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Le blog de la Fédération de la Sarthe de la Libre Pensée.
Nos actions, nos articles, nos positions
Pour toute question, n'hésitez pas à nous écrire.
librepensee72@hotmail.fr
Bonne visite !!
Mercredi 20 mai à 19h, le Groupe Louis Crétois organise un banquet contre les interdits religieux (11€)
Samedi 6 juin (matin) congres de la Fédération sarthoise de la Libre Pensée
Vendredi 19 juin ; Soirée discussion-buffet froid sur le thème :"Libertés individuelles contre les obscurantismes religieux : la capote ou la calotte ?"
Pour s'inscrire ou en savoir plus :
Déclaration de principe: La Libre Pensée se réclame de la raison et de la science. Elle n’est
pas un parti; elle est indépendante de tous les partis. Elle n’est pas une Eglise; elle n’apporte aucun dogme. Elle vise à développer chez tous les hommes, l’esprit de libre examen et de
tolérance.
Elle regarde les religions comme les pires obstacles à l’émancipation de la pensée ; elle les juge erronées dans leurs principes et néfastes dans leur action.
Elle leur reproche de diviser les hommes et de les détourner de leurs buts terrestres en développant dans leur esprit la superstition et la peur de l’au-delà, de dégénérer en cléricalisme,
fanatisme, impérialisme et mercantilisme, d’aider les puissances de réaction à maintenir les masses dans l’ignorance et la servitude. Dans leur prétendue adaptation aux idées de liberté, de
progrès, de science, de justice sociale et de paix, la Libre Pensée dénonce une nouvelle tentative, aussi perfide qu’habile, pour rétablir leur domination sur les esprits.
Estimant que l’émancipation de l’homme doit être poursuivie dans tous les domaines, la Libre Pensée réaffirme sa volonté de combattre également aux côtés de tous
les hommes et associations qui s’inspirent des mêmes principes ; toutes les idées, forces ou institutions qui tendent à amoindrir, asservir ou pervertir les individus ; sa volonté de défendre la
paix, les libertés, les Droits de l’Homme, la Laïcité de l’Ecole et de l’Etat.
Estimant que toute croyance est justiciable de la libre critique, elle entend n’imposer ni se laisser imposer aucune limite dans l’utilisation du libre examen
comme méthode de la pensée libre.
A ses adhérents, fraternellement unis dans l’action commune, elle propose la méthode la plus efficace de perfectionnement individuel et de rénovation
collective.
Elle adjure tous les hommes de progrès, oublieux de leurs vaines querelles, de se grouper dans son sein pour travailler à l’avènement d’une morale rationnelle de
bonheur, de dignité humaine et de justice sociale.
A
l’heure où se multiplient les prises de positions les plus diverses, la Libre Pensée tient à rappeler l’action incessante qu’elle mène pour la défense de la laïcité de l’Ecole publique et de
l’Etat. La Fédération nationale de la Libre Pensée s’honore d’avoir été parmi les premiers à alerter l’opinion publique sur la question des accords diplomatiques conclus entre la France et
le Vatican et avoir mobilisé contre cette destruction de l’Ecole républicaine.
Le 25 janvier 2008, la Libre Pensée était reçue à Matignon par le Directeur de Cabinet du Premier Ministre. Notre délégation soulevait ce problème. Matignon nous répondait que la loi
de 1880 ne serait pas modifiée.
Le 29 avril 2008, la Libre Pensée était reçue au Ministère de l’Education nationale pour soulever à nouveau ce point. Les mêmes assurances qu’à Matignon nous étaient données et on
nous demandait de voir avec Valérie Pécresse. Celle-ci n’a jamais donné suite.
Le 22 décembre 2008, en réaction à l’annonce de l’accord diplomatique, la Libre Pensée publiait un communiqué dénonçant la volonté présidentielle de remettre en cause le monopole de
la collation des Grades.
le 28 avril 2009, la Libre Pensée publiait un communiqué exigeant l’annulation du décret transposant l’accord diplomatique et annonçant qu’elle déposait un recours au Conseil
d’Etat.
