) notamment face au droit pénal : présomption d’innocence, obligation d'une motivation légale.

DE PENSEE ((art 10 et 11)

DE LA PRESSE (art 11)

DE CROYANCE (art 10)

La LIBERTE étant définie comme le droit de faire tout ce qui ne nuit point à autrui (art 4 et 5)

2) la PROPRIETE, inviolable et sacrée (art.17)

3) la SURETE

4) et enfin  la « RESISTANCE A L’OPPRESSION » des députés contre la monarchie

 

 

2) L'EGALITE ne fait pas partie des droits imprescriptibles, mais l'article premier affirme que les hommes « naissent et demeurent libres et égaux en droits . Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. Ce principe se retrouvera constamment repris dans la législation révolutionnaire et républicaine, puis dans les déclarations de droits internationales, en s’étoffant, comme on va le voir.

3) LA FRATERNITE ne fait pas partie de la déclaration des droits de l’homme, mais apparaît le 14 juillet 1790 lors de la Fête de la Fédération sur le champ de Mars

 

 

QU’APPORTE LA DECLARATION DE 1789 ?

C’est une déclaration de principe de portée universelle contre l’absolutisme de l’ancien régime et la toute puissance du clergé

Née de la révolution bourgeoise de concert avec le peuple et la paysannerie, elle insiste surtout sur la destruction des privilèges et de ses abus.

La déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 comporte cependant  bien des lacunes : elle ne mentionne pas la liberté d'association ou d'enseignement, le droit au travail ou à l'instruction ; elle ne se soucie pas non plus des inégalités économiques et de l'oppression qui peut en résulter.

 

 Mais surtout, les femmes et les enfants, sans statut juridique, en sont exclus

 

LES DROIT DE LA FEMME, parlons-en.

En 1791 une femme Olympe de Gouges rédige en miroir de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen la déclaration des droits de la Femme et de la Citoyenne (art.1 : « la femme naît libre et demeure égale à l’homme en droit »), partant du principe que « La femme a le droit de monter sur l’échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la Tribune »

En effet sous l’ancien régime, la femme est une incapable majeure, elle doit obéissance à son père puis à son mari, elle est ignorée dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. La Convention refuse ce projet qui n’a donc pas eu de valeur légale, mais a une importance historique comme première déclaration universelle des droits humains.

Il y aura une petite avancée en 1792 lorsque la loi permet le divorce par consentement mutuel, avancée vite abolie en 1808 dans le code civil (Napoléon) qui institutionnalise l’infériorité de la femme qui « doit obéissance à son mari », celui-ci doit « protection à la femme ». On revient sur ce point à la condition de la femme sous l’ancien régime….

Il faudra attendre le Front populaire pour que l’incapacité civile de la femme mariée soit supprimée en 1938 : elle peut avoir une carte d’identité et un passeport, ouvrir un compte en banque, s’inscrire en faculté, par exp, sans l’autorisation de l’époux . Au mari : la fixation de résidence, la possibilité de s’opposer à l’exercice d’une profession et l’exercice de l’autorité paternelle. C’est seulement en 1944  que les femmes obtiennent les droits de vote et d’éligibilité qui deviennent alors à proprement parlé « universels ». C’est seulement en 1965 qu’une femme mariée peut exercer une profession sans l’accord de son mari et en 1975 que le législateur réintègre le  divorce par consentement mutuel.

 

Les Droits de l’Enfant

 

Les philosophes des Lumières abordent, les premiers, la question des droits de l’enfant, surtout du point de vue de l’éducation. Jean-Jacques Rousseau, dans son livre Emile ou De l’Education présente la pédagogie comme devant être attentive aux besoins de l’enfant.

 

- Il faudra attendre le milieu du XIX° siècle pour que le travail des enfants soit encadré  et progressivement interdit, en France et en Angleterre.

 

C’est ainsi qu’en 1841,  une première loi sur le travail des enfants est votée en France : les moins de 8 ans ne peuvent pas travailler dans une manufacture, et pour les plus de 8 ans, la journée est fixée à 8 heures de travail maximum, le travail de nuit étant interdit aux moins de 13 ans.

 

En 1889 , en France et en Angleterre, sont promulguées des lois sur la protection des enfants maltraités.

 

Au niveau international, les droits de l’enfant sont reconnus par la Société des Nations en 1924, et une étape opérationnelle est franchie après la seconde guerre mondiale, avec la création de l’UNICEF (Fonds des Nations unies de secours d’urgence à l’enfance), et la prise en compte des droits des enfants dans plusieurs  déclarations de l’ONU à partir de 1948. 

 

La  Convention internationale relatives aux droits de l'enfant (CIDE), énonce 4 grands principes :

-la non-discrimination (art.2),

-l’intérêt supérieur de l’enfant (art.3),

-son droit de vivre, de survivre et de se développer (art.6), et

-le respect des opinions de l’enfant (art.12).

 

La Convention CIDE est entrée en vigueur le 7 septembre 1990 : sur les 197 États signataires de la Convention, 196 ont ratifié la Convention. Les Etats-Unis  n’ont pas ratifié la Convention, cela serait dû au fait que certains États américains souhaitent pouvoir emprisonner des mineurs. La Cour suprême américaine acceptait que des États américains condamnent à mort des enfants jusqu’en 2005

La Somalie, le Soudan du Sud et la Palestine sont les derniers signataires en date.

 

Deux protocoles importants viennent prolonger la CIDE :

- à l’initiative de l’UNICEF, le congrès international de Stockholm d’aout 1996 déclare s’opposer à la vente d’enfants (GPA ?)à leur prostitution, et à leur implication dans la pornographie.

- la convention de Genève à l’initiative du Bureau international du travail (BIT) concernant l’interdiction des pires formes de travail de l’enfant du Bureau International du Travail de juin 1999  est entrée en vigueur en 2000

 

Et de nos jours qu’en est-il des droits de l’homme et du citoyen ?

 

 

- SUR LE PLAN NATIONAL

Regardons comment les Droits de l’Homme sont repris dans les deux Constitutions françaises d’après guerre

*Le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 (IV °République) reprend celui de la déclaration de 1789.

 Issu d’un contexte politique marqué par le programme de la Résistance, compromis entre le parti communiste français et la démocratie chrétienne, ce large préambule a quasiment la valeur d’une nouvelle Déclaration des droits de l’homme. Les principes politiques, économiques et sociaux y sont largement développés et seront consacrés par le Conseil constitutionnel.

 

La décision du 15 janvier 1975 du Conseil Constitutionnel consacre notamment le droit à la santé, l’égalité entre hommes et femmes, le droit d’asile, la liberté syndicale, le droit à l’emploi, le droit de grève.

 

 

                                                                                                                                         *Le préambule de la Constitution du 4 octobre 1958 (V° République) renvoie à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et au préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 : « le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l’homme et au principe de souveraineté nationale, tels qu’ils sont définis par la Déclaration de 1789, confirmée et complétée par le préambule de la Constitution de 1946 »

 

La décision du 16 juillet 1971 du Conseil Constitutionnel, relative à la liberté d’association, donne une valeur constitutionnelle au préambule de la Constitution de 1946 et à la Déclaration des droits de l’homme de 1789 en consacrant des textes qui n’étaient que déclaratoires

 

 

 

  • Sur le plan international

  •  

les Droits de l'Homme sont-ils une vision "occidentale" du monde ? Sont-ils valables pour tous les peuples, pour tous les êtres humains ?

 

Pour les peuples opprimés aux XIX° et XX° siècles (juifs d’Europe de l’est, Arméniens…), la France représente le pays des libertés et beaucoup ont trouvé refuge en France pour fuir les pogroms et les destructions de masses

Au XX° s des institutions sont venues réglementer les droits de l’homme à l’échelle internationale

Créée à la suite à la première guerre mondiale la Société des nations (SDN) qui se voulait le rempart à tout nouveau conflit, a été hélas impuissante à l’éviter

A nouveau aprés la deuxième guerre mondiale et la création de l’ ONU (Organisation des Nations Unies) en 1945, la communauté internationale jure de ne plus jamais laisser se produire des atrocités comme celles commises pendant ce conflit.

 

Le 10 décembre 1948, les 58 Etats membres qui constituaient alors l’Assemblée générale ont adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme à Paris.

Elle proclame dans son article 1 : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »

 

La portée juridique de cette Déclaration est faible. Il s’agit d’une résolution de l’Assemblée générale de Nations unies. Elle n’a donc pas la valeur juridique d’un traité international, c’est-à-dire qu’elle n’a pas de dimension contraignante.

 

En revanche, la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, signée à Rome le 4 novembre 1950 et entrée en vigueur le 3 septembre 1953 rend contraignants certains droits comme par exemple:

  • Interdiction de la torture et des traitements inhumains

  • Interdiction de l’esclavage et du travail forcé

  • Droit à la liberté et à la sûreté,

  • Droit à un procès équitable

  • Droit au respect de la vie privée et familiale

  • Liberté de pensée, d’expression, de conscience et de religion, de réunion et d’association

 

 

  • Plus près de nous, la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne du 18 décembre 2000 énonce : « Est interdite, toute discrimination fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, les origines ethniques ou sociales, les caractéristiques génétiques, la langue, la religion ou les convictions, les opinions politiques ou toute autre opinion, l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance, un handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle. »

 

Cependant les droits de l’Homme sont souvent bafoués aujourd’hui dans le monde, comme la torture et la peine de mort

La torture

La torture est proscrite par le droit international depuis la fin de la seconde guerre mondiale..

La Convention  de l’ONU contre la torture de 1984 exige de tout Etat qu’il prenne « des mesures pour empêcher que des actes de torture soient commis dans tout territoire sous sa juridiction », indiquant « qu’aucune circonstance exceptionnelle, quelle qu’elle soit ne justifie la torture », écartant toute évocation d’ordre supérieur (même pour sauver des vies, argument fallacieux utilisé lors de la guerre d’Algérie).

Toutefois, la torture est encore pratiquée de par le monde, que ce soit en secret ou sous couvert de législations entretenant le flou sur la question. Il existe une Coalition des ONG internationales contre la torture (CINAT) qui regroupe Amnesty International, l’Association pour la prévention de la torture (APT), la Commission internationale de juristes (CIJ), …

En 2014, Amnesty International s’alarme de la « normalisation » des actes de torture dans 141 pays : notamment le Mexique, les Philippines, le Maroc, le Nigéria et l’Ouzbékistan. Elle dénonce la pratique « en plein essor » de ces sévices, « normalisés » par la guerre contre le terrorisme et « glorifiés » par des sériés télévisées.

 

 

La peine de mort

Aujourd’hui, plus des deux tiers des pays du monde ont aboli la peine de mort en droit ou en pratique : 103 Etats ont aboli la peine de mort pour tous les crimes, et certains ne l’appliquent plus bien qu’ils ne l’aient pas abolie, soit 141 Etats au total. En revanche, la peine de mort est toujours appliquée dans 58 Etats et territoires. Parmi ces derniers, on peut citer les Etats-Unis, le Japon, la Chine, la Biélorussie, Cuba, la Thaïlande, …

Dans certains pays comme le Pakistan , la Chine,  la Corée du Nord, l’Iran et l’Arabie saoudite, les gouvernements continuent de se servir de la peine de mort pour éliminer la dissidence politique.

D’autres signaux alarmants : en 2016, le populiste Président des Philippines Duterte se compare à Hitler et se dit heureux de massacrer les drogués. En Turquie, le président Erdogan menace de rétablir la peine de mort. Les Etats Unis ont encore recours dans certains Etats à la peine de mort, et sous Georges Busch fils ont légitimé la torture sous prétexte de légitime défense après le 11 septembre.

 

En conclusion. La déclaration des droits de l’Homme a résulté d’une longue évolution de nos sociétés, depuis l’antique modèle Grec, jusqu’aux philosophes des lumières, en passant par la Charte d’Angleterre. Elle s’est étendue tardivement aux femmes et aux enfants. Elle a acquis progressivement une reconnaissance internationale.  Ses acquis sont cependant encore fragiles, ils exigent que l’on reste mobilisés  pour les défendre.

les droits de l'Homme par Dominique V, le 21 janvier 2017 à Courdemanche

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Publié le 18 Février 2017

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Publié le 12 Février 2017

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Publié le 22 Janvier 2017

Le nouveau bulletin de la Libre Pensée de la Sarthe vient de sortir, voici l'édito.

Vous avez dit radicalisation ?

 

C’est un des termes revenu au devant de la scène depuis quelques années. Pour le Larousse il s’agit de l’action de se radicaliser, c’est-à-dire de rendre « un groupe, son action plus intransigeant, plus dur ». Pas un jour sans que les médias ne parlent de la dramatique radicalisation de jeunes d’ici ou d’ailleurs. Ceux-ci se radicalisent, bien souvent, sur les réseaux sociaux, en adoptant la vision du monde et les modes d’action de groupes islamistes, fanatiques et terroristes tels que Daesh.

Avec les attentats qui ont touchés la France, l’Allemagne ou encore l’Irak, ces radicalisés musulmans usent de la violence la plus abjecte pour répandre la terreur et imposer leurs croyances. Nous ne sommes pas dupes, nous combattons les dogmes de toutes les religions y compris de l’islam, pour autant, nous comprenons bien que ces fous de dieu ne représentent pas l’immense majorité des croyants et des musulmans.

Aussi, notre devoir est de combattre les atteintes aux libertés d’où qu’elles viennent, de quelque camps que ce soit mais aussi de comprendre la situation le plus clairement possible. Alors quand certains récupèrent cette radicalisation islamiste pour pointer du doigt tous les individus supposés ou réellement musulmans, nous ne nous laissons pas tromper. Cette grossière manœuvre, tout comme les attentats, vise à diviser les peuples en communautés « religieuses », « ethniques » et/ou « culturelles » et nous prépare une guerre des « civilisations » ; ce concept si cher à Huntington ou Zemmour.