Le 4 mai 2009, la Libre Pensée déposait officiellement son recours au Conseil d’Etat pour l’annulation du décret. Le recours était officiellement enregistré sous le numéro 327663 en
date du 12 mai 2009.
Le 15 juin 2009, une proposition de loi dite « Carle », votée par le Sénat, sera soumise à la
délibération des députés. Ce texte est dans la droite ligne de l’article 89 de la loi d’août 2004 visant à imposer des dépenses exorbitantes aux communes pour financer l’école privée. Loin de
remettre en cause l’ancien article 89, la proposition de loi va renforcer encore la fuite des fonds publics vers l’enseignement privé à 95% catholique.
Contre la liberté des communes de décider de son budget, la proposition de loi va créer de toutes pièces des
dépenses imposées importantes et obligatoires aux municipalités. C’est un véritable racket financier qui va voir le jour si l’Assemblée nationale adopte cette proposition.
La Fédération nationale de la Libre Pensée rappelle que, chaque année, ce sont 10 milliards d’euros de fonds
publics qui sont détournés de leurs missions républicaines pour financer l’Eglise catholique et ses œuvres. Cela représente l’équivalent de 20% de la collecte de l’impôt sur le revenu.
La laïcité bafouée, les communes étranglées, C’est la République que l’on assassine !
La Libre Pensée appelle l’opinion publique, les Elus nationaux, locaux, les associations laïques à se
mobiliser ensemble contre ces nouvelles atteintes à la laïcité républicaine.
La fédérarion de la Sarthe de la LIbre Pensée remercie les cinémas de Mamers et de la Ferté Bernard pour nous avoir invité à discuter avec leur public lors de la
projection du film Religolo. Ces deux soirées nous ont permis d'avoir une discussion riche avec des spectateurs interessants, ce fut également l'occasion de rappeler nos principes et de prendre
quelques contacts.
Le 29 mai doit s’ouvrir à Moscou le procès de Iouri Samodourov, ancien
directeur du Musée Sakharov et d’Andrei Erofeiev, ancien responsable du département d’art contemporain de la galerie d’Etat Tretiakov à Moscou et licencié de cet emploi.
Les deux hommes risquent cinq ans de prison pour « incitation à la haine et dénigrement ».pour
avoir organisé en mars 2007 une exposition d’ « art interdit » à Moscou exposant des œuvres jugées
iconoclastes.
L’archiprêtre Vsevolod Chapline, adjoint en 2008 de l’évêque Cyrille, devenu en janvier 2009 patriarche sous le nom de Cyrille Ier et le président de
l’Union des fraternités orthodoxes, Léonide Simonovitch-Nikchitch, antisémite débridé et admirateur fanatique d’Hitler, décoré en son temps par feu le patriarche Alexis II ont incité les
fidèles à écrire au parquet pour réclamer le châtiment des deux hommes.
Le procureur Taganski qui a engagé les poursuites, affirme que l’exposition l’art interdit « témoigne de manière tangible d’une attitude dégradante
et insultante vis-à-vis de la religion chrétienne et plus spécifiquement de l’Eglise orthodoxe. » Les deux hommes sont donc poursuivis pour un délit de blasphème inconnu du code pénal
russe et contraire à la constitution qui reconnaît officiellement la séparation de l’Eglise et de l’Etat.
La Libre Pensée constate que Iouri Samoudourov et Andrei Erofeiev sont donc poursuivis pour un délit imaginaire, de
blasphème contraire à la loi sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, au mépris des exigences les plus élémentaires de la démocratie et de la liberté d’expression. Elle invite tous les
démocrates à protester auprès de l’ambassade de Russie (40 Bd Lannes 75016 Paris) contre ce procès inique et à réclamer l’acquittement de Iouri Samodourov et d’Andrei Erofeiev.
« La Libre Pensée est, sans ambiguïté, avec la Révolution française non seulement contre ses adversaires, passés et présents, mais aussi contre les
oublieux.