Ceux qui usent et abusent de cette stigmatisation, qui s’érigent en défenseurs de l’occident chrétien face à l’envahisseur « arabo-musulman », ne sont ils pas eux aussi des radicalisés ?

N’y a-t-il de radicalisation que celle de ces jeunes prêts à tuer au nom de l’islam ? Certes la radicalisation de Zemmour et autres réactionnaires à la sauce « identité nationale » est moins spectaculaire et ne provoque pas encore de morts… encore que…

A voir ces radicalisés s’exprimer, à écouter ces « chantres » de la civilisation occidentale prôner des interventions militaires dans tous les coins du monde, n’est-on pas en droit de se demander si ce n’est pas le monde entier qui se radicalise ?

Les récentes élections en Autriche, aux USA, l’évolution de la situation en Russie ou en Turquie, les politiques menées contre les droits des femmes en Espagne ou en Pologne, les discours sécuritaires et de plus en plus xénophobes des candidats aux présidentielles en France, l’Etat d’urgence, l’assignation à résidence de militants écolos lors de la cop 21; la tentative d’interdire des manifestations en France… Tout cela ne constitue-t-il pas une forme de radicalisation généralisée ?

Plus le système capitaliste est incapable de satisfaire les besoins de l’humanité, plus il entraine les peuples dans des régressions, plus les élites ont besoin de modèles autoritaires et du secours des religions pour contrer les aspirations des peuples…

L’aggravation de la crise économique en 2008, a accéléré ce processus tant et si bien que dans de nombreux pays l’alternative électorale se résume à « peste ou choléra ». Il ne s’agit pas d’une simple lutte d’idées déconnectées de la réalité mais bien des conséquences concrètes de l’économie pourrissante. Les peuples ne veulent plus être sacrifiés sur l’autel du capital, les dominants ont de plus en plus de mal à contrôler les choses… Il leur faut durcir leur discours, museler la démocratie, contenir et diviser les peuples. Dans cette tache, ils peuvent compter sur les religions, facteurs de haine, de divisions et de résignation.

Pour notre part, nous avons choisi notre camp; nous sommes radicalement du côté des libertés individuelles et collectives. Nous sommes radicalement du côté des opprimés, du coté des défenseurs des droits de l’Homme, du côté du progrès social, de l’égalité des sexes, et de la défense et de la promotion, partout dans le monde, de la séparation entre les Etats et les religions.

La situation se contracte partout, les laïques et les démocrates doivent se rassembler ! C’est le sens de l’appel des laïques ! C’est aussi ce qui explique que nos effectifs progressent encore cette année. Que 2017 soit une année d’intense promotion de nos idées, que chaque libre penseur diffuse et discute de nos positions, que chacun d’entre nous aide les laïques, les démocrates et les progressistes à se rassembler dans toutes les luttes pour ne pas céder le moindre centimètre carré aux réactionnaires de tout poil.

Hansi Brémond

 

Vous avez dit radicalisation ?

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Publié le 11 Janvier 2017

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Publié le 26 Décembre 2016

A l’occasion du 9 décembre 2016, jour anniversaire de la promulgation de la loi de 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat

C’est peu de dire que la laïcité va mal : malmenée, manipulée, vilipendée, on n’ose plus s’affirmer laïque par peur des amalgames et des contresens. Principe de paix, elle serait devenue sujet de discorde. Principe d’unité par-delà les différences, on lui assigne des fins identitaires.

L’extrême-droite, de tradition pourtant anti-laïque depuis toujours, veut s’approprier le mot pour mieux distiller son venin xénophobe. Hier les juifs, les arabes, aujourd’hui les musulmans. On ne peut se réclamer de la laïcité quand on soutient les prières de rue quand il s’agit de l’église Sainte Rita mais qu’on les condamne quand elles se font aux abords des mosquées. On n’est pas laïque, quand on se fait le porte-parole des discours les plus réactionnaires du Vatican en appelant à la suppression du Planning familial.

Non, l’Islam ne serait pas par nature plus hermétique aujourd’hui à la laïcité que ne l’était le culte catholique en 1905. La laïcité n’a pas à s’adapter à une religion, de même qu’aucun croyant ne peut réclamer de droits particuliers. La République est séparée des religions, elle n’a pas à organiser les cultes.

Nous, militants laïques, par-delà parfois des divergences d’analyse, en appelons à la constitution d’un front commun autour des fondements de la laïcité républicaine, telle que définie par la loi de 1905. Être laïque, c’est reconnaître que l’État assure en même temps la liberté de conscience - croyant et non croyant - et le libre exercice des cultes. Être laïque, c’est affirmer que l’État ne doit reconnaître, salarier ou subventionner aucun culte. Par conséquent la République ne tranche pas parmi les cultes plus ou moins respectables : elle demeure indifférente dans la seule limite du respect de l’ordre public et des lois communes.

Ses Elus et représentants doivent conserver cette neutralité dans leurs fonctions. La République ne juge personne selon ses croyances ou appartenances présumées. Elle accorde à l’Ecole publique la noble mission d’instruire les enfants : c’est par conséquent à elle que l’État doit accorder les fonds nécessaires aux défis que porte l’Ecole aujourd’hui.

Nous, militants de la cause laïque, appelons à la plus grande vigilance contre toute tentative de détourner la laïcité de ses objectifs. En cette date anniversaire de la loi de 1905, nous en appelons au respect plein et entier  de ses principes fondateurs. La laïcité organise l’espace public et donne sens à la citoyenneté républicaine qui garantit la démocratie. Ce n’est ni une police de la pensée, ni une option philosophique parmi d’autres valeurs particulières.

La loi de 1905 est une loi de liberté qui permet toutes les autres libertés. Elle doit donc être préservée.

Premiers signataires : Giuseppe Aviges (vice-Président de l’Union Nationale Lycéenne – UNL), Serge Bacherot (Président de Jeunesse au Plein Air 21), Quentin Baillon (Président de l'association Le poing commun),  Alain Barbier (Secrétaire général de l'UFR de la FERC-CGT), Martine Barthélémy (Directrice de recherche CEVIPOF Sciences Po), Hervé Basire (Secrétaire général de la FERC- CGT), Jean Baubérot (ancien titulaire de la chaire Histoire et sociologie de la laïcité à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes), Eric Bauchelard (Secrétaire départemental de la FSU 34), Thierry Beaudet (Président de la MGEN), Christian Beauvais (Délégué général de la Fédération du Pas-de-Calais et de l’Union Régionale des Hauts-de-France de  la Ligue de l’enseignement), Didier Belier (Président de la Ligue de l’enseignement 29), Nadia Bellaoui (Secrétaire générale de la Ligue de l’enseignement), André Bellon (Association pour une Constituante), Roger Belot (militant Économie Sociale et Solidaire), Foudil Benabadji (Référent aumônier des prisons et des hôpitaux 73), Hassan Benhsain (Président de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne – FIDL), Daniel Bénichou (Président de l’Association Le Chevalier de la Barre), Jean-Paul Benoit (Président de la Fédération des Mutuelles de France – FMF), Roland Berthilier (Président de l’ESPER, L’Economie Sociale Partenaire de l’Ecole de la République), Roland Biache (Délégué général de Solidarité Laïque), Daniel Boitier (Membre du Comité central de la Ligue des Droits de l’Homme), Jean-Marie Bonnemayre (Président du CNAFAL), Edith Boulanger (Commission « Laïcité » du Mouvement de la Paix), Edouard Brézin (Président de l'Union Rationaliste, Ancien Président de l'Académie des Sciences), Marcel Caballero (Président d'honneur de l'Institut de Coopération Sociale Internationale (ICOSI) - vice-Président du Centre international de recherche et d'information sur l'économie publique, sociale et coopérative CIRIEC), Monique Cabotte-Carillon (Présidente du CEDEC : Chrétiens pour une Eglise Dégagée de l'Ecole Confessionnelle), Daniel Callewaert (Président fondateur du Cercle  Laïque Maria et Gustave Dron – Tourcoing), Jacques Calvier (militant laïque), Jean-Luc Cazaillon (Directeur général des CEMEA), Jean-Yves Cerfontaine (Président du Cercle Laïque Jean Macé et ancien Secrétaire national de la FEN), Bernard Chardonnel (Président du Cercle Condorcet de Savoie), Guy Cirla (Président de la Ligue de l’Enseignement de l’Ariège), Jean Combasteil (ancien député), Charles Conte (Chargé de mission laïcité à la Ligue de l’enseignement), Guy Coq  (administrateur  de   Confrontation et Membre de l'OFC), Philippe Corcuff  (Maître de conférences de Sciences po à l'IEP de Lyon), Jean-Jesus Cuenca (Secrétaire CNT 03 - FA), Dominique Dattola (Auteur réalisateur humaniste, citoyen du monde), Bernard Dediban (FSU 31), Claude Dejean (Présidente du Cercle Condorcet de l'Ariège, Vice- présidente de la Ligue de l'Enseignement, Fédération de l'Ariège), Bob Deville (Président d’honneur de la Fédération des Œuvres Laïques 69), Abdoulaye Diarra (membre du Bureau national de l’Union Nationale des Etudiants de France – UNEF), Jean-Pierre Djukic (SNES FSU), Bernard Dreano (Président du CEDETIM), Jean-Michel Ducomte (Président de la Ligue de l’Enseignement), Françoise Dumont (Présidente de la Ligue des Droits de l’Homme), Michel Eliard (Docteur ès-lettres, Professeur émérite des Universités), Philippe Enclos (Secrétaire national SNEP-SUP-FSU), Laurent Escure (Secrétaire général de l’UNSA-Education), Christian Eyschen (vice-Président de la Libre Pensée), Luc Farré (Secrétaire général UNSA fonction publique), Philippe Forget (essayiste), Judith Fouillard (Secrétaire nationale de la FSU), Anne-Marie Franchi (ancienne Vice-présidente de la Ligue de l’Enseignement et  ancienne Secrétaire générale des DDEN), Jean-Claude Frey (Président d'un groupement de mutuelles interprofessionnelles), Mireille Fridman (militante laïque de Toulouse), Yves-Jean Gallas (Président du Comité francilien du Mouvement de la Paix), Gabriel Gaudy (Secrétaire général de l’Union régionale Ile-de-France FO, libre penseur), Maurice Gelbard (Chercheur), Jacques Gelly (Président de l'Union Régionale des Fédérations des Œuvres Laïques Auvergne Rhône-Alpes de la Ligue de l'enseignement), David Gozlan (Secrétaire général de la Libre Pensée), François Grasa (secrétaire général FO cheminots), Anne-Marie Harster (vice-Présidente de Solidarité laïque), Claude Hollé (Secrétaire général de Laïcité d’Accord), Pascal Joly (Secrétaire général de l’Union régionale Ile-de-France de la CGT), Dadou Khel (Président du groupe "diversité/laïcité" de la Ligue de l'enseignement), Annie Lacroix-Riz (Professeur émérite d’histoire contemporaine, université Paris 7), Pascal-Eric Lalmy (Conseiller municipal d'Osny - 95), Hélène Langevin-Joliot (Présidente 2004-2012 de l'Union rationaliste), Lilâ Le Bas (Présidente de l’Union Nationale des Etudiants de France – UNEF), Jo Le Lameur (Président de la Fédération Française de Crémation), Polo Lemonnier (Secrétaire national de la FSU), Jacky Lesueur (syndicaliste), Jean-Claude Mailly (syndicaliste), Gilles Manceron (Membre du Comité central de la Ligue des Droits de l’Homme), Paul Markidès (vice-Président de l’Association Républicaine des Anciens Combattants), Roger Martelli (codirecteur du magazine Regards), Jean-Claude Martin (Recteur d’Académie et Président honoraire d’Université), Philippe Martinez (Secrétaire général de la CGT), Jean-Luc Mélenchon (Eurodéputé), Michel Miaille (Professeur honoraire à l'Université de Montpellier, Président de la Ligue de l'Enseignement de l'Hérault), Roland Monnet (Président du Cercle républicain Quinet Briand 01), Maurice Montet (militant pacifiste), Liliana Moyana (Présidente de la FCPE), Pascal Nakache (Avocat, membre du Comité Central de la Ligue des Droits de l’Homme), Michel Naud (ingénieur, chef d'entreprise, rationaliste scientifique), Gauthier Ngumbu (Président de la Ligue de l’Enseignement de Haute-Garonne), David Noël (Conseiller municipal PCF Hénin-Beaumont), Françoise Olivier-Utard (militante laïque), François Otto (Président de la Ligue des Droits de l’Homme - Sète), Rémy Pech (Professeur émérite et Président honoraire de l'Université de Toulouse - Jean Jaurès), Jean-Claude Pecker (Membre de l’Institut, Professeur au Collège de France), Franck Pecot (Secrétaire général SNEP UNSA), Yan Perotte (syndicaliste), Jean Louis Petriat (Président d’Honneur du Groupe GMF et de la FNAC), Catherine Picard (ancienne Députée), Jean-Sébastien Pierre (Président de la Libre Pensée), Bernard Quelquejeu (membre de l'Observatoire Chrétien de la Laïcité, co-fondateur du Groupe International, Interculturel, Interconvictionnel G3i), Jean-Michel Quillardet (l’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires), Jean-Robert Ragache (Historien et  Ancien Grand Maître du Grand Orient De France), Hubert Raguin (syndicaliste), Jean-Marc Raynaud (responsable des Editions libertaires), Caroline Rebhi  (co-Présidente du Mouvement Français pour le Planning Familial), Liliane Rehby (Secrétaire nationale de l'ARAC), Alain Reuter (vice-Président du Conseil régional de Picardie), Jean Riedinger (Secrétaire  de l'Observatoire Chrétien de la Laïcité), Jean-Claude Robert (Inspecteur d’académie honoraire), Guy Robillart (Président du cercle Jean Macé de Strasbourg), Johannés Robyn (Président de l’Union des Athées - France), Patrice Rolland (Professeur de droit public), Joël Roman (Président de Islam et laïcité), Jean-Luc Romero (Président de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité), Pierre Roy (Président de la Fédération nationale laïque des Associations des Amis des Monuments Pacifistes, Républicains et Anticléricaux), Stéphane Russo (président de Jeunesse au Plein Air – 34), Frank Sammeth (Président de la société d'histoire du radicalisme), Jean-Marc Schiappa (Président de l’Institut de Recherche et d’Etudes de la Libre Pensée), Benoit  Schneckenburger (Philosophe), Xavier Schneider (Secrétaire général de la FCPE 67), Véronique Sehier (co-Présidente du Mouvement Français pour le Planning Familial), Georges Sérignac, André Sirota (Président de l’Association nationale des CEMEA), Patrick Staat (Secrétaire général de l’ARAC), Benjamin Stora (Historien), Michèle Talfer (Bureau de l’Union rationaliste), Dominique Thys (Président de Solidarité laïque), Bernard Toulemonde (Inspecteur général honoraire de l'Education nationale), Pierre Tournemire (vice-Président de la Ligue de l’Enseignement), Michel Tubiana (Président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme), Cédric Turcas (Secrétaire général de l’UL-CGT de St Nazaire), Raphaël Vahé (Président de l’ARAC), Michel Vovelle (Historien), Louis Weber (Syndicaliste), Valentine Zuber (Historienne ou Directrice d’études à l’Ecole pratique des hautes études),