En conséquence, en relation avec la Fédération nationale de la Libre Pensée, l’Institut de Recherches et d’Etude de la
Libre Pensée organisera un colloque de haut niveau en juin 2009 pour le 220e anniversaire de la proclamation de l’Assemblée nationale le 17 juin 1789, acte fondateur de la Nation
souveraine. » (Extrait d’une motion votée au congrès de 2008)
Ce colloque aura lieu les27 et 28 juin 2009, à Paris, au Lycée Henri IV.
Programme
Samedi matin 10h-12h
Pourquoi la Libre Pensée a-t-elle pris l’initiative de ce colloque en défense de la Révolution française ? (Marc Blondel, président de la Fédération
nationale de la Libre Pensée)
Autour des attaques récentes contre la Révolution française (Michel Biard, professeur d’université )
La souveraineté nationale, unité et indivisibilité, unité des lois, contre le corporatisme (André Bellon, ancien député)
Samedi après midi 14h-17h
La Révolution française, le droit et la justice (Dominique Goussot, responsable de la Commission « Droit et Laïcité » de la Libre Pensée)
L’individualisme révolutionnaire (un individu s’appartient-il ou appartient-il à une communauté ?) (Pascal Clesse, professeur de philosophie)
La première abolition de l’esclavage (Florence Gauthier, professeur d’université)
Dimanche matin 10h-12h
La Terreur, l’exemple de la Vendée (Nicole Bossut-Perron, historienne)
Au Mans, une rue, une place, une école portent le nom d'Edouard de la Boussinière.
Qui était-il ?
Il naît au Mans le 25 mars 1811 dans une famille dont ses ancêtres les Prudhomme se sont parés du titre de
sieur de la Boussinière en 1722 puis anoblis en achetant une charge honorifique de Secrétaire du Roi. Il passe par le Prytanée de la Flèche et entre à l'école Saint-Cyr.
Promu lieutenant en 1830, il démissionnera de l'armée pour se consacrer à la politique.
En 1848, il est du côté de ceux qui acclament la République. Bourgeois voltairien, attaché aux valeurs de
liberté et de progrès, il souhaitait que les ouvriers et paysans prennent conscience de leurs droits politiques dans la République, le régime idéal à ses yeux. Ami de Ledru Rollin fondateur
de "la Solidarité républicaine", association pour le développement des droits et des intérêts de la démocratie. Il est le trésorier du Comité sarthois, directeur du
"cercle de lecture des ouvriers". Cofondateur du "Bonhomme manceau", journal à prix modique accessible aux travailleurs peu fortunés.
1851: coup d'état du prince Louis Napoléon Bonaparte : la répression s'abat en Sarthe : 256 personnes sont
arrêtées, 25 parviennent à s'enfuir dont Edouard de la Boussinière qui gagne Genève…. à pied. Il y restera quarante ans.
1890: il est de retour au Mans où son frère a testé en sa faveur lui léguant une immense fortune qu'il
finira par abandonner pour se consacrer au service des idées démocratiques. C'est ainsi qu'il participe aux réunions de quartier organisées par La Libre Pensée du Mans (crée le 25 septembre
1883) aux côtés de Louis Crétois et Anselme Rubillard.
20 août 1893 : campagne des législatives : une réunion publique se tient dans la halle aux toiles (place
d'Alger aujourd'hui); Rubillard se présente contre Vilfeu, député sortant, (destitué de son poste de substitut de l'empire par le régime républicain). C'est un jeune avocat de talent,
talentueux orateur. La salle comble est composée de monarchistes nostalgiques et de radicaux, et de républicains. Ces derniers ont amené Edouard de la Boussinière, doyen de la Libre
Pensée (il a 82 ans). Il prend alors la parole :
"Citoyens, par ma naissance, j'appartiens à la noblesse, mais je ne fais plus partie que d'une
grande famille, la famille républicaine. Je ne suis pas connu de beaucoup d'entre vous car j'ai longtemps été en exil. Vous permettrez de prendre la parole à un ancien proscrit qui a sacrifié à
la République sa fortune et sa liberté. Citoyen Vilfeu, vous avez dit aux républicains : il n'y a rien qui nous sépare. Si, il y a un abîme entre nous, cet abîme, c'est votre
cléricalisme. Citoyen Vilfeu, je vais vous poser trois questions, répondez-y franchement : Voulez-vous l'instruction laïque par l'état ? Voulez-vous la suppression des congrégations ? Si un
coup d'état était tenté, jurez-vous à la face des électeurs de descendre dans la rue, ceint de votre écharpe, un fusil à la main, pour défendre la République ?