 

 

Pour soutenir cet Appel des Laïques, nous vous appelons à la contresigner massivement :

 

L’Appel des Laïques « Pour le respect de la laïcité » a été proposé à la signature de tous ceux qui se réclamaient de la laïcité.  Bien entendu, il ne pouvait intégrer ce que pensait tout le monde, mais rien de ce qu’il contenait ne pouvait trouver désaccord pour un authentique  partisan de la loi de 1905. Ceux qui aspirent à l’union la plus large des militants de la laïcité l’ont donc contresigné sans problème.

Cet Appel a reçu la signature des responsables des principales associations laïques, syndicales, mutualistes, de l’économie sociale. Il n’y a eu de notre part aucun ostracisme aucune exclusive. Il y a bien longtemps qu’un tel Appel des laïques n’avait pas connu un écho si important.

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Publié le 16 Novembre 2016

maine libre du 14 novembre 2016

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Publié le 14 Novembre 2016

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Publié le 7 Novembre 2016

Voici le dernier communiqué de presse de la Libre Pensée de la Sarthe, envoyé ce jour au Maine Libre, au Ouest France, au courrier de la vallée du Loir, à Sweet FM, France bleue Maine et Radio Alpa.

Communiqué de Presse - Libre Pensée de la Sarthe

Respect de la laïcité à Laigné en Belin.

En mars 2016, une croix de 3 mètres a été érigée sur un rond-point situé au croisement de la RD 338 avec la RD 144, sur  la commune de Laigné en Belin (72220).

La présence de cette croix sur un espace appartenant au département et laissé à la gestion d’une commune constitue une atteinte à la laïcité et une violation de l’article 28 de la loi de 1905.

Cet article précise « « Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. »

La Fédération sarthoise de la Libre Pensée s’associe aux laïques qui demandent le retrait de cette croix du rond-point de Laigné en Belin.

 

La Libre Pensée de la Sarthe

Le 5 novembre 2016

 

Respect de la laïcité à Laigné en Belin - Communiqué de presse

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Publié le 1 Novembre 2016

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Publié le 1 Novembre 2016

A l'initiative de nos camarades des amis de la Commune

Contactez Gérard Désiles pour s'inscrire

Soirée Eugène Pottier

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Publié le 1 Novembre 2016

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Soirée Noël Paien 9 decembre 2016

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Publié le 27 Octobre 2016

La Fédération nationale de la Libre Pensée, qui est à l’origine de la loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat, entend tout faire pour faire respecter la laïcité de l’Etat. C’est pourquoi, elle est à la source des recours contentieux contre les décisions de collectivités publiques qui imposent la présence de crèches chrétiennes dans les bâtiments de la République. Elle entend aller jusqu’au bout de cette affaire et épuiser toutes les voies de recours possibles.

Les choses sont pourtant simples


La République est laïque et elle assure la liberté de conscience de tous les citoyens et citoyennes et de chaque citoyenne et citoyen. C’est pourquoi « l’Etat s’arrête où commence la conscience », selon la belle formule de Francis de Pressensé. La République est neutre en matière métaphysique. Pour respecter la liberté de conscience de nos concitoyens, elle ne doit afficher aucune préférence religieuse.

Même un esprit étroit, réactionnaire et xénophobe, de quelqu’un concourant à une primaire présidentielle, devrait pouvoir comprendre cela. Tel ne semble pas être le cas aujourd’hui, car derrière « l’affaire des crèches », il y a bien autre chose. Il y a la volonté de quelques croisés en mal de mise à sac et de prise de Jérusalem, « pour bouter le Sarrazin hors de France », d’instituer une nouvelle guerre de religions dans notre pays.

En effet, comment peut réagir un de nos concitoyens d’origine arabo-musulmane, quand il assiste à une campagne hystérique pour traquer « tout signe de culture musulmane » (voile, burqa, burkini, main de Fatma) dans un domaine où il devrait être librement autorisé, puisqu’il ne dépend pas de la sphère publique que régit le principe de laïcité ;  alors que dans les endroits où la laïcité devrait s‘appliquer,  à savoir  les bâtiments de la République, on autoriserait la présence de crèches chrétiennes, dont même un esprit simplet ne peut nier qu’il s’agit d‘un symbole chrétien ?
On voudrait inciter à des affrontements communautaristes qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Il est vrai que pour justifier « l’état d’urgence permanent », rien de vaut une atmosphère de guerre civile entre « communautés religieuses »

Que va-t-il se passer maintenant juridiquement ?


Devant la cacophonie juridique instituée par des décisions d’instances de justice administrative qui, sur la base de mêmes faits en interprétant les mêmes textes de loi, aboutissent à des décisions contradictoires, on attend du Conseil d ‘Etat qu’il remettre de l’ordre dans le chaos juridique et qu’il fixe une ligne de droit.

C’est donc avec un certain étonnement que la Libre Pensée a pris connaissance des conclusions du Rapporteur au Conseil d‘Etat qui préconise de casser les deux arrêts de Cour d’appel administrative et de rejuger les affaires. En matière footballistique, c’est remettre la balle au centre et demander que le match soit rejoué. Il n’y a donc objectivement aucune raison de penser que le trouble juridique cessera, puisqu’on recrée les conditions de son existence.

Par ailleurs, conditionner la présence de crèches chrétiennes dans les bâtiments de la République en demandant qu’elles ne soient pas « religieuses », c’est faire un tour de force qu’aucun magicien ne pourrait faire : une crèche chrétienne est un symbole religieux : Marie, Joseph, Jésus sont des personnages du Nouveau-Testament chrétien. La discussion reste ouverte sur l’âne et le bœuf.

La solution de sagesse consisterait à rappeler l’esprit et la lettre de la loi de 1905 et d‘indiquer, comme l’a fait le vade-mecum de l’Association des Maires de France : au nom de la laïcité, les crèches chrétiennes n’ont pas leur place dans les bâtiments de la République, maison commune de TOUS les citoyens, quelque que soient leurs opinions religieuses ou non-religieuses.

Il existe, quand même, suffisamment d‘endroits où l’Église catholique peut mettre ses crèches, à commencer par ses églises, cela pourrait même y amener le public qui semble lui faire défaut. L’adage populaire ne dit-il pas : chacun chez soi ? Ce que Victor Hugo avait traduit par la formule : l’Etat chez lui, l’Église chez elle !

 

La Laïcité ne peut être à géométrie variable selon la religion à laquelle elle s’applique

Paris, le 21 octobre 2016
Crèches chrétiennes dans les bâtiments de la République : Rendre des arrêts ou rendre des services ?

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #laïcité

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Publié le 15 Octobre 2016

Régulièrement nous publions sur le blog d'anciens articles de notre bulletin départemental. Ce dernier est un témoignage publié en janvier 2016.

 

J’ai grandi dans une famille de tradition catholique, croyante mais pas très pratiquante. Comme plein d’enfants de mon âge, je suivais des cours de catéchisme le mercredi après-midi et j’allais de temps en temps à l’église le dimanche. Je n’ai jamais trouvé cela très passionnant mais je n’avais pas trop le choix.

J’ai célébré ma première communion, ce qui m’a donné droit à une grande fête en mon honneur avec toute ma famille et plein de cadeaux. Après cela, je suis arrivée à un âge où mon esprit critique s’est développé, je faisais plus attention à ce qui était dit au catéchisme et interrogeait intérieurement ces enseignements qui contredisaient ce qu’on m’apprenait en cours d’histoire. J’en suis arrivée à la conclusion que je ne croyais pas du tout à ce fameux « Dieu », cet être un peu surnaturel dirigeant soi-disant l’univers dont on me parlait sans cesse.

J’étais alors en âge de célébrer ma profession de foi, gros dilemme. Soit je dis « Oui je crois en Dieu » et j’ai encore droit à une fête et à plein de cadeaux, soit je dis non et je n’y gagne rien du tout. Bien sûr, j’ai dit oui parce que quand même je n’ai pas supporté toutes ces années de catéchisme pour rien du tout. Et puis je n’osais même pas imaginer la déception de mes parents et des membres les plus croyants de ma famille si j’avais dit non.

Quelques années plus tard, je me suis retrouvée dans un lycée privé catholique, où on m’a à nouveau forcée à participer à des cours sur le catholicisme et à des messes. C’est dans ce lycée que pour la première fois, je suis tombée amoureuse d’une fille. C’est déjà pas évident de découvrir son homosexualité, mais dans une école qui prône les enseignements de la Bible « Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination », on n’ose pas trop en parler autour de soi. Comment vont réagir mes amis ? Et les autres élèves ? Puis-je me confier à un professeur ? Quels sont leur avis sur la question ? Puisqu’après tout ils ont choisi d’enseigner dans un lycée catholique. Au lycée, les relations sociales sont suffisamment compliquées, on n’a pas envie de se rajouter une éventuelle raison d’être rejeté. Résultat, je n’en ai jamais parlé à personne au lycée, pas même à la fille qui occupait mes pensées.

Par la suite, je suis allée dans une université privée catholique où le volet catholique n’était pas très contraignant. Toutes les cérémonies et autres rituels religieux étaient facultatifs, je n’y ai donc jamais assisté. J’ai suivi des cours de sciences humaines qui m’ont permis de relativiser et de me distancier encore plus des théories catholiques. Cependant, un évènement fâcheux m’a rappelé que je n’étais pas dans une université comme les autres. Le nouveau recteur, un catholique ayant eu différentes responsabilités au sein de l’Eglise, a invité M. Tugdual Derville, porte-parole de « La Manif pour Tous » à donner une conférence scientifique sur « L’écologie humaine » au sein de l’université. Au regard de l’attachement de M. Derville à l’association « Alliance Vita » qui fait partie du mouvement pro-vie et milite contre l’avortement et l’euthanasie, on se pose des questions quant au contenu scientifique de son intervention. C’est avec cette interrogation que ce sont rendus deux de mes camarades à sa conférence. Après que leurs questions adressées à M. Derville aient été censurées, ils ont été escortés vers la sortie par son service de garde où ils ont été violemment agressés.

Comme beaucoup de monde, j’ai été choquée par ces actes inadmissibles. Les idéologies politiques n’ont pas leur place à l’école, et les étudiants sont censés y être en sécurité quelles que soient leurs appartenances religieuses, politiques ou culturelles. Cet évènement, ainsi que le climat parfois hostile vis-à-vis des homosexuels dans lequel j’ai évolué depuis l’enfance m’a amené de nombreuses fois à me sentir mal à l’aise, pas à ma place, à cacher mon orientation sexuelle à mon entourage pour éviter les conflits, le rejet.

Sarah

 

Sarah, 24 ans, homosexuelle dans un environnement catholique

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #liberté de conscience et de corps

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Publié le 6 Octobre 2016

Non à l’instrumentalisation de la laïcité !

La laïcité, ce n’est pas la chasse aux musulmans !

La laïcité, c’est la séparation de l’Etat et des religions !

 

            Au nom du principe de laïcité dont ils ignorent tout,  des élus, des groupes politiques et des spécialistes auto-proclamés stigmatisent une partie de la population tout en dévoyant la laïcité. Ils font de la laïcité un moyen d’affirmer une prétendue identité chrétienne de la France qui se bat contre les citoyens musulmans ou supposés musulmans.

 

A l’école publique ; ni croix, ni foulard, ni kippa… A la plage c’est comme tu veux !

La polémique dite du burkini en est un récent exemple. Que ce vêtement ne plaise pas, qu’il exprime ou pas une conviction religieuse, qu’il choque ou pas, rien dans la loi de 1905 ne permet d’interdire un vêtement religieux ni dans la rue, ni sur une plage. Des pseudos laïques divisent la nation en communautés, dévoient la laïcité et stigmatisent une partie de nos concitoyens qu’ils assimilent aux terroristes. Leur idéal ce n’est pas la république, c’est le choc des civilisations !

 

La République n’est ni juive, ni chrétienne, ni musulmane, ni même athée, elle est laïque !

La laïcité, c’est la liberté de conscience garantie par la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat de 1905. La laïcité c’est la neutralité de l’Etat en matière d’option spirituelle ou religieuse, c’est l’indépendance réciproque des églises et de l’Etat, c’est le non financement des croyances par les deniers publics.