Désarçonné, empêtré par ses réponses approximatives, Vilfeu perdit ce jour les élections au profit de
Rubillard.
Septembre 1900: à 89 ans, il accepte la présidence d'honneur de l'Université populaire. Il meurt le 14
décembre 1902. Ses obsèques civiles sont célébrées en présence d'une foule nombreuse et de personnalités : Paul d'Estournelle de Constant, député, futur sénateur et prix Nobel de la paix
prononce l'éloge funèbre, entouré du maire Paul Ligneul, des conseillers généraux Bouttié, Rubillard, Tironneau, du sénateur Cordelet, du receveur municipal Louis Crétois.
1902: la municipalité décide de donner le nom d'Edouard de la Boussinière à la place et à la rue Saint
Germain.
En 1909, une souscription publique est lancée pour ériger un monument à sa mémoire avec son buste (qui fut
enlevé par les Allemands en 1942). La stèle comportait l'inscription suivante, devise d'Edouard de la Boussinière : "Nous devons tout sacrifier à la République, la République ne nous
doit rien".
Pour conclure, je citerai la dernière phrase de l'article d'Yves Demas*car elle interpelle en quelque sorte
la Libre Pensée qui se fixe entre autre de réhabiliter publiquement la mémoire et le combat de nos républicains locaux : "Aucune des municipalités successives depuis la Libération n'a
cru devoir restituer cette fière devise".
N'y a-t-il pas une initiative à prendre en ce sens auprès de la municipalité du Mans ?
Gérard Désiles
Sources:
*article d'Yves DEMAS dans le bulletin de l'Amicale des Anciens élèves des Ecoles Normales, avril
2008. Merci à Jack Loiseau de l'avoir porté à ma connaissance.
*article de la Vie Mancelle et sarthoise, n° 39. 2008.
décédé le 31 décembre 1877 à La Tour-de-Peilz en Suisse
Une exposition vient de se tenir au Grand Palais à Paris. Ce fut l’occasion d’admirer l’œuvre considérable de
ce peintre considéré comme le chef de file du courant réaliste.
Mon propos a pour objet de vous faire découvrir la place et le rôle qu’il a tenus à partir de 1870.
Jusqu’à cette date, il s’était exclusivement consacré à sa carrière de peintre. Il se définissait comme un « républicain de naissance », proche des idées utopistes de Fourier et
Proudhon. En juin 1870, il refusa la Légion d’honneur proposée par Napoléon III.
Après la
proclamation de la République le 4 septembre 1870, il est nommé président de la commission des musées chargés de la préservation et de la protection du patrimoine parisien. En septembre 1870, il
proposa au gouvernement de la Défense nationale, que la colonne Vendôme, symbole des guerres napoléoniennes, soit « déboulonnée » et que son bronze soit fondu en monnaie. Cette
proposition sera plus tard lourde de conséquences pour Courbet.
En avril 1871, il devient Président de la Fédération des Artistes et s’investie dans la vie politique :
il est élu au conseil de la Commune comme délégué du Vième arrondissement. Il y siègera jusqu’au 22 mai. Fidèle à ses convictions pacifistes, il ne prit pas part aux combats du siège de Paris et
s’opposa à l’instauration du Comité de salut public.
Pendant la semaine sanglante, il se réfugia chez un ami où il fut arrêté le 7 juin 1871. C’est à partir de ce
moment que va commencer pour lui un calvaire juridique qui ne s’achèvera qu’à sa mort. Il est condamné le 2 septembre 1871 par le Conseil de guerre à six mois de prison et à une amende de cinq
cent francs pour sa participation à la destruction de la colonne Vendôme (16 mai 1871).
Il est d’abord emprisonné à la prison de Sainte-Pélagie à Paris, certains de ses tableaux portent la mention
Sainte Pélagie en rouge à côté de sa signature, puis pour des raisons de santé il est transféré à la clinique du Docteur Duval.
Mais la réaction lui en veut toujours : de 1871 à 1873, Courbet est la cible des caricaturistes où sa
figure de « colonnard » et de peintre sont mêlés ; ses tableaux sont « refusés » aux expositions.
En 1873, l’assemblée conservatrice décide de rétablir la colonne Vendôme : de nouvelles poursuites sont
engagées contre Gustave Courbet. Tous ses biens sur le territoire français sont séquestrés ! Craignant d’être à nouveau arrêté, il se réfugie à La Tour-de-Peilz en Suisse.
En juin 1874, il est condamné à payer tous les frais de reconstruction de la colonne. Il fait appel. C’est en
mai 1877 qu’il est condamné à payer 323 091 F en 33 annuités de » 10 000 F à compter du 1er janvier 1878* ! ! C’est pour moi l’ « hallali du peintre » (en
référence au tableau « l’hallali du cerf » de 5m sur 3m qu’il a peint en 1867).
Cet acharnement à faire payer le communard pour son engagement républicain aura des répercussions sur l’œuvre
de l’artiste : il composera ainsi des natures mortes (séries de pommes et poires) pour culminer dans une série de trois tableaux d’un réalisme sombre et inattendu mais qui traduisent sa
condition d’artiste survivant : « Les truites de La Loue ».
Gérard Désiles
* Gustave Courbet mourra la veille, le 31 décembre 1877.
Immédiatement, après avoir épuré de sa
composante cléricale, le conseil supérieur de l’Instruction publique en votant la loi du 27 février 1880, la majorité républicaine issue des élections des 14 et 28 octobre 1877 et le ministre
Jules Ferry portaient un nouveau coup à la loi Falloux du 15 mars 1850 modifiée par celle du 12 juillet 1875, adoptées l’une et l’autre par des assemblées monarchistes. Confiée depuis cinq ans à
des jurys mixtes comprenant des membres du clergé, la collation des grades universitaires revenait désormais à l’Etat et à lui seul, conformément à la loi du 18 mars 1880. Jules Ferry avait
raison de dire, lors la première séance du conseil supérieur laïcisé, que l’Université devenait « un corps vivant, organisé et libre. » Ce principe éminemment républicain a été
sans cesse réaffirmé depuis. L’alinéa premier de l’article L. 613-1 du code de l’éducation, dans sa version issue de la loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002 actuellement en vigueur,
dispose que « L’Etat a le monopole de la collation des grades et titres universitaires. »
Après d’autres, ce pilier de la République vient d’être abattu, au moment même
où une série de « contre-réformes », également adoptées par décret, contre l’avis de l’ensemble de la communauté universitaire, menacent de destruction
l’université française publique et laïque et tout son système de formation non marchand. Par l’effet d’un décret simple, la loi Falloux est partiellement rétablie. Après en avoir été privée
pendant cent vingt-neuf ans, la secte romaine retrouve le pouvoir d’intervenir dans la collation des grades universitaires. C’est intolérable.
Par un décret du 16 avril 2009, le président de la République vient, en effet,
de publier l’accord de Paris du 18 décembre 2008 par lequel la France et le Saint-Siège ont entendu décliner au plan bilatéral le processus de Bologne initié par la convention du 11 avril 1997
sur la reconnaissance des qualifications relatives à l’enseignement supérieur dans la région « Europe », ratifiée le 18 septembre 2000. L’une et l’autre acceptent de
reconnaître mutuellement « des périodes d’études, des grades et des diplômes de l’enseignement
supérieur délivrés sous l’autoritécompétente de l’une des
Parties».