 

Le burkini cache plus que le corps de celles qui le portent.

L’opération burkini est un dérivatif, un écran de fumée… cette polémique permet de diviser le peuple en communautés. Il s’agit de diviser pour mieux régner et de mieux faire passer les plans de destructions de nos acquis sociaux et démocratiques. Ce n’est pas un hasard si ces polémiques pseudo-laïques surgissent après de vastes mouvements sociaux. Nous ne sommes pas dupes, ce n’est pas la première fois que les questions religieuses permettent ainsi aux puissants de faire passer leurs plans.

 

Défendre la laïcité ? Chiche ?!

Si ces pseudos défenseurs de la laïcité, étaient vraiment laïques, ils pourraient se joindre à nos associations pour réclamer :

  • L’abrogation de la loi Debré ; fonds publics à l’école publique, fonds privés à l’école privés. Plus de 10 milliards de fonds publics détournés vers le privé chaque année.

  • L’abrogation du statut concordataire d’Alsace Moselle qui permet le financement des cultes par l’Etat.

  • L’abrogation du statut concordataire en Guyane.

  • La fin des participations es-qualité d’élus à des cérémonies religieuses.

  • Le respect de la laïcité par les administrations (exemple des convocations de gendarmes en service à des messes de la sainte Geneviève…)

 

 

Tract commun de :

La Ligue de l'enseignement de la sarthe

La Ligue des droits de l’Homme de la Sarthe

La Fédération Syndicale Unitaire de la Sarthe

La Fédération Sarthoise de la Libre Pensée.

 

Non à l’instrumentalisation de la laïcité ! La laïcité, ce n’est pas la chasse aux musulmans !

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #laïcité

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Publié le 5 Octobre 2016

Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 18 Septembre 2016

Dans le Maine Libre du 10 septembre 2016 on peut lire un article intitulé « Davantage d’élèves dans le privé ». Le directeur diocésain de l’enseignement catholique, Dominique Girault, y évoque les raisons probables pour lesquelles les groupes scolaires catholiques de la Sarthe comptent, à la rentrée 2016, 453 élèves supplémentaires par rapport à l’année dernière. En comparaison, l’enseignement public en aurait perdu 217. Un autre article du Ouest-France du 12 septembre 2016 rapporte également les propos du même monsieur Girault qui ne compte plus que « 327 élèves de plus qu’en 2015 ».

Les réformes en cours affaiblissent l’enseignement public

Les écoles catholiques sarthoises n’ont -pour une grande majorité- pas appliqué la réforme des rythmes scolaires, que la Libre Pensée dénonce comme une réforme faisant partie d’une véritable entreprise de démolition de l’Ecole.

Seul l’enseignement public et laïque subit les contraintes imposées par une réforme amplement décriée par les enseignants et les syndicats. Ceci pourrait peut-être expliquer cela, mais M. Girault préfère préciser qu’ « à l’école catholique, il y a une attention pour chaque enfant et la volonté de le faire grandir dans sa globalité ».

Est-il important de rappeler que les écoles privées ne sont pas tenues d’accueillir tous les élèves d’un secteur, donc qu’elles ont aussi la possibilité de se « débarrasser » des enfants qui leur posent le plus de problèmes ? Il pourrait être intéressant de comparer les effectifs de la rentrée avec ceux de juin 2017.

Qu’en est-t-il de la réforme des collèges, qui à la fois supprime des heures de cours, des options et augmente l’autonomie de chaque établissement ? Quelles conséquences cette nouvelle réforme va-t-elle avoir sur l’enseignement public ?

Si les collèges catholiques ne sont pas tenus de l’appliquer ou s’ils peuvent se contenter de l’appliquer partiellement, on ne pourra pas s’étonner que les parents préfèrent inscrire leurs enfants dans les établissements où l’enseignement dispensé parait plus complet.

Fonds publics à l’Ecole publique ! Fonds privés à l’école privée !

On peut tout de même facilement concéder à l’enseignement privé qu’il a droit à une certaine indépendance concernant les instructions officielles de l’Education Nationale, puisque, par définition, il est privé. Ce qui est en revanche extrêmement choquant, c’est que ces établissements catholiques sont financés par l’Etat. Pas moins de 10 milliards d’euros sont détournés des fonds publics chaque année pour cela, notamment grâce à la loi Debré qui constitue une véritable entorse au principe de laïcité !

En finançant les écoles privées et en aggravant les conditions d’enseignement des écoles publiques, l’Etat encourage une véritable privatisation de l’enseignement.

La Libre Pensée réclame l’abrogation de la loi Debré. Dans une résolution de son dernier congrès national, elle déclare :

« La Fédération Nationale de la Libre Pensée réaffirme son exigence de l’abrogation des lois et décrets Peillon, Hamon, Belkacem de Refondation de l’Ecole et de « réforme » des rythmes scolaires et des collèges.

Pour rester laïque, l’Ecole publique doit rester séparée de l’enseignement privé !

Aucune unification entre l’Ecole publique et les écoles de l’Eglise catholique !

La loi de 1905, c’est aussi la séparation de la sphère publique et de la sphère privée. En conséquence, c’est aussi la séparation de l’enseignement public et de l’enseignement privé ! »

Il est concevable que des journaux fassent la promotion de l’enseignement privé catholique, en accordant une place privilégiée aux propos du directeur diocésain, qui ne manque pas de faire appel aux dons.

Nous sommes cependant en droit de nous interroger quand on sait que ces journaux n’ont jamais diffusé les communiqués de la Libre Pensée sur la défense de l’enseignement public et laïque.

Lorsqu’elle organisait le meeting du 5 décembre 2015 à Paris, avec la Ligue de l’Enseignement et la Ligue des Droits de l’Homme pour exiger l’abrogation de la loi Debré, ses communiqués de presse n’ont pas été publiés…

« Abrogation de la Loi Debré,

Fonds publics à l’Ecole publique et fonds privés à l’école privée ! »

Sarthe : D’avantage d’élèves dans le privé cette année !

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Publié le 7 Septembre 2016

Rédigé par Libre Pensée 72

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Publié le 30 Août 2016

A lire sur le site national : cliquez ici

Discours de l’AILP à Bourg-lès-Valence

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Rédigé par Libre Pensée 72

Publié dans #Internationale de la LP

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Publié le 29 Août 2016

En direct avec Michel Tubiana,

Président d’Honneur de la Ligue des Droits de l’Homme

 

A propos de l’affaire du Burkini

 

 

La Libre Pensée : L’actualité récente a été marquée par ce que l’on a appelé le « Burkini ». Plusieurs municipalités ont pris des arrêtés clairement liberticides avec une forte consonance sous-jacente xénophobe. Quelle est l’analyse de la Ligue des Droits de l’Homme ?