Pour la République
française, il s’agit bien sûr des « grades et diplômes délivrés sous l’autoritéde
l’Etat par lesétablissements d’enseignement supérieur». Pour le Saint-Siège sont concernés
ceux attribués par « les Universités catholiques, les Facultés ecclésiastiques et lesétablissements
d’enseignement supérieur dûment habilités par le Saint Siège» Le protocole
additionnel à l’accord de Paris précise qu’entrent en particulier dans le champ d’application de ce dernier les diplômes ecclésiastiques de doctorat (niveau doctorat), de licence (niveau
« master ») et de baccalauréat (niveau licence) obtenus dans les facultés ecclésiastiques qui, selon la constitution apostolique Sapiensa christiana de 1979, ont
notamment pour objet de former des chercheurs, des professeurs d'universités et de
séminaires, des chanceliers, des membres de tribunaux ecclésiastiques et d'autres titulaires d'offices, des conseillers d'évêques et de supérieurs religieux.
La ratification, par décret de l’accord du 18 décembre 2008, constitue au
surplus un coup de force juridique inacceptable. Il ne s’agit pas de la simple reconnaissance mutuelle des diplômes délivrés par les systèmes légaux d’enseignement supérieur de deux États liés
par une convention internationale. Au mépris de la laïcité, l’accord de Paris conduit, en effet, la République française à légitimer des titres universitaires attribués par des établissements
d’enseignement supérieur catholiques sur son territoire, ou sur le territoire d’autres États ne les reconnaissant pas nécessairement. Il ouvre ainsi une brèche dans le monopole de la collation
par l’Etat, des grades universitaires, instituée par la loi du 18 mars 1880.
Dans ces conditions, il appartenait au gouvernement de saisir le Parlement
d’un projet de loi de ratification de l’accord de Paris en application de l’article 53 de la Constitution du 4 octobre 1958 et non au président de la République de prendre un décret pour le faire
entrer en vigueur. En l’espèce, l’accord de Paris modifie bien implicitement mais nécessairement « des dispositions de nature législative ». La voie
suivie évitait la discussion du rétablissement partiel de la loi Falloux devant la représentation nationale.
Face à cette atteinte à la République et à la
laïcité, la Libre Pensée exige l’abrogation du décret du 16 avril 2009 et la rupture des relations diplomatiques avec le Vatican. En conséquence, la Libre Pensée informe qu’elle dépose
immédiatement un recours pour excès de pouvoir auprès du Conseil d'État pour demander l’annulation de ce coup de force contre la laïcité républicaine.
Un pasteur vole l'argent de la paroisse pour du Botox
Zigonet.fr, le10.04.09
Staten Island, États-Unis - Un ancien pasteur est accusé d'avoir volé des milliers de dollars à sa paroisse
pour se payer une opération de chirurgie esthé-tique, des médicaments et des injections de Botox. Le révérend Will Blasingame a démissionné de son poste de pasteur en janvier pour des raisons
qu'il disait médicales. Il est accusé d'avoir volé plus de 63.000 euros sur trois ans. Cet argent était destiné aux parois-siens dans le besoin et à l'entretien de
l'église.L'ancien révérend s'en serait lui servi pour payer, entre autres, ses injections de Botox. Jugé le 15 mai prochain, il risque jusqu'à 15 ans de prison pour le vol de
l'argent.
Après le Christ sur une chaise électrique, voici Jésus en Lego
LePost.fr, le 09.04.09
Suède - La statue de Jésus, entièrement réalisée en Légos, offerte par les paroissiens, se trouve dans la
petite ville suédoise de Vaesteras à environ 100 Km de Stockholm rapporte Le Télégraph.
Ce Christ de 1, 80 mètre réalisé à partir d'un modèle exposé à Copenhague a été dévoilé le jour de
Pâques. Il a fallu trente milles pièces et un an et demi pour la réaliser grandeur nature. ¨Pour le moment, elle doit rester dans l'église d’Oensta Gryta pour une durée indéterminée. (elle
est faite d'après la statue de Thorvalsdsens).
Moins controversée que la statue du Christ sur une chaise électrique dans la Cathédrale de Gap, c'est tout de
même une drôle d'idée...
Italie/Vatican. Quand Benoît XVI écrivait dans une revue facho
rue89.com, le 08.04.09 Par Blaise Gauquelin
Un député autrichien a
déterré un vieux texte de 1998 signé du cardinal Ratzinger dans une publication pangermaniste.
Janvier 2009. Karl Öllinger, un
député écologiste autrichien qui s'est spécialisé dans le combat contre l'extrême droite florissante dans son pays, tombe sur un hors-série de la revue Die Aula, paru à l'occasion du 150e
anniversaire de la révolution allemande de 1848.
Au milieu des affabulations de négationnistes de députés d'extrême droite et de membres du parti néonazi
allemand NDP, il tombe - éberlué - sur un texte signé du cardinal Ratzinger et intitulé « Freiheit und Wahrheit » (« Liberté et Vérité »).
En fait, une charge virulente contre les libertés individuelles et le système démocratique, qui aujourd'hui
encore, peut être consultée à Vienne, au Centre de documentation et d'archives sur la résistance (DÖW), un organisme chargé de surveiller les mouvements extrémistes.
Embarras de l'Eglise
Dans un premier temps, le diocèse de Vienne a affirmé que le cardinal Ratzinger n'a jamais donné son feu vert
pour une publication dans Die Aula : « Liberté et Vérité » était en fait un vieux texte datant de 1995, publié pour la première fois dans une revue chrétienne conservatrice.
Pas de bol, celui qui avait à l'époque négocié la publication avec le secrétaire du cardinal a gardé tous les
échanges de leurs lettres : le cardinal a bel et bien, à l'époque, donné son accord par écrit pour une reproduction.
Aujourd'hui encore, les milieux extrémistes germaniques considèrent Benoît XVI comme l'un des leurs et se
flattent que le souverain ait publié dans leur revue. Le hors-série est d'ailleurs en vente sur Internet !
Die Aula défend les négationnistes
Cette information éclaire d'un jour nouveau le tournant idéologique du Vatican depuis que Benoît XVI a été
nommé pape. L'homme, bavarois de naissance, peut en effet difficilement expliquer aujourd'hui n'avoir pas su ce qu'était Die Aula en 1998, la revue étant publiée en langue allemande. Elle
soutenait alors clairement l'ascension de Jörg Haider et sa triste notoriété dépassait les frontières de la petite Autriche.
Die Aula défend les négationnistes et ceux qu'elle nomme les « victimes de la liberté
d'expression », à savoir les hommes politiques d'extrême droite qui sont condamnés pour offense à l'islam. Elle critique les lois qui répriment les propos révisionnistes, flirte très souvent
avec l'antisémitisme et tente de réécrire l'histoire récente de l'Autriche. Lors de la nomination de Benoît XVI, elle avait bruyamment fait part de sa joie.
France. Quand Boutin botte en touche
desourcesure.com, le 08.04.09 Par Laurent Macabies
Ainsi donc,
Christine Boutin a "essayé le préservatif" et sait de quoi elle parle. Du moins l'a-t-elle prétendue sur le plateau de l'émission "Questions de génération", diffusée mardi 7 février sur France 4.
Que l'on puisse douter que la présidente du Forum des républicains sociaux ait laissé un stylo sans capuchon lui compter fleurette au cours de ses 42 ans de mariage (avec son cousin germain) n'a
que très peu d'importance. Non, cette dernière "révélation" illustre l'incapacité récurrente de la ministre du Logement et de la Ville à maintenir ses prises de position très tranchées.
Lorsqu'elle parle d'homosexualité, d'avortement, d'euthanasie, de pornographie ou de capote, les propos de Christine Boutin, guidés par sa ferveur catholique, scandalisent souvent. Située tantôt
à droite de Nicolas Sarkozy, tantôt à sa gauche, la ministre oscille entre idées impopulaires et besoin de considération. Bakchich.tv vous propose un retour sur les prises de positions les plus
controversées et voltes-face de Christine Boutin.
Dans l'enclave de Melilla, les autorités religieuses, en panne de bras, ont fait appel aux immigrés en
situation irrégulière pour porter les autels pendant les processions.