 

Michel Tubiana : Ces arrêtés ont trois points communs : établir un lien entre les actes de terrorisme et une forme de pratique culturelle ou religieuse de l’Islam, prétendre imposer une doxa culturelle et religieuse, même si elle n’est en apparence ici que vestimentaire, affirmer que les personnes qui pratiquent l’Islam ne peuvent pas être des Français comme les autres. D’où, ensuite, ce qui est dans le prolongement direct de ces arrêtés, s’en prendre au porte du « voile » dans l’espace public. Le tout dans un contexte de surenchère électorale partagée par les auteurs de ces arrêtés et le Premier ministre par exemple…

 

LP : Pour la LDH, les rues, les plages, les piscines, les magasins, les cinémas font-ils partie de la sphère ou de l’espace public dans lesquels devrait s’appliquer la laïcité ?

 

MT : A l’évidence, non. Appliquer pleinement la loi de 1905, c’est exiger que l’autorité publique, à tous les niveaux, soit dégagée, y compris dans sa représentation, de toute forme ou allégeance religieuse. Le reste relève de la liberté individuelle de chacun sur laquelle la puissance publique n’a pas à intervenir, sauf à faire respecter les règles qui permettent de vivre ensemble et à chacun de s’exprimer dans le respect de l’ordre public. Cette « extension du domaine de la laïcité » n’est pas seulement un travestissement éhonté de la volonté de Jaurès et de Briand et de la lettre et de l’esprit de la loi de 1905, elle porte en elle toutes les atteintes aux libertés individuelles imaginables. En soutenant que l’espace public devrait être « neutre », au-delà de l’imbécilité de cette affirmation, c’est notre capacité commune à s’exprimer librement, à être comme nous entendons être qui, demain, sera soumise à la volonté de tel ou tel. Etre laïque, c’est au contraire, favoriser le débat dans l’espace public et donc l’expression des opinions de toute nature dans les limites que j’ai déjà évoquées. Y compris, s’il s’agit de formuler des critiques contre le signifiant de ce vêtement de bains tant décrié. Défendre le droit de ces femmes à s’habiller comme elles le veulent, ce n’est pas s’abstenir de critiquer cet aspect des choses. Mais pour que la critique vaille, faut-il d’abord que leur droit soit respecté. Pour tout dire, cette vision du corps des femmes n’est pas du tout la mienne ; Mais, je n’ai aucune raison, surtout aucune légitimité à vouloir régenter leur esprit.

 

LP : Il est quelque peu surprenant que des hommes politiques comme Nicolas Sarkozy, Eric Ciotti, Marine Le Pen et d’autres aussi à « Gauche » se déclarent très laïques quand il s’agit des musulmans, mais plus du tout quand il s’agit de l’Eglise catholique. On a même vu Nicolas Sarkozy faire des signes de croix chrétiens dans l’exerce de sa fonction présidentielle. Comment expliquez-vous cette schizophrénie politique ?

 

MT : Je ne vois là rien de surprenant ! Ces personnes n’ont jamais été laïques ! Historiquement, comme aujourd’hui, elles ont toujours été attachées à une vision chrétienne de la France, à laquelle elles ont fini par ajouter le terme « judéo » pour tenter de relativiser le vieil et solide antisémitisme chrétien qui a eu sa part de responsabilité dans la destruction des juifs d’Europe. Aujourd’hui, l’ennemi principal c’est l’Islam, les musulmans, etc…Ils ne font que reproduire les mêmes schémas d’exclusion, avec leurs variantes contemporaines et héritières du colonialisme.
En fait, la laïcité est utilisée, ici, comme le féminisme, comme un paravent pour tenter de justifier l’exclusion de plusieurs millions de personnes en raison de leur altérité et de leur situation sociale.

Et comme ce « soutien » à la laïcité va de pair avec l’accusation de favoriser le communautarisme, un mot à ce propos. Là encore, cessons d’employer des mots à tort et à travers. Le communautarisme, c’est d’abord édicter un dispositif légal dans lequel des droits seraient reconnus à des individus selon leur appartenance à une communauté. Au-delà des droits spécifiques qui résultent de situations spécifiques (congés de maternité, situation de santé, de handicap, etc), je mets au défi de trouver dans notre législation une disposition qui fasse dépendre l’exercice d’un droit de l’appartenance à une communauté.

Le reste, c’est la tendance naturelle de tout groupe humain à se reconnaître en une communauté dont la nature est, par hypothèse, diverse : la communauté des libres penseurs, des amateurs d’andouillette, etc. En l’espèce, nous accuser de favoriser le communautarisme en se battant pour le droit de ses femmes à s’habiller comme elles le veulent à la plage, revient à ignorer que les replis identitaires qui existent ont d’abord pour cause les discriminations infligées au nom de la République. De plus, je persiste à penser qu’il vaut mieux que ces attitudes soient publiques et fassent donc l’objet d’un débat public plutôt que d’y ajouter un enfermement dans la sphère la plus privée.

 

LP : Que pensez-vous de l’attitude de Manuel Valls qui se déclare « laïque intransigeant » quand il s’agit de l’Islam, mais plus du tout quand il va au Vatican assister à la canonisation de deux papes ?

 

MT : J’ai déjà eu l’occasion de dire que l’actuel Premier ministre était un dangereux pyromane. Je me contenterai maintenant de dire que c’est un homme dangereux. Sa conception des choses, son paternalisme colonial à l’égard des musulmans (la bienveillance de la République à l’égard des musulmans !). son mépris des libertés publiques et individuelles, tout cela fait que sous les oripeaux de la « gauche », il enfourche toutes les antiennes les plus appropriées pour diviser la société entre « bons et mauvais Français ». En cela, avec les thématiques qui sont les siennes, avec ses interrogations sur la compatibilité de l’Islam et de la République, Manuel Valls fait furieusement penser à la SFIO de Guy Mollet. On sait dans quelle faillite morale et institutionnelle, elle nous a entraînée.

 

LP : Comment la LDH envisage l’avenir juridique de ces arrêtés liberticides, le Conseil d’Etat ayant jugé en référé, mais par encore sur le fonds ?

 

MT : la Ligue des Droits de l’Homme poursuivra l’abrogation des arrêtés qui ne seraient pas retirés d’office par les maires. J’observe à ce propos deux choses. La première est que ces maires qui font de la « résistance » sont ceux qui passent leur temps à dénoncer l’absence d’autorité de l’Etat, autorité qu’il s’empresse d’abaisser en méprisant la décision du Conseil d’Etat. La deuxième est la complicité avérée du Ministre de l’Intérieur avec ces Elus car c’est à lui, et non aux associations, qu’il incombe de faire respecter cette décision ce qu’il s’abstient volontairement de faire. Le ministre des cultes a ainsi choisi son camp… Enfin, nous réfléchissons à agir sur le terrain pénal sur la base de la discrimination à raison d’une pratique religieuse, mais aussi, et peut-être surtout, sur la base de l’article 432-4 du Code pénal qui réprime les atteintes aux libertés par des agents publics.

 

 

LP : Mon cher Michel, merci d’avoir répondu à nos questions.

Propos recueillis par Christian Eyschen

 

Michel Tubiana à propos du burkini

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Publié le 18 Août 2016

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