Des pénitents clandestins pour porter les statues de Jesus Cautivo (Jésus le Captif) et de la Vierge du
Rocio, la nouvelle a surpris plus d'un fidèle dans la ville de Melilla. Pour célébrer sa Semana Santa (Pâques), les autorités religieuses de cette enclave espagnole située sur la côte nord du
Maroc, ont fait appel aux immigrés illégaux, hébergés dans le centre de séjour temporaire de la ville. Une trentaine de sans-papiers, la plupart originaire d'Afrique noire mais aussi d'Inde ou
du Pakistan, animeront ainsi les processions du Jeudi saint et du dimanche de Pâques. À l'instar des Espagnols, ils devront revêtir la tenue des nazarinos avec la cagoule pointue de
rigueur.
Le recours aux immigrants pour célébrer une des fêtes religieuses les plus populaires d'Espagne a permis de
combler le manque de fidèles disposés à porter les tronos, ces «autels mobiles» pesant plus de 300 kg. L'an dernier, la Vierge Marie Sanctissime avait bien failli ne pas sortir faute de
porteurs. Il avait fallu demander l'aide au dernier moment d'un groupe de policiers, parmi lesquels figuraient des musulmans.
L'espoir secret d'une «grâce»
Cette année, les confréries ont pris les devants en passant une annonce au Ceti, le centre de réfugiés situé
à l'extrémité du territoire. Dans ce centre cohabitent environ mille clandestins qui ont réussi à rejoindre ce bout de terre espagnole par mer ou en sautant par-dessus la grille de barbelés qui
sépare le Maroc de l'Europe. Certains d'entre eux vivent depuis près de trois ans dans ce centre, dans l'attente d'une régularisation ou d'un rapatriement. Lorsque l'Église espagnole a sollicité
leur aide, près de 70 clandestins se sont portés volontaires. Trente d'entre eux ont été sélectionnés. Ils sont originaires du Rwanda, du Niger ou du Tchad et se disent de confession catholique,
mais on trouve aussi des Indiens hindouistes. «Qu'importe leur religion, Dieu n'est-il pas le même pour tout le monde», s'exclame Gregorio Castillo, responsable de la confrérie Jesus Cautivo.
«C'est une façon pour eux d'exprimer leur ferveur religieuse et de mieux s'intégrer.»
Tous les pénitents clandestins espèrent secrètement une «grâce» de la Confrérie. Traditionnellement, celle-ci
obtient des autorités civiles à chaque Jeudi saint, la libération d'un prisonnier, qui figure parmi les pénitents de la procession. Cette fois, la «grâce» pourrait prendre la forme d'une
régularisation pour l'un des clandestins.
Egypte. L'échangisme considéré comme "un des pires crimes"
rtbf.be, le 06.04.09
Un Egyptien et sa femme, accusés d'être les initiateurs d'un réseau libertin au Caire, ont été condamnés
respectivement à sept ans et trois ans de prison ferme, a indiqué dimanche leur avocat. Tolba Abdel Hafez, un fonctionnaire de 48 ans, et Salwa Higazi, enseignante de 37 ans, ont été jugés samedi
par la cour criminelle d'Agouza, a déclaré à l'AFP Me Ayman al-Saadi, confirmant une information parue dans le quotidien officiel Al-Gomhuria de dimanche.
Selon ce journal, au moment d'énoncer le verdict, le président de la Cour a évoqué "un des pires crimes
jamais commis" dans le pays.
"Le verdict est très sévère, même les accusés poursuivis pour apostasie n'écopent pas de jugement aussi
rude", a réagi de son côté Me Saadi, affirmant que ses clients étaient "innocents". "Qui offrirait sa femme, la mère de ses enfants, à un autre homme à moins d'être fou? Même les animaux ne le
(font) pas", a fait valoir l'avocat.
Les relations
extraconjugales sont interdites en Egypte, où la religion est omniprésente y compris en matière de justice. Selon Al-Gomhuria, le couple avait été arrêté en octobre dernier pour "prostitution".
Sous les pseudonymes "Magdy" et "Samira", il organisait des rencontres libertines par l'intermédiaire d'un site internet et de courriels. Après leur arrestation, le couple a reconnu trois cas
d'échangisme, tandis qu'au moins 44 couples s'étaient inscrits via internet, d'après la même source. Le journal ne précise pas le sort réservé aux enfants du couple condamné.